Chapitre 4
Étude des fonctions polynomiales
I. Fonctions polynômes du second degré
I.1 Définitions Définition 1
On appelle fonction polynôme du second degré (ou trinôme) toute fonction définie sur ℝ par f (x)=ax2+bx+c où a, b et c sont des nombres réels et a ≠0 .
Cette expression est appelée forme développée de f . Exemples
• f (x)=x2+2x−1 avec a=1 , b=2 et c=−1 .
• h(x)=(x+2)2−3 est un trinôme car, en développant, on obtient : h(x)=x2+4x+4−3=x2+4x+1 avec a=1 , b=4 et c=1 . Définition 2
Soit f la fonction polynôme du second degré définie par f (x)=ax2+bx+c avec a ≠0 . On dit que la courbe représentative de cette fonction est une parabole.
Une parabole a une forme de « U » (« tournée vers le haut ») lorsque a est positif.
A l'inverse, si a est négatif, la parabole a une forme de « pont » (« tournée vers le bas »).
Dans les deux cas, la parabole possède comme axe de symétrie la droite d'équation x=− b 2a . On appelle généralement S le sommet d'une parabole. S a pour coordonnées
(
−2ba ; f(
−2ba))
.Cas a>0 Cas a<0
I.2 Forme canonique Propriété 3
Pour toute fonction polynôme du second degré de la forme f (x)=ax2+bx+c, avec a ≠0 , on peut trouver deux nombres réel α et β tels que pour tout nombre x, on a :
f (x)=a(x−α)2+β avec α=− b
2a et β= f (α) Le sommet de la parabole est alors de coordonnées (α;β).
Cette expression est appelée forme canonique de f . Exemple
Soit la fonction f définie sur ℝ par f (x)=2x2+8x−1 .
On a f (x)=2
(
x2+4x−12)
=2(
x2+2×2×x+22−22−12)
=2(
(x+2)2−92)
=2(x+2)2−9.Remarque
Lorsque l'on dispose de la forme canonique, il « suffit » de lire les coefficient α et β pour obtenir les coordonnées du sommet S d'une parabole.
Exemples
• La fonction f définie par f (x)=−2(x−5)2+3 admet comme maximum 3, lorsque x=5 (a<0 ; α=5 ; β=3 ).
• La fonction g définie par g(x)=4(x+1)2−2 admet comme minimum −2 , lorsque x=−1 (a>0 ; α=1 ; β=−2 ).
Méthode : Démontrer qu’une fonction polynôme de degré 2 admet un extremum Soit la fonction f définie sur ℝ par f (x)=2x2−12x+23.
a. Démontrer que pour tout x réel, f (x)=2(x−3)2+5 .
b. En déduire que f admet un minimum dont on précisera la valeur.
a. En développant la 2e expression, on obtient :
2(x−3)2+5=2(x2−6x+9)+5=2x2−12x+18+5=2x2−12x+5=f (x). Autre méthode : 2x2−12x+23=2
(
x2−6x+232)
=2
(
x2−2×3x+32−32+232)
=2
(
(x−3)2+ 52)
=2(x−3)2+5 =f (x) b. On regarde le signe de a : a=2>0 .
La parabole est « tournée vers le haut », donc f admet un minimum.
Or la deuxième expression correspond à la forme canonique, d'où on peut lire la valeur du minimum qui est 5, atteint pour x=3 .
I.3 Sens de variations Propriété 4
Soit f une fonction polynomiale du second degré définie sur ℝ par f (x)=ax2+bx+c.
• Si a>0 , f est strictement décroissante sur ]−∞;α] et strictement croissante sur [α;+∞[. Elle admet comme minimum β en x=α .
• Si a<0 , f est strictement croissante sur ]−∞;α] et strictement décroissante sur [α;+∞[. Elle admet comme maximum β en x=α.
La courbe représentative de f dans un repère orthonormé admet pour axe de symétrie la droite d'équation x=α et pour sommet le point de coordonnées (α;β).
Démonstration
Soit une fonction f polynomiale du second degré définie sur ℝ par f (x)=a(x−α)2+β.
• Soit a>0 .
‣ Sur l'intervalle ]−∞;α]
Soit u et v deux réels tels que u<v⩽α. Alors : u−α<v−α⩽0
(u−α)2>(v−α)2 car la fonction carrée est décroissante sur ]−∞; 0]
a(u−α)2>a(v−α)2 car a>0 a(u−α)2+β>a(v−α)2+β
f (u)>f (v)
Ainsi si u<v , alors f (u)>f (v). Donc f est strictement décroissante sur ]−∞;α].
‣ Sur l'intervalle [α;+∞[
Soit u et v deux réels tels que α⩽u<v. Alors : 0⩽u−α<v−α
(u−α)2<(v−α)2 car la fonction carrée est croissante sur [0 ;+∞[
a(u−α)2<a(v−α)2 car a>0 a(u−α)2+β<a(v−α)2+β
f (u)<f (v)
Ainsi si u<v , alors f (u)<f (v). Donc f est strictement croissante sur [α;+∞[.
Méthode : Établir les variations d'une fonction du second degré Soit la fonction f définie sur ℝ par f (x)=−x2+4x.
a. Calculer les coordonnées du sommet de la parabole représentant la fonction f . b. La fonction f admet-elle un maximum ou un minimum. Justifier.
c. Construire le tableau de variations de f , puis tracer sa courbe représentative dans un repère.
a. On calcule les coordonnées du sommet S : On a α=− b
2a=− 4
2×(−1)=2 et β=f (α)= f (2)=−22+4×2=−4+8=4 . Donc S(2 ;4).
b. On regarde le signe de a : a=−1<0 .
La parabole est « tournée vers le bas », donc f admet un maximum. Ce maximum est 4.
c. Tableau de variations :
x
−∞
2+∞
4 f (x)
II. Signe d'un trinôme
Propriété 5
Soit f une fonction du second degré de la forme f (x)=ax2+bx+c, avec a ≠0 . On a la factorisation suivante :
• Si Δ>0, alors on a pour tout réel x, f (x)=a(x−x1)(x−x2).
• Si Δ=0, alors on a pour tout réel x, f (x)=a(x−x0)2.
• Si Δ<0, alors f ne se factorise pas.
Démonstration
On a vu lors de la démonstration de la forme canonique que pour tout réel x : f (x)=a
[ (x+2ba)
2− Δ4a2]
• Si Δ>0
f (x)=a
[ (
x+2ba)
2−(
√2Δa)
2]
=a
(
x+2ba+√Δ2a
)(
x+2ba−√Δ 2a)
=a
(
x−−b−2a√Δ)(
x−−b+2a√Δ)
=a(x−x1)(x−x2)
• Si Δ=0
f (x)=a
(
x+2ba)
2=a(
x−(
−2ba))
2=a(x−x0)2.Exemple
Soit la fonction polynomiale définie sur ℝ par f (x)=x2−7x+10 .
On a Δ=(−7)2−4×1×10=49−40=9 . Comme Δ>0 , il existe deux racines distinctes réelles.
x1=−b−√Δ
2a =−(−7)−
√
92×1 =7−3
2 =4
2=2 et x2=−b+√Δ
2a =−(−7)+
√
92×1 =7+3
2 =10 2 =5 On en déduit que f se factorise et on a f (x)=(x −2)(x −5).
Propriété 6
Soit la fonction polynomiale f (x)=ax2+bx+c, avec a ≠0 .
• Si Δ>0, f (x) s’annule pour x=x1 et x=x2 (on suppose que x1<x2) et alors : ‣ le signe de f (x) est du signe de a pour x extérieur à l’intervalle des racines ;
‣ le signe de f (x) est du signe contraire de celui de a si x est compris entre les racines.
x
−∞
x1 x2+∞
f (x) signe de a 0 signe de −a 0 signe de a
• Si Δ=0, f (x) s’annule pour x=x0 : son signe est celui de a pour tous les réels x ≠ x0.
x
−∞
x0+∞
f (x) signe de a 0 signe de a
• Si Δ<0, f (x) a le même signe que a pour tout réel x .
x
−∞ +∞
f (x) signe de a
Démonstration
• Si Δ>0 , on a vu que pour tout réel x, f (x)=a(x−x1) (x−x2).
x
−∞
x1 x2+∞
x−x1 − 0 + +
x−x2 − − 0 +
(x−x1)(x−x2) + 0 − 0 +
a(x−x1)(x−x2) signe de a 0 signe de −a 0 signe de a
• Si Δ=0 , on a vu que pour tout réel x, f (x)=a(x−x0)2. Si x=x0=− b
2a , alors f (x)=0 .
Sinon, pour tout réel x tel que x≠x0, on a (x−x0)2>0 . Ainsi la fonction f est du signe de a.
• Si Δ<0 , on a vu que pour tout réel x, f (x)=a
[ (x+ 2ba)
2− Δ4a2]
.
Or
(
x+2ba)
2⩾0 et −4Δa2>0.Donc
[ (x+2ba)
2− Δ4a2]
>0 .
Ainsi la fonction f est du signe de a.
Exemples
• Donner le tableau de signes de la fonction f définie sur ℝ par f (x)=x2−7x+10.
D'après l'exemple précédent, le discriminant est positif et on a x1=2 et x2=5 . De plus, a=1>0 . On en déduit alors le tableaux de signes de la fonction f :
x
−∞
2 5+∞
f (x) + 0 − 0 +
• Résoudre l'inéquation −9x2+6x−1<0 .
On a Δ=62−4×(−9)×(−1)=36−36=0 . Comme Δ=0 , l'équation admet une racine réelle double. On a x0=− b
2a=− 6
2×(−9)=− 6
−18=1
3 . De plus a=−9<0 . On en déduit alors le tableau de signes suivant :
x
−∞
13+∞
−9x2+6x−1 − 0 −
Ainsi, S=ℝ ∖
{
13}
.III. Tableau récapitulatif