K X
-.IP
—
V*I " A
4 •
I
>
,
r\'I
-
BUI
•
J
^ ____ ^
SOCIETE
J I J
•
DE LA
t
-
-
i
ETTA
j •'!
-
-
t I *l .< V
DE FRANCE
*
.
1
'
FONDLE
LE 23 AVRIL 1854Le Bulletin de la Societe botanique de France parait par livraisons mensuelles.
•
Boo
126 . SfiANCE DU 28 FfiVRlER 1913. .
rapports.
Les corpuscules metachromatiques, relativement
gros, semontrent encore chez
cetteAlgue exclusivement sur
le chlo- roleucite et particulierement sur ses digitations.Nous
n'enavons jamais rencontre dans
leprotoplasma.
Le Mesocarpus
adonne
lieua
desobservations analogues
:Les corpuscules metachromatiques, de
tailles diverses, sontlocalises
sur
le chloroleucitelaminaire;
ce n'estque dans
descultures
agees qu'on
lestrouve dans
leprotoplasma
etanimes
de mouvements browniens.
Nous pensons
diees et
C
corpuscules metachromatiques. Nous avons retrouve
leskaryoides dans
cesAlgues
aTaide de
latechnique de
Palla; par leur aspect refringent,par
leursdimensions
(unpeu
plusvariables
que
l'auteurne
lindique),par
leur situationsur
le chlo-roleucite et
jusque dans
lacouche amylifere du pyrenoide
ilsnous
paraissent identiquesaux corpuscules metachromatiques.
L'existence des
corpuscules metachromatiques chez
lesAlgues
est
done d'une grande
generality ;de
plus, ily
aune
relationcertaine
chez
ces etres entre lescorpuscules metachromatiques
et les
organes
qui president aTelaboration
dessubstances
de reserve (Travaildu
laboratoirede M. Dangeard).
M. Lutz donne lecture de
laNote ci-dessous
:\
Observations sur les Diatomees
3
•
[2 e seriej 1 .
PAR M.
J.PAVILLARD
Schroederella delicatula (H. Peragallo).
Syn.
:Lauderia
delicatulaH.
Peragallo,1888; Detonula
delicatula
Gran, 4900; Lauderia Schroderi P. Bergon, 1903;
Detonula Schroderi Gran,
1905.La
descriptionprinceps de
cettecurieuse Diatomee
a etedonnee en 1888 par H.
Peragallo.La diagnose sommaire
est1. Palla (Ed.), Ueber ein neues Organ der Conjugatenzelle (Ber. d. d.
Bot. Ges.,
Band
XII, Heft 6, 1894).2. Voir ce Bulletin, t. LVIII, p. 21, 1911.
J. PAVILLARD. OBSERVATIONS SUR LES DIATOM fiES. 127
accompagnee
d'un seul clessinmediocre; Tun
et l'autre seretrouvent, a
peine
modifiesdans
la cel^breMonographic
des Rhizosoleniadu me me
auteur.En
1897, P. T.Cleve
signale l'existencede
lameme
especedans
l'Allantiquetempere,
eten donne un
dessin aussiimpar-
fait
que
les precedents.Au debut de
l'annee 1900, Br.Schroder
public la description circonstancieed'une Diatomee de Naples
qu'il rapporteau
Lauderia
delicatula Per.Parmi de nombreux
details interes-sants, il signale la
presence d'une
depression valvaire centrale;en son
milieu s'implanteune epine
rigide, articuleeavec
1'epinesimilairc
appartenant
a lavalve contigue dans
la cellule voisine.I)c ses observations, Br.
Schroder
conclut a la necessited'etablir
pour
cette especeune
section speciale, la sectionDelicatulce, s'ajoutant
aux deux
sections deja distinguees parFr. Schiitt (1896), les sections
Exdauderia
et Detonula.Quelques mois
plus tard, II.H. Gran entreprend une
revisionapprofondie du genre Lauderia,
et ledemembre
definitivement endeux genres
distincts, legenre Lauderia,
caracterisepar
lapresence d'un appendice ou piquant
valvaire differencie unila-teral, et le
genre Detonula depourvu
depiquant
unilateral.Le genre Detonula
est alors diviseen deux
sections; laii seule
nous
interesse, esl la section Delicatulw;id le
Detonula
delicatula (H. Per.)Gran,
et le Deto-(Castracane) Schiitt,
probablement
tres voisindu
q
precedent.
Alors commence
le gachis.Dans
lePlankton du
bassind'Arcachon,
notre regrettecon-
frere
P. Bergon decouvre au printemps
de 1901une Diatomee
pelagique
qu'il identifieavec
l'espece napolitainede
Br.Schroder.
II la figure
d'abord
1sous
lenom
deLauderia
delicatulaSchroder
nee Peragallo,mais
l'eleve ensuite (1903)au rang
d'espece
autonome,
le L.Schrbderi
P.Bergon. Pour
justifiercette distinction, l'auteur s'appuie
principalement
sur lemode
de jonction des
batonnets
valvaires peripheriques, bifurquesnon
loinde
leurextremite
et articulesd'une
valve a l'autre ala
maniere
desSkeletonema.
1. Le
M
icror/ raphe preparateur, vol. X, pi. III. f. 7, 1902.128 SfiANCE
DU
28 FfiVRIER 1913.J'ai deja proteste 1
dans mon Memoire de 1905 contre F
argu-mentation de
P.Bergon,
eteonsidere
leLauderia
Schroderi,comme synonyme de L.
delicatulaH.
Per.Mais
ladenomination nouvelle
est accueilliedans
leNor-
disches
Plankton
(1905)par H. H. Gran,
qui decrit 1'especesous
lenom de Detonula
Schroderi,avec
les caracteresmorpho-
logiques
et les dessinsde
Br.Schroder. Dans
lasynonymie
figure
non seulement
leLauderia
delicatulade Schroder,
cequi
est tout a fait logique,mais
aussi I'ancienDetonula
delicatulade Gran 1900 (= Lauderia
delicatula Peragallo), ce qui estparfaitement
contradictoire, l'opposition entre lesdeux
especesetant la seule raison d'etre
de Finnovation
introduite parP.
Bergon.
C.
H.
Ostenfeld et G.Karsten
paraissent avoir accepte sansrestriction le
groupement systematique elabore par H. H. Gran,
*
et
mentionnent
leDetonula Schroderi dans
diverses recoltespelagiques
desmers
orientales.H. Peragallo
a eteencore
pluscategorique
2 .Non seulement
il
a admis
la validitedu D. Schroderi
(P.Bergon), mais
il amaintenu Fautonomie de son Lauderia
delicatula et protesteenergiquement
contre lerapprochement
etablidans mon Memoire
de
1905.J'ai
done
repris cetteetude
surFabondant
materielprovenant de mes
recoltespelagiques de
Cette, et je Faisoumis, en meme
temps au
controlede H. Peragallo lui-meme. Le
treseminent
diatomiste
a
bienvoulu
reconnaitre 3 la legitimitede mes
reserves et a
retrouve dans mes
echantillonsexactement
sonLauderia
delicatula primitif, «dont Fexcavation
centrale etFepine
luiauront echappe quand
il anomme Fespece
».La
situation estdone bien
claireaujourd'hui.Tous
les auteursinteresses,
depuis H. Peragallo
(1888)jusqu'a G. Karsten
(1907),
out eu
affaire aune
seule etmeme
espece,dont
la par-faite
connaissance morphologique ne
s'est edifieeque peu
aP
Le
Schroderella delicatula^repandu dans
lesmers temperees
1. Pavillard (J.), Recherches sur la flore pttagique de VEtang de Thau j
Montpellier, 1905.
2. Peragallo (H.), Diatomtes marines de France, 1897-1908, p. 456.
3. Peragallo (H.), in litt., 17 fevr. 1912.
J. PAVILLARD. OBSERVATIONS SUR LES DIATOMfiES. 129
forme
deschaines
cylindriques droites, assez solides et rigides,mais souvent
dissocieesen
cellules isoleespar
la dessiccation.Les dimensions
cellulaires varient entre40
et100
4
u pour
lalongueur,
16 et30
jj.pour
le diametre.La
partie cylindriquede
lamembrane
estnettement
annelee,les
anneaux ayant
laforme
caracteristiqueen
«faux
col »,si
frequente chez
lesDiatomees
pelagiques.Chaque anneau,
fine-a
5^c
3
I
—
u»
A B C
Kig. l.
—
A, Schroderella delicatulazosolenia fragilissima.
—
Gros. : En a, fragmentd'ornementation.
—
B, C, Rhi-A, "30 diam.; B et C, 600 diam. (environ).
porte
generalement
4rangees
dequinconce.
presq
tement
inflechies a lamarge. La
fossette et l'epine centraleont ete
parfaitement observees par
IQuant
ba
guettesmarginales,
elles n'ont eteexactement
decritespar aucun
auteur.Chaque pore marginal donne
issue adeux cordons
gelatineux (?)egaux
et divergents, articulespar
leursextremites avec
lescordons correspondants
issus desdeux pores
les plus voisins surla
valve
contigue.L'ensemble forme une
ligneen
zigzag tres130 »' SEANCE DU 28 FfiVRlER 1913.
par
que
aucun
point.Cette disposition est aussi exceptionnelle
que Tepine
centrale et n'existe
chez aucune
autreDiatomee pelag
coexistence de
cesdeux
caracteres justifie la creationdun
genre nouveau,
legenre
Schroderella, aussi eloigne des vraisDetonula que
desLauderia;
je suisheureux de
le dedier a l'auteur qui a le pluscontribue
a saconnaissance
precise.Ce genre ne comprend
jusqu'iciqu'une
seule espece,S.
delicatula,dont
P.Bergon
atrouve
lesendocystes
(1903) et Br.Schroder
les
auxospores
(1906).Quant au Lauderia pumila Castracane,
il estdouteux qu'on
arrive a s'eclairer sur sa veritable identite.
D'autre
part leLauderia punctata Karsten
(1907) doit etrenom me Detonula
punctata,
Tabsence de piquant marginal impair
ayant,nous
lesavons,
lavaleur d'un
caracteregenerique
differenliel.Rhizosolenia fragilissima P.
Bergon.
Syn.
:Rh.
delicatulaOstenfeld non
Cleve,1903; Rh.
fae-roensis Ostenfeld,
1903; Rh.
fragilissimaGran, 1905; Rh.
pellu-cida
Schroder,
1911.L'histoire
de
cetteespece
estpresque
aussiembrouillee que
celle
de
la precedente.Etudiee d'abord par
Fr.Schutt
(1900)sous
lenom de
Lepto-cijlindrus danicus, elle a ete
bien
caracteriseecomme
especeautonome
etsoigneusement
distingueedu Rhizosolenia
delica-tula Cleve,
par
P.Bergon (1902-1903),
d'apres lesmateriaux
recueillis
sur
les cotes deBretagne
etdansle
bassind'Arcachon.
La meme Diatomee rencontree dans
lamer du Nord, en
compagnie d'une espece
nouvelle,Rh.
faeroensis, estencore
signalee
en 1903 par
C.H. Ostenfeld sous
lenom
fautif deRh.
delicatula Cleve.Cette
confusion aura dans
la suite les plusfacheuses
conse-quences.
Des
l'annee suivante,en
effet,H. H. Gran
rectifieen
partieO
f
f<
fragilissima.
Les
J. PAVILLARD. OBSERVATIONS SUR LES DIATOMfiES. 131
dit-il,manquent de
nettete, se reduisant a la difference deforme
exterieure et
de
repartition deschromatophores.
Au
lieude
s'enrapporter aux
figures excellentes deBergon, Fauteuf
utiliseen
effet le seul dessinminuscule
d'Ostenfeld,ou
leschromatophores sont agglomeres autour du noyau;
il considereifiq
aussi accidentel
que
frequentNor
(1905), toute reserve estdelaissee;
H. H. Gran decritseparement Rh.
faeroensis etRh.
fragilissima,com me
especes distinctes.II
donne cependant du Rh.
faeroensis des figures originates quiressemblent etrangement aux
dessins primitifsde Bergon.
Des deux
seuls caracteres distinctifs invoques, le premier,relatif a la
grandeur
des cellules, est sansaucune
portee; tousles specialistes
connaissent en
effet l'extreme variability desDiatomees
pelagiques,quant
a lavaleur
absolueou
relativede
leurs diverses
dimensions.
Le second
est pireencore
: il estinconcevable que Ton
puisse
considerer comme
caractere specifiqueun phenomene
pathologique
aussibanal que
la systrophe.Induit
en erreur par
cettediagnose
fautive, Br.Schroder
acru devoir
encore
toutrecemment
creerune espece
nouvelle,Rh.
pellucida,dont
la description s'adapte,mot pour mot, au
Rh.
fragilissimatype de Bergon.
>La comparaison
critique desdiagnoses
et des figf
faeroensisOsten
feld, et
Rh.
pellucidaSchroder
sontune
seule etmeme
espece;les seules differences
concernent
lesdimensions
cellulaires,sys
d
par
dessiccation apres traitement pdiametre
la structureannelee
decritepar
Ostenfeldpour son Rh.
faeroensis; lesanneaux,
tres reguliers,mesurent environ
4 txde hauteur;
jenai pu
distinguer d'autres detailsdans
lamem-
bran
dChsetoceros Dadayi
n. sp.Parmi
lesDiatomees pelagiques
nouvelles, decritespar
P. T..
Cleve en
1897, se trouve le Chsetoceros tetrastichon,132 STANCE
DU
28 FfiVRIER 1913.recolte
dans
l'Atlantiquetempere. La diagnose
est courte; lesdessins tres
mediocres,
reproduitsen 1905 par H. H. Gran dans
}e
Nordisches Plankton, representent
leslongues cornes
cellu-laires
comme
toutesde meme epaisseur
et orientees vers le bas.En 4900,
Br.Schroder rencontre dans
la baiede Naples une
Diatomee
qu\il identifieavec Tespece de Cleve; mais
il cons-tate, entre les
cornes de
la plupart des chaines, lapresence d'un organisme animal
qu'ilne
reussitpas a determiner.
Ayant retrouve
lameme
associationdans TEtang de Thau,
Fig. 2. A. Chaetoceros tetrastichon; B, Ch. Dadayi. nov. sp.
265 diam. (environ).
Gross
j'ai
montre, en 1905,
Tidentitede
cetorganisme avec
le Tin-tinnus inquilinus figure
dans
laMonographie
des Tintinno'idesd'Eug. Daday.
La
confrontationdes
dessinsde Cleve
etde Daday montre
qu'il s'agit
en
realitede deux especes parfaitement
distinctes.Une
seulemerite de garder
lenom de Ch.
tetrastichon', je pro-pose pour Fautre
lenom de Ch. Dadayi, en Fhonneur du
savant
naturalistede Buda-Pest.
Les deux
especes sontegalement
associeesavec
lememe
1
Tintinnus
inquilinus;mais
leCh. Dadayi
estbeaucoup
plusrepandu
et plusconstant que
leCh.
tetrastichondans
leseaux
de
laMediterranee
occidentale..1. PAVILLARD. OBSERVATIONS SUH LES DIATOMftES. 133
L'un
etTautre de
chaines tricel-lulaires,
mais
ledeveloppement
etFomentation
des cornes sonttres differents
dans
lesdeux
especes.Pour
lacommodite
de la descriptionnous appellerons
face ventrale la paroide
la chainediatomique en
contactavec
lacoque du
Tintinnus. Cette dor-siventralite
conventionnelle permettra de
distinguerun
cotedroit et
un
cotegauche dans chaque equipage symbiotique.
Dans
le Ch. tetrastichon type, lesdouze cornes
sont egale-ment developpees,
toutes inflechies vers le bas et plusou moins
disposees
par groupes dans
des plansmeridiens perpendicu-
laires entre eux.
Les
dessins,un peu
fantaisistes, deA. Schweyer
ne
laissentaucun doute
a ce sujet \Dans
le Ch. Dadcuji, toutes lescornes du
cote droit sont plusou moins
atrophiees, et toujours reduites a de courtes baguettes flexueuses,depassant
a peine lacoque du
Tintinnus.Les
six autres, cellesde gauche,
sont tr&s developpees,epaisses, rigides, herissees
de
soies etterminees en
pointe.La
premiere
et la derniere s'inflechissent vers le bas.Dans
lesdeux
couples
intermediates, Tune
descornes
(anterieure) est egale-ment
orienteeen
bas; l'autre estbrusquement arquee en
sensinverse, et dirigee
en
haut,conformement au
dessin,par
ailleurs
rudimentaire,
d'Eug.Daday. Les
chaines Iricellulairesnormales
ontdone quatre grandes cornes
dirigeesen
bas etdeux
en
haut, toutes plusou moins
parallelesau
planmedian.
Dans mes
recoltesde novembre
4912, particulierement richesen
colonies desdeux
especes, j'aipu observer
la multiplication vegetative, realiseed'une maniere
identiquedans
lesdeux
cas.Les
colonies pretes a se diviser sontformees de
six cellules,et se desarticulent
en
leur milieu; lachaine
anterieuredemeure
adherente au
Tintinnus-,Tautre en
est affranchie. Mais, parsuite
du mecanisme de
division transversale desDiatomees,
lesdeux
colonies filles sontexactement
construites de lam6me
maniere;
ily
adone, en quelque
sorte, preadaptation heredi-taire des
chaines diatomiques
a lasymbiose;
lemecanisme
dissociation avec
leTintinnus demeure malheureusement
encore inconnu.
1.