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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

(2) r v. /.

(3) i. 4. ^' \. \ \-. }. A .. 'V..

(4)

(5) ljt<.. }j».

(6)

(7) rj. !. i t^ ". L'AME NUE.

(8) IL. A ETE TIRE. 30 exemplaires sur papier de Hollande.. Prix. :. 7 francs.. Et 10 exemplaires sur papier du Japon. Prix. Paris.. — Imp. E.. Capiomont. :. 12 francs.. et Y.. Renault, rue des. Poitevins, 6..

(9) U. Ht.'-. EDMOND HARAUGOURT.. i;ame nue Regardez en vous comme votre juge vous regarde, et voyez ce qu'il y voit ce nombre innombrable de péchés.. :. BOSSUET.. TavTa.. Marcus Aurelils Antoninus.. PARIS (i.. CHARPENTIER ET 13,. C'%. ÉDITEURS. RUE DK r.RENELLE, 13. (œ^,.

(10) '. 7 />. .. EX'2^.

(11) LA VIE EXTÉRIEURE LES LOIS. —. LES CULTES. —. LES FORMES.

(12)

(13) LES LOIS. LE BUSTE. A. CHARLES LECONTE DE LISLE. Là, descendu pour moi de cent milliers de lieues,. Un. rayon de. Et verse. la. lune entre, glissant au mur,. la fraîcheur. Sur un buste qui. Et. ma chambre. de ses caresses bleues. luit, tout seul,. dans. s'emplit de la froideur. Tandis que lumineuse. et roide. l'air. obscur.. du marbre,. en son ennui,. Levant son cou plus minceet plus droitqu'un jeune arbre,. La vierge aux. reflets clairs se. dresse dans. la nuit..

(14) LA VIE EXTERIEURE.. Or, toujours. elle est là,. comme une. Fixant ses regards blancs sur. Témoin. lit. sous. Elle sait. et qui. mes. Et j'entends. ((. juge avec tranquillité.. mon masque regrets et. Elle connaît les. —. Garde dans ton cœur. la chair m'insinue,. Tant. Pour. de ses yeux morts. de. fier le. triste. Montre à tous comme à moi Déshabille ta vie et. nue.. compte mes remords,. les conseils couler. et. mon âme. et voit. vœux que. Superbe de cynisme. «. impureté,. silencieux de chaque défaillance,. Qui m'écoute. Elle. mon. conscience,. le. dégoût du mensonge. impudeur,. cancer qui. te. ronge. fais voir ta laideur.. pis si l'on te. hue. :. et si la foule. infâme.. se punir sur toi te choisissant martyr.. Vient souffleter son âme au miroir de ton âme. Le monde ne vaut pas qu'on daigne. lui. mentir.. !. ;. !.

(15) LKS LOIS.. «. Mentir, c'est dégrader ses \ices et sa honte!. Tout nu,. Dans. niarclie tout. les tentations. nu. que. !. Sois l'apôtre du vrai;. ta faiblesse affronte,. Défends à ton orgueil de dire:. «. « Je vaincrai. ». Pauvre néant! Héros d'hier! Combats sans. Combats encore, après avoir Baigne dans. Qui. sait ce. «. Tout. Il. dort. Qui. le. ;. fait. l'idéal les. tant combattu. mal. est. ta. !. vertu?. en vous, dans des recoins intimes. mais l'égoïsme est un sourdre. !. splendeurs de ton rêve. que demain fera de. tr«*ve. le. germe. soleil. puissant. intérieur des crimes:. L'âme de tout l'Enfer nage dans votre sang!. c(. Il. L'homme. est lâche, pétri de luxure et d'envie. est traître et voleur, assassin. s'il le. faut!. Et pas un seul n'est sur, quelle que soit sa vie,. Do ne jamais. porter sa tête à l'échafaud. i.. :.

(16) LA VIE EXTERIEURE.. «. Chaque. désir coupable est. un pas vers. chute. la. :. L'austérité des bons devrait hurler d'effroi,. Car. La. la volonté s'use. seule force. « Il court tant Il. aux longueurs de. humaine. est d'avoir. de poison dans. l'air. la lutte. que tu respires. entre tant de mal dans le bien que tu fais. Les meilleurs d'entre vous sont. les frères. Et votre probité confine à leurs. forfaits.. «. Donc, tiens haut ton mépris de toi-même. Contemple. les. méchants sans haine. Sois doux aux scélérats. :. ;. peur de soi!. !. !. des pires,. et des autres. et sans. courroux. ;. ;. leurs cœurs, ce sont les vôtres,. Et nul n'est assez pur pour pousser leurs verrous.. «. Ce qui. les a. hantés vous hanterait peut-être. Si l'idée en flambait sous vos crânes malsains. Et devant. la justice infaillible. ;. du maître.. Les plus grands criminels sont tout près des grands. saints. !. ».

(17) LES LOIS.. L'IMMUABLE. A. Ah. !. les. mondes. AUGUSTE SAINTE-BEUVE. éteints et les globes détruits. !. Hrve, et nombre la poudre innombrable des astres Qui, croulant tour à tour dans. Ont fécondé. les cieux. chaos des nuits,. en semant leurs désastres. Tout passe au vent des jours. La mort. le. !. Lorsque. les. !. temps sont mûrs,. vient balayer les cités jadis pleines. Qui couvraient l'horizon des ombres de leurs murs,. Et qui peuplaient de bruit Timmensité des plaines..

(18) LA VIE EXTERIEURE.. Les bois qui s'étageaient sur S'affaissent; l'Océan. la. submerge. pente des monts les prairies,. Tandis que, surgissant du sable. et. des limons,. Les continents nouveaux sortent des mers. Les pôles dégelés roulent vers. le soleil. taries.. ;. Les dieux qu'on adorait sont remplacés par d'autres. Les empires houleux s'endorment sans Et. les cultes vieillis. Les. lois. Un. fleuve de. ;. réveil,. lapident leurs apôtres.. chassent les. lois. dont un peuple. mépris vient en laver. Nous punirons demain. était fier. les traces. ;. :. ce qui fut juste hier.. Et nos propres vertus feront rougir des races.. Chaque. Le. fleur qui fleurit porte déjà. vrai n'existe pas. :. son deuil. nous changeons. ;. et tout. change.. L'immortel n'est qu'un mot créé par notre orgueil. Rêvant pour oublier. qu'il est. né sur. la fange..

(19) LES LOIS.. Tout,. Ce qui. les. masses sans. fut notre. nom. amour ou. L'œuvre de notre esprit. le cercle. qui. fit. comme. Tout revient au néant qui. Et. et les fronts radieux,. notre envie,. l'œuvre des Dieux,. doit nourrir la vie!. éternel tourne dans Tinlini,. Entraînant sans repos. la. matière et. les. formes.. Et toujours, puis encor, l'imivers rajeuni Nait pour mourir et meurt pournaître, au gré des Normes.. Seule, et fière, et debout, sans ployer devant rien,. Au. milieu du fatal effondrement des âges,. La Raison nous regarde Et sereine, immuable,. hésiter vers le bien.. elle. compte. les sages..

(20) LA VIE EXTÉRIEURE.. 10. CHANSON A BOIRE. Par Bacchus. et. Noé, je crois que je suis ivre. J'aurai donc, pour. Reconquis mes Et posé. ma. un. gaîtés,. soir,. connu l'amour de. mes douceurs. et. du. croix lourde aux rochers. ma. !. vivre,. foi,. calvaire.... — Or, pourquoi? Pour un peu de mousse dans du Et. ma. je deviens meilleur. pensée. !. que moi. Orgueil unique de. Que vaux-tu donc,. si. verre.. !. mon. être. !. tout te fait changer ou naître?. C'est toi qui rutilais dans l'éclat des cristaux. Et scand^iis en chantant. le. hoquet des bouteilles. ;. C'est toi qui mûrissais dans les grappes vermeilles. Sur. le flanc lointain. des coteaux!.

(21) LES LOIS.. 11. Aux mois d'automne, aux mois rubiconds des vendanges, C'est. mon cœur qu'on foulait dans les pressoirs des granges. Et quand. Sous. pulpe des fruits qui bout au fond des cuves,. la. Quand. intime et chaude crépitait. la vie. l'air. mon. C'est. Mon. rêve. Dieu. les. lourd des hangars se saturait d'effluves,. !. rêve qui fermentait.... que j'héberge. Fils bâtard des forces. accouple en moi. comme dans une. !. auberge,. Puis, né de la matière aveugle et du hasard,. Un Et. feu court dans libre,. le. Je suis moyen le. comme un. torrent de lave.. mon. crâne d'esclave.. brasier de l'art. volonté, néant, et. Je suis. sang. en moi, sans moi, sous. S'allume. Ma. mon. ;. mes. !. cultes,. je suis la brute. fumée. désarmée. point fatal où s'accomplit la. !. ;. loi,. Furtive éclosion d'un germe involontaire.. Atome, inconscience errant dans Rien n'est à moi, pas. le. mystère. même moi. !. :. ;.

(22) LA VIE EXTÉRIEURE.. 12. Semblable au bois qui brûle, au bruit vain des tempêtes,. Aux nuages, aux. blés fauchés, semblable aux bêtes,. Je tourne dans. roue immense du destin.. la. Je vais sans voir. Et. plaît. s'il. Mon. Me. du. soir. au matin. corps se renouvelle avec. Je nais. et. tient. Je suis. ma. au zéphyr d'écraser. C'est fini. du brin d'herbe;. je suis le frère. :. superbe.. !. le. vent qui passe. meurs un peu chaque jour,. comme. la. mer. la goutte d'eau. tiendrait. dans. le. ;. et l'espace. un grain de. sel.. déluge énorme. ;. Je suis un des creusets sans nombre, où se transforme L'être de l'Être universel.. Et. —. j'ai. beau m'épuiser à crier vers. les. nues. :. Soleils des cieux profonds, planètes inconnues,. c(. « J'arrive,. « J'ai. attendez-moi. soumis. — La terre Et. la. fait. la terre. :. car j'étouffe ici-bas. matière et ses. mûrir. le raisin. lois. à. dans. ne m'entend pas.. mon. ;. signe. ma vigne. !. ».

(23) LES LOIS.. Mais. Où. elle. 13. va sonner, l'heure des glas funèbres. Torgueil dessillé voit clair dans les ténèbres. :. Les Règnes, doucement, reprendront mes lambeaux Ils. en feront des fleurs pour nourrir. Et. mon. sang rajeuni coulera dans. Pour. les abeilles,. les treilles. griser des peuples nouveaux. !. ;.

(24) LA VIE EXTERIEURE.. LA RÉPONSE DE LA TERRE. A HENRI. J'ai crié vers la. Terre. Déesse de nos dieux,. Toi qui. « Aïeule, ô. toi la. Rhée. fais refleurir les bleuets. Et susurrer. «. :. BOULEY. la. Qui nourris. ta sève. les. Et qui berces. le. aïeule!. et ITsis,. dans l'éteule. source au fond des oasis. Toi qui donnes aux nids. Et qui \erses. bonne. dais. ;. mouvant des feuilles^. aux arbres jaunissants. ;. oiseaux des graines que tu cueilles,. les. mers entre. tes seins puissants. !.

(25) LKS LOIS.. prends en. « Pitié,. pitié les. martyrs que nous sommes:. Notre effort épuisé trébuche à chaque pas. Aïeule, est-ce que tout souffre autant que les. — Mais. «. la. Terre m'a dit:. Ai-je compté les fleurs,. Les formes de Les. la chair,. «. les. Rien. !. Et je ne. sais rien. Pas plus que tu ne. connais pas.. mouches,. les. nuages,. des plages?. le sable. Et qu'es-tu donc, sinon leur frère. <(. te. des plantes, du métal,. du \ent, l'écume ou. cris. Je ne. hommes?. et leur. égal?. de ceux que je renferme,. sais l'angoisse. ou. les gaîtés. Des millions de corps qui vibrent sous ton derme. Infiniment petits. et. « J'ignore tout, les. toujours habités. noms. et le. I. nombre des. Qui pullulent de moi pour courir sur mes Et. mon. De ceux. races. flancs,. indiflërence efface jusqu'aux traces. qui sont passés depuis cent fois mille ans. !. ».

(26) LA VIE EXTÉRIEURE.. 10. —. J'ai crié vers la. marâtre!. Au Et. «. de. râle si. Du tes. moins,. fils. si. « Aïeule, ô. :. ton cœur reste clos. écrasés sous la meule,. si c'est. — Mais. la. est caché. bien. fini. dans. quand. Terre m'a dit:. « N'être plus. !. la nuit. du. trépas.. la chair est. dissoute? ». Ta mort. n'existe pas.. «. Vanité d'un germe qui croit vivre. Présomption d'atome errant dans Orgueil stupide et fou. «. :. diras-tu quel est le terme de la route,. Quel mystère. Ce. dure aïeule. ton vieux mépris n'entend pas nos sanglots. Nous. Et. Terre. !. le plein ciel. Rêve de frelon. ivre. !. !. !. n'est pas toi qui vis, c'est l'Être universel.. L'Être. total,. matière et force, esclave et maître,. L'immortel incréé,. En Car. le. Dieu,. le seul vrai. Dieu,. qui rien ne saurait venir ou disparaître il. est infini. dans. le. temps. et le lieu. !. !.

(27) LES LOIS.. « Seul,. Un. il. Le Dieu Il. «. qui. soleil. et. La Mort,. Le passage. La. <(. s'effrite,. un homme qui s'endort?. sent palpiter sa vie. respire,. C'est le. Et que font un brin d'herbe qu'on mange,. vit.. énorme. son souffle est. c'est la. fait. :. il. change,. avec la Mort.. formule unique de. la. Vie,. alterné des corps dans d'autres corps.. mouvement calme. et. dont rien ne dévie,. résurrection des faibles dans les forts.. C'est la rajeunissante et la réparatrice.. Aurore après. le. jour, printemps après Tété. La mère inépuisable Dont. le travail. « C'est la. et l'auguste nourrice. fécond peuple réternilé.. chaîne d'amour. C'est par elle. que tout. et. d'hymen qui nous. lie. se fond et se confond,. Naît, se croise, renaît, court et se multiplie,. Dans. les. bouillonnements de l'espace sans fond..

(28) LA VIE EXTÉRIEURE.. J(S. « Elle accouple, elle brise, elle épure, elle. Nous sommes tous égaux pour Qu'un globule de sang dans. Un. les. elle, et je. veines. émonde. ;. ne suis. du monde,. point d'ombre dans l'ombre insondable des nuits.. « Je m'éparpillerais. dans. Sans troubler un instant dont je suis. la. la paix. de l'ordre ancien,. quinzième semence,. Et. l'astre. Le. Soleil s'éteindrait sans. la. poussière immense,. que rien en sût rien. !. ».

(29) LKS LOIS.. !•>. L'ÉTAPE. 1^. terre incandescente a rugi dans l'abîme. Où. tournoyait la ronde ardente des soleils,. J'étais.. Et dispersé, nombreux,. mon. être infime. Bouillait dans les bouillons vermeils.. J'ai. couru dix mille ans dans. Chassé du Nord au Sud. et. Et roulant au hasard dans. Comme. le cycle. des choses,. de l'Ouest au Levant, les. métamorphoses. un grain de poussière au vent..

(30) LA VIE EXTÉRIEURE.. 20. J'ai. Et. vécu dans. comme. la vie. immense. saint Lazare exultant. mon. Je renaissais de moi dans. multiforme. et. ;. du tombeau,. cercueil énorme,. Toujours épars, toujours nouveau.. Poudre innomée, essence. instable et. Les nuages m'ont bu,. volcans m'ont craché.. les. Éphémère immortel dans Tour. Mon cœur Ma. la. vagabonde. masse du monde.. à tour visible et caché. !. errant et froid s'est lige sur les pôles;. chair torride a cuit au brasier des déserts. ;. Les Atlas m'ont senti neiger sur leurs épaules L'aigle. J'ai fleuri. Et. le. m'a traîné par. dans. mon âme. Je fus. !. les airs. les tleurs, j'ai. ;. !. chanté dans. les brises.. a vibré dans les blés des moissons. duvet chaud dont. les fauvettes grises. Ouataient leurs nids sous les buissons.... ;.

(31) 21. LES LUIS.. J'ai fait l'azur. de. l'air et la. pâleur des brumes;. Mon. sang, dans l'eau du fleuve, a courbé les roseaux.. Et. mer a. la. Avec tous. Dix mille ans. Dans Dix. écumes. salé ses flots et ses les sels. j'ai. de mes os.. vagi dans l'ombre et la lumière,. meut. tout ce qui se. fois mille ans,. depuis. et. ma. Dix mille ans de lutte. — Pour venir à. la fin. dans tout ce qui dort! jeunesse première. et d'efl'ort!. coucher. mon. femme, sous ton pied méprisant Et plonger dans L'essor de. le ciel. mon. I. frond stupide,. et banal,. malsain de ton œil vide. rêve idéal. I.

(32) LA YJE EXTÉRIEURE.. LES ATOMES. A. Rien. Nul. n'était.. FERNAND ICRES. Le Néant. s'étalait. frisson n'annonçait. dans. la nuit;. un monde qui commence. :. Sans forme, sans couleur, sans mouvement, sans bruit.. Les germes confondus. Le. flottaient. dans l'ombre immense.. froid stérilisait les espaces sans fin. ;. L'essence de la vie et la source des causes. Sommeillaient lourdement dans. L'ûme de Pan nageait dans. la. le. chaos divin.. vapeur des choses..

(33) 23. LES LOIS.. L'originelle Mort, d'où runivers est né,. Engourdissait dans l'œuf l'innomable matière. Et, sans force, impuissant,. Pesait dans. l'infini. Soudain, sous. l'œil. le. Verbe consterné. son (puvro tout entière.. de Dieu qui regardait sans but.. Frémit une lueur vague de crépuscule.. L'atome. vit. l'atome. ;. il. bougea. Et du premier baiser naquit. la. :. l'Amour. fut,. molécule.. Or, l'Esprit, stupéfait de ces accouplements. Qui grouillaient dans l'abîme insondé du désordre, Vit, dans la profondeur des. nouveaux (irmaraents,. D'infimes embryons se chercber. et se. mordre.. Pleins de lenteur pénible et d'efforts caressants,. Les corps erraient, tournaient. L'Amour. et s'accrochaient,. inespéré subtilisait leurs sens. La lumière. sansnoiubre,. ;. naissait des frottements de l'ombre..

(34) LA VIE EXTERIEURE. Et. les aslres. Chaudes Les. splendeurs. germaient.. affinités. matins. !. des êtres et des formes. soleils s'envolaient. !. !. sur les orbes lointains,. Entraînant par troupeaux. les planètes. énormes. !. Des feux tourbillonnants fendaient l'immensité, Et. les. Leurs. sphères en rut roulaient leurs masses rondes flancs, brûlés. d'amour. et. :. de fécondité,. Crachaient à pleins volcans la semence des mondes.. Puis, les éléments lourds s'ordonnaient, divisés. Les terres s'habillaient de roches. et. de plantes. :. ;. L'air tiède enveloppait les globes de baisers,. Et les mers aux flots bleus chantaient leurs hymnes lentes. C'est alors qu'au milieu. Debout,. fier, et. du monde. criant l'éternelle victoire,. Chef-d'œuvre de l'Amour,. — Et Dieu. épais et brut.. l'être vivant. parut. !. sentit l'horreur d'être seul dans sa gloire..

(35) LES LOIS.. CLAIR DE LUiNE EMILE GUITER. A. Jadis, aux jours. du Feu. quand. ,. Roulait son bloc fluide à travers. la. Terre, en hurlant.. le ciel. blanc,. Elle enfla par degrés sa courbe originelle.. Puis, dans. un. \aste effort, creva ses flancs ignés.. Et lança, vers. le flux. des -mondes déjà nés,. La Lune qui germait en. elle.. Alors, dans la splendeur des siècles éclatants.. Sans relâche, sans. La mère,. ivre. fin,. à toute heure. d'amour, contemplait dans sa force. L'astre enfant qui courait Il. flambait.. Et. du temps,. Un. pétrifia. comme un. jeune. froid vint l'engourdir de. son écorce.. soleil. sommeil. :.

(36) LA VIE EXTÉRIEURE.. 26. Puis, ce fut l'âge blond des tiédeurs et des vents. La Lune. se peupla de. murmures. vivants. :. ;. Elle eut des mers sans fond et des fleuves sans nombre,. Des troupeaux, des. cités,. des pleurs, des cris joyeux;. Elle eut l'amour; elle eut ses arts, ses lois. ,. ses dieux,. Et, lentement, rentra dans l'ombre.. Depuis, rien ne sent plus son baiser jeune. La Terre Tout. qui. est nu.. Et l'on. vieillit la. Mais,. et. cherche encor là-haut. le soir,. dirait, à voir sa. chaud. ;. :. passe un globe éphémère.. forme errer sans bruit.. L'âme d'un enfant mort qui reviendrait. Pour regarder dormir. sa mère.. la nuit. jj.

(37) K. LES LOIS.. L\\GONIE DU SOLEIL. A. La Terre Mars. et. est. GUY DE MAUPASSANT. morte; morts Uraïuis. Vénus, Pallas, Mercure. Tous morts. :. et. dans Teiïroi de leur route nocturne,. Dans leur pâleur cendrée,. Et. le feu. Tétlier.. gravitent encore,. ils. soleil leurs cycles. l'aïeul qui n'a plus l'espoir. Sent. Saturne;. et Jupiter,. Les spectres sidéraux gravitent sur. Rapprochant du. et. somnolents;. d'aucune aur ore. génital s'éteindre dans ses flancs..

(38) LA VIE EXTÉRIEUR1<:.. 28. Horreur. !. Voici grouiller sur lui l'âpre vermine. Des océans, des bois. Un Et. et des vivants furtifs. ennui moribond l'attardé le. ;. il. :. s'achemine,. vent frais l'endort dans des râles plaintifs.. Qu'ils sont loin, les soleils. !. Comme c'est froid, les brises. Et l'énorme mourant contemple avec mépris. Le fantômal troupeau de. ses planètes grises. Qui tournent mornement autour d'un grand. ciel gris.. !.

(39) LES LOIS.. 29. L'OCÉAN. A. —. C'est. rOcéan. La mer,. la vaste. Où vogue. î. FRANÇOIS COPPÉE. Vois-tu déferler les étoiles,. mer immobile. avec ennui,. comme un. La lune, nef (rargent qui. Loin. I. à. nos yeux, vaisseau sans voiles,. glisse sur les cieux?. Vois-tu poudroyer, très loin, des vapeurs blondes,. Tourbillon d'astres clairs dans les gouflVes vermeils. Flot dont l'écume ardente est faite avec des mondes,. Houle insondable où bout. la. mousse des. soleils?.

(40) LA VIE EXTÉRIEURE.. 30. Regarde! L'ombre bouge... Entends-tu. Le. que font ces milliards de bruits?. silence. Tout. le silence,. se tait. :. c'est la. mer. astrale qui s'élance. Et gronde immensément dans l'abîme des nuits.. Viens. !. Monte. !. Enlève-toi sur la crête des \agues,. Pareil aux alcyons emportés dans leurs nids. — Oh!. !. là-haut, oh! là-bas, indéfiniment vagues,. Je vois des golfes d'or sourdre des. infinis.... — Viens! — J'aipeur! —Cette lame, ônain,c'estla première, La. seule dont notre œil devine les. C'est là, mais c'est. Court des. — Loin! Un. :. il. qu'un rayon de lumière. perspective innombrable et confuse.. tranquille brouillard. — Passe A. la. loin. :. avant d'arriver jusqu'à nous!. siècles,. Dans. si. remous. est si. commence. à s'azurer.... profond que l'Éternité s'use. brûler des soleils sans pouvoir l'éclairer. !. À.

(41) LES LOIS.. ^\. — Des mers! Des mers! —Ce n'est qu'un refluxde comètes Passe. — Nul horizon La mer moutonne encor... I. Et des mers! Et partout, sous nos pieds, sur nos tètes,. Tournoie. et s'élargit le. monstrueux décor. — Ce n'est qu'un point du. ciel et. qu'un. Marche, tu n'as rien vu, marche.. Quand donc trouverons-nous. — Cours. Va. chiffre du. — Je. la fin, les. nombre. suis fourbu. temps d. le feu. ins l'iiilini. !. :. murs de l'ombre?. mille fois mille ans et tu n'auras rien vu. rinlini de. Toujours. !. !. d'espace!. des feux gronde et rugit sur toi:. Et tout s'entraîne,. fuit, disparaît, vient,. Et roule éperdument dans. les. vents de. repasse. la. Loi. !. Et tout peuplé, vivant, pensant, créant des rêves.. Lançant des. cris d'espoir et des soupirs. Aimant, souffrant, croyant,. Sans. et. de deuil.. sans buts, et sans trêves.. rien savoir, sans rien voir.... — Et. j'ai. de l'orgueil!.

(42) à.

(43) LES CULTES. LE CHANT DU DEPART. (Chantez, chantez la patrie. Chantez.. Oh. !. les. — Un corbeau. fils. !. vole autour de son blason:. derniers-nés de la race appauvrie,. Dépravés de vertus, de vice. et. de raison. !. C'est l'heure de pleurer sur la gloire latine.. Aux Barbares! La mort nous J'entends. le. veut, la. mort s'obstine. bruit des pas qui tremble à riiorizon.... Chantez, chantez. la. patrie. !.

(44) LA VIE EXTÉRIEURE.. 34. Chantez.. — Voici. Temples,. Dans. venir l'ère des longs repos,. la forêt. Et. sable le. !. Le. croulé; le vent crie. qui houle où claquaient vos drapeaux.. Carthage, ô Sion. Du. murs ont. palais, les. !. Ninive et Babylone!. chacal hurle dans le cyclone,. pâtre tremblant éloigne ses troupeaux.... Chantez, chantez. Chantez.. la patrie!. — L'Océan blême a bondi sur. L'Atlantide surgit de la. Des archipels de glace. La barque. et le. mer qui. et. monts. :. charrie. des flux de limons. !. requin glissent sur les collines,. Et nos dieux sont couchés dans. Où. les. le corail fleurit. les. mousses salines. entre les goémons.... Chantez, chantez. la patrie!.

(45) LES CULTIiS.. — La. Chantez.. Terre. est. morte. Les volcans sont éteints et la Plus Et. d'air,. le ciel. C'est la. Et. la. :. il. mer. 3o. fait froid,. est tarie. il. fait. ;. plus de couleur, rien ne bouge, nul bruit,. uniforme a des teintes de cendre.. fin. nuit. :. le Soleil. Terre descend,. nous regarde descendre. et le Soleil languit.... Chantez, chantez. la i)atrie. ;.

(46) LA VIE EXTÉRIEURE.. 36. 1. CONSEIL DU MAITRE. A. L'hommeadit Vos. Où. A. lois. la. LUCIEN. ROSSELET. :« Je défend s, » où j'avais dit: «Je veux. ». ont raturé les mots du livre austère. Mère. éternelle avait écrit ses vœux.. force d'idéal vous dépravez la terre. ;. Vous. créez des vertus que. dément. Et. nature en deuil a. par se taire.. la. fini. la raison..

(47) LES CULTES.. Assez,. (ils!. est. Il. 37. temps d'élargir l'horizon:. Voici les jours virils où la révolte gronde. Et l'esclave vengé sort roi de sa prison. !. Crie et frappe à ton cœur, jusqu'à ce qu'il réponde. Quand. il. ;. aura parlé, marche vers ton devoir. Sans souci de. la foule et. sans crainte du monde.. Va-t'en, froid. comme un. dieu, sans entendre, sans voir. Les enfants. Tout. droit. Ose avoir. !. et les sots riront. sur ton passage. :. Laisse aboyer les chiens sans t'émouvoir.. l'air. d'un fou. si. tu veux être. un. saire. !.

(48) LA VIE EXTERIEURE.. 38. LES GALOUBETS. A. ARMAND GOUZIEN. Les pauvres galoubets qui pleurent S'en vont. si. la patrie. tristement le long du trottoir brun. !. Loin des âges rêvés, en lente théorie, J'entends. mes vieux. S'en vont. si. Berçant leur. regrets cheminer. tristement col,. le. un par un.. long du trottoir brun.. sonnant leur clochette,. les. chèvres!. J'entends mes vieux regrets cheminer un par un.. Honteux du. siècle pale et. de ses vertus mièvres..

(49) LES i:rLTKs. Berçant leur. Et. Mon cœur. les. sonnant leur clochette,. chevreaux quêteurs suivent. les. Honteux du. Et. col,. siècle pâle et. sauvage. Mais. chevreaux quêteurs suivent. je. garde à. mon joug une. leur tristesse,. il. mon joug une. Du. exil. Ruminant. leur tristesse,. fond de cet. exil. chevrier,. lande. la. crier.. et. du gave.. de crier. haine d'esclave.. la. lande et du gave.. haine d'esclave. sans t'erme et sans repos.. Et j'écoute gémir dans. Du. de. s'en vont, les troupeaux.. Mais je garde à fond de cet. le. fier s'est lassé. Rêvant du mont, des rocs, de. Ruminant. chèvres. le chevrier.... et i\ev s'est lassé. sauvage et. les. de ses vertus mièvres,. Rêvant du mont, des rocs, de. Mon cœur. 39. ils. s'en vont, les troupeaux,. mon âme. attendrie.. sans terme et sans repos,. Les pauvres galoubets qui pleurent. la patrie..

(50) 40. LA VIE EXTERIEURE.. LE YASE. A. JOSEPH VILLENEUVE. Monde. Superbe. et pur, le. Où. a ciselé des formes long vêtues. l'art. est. un vase d'argent. Qui dansent deux à deux sur un rythme changeant.. Les aèdes, autour des antiques statues, Chantent en vers pieux Et font sauter. la gloire. le plectre. des guerriers.. aux cordes des tortues..

(51) LES. Les vierges aux bras. C. 41. ILTES.. lins glissent. sous les mûriers,. Et, remplissant de fleurs le treillis cror des cistes,. Mêlent. le. myrte paie aux roses des lauriers.. Les éphèbes, debout près des. ronds des xystes,. fiits. S'écartent pour livrer passage aux vieillards lents,. Qui s'en vont,. Sous. l'autel. les pieds lourds, le front bas,. de Vénus,. les. lesyeux. femmes aux beaux. tristee. flancs. S'arrêtent, présentant les couples de colombes. Qui palpitent,. frileux,. dans. Les prêtres vénérés parent. le. les. nid des seins blancs.. hécatombes,. Tandis que, prosternant au loin leurs chers regrets. Les veuves en longs deuils pleurent au bord des tombes. Des groupes enlacés montent vers Les lèvres des amants ont des Qui font fuir. l'albe lune au. les forêts. rires. :. dVxtaso. fond des cieux discrets..

(52) I LA VIE EXTÉRIEURE.. 42. — Mais. le. cœur ténébreux de. Et par-dessus. le. pampre. l'urne est plein de vase,. et les volubilis. Qui rampent sveltement sur. les. Le Mensonge. et blanc,. fleurit,. calme. marges du vase,. comme un. lis..

(53) LES CULTES.. FUIR!. A. Assez du inonde. !. LEON CLADEL. Assez de nous. !. Assez de moi. Race de l'impuissance orgueilleuse Haine à ton œuvre, Haine. !. et guindée,. à les justices, à ta loi,. à la vanité stui)ide do lidée. !. Assez du moule antique où l'on coule les dieux,. Assez de. la. raison qui change au vent qui change. Je plonge dans. le pire à. -Cliaque eftort vers. \o ciel. chaque espoir du mieux m'cnlize dans la l'ange. ;. !. î.

(54) LA VIE EXTÉRIEURE.. 44. Déformer. la nature, intenter. des vertus,. Penser, chercher, vouloir, se tordre dans un rêve, Battre. comme. des. rocs déjà battus,. flots les. Et ne pas déplacer un sable de. la grève!". Et toujours des essors, des vœux, des pleurs, des. Des douleurs sans motifs. des rages. et. d'homme. Toujours de faux espoirs qu'on cloue aux. — Je. ivre. piloris. ;. !. suis las de songer, moi qui suis né pour vivre. Je suis. Où. cris,. las.. !. Je voudrais renaître aux temps anciens!. sont les bois touffus qu'on peuple autour des sources,. Les antres de granit sous. la. garde des chiens.. Les enfants bruns couchés dans. Les femmes qui. prenant. la. le poil. main des inconnus,. Graves, sans impudeur ni pudeur, Livrent. abondamment. brun des ourses?. et farouches,. leurs flancs et leurs seins nus. Avec de grands baisers qui. font saigner les. bouches?.

(55) LES GULTKS.. Sur quels bords,. On riiomme en. Où. les. !. mots criminels de justice langue. la. et. ei. mène,. le. d'honneur. meurtri l'ùme humaine?. retrouver les beaux Edens, les Edens morts,. Courir Et,. pays de l'antique bonheur. souriant suit rinstinrt qui. N'ont pas souillé. Ail. les. les. monts avec. nu sous. le. les. fils. des races mortes,. plein ciel, n'avoir froid qu'à son corps.. Et brute, n'avoir peur que des brutes plus fortes!. Encor, toujours,. les. loups errent sous les forets. Les tigres accroupis dans Et. les lions. les. roseaux des jungles. couchés au seuil des antres. Lèchent leur large. ])atte. frais. en regardant leurs ongles.. Ceux que nous méprisons dorment au grand. Quand. leur rhair n'a plus faim leur. Pas de chimère! Dors, aime. !. Et. Ils. ;. ont l'amour et. c'est assez. ame \e. soleil. ;. est assouvie. sommeil. pour leur bénir. la. :. \ie. !.

(56) ^^^. LA VIE EXTÉRIEURE.. Ah, malheur sur nos. lois,. Qui donc saura, parmi Arracher ses barreaux Il. les. malheur sur. la raison. !. damnés que nous sommes.. et brûler sa prison ?. faudrait être brute ou dieu. !. Malheur aux hommes!.

(57) LE? CULTES. LES FRÈRES. Aux bois, auxmonts, aux champs! Viens fouilleiies chenils l'amour et. Oîi. la. faim aiguisent les dents blanches. ;. Lis dans l'œil des vaincus, quand l'espoir des revanches. Grogne sournoisement dans. Regarde. les. les coins. coucous rôder autour des nids,. Les mésanges en sang se chasser sous Et. le. large taureau qui,. Déchire. les. fier,. les. branches,. fouettant ses hanches,. gazons sous ses sabots jaunis.. Guette, quand. Mène. embrunis.. le. grand bouc cornu des bergeries. ses lents troupeaux d'épouses aux prairies;. Écoute au fond des nuits bramer. les cerfs jaloux.. Vois ràpre fourmilière entasser ses conquêtes. Tais-toi. Tu. :. pn'te l'oreille aux hurlements des loups.... vas comprendre. Thomme. en coimaissant. les bètesl.

(58) LA VIE EXTÉRIEURE.. 48. LE CHEVAL DE FIACRE. ALFRED GRÉVIN. A. Le. jour, la nuit, partout, glissant sur le verglas,. Suant sous. le soleil, ruisselant. Tendant avec Trottant sa. Sa crinière aux. il. Son mors. le. sec. le. vent gerce,. éternellement. souffle,. poils durs qui. Tape son long cou Sa peau, sous. son nez que. effort. vie,. dans l'averse,. que. las.. tombe en rideaux. la fatigue. berce. plats. ;. harnais battant, s'use et se perce;. tinte, et le suit. comme. son propre. glas.. Ouvrant ses grands yeux ronds, doux comme sa pensée, Il. court, en ruminant dans sa tête baissée. L'oubli de la douleur et le pardon du mal.. Et. la foule,. devant ce héros qu'on assomme,. Passe sans regarder. Dont nous. ferions. le. un. sublime animal saint. si. Dieu. l'avait fait. homme. !.

(59) LES CULTES.. 49. SUR UN BERCEAU. A. ROGER DE FRANCMESNIL. Enfant, pauvre petit qui tends tes deux poings roses,. Comme. deux. fleurs d'hiver sur la neige des draps,. Être vague qui Enfant,. la vie est. Dure. longue,. et. dure. la vie,. et tu la connaîtras.. hélas! la vie humaine,. Et demain, dès l'aurore,. Pour Des. pleures sans causes,. ris et (jui. il. faire avant le soir la. plis. du berceau blanc. faudra marcher seul.. grand'route qui mène vers les plis. du. linceul..

(60) LA VIE EXTÉRIEURE.. 50. Debout L'or du. Va. :. Le jour. !. a lui sur la côte escarpée. dans. soleil,. c'est l'heure. ;. les lointains, crépite et bout.. voici la cuirasse et l'épée,. Et souviens-toi. d'aller sans faillir,. Fausses vertus;. lois. Efface de ton. Cherche. cœur. :. jusqu'au bout. sans raison, devoirs factices.. les. mensonges dévots. la vérité par-dessus. nos justices. :. ;. Crois en Dieu. si. tu peux, crois en toi si tu vaux.. Chéris la mer,. la. grande impuissante éternelle. Qui console des vœux déçus. La nature. Le calme. et. des regrets. :. bénit ceux qui vivent en elle, naît au. cœur du calme des. Crains l'homme, aime ton Sois. !. humble avec toi. âme. et. forêts.. méprise. l'insulte;. seul et sois fier devant tous.. Bons ou mauvais, défends Pardonne aux criminels. tes. amis. et ton culte. et respecte les fous.. ;. i.

(61) LES CULTES.. nî. Laisse liHre à tous ceux que ta force. Ne. rougis pas ta. Car tous sont Et. les plus. tes. main dans. la chair. égaux devant. te livre. ;. des mourants. le droit. :. de vivre,. outragés sont parfois les plus grands.. Ne daigne. point haïr; sois fidèle à tes pactes;. Sois franc;. ris. peu; soisdouxpourceuxqu'on. Mais garde déjuger. les raisons. ou. fait souflrir,. les actes,. Car rien n'est absolu que Tespoirde mourir..

(62) LA VIE EXTERIEURE.. Lorsque. j'étais enfant, j'allais. dans. les guérets:. Je prenais une pierre, un fruit, et je l'ouvrais,. Brusquement, puis, d'un coup, Écarquillant mes yeux dans. Pour. voir ce. un. me. je. désir avide. que personne, avant moi, n'avait vu.. Car je ne -savais pas que. le soleil a. Dans. l'âme et. Que. les vents. Et que Et. coupes de. les. la. mer. l'air. le. les a pétris. ;. suc des arbres. qu'ils ont. :. couru. mousse aux sauts chantants du ru. Qu'ils ont été des flots, de grands l'Être,. bu. ont roulé la poussière des marbres,. glissé sur la. Et que. penchais, rapide,. bœufs. et. ;. des roses. ;. dans l'orbe incalculé des choses,. Va, passe, vient, revient. et. mue. infiniment.. i.

(63) LES CULTKS.. o3. El j'ignorais que tout nous échappe et nous ment;. Que nos. Comme. efforts sont fous, le. Que nos Sont des. Que. ce. que nos forces sont. faibles. mauvais vin rougi du sang des hièbles;. calculs,. nos vœux sans. fin,. nos volontés. Ilotes soiils rêvant des royautés;. que nous créons. est vieux dès sa naissance,. Et que tout notre orgueil est peuplé d'impuissance!.

(64) 54. LA VIE EXTÉRIEURE.. I LE SOU. L'homme, gueux d'une Rêve, rêve. et refait. idée, esprit de ruminant,. son rêve, allant, venant. Chaque conception ramène Mais. il. croit, dès qu'il. Manier des. soleils et. la. :. première,. touche un rayon de lumière,. brasser. l'infini.. Alors, vers ses deux mains, penchant son front jauni. Il. pèse avec. amour. ses trésors chimériques.. Ainsi l'enfant qui vient sur les marches de briques. L'enfant pauvre qui vient sur les marches, s'asseoir,. Et qui compte son sou de l'aube jusqu'au. soir..

(65) LES CULTES.. Le peu de Tout. Oh!. ce. toi. que. sois fou. que. j'ai si. j'ai,. ma. de beau,. et. ma. me. raison. tu peux, pauvre être,. Tous nos paradis morts, Rêve. raison. l'extase. l'enlève,. me. prend.... le. atome errant!. nous. les. rend. :. monte, plus haut toujours, plus haut sans trêve,. Et tu reconnaîtras que ton rêve était grand Si tu te sens petit au sortir de ton rêve!.

(66) LA VIE EXTÉRIEURE.. 56. ARMA YIRUMQUE. A. Orgueil. !. JULES BARBEY D'AUREVILLY. Cuirasse d'or, casque d'airain poli. Armure surhumaine. à la. taille. de l'homme. ;. ;. Heaume. fait. Flamme. qui luis dans l'œil des Fiers, dès qu'on les. Baudrier de. de dédains, de pardons. la foi. !. Virilité. du cœur. et «l'oubli. ;. nomme. !. Orgueil, consolateur fraternel du génie,. Qui. fis. Satan vaincu plus grand que Dieu vainqueur. Baume dans. le. combat, chrême dans l'agonie. !. !.

(67) LES CULTES.. Intime avènement des gueu. Lumière. Nimbe. astrale,. î. qui sont nés rois. aux fronts divins souillés d'insultes;. étoile des saints et des. Orgueil, bourreau du doute. et. martyrs en croix. les. la vertu,. Forts de la force du nombre:. Géant maudit des nains, Orgueil, béni Toi qui pleus des. ;. réconfort des cultes!. Béni sois-tu, péché plus beau que Toi qui venges. !. soleils. sois-tu.. sur l'envie et sur l'ombre!.

(68) LA VIE EXTERIEURE.. .iS. L'INSULTE. Las, mourant, demi-nu, les pieds souillés de boue,. Jésus montait. :. un. Juif lui cracha sur la joue.. Christ, levant ses yeux bleus au ciel. doucement bleu.. Pria pour qu'une injure encore fut absoute; Puis, s'essuyant la face,. il. poursuivit sa route,. Et pendant deux mille ans on en a. un dieu. fait. — Maître, ferme ton âme aux clameurs de Laisse crier la rue, et marche. Puissant. comme. La haine meurt. Quand. les. ;. :. l'envie;. c'est la vie.. ton vers, reste impassible et doux.. poursuis ton œuvre,. hommes comme eux auront. Les hommes. !. comme moi. courberont. et. sans relâche.. fini. les. leur tâche,. genoux. !.

(69) LES CULTES.. 0'>. UN POETE. Égoïste rêveur qui rythmait des sanglots, Il. Mais jamais. Ne. le. soupir qui sort de la nature. vibra dans son. Amantes,. il. Sa poésie. avait son. Il. pour chanter sa torture,. s'écoutait pleurer. cœur orgueilleusement. clos.. scandait vos douleurs et vos los. remords pour pâture. :. ;. chantait, redressant sa superbe stature,. Et. ses strophes avaient l'ample. Comme un Son. lac. d'harmonie où. douceur des. les. flots.. peuples vont boire,. vers se déroulait dans l'orgueil de sa gloire,. Et sa vie impassible. et lente s'achevait.. Mais lorsqu'elle sonna, Iheurc du. Lorsqu'un vrai désespoir. Grand dans. s'assit à. sa douleur grande,. il. vrai martyre.. son chevet,. mourut sans rien. dire..

(70) 1 LA VIE EXTÉRIEURE.. 60. A ALFRED DE VIGNY. Maître au bras. Cœur. taillé. fort,. dans. géant de bronze et de granit,. l'airain, front. Demi-dieu survenu dans. moulé pour les heaumes,. le siècle. des gnomes,. Près du cercueil ouvert d'un monde qui. poète!. Je t'aime. Du. finit. !. fond des ombres où nous sommes, avec un respect saint,. et te salue. Toi qui portas. la. mort dans. Sans pousser un seul. l'orgueil. de ton sein. cri d'angoisse vers les. hommes..

(71) LES CULTES.. Tu mis. ta large. main sur. 61. ta poitrine. en feu,. Emprisonnant ton cœur dans sa torture intime, Et trop. Tu. fier. pour vouloir un renom de \ictime. gardas ton secret pour. toi seul et. pour Dieu.. C'est jusqu'au dernier jour que ta douleur s'est tue:. Les ans s'accumulaient sur. Tant qu'à. les. ans ennemis.. la lin, brisé d'effort, tu. t'endormis,. Grave, immobilisant ton calme de statue.. Tels, crispés de superbe et de rage, hagards,. Dans. le. carcan des rois ou sous. le. fouet de l'ange.. Les farouches damnés que sculptait Michel-Ange Arrêtent. la pitié. Leur chair. sur. se fend. ;. le. bord des regards.. le fer se. Mais eux, debout, hautains, Songent Ils. ;. et. quand. paraissent. si. la. tord pour les étreindre et sans voir les. bourreaux,. mort descend sur ces héros,. grands qu'on n'ose pas. :. les plaindre..

(72) LA VIE EXTERIEURE.. SONNETS DE SANG A. JOSE MARIA DE HEREDIA. J. FAMILLE En. ces temps, Gédéon, vainqueur de Jesraël,. Etait Juge. ;. il. avait des vignes. dans. les plaines,. Ses coffres étaient lourds, ses granges étaient pleines.. Et tous. les siens étaient bénis. Ses soixante-dix. Unis pour être. fils,. vaillants et chers au ciel,. les. cœurs,. Et leur gaîté chantait dans. A Et. que. voici. qui le. l'or, les. le. Sur. le tas. même sang dans les\eines.. le. Bait paternel.. troupeaux que cent bergers font paître.. peuple à genoux,. frère rit. :. maître est mort, qui sera maître?. L'amour, tout meurt. Le. Israël.. forts, et forts, vivaient sans haines. Mêmes vœux dans. Mais. dans. de voir. rouge. !. les. et l'orgueil. La. de juger?. pierre et la hache sont prêtes;. mouches. voltiger. et noir des soixante-neuf têtes..

(73) LES CULTES.. 63. II. HONNEUR L'arome des. Le. ciel rit.. réveils court. dans Tair du matin. Les témoins ont. Le vent chante;. les fleurs. tiré les. ;. épées.. encor toutes trempées. Déplissent au soleil leurs jupes de satin.. Le. torse mi-vélu, l'œil froid, le front hautain,. Les. hommes. Des. sifflets et. Filent. :. ont jeté leurs gants dans les cépées des vols d'oiseaux, par échappées,. un angélus. tinte. L'acier grince, luit, fuit,. Le. sol. brun se. fleurit. dans. le lointain.. suit,- se. choque. un. (iacre. et crépite. d'une pourprie subite,. Et des frissons d'amour font vibrer. Puis,. la foret.. s'en va, très lent, les vitres closes.. Criant, glissant sur les graviers, et disparaît.. Blondi dans. :. la. vapeur des perspectives roses....

(74) LA VIE EXTÉRIEURE.. ^^i. IIJ. SOCIÉTÉ. La. foule, ivre. du sang promis, trépigne. Battant des mains, jetant des cris. et. et. hue.. des chansons.. L'air flambe; Téchafaud, droit sur ses étançons,. comme un. Se hausse. Voici qu'un. flot. phare. et luit. sur. la. femmes. d'enfants et de. cohue.. se rue:. Fusils, faux, sabres nus, piques, estramaçons.. gueux trônent sur. L'acier brille. ;. Et. tourne à l'angle de. Il. «. le chariot. vient, pesant.... A. Un Il. les. mort vers. !. A. mort. les arçons,. la rue.. Chénier monte sur l'échafaud. !. ». Superbe,. il. harmonieux chante dans. attend, le front haut: sa pensée.. passe a\ec lenteur ses doigts Ans à son cou,. Rêve sur l'homme, songe à l'œuvre commencée, Et sa. tête. aux yeux clairs tombe au panier, d'un coup..

(75) LES. TLTKS.. r,. IV. JUSTICE. li. pleut. Un. reflet. La lune. comme. l'air est froid. :. mouUlé. luit. sur la potence.. se brouille et le. L'averse le. gifle à. au fond d'un puits. pendu danse. ;. tout petits ])ruits.. Voilà quinze jours et quatorze nuits. Qu'un grand Il. homme. rouge a lu sa sentence.. pleut: ses doigts verts gouttent en cadence;. Son juge s'endort en vidant. Les. rats. du. muids.. gibet trottent dans la boue,. Tandis qu'un corbeau. — Son crime? 11. les. Il. mange. lui. eut faim. :. le. la joue.. pain veut du sang.. était superbe, ardent, gai, robuste. Le corbeau repu tourne en croassant «. Tue au nom du. bien. I. :. :. Tue au nom du. juste! » 6..

(76) LA VIE EXTÉRIEURE.. fifi. V. RELIGION. Hommes, femmes, Les. vieillards, enfants à la. frêles innocents qui. mamelle,. pouvaient croire en Dieu,. Les vierges qui rêvaient dans un calme sans vœu Et dont l'âme. Tous,. riait. dans des yeux purs. les chiens, les. comme. la. :. flamme, alentour, court dans un brouillard bleu.. Comme un Le. loup affamé qui rôde et qui grommelle.. bois craque, la chair crépite, la poix bout. Un moine. brun, la crosse en main, calme. Fait des signes de croix vers. Le peuple. le. et. ;. debout,. bûcher qui fume.. à genoux, loin, chante en levant les bras. Et l'incendie, au fond des cieux roussis, allume. De. ;. troupeaux, en tas, noirs, pêle-mêle,. Liés, mitres, meurtris, hurlent, voués au feu. Et. elle. longs reflets de sang sur des nuages gras.. ;.

(77) LES CULTES.. VI. PATRIE. Morts ou mourants,. comme. Saignants. Bleus sous. des chairs sur Tétai des bouchers.. et. Les enfants blonds,. La rouge Le. l'arme au poing, et par centaines,. la nuit, le front blafard, ils. Ceux de Philippe. Tous sont. et. là: les. fleur. ceux de Thèbes. les. d'Athènes.. et. vieux guerriers, les capitaines,. chevaux râlent sur. du crime empourpre. lac berce des corps. sont couchc's,. les. les. archers;. rochers. ;. dans ses vagues lointaines.. Partout, emplissant Tair chargé d'exhalaisons,. Un. sanglot vibre et roule autour des horizons.. Comme. le. Et. la brise. Et. Phœbé. Met des. bruit d'un trait qui tremble dans la cible.. des soirs joue avec les roseaux. qui sourit dans. le ciel. impassible. glacis d'argent sur l'émail bleu des eaux..

(78) LA VIE EXTÉRIEURE.. 68. LA TÊTE DU PAGE A. MADEMOISELLE ALICE HARAUCOURT. — «0 mon brave écuyer, — Las, Madame, bien. loin. Et. —. les. c'est-il loin. :. n'y verrons pas l'aurore. ». chevaux suaient d'ahan dans. mon. «. de Paris?. le froid gris.. brave écuyer, c'est- il bien loin encore? ». Les bons chevaux. s'allaient. mourant. à tous relais.. — «Loin, dis-nous?— N'y viendrons pour voirlejouréclore... — Ah. !. malheur sur. Qui mènent Les beaux. le. Roi, son duc et ses varlets. à trépas les pages de grand race.. fds qui la veille atornaient leur palais! ». (.

(79) LES CULTES.. Un mont Mon. Le temps. passa.. frère sera. mort avant. Mort,. mon doux. Le. du destrier. col. fuyait.. — Un. les. ((. —. « Si n'ai sa grâce,. demain,. (|uil soit. petit frère avant. que. se tendait sous sa. Blanc d'efTorts.L'air sifflait.— Et. (^^. je l'embrasse... >>. main,. « Est-celoin. sabots de fer claquaient sur le chemin.. As-tu pris mes joyaux, de. lac passa.. —. Maudits. «. l'or. en larges. Hop! Hop! L'aube. là-bas, vois-tu?. Le jour montait.. —. je rends. «. — Non, mon. hommes. !. ». J'entends. les. c'est le bruit. c'est. un bois qui houle.. paradis! ». clameurs de. voix, des pas, le son des cloches. — Madame,. les. maudits.. teinta le bord des cieux l)londis.... — «Des murs, — A qui sauvera le. sommes?». les rois, les rois. Et que Dieu juge un jour ceux qui jugent. Des. que nous sommes?. la foule.. au lointain!. d'un grand fleuve qui coule. ». ».

(80) LA VIE EXTERIEURE.. Ils vont, l'aurore,. Pose à. leuj's. cheveux froids des baisers de rosée,. apparaît dans. Et. la ville. Ils. ont passé sous. —. «. Dit. —. :. ((. ouvrant ses tentes de satin.. «. palais?. Pauvre enfant, sa. Que. ». Une. vieille, à. mi-voix.. tête était toute frisée... ». L'homme rouge. — « Grâce! Arrêtez!. la. >). font ces gens autour de ces piliers de bois?.... Mon frère!. Déjà. du matin.. voûte fleurdelisée.. la. La prison? Le. l'air flou. dame. était à. ». a retroussé ses manches.. Le crâne a rebondi deux. genoux sur. les. planches. fois.. :. Elle prit dans ses doigts le front pourpre et glissant;. Blanche,. Et. elle. mit sa lèvre aux lèvres déjà blanches,. la face sourit. dans ses larmes de sang..

(81) Li:S. CULTES.. 71. LE CHARRON. CONSTANT COQUELIN. A. Necker. est expulsé. L'Étrangère Besenval a. et la. les. cour revent de représailles,. murs. et. Le vieux Broglie, avec Tient. quatre régiments. trente mille Allemands,. la plaine, et la tient. en province conquise,. Saccageant, n'attendant qu'un. Pour. Donc,. A Versailles,. du royaume.. vœu de. la. marquise. étrangler Paris d'un seul coup de lacet.. la ville,. Le peuple, on Alors un. cri. on l'aiïame,. son bon roi. et. le trahit; la patrie,. tonna dans. Et l'ormidablement. l'air. :. «. on. A. le sait;. la pille.. la Bastille. tout Paris se leva.. !. ».

(82) LA VIE EXTERIEURE.. 72. Point de canons, point de. On Ce. fusils.. veut. Poussant son flux et flot. des volontés, cette. A chaque. N'importe. :. on. va.. remuant sa houle,. mer d'âmes,. roule.. rue, aux quais, aux ponts, aux carrefours,. Multipliant sa masse écrasante, et toujours. Plus profonde,. et toujours plus. dense. et plus serrée,. Elle élargit l'ampleur de sa lourde marée. L'air tremble. Un. ;. et tout. au fond des horizons, là-bas,. retentissement effroyable de pas,. Sous. la clarté des cieux,. gronde. comme un. tonnerre.. 11. peina deux mille ans, ce Peuple débonnaire. Il. en. est las, et l'heure a. sonné de. :. finir.. C'est le Passé, c'est le Présent, c'est l'Avenir. Qui vont Et. la. c'est. l'unanime humanité qui marche. mer de vengeance apporte. Arche. La. :. aussi son arche,. sainte arrachée au déluge des rois. Liberté. !. Sinistre, avec ses hauts. La. :. Bastille, debout,. murs. droits,. dans sa robe de pierre,. Hausse rigidement sa masse calme. et lière. ;. {.

(83) b. LES CULTES.. Sur laquelle Justice. et. Le bloc. :. royal attend. Superbe,. tel. et tout entier. Dort dans. la. Haine n'ont rien lion repu,. ramassé sur son torse,. majesté terrible de sa force.. L'Océan d'Iiommes. va, déferle. Uellue, et, noircissant au S'étale en nappes,. Aux. un. ])U.. loiii. au pied des tours, les alentours,. chaud comme un torrent de. lave.. créneaux, les canons dardent leur grand œil cave. Les meurtrières sont luisantes de. fusils,. Et, guettant les élus qu'elle a déjà choisis,. La mort. veille.. Hurlant de rage. et. L'orage humain se jette, et recule, Et. fait. d'impuissance, et s'élance,. tourbillonner le remous de ses. (Ju'il bi'ise. flots. au choc des nmrs invinciblement. clos.. Or, dans ce grondement de fureur populaire,. Un homme. s'avança: sans un. cri,. sans colère,. Calme, s'étant frayé doucement un chemin, 11. francliit. Et seul,. les fossés,. les. une hache à. la. main.. deux bras nus, vint prendre. la. Bastille.. 7.

(84) LA VIE EXTERlEUllE.. On. le vit. sur. le. mur. dans. et les pieds. la grille. Chercher son équilibre au haut du pont-levis,. œuvre. se mit à son. Il. Faisant sauter. et,. :. les clous. détournant. les vis,. hors des poutres de chênes,. Broyant les gonds, tranchant l'anneau rouillé des chaînes, Il travailla. —. longtemps, car l'ouvrage. Feu! Les balles heurtaient. et. déchiraient. Et faisaient des trous ronds dans. —. la. le. mur. blouse volante.. Feu!. Tout autour de Et. était dur.. mort. lui la. passait, sifflante,. ses souffles vibrants l'effleuraient tout entier.. Mais. le. charron, sans plus frémir qu'à son chantier,. Levait et rabaissait sa hache, lent et grave.. jours. !. Race des. Age auguste où Le. vil. forts. !. Siècle où l'on était brave,. le sol enfantait. des Titans. !. Peuple, oublié dans l'abîme des temps.. Se dressait tout à coup de sa. terre féconde,. Et, la justice en main, balayait le vieux. monde. Salut à vous, manants, roturiers et vilains!. !.

(85) LES CULTES.. Inutiles héros dont nos. champs. étaient pleins,. Salut! Athlètes nés et conçus dans l'épreuve, Vaillants régénérés de l'humanilé neuve!. — Nous partons, nous, Dont. les siècles. les. fils. vécus ont épuisé. Peuple, peuple! Sur. Germez, multipliez,. les débris. croissez,. Epanouissez-vous sous. monde. d'un. agonisant. le sang.... des nobles races,. rameaux vivaces!. le ciel libre et. pur. !. Serfs de l'ère passée et rois du temp« futur,. commencé. Voilà que ce charron a. humain. la tâche,. Et. taille l'avenir. Le. pont-le\is grinça sur ses gonds.. Dans. l'air,. il. Tomba, dans «. En. avant. !. à coups de hache. !. Un moment,. hésita, puis, d'un bloc, lourdement.. bruit sourd d'un. le. En. avant. !. monde. qui se brise.. ». Rois, la Bastille est prise.. —. Le charron. rabaissa sa manche.. Il. dit. :. « Voilà, ». Puis, simple, ayant défait vingt siècles, s'en. alla..

(86) LA VIE EXTERIEURE.. L'ILE. A. L'île,. VIERGE. FRANCIS PITTIE. en son nonchaloir de courtisane hellène,. Dort sur son. Des. éclats. Son. lit. lit. d'azur où la. de satin. et. mer. mêlé. des blancheurs de laine.. chante et l'endort dans un baiser salé. L'arôme chaud des thyms tremble. Gomme. a. le fdet. Le myrte,. le. et. bleu qui sort d'un narguilé.. jasmin, la rose et l'asphodèle,. Balançant sous l'éther leurs. frêles encensoirs.. Font monter des parfums vers. ;. rôde autour. le soleil fidèle.. d'elle,.

(87) LES CULTES.. Et librement, dans. l'air. des matins ou des soirs,. Partout, dans tous les coins, hasard, où tu les jettes,. Les. fleurs avec les fleurs dressent des reposoirs.. Les genêts, sur. les rocs, agitent leurs vergettes. ;. Les aloès, autour des pins aux lourds cimiers, Hérissent leurs poignards. Et. les bois. et. dardent leurs sagettes.. d'orangers près des bois de palmiers,. Pointillés des fruits d'or dont l'hiver les parsème,. Cachent des nids où vont roucouler. Chaque mois Et. le. Tout. est le. mois des. lis.. La. les. ramiers.. rucJie essaime.. miel blond déborde à chaque lunaison rit,. ;. tout est joyeux, tout est pur et tout s'aime.... — L'homme étant venu. là l)àtit. une prison..

(88) LA VIE EXTERIEURE.. 78. LE BEAUPRE. A. Au. large, dans. Berçant sous. un. JOSEPH. CARRIES.. cercle absolu de. le plein ciel. mer. libre,. son puissant équilibre,. Tranquille, arrondissant l'ampleur de ses flancs creux,. Un. navire^ bardé de. fer*. comme. les. preux.. Cinglait royalement vers des guerres lointaines.. Ses mâts bruns, ses haubans, ses drisses, ses antennes Tailladaient de traits tins les ors chauds. En le léchant, Sur. le. les. du couchant.. eaux d'argent brisaient leur chant. tranchant penchant de sa proue, et les brises. Sifflaient et zézayaient. autour des cordes grises....

(89) 70. LES CULTES.. Le vent. baisait les pieds et le col. D'un pendu qui. L'homme. Avec un. empourpré. tordait son liart sous le Ix'aupré.. se balançait, mai^'re,. dans sa vareuse,. rictus bleu sur sa lèvre glaireuse,. Le. front crispé, l'œil fou, la langue entre les dents. Kt. le roulis faisait. danser ses bras pendants.... Les oiseaux avaient. fui les terreurs. de son raie. ;. Les requins, alentour, glissant leur ventre pâle. Guettaient. ;. Quel crime. et les flots verts avait-il. montaient pour l'engloutir.. donc commis, ce long martyr. (Jui, la face gonflée et les prunelles vides^. Ouvrait de désespoir ses paupières avides. Vers des pays perdus. Punir. !. Un. et chers, vers. des là-bas?.... droit (pie Dieu ]ui-m»'me n'aurait pas.

(90) ^0. LA VIE EXTÉRIEURE.. LES VERGES. L'enfant qui ne. sait rien sait le vrai. mieux que nous,. Et dans l'étonnement craintif de ses yeux doux,. On. comprend. voit trop qu'il. déjà,. Combien nos cœurs sont durs 11. pense,. il. cherche,. Et tape sur ton. Ta. Va!. fils. force est. :. un. et. comme. nos. lois. les bêtes.. déshonnêtes.. il. erre... Allons, verges. il. comprendra demain.. en main!. droit, et ta rage est auguste.. L'enfant vaut mieux que toi ? N'importe!. Au nom du juste!. N'es-tu pas. le devoir, la règle, la vertu.. Et ton bras. n'est-il pas le plus fort?. Que. crains-tu?. défendait sa chair, ce torturé qui t'aime,. S'il. Les passants indignés crieraient à l'anathème.. Sus. !. Frappe. La honte. et frappe, afin qu'il. d'être. un. homme. apprenne par. et l'horreur. de. la loi. toi. !.

(91) LKS CULTKS.. MAL. FILLE DU. A. —. «. Dieu ne. c'est Fille. du. Pour poser sur J'ai. MAURICE BARRES. me connaît pas: je suis Fœuvre de l'homme;. me. Mais riiomme en Et. 81. ciel. le. créant a dit: « Fille du. que. le peui)le. monde un oidre. ciel, ». me nomme.. artificiel,. déformé vos corps, refondu Tiime humaine. Et mis devant l'amour un. La nature me Et tout ce qui C'est Uion. vœu. fuit. ;. mur. l'homme. surj^'it. pénitentiel.. est. de mal au. qui l'enfante et. mon. seul. nom du. ma. loi. domaine. hien,. qui le mène.. :.

(92) LA VIE EXTÉRIEURE.. 82. Je hais. le. beau,. le \rai, le. nu. ;. je n'aime rien.. Partout, de tout, je suis la constante ennemie. Qui. Je. se lève sur vous. fais pâlir. Filles. comme un. fouet sur le chien.. vos fleurs dans la vierge anémie.. aux yeux bistrés, blêmes adolescents,. Et j'emporte au tombeau votre angoisse endormie.. Je stérilise l'âme et torture les sens. ;. Je glace tout espoir, je châtre toute envie,. Et. hypocrite allume. le vice. Je trouble. mon. et je dissous, j'infirme et je dévie;. J'appelle le remords dès qu'un Et,. si. Mon. encens.. cœur a. je le pouvais, j'étoufferais la vie. but. est la douleur, et. mon nom. battu, !. la. Vertu..

(93) 83. LES CULTES.. VIERGES iMOKTES GEORGES CHARPENTIER. A. Œillets blancs,. Et. le. lilas. blancs et violettes blanches. char sépulcral s'en va vers. les. :. caveaux,. Sinistre et chaste, au pas rythmique des chevaux. Qui bercent. vierges. !. les. grands draps déployés sur leurs hanches.. D'autres Mais fleuriront les pervenche,. Les baisers écloront dans Et. la brise. les Avrils. nouveaux. des Juins grisera les cerveaux. :. Mais vos corps sans désirs dormiront sous. Toujours! Et. c'est lini sans être. les planches.. commencé. I. Votre avenir dhior a mille ans de passé:. Vos cœurs immaculés sont morts aNant de. Lilas blancs, œillets blancs.... naître.. Vous vous en retournez. Vers l'immense sommeil des choses, sans connaître. Le. seul bien. que. la vie. accorde à ses damnés. !.

(94) LA VIE EXTÉRIEURE.. 84. LE CLOITRE A. Un De. Où. crucifix. fer. M.. tend ses bras sur. le. seuiL. larges remparts gris ceignent le cloître austère,. viennent se briser tous. Gomme Le. de. MADEMOISELLE ANY. des. flots. les bruits. de. la terre,. mourants aux angles d'un. saint lieu, clos à tout, gît. comme un. écueil.. grand cercueil.. Plein de silence, plein d'oubli, plein de mystère.. Des vierges dorment Et sous. Tous. le voile. là leur. sommeil volontaire,. blanc portent leur propre deuil.. les ressorts. humains. se sont. Dans l'éblouissement des choses Elles. marchent sans. voir, hors. rompus en. elles.. éternelles,. du Temps, hors du Lieu.. Elles vont, spectres froids, corps dont l'âme est ravie,. Êtres inexistants qui s'abîment en Dieu,. Vivantes dans. la. mort,. et. mortes dans. la vie.. f.

(95) LES CULTES.. S.'i. FILLE LOUIS. A. La. vierge, ignorant tout,. Couvrait. le. Ses jours,. monde. comme. MARSOLLEAU. même. entier d'une tendresse blanche. Car. la. l'a. Hétrio. un. et naïve bonté.. soir d'été?. moisson d'amour frissonne sous sa hanche,. Et son front virginal, désolément, se penche Vers SOS. Le. rire. flancs violés par la maternité.. des passants lascifs la crucifie. Voilà qu'elle a compris et lu toute. Dans. le. regard du. Personne,. ici,. monde. :. la vie. hypocrite et moqueur.. qui lui pardonne ou qui la venge. !. Alors, froide, et buvant ses dégoûts à plein cœur,. Majestueusement,. ;. des nids sous l'ombre d'une branche.. Chantaient dans leur tranquille. Qui Ta prise? Qui. sa pureté,. elle. entra dans. la. fange..

(96) LA VIE EXTÉRIEURE.. 86. PREMIER ORAGE. A. Et. CATULLE MENDES. rouge, dans la mer.. le soleil croula, tout. L'eau boulait, morne et sombre, aularge. Siffla. Vint mourir sur. Sur tout l'Eden,. et. dans des ondulations lentes,. le front. des coteaux et des bois.. le ciel noircit.. Ronflaient sinistrement dans le. souffleamer. sur les rocbers et convulsa les plantes.. Long, cbaud, lourd,. Et. Un. premier éclair s'alluma. Blêmirent,. le. le. :. Au. loin,. des voix. creux des montagnes.. les. campagnes. tonnerre ébranla l'hoi'izon.. L'Homme, hagard,. sentant tournoyer sa raison,.

(97) KS. I.. Tomba. r,. 87. L•LTE^.. sur les genoux, la face dans les roches.. Les nuages passaient, grondaient, roulaient,. si. Qu'il croyait les sentir effleurer son dos -froid. proches. ;. Toujours croissant, toujours allant plus loin, tout droit, Plus. vite, ils se chassaient. Et. la. mer. Et. les tigres. dans. le. leur lançait ses vagues pour les mordre.. pleuraient dans. de. l'efl'roi. Clameurs, échos, des chocs, des. râle. Des. monstrueux. et. nuit.. les cotes,. sourd des forêts hautes,. fracas, le passage afl"olé des oiseaux,. L'horreur du vent, l'horreur du. Tout. se mêlait. :. la. ciel,. voilà qu'il se traîne;. Levant ses deux bras gourds vers « Pitié!. Grâce. I. l'horreur des eaux.. foudre éclata, brusque aurore,. Devant THomme. Et. —. la. cris, le large bruit. Des lames qui brisaient leur rage sur. Le. du désordre,. vent. ». Et. le ciel. voilà qu'il. il. implore.. qui fut. imagine Dieu,. Et demande pardon des fautes non commises. Puis, au jour,. Et. les tua,. i!. !. choisit les victimes promises.. sous \\v\\ du matin clair et doux.. *. h\o\\. :.

(98) LA VIE EXTERIEURE.. Maudite. Peur qui courbe nos genoux,. soit la. La Peur, mère des. dieux, source de la prière,. L'aveugle sans* pitié, la sourde meurtrière. Qui poignarde. la vie. au. nom de. la. vertu. premier cœur qui jadis a battu. Maudit. le. Pour. conception d'un crime expiatoire. la. Maudits. !. temples froids, maudite leur histoire,. les. Et maudits. !. les saints lieux, fournaises,. échafauds.. Charniers, où pour la gloire auguste des Très-Hauts. Le ventre des martyrs. Le. fer siffle. ;. Fondent sur Arrière. Odin Bel,. et. !. le. sang. a. fumé. jaillit, et les. !. Voici les immortels,. Jéhovah, Jupiter et. chairs nues. crépitant des autels.... le brasier. Écartez-vous. Ormuzd. vers les nues!. et les onze.. Moloch, dieux de marbre ou de bronze.. Morbide invention des cauchemars humains. Dont. la. fureur sacrée a rougi nos deux mains!. Voici les dieux du. Tous. les fds. de. la. ciel. qui descendent sur terre.. Peur, de l'ombre et du mystère!. Voici les dieux buveurs de sang. !. Ecartez-vous. llenforcez les prisons et doublez les verroux. !. !.

(99) 89. LES crLTi:s.. C'est l'heure de juger les vengeances divines,. Meurtres, viols et complots, guet-apens et rapines.. Tous. les. crimes bénis que. Et cherchez. s'il. existe. la foule. adorait!. un juge qui pourrait.. Devant ces contempteurs du hien, Arracher de sa gorge un mot pour. rois les. do. la. foudre.. absoudre!.

(100) LA VIE EXTERIEURE.. 90. RESIGNATION. A. C'est. LAURENT TAILHADE. Dimanche. Le vent court des landes aux roches. La douce mer d'Arvor joue avec Et. les. horizons gris tremblent du son des cloches. Mais. le village est. Tout. est brûlé. Les. salles, les. :. noir. ;. les écueils,. comme un drap. :. de cercueils.. les toits, les celliers, les étables,. hauts. Les vieux dressoirs,. lits. les. enchâssés dans. les. murs,. bancs rangés autour des tables.. Les granges qu'embaumaient. les foins et les fruits. murs..

(101) LES CULTES.. Il. "J i. a crevé les fûts et bouilli dans les outres,. Le beau. cidre. écumant de. rire et. de chansons. Les grands bœufs calcinés sont couchés sous Et. les vents. ont vanné. Les flammes ont. Dans Et. les arbres. taillé. les. poutres,. rendre des moissons.. des gibets et des scies. joyeux qui bombaient leurs arceaux,. les petits enfants,. Sur. la. ;. avec des mains noircies,. les brasiers éteints se. creusent des berceaux.. Tels les champs de batailleausoirdes grands massacres. On. croirait. que tout veut mourir, mourir enfin,. Et. l'on sent palpiter sur tout,. La. désolation, la misère. dans faim. et la. Seule, réglise luit, claire entre les. Par-dessus. le. hameau funèbre, au. Gomme. un ange d'espoir. Rose. blanche, elle monte et. et. (pii. les airs acres,. 1. murs sombres plein milieu,. surgit des rit. :. décombres.. vers le ciel bleu..

(102) LA VIE EXTERIEURE.. i)-2. Et voici, rayonnant, venir, dans. Les bannières de soie. les cantiques.. et les saints d'or bruni,. Et. le. «. Soyez béni. Seigneur. peuple en haillons chante autour des portiques ;. Seigneur, soyez béni. !. ».

(103) LES CULTES.. 9;j. LE NAZAREEN. A. A. MADAME. M.. HARAUCOURT. quoi sort d'insulter une figure douce?. —. Christ, va ton chemin, et pose sur la. Tes pieds blancs où Ouvre, dans. la. Tes deux bras Et. de sang;. bonté d'un geste bénissant, et tes. mains que. love, vers la foule errante. Ton. Tu. fleurit la corolle. mousse. les clous. ont trour»'. des nuées,. front aux cheveux roux et tes longs regards bleu;. vins, rêveur é[)ris de. bonheurs fabuleux..

(104) 94. LA VIE EXTÉRIEURE.. Dans un Poète,. siècle. ame de. Pour chanter. d'ennui qui ressemblait au nôtre, vierge, et tu te. la. douceur,. les. les. leur parlais d'un. Où. les les. Les Et. monde où. bons sont guéris de tous. méchants. livrés. et. du. les. maux. la. toi la. douleur. et. soufferts,. paix et. verbe.. cité.. la clarté.. pardonnant. la faute.... Puis, un soir, tu montas sur la colline haute,. Doutant du. ciel,. croyant au repos du trépas.. Et priant vers un Dieu qui ne répondait pas Et tu mourus, dans. Qu'importe,. si. ma. la. :. ombre, dans l'herbe.. Tel tu passais, allant de bourgade en. Consolant. triste. au remords des Enfers.. femmes pleuraient en écoutant ton. Versant autour de. mort.. la justice existe,. vieillards s'asseyaient sous ton. les. et la. le réconfort. cœurs épuisés de l'infirme. Tu. Et. apôtre. pardons. Tes paroles d'enfant semaient. Dans. fis. ;. torture et dans l'insulte.. race a dépravé ton culte.

(105) LES CULTES.. Et dressé des bûchers en l'honneur de. Qu'importent. la. les. Tu ne. ta. croix?. fureur des papes ou des rois,. Les murs croulants, Et. 93. le. choc des masses sur. les. heaumes,. peuples entiers râlant au chant des psaumes?. soupçonnais rien du. Barde éploré, mystique. et. soir, toi l'Orient!. ténébreux Voyant,. Poète du tombeau, poète du martyre, C'est sur. nous seuls. qu'il faut pleurer, sans te. maudire. !.

(106) 96. LA VIE EXTÉRIEURE.. MAGNIFICAT. A. THEODORE DE BANVILLE. Les dogmes sont perdus qui consolaient. la terre. ;. Les âmes des rêveurs sont des étangs bourbeux. D'où monte vers. Gomme un. cri. la. brume un. sanglot solitaire. de crapaud écrasé par des bœufs.. i Et l'antique. tristesse élargit. Ajoutant jour par jour. son empire,. les regrets. aux regrets;. Et chacun de nos maux nous en engendre un pire Ainsi que les forêts qui naissent des forêts..

(107) LES CULTES.. La. ramour. Tout. s'en va.. Et. monde, toujours plus souffrant. le. raison tremble,. Entassant ses chagrins, grossit. Le. s'effare,. et plus vieux.. comme un. avare. trésor de douleurs légué par les aïeux.. Donc, puisque nous Orphelins delà Salut à. toi,. foi,. voilà tout nus dans la nature,. seuls avec nos rancœurs,. Beauté, religion future,. Dernier secours des dieux, recours dernier des cœurs. Beauté, vertu pali)able, esprit de. Sœur de. la vérité, vierge. la. matière.. mère de Fart. ;. Beauté, splendeur du bronze et gloire de. la. pierre. Culte saint des Cervents qui sont venus trop tard!. ï Ame. des corps sans. Germe. et. àme. terme de tout;. et règle sans caprice;. force,. but. et. mouMi. ;. Loi douce qui défends que l'univers périsse,. Suprême. et seul. amour. (pii. lasses croire au bien!. !.

(108) LA VIE EXTÉRIEURE.. 08. Sagesse des couleurs, mysticité des choses;. Majesté de. la vie et. sacre de la chair. ;. Terre promise, Eden des yeux, Paradis roses, Astre qui nous conduis. et. rends. le soir. plus cher. Arc-en-ciel apparu sur l'orage de larmes. Que. versait notre angoisse en attendant sa fin. Aurore de. Manne. la joie et. d'idéal. :. couchant des alarmes.. pur dont notre rêve a faim. !. C'est toi le vrai sauveur et toi le vrai messie,. Rédemption des. sens, crèche des voluptés,. Verbe que promettait l'antique prophétie, Seul don de Jéhovah à ses déshérités. Salut. De. !. !. Nous dresserons dans des châsses. d'ivoire. blancs socles d'argent sous tes pieds immortels,. Et l'homme, ayant des dieux auxquels Rajeunira son cœur en baisant. il. tes autels.. puisse croire^.

(109) I,. Nous,. tes prêtres. i:s. 90. CL'i.TES.. émus, apôtres. et. prophètes,. Chanterons l'hosannah sur des rythmes joyeux. Les vierges tresseront des myrtes pour. Et. embaumera. la paix fleurissante. Mais. si. je. meurs trop. Et voir çrrandir nos. tôt. fils. les. ;. tes fêtes,. deux. !. pour saluer ton temple. dans l'amour de. ta loi.. J'aurai du moins l'orgueil et Tlionneur de l'exemple,. Moi qui brûle ma. vie à. n'adorer que. toi. BÎSUOTMECA. !.

(110) i. I.

(111) LES FORMES. ALM.V PARENS A. CHARLES MORICE. Puis, un rayon posé sur. Un. loit. de cliaumière,. bois où le ciel bleu fait des trous de lumière,. Un nuage Et. un. là,. qui court vers. paisible et pur,. le soleil. comme un. levant. ;. saint dans sa lierte,. Droit dans sa chasse d'ombre aromatique. Un. niuuncl. (jui. se berce. au \ent. :. et viMte..

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