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Analyse des projets de programmes du cycle terminal. Série ES-L et S

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Academic year: 2021

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14/05/10

Analyse des projets de programmes du cycle terminal.

Série ES-L et S

Ces projets s’inscrivent dans le cadre de la réforme

- qui supprime l’enseignement obligatoire de mathématiques en série L (-2h)

- qui regroupe l’enseignement obligatoire de ES et l’enseignement facultatif de L et supprime l’option de ES

- qui réduit l’horaire de la série scientifique d’une heure soit 20% de l’horaire

L’affichage d’un enseignement de mathématiques en série L ne doit pas tromper : il consiste à rajouter quelques chaises dans une classe de ES !

Retour en arrière dans la conception de l’enseignement des mathématiques

Le choix du ministère de regrouper les enseignements de ES et de spécialité L, de rapprocher le plus possible les enseignements de ES et S remet de fait en cause la différentiation de l’enseignement des mathématiques au lycée selon les séries. Le programme de ES apparait comme un sous programme de S (de nombreux copier-coller entre les deux programmes): cela marque un retour en arrière dans la conception de l’enseignement des mathématiques au lycée.

Ainsi il n’est plus offert aux élèves de L la possibilité d’avoir une approche spécifique des mathématiques avec quelques perspectives historiques et épistémologiques (par exemple sur les nombres entiers).

Les liens entre mathématiques et sciences économiques et sociales en série ES sont affadis.

On perd le bénéfice de la réflexion qui a été menée ces dernières décennies et qui cherchait à adapter au mieux l’enseignement des mathématiques à la formation des élèves dans chacune des séries et à favoriser les liens avec les disciplines dominantes de la série.

Incohérences entre les aménagements des programmes provisoires et les choix faits dans ces projets

C’est ainsi que sont provisoirement supprimés le sens de variations de fonctions associées en première S pour l’année 2010-2011, la loi exponentielle en terminale pour l’année 2011-2012 et que ces mêmes notions réapparaissent dans ce projet. Comment interpréter de tels changements de point de vue ? Cela donne une impression désagréable de pilotage à vue.

Projet ES

A l’exception de la partie probabilités, le projet de programme reste assez proche du programme actuel de l’enseignement obligatoire.

Le projet fait le choix de renoncer au travail relatif aux opérations sur les fonctions et la reconnaissance de composée de fonctions.

L’enseignement des probabilités est réorganisé sur l’ensemble du cycle terminal. La place des probabilités est accrue. Ce qui est proposé assure une continuité avec l’enseignement de la classe de seconde mais accroît considérablement la place des probabilités dans le programme.

Le travail sur les tableaux à double entrée et la notion de fréquence conditionnelle n’apparait

plus : est ce pertinent dans une série où il est si fondamental de ne pas confondre par exemple

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la proportion de femmes chez les cadres et la proportion de cadres chez les femmes (salariées) ?

L’introduction des lois continues en terminale ne semblent pas raisonnables au regard de l’horaire (inchangé) et de la charge actuelle du programme.

Projet S

Dans cette série, l’horaire est réduit de 20% (et ainsi ramené à un horaire de classe de 6

ème

) : cela conduit inévitablement à une réduction des contenus d’enseignement. Dans le projet, géométrie et analyse sont sacrifiées au bénéfice des probabilités et de l’algorithmique.

En géométrie plane, le barycentre, les transformations, les lieux géométriques sont supprimés, la géométrie dans l’espace disparait (il n’y a pas de continuité avec la seconde) En analyse, le choix est fait de rapprocher le plus possible les programmes de ES et S.

Toutes les notions plus conceptuelles (composée, concept de limite..), dont les enseignants savent combien elles sont difficiles pour les élèves sont repoussées en terminale alors qu’elles nécessitent une approche progressive et dans la durée.

Comme en série ES, compte tenu des changements en seconde l’enseignement des probabilités est réorganisé sur l’ensemble du cycle terminal. Le choix d’introduire la loi binomiale assure, certes, la continuité avec la seconde et permet de déterminer par calcul des intervalles de fluctuations (observés en seconde). Mais ce choix conduit à accroitre la place des probabilités dans un cadre horaire insuffisant et à réduire de fait la part relative à l’analyse et la géométrie. N’est-ce pas excessif dans cette série?

L’introduction de la loi normale en terminale S ne ferait qu’accentuer le déséquilibre. La loi exponentielle offre une situation où le calcul intégral prend sens et permet un travail intéressant sur la modélisation d’un phénomène aléatoire étudié en sciences physiques (la radioactivité). L’introduction de loi normale va enfler de façon démesurée le temps consacré aux probabilités sans grand bénéfice en termes de formation.

Nous continuons d’affirmer que cet horaire de 4 heures ne permet pas de remplir les objectifs annoncés en préambule: « procurer un bagage mathématique solide aux élèves désireux de s’engager dans les études supérieures scientifiques, en les formant à la pratique d’une démarche scientifique et en renforçant leurs goûts pour les activités de recherche. »

La demi-heure en plus en terminale ne suffira pas à compenser : les difficultés dans le supérieur ne pourront que s’aggraver.

Au sujet de l’algorithmique

Les programmes ES et S reprennent in extenso les contenus de seconde : il n’y a pas de

progression pensée sur les trois ans de formation au lycée. Les suggestions dans le programme

sont très limitées (résolution d’une équation du second degré, suites, simulation de lois de

probabilité) et ne peuvent suffire à outiller les enseignants.

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