HAL Id: jpa-00208572
https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00208572
Submitted on 1 Jan 1977
HAL
is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire
HAL, estdestinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.
Élargissement et déplacement de la raie 1 849 Å absorbée par la vapeur de mercure en présence de gaz
rares
C. Bousquet, N. Bras
To cite this version:
C. Bousquet, N. Bras. Élargissement et déplacement de la raie 1 849 Å absorbée par la vapeur de mercure en présence de gaz rares. Journal de Physique, 1977, 38 (2), pp.139-147.
�10.1051/jphys:01977003802013900�. �jpa-00208572�
ÉLARGISSEMENT ET DÉPLACEMENT DE LA RAIE 1 849 Å
ABSORBÉE PAR LA VAPEUR DE MERCURE
EN PRÉSENCE DE GAZ RARES
C.
BOUSQUET
et N. BRASDépartement
de RecherchePhysique (*),
UniversitéPierre-et-Marie-Curie, 4, place Jussieu,
Tour22,
75230 Paris Cedex05,
France(Reçu
le2 juillet 1976,
révisé le 18 octobre1976, accepté
le 25 octobre1976)
Résumé. 2014 Etude expérimentale, par la méthode de balayage magnétique, des déformations du
profil
d’absorption de la raie 1 849 Å du mercure en présence de gaz rares.L’élargissement et le déplacement sont obtenus après déconvolution des courbes expérimentales;
la validité de ces résultats est discutée. Les valeurs des sections efficaces
d’élargissement,
de déplace-ment et celle de la relaxation de l’alignement, sont interprétées dans le cas d’un
potentiel
d’interactionen R20146 anisotrope.
Abstract. 2014 The absorption
profile
of the 1 849 Å line of mercury in presence of noble gases was studied using the magnetic scanning method.The results concerning broadening and shift are obtained from the experimental curves using a
deconvolution method ; their validity is discussed. The cross-sections for broadening, shift, and also
for relaxation of alignement are
interpreted
for the case of an anisotropic R20146 potential.Classification
Physics Abstracts
5.280
1. Introduction. - Nous avons brievement decrit dans une Lettre au Journal de
Physique [1]
ledispositif
de
balayage magn6tique qui,
utilisant une cellule àvapeur de mercure monobare
202 Hg plac6e
dans unchamp magn6tique variable,
nous apermis d’explorer
des
profils
spectraux d’6mission etd’absorption
autourdu
centre 198 Hg
de la raie 1 849A (61 S o-61 P 1 ) ;
nousavons alors
indiqu6
leprincipe
d’un traitement condui- sant a extraire dessignaux
debalayage magn6tique
les valeurs de
1’elargissement
et dud6placement
de laraie absorb6e par les atomes
198Hg perturb6s
par les collisions d’atomesd’argon.
L’objet
de cet article est depresenter
1’ensemble des resultats obtenus pour les diverscouples
mercure-gazrare
(Xe, Kr, A, Ne, 4He, ’He),
d’en discuter la valeuret la
precision
et d’enesquisser
uneinterpretation
pro- visoire en termes depotentiels anisotropes.
2.
Dispositif experimental.
- Ledispositif exp6ri-
mental est sch6matis6 sur la
figure
1. L’ensemble de lapartie optique
est dans une enceinte ou un videpri-
maire est assure
(suffisant
parce que le domaine spec- tral 6tudi6 est trop 6troit pour que la structure des bandesd’absorption
del’oxyg6ne puisse
nousg8ner).
(*) Laboratoire associe au C.N.R.S. n° 71.
La source S a ete r6alis6e au laboratoire : c’est un
tube
capillaire
de 2 mm de diametre interieur conte- nant 2 mg de mercure 198 et de1’argon
sous une pres- sion d’environ 5 torr. Elle est excit6e en haute fr6- quence : uneligne rigide
amene le courant HF(300
à500
MHz)
foumi par un ensemble alimentation stabilis6e(0-500 V)
etoscillatrice,
sur des 6triersqui
entourent la
lampe (ligne principale).
Un court-circuit mobile sur uneligne
en derivation permet1’adaptation
de la
ligne principale.
Une double enceinte entourant la
lampe
permet la circulation d’unliquide r6frig6r6
sans introduire de milieu absorbant sur letrajet
du faisceau lumineux[2].
La
temperature
duliquide
est stabilis6e et contr6l6e a0,1
OCpres
autour d’une valeur telle que leprofil
6mis sur 1 849
A
soit peu renvers6.Les lentilles
L 1
etL2 diaphragm6es
et leprisme
PFIG. 1. - Schema du dispositif experimental.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01977003802013900
140
constituent le
dispositif
monochromateurqui
permet dans leplan
focal deL2
ou est situee la fente F d’isoler la radiation 1 849A.
Une lame de vycor V
(opaque
pour 1 849A
ettransparente a 2 537
A)
escamotableplac6e
devant leprisme
permet de detecter un eventuelsignal parasite
a 2 537
A.
Nous avons pu ainsi nous assurer de la bonnequalite
de 1’ensemble monochromateur.La cuve C
(d’6paisseur
1 =0,2 mm) plac6e
dans lechamp magn6tique
variable contient du mercuremonobare 202
(puret6 99,9 %),
son queusot est refroidi par une circulation de methanol. Sonprofil d’absorption
sert deprofil d’analyse.
Undispositif
Fieldial utilisant une sonde à effet Hall permet de connaitre la valeur de
l’induction,
de la stabiliser etd’efi’ectuer des
balayages
ou B varie lin6airement enfonction du temps. Les indications fournies par ce
dispositif
ont ete v6rifi6es sur la structureisotopique
ethyperfine
de la raie 2 537A.
Les deux cuves
Co
etCo (d’6paisseur 10
=0,1 mm)
contiennent
respectivement
du mercure 198(puret6 98,5 %)
et du mercure 198 enpresence
de gaz rare.Elles sont
plac6es
dans une enceinte thermostat6e etpeuvent etre alternativement
interpos6es
sur letrajet
du faisceau lumineux. La
quantite
de mercure intro-duite dans chacune des cuves est suffisante pour que la vapeur reste saturante aux
temperatures
utilisees.Les
temperatures
despoints
froids des cuves, stabilis6es a0,1
°Cpres,
sont mesur6es a 1’aide de sondes a resistance deplatine plac6es
au niveau des queusots.Une lame semi-reflechissante permet de
s6parer
lefaisceau lumineux en deux faisceaux I et II : le faisceau r6fl6chi I ne traverse que la cuve
d’analyse C,
le faisceau transmis II traverse les cuves C etCo
ouCo.
Le montage ainsi conru est
plus compliqu6
que ceuxcouramment utilises en
particulier
au laboratoire[2, 3].
Cette
complication
est due au fait que nous n’avonsvoulu
placer
dans lechamp magn6tique
ni lalampe
nila cuve d’6tude
Co.
Lalampe
parce que sonprofil
d’6mission est tres sensible a l’intensit6 du
champ magn6tique qui
lui estapplique [2] ;
la cuve, pour ne pas introduire dans le milieu a 6tudier une directionprivil6gi6e.
11
pr6sente cependant 1’avantage
de ne pas n6cessiterune
separation spatiale
des composantes circulaires droite etgauche
6mises par la source. En effet le centre 202 est suffisamment6loign6
du centre 198(v198 -
V202~- 300 mK soit 6 500G)
pour que, compte tenu deslargeurs
desprofils
d’6mission de lalampe
etd’absorption
de la cuveC,
une seule des composantes Zeeman serve a1’analyse
au cours d’unbalayage
autour de 6 500 G.Les
lampes
ne sont pas suffisamment stables pour que 1’onpuisse
determiner une fois pour toutes, comme parexemple
sur la raie 2 537A,
unprofil
d’6missionfacilement
reproductible.
On voit donc la necessite dufaisceau I
qui
donne unsignal permettant
de d6ter-miner le
profil
d’6missionI(v)
de la source pourchaque experience.
Enfin le
signal lumineux
6mis est entach6 a la fois defluctuations
rapides,
d’une modulationplus
lente etd’une derive. Cette derive peut etre
genante
si elledevient trop
importante ( >
10%)
carle profil
d’6mis-sion est etroitement lie a l’intensité lumineuse 6mise.
Dans le
laps
de temps ou cette derive est suffisam-ment faible pour que nous
puissions
considerer leprofil
d’6mission commeinvariant,
nous effectuonsplusieurs balayages
successifs assezrapides (10
000 Gen 10
mn).
Le rapportsignal
sur bruit est am6lior6 surchaque enregistrement
par une methode de moyenneglissante qui
61imine unepartie
des fluctuationsrapides.
3. Conditions de realisation et
d’exploitation
desmesures. Rksultats. - Le domaine
spectral explore
couvre sensiblement 10 GHz
(0,33 cm-1).
Pourchaque
gaz rare on a realise desmelanges
vapeur de mercure-gazperturbateur
avec despressions
de cedernier s’6chelonnant entre 40 et 300 torr environ.
La
temperature
était stabilisee durantchaque exp6-
rience a une valeur voisine de 280 K. Comme il est
explique
dans[1]
lapression
de la vapeur de mercure est alors suffisamment faible pour que 1’effet sur leprofil spectral
des interactions resonnantesHg-Hg
reste
completement n6gligeable.
Dans le cas des per- turbateurs3 He
et4He,
on a realise des conditions permettant de comparer aussi directement quepossible
les
profils
spectrauxrespectivement
obtenus(cellules
contenant
respectivement
ces deux gaz sous la memepression, plac6es
alternativement sur le montage etanalysees
avec desprofils
delampe
aussiidentiques
que
possible).
L’exploitation
des courbes debalayage magn6tique
doit conduire a la determination du
profil spectral
dela raie
d’absorption
de la transition(6 1S0 --+
61 P 1)
du mercure en
presence
des gazetrangers.
Pour desraisons
qui
serontindiquees plus
loin il nepouvait
etrequestion
d’extraire avec uneprecision
raisonnableun
profil qui
aurait été apriori quelconque.
Ici inter-vient donc une
premiere hypothese
que nos conditionsexperimentales
permettent de poser, sous reserve d’un controle de validitea posteriori :
Nous considererons que nous sommes dans les conditions dites de
1’approximation d’impact
destheories
qui
rattachent1’elargissement spectral
desraies a la variation de
phase,
durant lacollision,
dumoment
dipolaire 6lectrique
associ6 a la transitionelectronique [4].
L’effet des collisions se traduit alors par une relaxation caracterisee par une constantecomplexe
T ; en 1’absence de toute autre cause d’elar-gissement,
leprofil spectral
serait donne par la lorentzienneou
sont
respectivement
lalargeur
a mi-hauteur et led6placement
de 1’axe de la lorentzienne.Si
ko(v) d6signe
le coefficientd’absorption
de lavapeur de mercure en 1’absence de gaz
etranger,
soncoefficient
k’(v)
enpresence
de gazperturbateur
seradonc,
compte tenu del’ind6pendance
des processusqui
sont al’origine
duprofil ko(v) (amortissement
naturel et effet
Doppler d’agitation thermique)
et duprofil C(v),
C’est un
profil
deVoigt
calculable si l’on se donne latemperature
de la vapeur et lesgrandeurs wL
et6VD’
Nos courbes de
balayage magn6tique
seront doncexploit6es
en les comparant a cellesqui
seront cal-cul6es sur ordinateur a
partir
de diverses valeurs debvL
et
6VD,
consid6r6es commeparametres ajustables.
Le tableau I
pr6sente
les resultats ainsiobtenus ;
1’estimation des marges d’erreur est discut6e au pro- chain
paragraphe.
Onindique
aussi les valeurs desparties
r6elles (1 L etimaginaire
6D de la section efficace de collisioncomplexe
(1optd6finie,
selonl’usage
dedivers auteurs, par
le
signe
dont se trouve affect6 (1Dindiquant
que led6placement
a lieu vers lesfrequences
elevees(signe + )
ou basses
(signe - ) ;
Nd6signe
la densite mol6culaire du gazperturbateur,
v la vitesse relative moyenne des atomes descouples
en collision.Enfin,
en vue del’interpr6tation
desr6sultats,
on aindique
les valeursde la section efficace pour la relaxation de
1’aligne-
ment, (1 aI’ mesur6e par Lecler
[5].
4. Discussion de la validit6 et de la
precision
de lam6thode. - Le traitement
qui
permet de calculerbvL
etbvD
apartir
des courbesexperimentales
debalayage magn6tique
suppose diversesoperations
-lissage
de courbes affect6es debruit, apodisation
defonctions avant calcul de leur transform6e de Fourier
-
qui
introduisent une incertitude sur les resultatsobtenus;
nousindiquons
maintenant comment onparvient
a r6duire et a 6valuer cette incertitude.La
premiere 6tape
consiste aobtenir,
apartir
de lacourbe de
balayage magn6tique
duprofil spectral I(v)
de la source, ce
profil lui-meme.
Nousreproduisons
sur la
figure
2 1’ensemble despoints exp6rimentaux correspondant
a huitbalayages magn6tiques
duprofil
FIG. 2. - Balayage du profil emis par la source.
6mis par la source dans des conditions bien
définies
de fonctionnement. Cet ensemble de
points
estrepr6-
sent6 par la relation :
Le coefficient
d’absorption
de la cellule a202Hg,
k
{
v -v(B) 1,
est enprincipe
calcule avec une erreurn6gligeable.
TABLEAU I
Couples 198Hg-gaz
rare, raie 1 849A
(’) Les valeurs moyennes sont calculees compte tenu des marges d’erreur sur le rapport lui-meme, et non par quotient des colonnes 2 et 4.
142
La transform6e de Fourier de
(1)
permet donc de calculer la transform6e de Fourier dePar transform6e de Fourier
inverse,
on obtient enprincipe
leprofil
de la source.Mais les
manipulations
n6cessaires6voqu6es plus
haut comportent un certain arbitraire et c’est tout
un ensemble de
profils I(v) possibles qui
est obtenu.Nous avons
pose qu’un profil I(v)
ne seraitacceptable
que s’il satisfait a deux criteres.
Le
premier
est que,I(v)
etantinjecte
dans leproduit
de convolution
represente
par(1),
le calcul de ce pro- duit doit donner unecourbe Y1 compatible
avec cellequi
a servi au calculinitial,
donc passant correctement dans le nuage depoints exp6rimentaux.
FIG. 3. - Deux profils Fl(v) et F2(v), obtenus par deconvolution de yl, ayant pratiquement meme largeur : 124 mK. Seul Fl(v)
satisfait au second critere.
La
figure
3pr6sente
deux fonctionsFl (v)
etF2(v),
calcul6es par deconvolution de(1)
etsatisfaisant a ce critere :
inject6es
dans(1)
elles donnent la meme courbepresentee
en traitplein figure 2, qui reproduit
correctement les resultatsexp6rimentaux.
Le second
critere, plus restrictif,
est que leprofil I(v), inject6
dans leproduit
de convolution(2)
ou
ko(v)
est le coefficientd’absorption
d’une cellule àmercure
i98Hg
pur, doit permettre de retrouver les resultatsexp6rimentaux
dubalayage magn6tique represente
par y2{ v(B) }.
Les
points exp6rimentaux, Y2 { v(B) },
correspon- dant aux memes conditions de fonctionnement de lasource que pour
(1)
et a des conditions donn6es pour les cuvesa 198Hg,
sontpresentes
surla figure
4.FIG. 4. - Analyse du produit des profils emission de la source et transmission de la cuve a 198Hg pur. Les courbes tracees corres-
pondent aux fonctions F1 (-) et F2 (- - -).
Les deux fonctions
F1
etF2, injectees
dans(2),
donnent deux courbes distinctes
(Fig. 4).
L’uned’elles
(F1)
est nettementplus representative
de1’ensemble des
points experimentaux ;
c’est elle quenous retenons.
On doit noter que ce second critere permet de
pr6-
ciser une
origine
desfrequences
pour leprofil I(v)
avecune
precision
biensuperieure
a celle que permet lebalayage magnetique (1) :
ladissymetrie
de la courbeexp6rimentale Y2 { v(R)}
est liee a un 6cart d’envi-ron 2 mK entre le centre de la composante
198Hg
dela raie
d’absorption
et le centre de la raieI(v)
de lasource. Ce resultat est en accord avec une etude de G. H. C. Freeman
[6]
sur ledeplacement
du centrede la raie 1 849
A
emise par leslampes
GEC en fonctionde la
pression d’argon
dans ceslampes. (Sur
lesfigures
2 a 5l’origine
desfrequences correspond
aucentre du
profil
d’6mission de lalampe.)
FIG. 5. - Analyse du produit des profils emission de la source et transmission d’une cuve contenant du mercure en presence de krypton (172 torr). La courbe tracee en trait plein correspond à
une reconvolution avec 6VLIC = 80 mK et 6VDIC = 29 mK; les deux autres sont des courbes limites : -.. 6VDIC = 33 mK,
6VLIC = 72 mK. --- 6VDIC = 25 mK, 6VLIC = 97 mK.
L’exploitation
de la courbe debalayage magn6tique
avec
interposition
d’une celluleHg-gaz
rare,pourrait
enprincipe
s’effectuer par uneprocedure
ded6convolution
analogue
a lapr6c6dente,
la fonction à extraire 6tante - kó(v)lo.
Mais les erreurs commises surla determination de
I(v) risquent
de rendre tres incer- tain le r6sultat. Nous utilisons donc la forme apriori
de
k’(v),
en calculant des familles de courbes d6finies par
1’expression (3)
ou6VL
et6VD
sont desparametres ajustables.
Les
couples 6VL, bvD qui,
associ6s avec la fonctionI(v)
retenue, donnent une courbe
(3) compatible
avecles resultats
exp6rimentaux,
sont consid6r6s commeacceptables.
La
figure
5 montre une deuces courbes(traits pleins),
les
points exp6rimentaux
6tant ceuxcorrespondant
àune cellule
198Hg-krypton (172
torr, 280K).
11 luicorrespond
les valeurs6VLIC
= 80 mK et6VDIC
= 29 mK.Nous avons
indique
sur cette memefigure
lesdeux courbes limites
correspondant
auxcouples (dvL/c
= 72mK, 6VDIC
= 33mK)
et(BVLIC
= 97mK, 6VDIC
= 25mK).
Nous ne
jugeons acceptables
que les courbescomprises
entre ces deux limites.Nous sommes ainsi conduits a la
presentation
desvaleurs
acceptables
debvL
et6VD
pour un certaincouple Hg-gaz
rare dont lesfigures
6 et 7 donnent uneillustration dans le cas du
krypton.
C’est sur cette base
qu’ont
6t6 calcul6es les valeurs du tableau I. Nous pensonsqu’elles
sont sures a l’int6- rieur deslimites indiquees.
FIG. 6. - Elargissement 6VL en fonction de la pression P du kryp-
ton.
FIG. 7. - Deplacement bvD en fonction de la pression P du kryp-
ton.
5. Essai
d’interpretation.
- Les nombreuses th6o- ries(voir
parexemple 4) qui
traitent de1’elargissement
des raies du aux collisions essaient de relier le
profil spectral
al’op6rateur
hamiltonienrepr6sentant
l’inter-action des atomes. Comme nous 1’avons dit
plus haut,
nous sommes dans le cas d’interactions binaires de duree extremement courte
(approximation d’impact).
L’atome de gaz rare est et reste dans son etat fonda-
mental,
desym6trie sph6rique (6tat ’SO).
L’atome demercure effectue une transition entre son 6tat fonda- mental
6 iSo
et l’un des trois 6tats du niveau 61 P 1 qui
est
d6g6n6r6
en 1’absence deperturbation.
Le processus de collision estadiabatique
par rapport aux niveaux de 1’atomeHg,
mais non par rapport aux etats du niveau6 1 P1.
N6anmoins il est int6ressant d’introduire les itatsadiabatiques
du niveau 61 P 1
en consid6rant les valeurs propres de 1’hamiltonien d’interaction surla base du sous-espace J =
1,
m J =0,
± 1 d6finie dans leréférentiel
tournant(axe
dequantification
joignant
les noyaux des atomessupposes
immobilises144
a une distance R l’un de
1’autre).
Nous d6finissons ainsi lepotentiel
d’interactionVo(R) (6tat
6’SO)
etles deux
potentiels
d’interactionVn(R) (6tats
61 P l’
mj = ±
1)
etVM(R) (6tat
6’Pl,
mJ =0).
L’existence de la relaxation de1’alignement
des atomesHg
sur leniveau
61P1 [5}
nous invite en effet 4 introduire cepotentiel anisotrope.
11 reste a choisir la forme de ces
potentiels Vo, V1t’ VE.
PourVo, il
existe des donn6es obtenues àpartir
de mesures de la viscosite ou dupremier
coeffi-cient du viriel des gaz en
question (Hirschfelder [7]) ;
concernant
V1t
etV. les
donn6es sont, pourchaque couple Hg-gaz
rare, les valeursexperimentales
(1L, 6 D,6ai’ Il
est doncraisonnable,
pour que le test soitsignificatif,
de n’introduire que deux coefficients inconnus. Nousadopterons
despotentiels
de Van derWaals
ce
qui
conduit anegliger
1’effet de la brancherepulsive
que devraient comporter des
potentiels plus repr6sen- tatifs,
et a limiterVo
au termeanalogue,
On doit noter a ce
sujet
que les valeurs (1L et (1D ne font intervenir que les differencesV1t - Vo et VM - Vo,
ensorte
qu’il
suffit ici que ce soient ces differencesqui
comportent des termesr6pulsifs
suffisammentpetits.
Ce choix est aussi
guide
par des considerationspratiques :
V. N. Rebane[8]
a resolunum6riquement 1’equation
d’evolutionrepr6sentant
lacollision,
dans le cas d’unpotentiel
de Van der Waalsanisotrope.
Nous pourrons donc utiliser ses resultats
qui
sepr6sentent
sous forme de courbes(Fig. 8) (1)
donnant(1 L/ (1 al
et(1 D/ (1 al
en fonction duparametre
avec de
plus
la relationLes calculs de Rebane ont ete effectu6s a
partir
deI’hypoth6se
de latrajectoire rectiligne.
Pour cette rai-son et aussi a cause de la forme tres
simplifi6e adoptee
pour
Vo, V1t
etVM,
nous exclurons de notre essaid’interpr6tation
lescouples
mercure-h6lium.Nous
indiquerons
brievement comment nous avonsproc6d6
pour d6duire les coefficientsCM
etC,
des r6sul-tats de Rebane
exploit6s
a l’aide des valeursexp6ri-
mentales de (1 L, (1 D et 6al.
FIG. 8. - Relations entre les sections efficaces : a) (1L/(1al; b) (6D/6al pour Cz - C. 0 ; c) 6D/6al pour C, - C. > 0.
11 faut d’abord noter que Rebane n’avait
envisage
que le cas ou
CM C1t.
Dans le cas contraire la courbe6D/6al correspondante
se deduit de la brancheobtenue par Rebane
(branche b, Fig. 8)
par unesym6-
trie par rapport a
1’axe q (branche c).
Dans le cas d’un
d6placement
rouge(6D 0)
le rapport y =Cx/C1t
estsuperieur
ou inferieur a 1’uniteselon que q est lui-meme
superieur
ou inferieur à-
0,25 (voir
les branches c ou b de la courbe6D/6al)
11 existe
toujours
deux domaines de valeursde q (correspondant
aux deuxsignes possibles
de y -1) compatibles
avec nos donn6es Cetteambiguit6
peut etre leveelorsqu’on envisage
le calculdes coefficients des forces de Van der Waals a
partir
des
expressions th6oriques
despotentiels
d’interactiondipole-dipole
induit. Nousdeveloppons plus
loin untel
calcul;
or ilindique
que l’on a necessairement y > 1.Pour cette raison nous n’utiliserons dans la courbe
que la
branche ccorrespondant
aC_, -
> 0.Pour tenir compte au mieux de l’incertitude assez
grande qui
affecte les valeursexperimentales
de07L, (10 et (1al, nous avons
proc6d6
comme suit : notonsA, B,
C les ensembles de valeurs que peuventprendre respectivement
lesgrandeurs
(1L,CD et
(1al. Soit une valeur appartenant aA,
pour tout (1al appartenant a Con determine
C C1t
apartir
de la relation donn6e parRebane, q
apartir
de et doncC1t - Co.
On obtient ainsi a (1L donne une courbe
L’ensemble de telles courbes pour les differentes valeurs
possibles
de (1L d6finit un domaine L duplan C - Co, C 2013 C
limite en fait par les deux courbescorrespondant
aux valeurs extremes de (1L.Aux
point
de L sont associ6s lescouples (Cn - Co, CE - C1t) compatibles
avec les valeurs de 6L et (1al.On determine de meme un domaine D a
partir
desmesures de (1D et (1al. L’intersection des domaines L (1) Nous remercions V. N. Rebane qui a bien voulu nous commu-
niquer ces courbes à une échelle plus exploitable que celle adoptée dans l’article cité.
et D donne 1’ensemble des
couples (C1t - Co, C 2013 C1t)’
donc des
couples (C, C) qui
rendent compte des resultatsexp6rimentaux d’61argissement,
ded6place-
ment et
d’alignement.
Pour les valeurs de
Co
nous avons utilise les resultatsde Hirschfelder
[7].
Nouspr6sentons (Fig. 9)
ledomaine
C1t’ C
ainsi obtenu dans le cas dukrypton.
Dans le tableau II sont
regroup6es
les valeurs deC
et
C1t auxquelles
onaboutit,
nous avonsajouté
celles dequi represente
lapartie isotrope
de l’interaction en R - 6.FIG. 9. - Ensemble des valeurs Cz, CR obtenues dans le cas du
krypton. Ce n’est que dans la zone non hachur6e que la difference C 2013 CR peut prendre toutes les valeurs qu’autorise la mesure de
Cal. Les valeurs C, C, y et C C > du tableau II prennent en compte 1’ensemble du domaine.
11 est tentant de comparer ces valeurs de
C
etC1t
ainsi obtenues aux coefficients des forces de Van der Waals
th6oriques
determines par un calcul au deuxieme ordre de l’interactiondipole-dipole
induitu =
R/R, PA
etPB, op6rateurs dipole 6lectrique
desatomes A
(mercure)
et B(gaz rare),
TABLEAU Il
Les déterminations de
C_,
etC1t
ne sont pasindependantes (relation (4)) :
les valeurs de yet C >
en tiennent compteou rAi est le rayon vecteur du i-ieme electron de ilatome A.
Ce calcul fait intervenir toutes les transitions de I"6tat
(a, b)
dusysteme
atome de mercure dans1’etat
61P1,
atome de gaz rare dans 1’etat fondamen- tal’So, d’6nergie Ea
+Eb
vers les 6tats(a’, b’) d’6nergie Ea,
+Eb,. L’6nergie
au deuxieme ordres’ecrit,
en utilisant les unitesatomiques [9, 10] :
off
Aa
etfbb’
sont les forces d’oscillateur enabsorption
des transitions a - a’ et b - b’
(ces
forces d’oscilla-teur sont reli6es aux elements de matrice r6duits
I a’ I PA II a > 12
par1’expression
C(...) represente
un coefficient de Clebsch-Gordan.Nous notons
C
etC
les contributions des niveaux a’ aux coefficientsC1t
etC
du terme en R 6ainsi
obtenu, correspondant respectivement
a ma = ± 1 et ma = 0.Le rapport
ne
depend
quede ja,
et vaut 4 pourja,
=0 ; 0,4
pourja,
= I et1,16 pour ja,
= 2.Parmi les niveaux a’
qui
peuvent etre atteints par des transitionsdipolaires 6lectriques,
seuls ceux deja,
= I vont donner une contributionnegative
a lavaleur de
CM 2013 C1t.
Or meme pour les niveaux
de ja’
= 1 lesplus
voisinsde 6
1p 1 qui
sont 63D,
et 73SJ
les forces d’oscilla-teur
faa, correspondantes
sont tres voisines de zero[11].
Leurs contributions a
CM
etC1t
sont doncpratiquement
nulles et il en sera de meme pour tous les niveaux
de ja,
= 1 et de nsuperieur.
146
On peut donc conclure que
CM 2013 C1t
estpositif
etque
Cx/C1t
estcompris
entre1,16
et4,
r6sultat dontnous faisons 6tat
plus
haut pour l’utilisation des courbes de Rebane.On peut enfin
envisager
un calcul deCM
etC1t
àpartir
de la relation(5),
moyennant certainesapproxi-
mations.
Dans le cas des gaz rares, les diff6rences
d’energie Eb, - Eb
sont pour les niveaux discrets assez voisines les unes des autres; uneapproximation
consiste àremplacer Eb, - Eb
par une valeur moyenneAEb.
De meme comme nous ne connaissons pas les forces d’oscillateur de toutes les transitions aboutis-
sant au niveau 6
1P1,
nous sommes amenes a faire sur1’ atome A une
approximation analogue [10, 12] qui
est
beaucoup
moins16gitime.
On peut alors utiliser la relation de fermeture dans lesexpressions
deCM
et
C1t
et :1’axe de
quantification
estpris
suivant 1’axe inter- nucl6aire. Dans cetteapproximation
nous avonspris
pour
AEa
1’6cartd’6nergie
entre le niveau61P1
et lepotentiel d’ionisation ;
on ne doit donc tenir compte dansPA
que des electronsparticipant
aux transitions du spectre discret ou duproche
continuum. Nous neconsid6rons en fait que les deux electrons externes
(d’orbitales
s etp)
bien que des electrons des couches internespuissent
etre relativement facilement excites.On
obtient,
ennegligeant
les termesd’6change :
(où r2 )s = s I ,r2 Is), etc...).
Les calculs sont effectues en prenant les valeurs de
b I P2B I b >
donnees parDalgamo
etKingston [13],
les valeurs
AEb,
voisines du deuxiemepotentiel d’ionisation,
choisies par Faroux[10]
etvaleurs calcul6es par J. Bauche
(communication privee).
Les valeurs de
CM
etC1t
sontpresentees
dans les deuxpremieres lignes
du tableau III.L’approximation
faite sur 1’atome A peut semblercritiquable
pour les niveaux lesplus
voisins du61P1
et pour le niveau fondamental pour
lesquels Ea, - Ea
est tres different de
AEa.
Nous avons calcule lescontributions
CaM’
etC:’
de ces niveauxcorrespondant
a des transitions vers 6
1 P 1
dont on connait les forces d’oscillateur :TABLEAU III
Toutes les valeurs de C
indiquées
sont enlO- 32 s-1
cm6.
Les deuxpremieres lignes
du tableaudonnent les valeurs de
CM,
etC1t
obtenues enfaisant l’approximation E., - Ea
=4Ea
pour tous lesniveaux a’.
On a
noti, Cf’
etCa" 7r
les contributions àCx
etC1t
detransitions dont on connait
la force
d’oscillateur.Enfin
nousindiquons
dans les derniereslignes
lesvaleurs de
CM, C1t’
Tet C > corrigges
par laprise
en compte de ces contributions.mesur6e par Lecler
[5]
et
obtenue a
partir
de la duree de vie du niveau7 1So [14]
et en tenant compte du rapport
calcule a
partir
des forces d’oscillateur des transi- tions6 1So -
61 P 1
et 61 So -
63P1.
Les valeurs de
Ca’
etCg’
sontgroupees
dans letableau III.
Nous pouvons alors 6valuer
CM
etC1t
en ne faisant1’approximation
d’unAEa
commun que pour lesniveaux,
autres que ceuxenvisages ci-dessus,
dont1’energie
est assez voisine dupotentiel
d’ionisation.Les valeurs ainsi obtenues
(Tableau III)
ne differentde celles
pr6c6demment
calcul6es que desquantites
Ces valeurs de
C,
etC1t
sont en assez bon accord aveccelles deduites de
1’experience,
si l’on tient compte dufait
que Ie
choix fait pourAEa pourrait
etrerevise,
que les valeurs calcul6esde r’ > et
r2>,
sontpeut-etre
surestim6es
(elles
ont ete obtenues par une m6thode de Hartree-Fock ennegligeant
les effetsrelativistes).
6. Conclusion. - Les valeurs
experimentales
quenous avons obtenues pour la section
optique
efficace (1opt = (1L +i(1D caract6ristique
de la relaxation de la coherence du momentdipolaire electrique
lie a latransition 6
1S0 >
6’P,
des atomes de mercure enpresence
de diversperturbateurs (Ne, A, Kr, Xe), jointes
aux valeursexperimentales
obtenues par Lecler pour la relaxation de1’alignement
des atomesHg
surle niveau
6 1P1,
enpresence
des memesperturbateurs,
sont
compatibles
avec la conclusion que les branches relaxantes dupotentiel
d’interaction pour ces pro-cessus sont
repr6sentables
par unpotentiel
du type Van derWaals, anisotrope
pour lescouples
danslesquels
l’atomeHg
est sur le niveau 61 P 1.
Un calculth6orique,
conduit auprix d’approximations
ine-vitables,
aboutit a des valeurs dont l’ordre degrandeur
confirme la credibilite des valeurs d6termin6es a
partir
des donnees
experimentales.
L’etude des ailes lointaines de la raie 1 849
A
absorb6e par les memes
melanges Hg-gaz
rares estentreprise,
elle estsusceptible d’apporter
des informa-tions
complementaires,
enparticulier
sur les branchesr6pulsives
despotentiels.
Nous avons d6lib6r6ment laisse de cote le cas des
couples Hg-3He
etHg-4He
car les conditions de validite desapproximations th6oriques qui
ontpermis
les calculs utilises
(trajectoires rectilignes)
aussi bienque la forme des
potentiels adopt6s,
nous ont sembleinterdire a
priori
des démarchesanalogues
à celles quenous avons mises en 0153uvre pour les autres gaz rares.
Nous 6tions incites a cette
prudence
par les resultats tresparticuliers
que nous avions obtenus parailleurs,
en 6tudiant la relaxation de la coherence
optique
dumoment
dipolaire
de la transition 61S0 -+
63P1
(raie
2 537A)
de l’atomeHg
enpresence de 3He
et4 He.
Dans ce cas en
effet,
J. Butaux et nous-memes avonsobtenu,
pour
Hg-3He,
pour
Hg-4He,
resultats
qui suggerent
d’abandonner le modele destrajectoires classiques
pour un calculpurement
quan-tique. Quoi qu’il
ensoit,
nous retenons que, commeon 1’a
d6jd
noteplusieurs fois,
le cas de I’h6lium doit etre dissoci6 de celui des autres gaz rares.Remerciements. - Nous remercions J. Butaux de l’intérêt
qu’il
aport6
a ce travail et des nombreuses discussions que nous avons eues avec lui.Bibliographie [1] BOUSQUET, C., BRAS, N., LENNUIER, R., J. Physique Lett.
36 (1975) L-233.
[2] LEBOUCHER, E., BOUSQUET, C., BRAS, N., Nouv. Rev. Opt.
Appl. 5 (1974) 121.
LEBOUCHER, E., Thèse 3e cycle Paris (1970).
[3] BUTAUX, J., Thèse Paris (1972).
[4] LINDHOLM, E., Arkiv. Mat. Astron. Fys. 32A (1945) n° 17.
SCHULLER, F. et BEHMENBURG, W., Phys. Rep. 12C (1974) 4.
[5] LECLER, D., Thèse Caen (1969).
[6] FREEMAN, G. H. C., MATTHEWS VERA, P., Proceedings of
AMCO J Conference held 2-6 June 1975, Paris, Maison
de la Chimie.
[7] HIRSCHFELDER, CURTISS, BIRD, Molecular theory of gases and liquids (Wiley, N.Y.) 1954.
[8] REBANE, V. N., Opt. Spectrosc. 26 (1969) 371.
[9] SCHULLER, F., OKSENGORN, B., J. Phys. 30 (1969) 531.
[10] FAROUX, J. P., Thèse Paris (1969).
[11] JEAN, P., MARTIN, M., BARRAT, J. P., COJAN, J. L., C. R. Hebd.
Séan. Acad. Sci. Paris 264B (1967) 1709.
[12] BYRON, F. W., FOLEY, H. M., Phys. Rev. 134 (1964) A625.
[13] DALGARNO, A., KINGSTON, A. E., Proc. R. Soc. (London)
A 259 (1960) 424.
[14] OSHEROVICH, A. L., BORISOV, E. N., BURSHTEIN, M. L. et
VEROLAINEN, Y. F., Opt. Spectrosc. 39 (1975) 466.