UPS, Licence MIA Math-M´eca 3`eme semestre, TD d’alg`ebre 2, Feuille 6 (d´ecembre 2007) CORRIGE
Exercice 1. Consid´erons l’espace vectorielE=Mn(R).
a) Montrer qu’en posant (M|N) =trace(Mt.N) on d´efinit un produit scalaire surE.
b) SoitP ∈GLn(R). Calculer l’adjoint de l’endomorphismeudeEd´efini paru(M) =P−1M P. Solution :
a) (•|•) est bilin´eaire par lin´earit´e de la transposition, bilin´earit´e du produit, et lin´earit´e de l’application trace. Elle est sym´etrique car (N|M) =trace(Nt.M) =trace(Mt.N) = (M|N) (en appliquant la propri´et´etrace(At) =trace(A)`aA=Mt.N). Montrons qu’elle est d´efinie positive. ∀M, N ∈E,(M|N) =P
j(Mt.N)j,j =P
i,jMj,it Ni,j=P
i,jMi,jNi,j, en particulier (M|M) =P
i,jMi,j2 >0d`es queM 6= 0.
b) u∗ est d´efini par∀M, N ∈E,(M|u∗(N)) = (u(M)|N)
= (P−1M P|N) =trace(Pt.Mt.(P−1)t.N), qu’il s’agit donc de mettre sous la forme
(M|?) =trace(Mt.?). A cet effet, appliquons la propri´et´etrace(AB) =trace(BA)`aA=Pt et B=Mt.(P−1)t.N. Ainsi,(M|u∗(N))devient
trace(Mt.(P−1)t.N.Pt) = (M|(P−1)t.N.Pt), autrement dit
∀N ∈E, u∗(N) = (P−1)t.N.Pt=Q−1N Qpour Q=Pt.
Exercice 2. R´eduction de Gauss, noyau, rang, signature des formes quadratiques q1(x, y, z) = 6x2+ 3y2+ 3z2−8xy−8xz−6yz,
q2(x, y, z) =x2+y2+z2−2(xy+yz+zx), q3(x1, . . . , x5) =P
i<jxixj, q4(x1, . . . , x5) =P
i<5xixi+1. Solution :
a) q1(x, y, z) = 6x2−8x(y+z) + 3y2+ 3z2−6yz= 6[x−23(y+z)]2−83(y+z)2+ 3y2+ 3z2−6yz= 6[x−23(y+z)]2+13(y2+z2−34yz) =
6[x−23(y+z)]2+13[(y−17z)2+ (1−172)z2]
doncq1est de noyau{0}, de rang 3, de signature(2,1).
b) q2(x, y, z) =x2−2x(y+z) +y2+z2−2yz= (x−y−z)2−4yz= (x−y−z)2−(y+z)2+ (y−z)2 doncq2est de noyau{0}, de rang 3, de signature(2,1).
c) q3(x1, . . . , x5) =x1x2+x1(x3+x4+x5) +x2(x3+x4+x5) +x3x4+x3x5+x4x5= (x1+x3+x4+x5)(x2+x3+x4+x5)−(x3+x4+x5)2+x3x4+x3x5+x4x5=
1
4[(x1+x2+ 2x3+ 2x4+ 2x5)2−(x1−x2)2]−x23−x24−x25−x3x4−x3x5−x4x5=
1
4[(x1+x2+ 2x3+ 2x4+ 2x5)2−(x1−x2)2]−x23−x3(x4+x5)−x24−x25−x4x5=
1
4[(x1+x2+ 2x3+ 2x4+ 2x5)2−(x1−x2)2]−(x3+x4+x2 5)2+(x4+x4 5)2 −x24−x25−x4x5=
1
4[(x1+x2+ 2x3+ 2x4+ 2x5)2−(x1−x2)2]−(x3+x4+x2 5)2−34(x24+x25+ 2x4x5/3) =
1
4[(x1+x2+ 2x3+ 2x4+ 2x5)2−(x1−x2)2]−(x3+x4+x2 5)2−34[(x4+x35)2+ 8x25/9]
donc q3 est de noyau {0}, de rang 5, de signature (1,4). G´en´eralisation (par une autre m´ethode) en dimensionn≥2 (cf aussi exo 4) : q(x) =P
i<jxixj a pour matrice S/2 avec Si,j = 0si i =j, 1 si i 6=j. S(x) = λx⇔ ∀i, λxi =P
j6=ixj ⇔ ∀i,(λ+ 1)xi =Pxj. Les valeurs propres deS sont donc−1(d’hyperplan propreP
xj = 0) et n−1(de droite propre x1=. . .=xn). La signature de qest donc(1, n−1).
1
d) q4(x1, . . . , x5) = (x1+x3)x2+ (x3+x5)x4=
1
4[(x1+x3+x2)2−(x1+x3−x2)2+ (x3+x5+x4)2−(x3+x5−x4)2]doncq4 est de rang 4, de signature (2,2), et de noyau la droite d’´equations 0 =x2 = x4 =x1+x3 =x3+x5, engendr´ee par le vecteur(1,0,−1,0,1).
Exercice 3. (Exercice 1, sur 5 points, de l’examen de janvier 2006) On consid`ere surR3la forme quadratique Q(x, y, z) = a2x2+ (1−a)y2+ (2−a)z2−2axy+ 2axz+ 2(a−1)yz o`u a est un param`etre r´eel.
a) En utilisant l’algorithme de Gauss, ´ecrireQcomme une “somme” de carr´es de formes lin´eaires ind´ependantes.
b) En d´eduire le rang et la signature deQ.
Solution.
a) (En g´en´eral - sauf siQest positive - ce n’est pas vraiment une “somme”, mais au mieux une combinaison lin´eaire `a coefficients ´egaux `a±1). Q(x, y, z) =a2x2+2ax(z−y)+(1−a)y2+(2−
a)z2+2(a−1)yz= (ax+z−y)2−ay2+(1−a)z2+2ayz= (ax+z−y)2−a(y2−2yz)+(1−a)z2= (ax+z−y)2−a(y−z)2+z2(les trois formes lin´eaires ne sont ind´ependantes que sia6= 0).
Si a= 0,Q(x, y, z) = (z−y)2+z2.
b) Lorsquea6= 0, le rang vaut donc3et la signature est(2,1) sia >0,(3,0)si a <0. Lorsque a= 0, le rang vaut2 et la signature(2,0).
Exercice 4. (Exercice 2, sur 5 points, de l’examen de janvier 2006) SurRn avecn≥2 et avec la notationx= (x1, . . . , xn), on consid`ere la forme quadratiqueQ(x) =P
1≤i<j≤n(−1)i+jxixj. a) Soient` la forme lin´eaire`(x) =P
1≤i≤n(−1)ixi etH l’hyperplan Ker(`).
i) D´emontrer que `2(x) =P
1≤i≤nx2i + 2Q(x).
ii) D´emontrer que si x∈H\ {0} alorsQ(x)<0.
b) En d´eduire la signature deQ.
Solution.
a)
i) `2(x) = (P
1≤i≤n(−1)ixi)(P
1≤j≤n(−1)jxj) =Q(x) +R(x) +S(x)avec R(x) =P
1≤i=j≤n(−1)i+jxixj=P
1≤i≤nx2i et S(x) =P
1≤j<i≤n(−1)i+jxixj =P
1≤i0<j0≤n(−1)j0+i0xj0xi0 =Q(x), d’o`u`2=R+ 2Q.
ii) Six∈H\ {0}, 2Q(x) = 02−R(x)<0.
b) On en d´eduit que la signature deQest(p, q)avec (cf plus bas)q≥n−1etp+q= rang(Q)≤n.
Par ailleurs, p > 0 (car Q n’est pas n´egative, vu que Q(1,−1,0, . . . ,0) = 1). D’o`u (p, q) = (1, n−1).
Justification de “q≥n−1” (c’est cens´e ˆetre du cours mais red´emontrons-le). Soiente1, . . . , en une base dans laquelle Q s’´ecrit Pp
1yi2−Pp+q
p+1yi2, et H un s.e.v. sur lequel Q est d´efinie n´egative. Comme Q est d´efinie positive sur V ect(e1, . . . , ep), ces deux sous-espaces sont en somme directe etQ est non d´eg´en´er´ee sur cette somme, donc dimH+p≤rang(Q) =p+q, doncdimH ≤q.
Remarque (autre m´ethode) : la matrice de la forme bilin´eaire sym´etrique associ´ee a pour valeurs propres −1/2 (d’ordre n−1, d’hyperplan associ´e H) et n−12 (d’ordre 1, de droite associ´ee H⊥). Ou encore : Q(x) = q(s(x)) o`u q est la forme quadratique ´etudi´ee dans l’exercice 1.c etsest la sym´etrie orthogonale d´efinie pars(x) = ((−1)ixi)1≤i≤n. Les matrices
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sym´etriques associ´ees `aQetqont donc mˆemes valeurs propres (et les sous-espaces propres de l’une sont les transform´es parsde ceux de l’autre), donc mˆeme signature.
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