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Ce premier volet de la deuxième partie

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Ce premier volet de la deuxième partie

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, consacrée aux litiges territoriaux, se concentre sur ceux qui opposent les vainqueurs aux vaincus. Plus que de déterminer l’orientation générale – sans surprise, nettement favorable aux premiers –, l’objectif de cette troisième étape du travail consiste à dégager l’intensité de l’implication de Bruxelles dans leur réso- lution, les méthodes qu’elle préconise, et les résultats de l’activité belge. Le premier cha- pitre est consacré aux affrontements germano-polonais, surtout autour de la possession de la Haute-Silésie. Il offre une excellente illustration des moyens et des choix divergents opérés par les titulaires successifs des Affaires Etrangères, Paul Hymans et Henri Jaspar.

Lorsque ce premier est amené à sortir du cabinet, il demeure présent sur la scène interna- tionale en tant que délégué de la Belgique à la Société des Nations.

L’intérêt du second chapitre, qui aborde la rivalité belliqueuse entre la Pologne et la Rus- sie pour dominer l’Ukraine, réside dans leur relative convergence entre ces deux person- nalités belges. Si, au début, s’ils divergent grandement sur l’attitude à adopter et que leurs sympathies et antipathies demeurent radicalement différentes, Henri Jaspar n’en maintient pas moins la même politique que son prédécesseur. La configuration n’est donc pas du tout la même que celle qui avait prévalu lors de l’offensive soviétique de 1920 sur Varsovie. Pour rappel, cette affaire provoque des remous tels qu’Henri Jaspar provoque la démission du premier après des affrontements durs à l’intérieur du cabinet de Bruxelles qui doit parallèlement faire face aux demandes d’explication de celui de Paris.

Quant au troisième et dernier chapitre de ce volet, on constate que l’animosité à l’égard des Allemands et des Hongrois amène à des prises de parti presque systématiquement en faveur de la Tchécoslovaquie, et surtout des Tchèques. Ces trois thématiques constituent assurément les seules qui soulèvent un intérêt considérable au sein d’au moins deux des six facteurs et acteurs de la diplomatie belge, à savoir la presse, les députés, les diploma- tes, l’administration du ministère, la délégation de la SDN et le gouvernement.

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Mais cette rapide esquisse ne prend pas en compte les conflits qui se produisent à la li- sière des Balkans ou en leur sein. Cette situation s’explique par le peu d’intérêt que la presse, les diplomates et les décideurs manifestent pour ces litiges. Les pistes explicatives sont multiples. Les Etats du sud-est européen jouissent d’une réputation exécrable. Cer-

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Toutes cartes en annexe valent la peine d’être consultées, chacune en fonction du ou des conflits auxquels

elle renvoie.

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tes, une solidarité entre anciens alliés pointe parfois, mais toujours contrebalancée par leur réputation d’arriération et d’esprit belliqueux. Dans chaque cas de figure, le diplo- mate défend la capitale où il est en poste face à des voisins prétendument encore plus hostiles. Sur le fond, il faut reconnaître que les Hongrois et les Bolcheviks emportent la palme de la désapprobation. A côté de ceux-ci, les Autrichiens passent pour des enfants de chœur. Dans le cas de la Roumanie, une certaine fraternisation latine intervient. Si les Bulgares apparaissent sous des traits très négatifs dans les descriptions des agents belges en poste à Belgrade, leurs collègues de Sofia se montrent moins sévères, voire franche- ment indulgents. Tout ceci doit être relativisé – répétons-le – à l’aune du mépris pour les Balkaniques

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.

Toutefois, on doit compter sur quelques prises de position, certes rares, mais très claires.

Sofia n’est vraiment pas épargnée face à la Grèce. Ainsi, à la fin de l’été 1920, évoquant un mémoire exposant les revendications de la Thrace [orientale], la Direction Politique considère qu’il n’y a pas lieu d’accuser [s]a réception. Pour justifier une telle attitude, il invoque le Traité de Sèvres qui attribue cette région à la Grèce, alliée de la Belgique

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. L’affaire revient dans un rapport fort postérieur, de la fin février 1922, du département des Affaires Etrangères développant le contenu dudit document, à savoir le désir de la population de la Thrace à l’autonomie, pour échapper aux exactions grecques. Parallèle- ment, elle évoque les aspirations helléniques, Athènes n’étant nullement prête à renoncer, ainsi que les manœuvres entre Sofia et Ankara pour les contrecarrer et se répartir la ré- gion reconquise. En ne donnant pas suite au courrier, il va de soi que la Belgique main- tient l’ordre issu des traités : la Bulgarie est déboutée et la Grèce implicitement confirmée dans ses possessions

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. Enfin, la Belgique occupe une place significative, une fois le ré- gime territorial définitivement entériné, lorsqu’il s’agit d’organiser l’émigration récipro- que, à travers la Commission mixte d’émigration serbo-bulgare. Après le refus essuyé lors de la sollicitation d’un certain Van den Bosch, le Colonel Emmanuel Joostens est désigné comme représentant et préside à diverses occasions les travaux de la commission.

Ces travaux, plutôt techniques, ne présentent toutefois pas un grand intérêt pour la pré-

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Arch. Min. Aff. Etr. (B), [Corr. gén.] Roumanie 4 / 1917-1921 / Roumanie 1918-1921. Arch. Min. Aff. Etr.

(B), [Corr. gén.] Roumanie 5 / 1922-1929 / Roumanie 1922-1924. Arch. Min. Aff. Etr. (B), 1919-1924.

Corr. pol./Légations/Yougoslavie. Serbie 1919-1921. Arch. Min. Aff. Etr. (B), Corr. pol. des légations.

Bulgarie (1915-1921). Corr. pol. des légations. Bulgarie 1922-1926. 1922. 1923. 1924. La presse (les titres retenus sont évoqués dans l’introduction, pp. 63-64).

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Note de la Direction Politique du ministère aux Présidents des deux chambres législatives, Bruxelles, 31 août 1920, in Arch. Min. Aff. Etr. (B), Nationalités diverses. Thrace (dossier 10.811).

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Note de A. de Sillys, Bruxelles, 22 février 1922, in ibid.

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sente étude, du moins sur base des documents conservés, principalement aux archives de la Société des Nations

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.

Un peu plus tôt, dans le contexte tendu dans relations serbo-bulgares, le sort de la Macé- doine avait suscité une réflexion plus radicale. Le 4 octobre, le titulaire des Affaires Eco- nomiques, alors Henri Jaspar, transmet un document aux Affaires Etrangères, Paul Hy- mans. Pour convaincre et obtenir l’appui de ses lecteurs, ce document invoque la rationa- lité, l’humanité, l’honneur, la justice, la foi, la libération des peuples, les principes de l’Entente, la liberté et l’indépendance. Il appelle à prendre en compte l’héroïsme des Bul- gares, l’endurance dont ils témoignent, l’appui et l’admiration qu’ils suscitent, l’espoir qu’ils caressent, l’âme ainsi que l’élan unanime sympathique et la compassion qu’ils transmettent. Il dénonce enfin les dispositions néfastes du traité de Bucarest de 1913, les dévastations, les destructions, le joug, les meurtrissures, la cruauté, l’atrocité, les cau- chemars auxquels le comportement des occupants hellènes et serbes renvoie. Cet appel au secours prend enfin la forme d’une imploration à témoigner de la même solidarité dont la Belgique avait bénéficié précédemment. Un ton de victime accompagne ce document défendant l’indépendance de la Thrace en promettant l’égalité des races et des religions pour un développement économique et spirituel optimal

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. Ne transigeant que sur un sim- ple accusé de réception qu’en cas d’extrême nécessité, Edmond Boseret rejette la de- mande :

"Je n’y répondrai pas : en effet, quelque prudente ou réserve qu’en soit l’expression, toute marque d’intérêt, de sympathie donnée aux Macédoniens bulgares, ennemis acharnés des Serbes et des Grecs, ne manquerait pas d’être considérée comme un acte inamical par nos alliés de Belgrade et d’Athènes ; si même nous nous bornions à rappeler que les frontières des Etats balkaniques ont été tracées par le Conseil Suprême, lorsqu’il a arrêté les termes du Traité de Paix imposé à la Bulgarie, pareille marque semblerait contenir une désappro- bation implicite des avantages territoriaux que ce traité assure à la Serbie et à la Grèce."

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La logique de solidarité alliée domine ici. Les considérations liées au droit des nationali- tés n’interviennent point. Et ce n’est certainement pas le rapport de Sofia du 28 juillet 1921 qui l’incline à changer d’opinion : les associations macédoniennes sont accusées d’alimenter le revanchisme bulgare

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.

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Voir principalement, pour la nomination, le portefeuille "Colonel Joostens", in Arch. SDN, R1619.

6

Lettre d’Henri Jaspar à Paul Hymans (mais aussi au président du Conseil et à Prosper Poullet de la Cham- bre des Représentants), Bruxelles, le 4 octobre 1919, in Arch. Min. Aff. Etr. (B), La Question Macédonienne (dossier 11.433).

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Lettre d’Edmond Boseret, fonctionnaire du ministère des Affaires Etrangères, à Prosper Poullet, président de la Chambre des Représentants, Bruxelles, le 4 octobre 1919, in ibid.

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Rapport de la légation de Belgique à Sofia, Sofia, le 28 juillet 1921, in ibid.

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Outre les relations entre Sofia et les capitales voisines et hostiles, ancrées dans le monde balkanique, il faut noter quelques évocations relatives aux régions en lisière de cette pé- ninsule du sud-est européen. Il faut entendre par là les contacts houleux entre Budapest et les Etats-successeurs. Le qualificatif n’est pas exagéré dans la mesure où, dans aucun litige, les parties ne s’accordent facilement. Les oppositions, les contestations et les re- cours à la SDN pour trancher les litiges ne sont peut-être pas légion, mais assurément négligeables ni quantitativement, ni qualitativement. Ainsi, Belgrade et Budapest s’opposent frontalement à la SDN lors des débats relatifs à la fixation de leur frontière commune. Les recommandations du Conseil en date du 30 septembre 1922 traduisent la volonté de ses membres de rencontrer une solution transactionnelle dans un conflit plein d’animosité portant sur un territoire de 50 km de large sur 5 de profondeur, comptant une population de 16 000 habitants. Il s’agit de la région de Prokomourije. Rapporteur, Paul Hymans souligne que parmi les 34 villages, 28 sont complètement magyars et 6, quoique slaves, ont exprimé leur désir d’être maintenus dans le cadre de l’Etat hongrois. Au béné- fice de cette cause, il indique également que les communications déficientes vers le sud (donc la Yougoslavie) risquent d’entraîner ces gens dans la misère. Il en déduit que l’attribution à Belgrade de la zone litigieuse, tout particulièrement dans son entièreté, ne servirait pas les intérêts serbes. L’appel adressé à Belgrade demeure pourtant sans écho favorable, puisque le gouvernement yougoslave oppose une fin de non-recevoir à la de- mande de la Société. Quant à la Hongrie, elle se montre aussi inflexible : elle conditionne l’acceptation de la cession de la région à une compensation équivalente sur un autre seg- ment de la frontière. Budapest remet donc en cause une plus large partie de la frontière, pourtant largement déterminée dans le traité de Trianon. Le blocage persiste encore quand la fin de l’année 1922 approche déjà à grands pas… Le Conseil se propose alors d’informer la Conférence des Ambassadeurs de l’état des négociations

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.

Sur la question transylvaine, les prises de position sont exprimées avec plus de nuances, mais similaires quant au fond de l’affaire. A l’instar de ses collègues, Paul Hymans es- time qu’il n’est probablement pas nécessaire pour un membre du Conseil, de porter de-

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"XXIe session du Conseil de la Société des Nations. Genève. Septembre 1922. Délimitation de la frontière

hungaro-serbe. Rapport de Monsieur Hymans à ce sujet, adopté par le Conseil le 30 septembre 1922, in

Arch. SDN, R599. Quelques documents extraits de cette référence présentent également un intérêt, mais

plus faible et ne remettant pas en cause les assertions du paragraphe.

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vant le Conseil toutes les questions soulevées dans les différents pétitions

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des minorités hongroises de l’Ardéal. Il entend par là principalement les mesures contestées de la ré- forme agraire qui discriminerait les éléments non roumains, tout particulièrement des anciens maîtres

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. Il concède toutefois que deux questions spéciales méritent peut-être un examen plus détaillé

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: l’expulsion des fonctionnaires magyars du territoire roumain d’une part, et la fermeture de l’Ecole normale de Koloszvar-Cluj de l’autre. Il objecte à la première incrimination que leur expulsion découle du fait qu’ils avaient reçu l’ordre de Budapest de créer toutes les difficultés possibles aux autorités roumaines

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. A ceux qui accusent Bucarest de violer le traité des minorités, le gouvernement roumain répond que l’école mentionnée déployait des activités illégales et que l’Etat dispose du droit de régu- ler le fonctionnement de l’enseignement universitaire. Il ajoute que l’école violerait une disposition héritée de la législation hongroise : certains professeurs n’avaient pas présenté les épreuves nécessaires pour exercer leur métier. Il dénonce enfin que l’établissement servirait en fait de couverture à ceux qui veulent empêcher les étudiants hongrois de fré- quenter des universités roumaines. Dans cette situation, le Conseil ne demande pas plus à la Roumanie que de communiquer sa législation encadrant l’enseignement privé. Donc, la Société des Nations veut préalablement écouter les arguments de l’autre partie, la Rou- manie, avant de se prononcer

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.

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* *

Si on dessine un cercle un peu plus large, on doit également étudier les litiges ou ques- tions entre Vienne, plus accommodante, et ses anciennes provinces, participant à de nou- veaux ensembles multinationaux. L’Autriche n’est pas pointée du doigt. Tout au plus lui réclame-t-on des explications. A l’instar de ce qui était déjà arrivé dans le cas de la Rou- manie, pourtant pays allié, cela se produit notamment pour la législation générale de

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"Minorités hongroises en Roumanie. Mémoire préparée par la Section des Minorités du Secrétariat de la Société des Nations, conformément à la décision en date du 22 Juillet 1922, de MM Quinonès de Leon, Président du Conseil, et MM. Hymans et Tang", p. 2, in Arch. SDN, R1662, Les minorités hongroises en Transylvanie (6 avril 1922).

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Ibid., pp. 1-2.

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Ibid., p. 2.

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Ibid., p. 3.

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Ibid., pp. 5-6.

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l’enseignement privé en vigueur en Carinthie. Cette démarche fait suite à l’évocation de plaintes slovènes sur les droits des minorités. Sans que l’on connaisse l’issue de l’affaire, la Belgique est une fois encore associée à la Chine et à l’Espagne pour traiter le problème au sein d’un groupe issu du Conseil de la SDN

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. L’Autriche est même parfois défendue.

Ainsi, dans le cadre des griefs adressés quant à sa politique envers les minorités tchéco- slovaques, le représentant espagnol José María Quiñones de León écrit le 17 mars 1922 à Paul Hymans :

"Je suis d’accord avec vous pour estimer que les allégations formulées par les réclamants [tchécoslovaques] ne contiennent pas jusqu’à présent des informations qui pourraient faire apprécier une infraction aux stipulations relatives à la protection des minorités."

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On constate un manque d’intérêt en tout point semblable lorsqu’on envisage le cas des minorités bessarabiennes, entendues comme russes de Moldavie. Il faut probablement prendre en compte, pour expliquer ce silence ou cette réserve, le peu d’enthousiasme que la politique roumaine des minorités soulève, et la crainte des Soviets

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.

*

* *

Le recours à des arguments divers, sinon incompatibles, témoigne d’une indécision et est à même de susciter des sentiments d’injustice chez les parties qui se considèrent lésées.

Des conflits ultérieurs éclateront d’ailleurs. L’absence d’implication dans les mesures des Grandes Puissances résulte non seulement de la marginalisation des Petites, mais aussi du mépris éprouvé par Bruxelles pour ces régions dans ou en lisière des Balkans. La nature de la motivation des décisions est fort diverse. Ce peut être l’image générale du pays (in- dulgence pour l’Autriche principalement), l’alliance dans la guerre (Grèce contre Bulga- rie) ou des vertus de pondération (Autriche contre Yougoslavie et Tchécoslovaquie). Les rivalités entre Henri Jaspar et Paul Hymans, qui l’emporte finalement, sont parfois ac- compagnées de la peur de la remise en cause des frontières (Macédoine : Grèce et Serbie contre Bulgarie). De manière générale, les considérations émises sur la question des mi- norités sont largement conditionnées par la peur bleue du bolchevisme.

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Arch. SDN, R1671, les minorités slovènes en Autriche, mi 1922 (doc. 20475).

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Lettre de José María Quiñones de León à Paul Hymans, Paris, 17 mars 1922, in Arch. SDN, R1668, Les minorités Tchécoslovaques en Autriche, 20 mars 1920. Dans le même portefeuille, on retrouve une lettre de Paul Hymans à Eric Colban, depuis Bruxelles, le 20 mars 1920, transmettant l’information. Il existe aussi un portefeuille daté du 31 décembre 1921 et portant le même titre. Il fournit des informations sensiblement identiques. Aucune note dissidente n’est dégagée lors de la confrontation des points de vue des deux per- sonnalités mentionnées ci-dessus.

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Deux portefeuilles aux titres évocateurs dans les Arch. SDN, R1668.

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Les autorités bruxelloises demeurent parfois en retrait, soutenant notamment que les re-

vendications yougoslaves nuiraient à Belgrade et que celles présentées par Budapest sont

excessives. Le dédain belge et occidental pour les Balkans comporte aussi des consé-

quences et des liens moindres avec la politique intérieure : la question flamande

n’interfère que peu dans ces affaires à la portée supposée réduite. Il y a bien quelques

occasions où la crainte de l’irrédentisme et du séparatisme affleure, mais elle n’apparaît,

cette fois, ni maladive, ni obsessionnelle. Or, comme tout lecteur avisé le sait déjà, des

conflits réapparaîtront. Peut-être n’est-ce pas seulement du mépris, mais aussi un symp-

tôme de l’impuissance belge.

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