L HUILIER
P ESCHIER
Deuxième solution
Annales de Mathématiques pures et appliquées, tome 2 (1811-1812), p. 346-349
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V.
On
peut
faire diversesobservations
curieuses sur laquestion qui
nousoccupe. Nous nous bornerons aux deux suivantes
qui peuvent
être utiles.I.° En delivrant les valeurs de xp et
yq
du facteur m2013nqui
affecte teur numérateur et leur
dénominateur ,
etposant
ensuiten=tn , elles deviennent toutes réductions faites
ainsi, lorsque
les deuxjoueurs
sont d’adresseégale,
leursespérances respectives
sont dans le rapport du nombre de leursjetons ;
commeon
pouvait
bien leprévoir.
2.° Mais ce serait une erreur de croire
qu’à l’inverse, lorsque
les jetons
sontégalement repartis
entre les deuxjoueurs,
leursespérances
sont
proportionnelles
à leurs adressesrespectives.
Si en effet on faitq=p, on a
d’où l’on voit que leurs
espérances
sont dans lerapport
de me ànp ; lequel
ne devient celui de m à n que dans le casparticulier
où p=I.Deuxième solution ;
Par MM. LHUILIER , professeur de mathématiques ,
etPES-
CHIER,
professeur de philosophie
etinspecteur à l’académie
impériale
deGenève. (*)
Que
les deuxjoueurs
soientdésignés
par A et B(**) ; Que
leurs adressesrespectives
soient m et n ;(*)
Après
nous êtrecommuniqué
nos solutions, nous les avons trouvées si semblables l’une à l’autre , que nous avons cru. devoir les réuniv sous une rédactioncommune.
(**) Pour faciliter la
comparaison
des résultats, on a cru convenabled’employer
ici des notations
pareilles à
ceUes du mémoireprécédeut.
( Note 141es éditeurs. )
RÉSOLUES. 347
Que
l’état dujeu lorsque
A a pjetons
et que B en a y soitdésigné
parAp , Bq ;
Qu’enfin l’espérance
de Alorsqu’il
a pjetons
Soitdésignée par xp.
A
chaque
distribution dejetons,
lejoueur
A a m cas pour obtenirun
jeton
deplus
et n cas pour en avoir un de moins.En
remarquant
donc que X0=0, on aura leséquations
Partant les attentes successives de A forment une suite récurrente
dont l’échelle de relation est
Cette suite
provient
dudéveloppement
de la fractionlaquelle équivaut
à la somme de ces deux-ciPartant,
ou doitavoir
,mais,
si l’on suppose que p deviennep+q
etque p+q
soit lenombre total des
jetons
des deuxjoueurs,
on doitavoir xp+q=I;
dontet
partant
Ainsi p
étant le nombre desjetons
deA , et
q lenombre
desjetons
de
B ,
leursespérances respectives
sontRemarque
1. Cesexpressions
peuventtoujours
être délivrées dafacteur m2013n, commun à leur numérateur et à leur dénominateur.
Remarque
II.Lorsque m=n,
cesexpressions
ainsi réduites deviennentainsi alors les
espérances
des deuxjoueurs
sontproportionnelles
àleurs nombres de
jetons.
Ce résultat estindiqué
parle simple
bonsens, mais il était convenable de le confirmer par le calcul.
Remarque
III. La solution duproblème proposé
n’est pas com-pliquée
par le retour aux mêmes états de distribution desjetons
entreles deux
joueurs , provenant
descompensations
degains
et depertes ;
bien que cette alternative degains
et depertes
ait unegrande
in-fluence sur la durée du
jeu. (*)
Remarque
IV. Plus m estgrand
relativement à n , etplus
le(*) On dit communément que , pour obtenir la
probabilité
d’un événement , ilfaut diviser le nombre des chances
qui
peuvent y donner lieu par le nombre total des chances, ouplus généralement,
la somme desprobilités
des chances qui peu- vent y donner lieu par la somme desprobabilités
de toutes les chances ; et celaest exact. Mais il conviendrait d’ajouter
qu’il
y a des cas ou cette méthode estimpraticable ,
et tel est le cas de laquestion présente ; puisqu’à
raison des retours aux mêmes états ,qui
peuvent serépéter
indéfiniment, le nombre total des chancespossibles
et celui des chances d’ou peut résulter l’évenement dont on cherche laprobabilité,
sont, l’w1 etl’autre,
infinis. ( Note des éditeurs. )rapport
349
RÉSOLUES.
apport
des attentes des deuxjoueurs approche
d’être celui despuissan-
ces des nombres
qui expriment
leurs adressesrespectives, ayant
pourexposans le nombre des
jetons
deA ;
etpartant,
l’attente de Aapproche
alors d’autantplus
de la certitude que le nombre de sesjetons
estplus grand.
Post-scriptum. Apres
avoir termine cepetit mémoire,
nous avonspensé
à consulter le beau mémoire de M.Laplace
sur lesprobabilités,
inséré dans le Recueil de l’académie des sciences de
Paris ,
pourl’année
I778;
et nous avons vu que leproblème
était en effet résolu par ceprofond
mathématicien(*). Cependant,
nous n’avons pas cru devoirsupprimer
notre travail. La solution deLaplace
digère dela nôtre par sa
marche;
elle est fondée sur la méthode deséqua-
tions aux différences finies. Il n’est pas inutile de voir un même
sujet
traité par desprocédés différens;
et il est trut au moinsagreable
a ceux
qui
ne sont pas exercés aux methodesgénérales,
de voirramenées aux élemens des
questions qui paraissaient
surpasser leurportée.
(*) Ce
problème
a étéimdiqué
aux Rédacteurs des Annales, par un de leurscorrespondans ; et ce n’est que par M. Lhuilier
qu’ils
ontappris qu’il
avaitdéjà
été résolu.
Le mémoire de M.
Laplace, qui
en contient la solution, commence à la page 227 du volume de l’académie pour I778, et cette solution se trouve à la page 23I.L’auteur ne s’en occupe, au surplus, que par occasion, et seulement pour montier- combien
l’inégalité
d’adresse des deux joueurs influe sur leur situation , lors mêmeque cette
inégalité
n’est quesoupçonnée,
sans qu’on sachequelle
en est laquantité
ni
quel
est leplus
adroit des deux.M.
Laplace
remarque, à ce sujet, que si , dans le cas d’uneparfaite égalité
d’adresse, les deux joueurs peuvent doubler, tripler , etc. , le nombre de leurs
jetons
respectifs
sanschanger
leur situation, il n’en estplus
de meme , desqu’il
y a entre eux laplus légère inégalité ;
c’est aussi ce qui résulte des for- mules ci-dessus.( Note des éditeurs. )
Tom. II