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Submitted on 1 Jan 1916
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la densité de corps solides
Jules Gasnault
To cite this version:
Jules Gasnault. Balance pour la détermination rapide et sans calculs de la densité de corps solides.
J. Phys. Theor. Appl., 1916, 6 (1), pp.291-298. �10.1051/jphystap:019160060029100�. �jpa-00241974�
291
BALANCE POUR LA DÉTERMINATION RAPIDE ET SANS CALCULS DE LA DENSITÉ DE CORPS SOLIDES ;
Par M. JULES GASNAULT.
1
On
atiré depuis longtemps du principe d’Archimède
unmoyen d’évaluer rapidement la densité d’un liquide. Lorqu’on immergP,
eneffet, dans des liquides de densités D~, D~,,...
unmême corps solide,
les poussées successives qu’il éprouve sont proportionnelle
auxden-
sités D~, D,,... Tel est le point de départ de la construction d’appa-
reils dont le type le plus courant est la balance a>.éutJierniique de
~
Si d’ailleurs le corps solide est de densité inférieure à celle du
liquide
enexpérience, c’est-à-dire s’il peut y flotter, le volume de la partie émergente
nedépend que de la densité du liquide et peut
servir à l’évaluer; d’où les appareils appelés clenS£1nètres,
talCo01nètres, etc.
Ces instruments rendent dans l’industrie, dans le commerce et
aussi dans les laboratoires, des services considérables grâce à la rapidité de leurs indications, rapidité qui n’exclut pas
uneexactitude suifisante dans bien des
cas.Leur emploi e~t surtout avantageux quand il s’agit de déterminations portant
surdes séries de liquides
de densités voisines. Ils évitent à l’expérimentateur tout calcul numé- rique, toute lecture de poids marqués, opérations qui, malgré leur apparente simplicité, devienneut à la longue
unecause de fatigue et
par suite d’erreurs pouvant fausser gravement les résultats.
If
Il
nesemble pas qu’une solution systématique du même genre ait t été apportée
aux mesuresconcernant les corps solides. Pour
ceux-ci ôn
secontente encore de suivre, dans les opérations de détermi-
nation de la densité, la définition même de celle-ci : quotient du
nombre qui
mesurela masse par le nombre qui mesure le volume.
D’où recherche de
cesdeux nombres, puis calcul de leur quotient;
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:019160060029100
toutes choses théoriquement simples, mais de durée assez longue
et, comme je l’ai dit plus haut, sujettes à erreurs.
Le dispositif suivant supprime
aucontraire tout calcul, toute lec-
ture de poids marqués et fournit facilement et rapidement,
avecdeux
décimales exactes, la densité d’un solide par la simple lecture d’une
graduation.
n c .... (
FIG. 1.
Suit
unlevier AB (fig. 1) mobile autour d’un
axehorizontal pro-
jeté
enO. Cet axe le divise
endeux bras inégaux OA et OB. Le
levier
aété d’ailleurs équilibré de manière que,
sansporter d’autre charge que les accessoires nécessaires à son fonctionnement, il se
maintienne horizontal. Le corps solide, de volume V et de densité D
exerce son poids VD en
unpoint A’ du levier situé du même côté que B. On l’équilibre pas
unetare T s’exerçant
enA. En appelant a
et cc’ les distances UA et OA’,
ona :
Sans toucher à la tare, immergeons maintenant le corps solide dans un liquide de densité cl inférieure à celle D du solide. La force
qu’exerce celui-ci sur le levier est V X D - d est, pour faire équi-
libre à la tare,
ondoit suspendre le corps
en unpoint 13’, tel que,
enappelant b’ la distance OB’,
onait :
d’où en divisant les relations 2) et (1) membre à membre.
ou
293 ce qui peut aussi s’écrire :
Autrement dit : à chaque distance 0 B’ mesurée
surle levier cor-
respond
unedensité D et
uneseule. On pourra donc, en
sedonnant
la longueur et la densité d du liquide, calculer à l’avance : soit les densités D correspondant
auxdifférentes positions du point B’,
soit mieux les positions du point B’ correspondant
auxdiverses den- sités. La graduation
nedépend pas du volume plus
oumoins grand
de l’échantillon
surlequel on expérimente.
. Supposons par exemple
unesubstance naturelle dont la densité soit susceptible de varier entre les valeurs 1,50 et 2,00 (suivant
sondegré de pureté, les circonstances ayant accompagné
saforma- tion, etc.).
Si cette substance est insoluble dans l’eau,
nouspourrions faire
choix de ce liquide et faire d
---_1. Fixons à 8 centimètres la valeur de a’, les positions extrêmes du point B’ seront :
Nous
auronsdonc à partager une longueur ~4-1.6
-8 centimètres
en 50 intervalles par 49 traits auxquels correspondront,
encommen-
çant par la droite, les densités 1,51 ; 1,~~ ; 1,53 ;
...1,99. Ces traits
ne
sont d’ailleurs pas équidistants, le trait correspondant à la den-
151
sité 1,51 sera à la distance OB’
=8 X 51 5i
==23cm,69 il sera donc
.séparé du trait 1,50 par
unintervalle de tandis que le
trait 1,99 sera à la distance OB’
=8 X 1::
-16,08 et ne sera
99
séparé du trait 2,00 que par une distance de Oçm,08, soit moins d’un millimètre. La sensibilité de l’appareil est donc de moins
enmoins
grande quand l’échantillon
surlequel on expérimente
a unedensité
de plus
enplus voisine du maximum possible. Mais pareil inconvé-
nient existe,
onle sait, pour les alcoomètres dont les divisions vont
en
seresserrant
aufur et à mesure que la richesse du liquide
enalcool
serapproche de 100 0/0. D’ailleurs des traits situés à
1 millimètre environ les
unsdes autres restent très suffisamment
distincts pour qu’on puisse effectuer la lecture sans ambiguïté.
Il faut remarquer du reste que l’écart des densités extrêmes de
l’exemple précédent (1,50 à 2,00)
nese rencontre guère dans les
différents échantillons d’une même substance naturelle et que, pour
un
intervalle de moindre envergure (~1,80 à 2,00 par exemple)
onpourra toujours,
sansexagérer la longueur du levier obtenir
unegraduation à intervalles suffisamment longs. En appelant
eneffet àD
accroissement de la densité et Ab’ l’accroissement correspondant
de la longueur OB’
ona, d’après (3) :
égalité qui montre que qui est de signe contraire à AD est
d’autant plus grand
envaleur absolue que la densité d du liquide est plus forte. La longueur des intervalles de la graduation croîtra donc
avec
cette densité d, laquelle, bien entendu,
nedevra jamais cepen- dant atteindre la valeur minima de D, puisqu’alors OB-’ deviendrait
infini, la poussée étant égale
aupoids du corps.
Enfin,
sanschanger le levier, ni le liquide il est facile de voir que l’on peut,
endéplaçant le point A’
enlequel
onéquilibre le corps dans l’air, étendre les limites des densités susceptibles d’être
mesu-rées par le même appareil.
Un appareil d’essai, basé
surles considérations précédentes,
adéjà permis de faire
ungrand nombre d’expériences et, quoique grossièrement construit,
adonné, pour des séries d’échantillons solides dontla densité variait de 1,30 à 1,60, des résultats remarqua- blement concordants
avecceux que donne la méthode généralement
usitée dite
«méthode de la balance hydrostatique
».C’est
unpetit trébuchet de laboratoire pouvant peser 100 grarnmes environ à
uncentigramme près. Le fléau
aété prolongé, du côté
droit, par
unebarre plat.e d’aluminium
surlaquelle est inscrite la
graduation. Une
cuverectangulaire remplie d’eau s’étend
sousla
partie graduée du levier, le bras gauche porte à
sonextrémité
unplateau destiné à recevoir la tare et dont le poids contribue à l’équi- lire, établi
unefois pour toutes, de l’appareil vide.
Sur le bras droit du levier
sedéplace
unsystème de suspension
très léguer destiné à soutenir dans l’air et dans l’eau l’échantillon
enexpérience. C’est
unfil aussi fin et aussi léger que possible portant
en
haut
uneboucle qui embrasse le levier et peut glisser tout le long
de la graduation. Au bas du fil est
uneaiguille fine et courte que l’on
295
peut piquer dans le solide quand il n’a pas une trop grande dureté,
ce
qui est
unmoyen comme le de le suspendre. Sinon
onle fixe par
un
noeud coulant.
L’échantillon étant suspendu
enA’
onle tare
surle plateau de gauche. On emploie pour cela
avecavantage des poids marqués
sans
qu’il soit nécessaire du reste d’employer des poids plus petits
que le gamme ;
onachève
eneffet beaucoup plus rapidement l’équi-
libre
aumoyen d’un petit cavalier pesant environ 1 gramme et qu’on
fait glisser
surle bras gauche du levier.
La tare ainsi établie, il
nereste qu’à faire glisser le fil le long du
levier de manière à immerger le corps
enrétablissant l’équilibre. La
densité est inscrite
aupoint ainsi trouvé.
La durée totale d’une expérience
nedépasse pas deux minutes.
La critique de principe la plus grave qu’on petlt faire à cette mé-
thode de détermination est la suivante : le système de suspension (fil et aiguille) est pesant et,
commeil n’occupe pas une place fixe
dans l’appareil, le moment de
sonpoids par rapport à l’axe 0 est
variable d’une expérience à l’autre.
Mais il faut songer que
cepoids, qui est d’environ 0’r,03, est extrê-
lement faible vis-à-vis de celui de l’échantillon qui est de l’ordre de
20 grammes. Du reste la concordance très satisfaisante signalée plus
haut entre les résultats donnés par l’appareil et
ceuxdonnés par la méthode de la balance hydrostatique nlontre bien que la variation du moment de
cepoids si faible peut être légitimement négligée.
Cette même critique
a uneportée singulièrement plus grande quand la nature physique de l’échantillon rend impossible l’remploi
du système de suspension précédent et nécessite l’emploi d’un sup-
port dont le poids n’est plns négligeable. C’est par exemple le
casdes substances poreuses. Certaines roches la craie par exemple,
sont ainsi constituées. Or, si l’on vient à immerger dans l’eau
unmorceau de craie,
onvoit s’en échapper des bulles, qui, chassées par le liquide, montent à la surface. Si bien que la poussée du liquide
devient de plus
enplus faible jusqu’à ce que tout dégagement gazeux ayant cessé, elle
sefixe à
unevaleur minima.
Autrement dit, sitôt le
morceaude craie immergé, il marche de
l’état A (solide + air inclus)
versl’état B plus dense (solide + liquide inclus). Rien
neprouve d’ailleurs que cet état B puisse être rigou-
reusement atteint. Car, s’il est vrai qu’en attendant suffisamment
longtemps, le dégagement des bulles finit par cesser, il n’en subsiste
pas moins
undoute sur la pénétration plus ou moins complète_ du liquide et l’absence absolue de gaz à l’intérieur de l’édifice. Mais admettons même qu’il
ensoit ainsi. La
mesurede la poussée minima
conduira à la détermination de la densité du squelette solide de la substance poreuse et
nonde celle de l’édifice primitif, qui est prati- quement la seule intéressante.
,
C’est
en vued’annuler l’effet de ce dégagement gazeux et de
mesurer la poussée avec la même exactitude que s’il n’avait pas lieu que j’ai imaginé le dispositif suivant :
FrG. 2.
Un plateau circulaire S 2), taillé dans
unelame mince d’alu- minium et percé de trous de manière à
cequ’il soit le plus léger possible, est supporté par trois tiges fines du même métal. Ces trois
tiges vienment se réunir au-dessus du centre de S
enencastrant par trois replis le bord du verre de montre V concave
versle bas et
unpeu plus large que S.
Ce
verrede montre forme ainsi toiture au-dessus du plateau. Si
on
immerge alors
surle plateau S
uncorps poreux, les bulles d’air
qui s’en échappent sont arrêtées par le verre de montre et la dimi- nution de poussée est, à tout instant, exactement compensée par l’effort qu’elles exercent, de bas
enhaut, contre le
verrede montre.
En somme, grâce à
cedispositif, l’édifice primitif A (corps
solide + air inclus) change de forme et
nonde volume. La poussée
que lui imprime le liquide reste constamment la même.
L’emploi de la méthode classique de la balance hydrostatique
devient dès lors possible pour les corps poreux.
Malheureusement
on nepeut adapter à l’appareil décrit
au§ 2 le système de suspension précédent. Le plateau S et le
verrede montre,
même immergé ont
unpoids apparent qui est de l’ordre de celui de
l’échantillon
enexpérience, et les variations du moment de
cepoids
297
apparent
nesont plus négligeables comme dans le cas du fil et
de l’aiguille.
’
’
IIl
La manière la plus élégante de tourner la difficulté serait évidem- ment dp rendre nul le poids apparent de l’appareil de ’suspension.
L’appareil décrit au § 2 resterait alors inutilisable pour les corps poreux. Mais
onpeut aussi utiliser le système suivant qui est, pour ainsi dire, la réciproque du premier en
cesens que le corps
enexpé-
rience occupe
uneplace fixe
surle levier, tandis que c’est la tare qui
se
déplace.
Un plateau aérien P est accroché à l’extrémité A du levier AOB.
Au-dessous de P est suspendu le plateau S immergé, ainsi que le
verrede montre, dans le liquide. L’axe 0 du levier le partage,
comme plus haut,
endeux parties inégales OA et OB, OA étant plus petit que OB (fl g. 2).
La construction est d’ailleurs faite de manière que le levier
semaintienne horizontal quand il porte seulement, accroché
enA, le système de suspension partiellement immergé.
On place le corps de
masseVD
surle plateau P et
onl’équilibre
par
unetare accrochée
aupoint B. Cette tare est constituée par
unpetit plateau p très léger
surlequel
onajoute dans chaque expérience
de petites
massessupplémentaires (par exemple des subdivisions de
gramme) nécessaires pour constituer avec p la tare T d’équilibre.
On
aainst en appelant
ala distance AO et b la distance OB.
On immerge alors le corps
enle plaçant rapidement
surS. La
force qu’il
exerce aupoint A est V (~- d), l’équilibre est rompu,
onle rétablit
enamenant p
aupoint B’ à distance b’ du point O. On
aalors :
d’où en éliminant T et V (3’)
ce qui peut s’écrire :
J. de Phys., 5° série t. VI. (Octobre-Novembre-Décembre 1916.)
Les mêmes remarques s’imposent que dans le cas du premier appa- reil: b’ ne dépend que de la densité d du liquide, du choix de OB = b et de la densité D du solide en expérience, autrement dit, pour un
appareil et
unliquide donnés,
onobtient pour chaque valeur de_ D
une
valeur de OB’ et une semle.
En différentiant (3’)
onobtient :
on
voit que les divisions de la graduation iront
ense resserrant quand la densité D augmentera, mais qu’on pourra les obtenir d’autant plus espacées que b
seraplus grand.
Ce second appareil
aété construit comme le premier et donne des
résultats tout aussi satisfaisants.
’
’