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L'émission exoélectronique des corps solides

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HAL Id: jpa-00205943

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00205943

Submitted on 1 Jan 1965

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L’émission exoélectronique des corps solides

Antonin Bohun

To cite this version:

Antonin Bohun. L’émission exoélectronique des corps solides. Journal de Physique, 1965, 26 (3),

pp.149-160. �10.1051/jphys:01965002603014901�. �jpa-00205943�

(2)

Aussi avons-nous ensuite 6tudi6 des cristaux

fabriqu6s au laboratoire (creusets de platine) [4], qui contiennent moins de 1/10 PPM d’impuret6s

bivalentes positives. Ces cristaux présentent 6ga-

lement les deux pics P1 et P2. Apr6s avoir dope des

cristaux de fluorure de lithium avec des ions Mn+ + et Mg+ +, nous avons pu observer les deux pics P,

et P 2 qui, dans certains cas, pouvaient etre pJus importants que pour les cristaux non dopes [5].

L’existence des deux pics de thermoluminescence

P1 et P2 ne semble donc pas d6pendre de la presence d’impuretés bivalentes positives, toutefois les quan- tit6s de lumiere 6mise, ainsi que leur evolution,

sont sensibles a la presence de ces impuret6s.

BIBLIOGRAPHIE [1] TOURNON (J.) et BERGE (P.), Physica Status Solidi.

[2] MARKHAM (J. J.), Bristol Conference 1954, p. 304.

[3] Quartz et Silice, Harshaw Chem. Cie., Koerber.

[4] BENVENISTE (M.), Thèse 1963.

[5] TOURNON (J.), Communication à paraître.

MISE AU POINT

L’ÉMISSION EXOÉLECTRONIQUE DES CORPS SOLIDES

Par ANTONIN BOHUN,

Institut de Physique des Solides de l’Académie des Sciences de Tchécoslovaquie

Résumé. - Sous le nom « exoémission électronique » des corps solides métalliques ou non métal- métalliques on comprend plusieurs phénomènes qui diffèrent par mode d’excitation et de stimu- lation selon le tableau 1. Quelques uns de ces effets sont bien connus sous d’autres noms, p. e.

l’émission thermoélectronique, photoémission, l’émission par effet de champ électrique etc. Dans

la seconde partie on décrit les appareillages utilisés dans les études d’exoémission. La troisième

partie traite tout d’abord de la co- et la post-émission des métaux soumis à l’influence des différents agents extérieurs (pression, chaleur, champ électrique, irradiation et corrosion par des gaz). Puis

on traite des phénomènes qui se produisent pendant et après excitation et stimulation des non

métaux par les agents cités. La description du mécanisme élémentaire d’émission est esquissée

pour chaque phénomène. La conclusion contient quelques remarques sur l’importance de la

connaissance de l’exoémission pour la science et la technique.

Abstract. 2014

"

Electronic exoemission " of solids describes some emission phenomena with diffe- rent ways of excitation and stimulation according to table 1. Some of these effects are well known under other names. The experimental apparatus used for stuying exoemission is described.

Co-and post-emission of metals submitted to external factors (pressure, heat, electric field, irradia-

tion and gas attack) are treated. Then the phenomena which happen during and after excitation and stimulation of non-metals are reviewed. The description of the elementary mechanism of emis- sion in each case is briefly described. In conclusion, the importance of a knowledge of exoemission for science and technology is emphasized.

1,E JOURNAL DE PHYSIQUE TOME 26, MARS 1965,

1. Introduction.

-

En 6tudiant les travaux origi-

naux sur 1’emission exoélectronique des 15 dernieres ann6es et en les comparant avec les travaux qui

traitent des autres ph6nom6nes d’émission vieux de 50 a 100 ans, on peut conclure que 1’expression « emis-

sion exoelectronique » comprend des ph6nom6nes

d’emission electronique varies. Les ph6nom6nes parti-

culiers different par le mode d’excitation ou de stimu- lation. La situation ressemble ici a celle de la lumi-

nescence [1]. Le nom d’cc emission exoélectronique » a

ete donné par J. Kramer dans les annees cinquante de

notre siecle. 11 a voulu designer par ce nom une 6mis- sion d’électrons provoqu6e par des reactions exother-

miques a la surface d’un metal. Mais les travaux ult6- rieurs de Kramer, d’autres auteurs et de moi-meme ont d6montr6 que cette condition n’est pas remplie

dans un grand nombre de ph6nom6nes observes. En d6pit de cela les différents chercheurs qui travaillent dans ce domaine se sont mis d’accord, en 1956, à

Innsbrfck pour conserver le nom d’ « exoélectrons » à des electrons qui sont 6mis dans les circonstances pr6- sentées dans le tableau 1, La construction de ce tableau

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01965002603014901

(3)

TABLEAU I

est fond6e sur la proposition de Hanle (c. f. [2]). II est plus d6taiII6 et plus precis que le tableau 6tabli par Kramer (1. c.). Comme on voit dans ce tableau, il y a ici aussi des ph6nom6nes bien connus, mais sous

d’autres noms. Citons au moins un exemple : la d6si- gnation complete cc Photostimulation-Post-Emission

Electronique » dans les nonm6taux signifie qu’il s’agit

de 1’6mission photoélectrique (photoemission ou PhE)

des corps solides non m6talliques excites, par exemple (p. e.) irradi6s par un rayonnement ionisant (rayons X

ou y, electrons, etc.). On rencontre une telle photo- 6mission, par exemple dans les halog6nures alcalins

color6s photochimiquement en les stimulant, c’est-A-

dire en les illuminant dans les differentes bandes

d’absorption (F, M, etc.). J’en parlerai un peu plus

loin. Naturellement, cette nomenclature peut sembler

assez prolixe. Pour cette raison elle n’est pas acceptee g6n6ralement. Les différents auteurs ont utilise sou-

vent des designations propres, par exemple thermo- 6mission, emission retard6e (Nachemission), emission froide, effet Kramer, etc. Mais d’un autre cote, le

tableau 1 peut servir de guide pour chercher des pheno-

m6nes nouveaux, provoqu6s par l’influence d’agents

ext6rieurs (pression, champ 6lectrique, rayonnement, gaz r6actif, etc.). Comme exemple de cela on peut citer

« l’électroémission » decouverte recemment par Petrescu [3].

Le but de mon expose est de passer en revue les résultats expérimentaux et les theories de 1’emission

exoélectronique des corps solides m6talliques et non m6talliques min6raux. Apres la description des appa-

reillages utilises je d6erirai rapidement les pheno-

m6nes observes dans les m6taux pendant diverses

excitations et stimulations (les differentes sortes de co-6mission des m6taux). Ensuite, en suivant le tableau 1 je traiterai des ph6nom6nes qui se produisent apres 1’excitation sous l’influence de facteurs ext6- rieurs divers (ph6nom6nes de post-emission). A cette partie suce6de la description des résultats sur la co-

et post-emission dans les isolants min6raux excites et stimules de différentes manieres. Je voudrais rappeler

que d’apres Seitz [4] les effets discutes peuvent etre

aussi consid6r6s comme les résultats d’interactions de six (ou sept avec la surface) d6fauts primaires du

reseau se produisant sous l’influence de facteurs ext6- rieurs [5]. En concluant cet expose j’ajouterai quelques

remarques sur l’importance des recherches sur ces

ph6nom6nes pour la science et meme pour la pratique.

2. Appareillage utilise.

-

Les phénomènes discutes

6tant tres faibles et instables, il est n6cessaire de dis- poser d’un d6tecteur extremement sensible ou d’un

temps d’observation assez long. Les appareils les plus simples comportent un compteur de Geiger, sous ou

dans lequel se trouve 1’echantillon mesure. Le compteur Geiger ouvert fonctionne a la pression normale (760 Torr) d’air. La figure 1 repr6sente le schema de 1’appareillage que j’emploie pour 6tudier les relations entre l’exoémission et la luminescence sous l’action

FIG. 1.

-

Schema du dispositif de mesure de la thermo- emission et de la thermoluminescence. 1-échantillon, 2-preparation radioactive P, 3-nacelle vide, 4-dispositif

de r6glage de la temperature, 5-thermocouple pour 1’echantillon, 6-compteur de Geiger, 7-cellophane, 8-

thermostat de Hoppler, 9-alimentation haute tension du

compteur, 10-oscillographe cathodique, 11-amplificateur

du compteur, 12-r6ducteur 1 : 1000, 13-compteur m6ca- nique de coups, 14-intégrateur, 15-oscillographe a trois courbes, 16-photomultiplicateur, 17-alimentation haute tension du photomultiplicateur, 18-amplificateur du photomultiplicateur.

d’une temperature croissante, c’est-à dire entre thermo- emission (TE) et thermoluminescence (TL). L’échan-

tillon peut etre sous la forme d’une poudre, d’un

monocristal ou d’une couche mince. 11 peut etre

chauff6 automatiquement a vitesse constante (environ

de 2 degr6 par seconde). On peut aussi l’illuminer a travers le compteur. On peut examiner l’influence de la lumiere sur la TE ou de la temperature sur la photoemission (PhE). 11 suffit de remplacer le photo- multiplicateur par une source de lumiere visible, UV

ou IR. J’ai employ6 cet appareillage avec un autre

four pour enregistrer la thermoémission en meme

temps que la courbe d’absorption pour une longueur

d’onde choisie (p. e. pour la bande F). Pour abr6ger

j’appelerai courbe de blanchiment thermo-optique la

(4)

courbe de thermoabsorption (TA). Des exemples

seront donn4s par la suite.

Dans les cas ou il ne se produit pas de reaction cata-

lytique on peut employer un compteur de Geiger rinc6

au methane (voir p. e. [6]) qui possede un plateau plus grand (~ 300 V) que le compteur a 1’air. Pour

les mesures d’exoémission dans le vide, Bathow [7] et

Bruna (d’apres [8]) ont employ6 un compteur de Geiger a fenetre de verre tres mince. I1 est n6cessaire d’utiliser une tension d’accélération de quelques kV.

Bathow et Lohff ont pu determiner la distribution

6nerg6tique des exo6lectrons en employant la m6thode

des potentiels retardateurs [7, 9] : elle est maxwel-

lienne.

Une autre possibilite de mesure dans le vide est un

dispositif multiplicateur a emission secondaire muni de dynodes Cu-Be, d’apres Allen et Baumgartner. Un

tel appareil a ete utilise par Seeger, puis par Vogel et

les autres 616ves de Hanle et de Raether (Lohff, Wiistenhagen et al.) plus r6cemment par Bohun et

plusieurs chercheurs sovi6tiques. Le vide est de l’ordre

de 10-5 a 10-7 Torr.

Beaucoup de chercheurs ont observe 1’6mission des m6taux avec un compteur Geiger-Muller dont la

cathode est constituee par l’élément mesure, en partie

ou en totalite.

A la fin du siecle dernier plusieurs physiciens en

cherchant des elements nouveaux 6metteurs de rayons de Becquerel ont employ6 comme organe de mesure la

plaque photographique. L’application de cette m6thode

a l’exoémission sera mentionnee plus bas.

Aujourd’hui les roles jou6s par la plaque photogra- phique et le compteur de Geiger dans 1’etude de 1’6mission sont presque incroyables. Nous parlerons de

cela dans la suite en discutant l’effet Russell (noircis-

sement de la plaque photographique) et 1’effet Kramer.

3. R6sultats exp6rimentaux et diseussion.

-

3.1. LA CO-EMISSION ELECTRONIQUE DES METAUX est

un des ph6nom6nes étudiés depuis plus de cent ans.

Elle est connue sous diff6rents noms. Un grand role

est joue par les diff6rents traitements m6caniques que

subit la surface m6tallique (par exemple frottement

au papier emeri ou grattage avec un objet m6tallique).

L’atmosphere dans laquelle se trouve l’échantillon

m6tallique examine influe 6galement sur les phéno-

m6nes observes.

3.1.1. L’excitation par la pression (triboémission) a

ete examinee pour la premiere fois par Kramer [10].

Il l’a 6tudi6 dans le cuivre et 1’alummium en les 6ti-

FIG. 2.

-

Nombre d’61ectrons 6mis par du cuivre

pendant 1’6tirage (d’apres Kramer).

rant dans un compteur de Geiger (rempli d’hydrogene technique) imm6diatement devant la pointe du comp- teur. L’un de ses résultats est represente sur la figure 2.

Sur l’axe x est port6e la dur6e de la charge. Lohff et

Raether (cf. [11, 31]) ont examine l’émission produite

par la deformation mécanique plastique d’un cristal de zinc (longueur 20 mm, iam6tre i 3 mm) ) dans un

dispositif multiplicateur sous un vide de 2 X 10-5 Torr.

Ils ont fait des experiences par traction dans la direc- tion d’axes 0001 >. Chaque fois qu’on allonge le

cristal de 1 % de sa longueur, une emission d’ électrons est observ6e dont l’intensit6 d6crolt plus ou moins vite

avec le temps. L’émission diminue a mesure que le cristal se durcit.

Pour expliquer cet effet les auteurs supposent que 1’6mission des electrons r6sulte de la perturbation du

reseau produit par le glissement des plans r6ticulaires.

Quand le glissement a r6duit les tensions produites par

l’allongement du cristal, 1’emission cesse. D’apres

Lohff [12] c’est la chaleur lib6r6e localement pendant

le glissement des plans qui permet aux electrons de sortir le metal.

Le role de l’oxyg6ne dans l’émission exoélectronique

des m6taux et nonm6taux a occupe un grand nombre de

chercheurs. Je le discuterai dans la partie 3.1.5 relative

a 1’6mission provoquée par reaction chimique. Dans la

meme partie sera trait6e aussi l’influence de l’eau. 11

me semble n6cessaire de mentionner ici les résultats obtenus par Sujak et ses collaborateurs [13]. Ils ont

trouve que pendant la croissance de la pression sur un échantillon d’aluminium dans le compteur de Geiger (il n’y a alors aucune surface propre) il n’apparaft pas d’6mission si l’échantillon se trouve dans l’obscurit6.

L’6mission d’un metal oxyde peut etre observ6e seule- ment si on l’illumine en meme temps avec de la

lumiere blanche (contenant des longueurs d’onde jusqu’à 360 mm environ) (voir 3.2.1.).

3.1.2. L’excitation par la chaleur (1’6mission thermo- electronique).

L’6mission electronique sous l’influence de la cha- leur est bien connue sous le nom d’émission thermo-

electronique..Il est certainement superflu de s’en occu-

per ici. On la trouve dans la monographie de Richard-

son [14] et dans les livres classiques. Je voudrais mentionner ici un phenomene particulier aux semi

conducteur. C’est l’émission des electrons chauds dans les jonctions P-N soumises a une tension inverse. 11 a

ete observe par plusieurs auteurs (Burton, Tauc [15], Patrick, etc.). Ces résultats sont resumes et trait6s

th6oriquement par Goffaux [16] pour CSi.

3.1.3. L’excitation par un champ électrique (field emission).

Comme pr6c6demment il suffit de rappeler que 1’6mission qui se produit sous Faction d’un champ elec- trique ext6rieur est connue sous le nom d’Omission electronique par effet de champ ou d’émission auto- electronique. 11 y a deja les monographies sp6ciales

sur ce sujet (p. e. [17]). Je voudrais ici mentionner seulement un effet observe par Drost [18] dans un compteur de G.-M. a cathode d’aluminium apres une d6charge dans un gaz convenable. La formation ’de cet effet en fonction de la dur6e de la d6charge est mon-

tr6e sur la figure 3. L’explication est la meme que celle

propos6e par Giintherschultze [19] et appliqu6e a

1’effet Malter. 11 me semble n6cessaire de noter qu’en

général, surtout dans les cristaux ioniques (voir plus

(5)

FIG. 3.

-

Formation de 1’effet Malter dans un compteur

G.-M. a cathode d’Al en fonction de la dur6e de la d6-

charge dans le gaz (d’apres Drost).

bas). 1’6mission exoélectronique ne se confond pas

avec 1’effet Malter (cf. [2, 20]).

3.1.4. L’excitation par irradiation (photoémission,

emission secondaire, etc.).

En illuminant un metal avec des photons visibles

ou ultraviolet d’6nergie hv suffisante on obtient une

emission d’électrons qui peuvent franchir la barriere de

potentiel cp appel6e photo6mission ou effet photo6lee- trique ext6rieur. Les problemes lies a ce phenomene

ont ete r6cemment bien resumes et discutes dans le livre de Vernier [21].

Si 1’energie des photons est plus grande (rayon X ou y) le processus de 1’6mission électronique est plus complexe. A l’extérieur du metal apparaissent des

electrons relativement peu 6nerg6tiques. Cette 6mis- sion a ete 6tudi6e par Wilson [22] et quelques autres

chercheurs. Holthusen et Ascher [23] ont montre que les electrons secondaires, appel6s ici p, se meuvent non

seulement dans la direction des rayons primaires (emission d’émergence) mais aussi dans la direction

oppos6e (emission d’incidence). Cette assym6trie aug- mente quand la masse de 1’atome 6metteur croit et

quand la longueur d’onde d6crolt. Ce r6sultat est en

accord avec celui de Wilson (1. c.) Quimby et Wil-

son [24] ont 6tabli qu’avec les rayons y l’émission

d’6mergence d6crolt avec le num6ro atomique Z du metal, jusqu’à Z

=

40, passe par un minimum, puis augmente a nouveau. L’intensité de l’émission d’inci- dence crolt toujours avec Z. R6cemment Rumsh et Stchemelev [25] ont 6tudi6 1’effet photoélectrique des

rayons X pour plusieurs m6taux : Bi, Pb, Au, Cu, Sn, Te, Co, Cr et Al. Ils ont montre que le phenomene electronique multiple est li6 A 1’6mission secondaire.

Le nombre moyen des electrons 6mis par quantum

est d’environ 3 et differe peu d’un metal a 1’autre.

L’emission électronique qui se produit pendant le

bombardement d’un metal par des electrons primaires

est bien connue sous le nom d’émission secondaire. 11 y a beaucoup de monographies sur ce sujet (p. e. Brui- ning [26], Dekker [27] et [46]). Le m6canisme elemen- taire de ce phenomene a 6t6 discute r6cemment par

Bimschas et al. [28, 29]. L’emission d’61ectrons secon-

daires sous 1’action des ions sera trait6e avec les effets de chimi6mission (3.1.5.).

3.1.5. L’excitation par les réactions chimiques (chimi- 6mission) est un des effets les plus complexes et pour cette raison a souvent 6t6 red6couvert et explique

d’une maniere diff6rente. Je ne peux epuiser ici tous

les probl6mes lies a ce phénomène. Je me bornerai à

1’6mission qu’on observe si un metal dont la surface a

ete maintenue ou rendue propre est place dans une atmosphere corrosive. Nous nous int6resserons tout d’abord a l’oxyg6ne ou au m6lange oxygene-vapeur

d’eau et aux halogenes (Cl2 etc.).

; D6jA longtemps avant Kramer on a realise un grand

nombre d’expériences dans le but de d6montrer que

l’oxyg6ne joue un role d6cisif dans le processus d’6mis- sion electronique. Paproth et al. [30] avaient montre que les particules 6mises par l’argent étaient des 6lee- trons. Je citerai ici des résultats de Raether et ses

616ves Lohff et Wiistenhagen qui me semblent les plus

surs. Ces auteurs ont utilise dans un vide de 10-5 à 10-7 Torr des multiplicateurs d’électrons. La surface du metal 6tait frott6e avec du papier emeri ou avec

une brossetd’acier dans le vide. Les variations de 1’6mission en fonction du temps pour Cu, Au et Fe (frott6s a 1’6meri) sonfdonnes sur la figure 4 [31].

Ces trois substances donnent des intensités voisines.

FIG. 4.

-

Emission d’61ectrons par diff6rentes surfaces frott6es avec du papier emeri (d’apres Raether et Lohff).

En comparant ces intensités a l’intensit6 6mise par Ie

papier emeri et en tenant compte de la dureté des m6taux on peut conclure que 1’6mission provient en

realite des grains d’émeri coll6s a la surface du metal.

C’est pourquoi ces auteurs ont remplac6 le papier

emeri par une brosse d’acier. Dans ce cas les résultats pour Fe, Ni, Zn, Cu, Au, Ag et Pt étaient tres diff6rents de ceux que l’on obtenait pour Na, Ca, Al, etc. Le premier groupe de m6taux donnait une emission A

peine mesurable. Les m6taux de second groupe ont

produit au contraire une emission intense (fig. 5). Ceci

a ete confirm6 aussi par Wiistenhagen [32] pour des films m6talliques fraichement 6vapor6s sous vide. La figure 6 repr6sente d’apres Lohff [33] la courbe d’émis- sion d’une surface d’aluminium frott6e avec une brosse

en fonction de la pression d’oxygene. La temperature

de 1’echantillon 6tait 100 °C. En r6alisant les exp6-

riences sur le zinc sous azote et non plus sous l’oxyg6ne

on n’observe aucune emission. D’apres Raether [31]

(6)

FIG. 5.

-

Emission d’electrons par diff6rents m6taux frott6s avec une brosse d’acier (d’apres Raether et Lohff).

ceci montre que c’est l’oxygene qui est responsable de

1’6mission et non la vapeur d’eau qui peut rester pr6-

sente dans un appareil en verre meme pour un vide de l’ordre de 10-6 Torr. Mais Le Goff a attire 1’atten- tion sur une influence possible de 1’eau (1. c.). D’apres

ce dernier auteur on doit considerer l’interaction avec le metal de H 20 ou des radicaux adsorb6s H et OH

plutot que celle des molecules d’oxygene 0,. Selon

moi on ne peut pas a priori eliminer cette possibilite

sans des experiences plus d6taill6es. Des experiences

cit6es plus loin apportent quelques arguments en faveur de cette derniere proposition. 11 me semble

n6cessaire de mentionner encore deux résultats de Lohff : a) L’intensit6 d’émission diminue quand la temperature augmente. Lohff a tent6 d’expliquer ce

FIG. 6.

-

Emission d’une surface d’Al frott6e avec une brosse en fonction de la pression de l’oxygène. Temp6- rature ; IQQ QC (d’après Raether et Lohff),

fait en supposant une interaction plus forte des elec-

trons avec le r6seau. b) L’intensité d’émission du zinc atteint un maximum quelques secondes apres l’entrée

de l’oxyg6ne.

D’apres Raether et ses collaborateurs « l’émission d’électrons provient d’une reaction de l’oxygene avec

la surface d’ou le traitement m6canique a enlev6 les

films protecteurs. 11 semble que l’intensit6 soit étroi- tement li6e a la croissance de la couche d’oxyde ».

Parmi les autres auteurs qui ont 6tudi6 la chimi- émission pendant la reaction de l’oxyg6ne nous voulons

nommer encore Lewis et Burcham [34], Seidl et

col. (cf. [35-37]), Haxel et al. [38], Seeger [39, 40], Hrbek et al. [41], etc. (cf. [40, 42]). Kramer [43] et les

chercheurs cites ont aussi 6tudi6 cette emission en fonction de la temperature quand les m6taux sont chauff6s a vitesse constante (fig. 7) (c. f. [40]).

FIG. 7.

-

Courbe sup6rieure : emission electronique retar-

dee d’Al frotté avec du papier emeri en fonction de la temperature ; courbe inf6rieure : emission du m6me 6chantillon chauffe’pour la seconde fois sans frottement

pr6alable (d’apres Haxel, Houtermans et Seeger).

Une emission d’électrons eventuellement accompa-

gnee par 1’6mission d’ions a ete observ6e aussi pendant

d’autres reactions entre un metal et un gaz corrosif.

Ce sont, par exemple, le phosgene (COCI2) avec NaK2 liquide (Richardson et coll. [44]), l’iode avec 1’argent

solide (Paproth et al. [30]), les halogènes avec les

m6taux alcalins solides (Geiger [45]). Citons aussi dans

ce domaine les travaux anciens de Reboul (cf. [14, 47]).

Koc et Roubinek [36] en 6tudiant l’influence du champ 6lectrique sur la chimi6mission de Cu en presence d’oxygene trouvaient un effet Schottky anormal.

Une th6orie de la chimi6mission doit expliquer d’ou provient 1’6nergie que doit obtenir un electron pour sortir le metal.

Une des theories les plus plausibles est celle de

Denisoff et Richardson [44]. Selon cette th6orie 1’6mis-

sion est le r6sultat imm6diat de l’interaction entre les

electrons libres du métal et une liaison chimique, élec.

(7)

troniquement excitee, form6e a la surface du metal lors de la reaction des molecules de gaz avec le metal

(voir De Boer [46]). Ces auteurs ont obtenu un bon accord entre la theorie et leurs résultats exp6rimen-

taux pour NaK2 et pour les gaz C12, Br2, I2, COCI2, NOCI, S,Cl, et HgCl,.

Kramer [43] a suppose que 1’6mission electronique se produit pendant la transformation exothermique d’une phase nonm6tallique en phase m6tallique. D’apres

Haxel et al. [38] c’est la formation d’une couche

d’adsorption ou d’oxyde qui libere 1’6nergie cherchée.

Seidl et ses collaborateurs (cf. [47]) explique 1’evolu-

tion des courbes d’émission a temperature constante à l’ aide de processus de diffusion. On peut trouver dans

les articles de mise au point [40, 42, 47] les autres

theories de l’exoémission. Je voudrais mentionner

encore une theorie qui me semble tres int6ressante.

Elle concerne surtout les systemes métal-oxygène.

C’est la theorie 61abor6e par Izmailov et Furman [48].

Leur calcul est fond6 sur la theorie faite par Oliphant

et Moon de 1’6mission des electrons par bombardement

ionique (voir l’article de mise au point de Parilis [49]).

11 s’agit d’une extraction possible des electrons du metal par des molecules électronégatives neutres. Cette

emission autoelectronique se produit dans le champ 6lectrique des molecules polaris6es. Nous avons avec

Dolejsi calcule a partir de cette hypothese la propor- tion Nln (N = nombre des electrons 6mis, n

=

nom-

bre des molecules d’oxygene dans 1 cm3) pour Al, Fe, Cu, Ag et Pb. Le calcul a ete fait pour une vitesse de la molecule de 4 km/s. Les résultats sont en accord

qualitatif avec ceux de Wiistenhagen (1. c.). Selon lui

et d’apres notre calcul l’intensité d’émission de 1’alu- minium est plus grande que celle du cuivre ou du fer

(dans ces derniers cas elle est a peine mesurable [31]).

Dans le ’second cas discute la surface propre du metal est plac6e dans 1’air ambiant, c’est-à-dire en

atmosphere d’oxygene et de la vapeur d’eau. D’apres

Raether I’azote ne provoque pas d’emission. 11 se pro- duit des processus assez complexes. En plus des pro-

cessus d’adsorption, de desorption et d’oxydation men-

tionn6s plus haut, il y a encore des processus cataly- tiques avec desorption des produits de la reaction

(voir par exemple, Germain [50] ou Trapnell [51]).

J’ai deja mentionné que dans l’observation de ces

phenomenes le dispositif de mesure a joue un grand role.

La m6thode des clich6s photographiques a rendu possi-

ble la d6couverte d’un nouvel effet : « l’effet Russell )).

L’histoire de cet effet est tres vieille. D6jd, en 1842,

Moser [52] a observe que presque tous les solides pou- vaient noircir la plaque photographique. 11 a explique

cet effet par 1’6mission des rayons de nature inconnue

(rayons de Moser d’ après Piltschikov [53]). Colson [54]

et ultérieurement plusieurs autres chercheurs ont 6ta- bli que quelques m6taux poss6dant 1’eclat m6tallique

comme Zn, Mg et Cd impressionnent 1’emulsion photo- graphique quand ils sont places a son contact ou meme

seulement dans son voisinage a 1’air ambiant. Les autres

m6taux, par exemple, Al, Pb, Cu et Fe ne produisent

presque aucun effet. D’ après Colson, Pellat et Thomp-

son la cause de cet effet est une emanation de vapeurs

m6talliques. Russell [55] a donne une autre explication plus plausible. 11 a trouve aussi cet effet avec Pb, Ni

et Al ; lui non plus n’a trouve presque aucun effet pour Cu et Fe. 11 a aussi trouve que les m6taux sont plus

actifs s’ils sont fraichement polis et a une plus haute

temperature. Aujourd’hui on peut dire [63] que

l’importance de l’effet Russell dans les m6taux est d6finie par leur place dans la s6rie de Nernst des poten-

tiels normaux. Mais en comparant cette classification

avec celle des travaux d’extraction cp, on trouve aussi

un accord assez bon.

Russell a explique 1’effet observe par des reactions

chimiques. 11 y a formation d’eau oxyg6n6e H2O2. Les

travaux de Russell et de 60 autres chercheurs sont discutes par Keenan [56] qui est en accord avec Russell.

R6cemment, Albrecht et Muller, Schaub et Liedtke,

Becker et Wolf [57] confirmaient aussi les résultats de Russell. Albrecht et Muller [58] ont encore d6mon- tre, que 1’eau oxyg6n6e est capable non seulement de

produire l’image latente mais aussi de la d6truire. Cela

depend de la concentration en H20 2 et de l’illumina- tion de 1’emulsion avant 1’exposition.

Les réponses au probleme de la formation de H202

sous l’influence de catalyseurs m6talliques ne sont pas

encore satisfaisantes [59]. On suppose qu’elle est li6e

a une autooxydation des métaux pendant laquelle se

forment des peroxydes instables. D’ après Schaub et

Liedtke [60] le processus élémentaire peut etre 6crit par l’équation suivante :

ou MeO correspond a l’adsorption de l’oxyg6ne sur la

surface m6tallique (Me). Entre la molecule adsorbee et le metal s’effectue 1’echange d’un electron avec for- mation de 02 [61]. Cet ion forme avec H 20 les radi-

caux libres H02 et OH-. Plusieurs reactions diff6- rentes peuvent alors se produire. Par exemple le radi-

cal H02 en enlevant un autre electron au metal forme

avec H 20 le peroxyde H2O2 et OH- ou bien 2HO, ---> H20 + 03 (ozone). Grunberger [62] va jusqu’à supposer que les exo6lectrons participent a la

formation de H 2°2’ D’apres Conrad et Levy [64] ceci

n’est pas exact parce que 1’6mission des m6taux trait6s

ne se produit pas dans l’obscurit6. D’autre part, il est

bien connu [61] que 1’autooxydation et la catalyse peuvent etre acc6l6r6es par l’illumination. Sujak et Wawrzyniak [65] ont r6cemment observe une 6mis- sion exoélectronique avec Al, Zn et Pb trait6s m6ca-

niquement lors d’une reaction avec NaOH ou KOH,

seulement pendant l’illumination par de la lumiere blanche (X jm

N

360 nm). Aucun effet n’a ete observe

avec Mg, Cu, Fe, Ni, etc. Une des plus grandes emis-

sions par tribo-photo-stimulation a ete observ6e par

Sujak et Lewowski [66] avec de l’aluminium immerge

dans C6H6, C6HõCHa, CHCI, et C,HC13. L’emission

6tait plus petite apres immersion dans l’eau, C2H5OH

ou quelques autres substances. L’immersion dans

CCl4 ne produisait aucun effet. Sujak et Wawrzyniak

ont encore observe que le seuil photoélectrique se d6place vers les plus courtes longueurs d’ondes quand l’oxydabilit6 du metal diminue, par exemple, quand on

passe de Al a Sb. Conrad et Levy (I.c.) ont aussi

observe un abaissement du seuil d’environ 1 eV avec

Al, Zn, Sn, Cu et Ni trait6s mécaniquement. Il me

semble qu’ici 1’adsorption des molecules de 1’atmo-

sph6re du compteur de Geiger jouait un role. Vraisem- blablement, l’isobutane C4Hlo agit comme agent

d’extinction parce que, par exemple, CsHs adsorb6 est, selon Terenin [67], capable de r6duire dans ZnO le travail d’extraction de plus de 2 eV (pour 1’adsorption

de C,,Hio sur W voir, par exemple, Tretjakov [68], pour

(8)

FIG. 8.

-

Photoemission d’Al illumine par de la lumiere ultraviolette pour des temperatures croissant a vitesse constante puis d6croissant (d’apres Bohun).

l’oxydation de C4Hlo en CO2 et H20 voir Rogins- kij [69] ; dans cette derniere reference on peut aussi

trouver des donn6es sur la decomposition de H102)- L’oxygene adsorb6 peut faire croitre le travail d’extrac- tion de Ni d’environ 1,2 eV (a 25°C et sous 50 torr de 0, [70]. A cette occasion je voudrais citer un de mes

résultats expérimentaux. La figure 8 repr6sente les

variations de la photoemission de l’aluminium avec la

temperature quand celle-ci crolt et d6crolt [71]. Nous

remarquerons surtout le maximum a 620 OK parce que dans ce cas les ions OH- ou quelques autres pourraient

intervenir. Pour élucider cette question il m’a semble

n6cessaire de determiner elm (voir [72]).

11 est clair que dans les cas discutes c’est la forma- tion des promi6res couches d’oxyde (voir par exemple

Shishakov et al. [73] ou [74, 76]) qui a pour nous le

plus d’int6r6t.

Presque aucun chercheur n’a trouve un parall6lisme

total entre les intensités des effets Russell et Kramer.

Pour 6claireir ce probleme on suppose que les m6taux inactifs dans 1’effet Russell poss6dent une aptitude à

detruire le peroxyde comme 1’a d6montr6 pour Cu Churchill [63], pour Cu et Cu-Ni Dowden et Rey-

nolds (voir [51]).

Parmi les ph6nom6nes de chimi6mission citons

encore 1’emission qui se produit pendant la cristalisa- sation d’un metal (alliage de Wood, zinc) ou pendant

un changement de phase. L’existence de ces pheno-

m6nes a ete annone6e par Kramer [43]. Futschik et

al. [77] Steiner [78] A la suite de mesures dans 1’atmo-

sph6re ont confirme les résultats de Kramer, mais

Bathow et al. [79] qui ont travaillé dans le vide n’ont observe aucune emission. Ces résultats contraires

pourraient selon moi etre expliqu6s au moyen de la

triboémission trouv6e dans quelques autres cas par Richardson [14] s’il s’agissait d’un systeme m6tal- oxyde. Roich et Jarpoveckij [42] remarquent qu’un changement de phase, meme exothermique, ne provo-

que aucune emission.

Je voudrais encore ajouter deux remarques. D’apres quelques auteurs le m6canisme de la chimiémission

peut etre multiple. Une partie des electrons 6mis peut provenir d’une reaction chimique d6crite en 3.1.5.

L’autre partie des electrons peut provenir de pieges à

electrons occup6s soit dans le volume de l’oxyde soit a

la surface dans 1’oxygene adsorb6 (p. e. [37, 82, 83]).

La seconde remarque se rapporte a la nature d’un effet qu’ont observe Hohn et al. [84] dans des gouttes de Hg

tomb6es d’un tube de verre. Ces chercheurs 1’ont nomm6 la photostimulation-chimiemission. Il me

semble que la nature de ce phénomène reste obscure

parce qu’on ne peut pas exclure a priori la possibilite

que le compteur Geiger r6ponde seulement 6L la charge (voir Sujak [81]) form6e dans les gouttes par le frot- tement de Hg sur le tube de verre (voir Loeb [85]).

3.2. LA POST-EMISSION TLECTRONIOUE DES MTTAUX

a ete 6tudi6e depuis longtemps par un grand nombre

de chercheurs surtout en connection avec la radioacti- vit6 de second ordre. On a 6tabli que dans la plupart

des cas, par exemple apres irradiation par des rayon- nements ionisants, il s’agit d’une emission electronique

retard6e stimul6e thermiquement ou optiquement des oxydes m6talliques superficiels. Les résultats sont

pour la plupart resumes plusieurs fois dans des articles de mise au point (voir [80] et [2, 40-43, 47, 81, 86, 87]).

Par cette raison, je ne traiterai pas la post-emission

aussi en detail que la co-6mission. Je me bornerai à

quelques exemples.

Les ph6nom6nes mentionnes jusqu’ici concernent

alors pour la plupart les nonm6taux. Mais on doit

souligner que le systeme m6tal-oxyde possede quelques qualités propres. Par exemple 1’adsorption de l’oxy- g6ne diff6re assez nettement de celle qui se fait sur le

metal lui-m6me mais elle depend aussi du type de l’oxyde. Grimley [75] suppose que l’oxygène s’adsorbe

sur Al-AI203 (type N) comme 0- et sur Ni-NiO (type P) comme 0. L’importance de cette distinction pour la theorie de cette exo6mission est evidente.

3.2.1. L’ émission électronique par tribo- photostimu-

lation 6tudi6e par Sujak et ses collaborateurs, Grun- berg, Wright, Von Voos et Brotzen, peut-etre un exem- ple de post-emission. Grunberg [86] a observe que le seuil de la photoemission de Al trait6 m6caniquement

est deplace jusqu’aux longueurs d’ondes visibles et que

la r6partition spectrale de la sensibilite photo6lee- trique pr6sente trois maxima. Sujak (cf. [87]), Conrad

et Levy (1. c.) ont confirme les résultats de Grunberg à

1’exception de la selectivite spectrale. L’explication

semiquantitative de ces ph6nom6nes est fond6e sur la

(9)

156

formation et le mouvement des dislocations ou des lacunes ainsi que sur la formation et la destruction des centres color6s. Von Voos [88] suppose encore que le m6canisme d’émission est probablement lie aux

niveaux peu profonds appartenant a l’oxyg6ne adsorb6 deja mentionnes.

3.2.2. L’émission qui se produit dans un compteur de

Geiger après une irradiation intense par un rayonne- ment ionisant (rayons X ou y et a, electrons, etc.) a 6t6

l’un des ph6nom6nes etudies le plus en detail pendant

les 30 dernieres ann6es. L’explication du phenomene

varie d’un auteur a l’autre. Par exemple, Tanaka [89]

1’a explique au moyen de l’émission par effet de champ (autoemission electronique). La charge positive est

localis6e a la surface de l’oxyde et a ete produite par 1’6mission secondaire qui r6sulte du bombardement par des electrons primaires de 250 a 300 keV ou par la

d6charge du gaz dans le compteur. La formule donnant l’intensit6 d’émission en fonction du temps est d6duite

de la formule de Nordheim et Fowler. Rogger et

Scherer [90] ont irradie avec des rayons X une cathode d’Al dans le compteur de Geiger-Miiller. Leur expli-

cation de I’dmission est conforme a celle de Tanaka.

Kramer, Muller et ses collaborateurs, Birgfelner,

Hrbek [41], Bohun et ses collaborateurs, les travail-

leurs du groupe de Seidl, etc. ont aussi employ6 pour 1’excitation des rayons X. Un de nos résultats est sur

la figure 9 et concerne 1’6mission de cuivre oxydé

FIG. 9.

-

Courbe d’6mission de cuivre oxyde irradie

par les rayons X (d’apres Bohun).

excit6e par les rayons X et stimul6e thermique-

ment [91]. Nous les avons explique au moyen de centres color6s dans l’oxyde (electrons localises dans des lacunes d’oxygene) [91, 92]. Cette explication est

aussi adoptee par Grunberg, Birgfellner, Nassens- tein, etc. Pour la bibliographie voir [80, 93]. R6cem-

ment Kralik [94] a d6montr6 qu’il n’y a pas de diffé-

rences entre les résultats obtenus dans 1’atmosphere et

dans le vide pour les m6taux. Au contraire il a trouva des differences pour les nonm6taux, r6sultat en accord

avec ceux de Bohun [80]. L’explication est f ondee sur

des reactions chimiques superficielles. J’ai discute les résultats de Muller, etc. dans [80].

3.2.3. Parmi les emissions excit6es par des reactions

chimiques et stimul6e par la chaleur on peut citer la

thermoémission dans un catalyseur Ag observ6e apres

une reaction catalytique par Nassenstein et M6- nold [95].

3.3. Co- ET POST-EMISSION ELECTRONIQUE DES NONMETAUX (semiconducteurs et isolants) [80]. J’ai

6crit l’an dernier une mise au point sur ce sujet. Je

donnerai donc ici seulement un bref sommaire de nos

connaissances actuelles que j’illustrerai de quelques exemples.

Bohun (1. c.) a trouve dans plusieurs cristaux ioni- ques que 1’6mission electronique provient des diff6- rents pieges a electrons occupés, par exemple, des cen-

tres color6s. Beaucoup d’autres auteurs ont confirm6

ce r6sultat [93, 80]. 11 est bien connu que les impuret6s cationiques et aussi anioniques (OH, C03, etc.)Jparti- cipent souvent a la formation des centres color6s [5, 80, 96]. Elles n’agissent pas seulement sur l’absorption,

FIG. 10.

-

Thermoémission (TE) (b), thermoluminescence

(TL) (a) et blanchiment optique (TA) (variationtde la transparence avec la temperature pour les longueurs

d’ondes de la bande F, M et 3600 A) de NaCI (10--4 Cu)

excite par les rayons X (d’apres Bohun).

FIG.’ 11. - Courbes de TE, TL et TA de NaCl (10-3 Cu)

excite par les rayons X (memes notations que sur la

figure 10) (d’apres Bohun et col.),

(10)

on reconnait leur influence (qualitative et quantitative)

dans beaucoup de cas en luminescence et aussi en

emission electronique ( fcg. 10 et 11). Ces deux pheno-

m6nes présentent souvent des correlations, non seule-

ment s’ils sont stimules thermiquement ( fig. 12), mais

aussi optiquement ( fig. 13). Dans quelques cas une

correlation est aussi connue avec la photoconductibi-

lite [80]. Au moyen de courbes de TA mesurees en m6me temps que 1’6mission des electrons (TE) ou des photons (TL) on peut corr6ler les maximums de ces

FIG. 12.

-

Courbes de TE et TL de KCI-Tl (4 mol %)

bombard6 par des electrons a - 150 °C (d’apr6s Pipinis).

deux effets avec les maximums de I’absorption, par

exemple avec les bandes F ou M ( fcg. 14 et [80]). En interpr6tant les résultats expérimentaux on doit natu-

rellement tenir compte du mouvement des trous et de

la diffusion des lacunes, impuretes, etc., d’une part (voir

les figures 10-12) l’affinité electronique du cristal x et

de 1’etat de surface (molecules adsorb6es, etc.) d’autre part. Les cristaux non st0153chiométriques contenant des particules colloidales ne sont pas luminescents, mais

présentent une emission electronique dans les cas favo-

rables que nous avons cites ( fig.15). Dans les cristaux nonexcit6 on n’obtient pas de luminescence ni d’6mis- sion electronique (fig. 16). L’6mission des photons et

des electrons est encore influene6e par la dose de

FIG. 13. - Spectres d’excitation d’émissionlélectronique (courbe l,o), de luminescence (2,x), phosphorescence (3,o) et d’absorption (4,-) de KCI-TI (d’apres Kaambre).

FIG. 14. - Courbes de TE et TA pour Xp avec NaCI excité par les rayons X ; courbe c-enregistrement simultané de la température (d’après Bohun).

FIG. 15. - Courbe (a) de TE de NaCl colore additivement : courbe (c) voir figure 14 (d’apres Bohun).

FIG. 16. - Thermoemission (courbe a) et thermolumi-

nescence (courbe b) d’un cristal ionique non excite

(d’apres Bohun).

(11)

FIG. 17.

-

Thermoémission (a) et thermoluminescence (b)

de NaCI deforme plastiquement et irradie par les rayons X

(d’apres Bohun).

FIG. 18. - Pllotoémission (a) d’un cristal de NaCl chauff6 a vitesse constante (excitation par UV) (d’apres Bohun).

rayonnement excitateur (X, y, ot, electrons, etc.).

L’emission resultant de 1’excitation d’un cristal par la pression apparait sur la figure 17. Si l’échantillon

FIG. 19. - Thermoemission (a) et photoemission pour la bande F (b) de NaCI excite par les rayons X (d’apres Bohun).

mesure se trouve en milieu corrosif on doit tenir compte

des possibilités de reaction chimique superficielle (par exemple hydrolyse superficielle des halog6nures alca-

lins [80] suivies de diffusion des produits de reaction dans le volume ou de desorption de ces produits).

D’autres exemples sont donnes par Kralik (1. c.).

J’illustrerai ceci avec la figure 18 qui repr6sente la

courbe d’6mission d’un cristal de NaCI pur et nonexcit6 chauff6 a vitesse constante et en meme temps illumine

par des éclairs ultraviolets p6riodi ues. La forme de

cette courbe est tres différente de celle obtenue avec un

cristal de NaCI irradie aux rayons X et stimul6 par de la lumiere de la bande F ( fig. 19).

FIG. 20. - Photoemission de NaCl excite par des 6lee- trons en fonction de la longueur d’onde (d’apr6s Pe- trescu).

Petrescu [97] a enregistre les courbes de photo-

emission de cristaux de NaCI et KCI bombard6s par des electrons (fig. 20, 21). Le parall6li8me avec 1’absorp-

tion est evident (voir aussi [80]). Mes collaborateurs

Rozsypal, Dolezalova et Fiala en mesurant la photo-

emission dans la bande F de NaCI irradie par des rayons X dans un vide de 10-5 a 10-6 torr ont 6tabli que : a) la courbe de photoemission est la meme à

10-5 torr et dans 1’atmosphere ordinaire, b) quand la pression tombe en dessous de 10-5 torr, l’intensité du

courant photoélectrique d6crolt et s’annule a 10-6 torr (probablement par accroissement de x apres la d6sorp-

tion de H 20 ou de 02 ?) (voir [98, 99]).

J’ai resume les theories de 1’exoemission des substan-

ces nonm6tallique dans [80]. Pour un type de cristaux,

il existe une theorie de 1’emission electronique genera-

lement acceptee. 11 s’agit des oxydes du groupe du

baryum presents dans les cathodes a oxydes. Les 6lec-

trons 6mis proviennent de la bande de conduction.

Leur 6nergie est plus grande que I’affinit6 electronique

du cristal 6metteur. La meme idee a ete aussi appliqu6e

par Bohun [92] et Nassenstein [93] a l’émission non-

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