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Influence de la taille sur l'indice céphalique dans un groupe ethnique relativement pur
PITTARD, Eugène
PITTARD, Eugène. Influence de la taille sur l'indice céphalique dans un groupe ethnique relativement pur. Bulletins et mémoires de la Société d'anthropologie de Paris , 1905, vol. 5e série, t. 6, p. 279-286
DOI : 10.3406/bmsap.1905.9679
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:106425
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(Extrait des Bulletins et Mémoires de là Société d'Anthropologie de Paris).
INFLUENCE DE LA TAILLE SUR L'INDICE CÉPHALIQUE DANS ll'N GROUPE ETHNIQUE RELATIVEMENT P'iJR
PAR M. EUGÈNE PITTARD.
L'influence de la taille sur la valeür de l'indice cP.phnliqlle, en tant qu'expression d'un cà'ractère général, n'est pas encoré bien connue. Le principal obslacle à. la connaissance: èxacte de cette irifluence provient du fait que l'on a travaillé surtout avec d.es séries d'Européens, c'est-à-dire avec des populations en général très mélangées, et d'autre part aussi, avec des séries trop petites. On sait que le mélange d'individu~ de« races)) diverses, dans des séries anthropométriques, est une cause d'erreur. Certaines cor- rét'àtions anatomiques peùvént être masquées par le défaut d'homogé- néité ethnique d'une sérié. Une cause peutagirpour inlltieocer un caractère arnJ.tomique de tel groupe humain alors qu'elle n'aura aucune influence ou que sori influence sera rlifîoront.o ,;nr'un nnt.ro gronpo humain.
Dans son mémoire suries rapports anthropométriques en généraC M. Ma- nouvrier 1 a fait remarquer les inconvénients qu'il y a à opérèr aveé deil séries hétérogènes quant à la race et quant_au sexe et à l'âge. Il a moritré q'u'Ù y en avait même dans certains cas à mélanger des classes soèiales
ou ericore certaines professions. ·
Pour la série dont nous apportons l'étude, ces inconvénients sont ré- duits à leùr minimum.
Au cours de plusieurs voyages dans la Péninsule des Balkans, princi- palement dans la Dobrodja, nous avons recueilli de nombreux documents anthropométriques notamment sur les Tsiganes. Celte population est restée relativement pure. Nous l'avons montrè par les chiffres de l'ilidicè céphalique. ~Elle doit la conservation de cette pureté i·eliüive ù la noma- disalion qu'eÜe poursoit encore ou à la demi-nomadi alion. Elle la doit
a~ssi au mépris qu'éprouvent pour eux les autres populations au milieu desquelles ils vivent. Les Turcs, les Roumains, les Bulgares, etc. ont en gé- néral une répugnance vér-itable à H'ldliet• avee un Tsigane.
Notre malériel anth1•opométrique est représenté ici par' 1.205 indivi- dus. Tous ont été mesurés par nous même. Sur ces 1.205 Tsiganes adültes il y a 775 hommes et 430 femmes.
t L. MANOUVRIER. - Etude sur les rappo1·ts anthropométriques en général et sui· les principales proportions du corps. Bull. etmcmoircs Soc. <l'Anlht·opologic Pari3, 1(102.
2 EUGÈNE PJTTARD. - Voir en particulicr1 l'indice cephalique chez les Tsiganes de la Péninsule des Balkans (1261 individus des deux sexes) Bull. Soc. Anlhrop
Lyon. ill04.
280 18 MAI 1905
M. Manouvrier, en utilisant les fiches de 3.071 hommes de 21 à 44 ans, tnesurés à .Paris, par le procédé. de M. Bertillon, et en les ordonnant selon la taille a trouvé les chiffres suivants ;
Nombre d'iudividus Taille Indice céphalique
21 fm46 83.1
128 1ril51 82.5
522 fm5() 82.2
1.045 1m61 82.2
1.177 1m654 82.3
800 1miO 82.4
313 1m75 82.1
65 1"'80 81.1
M. Manouvrier, constatant les faibles changements qui s'opèrent dans la valeur de l'indice céphalique, au fur et à mesure que la taille augmente, n'insista pas sur ce caractère.
L'influence de la taille paraît ·cependant manifeste. Pourtant une ré- serve impo1'lante est à faire. La popula.lion de Pari est très hétérogène quant à la « race ». C'est un mélange de tous les groupes humains qui peuplent la France. Et chacun sait que dans ce pays on distiugue au moins trois« races)): celtique, kymrique et méditerranéenne. Or a priori, cette hétérogénéité ethnique peut influencer considérablement les résul- tats exposés. Il y a des brachycéphales de grande taille (les Savoyards par exemple) et des dolichocéphales de petite taille (Méditerranéens). Sur les 13 départements français caraclérisés pat' la brachycéphalie, six pré- sentent en même temps des individus qui sont à la fois les plus brachy- céphales et les plus grands. ·
Il résulterait néanmoins des chiffres ci-dessus que, dans une popula- tion quelconque, même fortement mélangée, l'indice céphalique diminue au fur et à mesure que la taille augmente.
Une autre réserve est encore à exprimer à propos de ce tableau. Le premier et le dernier groupe sont constitués par de petites quantités d'individus. Si nous éliminons ces deux termes extrêmes, le changement éprouvé par l'indice céphalique au fur et à mesure de la taille accrois- sante, devient presque inappréciable. Au surplus, on remarquera que le chiffre de l'indice correspondant à la taille de 1 m. 70 est exactement celui (à un dixième près) qui correspond à la taille de 1 m. 5f. On comprend pourquoi ~1. Manouvrier n'a vas insisté sur les chiffres de l'indice cépha- lique.
Cent cinquante femmes mesurées également au service d'identification anthropométrique de Paris ont fourni les chiffres que voici:
Nombre
40 70 40
Taille
fm483 1m55s 1W602
Judice c6phalique
. 83.3 83.4 83.1
E. PITTARD. - INFLUENCE DE LA TAILLE SUR L'INDICE CÉPHALIQUE . 28{.
Ce résultat est le même que celui fouroi par les hommes. · lais la que - tion ne nous parait pas tranchée par !' xamen de ces deux tnllleaux. Loin . de là. La conslilution même des groupe humains qui ont ervi à M \f. Ber-
tillon et Manouvrier peul porter en elle des causes d'erreurs. Il se peut parfaitement que la variation observée entre la taille et l'indice cépha- lique e répète cJ::ins de <>r upcs sembloblemenL composés; mai· il n'est
pa~ démontré qu'elle soit applicable l1 tou le gronpe hLtmains.
II nous parait donc légitime de continuer les recherches en vue de dé- terminer les corrélations qui peuvent exister entre la taille ol l'indice cé- phalique - noUs nous bornons à celles là pour le moment.
Nous avons déjà dit que le matériel dont nous disposons est relative- ment pur. Il peut fournir en tous cas des résultats plus probants que ceux obtenus sur des séries d.'Européen quelconques.
En mème l.Amp que nous chercheroll's le rapport de cet indice cépha- lique à la taille, nous indiquerons les 1·apport .des deux diamètres du crâne qui servent h obtenir l'indice céphalique (D. A. P. et D. T).
Tout d'abord la série des homme . Nous avon fait dans les chiffres de tailles quatre coupures. Pour les plus basses, nous avons admis une dilTérence de iO centimètrés afin d'avoir une série assez forte.
Taille
de tm50 à 1m60 (exclusivernPn!). - tm60 à tm65
- 1m60 à 1m70
~ tm70 et uu-dessus ... .
'Nombre d'individus Indice céphalique
130 250 230 165
78.88 78.69 77.79 77.77
II y a entre le premier groupe et le dernier une différence de plus d'une unité dans l'indice céphalique. On voit que la dolichocéphalie augmente au fur et à mesure de la croissance de la taille.
En examinant la série des femmes, nous faisons la même observation.
Elles sont cllH;RP.es selon la nomenclature.
Taille Nombre d'individus ln~ir0 céphalique
de tm40 à tm52 ........... . 200 79.91 - 1m53 à 1m57 .......... .. 140 79. 76 - tm58 el au-dessus .... .. 90" 79.12
La v11riatîo11 e t moins gn1uù~. Elle n'aLLcint pa une un.ilé en pa ant du premiee "Toupo nu dernier. L s femmes ont moi11 influencée pur les eau es modiOcntriccs. Au surplu on voi~ quelle sont moins dolichocé- phales que les hommes. Cela peul lenir à un moindre développement re- latif de la t•égion glabellaire. On le verra plu loin.
282 18 l!IAI 1905
Nous avons mis en regard de la taille accroissante les chiffres des depx dinmèlres A. P. et T. cl nou avons cherché leurs rapports:
D'abord chez les hommes :
D. A. P. D. T.
Taille D,A.P. D. T. ~ T!lille
lm568 187mm55 147mm38 11.98 9.42
tm620 188111rn48 14811·mQ7 11.63 9.13
1m668 19Qmm43 148mm16 11.41 8.87
1111734 191mm7 148m0194 11.05 8.58
On voit que les grandeurs D. A. P. et D. T. croissent, d'une manière absolue, au fur et à mesure que croit la taille.
Au contraire, on voit que les rapports de ces deux grandeurs à la taille diminuent au fur et à mesure que celte dernière s'élève.
Ln ùolichocéphalie plu accentt1ée de individus )es plus ~ro.nds p.our- rQ..iL provenir soit d'un plus grand développement relatif de D. A. P. soit d'un plus grand raccourci ~emenL relatif de . T.
Les chiffres ci-dessus nous renseignent.
En cherchant les rapports des deux ~ermes extrêmei:. de P. A. P. et
q
D. 'L'. à la taille, nous trouvons pour Je premier 0.9~2; pour le secon.CI
p.9· 10,
Nous voyo11s donc que D. A. P. diminue moins vit.e que U. T. au fµr ~t
à mesure ue la t11ille s'élève.
La dolichocéphalie plus accentuée des individus de haute stature n'est donc pas due à un raccourciss~ment relatif de D. T.
Voici maintenant les chiffres des femmes :
Taille
1m4SG 1m553 1m612
D. A. P.
177m1118 181"•ml 1821111118
D. T.
14.2mm2 143u11115 144"11"5
~
Tuillo
11. 9() 11.6() 11.34
O. T.
"hillo
9.56 9.24 8.9()
Nous foisons les mômes con lululion que ci-dessus poLU' les diamètres absolus. Ce sont d'(lilleurs des fail connus.
Les rapports des deux termes extrêmes de D. A. P. et de D. T. ù lu Laille sont 0.948 et 0.937. Ils imposent les mèmes conclusions que pout· les hommes.
i maintenant, nou · comparons entre eux les chifües des rapports ci-dessus dan les deux sexes ils nous fournissent .des résultats qui ne manquent pas d'inlérèt.
Ainsi en .bloquant, dans les deux sex, , les chiffres des rapports de D. A. P. et de D. T., à la taille, nou trouvons:
HO~IMES FEMMES
_ _
...__ _ _ _
---...___,..__~~~r. Il. A. P. .r; D. T. r. D. A. P. r. D. T.
11.52 9 11.65 9.25
E. PITTARD. - INFLUENCE DE µA 'l'A,LLE SUU L'INDICE CéPHALIQUE 2~.a
ll en résulte que les diamètres horizontaux du crâ,ne, D. ,\, P. et P. T., sont plus grands, relativement ô. la taille, .chl'z les femmes.
Celles-ci onl donc, ~ans ce sens-li1, un crâne relativement plus déve- loppé.
Celte question des différences sexuelles est importante. Aussi nous avons cherché à établir d'au\res rapports que ceux ci-dessus.
Nous avons entre autres calculé la valeur d.e l'i.n,dice cépba.ljqu.e l1. l'a.ide du diamètre métopique pour pouvoir la comparer à celle obtenue à l'aide de D. A. P. Les chiffres que nous ayons trouvés s.ont les s1ijy.in.t;, Jes groù pes. étant toujours séri.és selon la taille accroissante :
Chez les hommes :
IJ. A. I'.
78.88
"i8.69 77.79 i7.77 Chez les femmes :
73. 71 79.0ü 70.12
ln.dice .cépha[iqu,e à t'aide f!,e :
D. M.
79.7(,i 7!).6) 78.95 79.08
80.50 80.04 79.18
Oilféronco
+
0.88+
0.91+
1.16+
1.31+
0.5\J+
U.28+
0.0GIl résulte de ces chiffres que D. A. P. élarit plus 0 1·:.ind que D. M. duune un indice plus faible que ne le donne O. M. Et ces relations se conservent, en fonction de la taille.
Mais au fur et à mesure que la taille s'élève, 1'.Clte relation, i:hez les femmes, s'atténue. Les grandes femmes arrivenl presque à uniformiser les chiffres de l'indice, que celui-ci soit calcuh'.: à. l'aide de D. A. P. ou à.
l'aide de D. M. Çhez les plus grandes la différence csl devenue insen-ible
( +
0.06). Chez les peliles femmes, au contraire, la différence est é1 i- d entec+
0.59).Chez les hommes, c'est le contraire qui existe. Plus la taille s'élè\ e, plus les rapports présentent de différences (tandis que chez les rl!mmes plus ils s'égalisent).
Nous ne croyous pas qu'il intervienne ici un fait de hasard. Noire série est composée de forls contingents; d'autre pari, le groupe cl\1u1.1ue est
relati~·ement pm, cc qui assure au caractère différentiel relevé, llllJ plus grande valeur.
On peut essayer de se représenter cette importante différence sexuelle SQµs la forme sujv911te IJQ peq Si!IJplj:;iie:
Si nous admetton > que la croissance de D. T. suit une marche régulière
284 18 MAI f905
et que vis-à-vi~ <le D. A. P. et de D. l\f. elle soit, en quelque sorle, une quantité r htlivement i111muable, on conslate:
t0 Que chez les hommes et chez les femmes le O. l\f. diminue 'lar rap- port à D. T. au fur et à mesure que la taille s'élèv~; '
2° Que cette diminution n'est pas la même dans les deux sexes;
3° Qu'elle est plus grande chez les femmes.
L'indice céphalique t considéré comme 1Hant d un i ndifîércnce remar- quable nu point
d.e
vue physiologique. C'e L même ce qui lui assure sa grande vnleul" en eLbnologie. Cela nous para.U plutôt un dogme qu'une réalité, car Of? ne voit pas la rai on pour Io.quelle il serait inaccessible aux influences qui font varier certaines régions du corps.Nous venons de démontrer que cette résistance n'est pas absolue. L'in- dice céphalique est d'autant moins élevé que la taille s'élève. On avait coutume de dire « qu'un chapelier ne sait pas pourquoi des têtes de mème grandeur sont plus ou moins larges relativement à leur longueur, et que l'anlhropologiste non plus ne le sait pas ». Celle propo ilion n'est plus com plètemen L juste.
elle quest-ipn de l'influence de la taille sur la valeur de l'indice cépha- lique est inlére sante pour d'autres raisons encore que des rai ons mor- phologiques . .
On sait que certains sociologues ont vu dans l'indice céphalique un moy n de séparer les hommes en supérieurs el en inférieurs, presque en purs el en impurs. Les dolichocéphales blonds de grande taille, chasseurs et guerriet·s qili auraient autrefois dominé, sinon domestiqué, les bra- cllycéphales pa iJs el laborieux, seraient appelés, de par leur forme crânienne (eL en sacbanl se sélectionne!' (?ntre eux. avec intelligence) aux plus b1·illuntes destinées.
On a supposé, d'autre part, que les villes, qui constiluent les centres intellectuels élevés exerçaient une sorte d'attraction sur les populations de campagnes on atlirnnL b elles (les villes) les m· illenr éléments anthro- p0loôiques. Ceux-ci seraient déjà, olhniqu ment, d'une origine upé- rieur et.seraient ainsi ooturell ment portés à renforcer_ les éléments urbains. Il va suns dire que ces meiJleurs éléments ruraux sont carac- térisés principalement par la dolichocéphalie, les cheveux blonds, une taille relalivemen t élevée.
M. Manouvrier a fait justice de cette pseudo-sociologie. 1 Il a montré que la moyenne de l'indice céphalique doit s'abaisser dans Loule an-gloméralion de quelque imµo1'Lllnce, purcu que la population d'une ville n'e l formée qu'en purti.u 'habit.an\ originaire de lu ré<>'ioo. Ces étranger dilTèrent en bloc, par leur· indice, leur couleur, elc, de la région con i.dérée. Plu
1 L. MANOUVRIER. - L'indice céphalique et la pseudo-sociologie. Rev. Ecole d'An- thropologie, Paris, 1899.
E. PITTARD. - INFLUENCE DE LA TAILLE SUR L'INDICE CÉPHALIQUE 285 la population des campagnes _sera uniforme, plus ces caractères éttangers
interviendront avec intensité. ·
A ces raisons, toutes de composition ethnique, nou!! ajoutons celles qui découlent du travail que nous avons présenté. . ·
Elles nous permettent de dire que dans une eégion peuplée de dolicho-:
céphales, les centres urbains présentent 11éce8sairement un indice cépha- lique moyen indiquant une plus grande dolichocéphalie.
En effet, nous connaissons l'influence socio-physiologü:i:ue des villes sm' le développement de la taille. Les urbains soumis, dap,s la lutte pour l'existence, à des tr·avaux exigeant moins de rudesRe que les rurnux, dé- velopperont mieux. leur taille (moindre écrasement du corps des ve1·.tèbres, obliquité plus grande du col du fémur; etc.), de même qù'èn moyenne ils raccourciront leurs pieds et leurs mains.
Or, nous avnng montré que la taille influence la valeur de l'indice cépha- lique. Les urbains étant plus grands seront aussi plus dolichocéphales que les ruraux.
Et maintenant, si l'on considère une région peuplée d'éléments mix~es,
l'influence de la taille sera plus manifeste encore. Les dolichocéphn lc~
urbains auront un indice pl_us faible que les doJichocéphaleH _ruraux et les brachycéphales urbains auront aussi un indice plus faible que le~
brachycéphales ruraux. Et cela, parce que tous les deux seront en moyenne plus grands.
D'un autre côté, au fur et à mesure qu'une population rurale se trans- forme en une population urbaine, en subissant les modifications de tous genres qu'entraîne cette transformation, elle deviendra plus grnnde. Elle aura aussi un indice céphalique moins (;\levé, puisque D. A. P. tend à augmenter relativement plus que D. T. au fur et à mesure que la taille s'élève.
Ainsi disparaîtrait par l'exposé d'une simple loi de corrélation anato- mique, tout un échafaudage d.e pseudo anthropologie soc"iologique, dont on s'est beaucoup trop occupé, certains auteurs s'étant mépris sur les causes.
Conclusions.
La taille semble avoi1' une influence manifeste r,ur la valeur de l'indice céphalique.
La dolichocéphalie s'accentue au for el à mesure qne la taille s'élève.
Les diamètres A. P. et T. qui permettent d'obtenir cet indice croissent d'une manière absolue au fur et à mesure que croit la taille.
Mais cette croissance n'est pas dans des relations identiques. D'autre part, en çherchant le rapport de D. A. P. et de D. T. à la taille, on cons- tate que, au fur et à mesure que la taille s'élève la grandeur relative de IJ.
A. P. et de D. T. diminue.
Mais le rapport de D. A. P. à la taille diminue moins, au fur et à mesure que la taille s'élève, que le rapport de D. T. à la même grandeur.
1'8 M'.AI 1905·
l'lo'll'c l'accrotssèinent du diarnètre antéro-postérieùr du crâne semble être plus proportionnel à l'accroisrnment de la taille que l'accroissemènt dù diamètre transverse.
Autrement dit, la dolichocéphalie plus accentuée chez les individus d·e haute' taille· provi-Mt d'ufi'e augmentation relativement ·plus grande du diarnètre ll'ntéro postérieur, et non' d'un ra:ccourci'ssement relatif du dia·- mètre transverse;
·Dans un grou'pe ethnique form'é d'individus dolichocépha1es ce sont les plus gra'nds qui seront les plus dolichocéphales.
Si le groupe ethnique esb composé de brachycéphales, les plus grand's sont' aùssi, en moyenl\e, les moins bt'aéhycéphales:. ·
Lés constafat'ions ci-d·essus détruisent les suppositiOns échafau'dées ées dernières années sur la prétendue atlirance d'es villes pour les individus de haute taille et à dolichocéphalie plus marquée. Celte prétendùe sélec-
tion•
sociafos
1explique Lo ut si mpJ.ement par Fèxistence simultanée de ces deux caractères : le développement plus grand de la taille dû aux' con- ditions de la vie urbaine et l'abaissement de l'indice céphalique lié àcelte augmentation de la taille.
L'indice céphalîque n'a pas l'indifférence physiologique marquée que l'on supposait.
Les faits ci-dessus se vérifient aussi bien daris les séries (érninines que dans les séries masculines. (Nous rappelons que nous avonstravaillé avec urt· groupe ethnique relativement· pur). Cependant, à taille égale, la fem'me semble présenter lin crâne· mieux. développé dans les deux sens horizon- taux que l'homme. Les rapports du diamètre a:ntérocpostél'ieur et du dia:~
mètre transvetls'e à1 là taille diminuent pins vite chez l'homme que chez
ia
femme.