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(1)

X Maths 2 MP 2010 — Énoncé 1/4

ÉCOLE POLYTECHNIQUE FILIÈRE

MP

CONCOURS D’ADMISSION 2010

DEUXIÈME COMPOSITION DE MATHÉMATIQUES (Durée : 4 heures)

L’utilisation des calculatrices n’est pas autorisée pour cette épreuve.

⋆ ⋆ ⋆

Sur les sous-groupes finis deGL2(C)

Le but de ce problème est de caractériser les sous-groupes finis deGL2(C) ne contenant pas d’homothétie autre que l’identité.

Notations et conventions

SoitGun groupe fini (noté multiplicativement) de cardinal|G|. On note1Gl’unité deG. On rappelle que tout élémentg deGvérifieg|G|=1Get on admet que sipest un nombre premier qui divise|G|, alors il existeg∈G\ {1G}tel quegp=1G.

SiE est unC-espace vectoriel de dimension finie, on noteGL(E)le groupe des endomor- phismes inversibles deEetIdEl’identité deE. Siϕun endomorphisme deE, on noteTr(ϕ)la trace deϕetdet(ϕ)son déterminant.

Si G est un sous-groupe fini de GL(E), et V un sous-espace vectoriel de E, on note VG l’ensemble des vecteurs fixés parG:VG={v∈V| ∀g∈G, g(v) =v}. On dit queV eststable parGsi quels que soientg∈G,v∈V, on ag(v)∈V et on dit queEestirréductiblepourG si ses seuls sous-espaces stables parGsontEet{0}.

On noteMn(C)l’espace des matrices carrées de taillenà coefficients complexes etGLn(C) le groupe des matrices inversibles dansMn(C).

On note Dn le sous-groupe de GL2(C) à 2n éléments formé des matrices

Çck 0 0 c−k

å et Ç 0 −ck

−c−k 0 å

, oùkest un entier compris entre0etn−1etc=e2iπ/n(on ne demande pas de vérifier queDnest un groupe).

I – Sous-groupes finis deGL(E)

1. SoitE unC-espace vectoriel de dimension finie et soitGun sous-groupe fini deGL(E).

Démontrer que, pour tout g ∈ G,g est diagonalisable et que, si G est commutatif, tous les éléments deGsont diagonalisables dans une même base.

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X Maths 2 MP 2010 — Énoncé 2/4

II – Isométries du triangle

2. On se place dans le plan euclidien, muni d’un repère orthonormé centré enO. On s’inté- resse au sous-groupeD3 des isométries du plan qui préservent un triangle équilatéralABC de centreO.

2a. Faire l’inventaire des éléments deD3et démontrer queD3est de cardinal6.

2b. En se plaçant dans la base (non orthonormée) (−→OA,−→OB), démontrer que le groupeD3

est isomorphe à un sous-groupe de GL2(C) formé de matrices Ça b

c d å

où a, b, c, d sont dans {−1,0,1}.

2c. Diagonaliser dansCla matrice Ç0 −1

1 −1 å

. En déduire que le groupeD3est isomorphe au groupeD3.

III – Lemme de Schur

Notons A = Mn(C) et E = Cn. Notons In la matrice identité de Mn(C). On appelle homothétie une matrice de la formeλIn,λ∈C. SoitG un sous-groupe fini deGLn(C). Pour toutB∈G, on notei(B)l’application :

i(B) :

(A −→ A

M7→BM B1 .

3. Montrer quei:B7→i(B)est un morphisme de groupes de GdansGL(A), et queiest injectif si et seulement siGne contient pas d’homothéties autres que l’identité.

On noteGl’image parideGetAGel’ensemble des matricesM∈ Atelles quei(B)(M) =M pour toutBdansG.

4. SoitM∈ AGe. Démontrer queKer(M)etIm (M)sont des sous-espaces stables parG.

5. On suppose queEest irréductible pourG. SoitM∈ AGe, démontrer queMest soit nulle, soit inversible. En déduire queAGeest de dimension1.

6.SoientM, N∈ A. On considère l’endomorphisme deAsuivant,Φ : X7→M XN.

Démontrer queTr(Φ) = Tr(M) Tr(N).

7. SoitP = 1

|G|

X

B∈G

B.

7a. Démontrer queP2=P. En déduire queP est diagonalisable.

7b. Démontrer queIm (P) =EGet en déduire quedim(EG) = 1

|G|

X

B∈G

Tr (B).

8. Démontrer quedim(AGe) = 1

|G|

X

B∈G

Tr(B1) Tr(B).

(On pourra considérer d’abord le cas oùiest injectif.)

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X Maths 2 MP 2010 — Énoncé 3/4

On suppose, jusqu’à la fin de cette partie, queE est irréductible pourG.

9a. SoitX dansAune matrice qui commute avec toutes les matrices deG. Démontrer que X= 1

nTr(X)In. 9b. SoitY = X

B∈G

Tr(B1)B. Démontrer queY =|G|

n In.

10. On garde la notationY jusqu’à la fin de cette partie. Soitζ=e2iπ/|G|. On note ZG={a0ζ0+a1ζ1+· · ·+a|G|−1ζ|G|−1, ai∈Z}

etZG[G]les combinaisons linéaires, à coefficients dansZG, de matrices deG.

10a. Démontrer que pour toutB∈G,Tr(B)est dansZG, puis queY est dansZG[G].

10b. On note (Ck)1≤k≤|G|2 les|G|2 matrices ζiB (où 1≤ i≤ |G| etB ∈ G) de ZG[G].

Démontrer que pour tous 1≤k≤ |G|2, on peut trouver des coefficients(aij)1≤i,j≤|G|2 dansZ tels queY Ck= X

1≤ℓ≤|G|2

aℓkC.

10c. On poseA= (aij)1≤i,j≤|G|2 etR=|G|

n I|G|2−A. Démontrer quedet(R) = 0.

10d. Démontrer que |G|

n est racine d’un polynôme à coefficients dansZde degré|G|2et de terme dominant égal à1. En déduire quendivise|G|.

IV - Une caractérisation deDn, nimpair

SoitGun sous-groupe fini deGL2(C). Notons h. , .ile produit scalaire hermitien usuel sur C2, et posons pour toutv, w∈C2

hv, wi0= 1

|G|

X

B∈G

hB(v), B(w)i.

11a. Montrer queh. , .i0 est un produit scalaire hermitien surC2, vérifiant quels que soient v, w∈C2etB∈G,hB(v), B(w)i0=hv, wi0.

11b. Démontrer que siC2 n’est pas irréductible pourG, il existe une base orthogonale de C2pour le produit scalaire hermitienh. , .i0qui diagonalise les matrices deG. En déduire queG est commutatif.

12a. On note SL2(C)le sous-groupe deGL2(C)des matrices de déterminant1. Quels sont les matricesB∈SL2(C)telles queB2=I2?

12b. Démontrer que siG⊂SL2(C)est non commutatif, alors|G|est pair. En déduire que

−I2∈G. (Utiliser les rappels du préambule.)

On suppose par la suite que G est un sous groupe fini de GL2(C) ne contenant aucune homothétie autre que l’identité. On noteG0=G∩SL2(C)

13a. Démontrer queG0est commutatif. En déduire qu’il existeP dansGL2(C)et un sous-

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X Maths 2 MP 2010 — Énoncé 4/4

groupeΓ0deGL2(C)formé de matrices diagonales de la forme Çλ 0

0 λ1 å

tels queB7→P BP1 soit un isomorphisme deG0surΓ0.

13b. Démontrer qu’il existe un entiermtel queΓ0soit le groupeZmdes matrices

Çck 0 0 c−k

å

oùc=e2iπ/metkprend les valeurs de0àm−1.

13c. SiG0={I2}démontrer qu’alorsGest commutatif (considérer le morphisme de groupe det :G→C).

On suppose dans les questions 14 et 15 queGn’est pas commutatif et queG0est exactement le groupeZm.

14.SoitB0une matrice dansGqui n’est pas diagonale.

14a. Démontrer que pour tout C ∈ Zm on aB0CB01 ∈ Zm. En déduire queB0 est de la formeB0=

Ç0 b b 0 å

avecb,b∈C.

14b. CalculerB02et en déduire queb=b1.

14c. Montrer qu’il existeQ∈GL2(C)diagonale telle queQB0Q1=

Ç0 −1

−1 0 å

. 15a. SoitB une matrice diagonale dansG. Montrer queB∈ Zm.

15b. Montrer queB7→QBQ1est un isomorphisme deGsur le groupeDm.

16. SoitGun sous-groupe fini commutatif deGL2(C)qui ne contient pas d’homothétie autre que l’identité.

16a. Montrer qu’il existe une matrice P ∈ GL2(C) et deux morphismes de groupes χ1, χ2:G→Ctels que toute matrice deGs’écriveB=P

Çχ1(B) 0 0 χ2(B)

å P1.

16b. Montrer queB7→χ1(B)χ2(B)1est un isomorphisme deGdans le groupe des racines

|G|-ièmes de l’unité.

16c. Montrer queGest le groupe des matrices de la formeP Çck 0

0 dk å

P1,kvariant de0 à|G| −1, où l’on a poséc=e2iπp/|G|etd=e2iπq/|G|,petqétant deux entiers tels quep−qest premier avec|G|.

17. Décrire à partir des questions précédentes tous les sous-groupes finis de GL2(C) ne contenant pas d’homothétie autre que l’identité.

18. Montrer que le groupe fini commutatifZ/2Z×Z/2Z×Z/2Zne peut pas être isomorphe à un sous-groupe deGL2(C).

∗ ∗

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