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Paraissant le mercredi et le samedi, à Bienne

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Academic year: 2022

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(1)

* .

Les consulats suisses à l'étranger reçoivent le journal. '\W

Cinquième a n n é e . — N° 1 et 2 - ^ S g P S k J e U < 3 i * " J a n v i e r 1 8 9 0·

Prix du numéro IO centimes

%

, e J ^ C ^ ^ i ^ S S É l î ^ e ^ / Bureaux: Rue Nouve, 19

ABONNEMENTS

Uo au : Six mois : Suisse . . . 6 fr. 3 fr.

Union postale . 12 » 6 »

On s'abonne à tous les bureaux de poste

Paraissant le mercredi et le samedi, à Bienne

ANNONCES

Provenant de la Suisse . °. 20 et. la ligne

» de l'étranger. . 25 » i>

Minimum d'une annonce 50 centimes Les annonces se paient d'avance

O r g a n e t l e l a S o c i é t é i n t e r c a n t o n a l e d e s i n d u s t r i e s d u J u r a , d e s C h a m b r e s d e c o m m e r c e , d e s B u r e a u x d e c o n t r ô l e e t d e s S y n d i c a t s i n d u s t r i e l s .

B O N N E A N N É E Quand nos abonnés recevront le pré- sent numéro, quelques heures déjà nous sépareront de l'année 4890. Au point de vue de nos affaires horlogères, elle a été bonne, cette année 4890; bonne pour ceux qui, sachant proportionner leur pro- duction à leurs ressources, n'usant du crédit qu'avec modération et ne vendant pas pour le seul plaisir de vendre mais pour réaliser un bénéfice cerlain, se sont souvenus que s'il est facile de fabriquer des montres il est moins facile de les faire bonnes et de les bien vendre.

Elle a été bonne aussi pour les syndi- cats professionnels, dont plusieurs se sont renforcés de nouvelles adhésions et qui entreront dans la nouvelle année fortifiés par l'expérience et consolidés par l'union.

Un point noir est à l'horizon, c'est la crise que traverse le syndicat ries fabri- ques d'ébauches. Mais de cette crise même sortira, nous en avons la certitude, un état plus stable des relations entre les différents groupes de notre production industrielle, une compréhension plus nette de nos véritables intérêts et de nos de- voirs.

Nous souhaitons que la nouvelle année marque une étape importante dans no- tre organisation professionnelle, qu'elle soit féconde en initiatives généreuses et en créations utiles, et que notre belle in- dustrie nationale puisse se développer dans la paix et la concorde entre tous les membres de la grande famille horlogère.

Forts de l'appui et de la sympathie que nos abonnés et nos lecteurs ont bien voulu nous accorder, nous venons leur demander de nous les continuer dans la nouvelle année et de nous aider, dans la mesure de leur bonne volonté, à accom-

plir notre lâche que les circonstances rendent parfois difficile et ingrate.

Nous leur disons à tous B o n n e a n n é e .

C o m m u n i c a t i o n

du

des fabriques d'ébauches JL·.,·:. et nantaises à

MM. leurs membres

' .

Les formulaires de bordereau des affai- res, traitées pendant l'exercice 4890 avec les fabriques syndiquées, lesquels accom- pagnent la circulaire du 30 novembre dernier, relative aux primes progressive et de fidélité, contiennent le passage sui- vant :

« Le signataire du présent bordereau,

« s'interdit toute réclamation ultérieure,,

« concernant le chiffre qu'il indique pour

« servir de base au calcul des primes

« progressive et de fidélité. En conse-

« quence, dès l'expédition au contrôleur

« du dit bordereau, le chiffre inscrit

« dans celui-ci par le signataire, ne

«t pourra donner lieu, de sa part, à au-

« cune rectification de la somme totale

« des primes et cela même, en cas d'er-

« reur 'prouvée et quelles qu'en soient la

« cause et l'importance. »

La société des fabricants d'horlogerie de la Chaux-de-Fonds ayant protesté con- tre l'interdiction de toute réclamation ultérieure que pourrait faire Ie signataire du bordereau en question, l'assemblée générale des fabriques d'ébauches, réunie le 47 courant, s'est occupée de cette pro- testation.

L'assemblée a reconnu la raideur for- cée d'une interdiction de ce genre et a cherché à l'atténuer dans la mesure du possible. Chacun doit admettre comme

impraticable matériellement la faculté d'une rectification qui pourrait se pro- duire dans n'importe quel délai, c'est pourquoi l'assemblée a pris la décision tuivante : Le paragraphe transcrit ci-haut est modifié dans les termes ci-dessous:

« Aucune rectification ne sera admise

« passé le délai de 45 jours après l'envoi

« du bordereau au contrôleur. »

La présente déclaration fera donc foi, vis-à-vis de la clientèle des fabriques d'ébauches syndiquées, en ce qui concerne le montant du chiffre annuel d'affaires qu'indiquera le client en signant le bor- dereau, dont le formulaire lui a été re- mis comme expliqué ci-haut.

La Chaux-de-Fonds, le 25 décem- bre 4890.

Par ordre du syndicat des fabriques d'ébauches suisses et françaises :

Le contrôleur, J a m e s P e r r e n o u d .

SYNDICAT

des

fabricants d'horlogerie des cantons de Berne et de Sobre à

MM. les membres du syndicat

Bienne, le i^ janvier 4894.

Messieurs et chers collègues.

Vous avez appris, par notre organe

la Fédération horlogère, et par les cir-

culaires qui vous ont été adressées par

vos fournisseurs d'ébauches, que le Syn-

dicat des fabriques d'ébauches suisses et

françaises, avait décidé la suspension des

tarifs à partir du 45 janvier prochain,

si, d'ici à cette date, [l'immense majorité

des fabricants d'horlogerie, n'avait pas

pris l'engagement de soutenir effective-

ment le syndicat, en supprimant toutes

relations d'affaires avec les non-syndiqués.

(2)

2

Cette grave détermination a été impo- sée au syndicat des ébauches, par la faute de toute une catégorie de fabricants qui, sans méconnaître l'utilité du maintien du syndicat, donnent leur appui aux dis- sidents, dans le seul but de profiter d'un avantage problématique.

Il appartient aux membres du syndicat des fabricants d'horlogerie, qui, dans maintes décisions prises-en assemblée générale ont affirmé leur sympathie pour le syndicat des fabriques d'ébauches, d'ê- tre des premiers à lui apporter l'appui qu'il sollicite.

L'adhésion signée que l'on vous de- mande sera, pour le plus grand nombre d'entre vous, la simple confirmation de ce que vous avez mis en pratique jusqu'ici, soit les rapports d'affaires exclusifs avec les fabriques d'ébauches syndiquées.

En donnant l'appui qui vous est de- mandé, vous travaillerez dans l'intérêt général, en sauvegardant vos intérêts particuliers.

Est-il besoin de vous rappeler que la suppression du tarif des ébauches amè- nerait une perturbation complète du mar- ché horloger, au dedans et à l'étranger.

Diminuerait dans une proportion rui- neuse la valeur de vos stocks en mouve- ments et en montres.

Ferait retomber la qualité de l'ébau- che, et par conséquent de la montre, au niveau de ce qu'elle était avant le syndi- cat.

Produirait un abaissement des salai- res ouvriers, précurseur certain des con- flits et des grèves.

Affaiblirait toutes les organisations professionnelles qu'on a eu tant de peine à fonder.

Nous livrerait à tous les hasards de la concurrence à outrance, basée sur la baisse des prix et de la qualité.

Favoriserait la fabrication de la montra dite « patraque » qu'on a réussi à éli- miner de notre production et dont la ré- apparition compromettrait le bon renom de notre horlogerie.

Nous enlèverait enfin le gain de quatre années d'efforts dévoués, consacrés à l'or- ganisation de nos forces horlogères?

Toutes ces conséquences funestes dont nous n'énumérons que les principales, vous les avez pesées, et vous ne voudrez pas risquer d'en assumer la responsabi- lité par votre égoïsme ou votre indiffé-

rence.

En échange de l'appui qu'il vous de- mande, le syndicat des fabriques d'ébau- ches s'engage à ne discuter et adopter de tarif que dans des réunions plénières où vos mandataires siégerontavec un nombre de voix égal à celui des fabriques syndi- quées. Vos intérêts ne risqueront donc jamais d'être discutés sans vous; vous aurez voix au chapitre et cette organisa- tion rationnelle des rapports d'affaires entre fabricants d'ébauches et fabricants d'horlogerie, ne manquera pas de s'étendre

LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE aux autres groupements professionnels.

Nous vous invitons chaleureusement et de la façon la plus pressante, à signer l'adhésion qui vous est demandée et, pour donner plus de force à cet acte de soli- darité, nous convoquons tous les fabri- cants d'horlogerie des cantons de Berne et de Soleure, pour

Dimanche, 4 janvier prochain, à 2. h.

de l'après midi, au Bielerhof à Bienne, pour discuter des mesures collectives qu'il convient de prendre dans les circonstances sérieuses que nous traversons.

Nous vous présentons, Messieurs et chers collègues, nos salutations bien sin- cères.

LA. CHAMBRE SYNDICALE,

Le secrétaire : Le président : Fritz

HUGUENIN,

réd. Henri

THALMANN.

Le vice-président :

L . GlRARDIN-BoURGEOIS,

Henri

TURLER,

Bienne.

R.

BLUM-GOSCHLER,

Bienne.

Ferd.

BOURQUIN,

St-Imier.

Albert

VOISIN,

Corgémont.

N.

WILLIG,

Soleure.

OBRECHT-HUGI,

Granges.

Ls

RICHARD,

Tramelan.

Ee syndicat des ébauches

et les fabricants de la Chaux-de-Fonds Lundi soir, la société des fabricants d'horlogerie de la Ghaux-de-Fonds, a pris ides résolutions très importantes concer-

nant la question posée par la circulaire du syndicat des fabriques d'ébauches.

L'assemblée, très nombreuse, a donné son adhésion unanime à l'engagement demandé de ne rien acheter aux fabriques non-syndiquées, aux conditions suivan- tes :

1» Les fabricants pourront se procurer, cas échéant, en dehors du syndicat, des ébauches soignées et d'un prix supérieur à celui du tarif commun.

2° Les fabriques d'ébauches syndiquées s'engageraient à ne pas vendre d'ébau- ches aux fabricants d'horlogerie qui n'au- raient pas fait acte d'adhésion.

3° Rentrée dans le syndicat des ébau- ches des maisons qui en sont sorties et retrait des dernières dénonciations.

4° Discussion et adoption des tarifs par des assemblées plénières comprenant au- tant de délégués des fabricants d'horloge- rie que des fabriques d'ébauches.

La première de ces conditions est d'a- vance acceptée par le syndicat des ébau- ches ; en effet, sous le régime actuel, les fabricants n'étaient exclus du bénéfice de la prime de fidélité, qu'autant qu'ils ache- taient des ébauches aux fabriques qui, en dehors du syndicat, produisaient des ébauches rentrant dans la catégorie de celles tarifées par le syndicat. Les fabri- ques produisant des genres plus soignés

et plus chers, n'étaient pas considérées comme dissidentes; il.n'y aura donc rien de changé sur ce point.

La condition sous chiffre 4, est offerte par le syndicat des ébauches, dans sa circulaire du 18 décambre écoulé, et celle sous chiffre 3 se réalisera d'elle même, les fabriques qui ont dénoncé le syndicat, n'attendant qu'une invite des fabricants pour y rentrer.

Quant à la seconde condition elle est si logique, si indiquée par les circons- tances, que nous ne douions pas que le syndicat des ébauches n'y souscrive avec empressement.

La décision delà société des fabricants d'horlogerie de la Ghaux-de-Fonds est un événement dans l'histoire de notre orga- nisation horlogère.

Le National suisse, qui consacre son dernier article de tête à cette importante décision, formule les conclusions suivan- tes auxquelles nous nous associons plei- nement :

<t L'assemblée de la Ghaux-de-Fonds était très nombreuse, elle a examiné la situation avec tout le sérieux désirable ; elle a été unanime dans toutes ses décisions ; plus de cent cinquante fabricants signeront la lettre qui sera adressée aujourd'hui même à la chambre syndicale et dont nous avons indi- qué plus haut les points essentiels.»

« Nous espérons que cette assemblée por- tera des fruits, que tous les fabricants de la Suisse se rallieront à ses décisions et que le * syndicat des fabriques d'ébauches, encouragé et soutenu dans son œuvre si hautement utile à toute notre industrie, se reconstituera plus fort qu'auparavant. »

« Le jour où un syndicat réunira toutes les fabriques d'ébauches, où un autre syndi- cat groupera tous les fabricants d'horlogerie et où ces deux syndicats travailleront dans le même esprit de progrès et de loyauté, ce jour-là, chacun, patron ou ouvrier, pourra envisager l'avenir avec plus de confiance en- core et les syndiqués auront fait œuvre mé- ritoire pour l'industrie et pour la patrie. »

CHEZ LES BRODEURS

Nous disions, dans notre dernier nu- méro, qu'une assemblée des commerçants de St-GaIl, avait décidé de soutenir les brodeurs syndiqués, dans les mesures qu'ils décréteraient contre les non-syndi- qués. On sait que l'industrie de la bro- derie passe par une crise intense, et que, pour maintenir le travail à tous les ou- vriers qu'elle occupe, ainsi que pour ne pas arriver à une baisse de la main-d'œu- vre, le syndicat avait décidé la réduction des heures de travail.

Mais cette décision ne faisait pas l'af- faire d'une minorité qui décida sa sortie du syndicat, pour reprendre sa complète liberté d'action et travailler comme bon lui semblerait, au risque d'amener la baisse des prix de la main-d'œuvre et des prix de vente.

Comme on le voit les brodeurs, malgré

une organisation beaucoup plus complète

que celle à laquelle on travaille au sein

(3)

LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE de notre industrie horlogère, sont aux

prises avec les mêmes difficultés que cel- les contre lesquelles nous nous heurtons journellement, grâce à l'opposition des dissidents et des adversaires de toute organisation industrielle. Mais, tandis que chez nous, les syndicats ont à lutter non seulement contre les dissidents, mais en- core contre l'hostilité visible ou déguisée des négociants et commerçants, à Sl-GaIl, l'opinion se prononce de plus en plus en leur faveur et ils trouvent des points d'ap- pui dans des milieux qui, chez nous, n'ont guère témoigné, jusqu'ici, qu'une indifférence plus ou moins dédaigneuse à l'endroit des groupements professionnels.

C'est ainsi, qu'au commencement de la semaine passée, le consortium des banques de St-GaIl, après avoir discuté d'une manière très approfondie le rôle joué par le syndicat des brodeurs, a re-

connu que l'avenir même de cette indus- trie était lié à l'existence du syndicat et a décidé, à l'unanimité, de le soutenir énergiquement dans les mesures qu'il a prises contre les dissidents, pour les con- traindre à rentrer dans le giron du syn- dicat.

Voilà qui prouve que l'on comprend mieux à St-GaIl que dans nos cantons horlogers, le côté utilitaire des organisa- tions professionnelles; faudrait-il en con- clure que nos confédérés de la Suisse al- lemande sont mieux préparés que nous ne le sommes, pour les groupements syn- dicaux et qu'ils comprennent mieux que l'individualisme à fait son temps?

Quoi qu'il en soit des motifs qui ont guidé la haute finance de St-GaIl, il y a là un bel exemple de solidarité à imi- ter; espérons qu'il ne s'écoulera pas trop de temps avant qu'on ne comprenne aussi chez nous, que les dissidents égoïs- tes méritent qu'une levée générale de boucliers se produise au nom de nos intérêts industriels et commerciaux, et les fasse rentrer dans l'ordre.

Droits de séjour imposés aux étrangers en Russie

L'exposition projetée de Moscou donne de l'actualité aux renseignements suivants sur le séjour des étrangers en Russie.

Les étrangers qui pénètrent en Russie et y séjournent après avoir accompli les forma- lités nécessaires ont à acquitter diverses taxes dont il est utile de faire connaître le montant.

~ A u x termes des règlements en vigueur, tout étranger voulant pénétrer en Russie est tenu de se munir d'un passeport national re- vêtu du visa d'un agent diplomatique ou consulaire de Russie. Ce passeport doit être renouvelé tous les ans. Dès son arrivée dans le pays, l'étranger doit se pourvoir d'un per- mis de séjour valable pour trois mois et re- nouvelable, par conséquent, quatre fois par an.

Indépendamment du permis de séjour, l'étranger est tenu, après six mois de rési- dence, de demander un passeport russe va-

lable pour un an et renouvelable autant qu'il prolonge son séjour en Russie. Le moindre retard, même d'un jour, dans le renouvelle- ment de l'un ou de l'autre de ces documents entraîne le payement d'une amende calculée sur la base de 4 fr. 50 par mois. A défaut de payement de l'amende, le délinquant est pas- sible d'un emprisonnement dont la durée va- rie suivant le montant de l'amende.

Ces prescriptions sont strictement appli- quées, les délincants n'étant pas admis à ex- ciper de leur bonne foi ou de leur ignorance des règlements.

Pour quitter la Russie, l'étranger doit ob- tenir le visa de la police locale dans les gran- des villes ou du gouverneur de la province dans les autres localités. Ce visa est demandé par requête sur papier timbré (2 fr. 50) et n'est délivré qu'après production d'un certi- ficat du propriétaire ou du régisseur de la maison qu'il habite, légalisé par le commis- saire de police et constatant qu'il n'existe aucun empêchement à son départ. L'accom- plissement de ces formalités est de rigueur pour chaque voyage. Tout étranger pénétrant en Russie est donc soumis aux taxes suivan- tes :

Passeport national . . . . Fr. 12 50 Visa russe » 2 — Permis de séjour, renouvela-

ble tous les trois mais . . » 4 — (mais en Pologne seulement).

Passeport russe . . . . » 2 — Certificat du propriétaire ou

régisseur de la maison » 1 — Visa de départ Ï 2 50

Total Fr. 23 50 Ces taxes sont indépendantes des impôts appliqués aux nationaux comme aux étran- gers, tels que les guides ou ^'alentes de com- merce qui se divisent en trois classes et dont le montant varie suivant la localité.

L e s effets du gaz

par A.JAHAN

Beaucoup d'horlogers hésitent à se servir du gaz comme moyen d'éclairage pendant le travail ; j'avoue que, sans m'en rendre suffi- samment compte, j'ai longtemps partagé cette répugnance. Cependant, j'ai fini par en faire l'essai, et je m'en suis si bien trouvé que ce ne serait pas de bon cœur que je reviendrais aujourd'hui à l'usage de la vénérable lampe à huile dont il faut à toute minute vider le godet, ou même à la plus moderne lampe à pétrole.

Le gaz a contre lui ses émanations oxy- dantes, la chaleur considérable qu'il développe en brûlant et son prix assez élevé; mais d'un autre côté, il offre aussi bien des avantages:

c'est d'abord l'entretien réduit à sa plus simple expression, puisqu'il suffit de nettoyer de temps en temps le verre et d'épingler en- core moins fréquemment le bec ; sa clarté, bien supérieure à tout autre procédé d'éclai- rage (sauf cependant l'électricité qui, avec les perfectionnements que nous devons en attendre, nous semble appelée à devenir la lumière par excellence de l'avenir.) Ses incon- vénients peuvent s'atténuer en partie ; pour ce qui est de la chaleur, j'emploie un abat- jour très large et de hauteur proportionnée,

qui projette beaucoup de lumière sur mon travail tout en me garantissant complètement le front et les yeux ; avant d'adopter défini- tivement le gaz, je faisais usage d'une lampe à pétrole à douze mèches, dite à bec-mitrail- leuse, qui me donnait certainement moins de lumière et me coûtait presque aussi cher ;

la dépense un peu supérieure de l'éclairage au gaz est donc, à mon point de vue, large- ment compensée par l'augmentation de lu- mière qui, dans notre profession, n'est certes point chose à dédaigner.

Restent les émanations oxydantes : cepen- dant comme le gaz est universellement employé pour l'éclairage des magasins d'hor- logerie et bijouterie, je pense que ce n'est pas une considération bien importante d'avoir un ou deux becs de plus chez ceux de nos confrères qui travaillent en magasins, et que ce n'est plus à considérer du tout pour ceux qui ont un atelier séparé.

L'usage du gaz comme éclairage pendant le travail m'a conduit à employer le pétrole comme préservatif de la rouille et voici dans quelles circonstances :

J'avais entre autres, toujours posée sur l'établi, une bo'te de poinçons, qui, malgré tous mes efforts, rouillaient constamment.

Si je laissais la boîte ouverte quelque temps après avoir allumé la lampe, je voyais mes poinçons recouverts d'une légère couche de buée. Je les essuyais soigneusement et fer- mais la boite, c'était peine inutile: la petite quantité de vapeur d'eau contenue dans la boîte se condensait pendant la nuit et retom- bait sur mes poinçons que je trouvais le len- demain couverts d'une respectable couche de rouille; j'étais invité a i e s remettre en état chaque matin.

Ennuyé de cela, et après avoir essayé sans succès divers procédés, j'eus l'idée d'em- ployer un mélange de pétrole et d'huile d'olive dans ces proportions : environ 2/3 huile de pétrole et 1/3 huile d'olives. J'arro- sai copieusement mes poinçons, et pour plus de sûreté, j'enduisis intérieurement la boîte, autant qu'elle voulut prendre de liquide.

Depuis cette opération, faite il y a deux ans et demi, et que je renouvelle à peu près une fois par an, je n'ai jamais observé trace de rouille sur mes poinçons.

Ayant chez moi toute la fourniture qui m'est utile pour l'exercice de mon métier, je me sers du pétrole pour le même objet; je tiens égalemeut la lunetterie. Jamais rien ne rouille quoique le local qne j'occupe soit plutôt humide que sec.

Le mélange ci-dessus me sert également pour mettre sur ma pierre à l'huile ; la pierre ne s'encrasse pas et les outils s'affûtent beau · coup plus promptement que si l'on n'emploie que de l'huile pure.

Suite d'une grève

St-Imier, 29 décembre 1890.

Monsieur le rédacteur,

Veuillez insérer la présente dans votre estimable journal. La correspondance parue dans le numéro 296 du Jura bernois, par la Société des ouvriers faiseurs de pendants, couronnes etc., ayant été mal interprétée par quelques personnes et d'accord avec MM.

Neukomm et Bonaccio, nous rectifions la ré- daction de cette correspondance concernant la comptabilité qui a été déclarée fantaisiste, et déclarons qu'elle n'est pas à contester et qu'elle n'ajamais été suspectée par la Société des faiseurs de pendants, couronnes, anneaux, et galonné.

Veuillez agréer, etc.

Au nom des syndicats ouvriers de St-Imier : LES DÉLÉGUÉS.

-*•>-*<»<-

(4)

4 LA FÉDÉRATION HORLOGÉRE SUISSE

L'heure légale

Le gouvernement français a déposé, au mois de mars dernier, un projet de loi ayant pour objet l'adoption de l'heure, temps moyen de Paris, comme heure légale en France et en Algérie, et dont nous avons donné un aperçu à cette époque.

La commission chargée d'examiner ce pro- jet en a adopté l'article unique et a chargé M. Probst, député de la Côte d'Or, de rédiger le rapport.

Après avoir indiqué les inconvénients du système actuel, le raporteur fait remarquer que les compagnies de chemins de fer et l'ad- ministration des postes et télégraphes ont adopté l'heure de Paris.

L'objection qu'on a faite au projet de loi du gouvernement, à savoir : rompre avec les usages locaux, surtout au point de vue des campagnes, n'a qu'une importance relative et l'adoption d'une heure légale ne peut apporter aucun trouble aux habitants des campagnes.

La France a été d'ailleurs précédée dans cette voie par les nations voisine, l'Italie, la Belgique, une patie de l'Allemagne, l'Autri- che-Hongrie.

NOUVELLES DIVERSES P é a g e s . — Notre pays devient décidé- ment celui de la liberté et des hauts impôts indirects. Les péages accusent quelque chose comme 30 à 31 millions de recettes pour l'an- née 1890. Cela fait plus de 10 fr. par tète d'habitant. Cette somme de 10 fr., qui paraît si modique en apparence seulement, repré- sente pour une famille une somme qui de- vient excessive, car le contribuable, le père de famille sait pertinemment qu'il doit encore à la Confédération le servie militaire ou son équivalent, puis au canton l'entretien de l'ad- ministration cantonale, le service de l'ins- truction publique et des cultes, l'entretien des routes, etc. Comme le faisait observer un orateur au Conseil des Etats, l'énorme re- devance à la Confédération n'est pas en rap- port avec ses prestations vis-à-vis des con- tribuables, avec les hauts droits d'entrée, les tracasseries des douanes, le tout pesant sur- tout lourdement et désagréablement sur les populations frontières.

B u d g e t f é d é r a l . — Le budget pour 1891, tel qu'il a été adopté par les Chambre, pré- voit les chiffres suivants : dépenses, 78 mil- lions 37,500 francs; recettes, 65,638,000 fr. ; excédent des dépenses, 12,399,500 fr.

Il convient de rappeler que cet excédent provient des dépenses militaires extraordi- naires, telles que fortifications du Gothard, fabrication de nouveaux fusils et de la nou- velle munition.

C o n g r è s a n a r c h i s t e s . — Amilcar Ci- priani le fameux agitateur italien est arrivé à Bellinzona, où il a eu des conférences avec le chef du département de la police, au sujet du congrès socialiste ialien qui doit se tenir à Lugano. Il a été informé que le Conseil fédéral n'empêcherait pas la réunion du con- grès sur le territoire suisse, à condition qu'aucune manifestation extérieure ne se pro- duise, sans quoi il serait aussitôt dissous. On assure que des dissidences ont éclaté entre anarchistes italiens et français au sujet de la tenue de ce congrès.

Parmi les invités, on mentionne Elisée Re- clus, mais il est douteux qu'il vienne.

; C r i s e d e l a b o r d e r i e . — Par suite de la crise intense qui sévit sur les broderies, 550 machine se sont retirées de la Fédération des brodeurs, dont 100 h M. Fencart. Le comité invite les sociétaires restants (19,000 machines) à tenir bon, à ne travailler que

cinq jours par semaine et rien d'avance, pour maintenir les anciens prix. Dix surveillants, chefs de fabriques, ont été élus dans les diverses parties du réseau industriel ; leur mission est d'empêcher les contraventions aux instructions du comité central.

E x p o s i t i o n u n i v e r s e l l e a u x E t a t s - U n i s . — Une proclamation du président Harrison fixe au lei mai 1893, l'ouverture de l'exposition universelle. Il invite toutes les puissances à y participer.

! l ' i n d i c a t i o n d e p r o v e n a n c e . — La trésorerie de Washington annonce que les marchandises importées doivent non pas por- ter un nom de ville, mais le nom du pays d'origine.

P a r i s 1 S 8 » . — Des faits qui sont par- venus à notre connaissance nous engagent à rappeler aux intéressés ce que nous disions dans notre numéro 164, du 13 novembre écoulé, à savoir que « les maisons suisses qui, à l'occasion de la distribution générale des distinctions, pourraient recevoir d'une autre source que de l'autorité fédérale, des diplômes ou médailles quelconques ou des offres s'y rapportant, ne devront leur accorder aucune valeur et feront bien de ne pas les ac- cepter. »

Tous les exposants récompensés recevront exclusivement et directement du département fédéral des affaires étrangères, division du commerce, les distinctions qu'ils ont ob- tenues.

La préparation des diplômes et des mé- dailles pour leur expédition est en bonne voie d'exécution. Ainsi que nous l'avons dit dans notre numéro 173, du 2 décembre courant, les paquets les renfermant seront tous mis à la poste de même jour; or, comme il s'agit de 982 diplômes et 754 médailles qui doivent être minutieusejnent examinés et classés, puis emballés en paquets cachetés et pourvus de l'adresse de leurs destinataires, on com- prendre qu'un tel travail exige beaucoup de temps et qu'il s'écoulers peut-être quelques semaines encore avant qu'il soit terminé.

Feuille officielle du commerce.

C h a m b r e s f é d é r a l e s . — Parmi les ob- jets qui figuraient à l'ordre du jour de la session et qui n'ont été traités ni par l'un ni par l'autre des Conseils, nous mentionnerons le projet d'arrêté fédéral concernant l'encou- ragement de l'enseignement commercial, le projet de revision de la loi fédérale sur l'é- mission et le remboursement des billets de banque, le projet de revision de quelques dispositions de la loi sur les taxes postales, le projet d'arrêté portant ratification de la convention internationale sur le transport des marchandises par chemins de fer, et les de- mandes de concessions pour les lignes de chemins Reichenau-Ilanz-Dissentis, et Bâle- Sissach-Aarau.

Ajoutons à ce résumé sommaire que dans le cours de la discussion du budget pour 1891, M. le conseiller national Cramer-Frey a demandé à quoi en est la question des taxes de patente des voyageurs de commerce à la réglementation très, prochaine de laquelle l'Union suisse du commerce et de l'industrie ainsi que tout le monde commerçant en gé- néral, attachent une grande importance. M.

Ruchonnet. président de la Confédération, a répondu que le Conseil fédéral sera proba- blement en mesure de présenter aux Cham- bres fédérales, dans leursession de juin 1891, un rapport et des propositions sur cette ques- tion complexe.

S e c r é t a r i a t o u v r i e r s u i s s e . — Le Conseil des Etats s'est rallié, en seconde dis- cussion, à la décision du Conseil national qui, comme nous l'avons dit, porte de 10,000 à 20,000 le crédit accordé au secrétariat ou- vrier.

La création d'un poste d'adjoint français

n'est donc plus à discuter, et le comité di- recteur de la Fédération ouvrière suisse s'oc- cupe de trouver à cet effet un personnage réunissant les qualités nécessaires. Ainsi que l'a fait remarquer avec raison M. Decurtins au Conseil national, il s'en trouvera peu qui puissent remplir cet emploi ; ce doit être un homme qui a gagné ses éperons dans le mou- vement ouvrier et qui connaisse par cela l'é- lément particulier des Suisses occidentaux, qui sache le prendre en considération, et qui comprenne aussi le mouvement actuel de la réforme sociale.

Cet homme a été désigné paf les Unions des sociétés ouvrières du Locle et de la Chaux- de-Fonds : c'est M. Adhémar Schwilzguebel à Bienne. Ses mérites, sont dévouement à la cause ouvrière, ses connaissances incontes- tables des questions sociales le désignent comme né pour cette place.

L'Ouvrier horloger.

S t a t i s t i q u e d e s a c c i d e n t s U résulte des tableaux statistiques des accidents, qui ont pu être établis avec les indications four- nies par les recenceurs et les médecins, que, pendant la période du 1e r avril 1888 au 31 mars 1889, il s'est produit en Suisse 21,121 accidents ayant occasionné la mort ou une incapacité de travail de plus de six jours.

Les accidents mortels ont frappé 1089 per- sonnes, laissant ensemble 719 mineurs, 490 veuves et veufs, et 97 pères et mères, aïeuls, etc., dont elles étaient les soutiens. Les ac- cidents suivis d'invalidité (incapacité de tra- vail à vie, soit totale, soit partielle) se sont élevés à 511. Enfin on a compté 19,521 cas de maladie (incapacité de travail passagère) avec un total de plus de 600,000 journées de maladie.

S o c i é t é p o u r l a p r o t e c t i o n d u c r é d i t .

— Dimanche dernier étaient réunis à Bienne des délégués de la Société pour Ia réforme de la protection du crédit. Etaient représen- tées, dit le Bund, les sections de Bienne, Thoune, Bâle, Zurich, Chaux-de-Fonds et Berthoud. L'assemblée à décidé : de créer un bureau central dont l'activité s'étendrait aussi en France, en Italie et en Autriche ; d'adopter un nouveau tarif, avec taxes majo- rées, pour les informations dans les pays d'outre-mer ; de constituer de nouvelle sec- tions dans le Jura et dans les cantons de Fri- bourg, Vaud et Valais.

R e n t e f é d é r a l e d e s c h e m i n s d e f e r .

— Nous avons déjà annoncé que l'emprunt fédéral a été réparti. La Suisse aura 13,099,000 francs à verser, la France 21,495,000 francs et l'Allemagne 406,000 francs.

On a remarqué le peu d'empressement de la finance allemande à souscrire à notre em- prunt. Ce n'est pas étonnant. L'Allemagne a absorbé en ces trois dernières années une masse énorme de titres de nos chemins de fer, grâce aux bruits de rachat, qui fai- saient espérer à la finance allemande une très brillante opération. A ce propos on assure qu'en Allemagne on est un peu vexé de voir l'emprunt fédéral coté à 89,99, alors que les 3 °/0 allemand et prussien sont émis à 87. A ce propos, le Reichsbote publie une philippique inconvenante dans laquelle il est question « de l'emprunt d'un petit peuple mélangé, qui pourrait être dispersé par le premier tourbillion politique ». Cette phra- séologie a le tort de n'être plus à la mode; la Confédération a bonne réputation au dehors, on la sait fidèle à des habitudes d'ordre et d'économie qui lui font honneur et, du reste, la répartition n'attribuant que 406,000 francs à l'Allemagne, cette modeste somme ne met- tra pas les 3 °/0 allemand et prussien en pé- ril.

Le rédacteur responsable : Fritz HUGUENIN

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phone ont été sacrifiés aussi de la même façon à la sécurité publique. Toute la population de la ville est dans la plus grande agitation ; une foule énorme passe la journée

L'appui financier et moral des bureaux de contrôle ne manquerait pas de contribuer puissamment aux progrès d'une œuvre qui tend au relèvement de l'industrie horlogère en général

Mais les patrons dissidenls avaient fini par s'accoutumer à vivre avec celle pers- pective d'une grève loujonrs annoncée et toujours différé et quoique des offres très