G ERGONNE
Géométrie. Sur quelques rectifications approchées de la circonférence du cercle
Annales de Mathématiques pures et appliquées, tome 8 (1817-1818), p. 245-255
<http://www.numdam.org/item?id=AMPA_1817-1818__8__245_0>
© Annales de Mathématiques pures et appliquées, 1817-1818, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la revue « Annales de Mathématiques pures et appliquées » implique l’accord avec les conditions générales d’utilisation (http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou impression systématique est constitutive d’une infraction pénale.
Toute copie ou impression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
245
GÉOMÉTRIE.
Sur quelques rectifications approchées de la circonférence
du cercle ;
Par M. G E R G O N N E.
RECTIFICATION
QUOIQUE
lesprocédés
de lagéométrie permettent
souvent deconstruire
graphiquement
desgrandeurs
que le calcul nepeut atteindre,
il estcependant,
dans la science del’étendue,
une infinité deproblèmes qu’on
n~ saurait résoudre d’une manièrerigoureuse,
et à
l’égard desquels
on est contraint de se contenter d’uneapproxi-
mation
plus
ou moinsparfaite.
Ces
problèmes ,
tout comme ceuxqui
admettent une solutionexacte, y
peuvent
êtreenvisagés
ouarithmétiquement
ougéométri-
quement.
Sous lepremier
de ces deuxpoints
de vue , ils’agit
dedéterminer ,
par lecalcul ,
un nombrequi
soit sensiblementégal
au nombre des
parties
de laligne cherchée, rapportée
à une cer-taine
échelle ;
et onpeut ,
dans ce genre derecherches ,
recourir àtous les moyens
d’approximation
que la science desgrandeurs
afait
découvrir,
tels que lesséries, les
fractionscontinues ,
les pro-duits
indéfinis,
etc.Sous le second
point
de vue , ils’agit
dedëtermmer y
par unprocédé graphique,
et sans le secours ducalcul,
uneligne qui,ait
une
longueur
sensiblementégale
à celle de laligne cherchée.
MaisM
procédé graphique peut
êtregéométrique
oumécanique.
Il est246
- teRECTIFICATION
__ __dit
gé!ométrique , lorsqu’il
nedépend
que de laligne
droite et d’~.cercle,
et queconséquemment
son exécution ne réclame quel’unique emploi
de larègle
et du compas. Il est dit au contrairemécanique, lorsqu’il dépend
d’une ou deplusieurs
courbes différentes ducercle,
qui
nepeuvent
être décrites d’unmouvement
continuqu’avec
des,machines,
autres que les, deux Instrument que nous venons de mentionner. ’ ‘On
peut
remarquer ausurplus
que , leplus souvent y
dans ce-dernier cas , le
procédé théorique
est d’une exactituderigoureuse ~
et que le résultat
qu’on
en obtient n’est fautifqu’en
cequ’au
lieude décrire les courbes
desquelles dépend
la solution duproblème
d’un mouvement
continu ,
ainsiqu’on
ledevrait,
y on se contente,dans la vue de se passer d’instrilmens
étrangers à
larègle
et aucompas de décrire ces courbes par
points y
cequi
faitqu’on
neparvient
à déterminerqu’à
peuprès
leursintersections ,
soit entreelles soit avec les droites ou les cercles donnés.
Quoi qu’il
ensoit,
il nousparait
que lesprocédés approximatifs qui
nesupposent
aucune courbeétrangère
au cercle mériteronttoujours
lapréférence
sur les autres , toutes les foisqu’ils
serontsimples,
tant par la facilité de leur exécution que parcequ’eux
seuls
peuvent
conduire au but par un nombred’opérations
détermineet connu à l’avance. Si même on considère que
l’exactitude rigou-
reuse, dans les
problèmes qui
en sontsusceptibles.,
n’estjamais
etne
peut jamais
être quespéculative ~
on ne saurait se réfuser apenser
qu’il pourrait
souvent êtreavantageux,
dans lapratique,
deremplacer
une constructionrigouse ,
maiscompliquée y
par une cons- tructionpurement approximative ,
maisqui ,
y à raison de sa sim-plicité
et de sabrièveté, exposerait
réellement à une moindreerreur.
Parmi les
problèmes
nonsusceptibles
de solutionrigoureuse)1 celui’où
ils’agit
de construire unelr~ne
droite à peuprès égale
en
longueur
à lacirconférence
d’un cei cle dont le rayon estdonné,
est sans doute un des
plus piquants y
et dontla
solution est d’une247
application plus journalière. C’est
d’ailleurs à ceproblème
que re-vient,
en dernièreanalise ,
celui de laQuadrature
cl~cercle dejà
tant de fois
résolu ,
et néanmoinstoujours
à résoudre.Il existe un
très-grand
nombre deprocédés graphiques.,
pour la rectificationapprochée de
la circonférence ducercle ; mais ,
commeils ne sont , pour la
plupart,
le résultat d’aucune méthodesysté-
.matique ,
etqu’ils paraissent
ne devoir leur naissancequ’à
unheureux hasard,
ils ne laissent aucune trace dans la mémoire. Onnous
pardonnera
donc si nous n’en mentionnons ici que trois seu-lement ;
nous ne savons pas même si nous n’aurons pas , au con-traire,
besoind’indulgence ,
pour nous être arrêtés silongtemps
sur un
sujet qui
ne serattache
vraiment à aucunethéorie.
1.
MASCHERONI , dans
saGéom~trie a~r~ compas pas. 248
Tradact. franc. Z?~r~/~ Paris , 1798 ) ,
donne la méthode sui- y~te ~ pour déterminer une droite d’unelongueur égale
auquart
d’une circonférence donnée.
Soient
AB
le diamètre et C le -centre du cercledont
ils’agit ( ~S* 7 ) ~
soit décrite une demi - circonférence sur cediamètre ;
soitporté
le rayon CA sur cette demi - circonférence deA
en B et de E enD ;
despoints
A et Epris
successivement pour centres et avec leurs distancesrespectives
auxpoints
D et B pour rayons, soient décrits deux arcs secoupant
hors du cercle enF~
ensuite du
point B
comme centre, et avec sa distance aupoint F
pour rayon, soit décrit vers D un arc de
cercle, coupant
la cir-conférence en
G ;
alors la cordeAG
serasensiblement égale
auquart
de la circonférence.Pour vérifier cette
construction ~
ilfaut obtenir la longueur
deAG. Or,
on ad’abord
donc
248 RECTIFICATION
doue
~i donc H est
l’intersection
deCF
etBD ;
commeCH==Sin.6o~==~~
en aura
Le
triangle
BHF donnera ensuite, ’d8
e es~.a... Ife
~J’On
aura.d’après
celad’où.
‘On aura donc enfin
~est-a-dire ,
ensubstituant,
,
A&
249
cela
revient donc à
faireIférîfions cette
supposition.
", (fOn a
d’abord,
à moinsd’une demi-unité près du quatorzième
ordre
d’où
donc
on aura
d’après cela ,
à moins d’une demi-unitépr~s du huitième
ordre ,
cela donnerait
mais on
r- a,
àmoins d’une demi-unité du 8oIr1C ordre;
2c~, ~77.. 34
250
RECTIFICATION
~r==3~l5 9265 ;
ce résultat
est
donc fautif deplus
d’une demi-unité décimale du troisièmeordre ;
mais ilprésente
cetavantage qu’on l’obtient
par le seul usage du compas.II. La
Bibliothèque ci-devant ~rii~~t~z~u~ ,
etaujourd’hui
uni-~~rj~//~ ~ qui
accueille d’une manière toutepar~rcufi~;re
lesspécula-
tions de ce genre, ou
qui y
pour mieuxdire,
n’offreguère
que des recherches de cette nature au lecteurgéomètre ,
adonné ,
comme extrait d’un ouvrage
allen1and,
et sans nomd’auteur ( toin. 111
novembre
i8i.G ~
>page 22 1 ),
y leprocédé
quevoici ,
pour construireune
ligne
droite sensiblementégale
à la demi-circonférence d’un cercle d’un rayon donné.’
Soient AB le diamètre du cercle
( hg. 8 )
et C son centre.Soient mènes en A une
tangente
indéfinie et un rayon CDparal-
lèle à cette
tangente.
Soitporté
ce rayon de Den E
vers A sur lacirconférence ;
soit mené etprolongé
le rayonCE , jusqu’à
sarencontre avec la
tangente
enF ;
soitprise
sur cettetangente ,
versA ,
àpartir
deF,
unepartie
FGtriple
du rayon ; alors la droite)3G
sera sensiblementégale
à la moitié de la circonférence donnée.Pour
justifier
cetteassertion,
cherchonsl’expression de BG-
On a, par
construction y
d;iie
donc
enfin
25I
c~est-a-d!rc ~
-ainsi cela revient
à faire
Or,
on ad’abord, à moins
d’une demi-unitédécimale
duI4.me,
ordre,
,d’où
ce
qui donne 1
àmoins
d’unedemi-unité
décimaledu 8.~ ordre ;
et
conséquemment
mais
la~,éritable valeur
est252 RECTIFICATION
ce résultat n’est donc en erreur que d’un
peu plus (Tune demi-
unité décimale du 5.~ ordre
(*).
,III. Mais de tous les
procédés graphiques approximatifs y
leplus
exact est sans doute le suivant
qui
est du à M.Pioche,
statuairedistingue ,
résidant aMetz ,
etqui
m’a étécommunique
par mou ami M.Servois. Voici
enquoi
il consiste.En un
quelconque
A despoints
d’une droiteindéfinie ( f1g. 9 )
soit élevée à cette droite une
perpendiculaire AB, égale
aurayon donne ;
soitporté
trois fois ce rayon sur la même droite de Aen
D ;
soit menéeBD ; et , à
lapremière
division C de AD soitélevée à cette droite une
perpendiculaire
rencontrant BD en E. Soitportée
DE sur leproton
.,erncnt deAD,
de D enF ;
soitprolongée
AF au - delà de ses extrémités A et F des
quantités
Afl etFG ; égales
entre elles et au rayonAB ;
soitpris
FKégal a ~ plus
undemi-quart
ouà i
deFG ;
soit encorepris
ALégal au
deAH
alors KL sera sensiblement la
longueur
de la circoutercncedont
le rayon est AB.Pour justifier
cetteassertion ,
observonsqu’on a
ce
qui suppose
(~) Le rédactenr de l’article de la
Bibliothèque
r~t3~verse~~eparaît ignorer
que le rapport de la circonférence au c~iarrzètre ~ donné par.~~~v~y
avec 128cLi~e~ décimaux, et
qu’il
cite, est fautif à la II3.me décinlale,qui
doit êtreun 8 et non c4~~ l ~ et
que ~~, qui
a dëco~yey~ cette erl~eur, apousse
lec.Ucul de ce
rapport à
t~o chiffres décimaux.253
DU CERCLE.
_ ~r.
Or,
on a,à moins djune demi.unité décimale du 10~ ordre ¡
d’où.
ce
qui donne
successivementLa véritable valeur étant
il s’ensuit que l.1autre n’est
guère
fautive deplus d’une
unité dd-cirnale du
7.me ordre ;
elle est doncplus approchée
que lerapport
même de
Métius , qui poprtant
l’estdéjà beaucoup.
Si
l’onpensait
que ces sortesde recherches valussent
lapeine
d’être
sulv!e6 méthodiquement,
1voici 1 je crois , de quelle manière
254 REcTIFICATION DU CERCLE.
. ’ . , ·_ .... 1 .. - - - ..
on
pourrait procéder ;
onpourrait
d’abord soumettre à la diseur sion toutes les valeurs rationnellesapprochées
du nombre ~; enprenant,
parexemple
y la valeur=6â = 3"~ $ -~- ~4 ;
on en concluraitque la demi-circonférence est sensiblement
égale
à trois fois le rayonplus
le8.~
durayon plus
le 8.me de ce 8.~On
pourrait
passer ensuite auxexpressions irrationnelles
danslesquelles
onintroduirait successivement V2 ~J~ ~6~
1B/6,...;
on
pourrait poser , par exemple,
~prenant
alors pour ar et~~
deuxfractions ~ peu pr~s
d’un mêmedegré d’a PP roximation ~ appelant 2013
n lapremière et 2013
q laseconde;
il viendrait
~ * 1 - i
On
chercherait à
résoudre cetteéquation
avec des valeurs entières de x, y , z, lesplus simples possibles ;
et ,lorsqu’on
les auraittrouvées,
on chercherait à construire de la manière laplus
facile Bl’expression ’~~ z z qui
donnerait ainsi la valeur approchée de ~ ~
on en ferait
ensuite de
même pour lesexpressions
on
pourrait aussi,
sans sortir du seconddegré,
mettreà l’épreuve.
des expressions composées
deplusieurs radicaux.
SYNONYMIE MATHÉMATIQUE. 255
On peut
aussiemp!oyer
dans la même vue iagéométrie e.T,,pé- rimentale.
Le rayon donnépeut
servir de base à une suited’opé-
rations
graphiques , lesquelles
donneront naissance à une multitude de droites de touteslongueurs
que l’on pourra ou comparer Immé- diatement à lalongueur w
déterminée à l’avance avecbeaucoup
de
précision,
ou dont on pourra , à mesure , comparer les valeursnumériques
à celle de cettelongueur
w. Mais ce nepourrait guère
être là
qu’un
travail-de~énohite;
et c’est une excellente raison àajouter
à tant d’autres de mêmeforce,
en faveur du rétablissement des ordresmonastiques. Jusque-ià
nous ne pourronsguère
attendreque
du hasarddes
résultats de la nature de ceux que nous venonsde faire connaître.
VARIÉTÉS.
Synonymie Mathématique.
Par
unABONNE.
G
E R G O N N E~.
s I.,
G É 0 IV! È T RE, MATHEMATICIENS.
.~j~~_~~~~~~.~
est~~r~~~ ~~~e
~/2~~M ~ ~ ditFonîene!!e ;
etFonteneHe
a dit ~rah
Quoiqu’H parasse
hors dedoute,
parexern~~e ,
que°
c’est de FInde que
les
connaissances humaines se sontrépandues
en