Université Paris-Dauphine Licence de Mathématiques Appliqués Intégrale de Lebesgue et Probabilités Année 2018–19
TD 5 : Intégration dans R
d(chapitre 6)
On traitera en priorité les exercices notés d’une ∗
1 Convolution
Exercice 1.∗ Soit G la gaussienne centrée réduite et Gλ(x) :=G(x/λ). Calculer Gs∗Gt pour tout t, s >0.
Exercice 2.∗ Poura, λ >0, on définit
γa,λ(x) = λa
Γ (a)e−λxxa−11R+(x), Γ(a) :=
Z ∞
0
e−xxa−1dx.
Montrer que γa,λdx est une mesure de probabilité. En déduire γa,λ∗γb,λ.
Exercice 3. Montrer que sif ∈ L1 etg ∈ Lp alors f∗g ∈ Lp etkf ∗gkp ≤ kfk1kgkp. Exercice 4. Soient µet ν sont deux mesures finies sur Rd. On pose
σ(A) :=
Z
Rd×Rd
1x+y∈Ad(µ⊗ν)(x, y), pour tout borélien A⊂Rd.
a) Montrer que σ est une mesure positive surRd, on note µ∗ν.
b) Remarquer que µ∗ν est une mesure finie et que µ∗ν=ν∗µ.
On suppose désormais que µ=f λavec 0≤f ∈ L1(Rd)et λ la mesure de Lebesgue.
c) Montrer qu’il existe une fonctionωf :R+ →R+ telle que ωf(s)→0 lorsque s→0et Z
B
f dx≤ω(λ(B)), pour tout borélien B ⊂Rd.
[On pourra écrire f =f∧M + (f −M)+]
d) Montrer que µ∗ν est une mesure absolument continue par rapport à la mesure de Le- besgue. [On pourra utiliser le théorème de Fubini-Tonelli]
e) Montrer qu’il existe une fonction0≤h∈ L1(Rd)telle µ∗ν =hλ et que h satisfait Z
Rd
ϕh dx= Z
Rd
ϕd(µ∗ν),
pour toute fonction borélienne et positive ϕ.
e) En déduire que
h(x) = (f∗ν)(x) :=
Z
Rd
f(x−y)ν(dy) pour p.t.x∈Rd.
1
2 Densité
Exercice 5. Montrer queCc∞(Rd) est dense dansLp(Rd). [On pourra utiliser l’exercice 3]
Exercice 6.∗ Soient µet ν deux mesures finies sur Rd. Montrer que µ=ν si, et seulement si
∀ϕ∈Cck(Rd), k ∈N¯, Z
Rd
ϕ dµ= Z
Rd
ϕ dν.
[On pourra ne traiter que le casd= 1,k = 0et commencer par montrer queµ([a, b]) = ν([a, b]) pour tout a, b∈R]
Exercice 7. [Théorème de Stone-Weierstrass de densité des polynômes dans C(K)] Pour un compact K ⊂Rd, on noteC(K)l’espace des fonctions continues (bornées) deK dans R. Mon- trer que l’ensemble des polynômes est dense dansC(K)au sens de la convergence uniforme. [On pourra ne traiter que le cas K = [−1/4,1/4]en dimension d= 1 et introduire l’approximation de l’identité (ρn) définie par ρn(x) := cn(1−x2)n si x ∈ [−1,1], ρn(x) := 0 si x /∈ [−1,1], cn convenablement choisie]
Exercice 8. [Moments] Soit f ∈L1([a, b]), a, b∈R. Montrer que
Mk(f) :=
Z
R
xkf(x)dx= 0, ∀k ∈N, implique f = 0.
[On pourra utiliser l’exercice 7]
3 Transformation de Fourier
Exercice 9.∗ Calculer fˆlorsque a) f := 1;
b) f :=1[−a,a], a >0; c) f(x) := λ2e−λ|x|, λ >0; d) f(x) := π(x2λ+λ2), λ >0;
Exercice 10.∗ Montrer que la transformation de Fourier satisfait les propriétés suivantes : a) F est linéaire au sense où F(f +tg) =F(f) +tF(g).
b) F(xf)(ξ) =i( ˆf(ξ))0 pourf ∈ L1(R)telle que x7→xf(x)∈ L1(R) c) f[∗g =fbbg pourf, g ∈ L1(R)
d) Fτaf = e−iaξfˆpour a ∈ Rd, où on note (τaf)(x) := f(x−a) la fonction translatée de f ∈L1(Rd).
e) ( ˇFf)(ξ) := (Ff)(−ξ) = (Ffˇ)(ξ), où on noteg(x) :=ˇ g(−x). Que dire deFf si f est une fonction paire ?
Exercice 11.∗ Soit f(x) = (1− |x|)1[−1,1](x).
2
a) Montrer que f(x) =1[−12 ,12]∗1[−12 ,12] (x)et calculer R∞
−∞eitxf(x)dx.
b) En déduire que f(x) = 1πR∞
−∞e−itx1−cost2 tdx.
Exercice 12.∗ Soient µet ν deux mesures finies sur Rd telles queF(µ) = F(ν).
1) Montrer que F(ρ∗µ) = F(ρ∗ν) pour toutρ∈Cc(Rd).
2) Montrer que ρ∗µ=ρ∗ν pour tout ρ∈Cc(Rd).
3) Montrer que
Z
Rd
(ϕ∗ρ)µ(dy) =ˇ Z
Rd
(ϕ∗ρ)ν(dy),ˇ ∀ϕ, ρ∈Cc(Rd).
4) Montrer que µ=ν. [On pourra utiliser l’exercice 6]
4 Autres transformations
Exercice 13.∗ Soit µ une mesure de probabilité sur R. On définit sa fonction de répartion F :R→R par
∀x∈R, F(x) = µ(]− ∞, x]).
1) Montrer que F est càd-làg (continue à droite et admet des limites à gauche), croissante, F(−∞) = 0 et F(+∞) = 1. Montrer en particulier que F admet un nombre au plus dénombrable de points de discontinuité.
On considère maintenant une fonction F càd-làg, croissante et tq F(−∞) = 0, F(+∞) = 1.
2) Montrer que la fonction G:]0,1[→R définie par
G(u) := inf{ x∈R, F(x)≥u}
est càg-làd.
3) En notant λ la mesure de Lebesgue sur [0,1], montrer que la mesure image G]λ a pour fonction de répartition F.
Exercice 14. Soientµune mesure de probabilité surRetF sa fonction de répartition. Montrer que F est absolument continue, au sens où il existe un module de continuité ωF tel que pour toute suite [ai, bi] d’intervalles d’intérieurs disjoints
X
i
(bi−ai)< δ implique X
i
(F(bi)−F(ai))≤ωF(δ),
si, et seulement si, µ est absolument continue par rapport à la mesure de Lebesgue λ sur R. [Ind. Utiliser le théorème de Radon-Nikodym]
Exercice 15.∗ Donner l’expression de la fonction de répartition F des mesures de probabilité µ suivantes :
a) µ=δa (mesure de Dirac) ;
b) µ=pδb+ (1−p)δa (loi de Bernouilli de paramètre p∈[0,1]) ; c) µ=Pn
k=0Cnkpk(1−p)n−kδk(loi binomialeB(n, p)de paramètrep∈[0,1]sur{0, . . . , n}) ; d) µ=λe−λx1R+dx (loi exponentielle Exp(λ)de paramètre λ >0).
e) µ= (b−a)−1λ, a, b∈R et λ la mesure de Lebesgue sur[a, b] (loi uniformeU(a, b)).
3