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ù'a- cif/cjez de ccen^ eoà
cc?z ac^e c/e éemcf^cée, le ce Jacj/
viacj e7z 7ne cceccctanà a> "V-occj
amnr
ce Ae/cl àyac>acc,i' ac eée
enó^ac?te/iar
ce ccejcr cce 'V^accf eionfier cc?tAccc'^ àemaca^iac^e eie 7)ia Jc?iccre mTZiéce.
9'é.
^. ^.
2011220
AU LECTEUR
JLie traducteur
de
cet opuscule (i) n'a pas la prétentionde
s'eu
faire gioireaux yeux du
public.Si le
Sac de Rome
obtientquelque
succcs, tout le ineriteen
reste à la relation énergique et conscien- cieusede T
historiencontemporain
!Son drame
esteffrayant, parcequ'il est vrai; aussi le traducteur s'est
il fait scrupule
de
conserver,malgré
Icur longueur, toutes les scènes diverses et multipliéesde
cette cata- stroplie.Il a cru devoir diviser 1'ouvrage
en deux
parties:La première
fait connaitre Thistoire et le cara- etèredu Connétable de Bourbon
et les difFérens per- sonnagesde
ce sanglant épisode.La deuxieme
partie estproprement
le Sacde
laVille Sainte.
(i) Le Sac de Rome était d'abord destine à fané partie d'un ouvrage assez vaste sur le moycn age, que le traducteur se propose de publier incessamment; mais cu a pensé qu'il valait la peine d etre traduit en entier et qu*il ne scrait pas, tout-à-fait dcnué d'intcrCt aux yeux du lecteur.
VI
Il a cru devoir encore
supprimer,
daiis la pre-mière
partie, la narrationdu
siègede
Marseille par lesImpériaux
etde
la bataillede
Pavie, qui, sans tenir à l'action principale, rallentissait samarche,
et divisaitr
intéréten
le portant sur desévenemens
tout-à-fait étrangers.
Des
vignettes, confiées au talentde deux
artistes distingués, ont été placéesdans
le corpsde Touvrage, pour
reposer l'attentiondu
lecteur et délasser lesyeux
fatigués au spectaclede
tantde
forfaits.Le
portraitde Clément VII
est d'après Bapliaèl;il a été tire d'
un
tableaude Leon X
,dans
lequelClément
a été peint d'après nature, jeune encore et lorsqu'il n' étaitque
Cardinal. Cette indication suffitpour
justifier laressemblance
et le choixdu
portrait.Jacques
Bonaparte,
historien, sera jugé parceux
quivoudront prendre
la peinede
lire sa relation; le traducteurl'abandonne
à la critique impartiale, sans rien ajouteraux
élogesde
l'éditeurde Cologne
( voir ci-après la préface ). Il se contenteràde remplir
leslacunes
de
cette préface,en
publiant sur la familleBonaparte
des détails authentiques,lambeaux
d' histoi- res presqueentierement
oubliées,mais
aumoins
in- téressantespour ceux
quiaiment
à retrouver,dans
les annales des tenis passés, l'origined'une
illustration plus recente.Ceux
des lecteurs,que
cette courte dissertation généalogique pourrait efFrayer, sont priésde
passerde
suite
au Sac de Rome.
VII
§ 1. Zy histoire de Trévise de Bonifazio (p. 128) rappcile qu'en Tannée iì']%,Jean Bonapàrte fut envoyé par cette ville libre près du gouvernement de Padoue, pour se procurcr les éclaircisscmcns nccessaires, reialivemcnt aux anneri)ens dcs Pa- douans, qu'on supposait destine's coutre Trc'vise. Il fallali, pour une cornrnission aussi delicate, un liomme doue' de dexte'rite' et de pene'tration
, qui cut la conliance de sa patrie et que les
Padoaans (naturellement et de tout tems assez graves et fiers )
ne pussent mépriser, cornine ministre, ni pouf sa naissance, ni
pour son mc'rile personnel.
La
chronique deMauro
affirme que Jean Bonaparte a e'teun despremìers chevaliers de l'ordre de S.Jacques, enEspagne, et le fonda teur de rLópital decetordre dans Trévise. Cet ordre militaire, institué
Pan
1170, exigeait des preuvcs de noblesse.(Federici Storia de' Cavalieri gaudenti ).
Le 21 Decembre 1208,dans le traitéde paix cntre les villcs de Padoue d'une part, et celles de Vc'rone,Vicence, etTre'vise de l'autre,interfucrunt in dicloConsilioErgitsJoannesBonapars
(Verci T. i.n. XLIIIp. 5i ).
On
lit dans lesmonumenta
Ecclesite Aquilejensis, du ce'ièbre P. de Rubcis, que les feudataires du Frioul, me'contens de l'e'IectionauPatriarcat d'Aquile'e,deBer- told de Me'ranie, se re'voltèrent contre la Souveraineté eccle'sia- stique du Frioul, seprocurèrent avec la bourgeoisie de Treviso rappui de cette ville contre Icur Souverain.On
en dressa untraite' solennel, le i5 Septembre 1219, in privscntiani Bonisperii
filii Joannis Bonaparlis.
§ 2. L'annce l'iSS, Bartbclemy, c'véque de Vicence, pro- page en Italie 1'ordre des Cbevaliers Gaudenti ou de Sainte Marie Mère de Dieu. Cet ordre a e'té institué' en France, et scs trois premiersMaitres onte'té fran9ais. Les cbevaliers Gaudenti, par une bulle d'HonoriusIII, de l'anne'e 1221, devaient se con- former en tout,liors dans l'habit, aux re'glemens et statuts des Terapliers, sccundàni ohservanliam Ordinis
Fratrum
HJililiceTempli. Ils e'taient marie's; ils faisaient preuve de noblesse du
vili
coté pateriiel et maternel,
comme
dans 1'ordre de Saint Jean, et avaient poar but de réconcilier entr'eux les citoyens, et de ranienei'l'union entre les villes d'Italie.On
trouve noniméparmiles Chevaliers Gaudenti, Bonsembiante Bonaparte, en 1270. Ce
méme
Bonaparteinflua beaucoup, l'an 1279, dans l'alliance entre Trévise, Padoue et Vicencej il appaisa une Se'dition qui s'e'tait e'Ieve'e dans Padoue, et fut un des bienfaiteurs de 1'hòpital de Tre'vise, où son testameutest conserve'.Le 12 Septembre 1267,Bonsembiante Bonaparte fut
nommé
Ambassadeur de Tre'vise au traile' de paix entre Tre'vise, Pa- doue et Vicence. ( Verci T. II. pag. 117 n.CLXX
)§ 3. Le Chevalier Norville Bonaparte, filsde Jean, a e'té
en 1258, un des ótages que la ville de Tre'vise donna à Ecce'lin de
Romano,
pour caution qu' on le de'dommagerait des de'gatsque les Trévisans avaient faits sur ses terres. Le clievalier Nor-
dille Bonaparte ( Federici T. I pag. 246 ) l'an 1259, fut un des garants des anciennes conventions renouvele'es entre les villes de Tre'vise et de Conegliano. ( Verci T. II p. 24 )
En
1268, le 2 Avril ( Verci T. II p. 128 n.CLXXVII
) Le Prince Conradin de Souabe, fils de Conrad, celui làméme
àqui Charles d'Anjou fit trancber la lete à JVaples, fut cautionne' par JVordille Bonaparte, moyennant quelques balles de colon, pour la valeur des droits de douane dùs, pour les effets du dit Prince, à un certainNascimben, qui apparerament avait pris à
ferme la douane de Tre'vise.
La ville de Tre'vise ayant envoye' NordilleBonaparte
comme
son Syndic cbargé de procuration àVenise, il y conclut un trailo
de commerce entre sa patrie et la B.e'publique de Venise, le 11 Avril 1271. ( Verci T. II
)
Nordille Bonaparte, 1' an 1272, ayant e'te' e'Iu Podestat de Parme, y fut i*ecu Chevalier Gaudens, dans 1'e'glisedesDomini-
cains de la
méme
ville, aumoment
où il finissait son admini- stration.C
e'iait le premier gentilhomme de Tre'vise admis et recu dans cet ordre. Le 12 Mai 1280, par lemoyen
d'Heotor Doglioni, doctcur en droit, et son charge' de procuration, leIX chevalier frère Nordille fit aclieter, pour 400 livres de piccioli de Venise, des kiens situe's à Tre'vise, dont il prit possession au
nom
de son ordre.Le 3 A-vril 1290 ( Federici T. I pag. 346 ) Le clievalier Nordille Bonaparte de'céda, après avoir fonde' un liópital, hors de la porte SaintTbomas, dunt il donna le patronat aux cheva- liers de Saint Jacques de 1'e'poe ou de San Jago en Espagne.
§ 4. Dans la dernière nioitié du i3n3e et au commencement du i4me siècle, il y eut diverses e'migrations et proscriptions de faniilles Tre'visanes. La première eut lieu de i255 à isSy, occasionnée par les perse'cutions qu' essuyait le parti Guelfe sous la tirannie d'Albéric da
Romano,
Seigneur de Tre'vise.Le
chevalier Pierre Bosaparte,filsdachevalier frère Nor-dille ( n.
XIX
Federici p.346) 1'an i3i2, entra dans la coalition des Apponi et des Beraldi, pour de'truire le pouvoir tyrannique que B-ichard et Guecello, Selgneurs de Camin, exer^aient dans Tre'vise, sa patrie.Le 3
Novembre
i3i3, les Trevisans élurent le chevalier Pierre Bonaparte Amhassadeur près de Can le grand, Seigneur della Scala, Souverain de Ve'rone ( Verci T.VI
p. ZQ )^ Ce che- valier etait un des qualuor Virisapientes,que la villedeTré- rise chargea, avec l'e'véque de Ccneda, de de'libe'rer sur les affai- res publiques. ( Verci T.VI
pag. 36 )Les Trevisans envoyèrent dans lesfoi-ts de leur district des gouverneurs pour les garder, et le chevalier Pierre Bonaparte fut envoje' à Breda, au dessus de Ario. ( Bonif. p. i5i )
L'an i3i4j le Conseil de Tre'vise
nomma
PierreBonaparte un des Sopragasbaldi, e'est à dire des Commissaires ge'ne'raux, charge's de pourvoir aux choses ne'cessaires à la dt'fense du pays.( Bonif. p. 263. ) Le 4 Avril i3i4, le chevilier Pierre, e'tant
un des 4 anciens Magistrats,proposa d'envoyer un Amhassadeur à Padoue pour oflrir aux Padouans des secovu's contre le Sei- gneur della Scala, Souverain de Ve'rone. ( Verci T. VII pag.5 ) Le 4 Juin i3i6, Guecello de Camin, avec peu de troupes,
s'e'tant empare' de Feltra, où e'tait podestat Pierre Bonaparte,
X
qu il renvoja ehez lui, 1'éveque Andrlghieri tint ferme en se fortifiant dans Tévéclié. Ce dernier e'crivit, pour avoir du se- cours, aux.Trévisans,et sa lettre est adressée: sapientibusViris, amicisprivcìpuis, nobili Viro,Doni.Petrode Bonaparle,Feltri potentati etc. Le i6 du méiiie mois, les Trévisans envoyèrent à Pierre Bonaparte des secours pour de'livrer l'éveque de Feltre.
( Verci T. VII. p. io4 ) Et le 2 Aoùt i3i6, le clievalier Piei-re étant undesSapientum primi gradus de la MunicipalitédeTré- vise, fut cliargéde prendre en considération la médiation offerte par les Padouans pour ménager un accnmodement cntre Treviso et Guecello, Seigneur de Camin. ( Verci T. VII p. 176 )
Le 12 Février i3i8, Pierre Bonaparte, étant podestat de Padoue, obtint des secours en favcur des Padouans contre le Seigneur della Scala, et ces secours leur procurèrent une paix.
avantagf-uFe. ( Bonifazio p. 280, Verci T. Vili p. 97 ) L'année i3i9, le clievalier Pierre fut élu AmbassadeurdesTrévisans près l'EmpereurFrédéric d'Autriche,pour implorer dusecours contre les attaques de leurs voisins. ( Bonifazio p. Sci )
§ 5.
Le
clievalier Odéric, fils du clievalier Pierre, est un des sages élus pour délibérer avec les anciens, sur le parti à prendre par la ville, et il est le3me
nomine en rang parmiles 26 Ambassadeurs Trévisans envoyés à Venise, pour la red- ditìon de laville de Trévise etde tout le paysau gouvernement
de Verone. ( Verci T. XII p. 34 )
Le chevalier Odéric eut deux fils, Pierre et Fran90Ìs, qui r année i35o étaicnt aiissi Cbevaliers Gaudenti.
§ 6.
On
ne trouve ni dans l'iiistoire de Trévise, ni dansla clironique de Mauro la mort et les descendans du clievalier Nicolas, fils du clievalier Odéric. Il en est de
méme
des autres enfans duméme
clievalier Odéric, queMauro
indique dans sa genealogie et sa clironique, et dont il ne donne aucune trace après rannée i35o. Leur posterité s'éteignit longtemps après dans Trévise. Celle du chevalier Fran90Ìs dura jusqu'en i4oo.Celle du clievalier Pierre finit à défaut de desccndance male.
Xf
§ 7. lì y cut une autre branche d'un Jean Lombard Bona- PARTE qui dura une generation de plus dims Trevise. Son testa-
ment est rappele' dans une lettre du P. Rubbi, et 1'auteur de cette lettre soup9onne que les Bonaparte, citojens libres d'un pays inde'pendant, abandonnèrent Tre'vise où n'existait plus la liberto' re'publicaine, et allcrent s'e'tablir ailleurs.
§ 8. Le Pre'fet du Tagliamento, Joseph Casati, dans son travail sur la connexion qui existe entre les Bonaparte de Trevise et ceux de Toscane, convieni que les erudits ne sontpas d'accord sur l'e'poque de l'émigration des Bonaparte de Tre-
vise; il estinie néanmoins que e'est toujours la
méme
faniilleque celle de Toscane.
En
premier lieu, il fait observer qu' ilreirouve les Bonaparte à Tre'vise avant les divisidns de la To- scane en deux partis, en Guelfes et Gibelins, puis en Guelfes noirs et blancs; et que les cbroniques les plus accrcditées repré- sentent cette famille
comme
descendant desLombnrds.En
second lieu, il remarque qu'il y eut de grands de'sordres cause's, dansla Marche de Tre'vise, par les deux factions ennemiesci dessus, qui s'appelaient dans cette ville, les Impe'rianx et les Populai- res; que lorsque ces dissensions eclatèrent, la famille illustre Della Parte fut se'pare'e en deux. branches, 1'une nonime'eBona- parte, r autre Malaparte; la première conserva toujours le plus de credit et d' influence à Tre'vise. Enfin en troisicme lieu, il
suppose que l'émigration des Bonaparte doit avoir eu lieu à la fin du \fyme siede, loisque ayant beaucoup perdu de leur fortune, et leur patrie étant tombée sous la domination de la
Re'publiqne de Venise, ils allèrent s'e'tablir à San Miniato en Toscane, où ils ont toujours e'te' regarde's
comme
une ancienne famille.C'est avec des argumens tirés des géne'alogics du Doctcur Mauro, qu'il est convaincu de pouvoirsoutenir ces trois propo-
sitions.
La translation de Bonaparte de l'autrecoté desApennins ne va pas au delA des révolutions de Tre'vise: Ces émigre's Trévi- sans suivirent l'es-emple des Ordelafi qui se rctirèrent à Forlì,
XII
et quelquesBonaparte des différentes branclies de cette famille, qui e'taient a Trévise, auront forme' des étaLlissemens dans la
Romagne, et puis en Toscane, et à Sarzane, suivant l'impulsion des e'venemeiis.
§ 9. Louis Marie
Fortune
Bonaparte, de la branche e'ta- blie à Sarzane, passa en Corse, en 1612, au tems de la guerre contre les Ge'nois. Il se fixa à Ajaccio, et est le clief de labranche des Bonaparte de Corse.
§ 10. Le traducteurtermineràsontravailparquelques notes de'tache'es, recueillies par M. le Mai'quis Joseph Etienne Degli AUi Maccarani de S. Miniato.
Dans rhistoireFiorentine de Marchione CoppoStefani, intl- tule'e delizie degli eruditi Toscani, on trouve (tora. 17 a i5o ) que Jean Bonaparte de Dascoli e'tait podestat de Florence en i334, et qu' un Ode'ric Bonaparte de Tre'vise,en i345,fut capi- taine du peuple, à Florence.
Dans les archives delle Decime Granducali, on Ut qu' un Bonaparte fut exilé de Florence par le parti Guelfe, ob niniiam potentiam,etqu'il vint s'établirdansla jolie ville de S. Miniato
alTedesco.Avant son es.il,il habitait àFlorence, danslequartier
San
Niccolò et était connu sous lenom
du Gibelin.Le'onard AntoineBonaparte fut de'capite' a Florence, corame Gibelin, en i44i' ^^ avait alors des fils dont on iguore la po-
slerite'.
Le
traducteur aomis beaucoup de
détailsdans
cette genealogie; car il penseque
des titresde
noblessene
sontun
objetde
curiositéque pour un
petitnombre de
personnes, et d' ailleurs la familleBonaparte
n'en
retirerait; à ses
yeux^ aucun
lustre ....„
Qui
seri bien sonpajs
n'apas
besoind'ajeux. „
P R È F A e E
DE U EDITEUFx DE COLOGNE
L
^afamille Bonaparle
,de
la villede
S.Miniato
al
Tedesco, a
toujours été considérée cornineune
desplus
distiìiguéesde
cette ville, etméme de
laTo-
scane.Les charges
importajites ethonorables
,qu
ellea constaniment occupées dans V administration de
larépublique de
S.Miniato, en fournissent
la preuve.Suivant
les historiens, cettefamille
s'est fait re-marquer par
lesgrades
éininens,qui
luifurent
conférésdans
lesguerres soutenues par
cette ville contre Florence.A Florence méme.,
ellefut
élevée auocpremières
dignitésde V
état etcomptée parmi
les
grandes familles da pajs. Ces
faitsn
ontpas
hesoin d'attestationpour
tousceux qui
soniun peu
versésdans
nos archives.Fai
re'ussià
tirer, des archives particnlièresde
cette illustrefamille,
lemanuscrit de
laprésente histoire,qui
nia paru fort
intéressante.Jacques
Bonaparte
,son auteur,
vivaità
laCour de Rome,
à V epoque da
sacde
cette ville,en
1527.Plusieurs
XIV
ouurages de
sa composition, encore inédits,ne
peii- vent laisser auciindoute sur
songout
et son éru- dition.La maison, dont
il est sorti, a brillede
touttemps dans
les lettres.Pour
s'en
assiirer, il siijjfitde
consulterV
liistoirede V Université de
Pise,par
le célèbre
professeur Etienne Fabrucci, dans
la- cjuelle sont cités a^>ec éloge plusieursBonnparte,
litte'rateurs distingués, et entre autresNicolas Bo- naparte
,qui
lepremier
introduisitV étude
de laJurisprudence dans V Université de
cette \>ille, sui-vant
les interprétationsde
Cliesio.Je ne veux
pointperdre V
occasionde parler
tei
d'une
inscription,gravée sur un marbré, dans V Eglise de Saint Francois, à San Miniato
CLARISSIMO S\M .ETATIS ET PATRIA VIRO
IO
ANNI
IA COBI MOCCII DE BON APARTE QVI OBIIT ANNO MCCCCXLl DIE XXV
SEPTEMBRIS. NICOLA VS DE BONAPARTE APOSTOLICHE CAMERtE CLERICVS FECIT
GENITORI BENEMERENTI ET POSTERIS.
Avec
le soui>eJiirde Nicolas Bonaparte,
prèlatdistingue
, ce moiuonientconsacre
celuide
notreauteur qui demeurait
àRome, dans
le palaisdes
Orsini,avec qui
safaiìiille était lice.Ce qui donne un prix
injìnià
sa relatioji , e' estV exactitude
avec laquelle il rapporte,jour par
jour, les évène- niensqui
ontcu
lieu, lejugement
etV
impartialitèqu
ilmet dans
les détailsde
sanarration
, le soinXV
qii il prenci
de
se fe/iirconstamment
éloignéde
lahaine comme
de la préveìition.D'
ailleurs quelle fotne mérite pus un
te'moin oculaire?Toutes
ces circonstances réuniesdonnent, à mon
avis, à ce récitdu
pillalede Rome, un
airde
vérité,que
je suis loinde
retrouverau inéme degré dans
les histoiresqui
traitenedu méme
sujet.Les autres narrateurs
habitaient loinde iiome, ou
bien ils e'crivirent long-temps
après, etmélèrent à
leur récit des faits quiil
j
ontaucun
rapport.Gre'goire Giraldi,
dans
sapredace
alliEcatom- m\tì,jait une
description patliétique desmalheurs de
la ville sainte;mais
ilne
suitpas
lamarche
régulière desévènemens
y etne
cite lesnoms
d'au- cun des personnages qui j figurèrent activement
,
soit
comme bourreaujc
, soitcomme
victimes;son ouvrage
ji est qu''une longue déclamation. — Guic-
ciardiniparie de
cettefuneste
catastrophe,mais
iln a guères
d'exactitude
, nide
pre'cision.— Dans V
histoirede
sa vie,Benvenuto Celimi
entredans beaucoup de développemens sur ce
d^sastre;mais
ilne
racontepas
tout,etrapporte destraitsde bravoure évidemment faux
; e est aitisi,par exemple
,qu
il s'attribuel'honneur
d'avoir tueBourbon. D'
ailleursenjermé au chdteau Saint-Ange, comment
a-t-ilpn
tout voir?
— Quatre ou
ciriq autres,que
jepourrais
citar, telsque Panvinio, Gionio
,Oldoino
etc. ont écrit sans suite et saris métiiode.Pour me résumer,
je diraiqu un
gra?id ìiombre d' e'crivains rajìportent des faits, sinon
entiéteiiicntfaux
,au moins
extré-XVI
mement douteux.
JSotreauteur
respecte, sansfaire
torta
la vérité, les chefsde V Empire
etde V Eglise;
et, si quelquefois il les
dénonce comme auteur
s desdésordres
qui onteu
lieu,au moins ne confond
iljamais
leuriniprudence
et leurserreurs
politiques avec les écartsde
leur vie privée. JSullepart
ilne
laissepercer V humeur
,ou V
espritde
parti.Bonaparte commence
sonouvrage par une
courte introduction,Oli ilexposé
avecbeaucoup de
sagacite', les intéréts desPrinces
d'Europe
et lecaractère
desprincipaux personnages quii
vamettre en
scène.S'il
n
avaitpas eu
soinde faire preceder
le récitde
ce déplorableévènement
, des causes politiquesqui V amenèrent
, ilne
sembleraitplus
étreque
le resultai d'un de
ceshasards funestes au genre humain.
Il existe
un autre ouvrage sur
ceméme
sujety écritpar un
Florentiìi,Francesco
lettori,qui
se trouvedans
la bibliothèqueLaurentienne.
Il est écritd'un
stjlesimple
etfamilier
,en forme de dialogue
entredeux
interlocuteurs,Antoine
et Basile.Le premier a
quitteRome pour
serendre à Florence
,
et reJicontre
en
route le sccond, qui luimarque
sa joie etson
étonnemejitde
le revoir;car
il le crojaitemportè par V orage
,qui
a éclatésur Rome,
etV
avaitdéjà pleure comme une
victimedu fer ou de
la peste.Antoine
lui disantque
lamort
eut étépréférable
aux
horribles souffrancesendurées dans
cette ville, Basile luidemande
le récit circonstanciéde
cette catastrophe.Antoine
fait alorsune
narration,qui
XVII resscmble
à
cellede
noireauteur, san f qu
elle estplus
laconique etplus
timide. Il parait d'avisque, pour exposer clairement V
originede
cette calamite,il
faudrait remonter au siede de Leon
X. Ildonne
hienpeu de
détailssur
le sacde
la i>ille, et s' appli-que plutòt
à larecherche
des causesde
ce désastre.Suivant
lui, ilfaut V
attrihuerà
l'ignorance du Cardinal de Cartone, gouverneur de Florence,
à laconduite
impolitiquede Clément VII
,qui exaspéra
les
Colonna, à l'imprudente
dèfenst faiteaux
habi- tans, soitde
sortirde Rome,
soit d'emporter
leursejlfets, ensuite
à
laméchanceté de Bourbon,
àV
in-capacité
des capitainesRenzo
etBaglioni, qui ne surent prendre aucune mesure
utile,puis
enfinà
la justice
de
laProvidence.
Cet
c'eritn
enlève rienau
ineritedu
nòtre,qui
voit le
jcur pour
lapremière
fois, etqui mieux
qu'
aucun autre
,fait connaitre ce triste et ajjligeant episode
de V
histoire d'Italie.^v-'V"
CILE miEMTo Tilt.
lej'ohuff^t.ffuìtfu^^a'Italia =
Bac he Uoììu
PREMIEUE 1»ART1E.
JLies prétentioiis
de
Francois I «ur la Loinbarclie etprincipalement
sur leMilaiiez,faisaieiit appréheiiderqii'il
ne
vint fondre,pour
la seconde fois, sur l'Italie, à la téted'une armée
forniida])le; les difìérens Princesde
cette contrée éprouvaient les plus vives inquiétudes;le
Pape Clément VII,
surtout, redoutait la guerre, et,pour y
nietlre obstacle, faisait jouer tous les ressortsde
sa politique; il savaitque de
la tranquillitéou du bouleversement de
l'Italie,dépendaient
le reposou r
agita tiondu
restede
l'Europe.Un
traité d'alliance fut conclu àRome
entre lePape,
l'Einpereur CharlesV,
représenté par le Vice-Roi
de
Naples, le Roi d'Augie- terre, l'Archiduc d'Autriche, leDue de Milan
et tous les autres Princes d'Italie.Mais
cette puissante coalitionne
fut point ca- pablede
rallentir l'ardeurdu
roiFrancois, qui,durant
son séjour àLyon,
poussait aA'ec vigueur les prépa- ratifs nécessaires à son expédition; il était persuade qu' il fallait attrijjuer la funesle issuede
la guerreprécédente
au manqiie de prudence ou
dehonheur de
ses généraux.Une
partiede
ses troupes avait déjà passe lesmonts,
etlui-méme
étaitau moment de
les suivre, lorsque la révolte inattenduede
Charlesde Bourbon
détruisit son pian, et le forcade
resteren
France. Disonsdeux mots
sur ce Prince, qui fut si fatai à laFrance
et à 1"Italie.Il était fils
de
Gilbertde
Montpensier, ancien Capitaine-général des Francaisen Arragon,
quimourut
à Pouzzoles,
r an 149^,
àF epoque où
CharlesVili
fìtla
conquéte du Royaume de
Naples.Bourbon
n' avait pointd'apanage, mais
il étaitPrince du
sang, et laDuchesse Anne, femme du Due
Pierre, soeurdu Roi
Charles, luidonna en mariage
sa fille unique, qui lui apportaune
riche dot, et particulièrement leDuché de Bourbon.
Cette princesse, loin d'étre belle, était petite, noire et bossuenon seulement
sur les épaules,mais
encore par dcA^ant.Son mari
pourtant n'avait pas l'airde
s'en
apercevoir, et donnait àentendre
qu'ilne
lui faisait jamais d' infidélités.Naturellement
dissimulé etambitieux,
ses revenusne
pouvaient suf- fire à sa fastueuse prodigalité, tantqu'à
la fin,force lui fut d'engager ses bienspour
satisfaire ses créanciers.Les coutumes de France
appelaient à la succes- siondu
tróne Charlesde Bourbon, immédiatement
après leDue
d'Alencon.Pendant un
certaintemps
celui-ci avait été exclu de cette prerogative, à cause d'
une
conspiration contre la couronne,dans
laquelle son aieulou
bisaieul avaittrempé; mais
le Roi LouisXII,
voulant faire épouserau Due
Charlesd'Alencon
va J «SS"
Marguerite,soeur
de
Francois,alorsDue
d'Aiigouléme,le fit rétablir
dans
ses droits, et déclarer héritierde
la couroiiiie après le
Due
d'Aiigoulcme.Charles voyait cet
arrangement
avec colere et ilne
voulait consentir,en aucune
facon, à ce (|ue leDue d'Alencon
pritrang
avant lui.Le
Roi,pour
lapaiser, Tavait faitGrand-connélable;
cette dignité militaire, lapremière de
l'état, n'avait été conférée à personne, depuis la fin tragiquedu Gomte
Saint-Pól, qui eut la téte tranchée sous LouisXL
En devenant
connétable,Bourbon
avait alijuré son air d'humilité. Francois I l'ayant nommé
gou-verneur de Milan,
il deyint hautain et afi'ecta desma-
nières
de
Prince absolu, si bienque
leRoi
fut forcede
lui adjoindredans
lecommandement Monsieur de
Louvois, ayec lequel il se brouillade
dépit.En
i5i6',quand
l'Empereur Maximilien
s'approcha de
Milan,Bourbon
se serait volontiers retiré, s'il n'y
avaiteu personne pour T en empécher; mais
ensuitevoyant r Empereur abandonner
cette ^ille, sans rien enlre-prendre de
sérieux, il seyanta de
l'avoir repoussé, et s'attribua tonte la gioirede
la défensede
Milan.Le Roi désapprouvant
sa conduite,ne
youlut pas le laisser pluslong-temps en Lombardie,
et le rappela enFrance, où
il joua le rólede mécontent, occupò
seu-lement
àdépenser de Targent, pour
grossir son parti.Sur
ces entrefaites, il perdit, et sa belle-mère, quine
s'était jamais fatiguée
de
fournir à ses prodigalités, et safemme,
quine
lui laissait point d'enfans. Il était accabléde
dettes etde
chagrins :pour comble de
'(m 4 '*^
maiix,
Madame
Louise,mère du
Roi, lui intentaun
procès; elle prétendait avoir des droits sur les biens,
dont
il était entréen
possessionen
qualité d'iiéritierde
sa belle-mère etde
sa ferame. Charles,au
désespoir, courut se jeteraux
piedsdu
Roi, et le supplia d'em- pécher Madame
Louisede
s'approprier ses terres, etde ne
pas souffrir qu'il lui fùt faitune
aussi violente injustice; il lui fìtremarquer combien
il étai*: désa- gréable etdésavantagcux de
plaider contreune
si haute et si puissanteDame,
bien qu'il fùt presque certainde gagner
sa cause, (i)Le Roi
le rassura, l'encouragea à se tranquilliser, àne
pas semettre
en pcine sur la réussitede
son procès,mais
il tint pourtant à ceque
le litige fùt décide par sentencede
la cour, afinde ne
point dé- plaire à samère; en
outre il aurait regardécomme un crime de suspendre
le coursde
la justice; son intention étaitque
les juges fussentindépendans
et incorruptibles. Ilpromit au Due, dans
le cas où ses propriétés seraient adjugées à samère, de
semontrer généreux
à son égard; il ^ui dit qu' il lui prouverait(i) EffcctivcmeTit Madame Louise aurait dù perdre. Les liistoriens varient sur Ics niotifs qui poussèrent Louise à s'emparer des bieus du DueCharles;mais decesdivers motifs,aucunn'esthonorable.Ilss'accor- dent sur 1'Injustice de la spoliatlon, dont Boui'bon devint la victime.
En dépit des éloges, donués par l'édlteur de Cologne à l'impartialité de rautcìu" de cette hisloire, je suis force d'avouer que son jugement sur le Grand-ronnétable respire la passion et la prévention.On ne pent
s'en étonner: 1'auteur conibattait pour Rome, et Bourbon commandait r armée, qui l'a prise et ravagée". nous sommes toujours jìortés à dire bcaucoup de mal de ceu\ qui nous cn ont beaucoup fait.
^*?. >x afe
'/STO J &??
combien
il lioiiorait ses qualilés et la digiiitcde
soii raiig,en
lui rendaiit lesménies
terrcs, ou d'autres ancore plus considérables.Aux
cbagriusde Bourbon
,dont
l'esprit aigri prenait touten mauvaise
part, s'en joignit bientótun
autre.
Le
jour oìi leRoi de France
eut àcombattre, en
Picardie, la faiblearmée de l'Empereur,
avecr
espoir certaiiide
la \ictoire, lecommandement de r
avant-garde, qui appartonaitde
droitau
Connétable, futdonne au Due
d'Alencon.Bourbon
ressentit vive-ment
cette injustice, etne
sut point déguiser son mécontentenient. Déjà le R^oi avait traverseT Escaut
avec la plusgrande
partiede
ses troupes, déjà l'armée
était
en
bataille,en
facede l'ennemi,
etBourbon
re- staitimmobile
sur l'autre rive.Non seulement
leCon-
nétablene
voulait pointprendre
part à l'action,mais
encore essaya-t-ilde
retenir prèsde
lui Louis, Sénécbalde Normandie,
qui s'avancaiten
toute bàtepour
tra- verser le fleuve avecun
corpsde
réserve. Fierdu nombre de
troupes qu' ilcommandait,
il regardait avec orgueil ses8ooo
fantassins, et son fort détache-ment de
cavaliersdu
Ducilede Bourbon,
etne com-
prenait pas qu'on
eùt osé traiter silégèrement un
bomme de
sonimportance;
incapablede
maitriser sa jalousie, il disa,itbautcment que,
par égardpour une femme, on
lui avait préféréun bomme
sans coeur etsans téte.
Gomme
il était blessédans
sonamour-propre, fortement
irrite et encore puissant, ilne manqua
pas d'amis
etde
créatures, qui, par leurs insinuationsma-
licieuses,
l'entlammèrent
davantage.Élevé au premier
'((h
U
«vii'rang,
brave
et généreiix à 1'excès, entouréde
1'éclat d'une grande
naissance, d'une physionomie
grave,mais
agréable.Bourbon
savait se concilier Taflection generale. Jaioux d'acquérirde
la gioire,méme aux dépens de Fhonneur,
il s'engageait sans cessedans
des entreprises téméraires. Il fant ajouter qu'il était plein d^orgueil, etque
ses actions, fillesdu
caprice,man-
quaient de cette direction
calme
et solide,que
laraison et lejugement
seuls savent leur donner.Dans
son in- térieur,sa conduite était encore plus inconsidérée;pour
soutenir le faste royalde
sa cour, il faisait des dettesimmenses;
il traitait avecun mépris
insultantceux dont
il faisaitpeu de
cas, sans égardpour
leur rang, et bien qu'ils fussent revétus des premières dignitésde
l'état.
Mais que
dis je?Ne
se révolta-t-il pas contre leRoi lui-méme? La trame,
qu'il ourdit alors avec tant d'ingratitude, a couvert son nonid'un
éternel oppro- bre.D'accord
avec quelquesliommes
légers et irréflé- cliis, il contracta envers l'Empereur
etHenri
,Roi
d'Angleterre,l'engagement abominable de
fondre,àlii tétede
ses propres vassaux etde
quelques barons con- jurés, sur leRoi
Francois, aussitót qu'il aurait passe les Alpes.Francois I s'était déjà
mis en
route, lorsque la conjuration fut découverte parun
des complices:on
sutd'une manière
positive,qu'un prétendu marcliand de Fiandre
avait passe cliezBourbon, en Auvergne,
etlui avait
promis en mariage Donna
Eleonora, soeiirde l'Empereur, veuve d'Emmanuel, Roi de
Portugal.Un
autremessager,
liabilléen paysan
etvenu d'An-
gleterre, était encore alle le trouver,
pour
régler avec lui difl'érens pointsde
la conspiration.Le
Roi Francois, sans jdIus tarder, réuiiit autoiirde
lui,une
nonibreiise suite, et se transporta ìi Moulins, chàteaude
plaisancede
Charles. Celai ci le recutdans un
étatde
lan^ueur affectée, se faisant passerpour
nialade.Le
Roi lui rap- pela, et la confiance qu'il avait placcoen
lui, et la dignité qu'il lui avait conférce, qui 1'élevaitau
dessusdu
restede
ses sujets; il lui litremarquer que
les liensdu
sang qui les unissaient,ne
lui permettaient pasde
le supposer capablede haute
trahison, quoiqu'ileùt
en main
des preuves convaincantes. » Si je vous croyais criminel, ajouta-t-il, jene
nianquerais pasde
vous faire chàtier selon la rigueur des lois. «Bourbon,
troublé par les reprochesde
sa con- science, prit la niaiiidu
Roi, la baisa à plusieurs re- prises, etd'une
voix faible ettremblante,
le suppliahumblement de ne
pas ajouter foi a des bruits inju- rieux à sa fidélité, parcequ'il était victinie desenvieux
et des calomniateurs.
Ensuite
ilremercia Dieu de
lui avoirdonne un
Souverain qui,niéme au
milieu des plus vives inquiétudestouchant
sa sùreté personnelle, n'abjurait ni la bonté, ni la générositéde
son ca- ractère. Il conjurait leRoi de
luipardonner,
si quel- quefois il avait blessé la niajestéde
sonnom
par des propos légersou
trop hardis. »Désormais,
dit-il, jeveux me maintenir constamment dans
la lignede mes
devoirs,et garder éternellement gravedans mon
coeur le souvenir des bienfaits et
de
laclémence de
mon
Roi. »va O StS"
Francois le quitta, l'esprit agite, et lui
ordonna de
le suivre eiiItalie;mais Bourbon
s'écliappa clande-stinement
la nuit suivante, déguiséen
valet. Il passaen Bourgogne,
par des sentierspeu
fréquentés,accom- pagné d'un
seulhomme,
à qui jadis il avait sauvé la vie, ensuitedans
les états deFEmpereur,
etde
làen
Italie.
L'histoire a transmis à la postérité les fatales conséquences
de
sa fuite, quiamena
la journéede
Pavie,où
laFrance
perdit tout,ybr^ V honneur.
Clé-ment VII
avait épuisé ses efForts,pour
renouer, entre les puissances belligérantes, les négociationsde
la paix.Le
rólede
pacifìcateur,quii
avait adopté,luifut fatai.Il avait
peur également
desdeux
partis, et prétendant se lesménager
tousdeux,
il avait fait alliance avec Francois I,malgré
celle qui 1'unissait àlEmpereur.
La
défaitede V armée
francaise et la captivitéde
sonRoi
frappèrent d'épouvante
toutes les tétes cou- ronnéesde
l'Europe.Quelques
conseillersdu
Pontife redoublèrent alors d'instances auprèsde
lui,pour
ledécider à se détacher totalement
du
parti francais, et àembrasser
celaidu
vainqueur. D'autres,au
con- traire, prétendaientque
ces conseils étaientceux de
la làcbeté;qu'en
les suivant,on
assurait l'esclavagede
laFrance
etde
l'Italie; qu'il était lionteuxd'abandonner
le Roi
dans
sa détresse, surtoutquand
son mallieur étaiten
partie la fantedu Pape
et celle des Vénitiens;que
siClément
voulait délivrerun
Princegénéreux
et reconnaissant, il n'en coùterait peut-étre pas plus d'ar- gentque
ponr acheter la paixde
1'Empereur.
'un y «55*
De
cesdoux
opinioiis,aucune ne
plutau
Saint- Pere; lapremière
ne lui offrait point assezde
garantiespour r
avenir et lui semblait humiliante, la seconde lui paraissaitun
parti désespéré;ne
voulant qu'une
seule chose, la paix , il rejetait lesmoyens
violens.D'ailleurs il
n
avait point la forcede
se dégager des anciens liens d'amitié, qui l'unissaient àTEmpereur,
et ne voulail point s'aliéner
Henri, Roi
d'Angleterre.Le premier Mai
i525,lePape renoua
ses négocia- tionsavec Charlesde Lannoy,
lieutenantde l'Empereur en
Italie, et s'accorda avec lui sur diverses conditions.Charles
V ne
vouhit pas les ratifier, etmit
par là Clé-ment VII dans
le plusgrand
emharras.Cet emharras
6*accrut encore après le
malheur
arrivéaux
troupesdu Due d'Albanie,
qui étaient àNaples
à la soidedu Pape;
cernées par lesEspagnols
et des soldatsde Co-
lonna,que
la captivitédu Roi de France
avaitrendus
plus hardis, elles furent toutes passéesau
filde
l'épée;ceux
qui croyaient s'échapper
, furent poursuivis et massacrésau
pieddu Mont Jourdain
et jusqu'auxmai-
sons des Orsini.Le Pape
s'étaitmontré
partisande
lacause qui avait
succombé,
et par là il avaitperdu
sa considérationaux yeux de
cette soldatesque.Le
14 Févrieri526,
leRoi
Francois recouvra sa liberto: desAmbassadcurs du Pape
et des Yénitiens vinrent aussitòt le feliciter, et lui offrir, ainsique
leDue deJMilan,de
se liguer avec lui contrel'Empereur;
mais
le Roi leurtémoigna
sonmécontentement de
ce qu'ils l'avaientabandonné dans
lemalheur;
il leur dit qu'il ne pouvait écouter leurs propositions,étant engagé•ir/S IO a\i5«
(laiis
une
iiégocialioii avecV Empereur.
Celte négocia- tion qui se faisait par l'entremisede Lannoy
, avait rapportau Duché de Bourgogne, que
Francois avaitpromis pour
sa délivrance^, et à la placeduquel
il vou-lait
donner de V
argent.L'
Empereur^
irritede
voir leRoi de France
elu- der les articlesde
leur convention,donna une
atten- tion sérieuseaux
préparatifs qu'on
faisait contre luien
Italie.
Sur
lechamp
il chargeaBourbon de
passer àGénesj
et fit signifierau
Roi parHugues de Moncade,
qu' il n' étaitnullement
d' avisde
rienchanger aux
conditionsde
son affranchissement.Dos
lors le Roine
conservantaucune
espérance, résolutde
conclureune
alliance avec lesAgens du Pape
et les Vénitiens;on
s'engageait
de
part et d'autre à restituer leDuché
deMilan
à Francois Sforza, et à délivrer les filsdu
Roi, retenuscomme
ótages à Madrid.Les
alliés niirentbeaucoup de monde
sur piedpour
assurerTéxécution du nouveau
traité.Le 5
Juillet, leDue d'Urbin,
Capitaine-généralde
l'Eglise,arriva à cinq millesde
Milan, leméme
jouroù Bourbon,
qui était passe parGénes,
entraitdans
la ville avec800
fantassins espagnols; ily
eut plusieurs escarniouches entre lesdeux armées, mais
riende
sé- rieux; lesImpériaux
s' occupèrent tranquillement à fortifier Milan.L'
armée de Bourbon
se conduisaitindignement
avec les habitans:non seulement
lesliommes,
lesfem-
mes
et les enfans étaient insultésdans
les rues;mais
encore, sous le prélextede
s' assurer s' il n"y
avaitm
point cF
armes
cachéesdans
Ics maisons, les soklatsy
péiiétraienL, et pillaient tout ce qui s'
y
trouvait;
Bourbon ne
pouvait réussir à lessoumettre
à la disci- pline.La
ciladelle capitula et fut remise à leur garde,Sforza eut la permission
de
sortirde Milan
etde
se retirer à Lodi.Gependant
la famille desColonna
harcelait sans cesse lePape,
qui avait lanceun
interdit contre elle;toutefois il était dispose à préter 1'oreille
aux
propo- sitions d'Hugues de Moncade,
qui,non pour ménager
le repos
du
Pontife,mais
afind'endormir
sa vigilance, lui proposaitde
le réconcilier avec les Colonna. C'estpourquoi Vespasien Colonna
futenvoyé
àRome, dans
le but d'
entamer
la négociation; lePape
eut foien
sa sincérité, et arréta avec lui les stipulations sui-
\antes:
Les Colonna
rendraientAnagni
et quelques autres places qu'ils avaient prisesau Pape
: ilsne mèneraient
à la guerre
aucun de
leurs vassaux attacbésaux
terresdépendantes
des états ecclésiastiques : ils pouvaientcombattre au
servicede TEmpereur,
etpour
la défensedu royaume de
Naples.Clément de
son coté, s'engageait à oublier ce qui s'était passe; à leverF
interdit publié contre le CardinalPorapée;
àne
pas envahir leurs possessions, et àne
pas soufFrirque
les Orsini les ravageassent.Ccs
conditions ainsi régléesd'un commun
accord,le