ECS1 H. Boucher 18/12/2020 Devoir surveill´e no4 (dur´ee : 4 heures)
Les calculatrices et les documents sont interdits.
Les r´esultats devront ˆetre encadr´es .
Si le candidat rep`ere ce qui lui semble ˆetre une erreur d’´enonc´e, il l’indique sur sa copie et poursuit en expliquant les initiatives qu’il a ´et´e amen´e `a prendre.
Exercice 1
Soient E et F deux ensembles non vides etf :E →F une application.
On d´efinit l’image r´eciproque d’une partie B⊂F par la fonctionf :←−
f(B) ={x∈E, f(x)∈B}.
Autrement dit, pourx∈E, x∈←−
f(B)⇔f(x)∈B . C’est cette caract´erisation qu’on utilisera.
1. (a) Soit Aune partie deE. Montrer que A⊂←−
f(f(A)).
(b) Montrer quef est injective si et seulement si ∀A⊂E,←−
f(f(A)) =A.
(c) SoientA1 etA2 deux parties deE. Sif est injective, montrer que f(A1∩A2) =f(A1)∩f(A2).
(d) SoientB1 et B2 deux parties deF. Montrer que ←−
f(B1∩B2) =←−
f(B1)∩←− f(B2).
2. On note I l’ensemble des parties A⊂E v´erifiant ←−
f(f(A)) =A.
(a) ∅ appartient-il `a l’ensembleI?
(b) SoientA1,A2∈ I. Montrer queA1∩A2 ∈ I.
(c) SoientA1,A2∈ I. Montrer queA1∪A2 ∈ I.
3. Soient A ∈ I et S une partie de E tels que A et S soient disjoints (A∩S = ∅). Montrer que A et
←−
f(f(S)) sont disjoints.
4. SoientA1,A2∈ I tels que A1 ⊂A2. Montrer que A2\A1 appartient `a I.
Probl`eme 1
Soit I un intervalle deR.
Etant donn´´ eef :R→R fonction continue, on appelle (un) la suite d´efinie par
(u0 ∈I
∀n∈N, un+1 =f(un) . Le but de ce probl`eme est d’´etudier une telle suite. Dans la partie A, on ´etablit des propri´et´es de (un)n∈N
en fonction des informations que l’on a sur la fonctionf. Dans la partie B, on examine deux exemples.
A Propri´ et´ es g´ en´ erales
On suppose dans toute cette partie que f(I) ⊂ I. On dit que I est un intervalle stable par f. On se convaincra ais´ement que cela revient `a la formulation ´equivalente suivante : pour toutx∈I,f(x)∈I.
1. On suppose u0 ∈I. Montrer que pour toutn∈N,un∈I. 2. On suppose dans cette question que f est croissante.
(a) Si u0 6 u1, montrer que pour tout n ∈ N, un 6 un+1. En d´eduire le sens de variation de (un).
Qu’en est-il si u0 >u1?
1
(b) Dans le cas o`u I = [a,b] est born´e (avec a,b ∈ R tels que a < b), avec u0 ∈ I et toujours f croissante, justifier que (un) est convergente.
(c) Sous les hypoth`eses pr´ec´edentes, si on appelle alors `sa limite, montrer que `=f(`).
3. On suppose dans cette question quef est d´ecroissante. On pose, pour toutn,vn=u2netwn=u2n+1. (a) Montrer queI est aussi un intervalle stable par f◦f.
(b) Montrer quef ◦f est croissante.
(c) ´Etablir une relation de r´ecurrence v´erifi´ee par (vn) et (wn).
(d) En d´eduire que (vn) et (wn) sont monotones de monotonies contraires.
(e) Montrer que si `= lim
n→+∞vn, alors on a `=f(f(`)).
On admettra qu’il en est de mˆeme pour lim
n→+∞wn. On admettra ´egalement pour la suite la propri´et´e :
si (u2n) et (u2n+1) tendent vers la mˆeme limite`, alors (un) tend vers `´egalement.
Etude de deux exemples ´
Dans un souci de gain de temps et d’espace, on s’efforcera dans cette partie d’appliquer les r´esultats des questions pr´ec´edentes, plutˆot que de tout refaire dans les cas particuliers.
4. On posef :x7→√ x+ 2.
(a) Effectuer l’´etude de f en pr´ecisant notamment son domaine de d´efinition et ses variations. En d´eduire que [0,2[ et ]2,+∞[ sont deux intervalles stables parf.
(b) R´esoudref(x) =x et pr´eciser le signe de f(x)−x en fonction de x.
(c) On d´efinit (un)n∈N par
(u0∈[0,2[
∀n∈N, un+1 =f(un) . Montrer que (un) converge et d´eterminer sa limite. On pr´ecisera son sens de variation.
(d) ´Etudier (un) si maintenant u0∈]2,+∞[.
5. On poseg:x7→cos(x) etI = h
0,π 2 i
.
(a) Justifier queI est un intervalle stable par g et parg◦g.
(b) Montrer queg(x) =xadmet une unique solutionα∈Ipuis que [0,α] et h
α,π 2 i
sont des intervalles stables par g◦g.
(c) On d´efinit (xn)n∈N par
(x0 ∈[0,α[
∀n∈N, xn+1=g(xn) . `A l’aide de la question 3, d´ecrire le compor- tement des suites (vn) = (x2n) et (wn) = (x2n+1) (sens de variation, convergence et limite
´eventuelles) et enfin celui de la suite (xn).
Probl`eme 2
Le club de lecture de Bouquigny-sur-Page organise des soir´ees d’´echanges : tous les membres (npersonnes avec n > 2) viennent avec un livre, on les met en commun (ils sont tous diff´erents) et on les redistribue (un par personne), si bien que tout le monde repart avec un des livres amen´es. Le but de ce probl`eme est d’´etudier le nombre de distributions possibles, et en particulier dans le cas o`u tout le monde repart avec un livre diff´erent de celui qu’il a amen´e.
On n’h´esitera pas `a admettre la relation de r´ecurrence ´etablie `a la question 3 afin de poursuivre le probl`eme si on n’a pas r´eussi `a la d´emontrer enti`erement.
2
Une relation de r´ ecurrence
Soit nun entier sup´erieur ou ´egal `a 2, on notednle nombre de mani`eres de distribuer les livres pour que tout le monde ait un livre diff´erent de celui qu’il a amen´e.
1. D´eterminer d2 etd3.
2. Supposons n >4 ; on examine un scenario favorable, c’est-`a-dire o`u tous les participants repartiront avec un livre diff´erent de celui qu’ils ont amen´e. Parmi les membres du groupe, on appellecle pr´esident de l’association. Soit a la personne qui repartira avec le livre amen´e par c. Soit b la personne qui repartira avec le livre amen´e para. Vos r´eponses aux questions suivantes devront d´ependre de n,dn−1
etdn−2.
(a) Combien y a-t-il de mani`eres de choisira?
(b) Sib=c, combien y a-t-il de mani`eres de distribuer les nlivres ?
(c) Sib6=c, combien y a-t-il de mani`eres de distribuer lesnlivres ?(indication : on pourra comparer avec une distribution o`u ane participe pas et b r´ecup`ere directement le livre amen´e par c) 3. En d´eduire que pour toutn>4,dn= (n−1)(dn−1+dn−2).
4. En d´eduired4 etd5.
D´ etermination d’une formule explicite
Le but de cette partie est d’obtenir dn en fonction den. On noteun le nombre de mani`eres de distribuer les livres sans contrainte (i.e.on peut repartir avec son propre livre).
5. Donner l’expression de un en fonction de n.
6. Soit 26k6n.
(a) Combien y a-t-il de mani`eres de distribuer les livres en faisant en sorte qu’exactement kpartici- pants repartent avec un livre diff´erent de celui qu’ils ont amen´e ?
(b) En d´eduire que pour toutn>2,un= 1 +
n
X
k=2
n k
dk.
7. Soitn>2. Le but de cette question est (`a l’inverse de la formule pr´ec´edente) d’exprimerdnen fonction desuk.
(a) Compl´eter le r´esultat d’interversion de sommes suivant : pour toute famille (Aj,k) de nombres (d´ependant de j etk entiers),
n
X
k=2
k
X
j=2
Aj,k
= .
(b) Montrer que
n
X
k=2
n k
(−1)n−k=−n(−1)n−1−(−1)n.
(c) Soit j,k∈J2,nK. Montrer que n
k k
j
= n
j
n−j n−k
. (d) En d´eduire que∀j ∈J2,nK,
n
X
k=j
n k
k j
(−1)n−k =
(1 sij=n 0 sij < n . 3
(e) En d´eduire que
n
X
k=2
k
X
j=2
n k
k j
(−1)n−kdj
=dn. (f) ´Etablir finalement que dn=n(−1)n−1+ (−1)n+
n
X
k=2
n k
(−1)n−kuk.
8. `A l’aide de la question 5, d´emontrer que pour toutn>2,dn=n!
n
X
k=0
(−1)k k! .
Un avant-goˆ ut de 2021
Parmi toutes les distributions possibles des livres, au nombre de un, celles o`u personne ne repart avec son propre livre sont au nombre de dn. On s’int´eresse `a la proportion que cela repr´esente et on appelle pn= dn
un =
n
X
k=0
(−1)k
k! . En particulier, le but de cette partie est l’´etude du comportement de la suite (pn)n>2. 9. Montrer que la suite (p2n)n∈N∗ est d´ecroissante et que (p2n+1)n∈N∗ est croissante.
10. Pour tout n ∈ N∗, comparer p2n et p2n+1. En d´eduire que la suite (p2n)n∈N∗ est minor´ee et que (p2n+1)n∈N∗ est major´ee.
11. ´Etudier la limite de (p2n+1−p2n)n∈N∗.
12. On admet que tout cela donne la convergence de (p2n), (p2n+1) et (pn) vers la mˆeme limite not´ee `.
Montrer que`∈ 1
3,1 2
.
13. Les ´el´ements de programmation devront ˆetre donn´ees en langage Scilab.
(a) ´Ecrire une fonction factqui prend en entr´ee un nombre entiern et qui renvoien!
(b) On suppose la fonctionfact construite. Examiner `a pr´esent la fonction Scilab ci-dessous.
function S = toto(n) S = 0
for k = 2:n
S = S + (-1)^k/fact(k) end
endfunction Que calcule-t-elle ?
(c) ´Ecrire la fonctiontiti qui r´ealise la mˆeme chose que la fonction totomais `a l’aide d’une boucle while.
(d) Transformer ce code en une fonction approx qui prend en entr´ee N et qui renvoie une valeur approch´ee de ``a 10−N pr`es.
(e) ´Ecrire la fonctiontutu qui r´ealise la mˆeme chose que la fonction toto mais sans avoir recours `a la fonctionfact.
Nous dirons en 2021 que (p2n) et (p2n+1) sont adjacentes, que pn repr´esente une probabilit´e. Nous verrons aussi que `= 1
e. Tout cela nous rendra heureux, souhaitons-le.
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