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Fonctions de la variable complexe, ENS de Cachan,

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Texte intégral

(1)

Fonctions de la variable complexe, ENS de Cachan,

2001-02, 0 Introduction

0.1 Formules

Gr^ace aux fonctions de la variable complexe, on peut obtenir de nombreuses formules, dont voici quelques exemples:

1. des developpements en serie,

2

sin2

z

=

X

n2Z

(

z n

1 )2 pour

z

2C Z

;

2. des developpements en produits innis,

sin

z

z

=

+1

Y

n=1(1

z

2

n

2)

;

pour

z

2C

;

3. des transformees de Fourier,

Z

+1

1

e

ix

dx

1 +

x

2 =

e

jj pour

2R

;

4. des calculs de rayon de convergence,

R

conv(tan) =

2

:

0.2 Theoremes

De nombreux theoremes ont une demonstration (relativement) facile lorsque l'on utilise les fonctions de la variable complexe, alors m^eme que leur enonce ne fait pas intervenir de maniere directe ces fonctions:

1. Le theoreme de d'Alembert-Gauss : tout polyn^ome non constant de la variable complexe admet au moins une racine (complexe).

(2)

2. Le theoreme de Riemann : tous les ouverts simplement connexes de

R

2sont homeomorphes (et m^eme, une fois identies a des ouverts de

C, et a l'exception de C lui{m^eme, ils sont en bijection a travers des applications (bi-)holomorphes).

3. Les theoremes d'interpolation : les operateurs lineaires continus de

l

1 dans

l

1 et de

l

1 dans

l

1 se prolongent en operateurs continus de

l

p dans

l

p pour tout

p

2[1

;

+1].

4. Le theoreme de Wiener : Soit

f

une fonction 2

-periodique de R dansC qui ne s'annule pas et dont les coecients de Fourier verient

P

j

c

n(

f

)j

<

+1. Alors 1

=f

est developpable en serie de Fourier et ses coecients verientPj

c

n(1

=f

)j

<

+1.

5. Le theoreme des nombres premiers : Si

(

x

) designe le nombre de nombres premiers inferieurs a

x

, alors

(

x

) equivaut a

x=

log

x

, lorsque

x

tend vers +1.

0.3 Proprietes de structure

La theorie des fonctions holomorphes (C-derivables sur un ouvert deC) jouit de proprietes de structure beaucoup plus agreables que celles des fonctions derivables de RdansR. En eet :

1. toute fonction holomorphe est

C

1 et m^eme analytique,

2. la convergence compacte d'une suite de fonctions holomorphes entra^ne celle de ses derivees de tout ordre.

0.4 Fonctions

La theorie des fonctions de la variable complexe permet de mettre en lumiere des fonctions aux proprietes remarquables :

1. la fonction ,

2. la fonction

de Riemann, 3. la fonction P de Weierstrass.

(3)

1 Proprietes elementaires

1.1 Denition

Denition

: Soit C un ouvert et

z

0 2 . On dit que

f

: ! C est

C-derivable en

z

0 (de derivee complexe

f

0(

z

0)) lorsque

h!0;(h6=0lim;z0+h2)

f

(

z

0+

h

)

f

(

z

0)

h

=

f

0(

z

0)

:

Si

f

est C-derivable en tout point

z

0 de , on dit que

f

est holomorphe sur et on note

f

2H(). Lorsque

f

2H(C), on dit que

f

est entiere.

Remarque

: Si

f

: !C estC-derivable en

z

0, alors elle est continue en

z

0.

Proposition

: On a les m^emes proprietes algebriques avec la derivation complexe qu'avec la derivation usuelle:

1. Si

f;g

: ! C sont C-derivables en

z

0 de derivees

f

0(

z

0) et

g

0(

z

0) respectivement, alors

f

+

g

et

fg

sont encore C-derivables en

z

0, de derivees respectives

f

0(

z

0) +

g

0(

z

0) et

f

(

z

0)

g

0(

z

0) +

f

0(

z

0)

g

(

z

0).

2. Si

f

: ! C est C-derivable en

z

0 de derivee

f

0(

z

0) et si

f

(

z

0) 6= 0, alors 1

=f

estC-derivable en

z

0 de derivee ff(0z(z00)

) 2.

3. Soit

;

0 deux ouverts de C, et

f

: ! C,

g

: 0 ! C. Soit

z

0 2 tel que

f

(

z

0) 20. Alors si

f

est C-derivable en

z

0 de derivee

f

0(

z

0) et si

g

est C-derivable en

f

(

z

0) de derivee

g

0(

f

(

z

0)), la composee

g of

estC-derivable en

z

0 de derivee

f

0(

z

0)

g

0(

f

(

z

0)).

4. Soit

I

un intervalle de R, un ouvert deC,

f

: !C et

:

I

!C. On suppose que

t

0 2

I

et

(

t

0) 2. Alors si

est derivable en

t

0 de derivee

0(

t

0) et si

f

est C-derivable en

(

t

0) de derivee

f

0(

(

t

0)), la composee

f o

est derivable en

t

0 de derivee

0(

t

0)

f

0(

(

t

0)).

Preuve

: Les demonstrations sont identiques a celles des proprietes correspondantes dans le cas reel.

Corollaire

: Si

P

2 C[

X

], la fonction

z

7!

P

(

z

) est entiere et sa derivee complexe est egale a la fonction

z

7!

P

0(

z

), ou

P

0 est la derivee formelle de

P

. Si

P;Q

2C[

X

]C[

X

] f0g, la fonction

z

7!

P

(

z

)

=Q

(

z

) est

(4)

holomorphe surC

Q

1(f0g) et sa derivee complexe est egale a la fonction

z

7! P0(z)Q(Qz)(zP)2(z)Q0(z), ou

P

0

;Q

0 sont les derivees formelles de

P

et

Q

.

Preuve

: Il sut d'utiliser les proprietes algebriques de laC-derivation et les fonctions

z

7!

c

(pour

c

2C donne) et

z

7!

z

.

Proposition

: Soit Pn2N

a

n(

z z

0)n une serie entiere de rayon de convergence

R

2]0

;

+1] avec

z

0

;

(

a

n)n2N2C. Alors

1. la serie entierePn2N

na

n(

z z

0)n 1 est encore de rayon de conver- gence

R

,

2. la fonction

z

2

B

(

z

0

;R

) 7! Pn2N

a

n(

z z

0)n est holomorphe sur

B

(

z

0

;R

) et sa derivee complexe en

z

estPn2N

na

n(

z z

0)(n 1). Elle est doncC-derivable une innite de fois.

Preuve

: On sait que

R

Pan(z z0)n = supf

r

2[0

;

+1[

;

(

a

n

r

n)n2N

est une suite bornee g. On en deduit que

R

Pnan(z z0)n 1

R

Pan(z z0)n d'une part, et que, pour

" >

0 assez petit,

R

Pn an(z z0)n 1

R

Pan(z z0)n

"

d'autre part. En eet, on a (toujours pour

" >

0 assez petit)

nlim!1

n

R

Pan(z z0)n

"

R

Pan(z z0)n

"=

2

n

= 0

:

En appliquant l'argument precedent a la serie entierePn2N

na

n(

z z

0)n 1, on voit que la serie entiere P+1n=2

n

(

n

1)

a

n(

z z

0)n 2 a encore

R

pour rayon de convergence.

On remarque alors que pour tout

w;h

2C, on a d'apres la formule de Taylor avec reste integral a l'ordre 2:

(

w

+

h

)n

w

n

nhw

n 1 =

Z

1

0

(1

)

d

2

d

2(

w

+

h

)n

d;

d'ou l'inegalite

(

w

+

h

)n

w

n

nhw

n 1

j

h

j2

n

(

n

1)(j

w

j+j

h

j)n 2

:

On en deduit le resultat demande.

Corollaire

: La fonction

z

7!

e

z(denie par

e

z =P+1n=0 znn!) est entiere, ainsi que les fonctions trigonometriques et hyperboliques qui s'en deduisent:

z

7!cos

z

=

e

iz+

e

iz

2

; z

7!sin

z

=

e

iz

e

iz 2

i ;

(5)

z

7! ch

z

=

e

z+

e

z

2

; z

7! sh

z

=

e

z

e

z

2

:

Remarque

: Attention, les proprietes de type \egalite" de ces fonctions (telles que cos2

z

+ sin2

z

= 1) se conservent en general pour

z

2 C, mais pas le plus souvent celles de type \inegalite" (telles quejcos

z

j1, valable pour

z

2R, mais pas pour

z

2C).

Denition

: Soit C un ouvert. On dit que

f

: ! C est analytique sur lorsque pour tout

z

0 2 ,

f

est developpable en serie entiere autour de

z

0 (avec un rayon de convergence strictement positif).

Corollaire

: Soit C un ouvert. Si

f

: ! C est analytique sur , alors elle est holomorphe sur .

Remarque

: On peut montrer directement qu'une serie entiere est analytique sur son disque (ouvert) de convergence. On verra par la suite que toute fonction holomorphe etant analytique, ce resultat est aussi un corollaire de la proposition precedente.

1.2 Les relations de Cauchy{Riemann

Denition

: Soit C un ouvert. On note ~ l'ouvert de R2 suivant :

~ = f(

x;y

)

=x

+

iy

2g. Si

f

est une application de dans C, on note ~

f

l'application de ~ dansR2 denie par ~

f

(

x;y

) = (

Ref

(

x

+

iy

)

;Imf

(

x

+

iy

)).

Reciproquement, si

U

R2 est un ouvert, on note

U

C l'ouvert forme par lesf

x

+

iy=

(

x;y

)2

U

g, et pour

g

= (

g

1

;g

2) application de

U

dansR2, on denit

g

:

U

!C par

g

(

x

+

iy

) =

g

1(

x;y

) +

ig

2(

x;y

).

Proposition

: Soit C un ouvert, et

z

0 2 . On a equivalence entre les proprietes suivantes:

1.

f

estC-derivable en

z

0 (de derivee

f

0(

z

0)),

2. ~

f

est dierentiable en (

Rez

0

;Imz

0) et sa matrice Jacobienne est une matrice de similitude directe (egale a

Ref

0(

z

0)

Imf

0(

z

0)

Imf

0(

z

0)

Ref

0(

z

0)

), 3. ~

f

= ( ~

f

1

; f

~2) est dierentiable en (

Rez

0

;Imz

0) et ses derivees partielles

en ce point verient les relations de Cauchy{Riemann

@ f

~1

@

1 (

Rez

0

;Imz

0) =

@ f

~2

@

2 (

Rez

0

;Imz

0)

;

(6)

@ f

~1

@

2 (

Rez

0

;Imz

0) =

@ f

~2

@

1 (

Rez

0

;Imz

0) (et

f

0(

z

0) = @@f~11(

Rez

0

;Imz

0) +

i

@@f~21(

Rez

0

;Imz

0)).

Preuve

:

f

(

z

0+

h

)

f

(

z

0) =

f

0(

z

0)

h

+

o

(j

h

j)

()

f

(

Rez

0+

Reh

+

i

(

Imz

0+

Imh

))

f

(

Rez

0+

iImz

0)

= (

Ref

0(

z

0) +

iImf

0(

z

0))(

Reh

+

iImh

) +

o

(j

h

j)

()

f

~1(

Rez

0+

Reh;Imz

0+

Imh

) ~

f

1(

Rez

0

;Imz

0)

f

~2(

Rez

0+

Reh;Imz

0+

Imh

) ~

f

2(

Rez

0

;Imz

0)

=

Ref

0(

z

0)

Imf

0(

z

0)

Imf

0(

z

0)

Ref

0(

z

0)

Imh Reh

+

o

(j

h

j)

:

Exemple

: Les fonctions

z

7!

z

et

z

7! j

z

j2 sont dierentiables (en tant que fonctions deR2dansR2) mais pas holomorphes surC (chercher les points deC-derivabilite).

Lorsque

P

2C[

X

], on sait que

x

+

iy

7!

P

(

x

+

iy

) est holomorphe. Ce n'est par contre pas le cas en general pour

x

+

iy

7!

P

1(

x;y

) +

iP

2(

x;y

), quand

P

1

;P

22R[

X

]. Ainsi,

z

7!j

z

j2 n'est pas holomorphe surC alors que

j

z

j2 =

x

2+

y

2 pour

z

=

x

+

iy

, (

x;y

2R).

Exemple

: La fonction log qui a

x

+

iy

2C R associe 12 log(

x

2+

y

2) +

i

arctan (

y=x

) si

x >

0

;

12 log(

x

2+

y

2) +

i

2

i

arctan (

x=y

) si

y >

0

;

12 log(

x

2+

y

2)

i

2

i

arctan (

x=y

) si

y <

0

;

est bien denie et holomorphe surC R , on l'appelle determination prin- cipale du logarithme. On voit facilement qu'elle est identique au logarithme usuel surR+.

En coordonnees polaires, (et pour

2]

;

[),sa valeur est log(

re

i) = log

r

+

i

.

Cette fonction ne peut pas se prolonger contin^ument surC car

y!0lim+;x!x0log(

x

+

iy

) = limy

!0 ;x!x0log(

x

+

iy

) + 2

i

(7)

pour tout

x

0 2R.

Attention a l'utilisation des formules telles que log(

e

z) =

z

ou

log(

z

1

z

2) = log

z

1 + log

z

2. Elles ont un domaine de validite qui ne re- couvre pas entierement le domaine ou chacuns des termes qui les composent peuvent ^etre denis. En pratique, on note souvent log au lieu de log. At- tention donc aux confusions !

En general, pour tout C ouvert connexe, on appelle determina- tion du logarithme (ou simplement logarithme) une fonction

f

: ! C holomorphe telle que

e

f(z) =

z

sur . Un tel logarithme n'existe pas pour tout ouvert de C. D'autre part si

f

1 et

f

2 sont deux logarithmes sur un m^eme ouvert C (toujours suppose connexe), alors il existe

k

2Ztel que

f

1

f

2 = 2

ki

.

On denit la determination principale des puissances

-iemes surC R

par

z

=

e

logz

:

Ce sont encore des fonctions holomorphes sur C R . Elles peuvent se prolonger en fonctions holomorphes surC si et seulement si

e

2i = 1, i.e.

si

2 Z. Elles peuvent se prolonger en fonctions holomorphes sur C si et seulement si

2N(ce sont alors des polyn^omes).

2 Integrale le long d'un chemin et applications

2.1 Denition

Denition

: Soit C un ouvert. On appelle chemin continu (resp.

continu et

C

1 par morceaux, resp.

C

1) de une application

: [

a;b

]! (avec

a < b

) continue (resp. continue et

C

1 par morceaux, resp.

C

1). Si de plus

(

a

) =

(

b

), on dit que le chemin est un lacet. L'ensemble

([

a;b

]) de est appele \image du chemin".

Denition

: Deux chemins

1

;

2 : [

a

1

;b

1]

;

[

a

2

;b

2] ! sont dits

C

1- equivalents lorsqu'il existe

: [

a

1

;b

1]![

a

2

;b

2] bijection de classe

C

1 ainsi que sa reciproque (i.e.

0 ne s'annule pas sur [

a

1

;b

1]) telle que

1 =

2

o

. Si de plus on peut choisir

croissante, on dit que les chemins sont

C

1- equivalents et de m^eme orientation.

Remarque

: Il s'agit dans les deux cas de relations d'equivalence.

On notera [

] et [

]or la classe d'equivalence relative a ces relations. En

(8)

geometrie, on parle d'arc geometrique et d'arc geometrique oriente. Atten- tion, a cause des points doubles et des extremites, ce ne sont pas en general des sous-varietes deC (identie a R2).

Remarque

: Tout chemin est equivalent (de m^eme orientation) a un chemin dont la source est [0

;

1]. Il sut de prendre une bijection

ane.

Remarque

: Soit un ouvert de C et deux chemins

1

;

2 : [

a

1

;b

1]

;

[

a

2

;b

2] ! tels que

1(

b

1) =

2(

a

2). On denit

1 [

2 (parfois note

1+

2): [

a

1

;b

1+

b

2

a

2]! par

t

7!

1(

t

) si

t

2[

a

1

;b

1]

;

t

7!

2(

t

+

a

2

b

1) si

t

2[

b

1

;b

1+

b

2

a

2]

;

et

1: [

a

1

;b

1]! par

t

7!

1(

b

1+

a

1

t

)

:

On voit tout de suite que si

1

;

2 sont continus (resp. continus et

C

1 par morceaux), il en est de m^eme pour

1[

2 et

1. Par contre

1[

2 peut ne pas ^etre de classe

C

1 alors que

1 et

2 le sont !

Exemple

: Si

z

1

;z

2 2 C, alors

t

2 [0

;

1] 7! (1

t

)

z

1 +

tz

2 est un chemin de classe

C

1 note [

z

1

;z

2]. Le cas ou

z

1=

z

2 (lacet reduit a un point) appara^tra souvent dans la suite.

Lorsque

z

1 =

x

1 +

iy

1

;z

2 =

x

2+

iy

1, ce chemin est equivalent a

t

2 [

x

1

;x

2] 7!

t

+

iy

1. De m^eme, lorsque

z

1 =

x

1 +

iy

1

;z

2 =

x

1 +

iy

2, ce chemin est equivalent a

t

2 [

y

1

;y

2] 7!

x

1 +

it

. Lorsque

T

C est un triangle dont les sommets

z

1

;z

2

;z

3 sont orientes positivement par rapport a son isobarycentre, on denit

@T

= [

z

1

;z

2][[

z

2

;z

3][[

z

3

;z

1].

Exemple

: Lorsque

z

0 2C,

r >

0 on note

C

(

z

0

;r

) le chemin [0

;

2

]!

C deni par

t

7!

z

0 +

re

it. On utilise aussi souvent des arcs de cercles, denis par la m^eme formule, mais avec un ensemble source dierent.

Denition

: Soit un ouvert de C,

f

: ! RN ou CP continue, et

: [

a;b

] un chemin continu et

C

1 par morceaux. On note

Z

f

=Z

f

(

z

)

dz

=nX1

i=0

Z ti+1

ti

f

(

(

t

))

0(

t

)

dt;

ou les

a

=

t

0

< :: < t

n=

b

sont les points ou

n'est pas derivable.

(9)

Remarque

: Il s'agit de l'integrale curviligne habituelle si l'on identie a un ouvert deR2.

Remarque

: La quantite R

f

ne depend que de [

]or. De plus, un changement d'orientation de

produit un changement de signe de R

f

.

Proposition

: Soit C un ouvert et

f

2H(). Soit

un chemin de continu et de classe

C

1 par morceaux. Alors

Z

f

sup

z2([a;b])j

f

(

z

)j long (

)

;

ou

long (

) =nX1

i=0

Z ti+1

ti j

0(

t

)j

dt:

Preuve

: C'est une consequence immediate de la denition de l'integrale sur un chemin d'une fonction continue.

Exercice

: Calculer RC(a;r)dzz pour

r

6=j

a

j.

Exercice

: Calculer R@T dzz ou

T

est le triangle de sommetsf 1

;

1g,

f2

;

1g,f 1

;

2g.

Exercice

: Montrer que pour tout triangle

T

C, on a

Z

@T

dz

= 0 et

Z

@T

z dz

= 0

:

2.2 Formule de Cauchy dans les ouverts convexes

Theoreme

(Goursat): Soit un ouvert deC, et

T

un triangle

plein

ferme. Lorsque

f

2H() (ou

f

2H( f

z

0g)\

C

()), on a

Z

@T

f

= 0

:

Preuve

: On suppose pour commencer que

z

0 2

= T

. On pose

T

0=

T

et on note

T

0(1)

;::;T

0(4)les triangles semblables a

T

0de rapport 1

=

2

;

1

=

2

;

1

=

2

;

1

=

2 obtenus en prenant les milieux des segments qui forment

T

. On a

Z

@T

f

=X4

i=1

Z

@T0(i)

f:

(10)

Donc il existe

i

0 2f1

;::;

4gtel que

Z

@T0(i0)

f

14

Z

@T

f

:

On pose alors

T

1=

T

0(i0).

On construit par recurrence des triangles

T

k de la maniere suivante:

on suppose que

T

k est deni, et on considere

T

k(1)

;::;T

k(4)les triangles sem- blables a

T

k de rapport 1

=

2

;

1

=

2

;

1

=

2

;

1

=

2 obtenus en prenant les milieux des segments qui forment

T

k. On peut alors trouver

i

k 2f1

;::;

4gtel que

Z

@Tk(ik)

f

14

Z

@Tk

f

:

On pose alors

T

k+1=

T

k(ik).

On notef

z

~g =\n2N

T

n (intersection de compacts embo^tes de C dont le diametre tend vers 0).

On a

Z

@T

f

4k

Z

@Tk

f

4k

Z

@Tk

f

(

z

)

f

(~

z

) (

z z

~)

f

0(~

z

)

dz

4k sup

a;b2Tkj

a b

j long (

@T

k) sup

jz ~zjdiam(

T

k)

f

(

z

)

f

(~

z

)

z z

~

f

0(~

z

)

2kdiam(T)2 k long (

@T

) sup

z2B(~z;2 kdiam(T))

f

(

z

)

f

(~

z

)

z z

~

f

0(~

z

)

:

On en deduit que Z

@T

f

= 0

:

Lorsque

z

0 2

T

, on coupe le triangle en quatre morceaux pour se ramener au cas ou

z

0 est au sommet. Dans ce dernier cas, on coupe de nouveau en quatre morceaux le triangle, celui qui contient le sommet etant de mesure arbitrairement petite. Comme

f

est bornee, le resultat s'en de- duit.

Corollaire

: Soit C un ouvert

convexe

, et

f

2 H() (ou

f

2

H( f

z

0g)\

C

()). Alors il existe

F

2H() primitive complexe de

f

, i.e.

telle que

F

0=

f

.

(11)

Preuve

: Soit ~

z

2. On pose

F

(

z

) =R[~z;z]

f

, ce qui est bien deni car est convexe.

On a

F

(

z

+

h

)

F

(

z

) =

Z

[~z;z+h]

f

Z

[~z;z]

f

=

Z

[z;z+h]

f

d'apres le theoreme de Goursat.

On en deduit que pour tout

z

2 (etj

h

jassez petit),

F

(

z

+

h

)

F

(

z

)

h f

(

z

)

h

1

Z

[z;z+h]

f f

(

z

)

=

Z

1

0

f

(

z

+

th

)

dt f

(

z

)

sup

jz1 zjjhjj

f

(

z

1)

f

(

z

)j et ceci tend vers 0 par continuite de

f

.

Exercice

: En considerant le triangle de sommets 0

;R

et (1 +

i

)

R

et la fonction

z

!

e

z2=2, calculer (et demontrer la convergence) de l'integrale de FresnelR0+1

e

it2=2

dt

.

Proposition

: Soit un ouvert deC et

f

: !C continue telle qu'il existe

F

2H() veriant

F

0=

f

(au sens complexe). Alors

1. Si

est un lacet continu et

C

1 par morceaux de , on a R

f

= 0, 2. Si

1et

2 sont deux chemins continus et

C

1par morceaux de ayant

m^emes extremites,R1

f

=R2

f

.

Preuve

: Le premier point est une consequence du deuxieme, il sut de prendre pour

2 un lacet reduit a un point.

On montre donc le second point. Soit

: [

a;b

]! un chemin continu et

C

1 par morceaux. On a alors

Z

f

=nX1

i=0

Z ti+1

ti

f

(

(

t

))

0(

t

)

dt

(12)

=nX1

i=0

Z ti+1

ti (

F o

)0(

t

)

dt

=nX1

i=0

F

(

(

t

i+1))

F

(

(

t

i))

=

F

(

(

b

))

F

(

(

a

))

:

On voit donc que si

1 et

2 ont m^emes extremites, on a bien R1

f

=R2

f

.

Corollaire

: Soit C un ouvert

convexe

, et

f

2 H() (ou

f

2

H( f

z

0g)\

C

()), alors la conclusion de la proposition precedente est encore valable.

Exercice

: Calculer la transformee de Fourier d'une Gaussienne centree reduite, c'est{a{direR+11

e

i x x2=2

dx

.

2.3 Formule de Cauchy pour les chemins homotopes

Denition

: Soit C un ouvert et

1

;

2 : [

a;b

] ! deux chemins continus denis sur un m^eme intervalle.

1. On dit que

1 et

2 sont homotopes (dans ) lorsqu'il existe

H

: [

a;b

][0

;

1]! continue (des deux variables), dite homotopie de chemins, telle que

H

(

;

0) =

1,

H

(

;

1) =

2.

2. Si

1et

2 ont m^emes extremites, on dit qu'ils sont homotopes stricte- ment (dans ) lorsqu'il existe

H

: [

a;b

][0

;

1]! continue (des deux variables), dite homotopie stricte de chemins, telle que

H

(

;

0) =

1,

H

(

;

1) =

2, et

H

(

a;

) =

1(

a

) =

2(

a

)

; H

(

b;

) =

1(

b

) =

2(

b

)

:

3. Si

1 et

2 sont des lacets, on dit qu'ils sont homotopes au sens des lacets lorsqu'il existe

H

: [

a;b

][0

;

1] ! continue (des deux vari- ables), dite homotopie de lacets, telle que

H

(

;

0) =

1,

H

(

;

1) =

2, et

H

(

;u

) est un lacet pour tout

u

2[0

;

1].

Exercice

: Montrer que l'homotopie de chemin, l'homotopie stricte de chemin et l'homotopie de lacets sont des relations d'equivalence.

(13)

Remarque

: Si

1

;

2 : [

a;b

] ! sont des chemins denis sur un m^eme intervalle et equivalents de m^eme orientation, ils sont homotopes strictement: si

est le changement de variables (

2 =

1

o

), on pose

H

(

t;u

) =

1((1

u

)

t

+

u

(

t

)).

On voit donc que l'on peut denir l'homotopie pour les classes d'equiva- lence de chemins (avec conservation de l'orientation), en se limitant a des changements de variable conservant l'intervalle source. Mais cela permet aussi de justier une denition de l'homotopie (et de ses variantes) pour des chemins n'ayant pas le m^eme intervalle source. On utilise pour cela un changement de variable ane par exemple, qui permet de se ramener au m^eme intervalle. Tout autre changement de variables (conservant l'orienta- tion) donnerait alors le m^eme resultat.

Theoreme

: Soit C un ouvert et

f

2H()(ou

f

2H( f

z

0g)\

C

()).

1. Si

1 et

2 sont des lacets continus et

C

1 par morceaux de

homo- topes au sens des lacets

, on aR1

f

=R2

f

. En particulier si

2 est le lacet reduit a un point,R1

f

= 0.

2. Si

1et

2 sont deux chemins continus et

C

1par morceaux de ayant m^emes extremites et etant homotopes strictement,R1

f

=R2

f

.

Preuve

: On commence par montrer 2. On dispose de

H

: [

a;b

][0

;

1]! continue (des deux variables) telle que

H

(

;

0) =

1,

H

(

;

1) =

2, et

H

(

a;

) =

1(

a

) =

2(

a

)

; H

(

b;

) =

1(

b

) =

2(

b

)

:

On note

=

d

(

H

([

a;b

][0

;

1])

;

c). Il est clair que

>

0.

On pose

t

j =

a

+

j

b an . Il est clair que

a

=

t

0

< t

1

< :: < t

n =

b

. De m^eme, on pose

u

j = nj, et on a 0 =

u

0

< :: < u

n= 1.

On denit alors

H

n de la maniere suivante: pour

t

2 [

t

i

;t

i+1],

u

2 [

u

j

;u

j+1],

H

n(

t;u

) =

u

j+1

u

u

j+1

u

j

t

i+1

t

t

i+1

t

i

H

(

t

i

;u

j) +

u

j+1

u

u

j+1

u

j

t t

i

t

i+1

t

i

H

(

t

i+1

;u

j) +

u u

j

u

j+1

u

j

t

i+1

t

t

i+1

t

i

H

(

t

i

;u

j+1) +

u u

j

u

j+1

u

j

t t

i

t

i+1

t

i

H

(

t

i+1

;u

j+1)

:

(14)

Il est clair que

H

nest continue et approxime

H

au sens suivant:

j

H

n(

t;u

)

H

(

t;u

)jsup

j

H

(

t;u

)

H

(

t

i

;u

j)j

;

j

H

(

t;u

)

H

(

t

i+1

;u

j)j

j

H

(

t;u

)

H

(

t

i

;u

j+1)j

;

j

H

(

t;u

)

H

(

t

i+1

;u

j+1)j

sup

jj(t;u) (~t;u~)jjp1+(bn a)2

j

H

(

t;u

)

H

(~

t; u

~)j

:

En eet,

H

n(

t;u

) est combinaison convexe de

H

(

t

i

;u

j),

H

(

t

i+1

;u

j),

H

(

t

i

;u

j+1) et

H

(

t

i+1

;u

j+1).

Comme

H

est uniformement continue (gr^ace au theoreme de Heine), on voit que

H

nconverge vers

H

uniformement sur [

a;b

][0

;

1]. En particulier, lorsque

n

est assez grand, on a

d

(

H

n([

a;b

][0

;

1])

;

c)

=

2, donc

H

n est une homotopie stricte de chemin entre

H

n(

;

0) et

H

n(

;

1).

De plus

H

npossede par rapport a

H

une propriete supplementaire : ses sections (c'est-a-dire les fonctions

H

n(

t;

) et

H

n(

;u

) sont toutes continues et de classe

C

1 par morceaux (en fait anes par morceaux).

On ecrit

Z

Hn(;0)

f

Z

Hn(;1)

f

=

Z

t2[a;b]7!Hn(t;0)

f

+

Z

u2[0;1]7!Hn(b;u)

f

Z

t2[a;b]7!Hn(t;1)

f

Z

u2[0;1]7!Hn(a;u)

f

= K

2

X

k=1

Z

Hn(@R(K)k )

f;

ou

H

n(

@R

(kK)) designe le chemin forme par la reunion des images (par

H

n) des quatre intervalles formant

@R

(kK),

R

(kK) etant le

k

-ieme rectangle forme par une partition en

K

2 rectangles semblables de [

a;b

][0

;

1]. Par exemple,

H

n(

@R

(1K)) =f

t

2[

a;a

+

b a

K

]7!

H

n(

t;

0)g +f

u

2[0

; K

1]7!

H

n(

a

+

b a

K ;u

)g

f

t

2[

a;a

+

b a

K

]7!

H

n(

t; K

1 )g f

u

2[0

; K

1 ]7!

H

n(0

;u

)g

:

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