HAL Id: jpa-00244842
https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00244842
Submitted on 1 Jan 1980
HAL is a multi-disciplinary open access
archive for the deposit and dissemination of
sci-entific research documents, whether they are
pub-lished or not. The documents may come from
teaching and research institutions in France or
abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est
destinée au dépôt et à la diffusion de documents
scientifiques de niveau recherche, publiés ou non,
émanant des établissements d’enseignement et de
recherche français ou étrangers, des laboratoires
publics ou privés.
Utilisation des mesures de bruit pour la détermination
du photocourant primaire dans les photodiodes à
avalanche N+Pπ P+ au silicium
R. Alabédra, C. Maille, D. Ratsira, G. Lecoy
To cite this version:
Utilisation des
mesuresde
bruit
pour
la détermination
du
photocourant
primaire
dans les
photodiodes
à
avalanche
N+P03C0 P+
ausilicium
(*)
R.
Alabedra,
C.Maille,
D. Ratsira et G.Lecoy
Centre d’Etudes d’Electronique des Solides (**)
Université des Sciences et Techniques du Languedoc, 34060 Montpellier Cedex, France
(Reçu le 4 février 1980, révisé le 21 mars 1980, accepté le 1 er avril 1980)
Résumé. 2014 L’utilisation d’un
photodétecteur nécessite la connaissance de sa
puissance
équivalente de bruitqui est une fonction du facteur de
multiplication
des porteurs de charges. Dans une photodiode au Si du typeN+P03C0P+,
l’extension de la zone de charge d’espace et l’ionisation par impact des porteurs entraînentsimultanément une
augmentation
du photocourant initial. L’objet de cet article est de dissocier les deux effets,le
premier
ayant pour conséquence l’augmentation du photocourantprimaire qui
sera alorsmultiplié
pour donnerle courant résultant. Les mesures de bruit de fond permettent d’atteindre le photocourant non
multiplié.
Lesauteurs montrent dans le cas
particulier
de cesdispositifs
que l’augmentation du photocourantprimaire
due à l’extension de la charge d’espace peut atteindre un facteur 2. (La non-connaissance de cette valeur entraînant naturellementd’importantes
erreurs sur la détermination de lapuissance équivalente
de bruit de laphotodiode
en
régime
defonctionnement.)
Abstract. 2014 Theuse of a photodetector requires a satisfactory knowledge about the noise equivalent power which
is a function of the
multiplication
of the charge carriers. In a silicon diode of the type N+P03C0P+, the extension of the space charge and theimpact
ionisation together cause an increase in the initial photocurrent. It is the purpose of this paper to make a distinction between these two effects. The former increases theprimary
photocurrent whereas the lattermultiplies
it. Noise measurements are used to mark this transition. The authors show inparticular
that the increase of theprimary
photocurrent due to the extended space chargeregion
can attain a factor of two(if this value is unknown, the errors in the determination of the noise equivalent power of the
photodiode
can be substantial).Classification
Physics Abstracts 72.70
Liste des
symboles :
a : Coefficient
d’absorption optique.
A : Surface de la
jonction.
Dn,
Dp :
Coefficient de diffusion des électrons et destrous.
e(x)
: Valeur duchamp
en unpoint x
de la zone decharge
d’espace.
emax : Valeur maximale du
champ
électrique
à lajonction métallurgique.
G(x)
: Taux degénération
depaires’
électron-trou à une distance x.I : Courant
électrique
total traversant unejonc-tion.
Io
: Courantélectrique
primaire
(non
multiplié).
INo, Ip.
Photocourantélectrique primaire
d’électronset de trous
injectés
depart
et d’autre de lazone de
multiplication.
(*) Travail supporté par la Convention CNET n° 79 9B 265 BCW/ / LAY.
(**) Associé au C.N.R.S.
Iwo:
: Photocourantélectrique primaire
despor-teurs
générés
à l’intérieur de la zone demultiplication.
In,
Ip
: Courantélectrique
d’électrons et de trous.J : Densité de courant.
k
: Rapport 03B2/03B1.
Ln,
Lp :
Longueur
de diffusion desporteurs
mino-ritaires : électrons et trousrespectivement.
M : Coefficient de
multiplication.
ni : Densité de porteursintrinsèques.
Nd, Na :
Densitéd’impuretés
donneurs etaccepteurs
respectivement.
N : Densité
d’impuretés
dans la zone n.llrP
: Densitéd’impuretés
dans la zone P.P : Puissance lumineuse.
An : Densité d’électrons dans la zone n.
Ap
: Densité de trous dans la zone N+.q
: Charge
de l’électron.R : Coefficient de réflexion
optique
d’unesur-face.
Rp
: Profondeur del’implantation ionique.
ARP
Ecart autour deRp.
1202
s : Vitesse de recombinaison en surface.
S : Dose
d’implantation ionique.
Si(f)
Densitéspectrale
des fluctuations de courantde bruit.
V : Tension
appliquée.
v(x)
: Potentielélectrique
à une distance x.W :
Longueur
de la zone decharge
d’espace.
WA : Longueur
de la zone d’avalanche(~
RP).
xj : Profondeur de la
jonction.
Xc
: Longueur
de la zone n.a,
P
: Coefficient d’ionisation de l’électron et du trou.({Jt : Flux lumineux arrivant sur une surface. (P 0 : Flux lumineux transmis à l’intérieur du
cristal.
À
: Longueur
d’onde.,un, J-lp Mobilité des électrons et des trous.
v
: Fréquence (généralement optique).
p : Rendement
quantique
interne.s : Constante
diélectrique
du silicium. 7 : Sensibilité d’unphotodétecteur.
ao : Sensibilité d’une
photodiode
à avalanche pour M = 1.1. Introduction. - Le
développement,
dans le domaine des télécommunications par fibreoptique,
de sources de lumière cohérente(laser)
ou incohérente(diodes
électroluminescentes)
pour véhiculerl’infor-mation,
est allé depair
avec celui desphotodétecteurs
rapides
et sensibles. Lesphotodiodes
PINpermettent
d’obtenir destemps
deréponse
inférieurs à lanano-seconde,
mais pour leur utilisation en détection designaux
de faibleamplitude,
il faudrait leur associer desamplificateurs
dont leproduit gain-bande
passanteest nécessairement limité. Par contre, les
photodiodes
à avalanche semblentprésenter
un meilleurcompromis
entre
l’amplification
et larapidité. S’inspirant
de la diode de Read[1], Ruegg [2]
proposa en 1967 unestructure N+PrcP+
qui
possède
lesavantages
dugain
interne desphotodiodes
N+P à avalanche et ceux desphotodiodes
PIN :rapidité
et sensibilité. Dans cesdispositifs
àavalanche,
il faut déterminer avecpré-cision le facteur de
multiplication qui
intervientimplicitement
dans la détermination de lapuissance
Fig. 1. - Vue en
coupe d’une photodiode N+03C0P03C0P+.
[Crossection of the N+03C0P03C0P+ diode.]
équivalente
de bruit. L’effet de l’extension de la zonede
charge
d’espace
sur lephotocourant
primaire
etpar voie de
conséquence
sur le facteur demultiplication
a été mis en évidence par V. W. Gartner[3].
Enl’ab-sence de toute
multiplication
par ionisation parimpact,
cet effet se traduit par uneaugmentation
duphotocourant.
Dans la structure N+P03C0P+lorsque
lesporteurs sont créés dans la zone 03C0 et que la
multi-plication
alieu,
il est alorsimpossible
par des mesuresau
premier
ordre d’atteindre lephotocourant
nonmultiplié.
L’objet
de cepapier
est de déterminer ceparamètre
àpartir
des mesures de bruit. 2.Description
dudispositif.
- Lesphotodiodes
à avalanche étudiées(type
CG5700)
sontfabriquées
par les Laboratoires de
Marcoussis,
Centre de Recher-ches de laCompagnie
Générale d’Electricité[4].
Ces
composants
ont été réalisés selon unegéométrie
circulaire sur des substrats
épitaxiés
detype
p de résistivité de l’ordre de 25 à 29 Q. cmLa surface active a un diamètre de 150 pm. La
figure
1montre une vue en coupe du
dispositif.
La zone pest obtenue par
implantation ionique (énergie
d’implantation
1MeV)
réalisée au CNET Lannion.Avec un tel
profil d’impuretés
lamultiplication
parionisation par
impact
seproduira
auvoisinage
de lajonction
N+P. Lajonction
N+rc joue
le rôle d’anneau degarde.
L’anneaustoppeur
a pour but debloquer
lecourant de fuite de surface dû à la
présence
d’une couche d’inversion à l’interfaceSi02-Si.
Laprofondeur
de lajonction x,
est voisine de0,4
gm. Pour unfonc-tionnement correct de cette structure, la zone de
charge
d’espace
de lajonction
N+P doit atteindre larégion n
pour une valeur finieMo
de lamultiplication.
Uneaugmentation
de la tension depolarisation
au-delà de cette valeur entraîneral’apparition
d’unpalier
dans lacaractéristique
courant-tension. La tensioncorrespondant
au début de cepalier
estappelée
tension dereach-through [2].
Pour une
longueur
d’onde donnéel’absorption
etla création de
photoporteurs
se fontplus
ou moinsprofondément.
La sensibilité maximum serait donc atteinte pour unephotodiode
assezlongue.
Ceciprésente
néanmoins,
quelques
inconvénients,
à savoir :- la limitation
en
fréquence
à cause dutemps
detransit ;
- la nécessité de
polariser
à très forte tension pourdépeupler complètement
la zone n.Un bon
compromis
entre larapidité
de détectionet la sensibilité semble être une
longueur
de l’ordrede la
profondeur d’absorption
1 /a.
Lesphotodiodes
étudiées ont unelongueur
de 20 pm et une sensibilitémaximum au
voisinage
de 03BB =0,8
gm
(Fig.
2).
Ceciprésente
un double avantage.i)
Les sources de lumière à l’état solide auvoisinage
Fig. 2. - Sensibilité en
A/W en fonction de la longueur d’onde du
dispositif N+ nPnP+.
[Sensitivity in A/W as a function of wavelength of the N+03C0P03C0P+
device.] ]
ii)
La création de porteurs enprofondeur
dansce
type
de structure entraîne uneinjection
presquepure d’électrons
qui
sont les porteurs lesplus
ionisants dans le silicium.Lorsque
la zone n est totalementdépeuplée,
larapidité
deréponse
des structures N+P03C0P+ estprati-quement semblable à celle des diodes PIN de même
longueur,
tout en bénéficiant des avantages dugain
interne dû à lamultiplication
par ionisation par chocs. 3. Définition de différentsparamètres
intervenant dans le modèle de caractérisation de laphotodiode
à avalanche. -Considérons une structure
N+P03C0P+
(Fig.
3a).
La concentration enimpuretés
dans lazone N+ est suffisamment élevée pour supposer que la zone de
charge
d’espace
s’étenduniquement
dans la zone P. Celle-ci étant obtenue parimplantation
ionique,
leprofil
de concentration estgénéralement
assimilé à une distribution
gaussienne
(théorie
deLindhard,
Scharff et Schiott[5,
6]),
dont la variationen fonction de la distance est donnée par la relation :
représentée
sur lafigure
3b.La
région
decharge
d’espace
étant lesiège
d’unchamp
électrique
intense,
lesporteurs
y transiteront à leur vitesse limite. Ensupposant
pratiquement
toutes les
impuretés
ionisées,
l’intégration
del’équa-tion de Poisson
compte
tenu de la condition limiteE( W)
= 0 permet d’obtenirl’expression
duchamp
électrique
e(x) :
dont la variation en fonction de x est
représentée
sur lafigure
3c,
le maximum étant obtenu en x = 0.Fig. 3. - Profil de distribution des
impuretés et champ électrique
interne en fonction de x.
[Impurity profile and electric field as a function of X.]
Une seconde
intégration
nous donne la distribution dupotentiel V(x). Compte
tenu del’expression
duchamp
électrique
e(x)
et de celle deV(x),
il est aisé deconstater que l’influence de la zone p est directement liée à sa
position
dans la zone n. En effet siRp
est trèsgrand,
nous retrouvons les relations d’unejonction
Nu
abrupte.
Dans le but de serapprocher
leplus
possible
du modèle idéal deRuegg [2],
lesparamètres
dudispositif, plus particulièrement
Rp,
ARP
etS,
doivent être
ajustés
de telle sorte que lechamp
élec-trique
entre 0 etRp
dépasse
lechamp
critique
d’ioni-sation enrégime
normal de fonctionnement et que laFig. 4. - Variation de la
capacité en fonction de la tension
appli-quée.
1204
zone 03C0 soit entièrement
dépeuplée.
Enanalysant
lesvariations de la
capacité
en fonction de la tensionappliquée (Fig.
4)
ainsi que lacaractéristique
I =f (V)
à l’obscurité
(Fig.
5),
on constate que la diode 1.186 . 3 étudiée serapproche
du modèle deRuegg [2].
La tensionVrt
déterminée sur la courbe C =f(V)
correspond
tout à fait à celle déterminée sur lacaracté-ristique
I =f(V).
Nous n’allons pas icianalyser
lecourant d’obscurité
qui
dans le cas de notre échantillon varie entre 10-12 A et 4 x10-11
A. Eneffet,
cettequantité
seranégligeable
devant lesphotocourants
toujours
supérieurs
à 10-’ A.Fig. 5. -
Caractéristique I = f (V) à l’obscurité.
[Dark current plot I = f (vu
4.
Expression analytique
desphotocourants
pri-maires. - Soit({J1 le flux de
photons,
d’énergie
hv,
arrivant sous incidence normale à la surface d’undispositif d’épaisseur
suffisante. Le flux dephotons
({J 0 =(1 - R)
91
pénétrant
dans lecristal y
est donc entièrement absorbé.Chaque
photon
absorbé n’est pas forcément actif :absorption
par desporteurs
libres,
dispersion
par lesimperfections
du réseau cristallin... En tenantcompte
du coefficientd’absorp-tion,
le taux degénération
depaires
électron-trou à unedistance X de la surface du cristal est :
Après
excitationoptique,
la concentration desporteurs libres dans le
cristal,
se trouveaugmentée.
Durant leur durée de
vie,
lesphotoporteurs
sedépla-cent sous l’influence du
champ
externe, dugradient
de concentration etc... Ainsi dans le cas de laphoto-diode,
la nature duphotocourant
dépendra
du processus detransport
desphotoporteurs.
Dans lazone de
charge
d’espace,
le courant est essentiellementun courant de conduction
(en
négligeant
lesrecom-binaisons),
tandis que dans les zones neutres le courantest essentiellement celui dû à la diffusion des
porteurs
minoritaires. Nous ne considérons que le cas uni-dimensionnel. Pour obtenir la distribution desporteurs
en l’absence d’ionisation par
impact,
il nous fautrésoudre les trois
équations
suivantes :a)
L’équation
de continuitéqui
tientcompte
de lagénération
et de la recombinaison desporteurs
decharge
en excès.b)
L’équation
detransport
qui
décrit le mouvementdes
porteurs
sous l’influence duchamp électrique
etde la diffusion.
c)
L’équation
de Poisson.Les
hypothèses simplificatrices
sont les suivantes :i)
Génération à faibleniveau,
c’est-à-dire que la concentration desporteurs
majoritaires
resteprati-quement
inchangée,
tandis que celle des porteurs minoritairespeut
être fortement modifiée.ii)
La recombinaison en volume est une fonctionlinéaire de la concentration des
porteurs
minoritairesen excès.
iii)
La recombinaison en surface est directementproportionnelle
à la concentration en excès à lasurface.
Soit une
jonction
N+P soumise à une excitationoptique
du côté N+(Fig.
3a).
Compte
tenu de l’orien-tation des axes, le taux degénération
de porteurs à l’intérieur du cristal est donné par :Le niveau
d’injection
serasupposé
assez faible detelle sorte que la concentration des
porteurs
majo-ritaires de
part
et d’autre de lajonction
demeureinchangée.
Le courant est doncrégi
par les porteurs minoritaires. Deplus,
dansl’hypothèse
des courantsfaibles,
lechamp
électrique
est sensiblement nul à l’extérieur de la zonedéplétée
et la composante ducourant de conduction est
négligeable.
Dans la zonede
déplétion,
en raison duchamp
électrique
intensequi
yrègne,
lesporteurs
sontséparés
etparticipent
à la
conduction,
on supposequ’ils
transitent à leur vitesse limite et que letemps
de transit est nul.Du fait de la valeur différente des coefficients d’ionisation des trous et des électrons dans le cas du
silicium,
ondécompose
lephotocourant
primaire
suivant la nature des porteurs
injectés
dans la zone demultiplication.
4.1 PHOTOCOURANT PRIMAIRE DE TROUS INJECTÉS DANS LA ZONE DE MULTIPLICATION. - Il
est constitué par la diffusion des
porteurs
créés dans la zone N+.En
intégrant l’équation
de continuité(a)
avec leshypothèses
simplificatrices
(i),
on obtient en tenantCette composante du
photocourant
primaire
estindépendante
de la tensionappliquée
et elle est surtoutsensible à la
profondeur
de lajonction
xj, à la vitesse de recombinaison en surfaces et au tauxd’absorp-tion a.
4.2 PHOTOCOURANT PRIMAIRE D’ÉLECTRONS
INJEC-TÉS DANS LA ZONE DE MULTIPLICATION. - Cette
compo-sante du
photocourant
estcomposée
de deuxparties :
- Courant de
conduction des porteurs créés dans la
partie
de la zone decharge
d’espace
où iln’y
a pasionisation par
impact.
- Courant de diffusion des
porteurs créés à l’exté-rieur de la
région
decharge
d’espace.
.
De la même manière que dans le
paragraphe
4.1on obtient
l’expression
duphotocourant :
avec les conditions aux limites suivantes :
On constate que cette composante du
photocourant
primaire
dépend
par l’intermédiaire de W de la tension depolarisation.
D’autre part, le dernier terme s’annulequand
xc = W etINo
se sature du faitque W
nepeut
plus
s’étendre au-delà de Xc. On obtient donc pour lacomposante maximale
INosat
l’expression :
4. 3 PHOTOCOURANT PRIMAIRE DES PORTEURS CRÉÉS
DANS LA ZONE DE MULTIPLICATION. - Cette
compo-sante du
photocourant
est due aux porteurs créésuniquement
dans la zone demultiplication,
soit :ce
qui
donne enintégrant :
4.4 PHOTOCOURANT PRIMAIRE TOTAL. - Le
photo-courantprimaire
totalqui
traverse la diode enl’absence de
multiplication
est la somme des trois relations(7),
(8)
et(12).
De ces trois composantesc’est la relation
(8)
qui
montre ladépendance
duphotocourant
primaire
avec la tension depolarisation
appliquée
par l’intermédiaire de Wqui
n’est rien d’autre que l’extension de la zone decharge
d’espace.
En
présence
demultiplication,
cet effet entraîne uneindétermination du facteur de
multiplication
M. Eneffet,
la variation du courant total est consécutive à laconjugaison
des deux processus. Pour cetype
destructure
N + PnP +,
il serait néfaste de réduire cettecomposante
duphotocourant
donnée par la rela-tion(8)
car d’une part lamultiplication
par les électronsest
plus
grande
que celle due aux trous et d’autrepart
dupoint
de vue dubruit,
l’injection
des porteurs lesplus
ionisants(les
électrons dans leSi)
est la moinsbruyante.
z
5. Calcul de la variation du
photocourant primaire
en fonction de la tension de
polarisation
en l’absence demultiplication.
- Nous allons calculerl’expression
du
photocourant
total en l’absence demultiplication
pour deux structures N + nP + et N + PnP + éclairées du côté N+ à différentes
longueurs
d’onde c’est-à-dire pour différents coefficientsd’absorption optique a
correspondant
à des créations dephotoporteurs
enprofondeur
et en surface. Si lesphotoporteurs
sontcréés en surface le
photocourant
doit êtreindépendant
de la tensionappliquée.
Par contre, dans le cas de création enprofondeur,
l’effet de l’extension de la zonede
charge
d’espace
doit être sensible et lephotocourant
doit varier en fonction de la tensionappliquée.
Lafigure
6représente
la variation durapport
calculé deIph(V)/Iph(0)
en fonction de la tensionappliquée
pourla structure N+ nP+. Pour un coefficient
d’absorption
a = 5 x 104 cm-1
correspondant
à unelongueur
d’onde À voisine de 426 nm, tous les
porteurs
sontcréés en surface et le
rapport
Iph(V)IIph(O)
resteégal
c’est-à-1206
Fig. 6. - Variation calculée du
rapport
Iph(V)/Iph(O)
en fonction de la tension appliquée pour différents coefficients d’absorptionpour la diode N+03C0P+.
[Calculated ratio
Iph(V)/Iph(O)
as a function of the applied voltagefor different absorption coefficients of the N+ nP+ diode.]
dire pour des créations de
photoporteurs
enprofon-deur,
on voit que l’extension de la zone decharge
d’espace
entraîne une variation duphotocourant
enfonction de V. Cette variation peut atteindre
jusqu’à
80 %
dansl’infrarouge.
On peut vérifierexpérimen-talement ce résultat en mesurant la
photocaracté-ristique
Iph =
f (V)
d’une structure N+ nP+ auxlongueurs
d’onde 03BB = 426 nm et = 827 nm. Cescourbes sont
représentées
sur lafigure
7. Au = 426 nmla création des
photoporteurs
se fait en surface et savaleur sera
indépendante
de l’extension de la zone decharge
d’espace
dans la zone 03C0 donc de la tension Vappliquée.
On constate en effet sur lafigure
7 que lephotocourant
resteégal
à 10 - 8 Ajusqu’au
seuil de la tension declaquage.
Résultatqui
se trouve en bonaccord avec celui calculé et
représenté
sur lafigure
6. Par contre, à = 827 nmpour
laquelle
les photo-porteurs sont créés enprofondeur
dans la zone n nous observonsqu’entre
0 V et 170V,
lephoto-courant
primaire
de 10-8 A a varié d’un facteur1,9
Fig. 7. - Caractéristique I = f (V) de la diode N+03C0P+ à deux
longueurs d’onde correspondant à la création des photoporteurs
en surface (À = 426 nm) et en profondeur (03BB = 827 nm).
[Current-voltage plot of the N+03C0P+ diode at two wavelengths corresponding to a creation of photocarriers at the surface
(03BB = 426 nm) and at a greater depth (y = 827 nm).]
en bon accord avec le résultat calculé sur la
figure
6.Cette
augmentation
duphotocourant
dans ce casd’expérience
estdue,
en l’absence de toutemultipli-cation à l’extension de la zone de
charge
d’espace.
Pour la structureN+P03C0P+,
cette vérificationexpé-rimentale ne sera pas
possible
du fait de laprésence
simultanée de l’ionisation par
impact
et de l’extension de la zone decharge
d’espace.
Néanmoins,
on peuttoujours
calculerl’expression analytique
durapport
duphotocourant
Iph(V)/Iph(O)
en fonction de la tension depolarisation
V ;
ceci estreprésenté
sur lafigure
8 pour différents coefficientsd’absorption.
Si lesporteurs
sont créés en surface(a
= 5 x 104cm -1)
le
photocourant primaire
estindépendant
de la tensionappliquée.
Par contre,lorsque
lesphotoporteurs
sont créés de
plus
enplus
loin,
c’est-à-dire dans lazone n, nous voyons
apparaître
l’influence del’exten-sion de la zone de
charge
d’espace qui
devientprépon-dérante dès que la tension
appliquée dépasse
la tension de reachthrough.
Pour a = 102 cm-1 l’écartpeut
atteindrejusqu’à
80%.
Fig. 8. - Variation calculée du
rapport Iph(V)/Iph(0) en l’absence de multiplication pour la diode N+P03C0p+.
[Calculated ratio
Iph(V)/Iph(O)
without any multiplication for thediode
N+P03C0P+.]
On définit habituellement le coefficient de
multi-plication
M comme étant lerapport
duphotocourant
Iph(V)
à la tension V sur lephotocourant
Iph(O)
à latension 0 V ou à une tension faible devant la tension
de
claquage.
Cettedéfinition,
exacte pour une créationen surface des
photoporteurs
entraîne une erreurimportante
dans le cas d’une création enprofondeur
dans la zone n. En
effet,
le
vraiphotocourant primaire
multiplié
n’est pas celui défini à 0V,
mais celuiqui
existe vraiment à la tension d’utilisationqui
tiendracompte
de l’extension de la zone decharge d’espace.
Si toute la zone 03C0 estdépeuplée
alors le vrai courantprimaire multiplié
est celui défini par la relation(10)
c’est-à-dire leINo Sat.
Nepouvant
pas atteindre ceparamètre
sur lescaractéristiques
Iph(V)
=f(V)
(Fig.
9),
nous utilisons alors la caractérisation enFig. 9. -
Caractéristique 1= f (V ) à deux longueurs d’onde
correspondant à la création des photoporteurs en surface
(03BB = 426 nm) et en profondeur (À = 827 nm).
[Current-voltage plot of the N+P03C0P+ diode at two wavelengths
corresponding to a creation of photocarriers at the surface
(03BB = 426 nm) and at a
greater depth (Â = 827 nm).]
6. Bruit dans les
photodiodes
à avalanche N+PnP+.- Les
photodiodes
à avalanche sontuniquement
utilisées en
régime
demultiplication.
On ad’après
lathéorie de
Mclntyre [7]
les relations suivantes :- Pour
une
injection
pure de trous :Expérimentalement
le bruit associé auxphotodiodes
à avalanche
peut
êtreapproximé
parl’expression :
avec x = 3
quand
oc =fi.
Si
Iinj
est lephotocourant
10(0)
déterminé à 0 Vet I le courant total
qui
traverse la diode à latension V,
l’expression
(15)
peut
encore s’écrirecompte
tenudu fait que M =
1110(0).
Deux cas
peuvent
seprésenter :
a)
Le courantprimaire Io
estindépendant
de la tension depolarisation.
La courbereprésentative
deSi( f )
en fonction du courant depolarisation
I de la diode est une droite D depente x
en coordonnéeslogarithmiques.
b)
Le courantprimaire
Io
est une fonction de latension de
polarisation.
Lespoints figuratifs
deS;( f )
pourchaque
valeur de I, se trouveront sur une famillede droites
parallèles Di
dont l’intersection avecDo
= 2qI
détermine le courantprimaire.
Nous simulons ce résultat sur la
figure
10,
qui
repré-sente la variationthéorique
deSi(j)
en fonction ducourant I de
polarisation
de la diode en coordonnéeslogarithmiques.
Ilapparaît
sur cettefigure
que si lamultiplication
n’a pas eulieu,
mais que le courantprimaire I.
varie avec latension,
on obtiendrait dubruit de
grenaille
pur,Si(f)
= 2qI (section AB).
Par contre, en
présence
demultiplication,
lepoint
figuratif
deSi( f )
pour un courantI.,
donné,
corres-pondant
à un courantprimaire
I..
se situe sur ladroite
D.
= 2qlôm x Ix
avec1 = lm
(point
C).
Sinous ne tenions pas
compte
de la variation du courantprimaire
en fonction de lapolarisation,
dans ladéfi-nition du coefficient de
multiplication,
lepoint figuratif
se trouverait en E
[8].
Fig. 10. - Variations calculées de S;( f ) en fonction du courant de
polarisation compte tenu de l’extension de la zone de charge d’espace
de la diode N + nPnP + .
[The calculated current spectral density as a function of the current,
taking into account the extension of the space charge region of the diode N+03C0P03C0P+.]
Lorsque
le courantprimaire
se sature(lo sat),
1 c’est-à-dire que toute larégion n
estdéplétée
jusqu’au
P+( W
=xc) (Figs
3a et3b),
le bruit estreprésenté
par la droite
Dsat
= 2qI1-x0 satIx.
La détermination
précise
du courantprimaire
etpar voie de
conséquence
du coefficient demultipli-cation revêt donc une
importance primordiale
dansl’évaluation de la
grandeur
du bruit associé à unprocessus de
multiplication.
Lerapport
entre la valeur du bruit si onprend
comme courantprimaire,
celui à 0 VI’0
et la valeur réelleIo
est donné par :Si
(IlIo)
est de1,8
et x =2,5
lerapport
est de2,41
1208
Sur la
figure
11,
nous avonsreporté
la courbe de bruitexpérimentale
pour unephotodiode
de structure N+P03C0P+(I.186.3)
à deuxlongueurs
d’ondediffé-rentes
(03BB
= 426 nm et = 827nm).
Nous constatonsque pour une création de
porteurs
en surface(03BB
= 426nm)
lephotocourant
primaire
n’est pasaffecté par l’extension de la zone de
charge d’espace
et demeure
pratiquement
constant.Si( f )
=f (I)
estreprésenté
par une droite depente 3,93
qui
démarreà
partir
deIph(o
V)
= 10-’ A. Par contre, pour unecréation en
profondeur
(03BB
= 827nm)
et la mêmevaleur du courant
primaire
à 0 V(10-’
A),
lecompor-osai
-1 A)----.
Fig. 11. - Densité
spectrale S;(f) en fonction du courant de
pola-risation à = 426 nm et à = 827 nm.
[Current spectral density as a function of the current at À = 426 nm
and = 827 nm.]
tement du bruit est semblable à celui simulé sur la
figure
10. L’intersection de la droite 2qlosat
NI2,4avec la droite 2
qI
(Fig.
11),
nous donne la valeur ducourant
primaire
Io Sat
qui
estinjecté
dans la zonede
multiplication
lorsque
toute la zone 03C0 estdéplétée.
Compte
tenu de laprécision
des mesures de bruit(~
10%)
lerapport
du courantprimaire
à lasatu-ration sur celui mesuré à la tension
nulle, peut
êtreestimé à 2. L’influence sur le facteur de
multiplication
est directe
puisque
si l’on s’en tient à la définitionclassique,
on obtiendrait un facteur demultiplication
M deux fois
plus
grand
que celui existant réellement. Notons que cephénomène
n’est pas propre auxstructures N+P03C0P+ mais valable pour tous les
photo-détecteurs à zone de
déplétion
comme l’a montré Gartner[3].
Seulement l’effet n’est sensible que pour lesdispositifs
à forte résistivité. En cequi
nousconcerne, la caractérisation par la méthode de mesure
de bruit de
photodiodes
à avalanche nouspermet
donc de leverl’ambiguïté
quant
à la déterminationexpé-rimentale du facteur de
multiplication qui
aupremier
ordre est
impossible
à réaliser du fait que l’on ne peutpas dissocier le
photocourant
primaire
du courantphotoélectrique
total.Ainsi,
pour unephotodiode,
le facteur demulti-plication
Mpeut
s’exprimer
àpartir
de la relation(16),
connaissant lesgrandeurs
expérimentales
dubruit,
du courant depolarisation
I et du coefficient x, par :d’où
7. Conclusion. - L’indétermination du facteur de
multiplication
M due à l’extension de la zone decharge
d’espace
est levée par l’étude en bruit de cedispositif.
Il est en effet
important
de connaître assezprécisément
les valeurs de M si l’on veut utiliser de
façon
optimum
ce
photodétecteur
pour uneapplication
donnée.Bibliographie
[1] READ, W. T., Bell. Syst. Tech. J. 37 (1958) 401.
[2] RUEGG, H. W., I.E.E.E. Trans. on Electron. Devices ED-14
(1967) 239.
[3] GARTNER, W. W., Phys. Rev. 116 (1959) 84. [4] BENOIT, J., RIPOCHE, G., Contrat D.G.R.S.T.
n° 72.7.0518.00.221.75.01 (1973).
[5] MAYER, J. W., ERIKSSON, L., DAVIES, J. A., Ion implantation in
Semiconductors (Acad. Press) 1970.
[6] LECROSNIER, D. et al., Techn. Dig. Int. Electron. Devices
Meeting, pp. 595-597, Washington D.C. (1975).
[7] MC INTYRE, I.E.E.E. Trans. Electron. Devices ED 13 (1966) 164.