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Détermination des sections efficaces de collision des gaz rares pour les niveaux de configuration 6s6d de l'atome de mercure

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00206582

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00206582

Submitted on 1 Jan 1967

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Détermination des sections efficaces de collision des gaz rares pour les niveaux de configuration 6s6d de l’atome

de mercure

Yves Lécluse

To cite this version:

Yves Lécluse. Détermination des sections efficaces de collision des gaz rares pour les niveaux de configuration 6s6d de l’atome de mercure. Journal de Physique, 1967, 28 (10), pp.785-788.

�10.1051/jphys:019670028010078500�. �jpa-00206582�

(2)

DÉTERMINATION

DES SECTIONS EFFICACES DE

COLLISION

DES GAZ

RARES

POUR LES

NIVEAUX

DE CONFIGURATION

6s6d

DE

L’ATOME

DE

MERCURE

Par YVES

LÉCLUSE (1),

Faculté des Sciences de Caen, Laboratoire de Spectroscopie Atomique

(associé

au

C.N.R.S.).

Résumé. - Le

dispositif qui

nous a

permis

de déterminer les durées de vie radiatives des niveaux de

configuration

6s6d du mercure a été utilisé pour faire l’étude des collisions entre atomes de mercure excités dans ces niveaux et molécules ou atomes de divers gaz

étrangers.

Les sections efficaces obtenues pour les

quatre

niveaux 6s6d sont

pratiquement

les mêmes

pour les collisions avec les atomes d’un même gaz rare.

Abstract. - The

apparatus

used to détermine the radiative lifetimes of the 6s6d confi-

guration

levels of mercury has been used to

study

the collision of inert gases and of some molecules with mercury atoms excited in these levels. The cross sections obtained for the levels of the 6s6d

configuration

are

practically

the same for collisions with atoms of the same gas.

I. Prdvisions

théoriques.

- Dans

1’approximation

d’une interaction entre atomes du

type dipole-dipole,

Omont

[1],

utilisant le formalisme de la matrice

density

a calcule

theoriquement

les sections efficaces de

depolarisation

dans le cas de collisions entre un atome de mercure et un atome de gaz

etranger monoatomique.

Le

quenching

doit etre

negligeable

dans ce cas. Nous

appliquerons

ses resultats dans le

cas

particulier

de

l’alignement

pour

pr6voir

des

rapports

de sections efficaces des atomes de mercure

excites dans les niveaux de

configuration

6s6d du

mercure.

La section efficace a2 est donnee par

l’int6grale

suivante : ans

laquelle b

est

le

parametre d’impact

et P la

probabilite

pour que l’atome de mercure soit

perturbe

dans la collision.

Lorsque b est

assez

grand,

on montre que P

peut

etre mis sous la forme :

Dans cette

expression :

-

-F(/)

est une constante

qui

ne

depend

que du

moment

cinetique J

du niveau de 1’atome

perturbe.

- B’

depend

de

J,

de la

configuration

du niveau

de 1’atome

perturbe

et du gaz

etranger.

- vest la vitesse relative des atomes

qui

se heurtent.

- DE est la difference

d’energie

moyenne entre la somme des

energies

des atomes avant et

apr6s

la

collision et la somme de leurs

energies

dans un 6tat

virtuel interm6diaire ou ils se trouvent

pendant

la

collision. Cet 6tat doit etre relie a 1’6tat initial par des elements de matrice de l’interaction

dipole-dipole.

Ce sera en

pratique,

dans le cas des niveaux du mercure

de

configuration

6s6d et des gaz rares, un 6tat dans

lequel

1’atome de mercure est dans la

configura-

tion

6s6p (seule configuration

reliee a la

precedente

par des transitions

dipolaires intenses)

et 1’atome de

gaz rare dans un niveau voisin de son niveau de resonance. AE sera donc

plus petit

dans le cas de la

configuration

6s6d que dans le cas de la

configura-

tion

6s6p, puisque

la contribution a AE de la variation

d’énergie

de 1’atome de mercure est

negative (c’est

une

façon

de dire que les niveaux 6s6d sont

plus polarisables

que les niveaux

6s6p).

La section efficace s’ecrit

alors,

si on pose :

Cette

integrale

n’est pas d6finie pour les tres

petites

valeurs du

parametre d’impact

b. Ce n’est pas sur-

prenant puisque 1’expression

choisie pour P n’est

qu’un developpement asymptotique

valable

pour b grand.

Comme

Omont,

nous

ferons, pour b petit, l’approxi-

mation

(no 2)

que la

probabilite P(b)

est

6gale

a 1

pour des valeurs de b

qui

donneraient a P d6fini par

[1]

une valeur

superieure

a

1;

soit

bo

la valeur

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:019670028010078500

(3)

786

telle que

l’int6grale

ci-dessus se

decompose

alors en deux

integrales :

et on trouve : ,

- Calcul de la constante

F(J).

- Omont

[1]

montre

que la

probabilite

P est

egale

A :

dans le cas

particulier

de

l’alignement

avec :

TQ

etant les tenseurs irreductibles d’ordre

(x)

défi-

nis par Fano

[2] :

Les

approximations

utilisees par Omont ne sont

valables que pour P

petit

devant

1,

donc pour les collisions a

parametre d’impact b grand.

Nous nous

sommes donc

limites,

suivant une

suggestion d’Omont,

a calculer P au

premier

ordre non nul dans un d6ve-

loppement

en

puissance

de

l/b.

On voit aisement

qu’il

suffit de

d6velopper e-iW,

, a l’ordre 2 en W.

Nous avons ensuite

d6velopp6

A sur les tenseurs irr6-

ductibles d’ordre x pour

J

=

1, 2, 3,

et par identi-

fication,

nous avons obtenu les

AX

et, de

IA,

la cons-

tante

F(J) qui figure

dans

1’expression ( 1 ) .

Nous avons calcule

numeriquement F( J)

pour

J

=

1, 2, 3,

et nous avons obtenu les rapports :

- Calcul de la constante B’

( J) .

- B’

( J)

peut se

mettre sous la forme d’un

produit

de trois facteurs :

Le

premier

facteur ne

depend

que du gaz rare

qui

heurte les atomes de mercure

excites,

le second facteur

ne

depend

que de la

configuration

a

laquelle

appar- tiennent les atomes de mercure

excites,

il ne

depend

donc pas du niveau

particulier

6s6d

consid6r6;

le dernier facteur enfin en

depend

par l’interm6diaire du nombre

quantique J.

Seul le calcul de ce dernier facteur est

interessant,

il suppose connues les fonctions d’onde des atomes

dans les niveaux de

configuration

6s6d. Les fonctions d’onde des niveaux

6lD2

et

63D2

sont

melangees

par le

couplage

intermediaire et le resultat

dependra

naturellement des coefficients cx’ et

P’

de

couplage

intermediaire pour les niveaux

61D2

et

63D2

de mo-

ment

angulaire J

= 2.

Tous calculs

faits,

on trouve que B’ est donne par le tableau I.

TABLEAU I

VALEURS RELATIVES DU COEFFICIENT B’

DE

peut

etre considere comme ayant la meme valeur pour les

quatre

niveaux

6s6d ;

les sections effi-

caces de collisions sont alors donnees par le tableau II pour un meme gaz.

TABLEAU II

Les sections efficaces de collisions doivent donc etre sensiblement

egales,

la valeur pour le niveau

63 DI

6tant

16g6rement plus petite

que pour 1’ensemble des trois autres niveaux de la meme

configuration.

Remarque.

- Le calcul

précédent

suppose que les différents niveaux de la

configuration

6s6d sont suffi-

samment

eloignes

les uns des autres pour que les collisions ne

puissent

transferer 1’excitation d’un niveau a un autre de la meme

configuration.

La distance entre les niveaux de

configuration

6s6d

varie entre 1011

cis

et 2 X 1012

c/s.

Dans le cas de

1’helium

qui

est le cas le

plus

favorable a un transfert

eventuel, compte

tenu des valeurs des sections effi-

caces trouvees et de la vitesse

quadratique

moyenne des atomes, on

peut

considerer que le

spectre

de Fourier de la collision

peut

s’etendre

jusqu’h

environ

1,7

X 1011

cfs, 1’energie d’agitation thermique 6qui-

valant a 1013

c/s.

Il en resulte que la collision

He. Hg pourrait

transferer 1’excitation entre les deux niveaux de la

configuration

6s6d du mercure les

plus

voisins.

La

probabilite

reste

cependant

faible et nous n’avons

pas tenu

compte

de cet effet dans le calcul des

pr6vi-

sions

th6oriques.

II.

Principe

de la ddtermination

expérimentale

du nombre Z de chocs par unitd de

temps.

Calcul de la section de choc a2. - L’effet Hanle permet la mesure de la duree de vie To des atomes excites. En

presence

de gaz

etranger,

soit Z la

probabilite

par seconde

(4)

pour

qu’un

atome de mercure excite dans le niveau 6tudi6 voie sa fonction d’onde

perturbée, l’atome peut

etre d6sexcit6

(quenching)

ou bien il

peut

passer d’un sous-niveau Zeeman a un autre

(depolarisation).

I1

en resulte un

temps

de coherence

apparent

i’

plus petit

quero

qui

est alors donne par :

La

largeur

a mi-hauteur des courbes d’effet Hanle est inversement

proportionnelle

a la duree de

coherence ;

si e est cette

largeur

en l’absence de gaz

etranger,

en

pr6-

sence de gaz

etranger

elle deviendra e’ > e et on aura :

Z est

proportionnel

a la

pression

du gaz

etranger

Z =

ka2p, k

ne

dependant

que de la nature des

atomes en

presence

et de la

temperature.

On a donc :

L’elargissement

relatif est

proportionnel

a la pres-

sion p

du gaz

etranger,

la constante de

proportion-

nalit6 contient la section efficace de collision.

Pour determiner

0"2,

il faut done tracer pour

chaque

gaz la courbe

qui

donne les

largeurs

des courbes d’effet Hanle en fonction de la

pression,

cette courbe doit etre une droite dont la pente donne la section efficace

cherchee,

l’ordonn6e a

l’origine

redonnant la duree de vie du niveau 6tudi6.

Les mesures de sections efficaces ne

peuvent

etre faites

simplement qu’au

moyen d’une cellule a reso-

nance reliee a un bati de pompage, donc en

presence

de

mercure naturel. On a ainsi introduit dans le bati les gaz rares

He, Ne, A, Kr,

Xe et,

quand

on en avait

la

possibilite,

des molecules comme

CO, C02

et

N2.

Nous avons

chaque

fois mesure la

pression

a 1’aide

d’un manom6tre a huile de silicone.

L’emploi

d’une

jauge

de Pirani aurait necessite un

etalonnage pr6a-

lable pour

chaque

gaz. Pour le niveau

63D1,

nous

avons ete

obliges d’operer

de la mani6re suivante :

nous avons d’abord introduit dans le bati isole et relie a la goutte de mercure une

pression

d’azote suffisante

(0,4

mm

Hg)

pour avoir un

signal

de

depolarisation important;

nous avons ensuite

ajoute

le gaz sous différentes

pressions

et nous avons enfin mesure la

largeur

des courbes de

depolarisation

en fonction de la

pression

du gaz. La mesure de la

pression

totale

donnee par le manom6tre a huile

permet

d’obtenir la

pression partielle

du gaz

etranger

dont on cherche

la section efficace.

III. R6sultats des mesures des sections efficaces pour les niveaux de

configuration

6s6d du mercure. - La

figure

1 donne les

largeurs

des courbes de

d6pola-

risation

magnetique

du niveau

63D,

pour les divers gaz rares obtenus en

presence

de

0,4

mm

Hg

d’azote.

A cette

pression,

la

largeur

des courbes de

d6polari-

sation est

augment6e

de 8

%

par rapport a la

largeur

naturelle du niveau.

FIG. 1. -

Largeur

des courbes de

depolarisation

du

niveau

63Dl

en

presence

des gaz rares.

FIG. 2. -

Largeur

des courbes de

depolarisation

du

niveau

63 D2

en

presence

des gaz rares.

FIG. 3. -

Largeur

des courbes de

depolarisation

du

niveau

61D2

en

presence

des gaz rares.

Les r6seaux de droites des

figures 2, 3,

4 sont relatifs

aux

elargissements

sous 1’effet des gaz rares des courbes de

depolarisation

des niveaux

63D2, 6lD2

et

63D3.

Le

tableau III resume 1’ensemble des resultats

numeriques

obtenus pour les gaz rares et

quelques

molecules.

Pour les

molecules,

les sections efficaces mesurees

sont la somme des sections efficaces de

depolarisation

en

alignement

et de

quenching.

(5)

788

TABLEAU III

SECTIONS EFFICACES POUR LES NIVEAUX DE CONFIGURATION 6s6d

Les sections efficaces sont celles definies par Mitchell et

Zemansky [4] ;

elles sont donn6es en A2.

FIG. 4. -

Largeur

des courbes de

depolarisation

du

niveau

63D3

en

presence

des gaz rares.

IV. Confrontation des rdsultats obtenus pour les niveaux 6s6d avec les

prdvisions theoriques.

- Nous

avons

place

dans un meme tableau

(tableau IV)

et pour chacun des gaz rares les valeurs

th6oriques

des sections efficaces en prenant pour unite la section efficace pour le niveau

63D3

et les valeurs relatives effectivement mesur6es en

prenant

pour unite la section efficace pour le niveau

63D3.

Les

rapports

obtenus sont donnes a 20

% pr6s puisque

les sections efficaces elles-memes sont donnees a 10

% pr6s.

L’accord est donc satisfaisant pour 1’ensemble des niveaux de

configuration

6s6d.

Si,

d’autre

part,

on fait pour un meme gaz le

rapport

des sections efficaces pour le niveau

63D1

mesurees ici et pour le niveau

63P1

mesur6es par

Hamel

[3],

on s’attend a trouver une constante

(les

TABLEAU IV

TABLEAU V

facteurs

dependant

des fonctions d’onde radiales des

atomes de gaz rare

s’eliminant).

Le tableau V donne

pour les gaz rares les sections efficaces pour le ni-

veau

63D1,

pour le niveau

63P1

et leur

rapport

r.

L’accord est donc assez

bon; cependant,

il y a lieu de noter que le

rapport

r diminue

systématiquement quand

la masse

atomique

du gaz

augmente.

Manuscrit requ le 25 mars 1967.

BIBLIOGRAPHIE

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