PALUDISME
Cours IFSI - 2016 Aurélie FILLION
Unité de Maladies Infectieuses CH de Chalon-sur-Saône
Epidémiologie du paludisme
Quels pays sont concernés par le paludisme ?
Gabon Sénégal Lesotho Algérie
Madagascar Espagne
Syrie Iran
Thaïlande Chine
Indonésie Colombie Chili
Cuba
République Dominicaine Etats-Unis
Quels pays sont concernés par le paludisme ?
Gabon Sénégal Lesotho Algérie
Madagascar Espagne
Syrie Iran
Thaïlande Chine
Indonésie Colombie Chili
Cuba
République Dominicaine Etats-Unis
Afrique inter-tropicale, Madagascar, Comores
= 90% des cas mondiaux
Lesquelles des propositions suivantes sont vraies ?
Presque la moitié des êtres humains vivent en zone d’endémie palustre.
Le paludisme cause environ 100 000 décès par an.
Les sujets les plus à risque à complication d’un accès palustre (décès) sont les enfants.
Mayotte et la Réunion sont des zones d’endémie palustre.
Chaque année, plusieurs milliers de voyageurs reviennent en France infectés par P.falciparum.
En moyenne, cinq personnes décèdent du paludisme en France chaque année.
Lesquelles des propositions suivantes sont vraies ?
Presque la moitié des êtres humains vivent en zone d’endémie palustre.
Le paludisme cause environ 100 000 décès par an.
Les sujets les plus à risque à complication d’un accès palustre (décès) sont les enfants.
Mayotte et la Réunion sont des zones d’endémie palustre.
Chaque année, plusieurs milliers de voyageurs reviennent en France infectées par P.falciparum.
En moyenne, cinq personnes décèdent du paludisme en France chaque année.
Monde
• 3,5 milliard personnes à risque
• 200 millions accès palustres /an
• 584 000 décès /an – 90% en Afrique
– Majorité chez les enfants
< 5 ans
Paludisme autochtone en Guyane Française + Mayotte
Paludisme d’importation
• Environ 4400 cas/an
• 80% des cas chez des migrants
• Afrique Subsaharienne (93%)
• P. falciparum (87%)
• 10-15% de formes graves
• 10-15 décès /an
France
Efficacité de la prévention : réduction > 50% de la mortalité
Paludisme et
Plasmodium
Plasmodium = protozoaire sanguin (parasite)
Espèces Répartition
géographique Létalité
Cycle de maturation
intra- érythrocytaire
Persistance de formes hépatiques
Proportion des cas importés
en France métropolitaine
P.falciparum
Régions tropicales et intertropicales
+++ 48h - 82,8%
P. vivax
Idem + région à climat plus
tempéré
+/-
(exceptionnelle) 48h + 7,4%
P. ovale Afrique
intertropicale - 48h + 6%
P. malariae Idem P.vivax,
mais en foyer - 72h - 2,1%
P.knowlesi Asie du sud-est +/- 24h < 1%
Cycle sexué
anophèle femelle
Cycle asexué homme
1. Étape hépatique (1-2 semaines)
Asymptomatique
Libération des parasites
(tous ou seulement une partie)
1. Étape sanguine
Plusieurs cycles érythrocytaires avec pic fébrile à chaque libération des parasites
Transmission
Transmission inter-humaine via un moustique
Vecteur = anophèle femelle – Piqûre indolore
– 1 seule piqûre = infectante – Soir + nuit
Transmissions exceptionnelles :
transplacentaire, transfusion, greffon, exposition au sang, toxicomanie
Tableau clinique et biologique
Quels organes peuvent être atteints en cas d’accès palustre ?
Cerveau
P.falciparum
Cycle érythrocytaire dans les capillaires viscéraux
micro-thrombi, cytokines, hypoxie
lésions tissulaires
défaillance multiviscérale Anémie hémolytique
Thrombopénie
Peau
Reins Foie Poumons
Toutes les espèces
Hémolyse
Consommation des plaquettes
Hyperplasie des macrophages
Hépato-
splénomégalie
Système cardio-vasculaire
Signes cliniques
• Fièvre +++ (pics) + frissons
• Syndrome algique – céphalées
– myalgies
• Troubles digestifs +/-
• Hépato-splénomégalie +/-
• Thrombopénie +++
• Anémie +
• Hémolyse :
– Hyperbilirubinémie libre – Élévation des LDH
– Haptoglobine basse
• Cytolyse hépatique < 10N
Signes biologiques
Délai d’incubation :
P. falciparum : 7 jours à 2 mois Autres espèces : plusieurs mois
Critères cliniques Défaillance neurologique :
confusion, somnolence, GSC < 11
Convulsions répétées Défaillance respiratoire Défaillance circulatoire :
PAs<80mmHg, signes périphériques d’insuffisance circulatoire
Hémorragie Ictère
Hémoglobinurie macroscopique
Critères biologiques Anémie: Hb<7g/dl
Bilirubine totale < 50µmol/l Hypolycémie
Acidose
Hyperlactatémie
Insuffisance rénale :
créatinine > 265µmol/l diurèse < 400ml/24
Parasitémie > 4%
Paludisme grave à P. falciparum
Réanimation !
Dans quel(s) cas doit-on évoquer un accès palustre ?
Retour du Sénégal (depuis 4 jours) + 39°c + céphalées
Retour de Thaïlande (depuis 5 semaines) + 38°c + diarrhées Retour du Ghana (depuis 1 mois) + prophylaxie bien prise + 38°5 + « tout va bien »
Retour de Bornéo (depuis 2 semaines) + pas de prophylaxie + 38°7 + toux et foyer pulmonaire
Retour de la Bresse (depuis 1 semaine) + 39°2 + sd pseudo- grippal + ictère + diarrhée
Dans quel(s) cas doit-on évoquer un accès palustre ?
Retour du Sénégal (depuis 4 jours) + 39°c + céphalées
Retour de Thaïlande (depuis 5 semaines) + 38°c + diarrhées Retour du Ghana (depuis 1 mois) + prophylaxie bien prise + 38°5 + « tout va bien »
Retour de Bornéo (depuis 2 semaines) + pas de prophylaxie + 38°7 + toux et foyer pulmonaire
Retour de la Bresse (depuis 1 semaine) + 39°2 + sd pseudo- grippal + ictère + diarrhées
Arguments épidémiologiques
• Notion de voyage en zone d’endémie
• Même de courte durée
• Même plusieurs mois/années auparavant
• Avec / sans chimioprophylaxie
• PALUDISME = 1
erdiagnostic à évoquer devant le tableau :
« fièvre + retour d’une zone d’endémie »
Confirmation diagnostique
Frottis Goutte Epaisse
(FGE)
• En urgence !
• Pas besoin d’attendre un pic fébrile
• Examen de référence
• Biologiste qualifié +++
• A répéter si négatif
Diagnostic positif de paludisme Diagnostic d’espèce
Parasitémie
« Nouvelles méthodes »
associées
• TDR par détection antigénique
• PCR
Traitement d’un accès palustre
Traitement de l’accès palustre
Simple Grave
Autres espèces P.falciparum
Hospitalisation (ou ambulatoire) Réanimation
PO (sauf vomissement IV) IV
Chloroquine (+/- Primaquine)
- Atovaquone-proguanil (Malarone®)
- Arthéméther-luméfantrine
(Riamet®, Coartem®)
- Dihydroartémisine-pipéraquine
(Eurartesim®)
Artésunate
(Malacef®)
Molécule à adapter à l’espèce
Espèce non identifiée : traitement adapté à P.falciparum
Mesures associées
• Prise en charge des complications associées – Antalgiques, anti-émétiques
– Perfusion de glucosé – Oxygène
– Forme grave (réanimation) : dialyse, ventilation invasive….
• Surveillance et condition de prise du traitement antipaludéen – Prise pendant un repas (en général, à adapter à chaque molécule)
– ECG
– Constantes
– Surveillance des effets secondaires cliniques : troubles digestifs, céphalées, troubles visuels, convulsions….
• Surveillance de l’efficacité : clinique, biologie, parasitémie
antipaludique choix posologie
atovaquone- proguanil (Malarone®)
1ère ligne
- 4 cp en 1 prise/jour pendant 3j à 24 h d’intervalle - au cours d’un repas,
- à partir de 5 kg (adapter posologie), ok femme enceinte - troubles digestifs
arthéméther- luméfantrine (Riamet®, Coartem®)
1ère ligne
- 4 cp en 1 prise à H0, H8, H24, H36, H48 et H60 - avec le repas ou boisson lactée
- CI : allongement du QTc, ATCD de cardiopathie - À partir de 5 kg (adapter posologie), CI 1er trismestre grossesse
dihydroartémisinine -pipéraquine
(Eurartesim®)
1ère ligne
- 4 cp en 1 prise/jour pendant 3j à 24 h d’intervalle -CI : allongement du QTc, ATCD de cardiopathie - Surveillance ECG
- à partir de 5 kg (adapter posologie dès <75kg), CI femme enceinte
antipaludique choix posologie
quinine
(Quinimax®, Surquina®,
Quinine Lafran®)
2ème ligne
- 8 mg/kg /8 heures (sur 4h ou IVSE) pendant 7 jours - dans sérum glucosé 5%
- Surveillance ECG
- Imprégnation : céphalées, vertiges, NV, acouphènes, hyperacousie, amaurose
- Surdosage/administration trop rapide : hypoglycémie, hypoTA, troubles visuels, trouble de la conduction cardiaque, décès - Dosage (obj: 10-12mg/l)
- ok grossesse
méfloquine
(Lariam®) 2
ème ligne
- 25 mg/kg en 3 prises espacées de 8 heures
- en pratique: 3 cp, puis 2 cp, puis 1 cp (si > 60 kg) - Vertiges, NV, troubles psychiatriques, convulsions
- à partir de 5 kg (adapter posologie), éviter chez femme enceinte
halofantrine
(Halfan®) 3
ème ligne
-2 cp/6h x3 à jeun
+ 2ème cure à J7-J10 chez le non immun (à dose réduite) - CI : allongement QTc, hypovitB1, hypoK
- troubles du ryhtme, décès - en milieu hospitalier
- surveillance ECG
- à partir de 10 kg (adapter posologie), CI femme enceinte
Prévention
Comment se protéger du paludisme ?
Spray insecticide cutané Vêtements couvrants
Infusions de citronnelle Infusions de quinine
Chimioprophylaxie anti-palustre Moustiquaire
Diffuseur électrique d’insecticide Ventilateur
Traitement curatif présomptif dès que T° > 38°5 Destruction des foyers larvaires
Ne jamais quitter la Côte-d’Or
Comment se protéger du paludisme ?
Spray insecticide cutané Vêtements couvrants
Infusions de citronnelle Infusions de quinine
Chimioprophylaxie anti-palustre Moustiquaire
Diffuseur électrique d’insecticide Ventilateur
Traitement curatif présomptif dès que T° > 38°5 Destruction des foyers larvaires
Ne jamais quitter la Côte-d’Or
Ne pas être piqué !!!
• Vêtements longs
imprégnés de répulsif
• Répulsifs cutanés
• Moustiquaire
imprégnée de répulsif
Dès la fin d’après-midi !
est indispensable lors d’un séjour dans une zone de transmission élevée.
protège totalement d’un accès palustre.
est contre-indiquée chez l’enfant.
est contre-indiquée chez la femme enceinte.
est contre-indiqué chez l’insuffisant cardiaque.
doit être prise pendant 3 semaines après le retour de la zone impaludée.
n’est pas nécessaire pour les sujets nés en zone impaludée.
reste indispensable pour les expatriés vivant plusieurs années en zone impaludée.
La chimioprophylaxie anti-palustre…
La chimioprophylaxie anti-palustre…
est indispensable lors d’un séjour dans une zone de transmission élevée.
protège totalement d’un accès palustre.
est contre-indiquée chez l’enfant.
est contre-indiquée chez la femme enceinte.
est contre-indiqué chez l’insuffisant cardiaque.
doit être prise pendant 3 semaines après le retour de la zone impaludée.
n’est pas nécessaire pour les sujets nés en zone impaludée.
reste indispensable pour les expatriés vivant plusieurs années en zone impaludée.
Chimioprophylaxie antipalustre
• But : éviter les accès palustres graves (décès)
• N’empêche pas – infestation
– manifestation tardive d’un paludisme à P.ovale et P.vivax
• Choix de la molécule
– Zone géographique, période et conditions du séjour – Durée du séjour
– Âge, poids, grossesse
– Co-morbidités (ATCD psychiatriques), traitement – Tolérance et observance prévisibles
– Budget
Suivre les recommandations annuelles du BEH (juin)
Immunisation ?
• Jamais vraiment
• Réinfections périodiques immunité partielle
formes moins graves
– Parasitémie plus faible – Signes cliniques modérés
• Portage parasitaire asymptomatique possible
• Disparition si arrêt de l’exposition
• Risque ++++ pour les émigrés retournant en zone d’endémie
Conclusion
• Fièvre au retour d’un pays en zone d’endémie palustre
= accès palustre jusqu’à preuve du contraire
• Accès palustre = potentiellement mortel
= urgence thérapeutique
• Traitement efficace,
mais avec des effets secondaires potentiellement graves bilan pré-thérapeutique, condition d’administration,
surveillance (ECG, glycémie)
• Prévention ++++