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(1)

Nombres complexes

Cours de É. Bouchet ECS1 10 décembre 2018

Table des matières

1 Notation algébrique d'un nombre complexe 2

1.1 Dénition . . . 2

1.2 Conjugué . . . 3

2 Notation exponentielle d'un nombre complexe 4 2.1 Module . . . 4

2.2 Argument . . . 5

2.3 Notation exponentielle . . . 6

2.4 Exemple d'utilisation : les racines n-ièmes de l'unité . . . 7

3 Interprétation géométrique 8

4 Principales formules trigonométrique 8

(2)

1 Notation algébrique d'un nombre complexe

1.1 Dénition

On appelle nombre complexe tout élément z pouvant s'écrire sous la forme z=a+ib,

avec (a, b) un couple de réels etiune solution de l'équationi2 =−1. L'ensemble des nombres complexes est noté C.

Dénition (Nombre complexe).

L'écriture du nombre complexe z sous la forme z = a+ib avec a et b des réels est appelée l'écriture algébrique de z. Le réelaest appelé la partie réelle de z etbest sa partie imaginaire.

On notea= Re(z) etb= Im(z).

Dénition (Partie réelle, partie imaginaire).

L'écriture algébrique d'un nombre complexe z est unique.

Proposition.

Démonstration. On suppose que z=a+ib=α+iβ avec (a, b, α, β)∈R4. Alors(a−α) =−i(b−β), et donc Sib=β, alors a=α et les deux écritures sont identiques.

Sib6=β, alors

i=−a−α b−β ∈R, ce qui est impossible.

D'où l'unicité.

Variante : en mettant au carré l'égalité(a−α) = −i(b−β), on trouve (a−α)2 =−(b−β)2 et les deux carrés sont donc nuls. Donca=α etb=β.

Remarque. On peut donc montrer queCest un R-espace vectoriel dont une base est(1, i).

Le complexezest dit imaginaire pur siRe(z) = 0. On noteiRl'ensemble des nombres imaginaires purs.

Dénition (Nombre imaginaire pur).

L'ensemble C des nombres complexes est muni de deux opérations internes, l'addition et la multiplication dont les règles de calculs sont identiques à celles de R, en tenant compte de l'égalité i2 = −1. Les formules usuelles sur les sommes (somme de termes d'une suite géométrique, télescopage, binôme de Newton) restent valides dansC.

Une formule utile : siz=a+ibavec (a, b) un couple de réels diérent de (0,0), alors z6= 0 et on a :

(3)

1.2 Conjugué

Soit (a, b) un couple de réels. Le conjugué du nombre complexez=a+ib est le nombre complexe z=a−ib.

Dénition (Conjugué).

Pour tout complexe z,

Re(z) = 1

2(z+z) et Im(z) = 1

2i(z−z).

Proposition.

Démonstration. On pose z=a+ibavec (a, b)∈R2. Alorsz+z= 2a= 2 Re(z) etz−z= 2ib= 2iIm(z).

Remarque. Cela donne en particulier :

z∈R⇐⇒z=z, z∈iR⇐⇒z=−z.

Soit z1 etz2 deux nombres complexes quelconques. On a : z1+z2=z1+z2,

z1.z2=z1.z2, et si z2 est non nul,

z1

z2

= z1

z2

. Proposition (Opérations sur le conjugué).

Démonstration. On pose z1=a1+ib1 etz2 =a2+ib2, avec(a1, b1, a2, b2)∈R4. Alors : z1+z2 =a1+a2−i(b1+b2) =a1−ib1+a2−ib2 =z1+z2,

z1.z2 =a1a2−b1b2+i(a1b2+a2b1) =a1a2−b1b2−ia1b2−ia2b1= (a1−ib1)(a2−ib2) =z1.z2. On obtient la dernière égalité par produit avec :

1 z2

= a2

a22+b22 +i b2

a22+b22 = 1 z2.

(4)

2 Notation exponentielle d'un nombre complexe

2.1 Module

Soit z=a+ib où(a, b) est un couple de réels. Le module de z, noté|z|, est le réel

|z|=p

a2+b2 =√ zz.

Dénition (Module).

Pour tout nombre complexez,

|z|=|z|, |z|>0 et |z|= 0⇐⇒z= 0.

Proposition.

Pour tout nombre complexez,

|Re(z)|6|z| et Re(z) =|z| ⇐⇒z∈R+,

|Im(z)|6|z| et Im(z) =|z| ⇐⇒z∈iR+. Proposition (Relations entre|Re(z)|,|Im(z)|et|z|).

Démonstration. (démonstration à connaître) On montre la première relation, la deuxième s'obtient de la même ma- nière. Soitz∈C, par stricte croissance de la fonction racine surR+, on a :

|Re(z)|=p

Re(z)26p

Re(z)2+ Im(z)2 =|z|, de plus,

Re(z) =|z| ⇐⇒(Re(z)>0 et Re(z)2= Re(z)2+ Im(z)2)⇐⇒(Re(z)>0et Im(z) = 0)⇐⇒z∈R+.

Soit z1 etz2 deux nombres complexes quelconques. Alors

|z1z2|=|z1| |z2|. Proposition (Module du produit).

Démonstration. Comme z1z1 =|z1|2 >0, on peut écrire :

|z1z2|=√

z1z2z1z2=√ z1z1

z2z2=|z1| |z2|.

(5)

Soit z1 etz2 deux nombres complexes quelconques. Alors

|z1+z2|6|z1|+|z2| et

|z1+z2|=|z1|+|z2| ⇐⇒z1z2R+. Proposition (Inégalité triangulaire).

Démonstration. (démonstration à connaître) On procède d'abord comme dans le cas réel :

|z1+z2|2−(|z1|+|z2|)2= (z1+z2)(z1+z2)− |z1|2− |z2|2−2|z1| |z2|

= (z1+z2)(z1+z2)− |z1|2− |z2|2−2|z1| |z2|

=|z1|2+z1z2+z2z1+|z2|2− |z1|2− |z2|2−2|z1z2|

= 2 Re(z1z2)−2|z1z2|60.

D'où |z1+z2|2 6 (|z1|+|z2|)2, et en passant à la racine (croissante sur R+), comme les modules sont tous positifs,

|z1+z2|6(|z1|+|z2|). De plus, on a égalité ssi

Re(z1z2) =|z1z2| ⇐⇒z1z2R+.

2.2 Argument

Soit zun nombre complexe non nul. Tout réel θ tel que

z=|z|(cosθ+isinθ) est appelé un argument de z.

Dénition (Argument).

Remarque. Siθest un argument de z, alors tout réel de la formeθ+ 2kπ avec k∈Zest encore un argument dez. Remarque. Supposonsz=a+ib=ρ(cosθ+isinθ) avec (a, b)∈R2\ {(0,0)}, et(ρ, θ)∈R+×R. Alors :

a=ρ(cosθ) etb=ρ(sinθ), ρ=p

a2+b2, cosθ= a

√a2+b2 et sinθ= b

√a2+b2. Exemple 1. Trouver le module et un argument dez= 1 +i.

|z|=√

1 + 1 =√

2. Donc z=√ 2

1 2 +i1

2

. Orcos π4

= 1

2 etsin π4

= 1

2. Doncθ= π4 est un argument dez.

(6)

2.3 Notation exponentielle

Dans la suite, on noterae le complexecosθ+isinθ.

Tout nombre complexe z non nul s'écrit sous la forme exponentielle z=re,

avec r >0etθ réel. On a alors r=|z|etθ est un argument dez. Dénition (Forme exponentielle).

Pour tout (θ, ϕ)∈R2,

e−iθ = cosθ−isinθ=e, e

= 1, ee=ei(θ+ϕ) et e

e =ei(θ−ϕ). Proposition.

Pour tout θ réel, et tout entiern,

(cosθ+isinθ)n= cos(nθ) +isin(nθ).

Proposition (Formule de Moivre).

Démonstration. Il sut de passer sous forme exponentielle :

(cosθ+isinθ)n=

e n

=einθ = cos(nθ) +isin(nθ).

Exemple 2. Exprimercos(3θ) etsin(3θ) en fonction decosθ etsinθ. On a :

cos(3θ) +isin(3θ) = (cosθ+isinθ)3 = (cosθ)3+ 3i(cosθ)2sinθ−3 cosθ(sinθ)2−i(sinθ)3. En identiant les parties réelles et imaginaires, on trouve :

cos(3θ) = (cosθ)3−3 cosθ(sinθ)2, sin(3θ) = 3(cosθ)2sinθ−(sinθ)3.

Pour tout θ∈R,

1 −iθ

et 1 −iθ

Proposition (Formules d'Euler).

(7)

Démonstration. Il sut d'appliquer les formulesRe(z) = z+z2 etIm(z) = z−z2i au nombre complexez= cos(θ)+isin(θ).

Exemple 3. Soitθ∈]−π, π[. Écrire le complexe 1 +e sous forme exponentielle.

On a

1 +e =eiθ2

e−iθ2 +eiθ2

= 2 cosθ 2eiθ2, qui convient car siθ∈]−π, π[,2 cosθ2 >0.

Exemple 4. Soitθ∈]−π, π[. Exprimercos(θ)3 comme combinaison linéaire decos(3θ)etcos(θ)(cette opération de transformation d'un produit en combinaison linéaire s'appelle linéarisation).

On applique successivement les formules d'Euler, le binôme de Newton, et de nouveau les formules d'Euler : cos(θ)3 = 1

8(e+e−iθ)3

= 1 8

e3iθ+ 3e2iθe−iθ+ 3ee−2iθ+e−3iθ

= 1 4

e3iθ+e−3iθ

2 + 3e+e−iθ 2

= cos(3θ) + 3 cos(θ)

4 .

Exemple 5. Soitn∈N. Calculer la somme S=

n

X

k=0

n k

cos(k).

On remarque queS = Re(T) avec T =

n

X

k=0

n k

eik. On commence donc par calculer T. Par la formule du binôme de Newton puis en appliquant la formule de l'exemple 3, on trouve :

T =

n

X

k=0

n k

(ei)k= (ei+ 1)n=

2 cos 1

2

e2i n

= 2ncos 1

2 n

ein2 . D'où par passage à la partie réelle,S= 2ncos 12n

cos n2 .

2.4 Exemple d'utilisation : les racines n-ièmes de l'unité

Soitnest un entier naturel non nul. On cherche à résoudre l'équation zn= 1, d'inconnuez∈C.

Comme le but est de calculerzn, la forme exponentielle semble la plus adaptée : on posez=|z|e avecθ∈R. zn= 1⇐⇒ |z|neinθ= 1⇐⇒ |z|n= 1 eteinθ= 1 (en prenant le module).

Comme|z| ∈R+,

|z|n= 1⇐⇒ |z|= 1.

Par ailleurs,

einθ = 1⇐⇒cos(nθ) = 1et sin(nθ) = 0⇐⇒ ∃k∈Ztel que θ= 2kπ n . L'ensemble des solutions dezn= 1dans Cest donc :

n

e2ikπn |k∈Zo .

Commee2iπ= 1, on pourrait également montrer (mais c'est plus long) que cet ensemble se restreint à : n

e2ikπn |k∈[[0, n−1]]

o .

(8)

3 Interprétation géométrique

Dans le plan muni d'un repère orthonormal(O;~u, ~v), le nombre complexe z =a+ib avec (a, b) réels est l'axe du pointM du plan de coordonnées(a, b)relativement au repère (O;~u, ~v). C'est aussi l'axe du vecteur−−→

OM.

Sous forme exponentielle z = re, r correspond à la distance du point M à l'origine, et θ à une valeur de l'angle (~u,−−→

OM) en radians.

0 a

b M

r θ

4 Principales formules trigonométrique

Pour tous réelsaetb, on a :

cos(a+b) =cosacosb−sinasinb, cos(a−b) =cosacosb+ sinasinb, sin(a+b) =sinacosb+ cosasinb, sin(a−b) =sinacosb−cosasinb.

Proposition (Formules d'addition).

Démonstration. (démonstration à connaître) On passe par les nombres complexes : cos(a+b) +isin(a+b) =ei(a+b)

=eiaeib

= (cos(a) +isin(a))(cos(b) +isin(b))

= (cosacosb−sinasinb) +i(sinacosb+ cosasinb).

Il sut ensuite d'identier les parties réelles et imaginaires de ces deux égalités pour obtenir les expressions decos(a+b) etsin(a+b). Les deux autres s'obtiennent de même en remplaçantb par−b dans les calculs.

Pour tout a∈R,

cos(2a) = (cosa)2−(sina)2 = 2(cosa)2−1 = 1−2(sina)2, sin(2a) = 2(sina)(cosa).

Proposition (Formules de duplication).

(9)

Pour tout a∈R,

(cosa)2= 1 + cos(2a)

2 ,

(sina)2= 1−cos(2a)

2 .

Proposition (Formules de linéarisation du carré).

Démonstration. Cela découle directement des formules cos(2a) = 2(cosa)2−1 etcos(2a) = 1−2(sina)2. Mais on pouvait également le montrer en utilisant les formules d'Euler :

(cosa)2 =

eia+e−ia 2

2

= e2ia+e−2ia+ 2

4 = cos(2a) + 1

2 ,

et de même pour la formule de(sina)2.

Remarque. Attention : pour linéariser une expression autre qu'un carré, il faut impérativement utiliser les formules d'Euler.

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