É D I T O R I A L
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ussi nombreux que les étoiles, mais invisibles aux yeux du promeneur, des myriades de micro-organismes s’agitent sous nos pieds, ignorés. Leur activité modèle pourtant les paysages de notre planète.L
es travaux réalisés au cours des dernières années grâce aux méthodes moléculaires (empreintes génétiques, métagénomique) ont confirmé que les sols constituaient l’un des plus grands réservoirs de la diversité microbienne. La composition et le fonctionnement de ces communautés microbiennes restent cependant mal connus et nécessitent un effort de recherche accru sur cette composante fondamentale des écosystèmes terrestres. En effet, la qualité et la fertilité des sols, ainsi que la nutrition minérale des plantes, sont sous la dépendance des communautés bactériennes et fongiques du sol. Ces communautés microbiennes abondantes régissent plusieurs processus biogéochimiques et biologiques fondamentaux dont l’altération des minéraux, la minéralisation de la matière organique, et les transferts d’éléments organiques et minéraux du sol à la plante.U
ne des conséquences de cette activité est que cette microflore contribue de façon significative aux grands cycles géochimiques (carbone, azote, phosphore, soufre, fer…) des écosystèmes terrestres. Outre sa contribution aux cycles biogéochimiques, les micro-organismes du sol améliorent ou entravent la croissance et la santé des plantes selon que l’on considère les populations symbiotiques, commensales ou phytopathogènes. De plus, le sol peut constituer un réservoir de populations pathogènes pour l’homme ou les animaux.N
ous réalisons que les modes de gestion et d’aménagement agricoles et sylvicoles perturbent la structure et la diversité des communautés microbiennes des sols et, de ce fait, modifient les équilibres microbiens et le fonctionnement biologique dans des proportions et avec des conséquences imprévisibles. Il est donc nécessaire d’identifier les mécanismes gérant ces communautés microbiennes et leurs interactions avec les végétaux et animaux afin d’être à même de proposer des recommandations pour le maintien, voire la restauration de la biodiversité fonctionnelle. GFrancis Martin Institut national de la recherche agronomique
Écologie microbienne des sols
BIOFUTUR 268 • JUILLET / AOÛT 2006 1
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