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No 1

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e

année 56 pages Fr. 2.40

■■ «■

La renaissance de l'artisanat

Le chant: hier-aujourd'hui-demain

La nouvelle poste de Fribourg

Mort du dragon et du cheval SOMMAIRE

Editorial 3

La rennaissance de l'artisanat 5

Le doyen du canton 9

FI découvre Belfaux 11

Quel est l'avenir du chant? 17

Théâtre patois en Gruyère 21

Président du Grand Conseil 22

Nouvelle poste de Fribourg 24-

Reflets de la terre 33

Mort du dragon et du cheval 34

Flashes des districts 36

Le sport dans le canton 38

Monuments historiques 41

Flashes d'ici et d'ailleurs 42

Fribourgeois du dehors 46

Coup d'œil sur le pays 49

Les défunts 52

(2)

REFLETS FRIBOURGEOIS 28e année Janvier 1973 No 299 11 000 tirages Fr. 2.40 Edition, impression, administration:

Imprimerie Fragnière S. A.

Route de la Glâne 35

1700 Fribourg Tél. (037) 24 75 75 Rédaction:

Rédacteur responsable:

Gérard Bourquenoud Régie des annonces:

Annonces Suisses S. A. ASSA Pérolles 8 1700 Fribourg Tél. (037) 23 24 24 Abonnements:

Suisse: Fr. 22.90 dès le 1er janvier 1973 Etranger: Fr. 25.60 dès le 1er janvier 1973 Compte de chèques postaux 17-2851

Photo de couverture:

Fondé il y a trois ans, le groupe folklorique «Les Armaillis de La Roche», est un digne représentant des coutumes et costumes du canton de Fribourg. Son idée majeure expri¬

me, pour le peuple, à la fois l'espoir et l'amour pour le pays. Son réper¬

toire populaire bien de chez nous, est une richesse de la terre fribour- geoise dont la venue du printemps ne laisse aucune crainte à la saison hiver¬

nale. Ce groupe de neuf chanteurs est connu au-delà de nos frontières et son succès va grandissant.

Avec des chansons de compositeurs fribourgeois «Les Armaillis de La Roche» ont sorti récemment un disque d'une très haute qualité vo¬

cale.

Ces chantres de la Gruyère souhai¬

tent à leur façon, à tous les lecteurs de Fribourg-lllustré, une «Bonne et heureuse année».

Photo Fleury V. J

Memento des manifestations

FRIBOURG

10 février Basketball, Halle des Sports: FRIBOURG-UGS LE MOURET

4- mars Championnat suisse de Cross country MARLY

18 mars Championnat fribourgeois de Cross country au stade de la Gérine

TOUTE L'ANNEE:

FRIBOURG Musée d'art et d'histoire Galerie de la Cathédrale Dancings

Cinémas

Art tchèque contemporain: gravures, cérami¬

que, verrerie. Du 26 janvier au 4 mars 1973.

(Ouvert tous les jours, sauf le lundi)

Ouvert tous les jours de 14 h. 30 à 18 h. 30, dimanche de 11 à 12 h. Fermée le lundi.

FOUJI-YAMA, Pérolles 1.

PLAZA, place Georges-Python.

CAPITOLE, CORSO, LIVIO, REX, STUDIO, EDEN.

BULLE ESTAVAYER PRINGY- GRUYERES

Musée gruérien Musée historique et folklorique

Fromagerie

Fermé le lundi et le dimanche matin.

Ouvert tous les jours de 9 à 12 h. et de 14 à 18 h.

Démonstration de la fabrication du fromage de 7 à 10 h. chaque jour. Visite et projection et films chaque jour de 11 à 18 h.

Abonnés

et lecteurs de Fribourg-lllustré

L'Administration de Fribourg-lllustré a encarté dans l'édition du mois de no¬

vembre 1972, un bulletin de versement.

Celui-ci était destiné au paiement de votre abonnement 1973, à savoir fr. 22.90 pour un an.

Comme bon nombre d'abonnés ne se sont pas encore acquittés de leur abon¬

nement pour l'année 1973, nous nous sommes permis d'encarter un nouveau bulletin de versement dans notre édi¬

tion de janvier. Nous vous invitons à l'utiliser sans tarder, ceci dans le but d'éviter le remboursement du montant et des frais supplémentaires.

Nous remercions d'ores et déjà les lecteurs qui ont acquitté leur abonne¬

ment pour 1973. Le bulletin de verse¬

ment qui a été glissé dans ce numéro ne les concerne donc pas.

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d'abonnement

Veuillez me considérer comme nouvel abonné à FRIBOURG-ILLUSTRÉ

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A retourner à «Fribourg-lllustré», route de la Glâne 35,1700 Fribourg.

(3)

Editorial

Dans le but de satisfaire un certain nombre de lecteurs désireux de connaître

en raccourci l'actualité nationale et internationale,

Fribourg-illustré s'est assuré la collaboration d'un nouveau correspondant

qui lui fournira pour chaque édition une revue

des principaux événements.

Les

événements

L'INFLATION

On pourrait vraiment parodier La Fon¬

taine et dire: Un mal qui répand la terreur, faisait aux Occidentaux la guerre. C'est l'in¬

flation, puisqu'il faut l'appeler par son nom.

Tous n'en meurent pas, mais tous en sont frappés.

Devant ce mal redoutable pour les écono¬

mies et l'économie tout court, les docteurs restent perplexes. Que faire? La question est plus facile à poser qu'à résoudre.

Une des conséquences premières de cette inflation est le gonflement des budgets des collectivités publiques. Partout les chiffres sont en hausse. Ce qui est plus grave, c'est que partout aussi, les déficits s'additionnent.

Après une période d'euphorie, les gouver- nats et l'opinion publique commencent à s'in- quiter sérieusement.

cantonale cherchent par tous les moyens à présenter des budgets équilibrés. Malheureu¬

sement, il est bon nombre de dépenses qui sont incompressibles. D'autre part, il n'est pas question de toucher aux avantages so¬

ciaux.

Dès lors, il ne reste qu'un moyen: augmen¬

ter les charges fiscales— M. Celio, notre mi¬

nistre fédéral desfmances, s'est attaché à cette œuvre. Lors de la dernière session des Cham¬

bres, il a montré noir sur blanc que la seule solution était l'augmentation des impôts fédé¬

raux. Ce sont du reste les seuls qui sont de sa compétence. Tous les représentants des partis gouvernementaux ont suivi le chef du département et les bordereaux d'impôts fé¬

déraux subiront des majorations. Elles seront assez faibles et supportables pour les contri¬

buables se trouvant au bas de l'échelle.

Chose curieuse et, parallèlement à cette tendance qui consiste à faire des prélèvements supplémentaires dans les poches des contri¬

buables, ont voit surgir ici et là, dans les communes, une opposition à toute augmen¬

tation de la fiscalité: des rives du Léman au Jura bernois. Des referendum ont été lancés avec succès et l'exemple risque d'être suivi.

Il ne faut cependant pas se leurrer; si on prive les pouvoirs publics des ressources nécessai¬

res, ils seront bien obligés de diminuer les dépenses, ce qui par contre-coup atteindra les citoyens eux-mêmes.

Dans tous les pays du Marché commun, on cherche des remèdes pour ramener la hausse des prix à des taux raisonnables. On se garde pourtant bien d'agir directement sur les prix.

C'est pourtant à quoi a dû finalement se ré¬

soudre le président Nixon. Sans crier gare, il a décrété le blocage des salaires et des prix.

Cette mesure, qui ne devait durer que quel¬

ques mois, vient précisément d'être reportée.

C'est là un remède de cheval. Il exige une discipline librement consentie. Il n'en est pas moins vrai que de l'autre côté de l'Atlantique, la hausse des prix a été stoppée, pour le plus grand profit des petits épargnants. Car, en définitive, ce sont eux qui, depuis toujours, font les frais d'une baisse de valeur de la

monnaie.

FIEVRE ELECTORALE

L'Allemagne fédérale se remet lentement de l'agitation électorale. Elle a vu la réélec¬

tion, à une majorité confortable de M. Willy Brandt. Aujourd'hui, c'est la France ou plus exactement la Cinquième République qui connaît les secousses et les péripéties tou¬

jours assez violentes des luttes préludanf au renouvellement de la Chambre des députés.

Il est peut-être utile de rappeler que la Constitution qui régit les Français n'a guère que quatorze ans d'âge. Elle est la fille du gé¬

néral de Gaulle. Ce dernier l'imposa à son pays. La Cinquième République succéda à la Quatrième, qui vit le jour dès la fin de la seconde guerre mondiale. Cette Quatrième avait bien des défauts. Elle promouvait en quelque sorte un gouvernement d'assemblée, ce qui rendait le pays quasi ingouvernable.

Sous le drapeau du président de Gaulle et avec le soutien de son énorme prestige, il se constitua un parti qui dès lors, gouverne la France. Depuis quatorze ans, on n'a jamais vu de l'autre côté du Jura une véritable crise ministérielle, dans le style de la Troisième ou de la Quatrième République. Soutenu par une majorité stable, les quelques premiers minis¬

tres qui se sont succédés à la tête du gouver¬

nement français n'ont jamais été inquiétés par un vote de parlementaires.

Aujourd'hui encore, c'est une majorité gaulliste qui domine à la Chambre dont le mandat vient à échéance dans quelques se¬

maines. Or, cette majorité est beaucoup moins compacte qu'il le paraît. Elle se sub¬

divise en sections de plus ou moins grande importance. Pour simplifier, disons qu'il y a les gaullistes qui suivent M. Giscard d'Estaing, il y a ceux qui sont les fidèles de M. Lecanuet et il y a évidemment ceux qui sont les amis du premier ministre en charge M. Messmer.

Or, en face de cette majorité gouverne¬

mentale, voici que les partis de gauche font front commun. Les socialistes ont accepté d'entrer dans une association avec les com¬

munistes. A ces deux fractions politiques se sont encore joints les radicaux de gauche.

Dès le départ, et à travers des manifestations

mentale semble assez sympathique à un grand nombre de Français et de Françaises. Des sondages très récents ont même étonné.

Cette gauche serait tout aussi bien en selle que la majorité actuelle, qui montre plusieurs visages.

Certes, les partis s'usent au pouvoir. Il y a eu plusieurs scandales qui ont fait de l'éclat, particulièrement dans le secteur immobilier et dans les constructions de génie civil. Un certain M. Aranda a remué assez profondé¬

ment la fourmilière de l'opinion publiaue et le Français, assez frondeur de nature, est au¬

jourd'hui tenté de faire pièce, comme on dit chez nous, à la majorité. L'homme de Colom- bey n'est plus là, et son successeur, M. Pom¬

pidou, se présente comme un homme assez tranquille qui n'a pas le goût de la grandeur, comme l'avait son illustre prédécesseur à l'Elysée.

Pour le moment, la fourmilière électorale française est en pleine ébulition. Les hommes politiques vont s'en donner à cœur joie à dé¬

fendre leurs idées et développer les thèses les plus diverses. N'oublions pas que nos voisins sont des maîtres en rhétorique.

L'IMPUISSANCE DE L'ONU

Il ne faudrait pas passer sous silence un vote qui vient d'avoir lieu à l'Assemblée générale de l'ONU. Il s'agissait du délicat problème du terrorisme et de la piraterie aérienne.

Cette dernière est encore souvent à l'ordre du jour. Notre pays lui-même n'a pas été épargné. Faut-il rappeler les deux affaires les plus retentissantes qui nous ont touchés de plus près, celle d'un détournement d'un avion de la Swissair qui dû se poser à Zarka et le drame de Munich.

Chaque fois, une indignation secoue le monde occidental! Lorsque les gouverne¬

ments font tout pour épargner la vie des otages, ils sont le plus souvent en butte aux critiques des gens sans responsabilités.

Dans une affaire de ce genre qui est, plus que toute autre, de nature internationale, il n'y a, semble-t-il, qu'une instance interna¬

tionale qui peut prendre des mesures. Or, l'organisation des Nations Unies, dont la Suisse ne fait pas encore partie, devait être naturellement à même de lutter conrte la piraterie aérienne.

C'est bien la raison qui a conduit le secré¬

taire général de l'ONU, l'Autrichien Wald- heim, à déposer sur le bureau de l'Assemblée une résolution condamnant ce genre d'atten¬

tat. Il demandait qu'il soit possible d'imposer aux Etats membres la prise de mesures poli¬

cières.

Or, M. Waldheim a été battu sur toutes les coutures. A la réflexion, nous ne devons pas nous en étonner. Il ne faut pas négliger le fait qu'à New York, on trouve dans l'as¬

semblée générale une majorité de nations dites en voie de développement. Ces der¬

nières sont solidaires des Palestiniens et ad¬

mettent avec plus ou moins de réserve les attentats commis par les commandos.

Devant la pression des petits Etats non ali¬

gnés, lajcommission juridique n'a même pas mis aux voix le projet américain qui demandait la convocation, au début de l'année prochaine, d'une conférence spéciale chargée d'établir un accord international contre les actes de ter¬

rorisme. Elle ne s'est pas davantage intéres¬

sée à une motion, moins stricte en ce qui con¬

cerne les délais, dont les signataires étaient l'Italie, l'Autriche, le Canada et la Grande- Bretagne.

Par contre, par 76 voix contre 34, dont la plupart des pays occidentaux, une résolution proposée par quinze Etats afro-asiatiques a été adoptée. Cette résolution affirme qu'il faut écarter toute action concrète contre les menaces qui pèsent sur la vie internationale:

prise d'otages sous forme de détournements d'avions ou d'enlèvements de diplomates, assassinats, lettres piégées. Dans la même résolution, la majorité des votants s'est pro¬

noncée contre les régimes coloniaux qui pri¬

vent encore certains peuples de leur droit légitime à l'indépendance et à l'autodéter¬

mination. Bien sûr, parmi les 73 adversaires de mesures contre le terrorisme on trouve l'URSS, la Chine et le Nigéria. Mais personne ne s'est levé pour demander si en Tchécoslo¬

vaquie, si au Tibet, et si au Biafra, les habi¬

tants de ces pays avaient une liberté entière

de mouvement... Géo

(4)

pour Fribourg :

La piscine de la

«Cité du Levant»

inaugurée

(Bd) La Société coopérative

«Cité du Levant» constituée en 1966 sur l'initiative de la Cham¬

bre fribourgeoise du commerce et de l'industrie et du Groupe¬

ment industriel fribourgeois, a construit au quartier de Torry, vingt-sept immeubles abritant 288 appartements à loyer mo¬

déré, ainsi qu'un garage sou¬

terrain. Cette société qui est formée en majorité d'entre¬

prises industrielles et commer¬

ciales et de leurs institutions de prévoyance, a complété l'équi¬

pement sportif de Fribourg en construisant à la «Cité du Levant», une piscine couverte et chauffée. Le coût de celle-ci s'est élevé à plus de deux mil¬

lions de francs. La commune de Fribourg a participé à cette réalisation en allouant un sub¬

side de 250 000 francs. Cette piscine ouverte au public, est mise à disposition des écoles du chef-lieu fribourgeois à raison de vingt-six heures par semaine.

Nous ne reparlerons pas de sa construction qui a déjà fait

l'objet d'un reportage dans notre édition d'octobre der¬

nier.

La journée d'inauguration C'est devant le bassin de 250 m2, que M. Adolphe Merkle, président du Conseil d'adminis¬

tration, salua ses invités et don¬

na les caractéristiques de cette réalisation sociale. Il apparte¬

nait ensuite à M. Lucien Nuss- baumer, syndic de Fribourg, de couper le ruban symbolique et de féliciter les promoteurs de cet équipement sportif. M. Pier¬

re Dreyer, conseiller d'Etat, se plut à relever la façon avec laquelle les subventions à titre d'aide fédérale et cantonale ont été utilisées. Des élèves des classes primaires du Jura et de l'Ecole secondaire des garçons firent ensuite une démonstra¬

tion fort réussie de nage et plongeon. Cette manifestation prit fin par une collation servie à la buvette de la piscine.

Photos Bd-FI

Une vue de la «Cité du Levant».

Les invités durant la dé¬

monstration.

Coop-Fribourg a ouvert un nouveau

« super-marché»

M. Irénée Sudan, président du CA.

M. Jean Bifrare, directeur de Coop-Fribourg.

(Bd) Il y a peu de temps, Coop-Fribourg ouvrait un nou¬

veau super-marché au quartier de Bellevue du Schoenberg. Ce bâtiment qui a été réalisé selon des plans conçus par M. Roland Demierre, architecte, a été inauguré en présence de nom¬

breuses personnalités. Ont pris la parole au cours de cette mo¬

deste manifestation, MM. Irénée Sudan, président du Conseil d'administration; Jean Bifrare, directeur général de Coop- Fribourg; Laurent Butty, préfet de la Sarine et conseiller natio¬

nal, ainsi que Roland Demierre.

Ce dernier présenta les parti¬

cularités de cette construction qui occupe une surface de 150 m2. Le magasin s'étend sur 500 m2, les entrepôts, labora¬

toires, réfectoire et locaux an¬

nexes, sur 300 m2, alors que le parc aménagé au sous-sol peut accueillir une cinquantaine de véhicules automobiles.

Innovation et test

Au résultat d'une enquête faite auprès du public en géné¬

ral, Coop-Fribourg a décidé d'introduire dans le magasin de Bellevue, le prix net sur chaque marchandise, donc sans ristour¬

ne, ni timbre et aucun escompte.

A première vue, le travail est simplifié. Il ne l'est pas pour le personnel qui a l'obligation de coller le prix sur chaque article.

Pour le jour d'ouverture, plus de 30 000 étiquettes avaient été apposées sur la marchandise.

Cette innovation, a relevé M.

Bifrare, servira de test pour un éventuel lancement de ce même procédé dans d'autres magasins.

M. Butty a félicité les promo¬

teurs, l'architecte, les maîtres d'état de cette réalisation qui fait honneur au développement commercial du chef-lieu fri¬

bourgeois.

Photos Bd-FI

Menuiserie-Ebénisterie Meubles de style René DESSIEX & Fils

Route Neuve 12 Tél. (037) 222268

Jean-Louis BULLIARD Vitrerie-Miroiterie

a exécuté toute la vitrerie

Moncor - Villars-sur-Glâne

Tél. 2AM64

(5)

Fribourg-lllustré a le plai¬

sir de présenter une nouvelle rubrique mensuelle à ses lecteurs. Sous le titre «l'Arti¬

sanat en terre fri bour¬

geoise», notre revue désire faire connaître la vie et l'activité des artisans de notre canton. Nous osons espérer qu'elle sera bien accueillie par la population et qu'elle permettra à tous ceux qui s'adonnent au tra¬

vail artisanal de découvrir un débouché à leurs recher¬

ches.

Combien de gens voient seulement les avantages d'une indépendance, d'ail¬

leurs très relative, une ap¬

parente facilité là ou il y a l'obligation de soumettre sa volonté, d'appliquer son es¬

prit à une tâche plus ou moins ardue, selon les jours, selon les moments. On peut vouloir ardemment créer et devoir attendre, souffrir dans l'incertitude, dans l'angoisse même. Le vent de l'inspira¬

tion souffle quand il veut.

Cela ne nous empêche pas de songer que les artisans comme les artistes, ont droit à la considération au res¬

pect, à l'admiration. Est-ce uniquement pour leur satis¬

faction personnelle, que le peintre prend son pinceau, que le compositeur de musi¬

que se met à l'ouvrage dans la solitude, que l'écrivain tient sa plume? Nous le disons sans amertume, mais avec une pointe d'émotion.

G. Bd

en terre

friboiirgeoise

Jean-Jacques

Hofstetten émailleur, Fribourg

(Bd) Pour rencontrer cet artisan et mieux le connaître, il suffit d'aller dans un quartier de la Basse-Ville à Fribourg.

Dans sa boutique de la rue de la Samaritaine 26, a lieu une ex¬

position permanente d'oeuvres d'artistes et artisans que beau¬

coup de gens connaissent déjà, mais qui mérite d'être décou¬

verte par bon nombre de per¬

sonnes qui s'intéressent à l'arti¬

sanat d'aujourd'hui.

— A l'arrière de cette bou¬

tique, se trouve l'atelier de Jean-Jacques Hofstetter, un jeu¬

ne artisan fribourgeois. C'est un grand jeune homme, barbi¬

chu, au regard franc, sympathi¬

que. Sa liberté d'expression tient une grande place dans son cœur, mais ce qu'il aime avant toute chose, c'est son indé¬

pendance. Il n'a que vingt ans.

Et déjà ses idées innées font partie de la nature d'un artiste.

— L'esprit de création ne fait jamais défaut chez Jean- Jacques Hofstetter. Travaillant spécialement sur le cuivre, il bénéficie d'une habileté jugée de rare. Avec son imagination, il arrive à créer des émaux d'une exceptionnelle beauté. L'har¬

monie et les tons de feu utilisés donnent à tous les objets une signification qui provient de son métier manuel. Les diffé¬

rentes couleurs sont appliquées successivement au pinceau en fonction de leur température de fusion décroissante et vitrifiées l'une après l'autre par passage au four.

— Etroitement liée à l'orfè¬

vrerie, l'émaillerie constituait une des contributions les plus originales et les plus séduisantes de l'art au Moyen-Age. Il est vrai que le grand public n'a pas encore été sensibilisé à la ri¬

chesse prodigieuse de cette imagerie qu'il ne découvre le plus souvent qu'au gré d'expo¬

sitions d'une époque bien dé¬

terminée. Et puis, l'artisanat varie d'une société à l'autre par son but, son prestige, ses mo¬

yens et la qualité de son exécu¬

tion. Pour obtenir un objet d'art, il faut de l'imagination, un esprit de création et de la volonté. Avec ses mains, Jean- Jacques Hofstetter crée sans cesse des formes nouvelles. Il ne suffit pas seulement d'être artisan, mais aussi sculpteur.

— Dans son atelier de la Basse-Ville, il accueille avec le sourire toutes les personnes qui sont attirées par son arti¬

sanat, celles qui s'arrêtent juste le temps de dire bonjour ou encore pour admirer le travail de l'homme sur la matière. Des oeuvres exécutées par d'autres artisans, ses amis probablement, sont également exposées dans sa boutique où l'on se sent chez soi.

— Des expositions person¬

nelles et collectives, celles de la Channe Valaisanne à Fribourg et de la Galerie Musarion à Morat, par exemple, ont attesté la valeur de ses créations origi¬

nales. A chacune d'entre elles, nous y découvrons des émaux, des colliers, des bijoux et même des planches gravées sur cuivre.

— Bon vent à Jean-Jacques dans son artisanat.

Quelques objets de sa créa- Jean-Jacques à sa table de tion. A travail. y

Dans sa boutique de la Photos Bd-FI

Basse-Ville. Y

(6)

(Bd) L'Union des sociétés mi¬

litaires présidée par le Colonel- brigadier André Dessibourg, a organisé une manifestation com- mémorative en hommage aux soldats morts pour la Patrie durant les guerres 1914-18 et 1939-45. Un cortège composé d'une délégation de la gendar¬

merie cantonale, du Corps de musique de Landwehr, d'une section d'honneur encadrant les drapeaux des bataillons, les autorités dans l'ordre constitu¬

tionnel, du Contingent des Grenadiers fribourgeois et des délégations des sociétés patrio¬

tiques et civiles, s'est rendu de Pérolles à la Place de l'Hôtel-de- Ville où une couronne fut dé¬

posée au pied du monument élevé à la mémoire de no»

soldats. L'allocution fut pro¬

noncée par M. Joseph Cottet, conseiller d'Etat et directeur militaire. Une messe fut ensuite célébrée à la cathédrale St- Nicolas, au cours de laquelle, le capitaine-aumônier Gérard Baechler, curé de Morat, pro¬

nonça le sermon de circons¬

tance en rappelant la mémoire de ceux qui ont perdu leur vie durant leur service actif aux frontières de notre pays.

Le Contingent des grena¬

diers fribourgeois.

Hommage aux soldats morts pour la Patrie

Photos Bd-FI Les autorités civiles et mili¬

taires. ▼

Une délégation de darmerie.

Allocution du conseiller la gen- d'Etat Joseph Cottet.

Uncouple de Villars-sur-Glâne à Cap-Kennedy

(Bd) Au cours de l'automne dernier, 425 personnes ont par¬

ticipé au concours «Viva» orga¬

nisé par la General Motors, by Vauxhall, en collaboration avec le garage du Stadberg à Fri- bourg. Samedi 25 novembre, une petite manifestation a réuni les gagnants, lesquels ont été accueillis par M. Vitus Nuss- baumer et des représentants de la GM. La distribution des prix qui comprenait vingt appareils photographiques et un voyage en avion pour deux personnes à Cap-Kennedy du 2 au 10 dé¬

cembre 1972, s'est déroulée dans un local du garage précité.

Le vol spécial Swissair en Jumbo- Jet est revenu à Mme Mady Pillonel de Villars-sur-Glâne.

C'est en compagnie de son mari, que la bénéficiaire de ce prix est allée assister au départ de la fusée «Apollo 17» à Cap- Kennedy.

Un sympathique repas servi à l'hôtel de la Croix-Blanche à Marly a ensuite permis à M. et Mme Vitus Nussbaumer, leurs enfants, le personnel et les représentants de la presse, de passer d'agréables heures de détente dans une excellente ambiance.

M. Nussbaumer offrant les

deux billets d'avion à M. et

Mme Pillonel.

(7)

travail Petite orientation professionnelle

jeunesse

Mécanicien de locomotive ou contrôleur de train !

Mécanicien de locomotive

A son poste de conduite, le mécanicien se sent dans son élément. Les CFF possèdent 1370 véhicules moteurs, dont certains com¬

ptent parmi les plus puissants du monde.

Pour mener avec sûreté et selon un horaire précis des trains de voyageurs et de mar¬

chandises, le mécanicien doit être bien à son affaire, car il endosse de lourdes responsa¬

bilités: sécurité à la fois des voyageurs, des marchandises et — ne les oublions pas — des coûteuses locomotives. Le réseau CFF étant entièrement électrifié, les convois sont pilotés généralement par un seul agent, qui ne peut compter que sur lui-même. Il est à coup sûr passionnant de prendre place dans une cabine de locomotive et de conduire

«son» train à travers le pays, de jour ou de nuit, par n'importe quel temps. Pour ce merveilleux métier, seuls les jeunes les plus doués entrent en considération, à telle en¬

seigne que son accès n'est pas des plus faciles.

Comment devenir mécanicien de locomotive

Le candidat doit d'abord jouir d'une bonne santé, d'un sens normal de la vue et de l'ouïe et avoir terminé ses quatre années d'apprentissage dans l'une des branches de la mécanique ou de l'électricité. Chaque candidat subit un examen de capacité ap¬

profondi.

La formation proprement dite de mécani¬

cien de locomotives s'échelonne sur trois années et comprend trois phases d'une durée à peu près égale.

La première phase de la formation se passe dans un atelier. Le candidat apprend, par des travaux de révision et de réparation, à connaître la construction et le fonction¬

nement des engins moteurs. Des cours de théorie complètent les travaux pratiques.

Dans la deuxième phase, le candidat se familiarise, en qualité d'aide-mécanicien, avec les divers types de véhicules moteurs, les lignes et les installations de voies des gares. L'enseignement théorique se pour¬

suit.

La troisième phase porte sur la forma¬

tion de mécanicien de locomotive propre¬

ment dit. L'agent commence sa pratique au poste de conduite, sous la surveillance d'un mécanicien expérimenté. Il apprend à con¬

naître de plus près les lignes, les signaux et les installations. L'examen théorique est suivi d'un examen de circulation de deux jours. Le jeune homme est alors nommé mécanicien-remplaçant et, à ce titre, il con¬

duit les véhicules moteurs sous sa propre responsabilité puis, cinq ans plus tard, après un nouvel examen, il devient mécanicien de Ile classe. Après huit ans de service au total, il est promu mécanicien de 1re classe.

Contrôleur et chef de train

Le contrôleur et le chef de train (l'homme à la sacoche rouge) ont choisi comme métier de voyager. Dans les trains de voyageurs, ils ont la charge de la clientèle. Ils contrô¬

lent les titres de transport, font payer les taxes aux voyageurs sans billet et à ceux qui ont changé de classe de voiture. Ils don¬

nent les renseignements et les précisions

demandés, aplanissent les différents entre usagers, aident les handicapés à monter et à descendre; ils sont en outre responsables de la sécurité des passagers, tant au départ et à l'arrivée du train qu'en cours de route Ils classent les colis dans les fourgons.

Le contrôleur qui accompagne les trains de marchandises collabore au chargement et au déchargement des envois et participe à la manœuvre dans les gares intermédiaires.

L'agent de train vérifie, avant le départ, la composition des trains de voyageurs et de marchandises et veille à la sécurité de l'exploitation.

Qui peut devenir contrôleur?

Cette carrière est ouverte aux citoyens suisses de 18 à 30 ans qui jouissent d'une bonne santé, possèdent une ouïe et une vue suffisantes, une formation scolaire satis¬

faisante et de bonnes notions d'une deuxiè¬

me langue nationale. Au cours d'un appren¬

tissage d'une année, les futurs «gentlemen du rail» sont initiés en théorie et en pra¬

tique à leurs diverses tâches; puis ils subis¬

sent un examen. Après une longue expé¬

rience dans les multiples secteurs de son activité, le contrôleur peut, par un nouvel examen, accéder au grade de chef de train.

C'est dans les rangs des chefs de train les plus qualifiés que se recrutent les chefs de train principaux qui constituent les cadres du personnel roulant.

Dès son apprentissage, le futur contrô¬

leur gagne sa vie. Avec toutes les allocations auxquelles il a droit, le contrôleur a un gain mensuel appréciable.

Photos G. Bd

Remise d'une médaille

« Bene Merenti » à Semsales

La paroisse de Semsales a vécu dimanche 12 novembre 1972, une journée lumineuse.

M. Henri Jacquat avait en effet l'honneur d'être décoré de la médaille «Bene Merenti»

pour US ans de fidélité au lutrin. Au cours de l'office paroissial chanté par le chœur-mixte

«La Caecilia» sous la direction de MM. Bos- son et Magnin, le révérend doyen Jordan releva la signification toute particulière de cette journée pour le chantre méritant. La fanfare «L'Edelweiss» prêtason concours lors de l'apéritif offert par la commune. Un ban¬

quet servi à l'Hôtel-de-Ville a ensuite réuni invités, chanteurs, autorités paroissiales et communales. Des félicitations ont été adres¬

sées au jubilaire, par le président de «La Caecilia», le président de paroisse ainsi que le représentant de la commune. M. Jaquat fut également proclamé membre d'honneur du chœur-mixte et son épouse fleurie. Une belle fête dont la paroisse et les chanteurs conser¬

veront le meilleur souvenir. Nous adressons à M. Henri Jaquat, nos plus vives félicitations.

Photo J. Gapany, Bulle

.:,iW

(8)

Placée au cœur de la ville, la Rue de Lausanne relie la cité historique à la cité moderne.

Accueillante sous le charme de ses façades, bordée d'une multitude de magasins spé¬

cialisés et de boutiques modernes, elle réussit fort bien à s'adapter tout en conser¬

vant son attrait.

Commerçante, elle continue à offrir à la clientèle fribourgeoise, dans toutes les branches, un assortiment remarquable de marchandises.

Vivante, elle oppose efficacement son dynamisme à la concurrence croissante.

Ainsi, de nombreux magasins nouveaux, bien agencés dans des locaux soigneusement rénovés, sont venus se joindre à des entre¬

prises favorablement connues depuis des décennies, voir depuis des générations!

Et les «anciens» se mettent à la page, transforment, modernisent.

Il y a une année, le 10 décembre 1971, le commerce de chaussures Schmitt-Helfer a présenté au public fribourgeois et à la presse ses locaux modernisés. Mais les travaux de transformation n'ont été terminés que dans le courant de 1972.

Une année déjà! Une année de services, de travail, de satisfactions. Car il s'est avéré que les locaux rajeunis, plus clairs, plus gais, plus fonctionnels, répondent très bien au goût et aux désirs des clients.

C'est en 1923 que le fondateur, M. Willy Schmitt-Helfer, a quitté la petite cordon¬

nerie qu'il exploitait à la Rue de l'Hôpital pour ouvrir un magasin de chaussures au No 69 de la Rue de Lausanne. A défaut de capital, il disposait d'une belle somme de courage et d'optimisme, et il était magnifi¬

quement secondé par une épouse vaillante.

En 1928, après le départ du magasin Chocolats Villars, le magasin de chaussures a traversé la rue pour s'installer, au No 72, dans un local plus vaste et plus favorable.

Une première transformation importante a été effectuée en 1948, et le premier étage de l'immeuble a été annexé au magasin.

Actuellement, le commerce est tenu par M. Joseph Schmitt, fils du fondateur. No¬

tons qu'il est efficacement épaulé par M.

Eugène Portmann, employé fidèle de la maison depuis 45 ansl

C'est dire que la Maison a des traditions qui ne se perdent pas. Pour chaussures Schmitt-Helfer cela signifie: conscience pro¬

fessionnelle, connaissance de la branche, service attentionné. De bons atouts que le détaillant spécialisé oppose valablement aux grands magasins.

y Chaussures Schmitt-Helfer en 1925.

SCHMITT-HELFER:

Un magasin de chaussures accueillant

Le commerçant spécialisé qui place dans son entreprise ses moyens, son savoir et ses forces conservera toujours une bonne place dans le secteur de la distribution.

C'est devant cette considération que nous proposons au public de Fribourg une visite chez Schmitt-Helfer, Rue de Lausanne 72.

Et vous qui en êtes empêché aujourd'hui, pensez-y... quand il faudra des chaussures!

A L'entrée du magasin, côté ruelle.

Photos Mulhauser.

Y Rayonnage et exposition au 1er étage.

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(9)

Un bel exemple d'affection.

Le jubilaire entouré des membres du Conseil communal.

Cheyres

Le doyen du canton a fêté ses 103 ans entouré du Conseil communal de Cheyres

Photos G. Bd

▼ 103 ans et aucune ride...

(Bd) Quelle belle journée que celle vécue par M. Alfred Rapo de Cheyres, qui fêtait le dimanche 26 novembre dernier, son 103e anniversaire. Le soleil était au rendez-vous pour réchauffer le doyen du canton (si ce n'est de la Suisse). Que de souvenirs à évo¬

quer à ce bel âge! Et aussi de belles et vieilles chansons à interpréter.

Pour marquer cet anniversaire plutôt rare de nos jours, le Conseil communal de Cheyres avait organisé une sympathique manifestation. Après avoir assisté à la messe dans l'église du lieu, au cours de laquelle l'abbé Joseph Gret, curé de la paroisse, adressa un hommage particulier au jubilaire, M. Rapo était l'invité de la municipalité.

Un succulent repas fut servi par M. et Mme Henri Monney, tenanciers de l'Hôtel de la Grappe. Le centenaire qui buvait son verre de vin comme tout le monde, était entouré de Mme Suzanne Nidegger, sa petite-nièce, laquelle s'occupe avec beaucoup d'attention de son appartement, de Patricia et Pierre- Alain Rapo, lesquels lui apportent chaque jour le repas de midi offert par la famille Monney depuis plus de cinq ans, de MM.

André Pillonel, syndic; Jean Bise, Henri Rapo, Gaston Seydoux et Paul Rapo, conseil¬

lers communaux; Robert Collaud, secrétaire communal; Alfred Michel, président de paroisse; André Ducry, instituteur et l'abbé Gret. Au cours de ce repas, M. Pillonel félicita le jubilaire et lui formula tous les vœux de la part de la commune. Ont éga'e- ment pris la parole pour féliciter chaleureuse¬

ment le jubilaire, M. Henri Monney, tenan¬

cier de l'établissement, et le rédacteur de Fribourg-lllustré. En guise de remercie¬

ments, M. Rapo interpréta deux chansons dont il a le secret.

Frais comme une rose...

M. Rapo est né le 21 novembre 1870 à Cheyres, sa commune d'origine. Il a toujours vécu dans ce village de la Broyé fribourgeoise.

Dans sa vie, il fut ouvrier, domestique de campagne, et chauffeur de locomotive à vapeur aux CFF. Il s'est marié en 1894, et il est veuf depuis 1941. N'ayant pas d'enfant, il éleva avec une tendresse exemplaire, l'une de ses nièces. M. Rapo n'a jamais été astreint au service militaire pour la raison qu'il n'avait pas la taille exigée par le règlement de l'armée suisse. En langage commun, il est appelé «Petit Fred», ce qui lui fait d'ailleurs très plaisir. En 1969, il avait reçu le fauteuil du Conseil d'Etat, mais il paraît qu'il ne l'a jamais utilisé. A cette occasion, il avait aussi bénéficier d'un voyage en avion offert par la Société de développement de Cheyres. Possédant encore un moral à

«tout casser», M. Rapo vit seul dans son appartement. Il ne s'est pas ce que c'est que l'ennui, car sa belle pipe lui tient compagnie.

Malgré son âge, il est encore frais comme une rose...

C'est ainsi que Cheyres conserve au mieux son doyen qui se porte pour l'instant à mer¬

veille. Son caractère populaire procure bien de la joie à son entourage et aux habitants de ce village qui aime le rencontrer et bavarder quelques instants avec lui. A cette marque de reconnaissance de la commune, et de la paroisse de Cheyres à cet homme âgé de 103 ans, s'ajoutent nos meilleurs voeux de santé à M. Alfred Rapo avec l'espoir de le retrouver aussi lucide l'an prochain.

M. André Pillonel, syndic, témoigne sa gratitude à M. Rapo. A De gauche à droite: H. Henri Monney, son épouse et Mme Thérèse Monney. ▼

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(Fermé le mercredi)

(10)

Un quartier qui fait le bon¬

heur de bien des habitants.

rr ■K ■4

Le bonheur... une parole merveilleuse. Pour certains poètes, c'est un oiseau bleu, impalpable, léger, qui s'appro¬

che et s'enfuit. Pour bon nombre d'humains, c'est une chimère inaccessible.

Le bonheur! N'est-ce pas le désir, le grand, le vaste, le beau, le vrai désir de chaque être humain? Chacun de nous peut et devrait être heureux.

Non pas d'un bonheur fugitif et terne, mais d'un grand, noble bonheur, d'un bonheur vigou¬

reux, lumineux et vivace.

Est-ce un état de béatitude, de demi-conscience, d'immaté- rialisation de son être? Est-ce un état d'euphorie, bref et passager? Est-ce au contraire la conscience de la plénitude de ses forces, de sa santé, de son physique? Est-ce la certitude de son intelligence, de son pouvoir, de ses possibilités? Est-ce l'ex¬

pression même de sa domina¬

tion, l'épanouissement de son orgueil?

De tout un peu, c'est le bonheur humain. Il varie selon le caractère, l'éducation, le tempérament, l'âme de chaque individu. Pour posséder le bon¬

heur, il faut que chacun de nous le veuille avec le meilleur de lui-même, de toutes les forces vives de son cœur et de son âme.

L'atmosphère dans laquelle nous vivons, l'ambiance que nous créons ou que nous subis¬

sons, sont ou peuvent être des facteurs qui favorisent l'éclosion du bonheur, contribuent même à l'épanouissement de la joie.

Les circonstances qui nous as¬

saillent peuvent accélérer ou retarder la croissance de ce sentiment. Une chose est cepen¬

dant certaine: chacun de nous, individuellement, est le créa¬

teur de son bonheur, le jardi¬

nier de cette plante rare et merveilleuse. Celle-ci a besoin de soleil. Pour l'être humain, le soleil sera l'affection, l'estime et l'amour.

La lumière est un sentiment de justice, d'équité, de loyalis¬

me. Si notre conscience, au regard du Très-Haut, est pleine¬

ment satisfaite, cette lumière vaut mieux que des louanges ou des flatteries humaines. C'est une synthèse d'infini respect pour tous ceux qui oeuvrent et

pensent différemment de nous- mêmes. C'est un peu la charité universelle pour tout ce qui vit, souffre et meurt.

Le grand, le vrai bonheur;

celui qui est fort, communicatif et durable; celui qui illumine une vie et rayonne largement autour de lui, a une source intime, profonde, mystérieuse, qui relève du divin pour se faire humain. Il suffit de com¬

parer le bonheur à une plante, pour mieux comprendre.

Une plante pour prospérer doit bénéficier d'un terrain qui lui convienne. Il importe donc à chacun de nous préparer ce terrain qui contribuera à son épanouissement. Il faudra peut- être défricher un sol inculte et rocailleux, labourer un champ, creuser pour découvrir une source.

Toute plante, comme chaque être humain, a besoin d'eau vive, de soleil, de lumière et d'air pur.

L'eau vive sera la confiance en son destin et la foi en une puis¬

sance plus grande que le pou¬

voir humain. Ces bienfaits mul¬

tiples, sans cesse renouvelés, nous semblent si naturel que nous oublions de dire; merci.

Et pourtant... qu'un seul de ces bienfaits manque tout à coup, nous pensons déjà à la mort. Chacun oublie dès notre réveil, à la possibilité de se lever, de pouvoir marcher, de voir clair, d'oeuvrer, d'être sensible au beau et au bien.

Nous croisons tant de beautés

en une journée, en un mois, en une année. Il suffit d'ouvrir les yeux, de sortir un peu de soi- même, d'oublier ses intérêts personnels, de laisser tomber son égocentrisme. Même dans les moments les plus difficiles de notre vie, les heures de deuil, de maladie, de souffrances morales, ces bienfaits nous sont en grande partie donnés.

Comme une plante qui re¬

prend vie dans la terre où elle se trouve, l'année 1973 s'an¬

nonce dans la paix. La neutralité de la Suisse entoure notre pays d'une haie protectrice qui a la faculté de couper les vents qui pourraient lui être néfastes.

C'est vrai, il y a nous et les autres. Les critiques et les sar¬

casmes doivent peu importer si l'on suit une voie droite, claire et pure. Le bonheur vient aussi de là et parfois plus sou¬

vent que l'on ne pense. Après la germination, il y a la crois¬

sance...

Les racines ayant cru en pro¬

fondeur, la plante du bonheur deviendra un arbre impéris¬

sable et fécond pour notre beaupays, notre canton de Fri- bourg qui se veut heureux.

Ses fruits feront semence et prospéreront partout dans le monde.

Il vaut la peine, pour soi et pour les autres, de cultiver la verte plante du bonheur. Ce sera le seul chemin à suivre pour être heureux encore une année.

Etre

heureux encore

une année

Les personnes âgées ont aussi droit à un peu de bonheur.

Texte et photos G. Bd.

(11)

Bonjour,

Monsieur le syndic

de Belfaux

Composition du Conseil communal Hubert Lauper, syndic. Admi¬

nistration générale, aménage¬

ment et développement de la commune.

André Piccand, vice-syndic.

Ecoles et relations publiques.

Léon Audergon, routes et protection civile.

Alphonse Piller, Domaines, ADMINISTRATION Forêts, Voirie, Défense contre COMMUNALE:

le feu.

Jean Mantel, Finances.

Félicien Morel, Affaires so¬

ciales, Bâtiments et Police.

Camille Meyer, Eau et hygiè¬

ne.

Michel Sallin, secrétaire per¬

manent.

Alexandre Baeriswyl, bour¬

sier.

Coup d'œil sur le village de Belfaux. Photos G. Bourquenoud

Hubert Lauper, 28 ans, vice- président de Tribunal et Pré¬

posé à l'Office des Poursuites de la Gruyère, syndic de Bel- faux, a aimablement reçu Fri- bourg-lllustré qui se fait un plaisir particulier de présenter sa commune aux lecteurs de cette revue.

FI - De quand date votre élection comme syndic de Belfaux?

H. L. - Elu conseiller commu¬

nal le 28 février 1966, alors que j'avais vingt-deux ans, je m'oc¬

cupais du dicastère des affaires sociales. En mars 1970, le Con¬

seil communal m'a élu syndic et actuellement j'assume les res¬

ponsabilités de l'administration générale, de l'aménagement et développement de la commune.

Votre commune a-t-elle des problèmes à résoudre dans l'immédiat?

Oui, certainement, comme beaucoup d'autres. A l'ordre du jour, il y a en ce moment l'épuration des eaux, la suite de la construction de trottoirs et la construction d'une halle de gymnastique.

Quelle est la situation éco¬

nomique de votre localité?

De gros investissements ont déjà été consentis par la com¬

mune ces dernières années pour l'adduction d'eau, les routes, les écoles. Malgré cela, la situa¬

tion financière est jugée comme

saine. Belfaux comptait à la fin

de l'année 1972 environ trois

millions de francs de dettes,

(12)

mais la charge d'impôt n'est pas trop lourde et son taux peut être maintenu, ceci en raison du développement important que connaît la commune.

Peut-on croire à un plus grand développement de Belfaux?

Oui. D'ailleurs, les autorités en sont conscientes. Au cours de l'année 1972, une quaran¬

taine de plans de construction et deux plans de quartier ont été déposés. Ce développement réjouissant pour notre village va se poursuivre ces prochaines années.

L'avenir de votre com¬

mune est-il industriel ou touristique?

Comme le tourisme n'a au¬

cun espoir de s'implanter chez nous, le village de Belfaux est plutôt tourné vers un dévelop¬

pement industriel, mais spé¬

cialement artisanal et résiden¬

tiel. Le plan d'aménagement prévoit une grande superficie en zones de villas et construc¬

tions locatives. Cette ouverture

de notre commune est dictée par la configuration de notre territoire.

Etes-vous satisfait de ce qui a déjà été fait et que reste-t-il à réaliser?

L'aménagement du territoire, le réseau routier, l'incinération des ordures, l'adduction d'eau et les écoles sont des problèmes résolus à l'heure actuelle. Nous avons aussi créé un secrétariat communal permanent depuis le 1er janvier 1971. Nous sommes très satisfaits de ces réalisations.

Dans ce qu'il reste à réaliser, il y a la halle de gymnastique et l'épuration des eaux. Belfaux participe également aux réalisa¬

tions intercommunales, tels que le Consortium pour l'alimenta¬

tion en eau de Fribourg et des communes voisines, au Consor¬

tium de la zone industrielle de Givisiez (CIG). Notre commune possède un réservoir de 600 000 litres d'eau. Lorsque nos pro¬

pres sources ne suffisent plus à l'alimentation du village, l'instal¬

lation se branche automatique¬

ment à la conduite du Consor¬

tium. Nous n'avons donc plus aucun souci sur ce liquide pré¬

cieux et indispensable à la vie de chacun.

Qu'en est-il du réseau rou¬

tier?

Pratiquement, toutes les rou¬

tes et chemins de la commune sont asphaltés. La première étape de construction des trot¬

toirs de la route cantonale qui traverse le village, est quasi terminée.

Quelle est la place que tient l'agriculture à Belfaux?

Celle-ci est en régression. Le nombred'exploitations agricoles et de poses de terres exploi¬

tables diminue d'année en an¬

née. Actuellement, il y a encore 13 exploitations. La fromagerie transforme une grande partie de la production de lait en fro¬

mage de Gruyère. Les agricul¬

teurs qui s'adonnent à l'élevage du bétail en premier lieu, culti¬

vent aussi le blé, le colza, les pommes de terre et sont connus comme des sélectionneurs.

Les grands problèmes de l'heure, tels que l'aménage¬

ment du territoire, l'épura¬

tion des eaux, l'incinération des ordures, etc., sont-ils déjà résolus dans votre com¬

mune?

Belfaux a été la première com¬

mune fribourgeoise à bénéficier d'un plan d'aménagement ap¬

prouvé par le Conseil d'Etat.

L'élaboration est terminée, mais il reste l'application de ce plan, ce qui n'est pas toujours facile.

Il s'est constitué il y a quelques mois, un consortium intercom¬

munal pour l'épuration des eaux des bassins versants du Tiguelet et de la Sonnaz. Font partie de ce consortium, les localités de Givisiez, Cormin- bœuf, Chésopelloz, Avry-sur- Matran, Prez-vers-Noréaz, No- réaz, Autafond, Belfaux, Lossy- Formangueires, La Corbaz, Cor- magens, Barberêche, Courtepin, Cournillens, et la zone indus¬

trielle du Grand-Fribourg. Un mandat vient d'être donné à un bureau d'ingénieurs pour l'étude comparative.

Le problème de l'incinération des ordures est résolu. Depuis le 1er janvier 1973, ces derniè¬

res sont conduites à l'usine de Fribourg.

Votre village connaît-il une pénurie de main-d'œuvre?

Dans l'ensemble, les entre¬

prises ont peu de soucis sur la main-d'œuvre qui se trouve en général sur place ou dans les localités avoisinantes. Il y a aussi un certain nombre de tra¬

vailleurs étrangers.

L'un des trois châteaux.

Un village tourné vers un avenir résidentiel

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(13)

Est-ce un peu le Japon? ^ Une ferme de cette localité.

►T

Un

développe¬

ment

harmonieux pour vivre heureux à Belfaux

La nouvelle et l'ancienne école. ►▲

La classe de l'école enfantine.

Comment est organisé l'instruction de la jeunesse sur le plan scolaire et se¬

condaire?

L'école primaire de notre localité compte à ce jour 146 élèves y compris les enfants d'Autafond qui sont conduits chaque jour à Belfaux. La nou¬

velle école a été ouverte au mois de septembre dernier. Son coût s'est élevé à 2 300 000 francs.

L'Etat couvre le 14 % de cette construction. Celle-ci abrite sept classes primaires dont la première est dédoublée ainsi que deux classes enfantines. Une quarantaine de garçons et filles fréquentent l'école secondaire de Fribourg, du Gambach, Tech- nicum et collège St-Michel.

Précisons que les classes enfan¬

tines très appréciées de la po¬

pulation comptent aujourd'hui trente-trois élèves.

Quelles sont les institu¬

tions de Belfaux?

Notre village compte trois châteaux dont l'un a été trans¬

formé il y a quelques années en Maison d'accueil pour personnes âgées. Le chef spirituel de la paroisse est l'abbé Roger Balla- man, lequel est aidé dans son ministère, par le Père Larrieu, vicaire. L'église de Belfaux qui est plus que centenaire est un monument historique au centre du village.

Quels sont les soucis du Conseil communal?

L'objet qui cause certains soucis au Conseil communal est la future construction d'une école secondaire pour notre région. Si nous voulons satis¬

faire toute une région et ses habitants, sur le plan instruc¬

tion des enfants, il y aura du travail sur la planche pour les autorités et bon nombre de collaborateurs de la commune.

Pendant encore quelques an¬

nées, nous espérons que nos enfants pourront continuer à fréquenter les écoles secondai¬

res de la Ville de Fribourg. Mais, faute de locaux en ville, il faut songer dès maintenant à une nouvelle construction qui pour¬

rait s'édifier sur le territoire de notre commune. Nous ne pen¬

sons pas que cette réalisation verra le jour avant 1976. Toute¬

fois, si nous voulons donner à tous nos enfants, les mêmes chances d'acquérir une bonne formation et une bonne culture, nous devons être vigilants et préparer les solutions de ces problèmes.

Les finances communales sont-elles suffisantes pour aller de l'avant?

Il n'y a pas lieu de s'alarmer pour l'instant, car la commune a encore des réserves d'investis¬

sements. Elle peut aller de l'avant sans avoir besoin d'aug¬

menter les charges des contri¬

buables.

Que faut-il espérer de Belfaux ces prochaines an¬

nées?

Un développement important sur le plan construction et partant sur le plan démogra¬

phique.

Qu'en est-il de l'activité des sociétés locales?

Les sociétés locales sont fort nombreuses. Elles sont actives à plus d'un titre et elles orga¬

nisent un grand nombre de ma¬

nifestations tout au long de l'année. Quant à la population de Belfaux, elle est très ac¬

cueillante et possède le sens inné de l'hospitalité. Le costume welsche-fribourgeois s'est con¬

servé très longtemps dans ce village.

La profession que vous exercez vous permet-elle de résoudre plus facilement les problèmes d'une commune comme la vôtre?

Ma formation de juriste et mon activité professionnelle sont d'un grand secours dans l'accomplissement de mon man¬

dat. Etre syndic d'un village comme Belfaux, c'est passion¬

nant, malgré de lourdes res¬

ponsabilités. La très bonne am¬

biance qui règne au sein du Conseil communal facilite aussi ma tâche.

Vous êtes le plus jeune syndic que Fribourg-lllustré a eu la joie de rencontrer, depuis la création de cette rubrique mensuelle. Avez- vous un voeu à formuler pour votre commune?

Oui. Que les relations de Belfaux avec les autres com¬

munes de la paroisse (9) s'in¬

tensifient encore, de façon à ce que toutes les réalisations qui peuvent se faire en commun, soient entreprises dans un esprit de collaboration et de compré¬

hension. D'autre part, j'aime¬

rais souhaiter un développement harmonieux de la localité, afin que Belfaux reste un village dans lequel il fait bon vivre.

Propos recueillis par

Gérard Bourquenoud.

(14)

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Habitants 1200 (1075 en 1970) Ménages 340 Etrangers 40 Habitations 190 Industries 2 Entreprise de construction 1 Commerces 10 Artisans 9 Etablissements publics 3

Superficie communale 447 ha Terres productives 304 ha Exploitations agricoles 13 Cheptel bovin 406 têtes Production annuelle de lait

1 200 000 litres Vaches 212 Génisses 194 Veaux 150 Chevaux 7 Chèvres, moutons 9i Porcs 135 Routes et

chemins communaux 12 km.

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(15)

L'église se dresse comme un monument historique. ^

Sur

les versants du Tiguelet et de

la Sonnaz, Fribourg- lllustré

a découvert Belfaux

(Un merci particulier à Mme Pauchard, pour sa collabora¬

tion.) Réd.

Un peu d'histoire...

L'origine des premiers habi¬

tants de Belfaux, comme celle des premiers habitants de l'Hel- vétie, se perd dans la nuit des temps. Plusieurs siècles avant Jésus-Christ, des Celtes habi¬

taient les forêts qui dominent le village. Les tumulus de Conbes l'attestent.

Au début de l'ère chrétienne, les Helvètes de Belfaux subirent la domination romaine. Le vil¬

lage s'appelait alors Gumeschon.

(Nom d'origine celte, gum si¬

gnifiant sentier). Un raccorde¬

ment de route romaine passait par le Bugnon et les Grands Esserts.

Après la chute de l'Empire romain, Belfaux fut ravagé par les incursions barbares, passa sous la domination des rois francs, puis fut acheté par la seigneurie de Montagny.

En 1267, Guillaume de Mon¬

tagny prêta hommage à Pierre III de Savoie. Belfaux fut exclu de cet hommage et vendu aux seigneurs de Corbières qui, à leur tour, le cèdent, en 1283, à Rodolphe de Habsbourg, em¬

pereur d'Allemagne.

Dès 14-4-6, le couvent de Payerne possédait de nombreu¬

ses terres dans les communes d'Autafond et de Belfaux. Par conséquent au moment de la Réforme, les Bernois réclamè¬

rent, au nom de l'Abbaye sup¬

primée, la souveraineté d'Auta¬

fond. Les jurés de Belfaux dé¬

fendirent farouchement leurs intérêts et obtinrent satisfac¬

tion.

En 1632, Pierre de Gady est reçu bourgeois de Belfaux. Les descendants (dont François Prosper, ambassadeur à la cour de France) acquirent de nom¬

breuses terres dans le village.

En 1763, ils construisirent un château (actuellement propriété de la famille Paul de Week).

C'est dans ce château que le général Dufour, pendant la guerre du Sonderbund, établit son quartier général. Il y reçut en 1847, la capitulation de Fri- bourg. La famille patricienne de Montenach, construisit égale¬

ment un château dans la 2e moitié du XVIIIe siècle. (Pro¬

priété actuelle de la famille de Muller).

Les habitants

Les villageois étaient, pour la plupart, des paysans très attachés à leurs terres. Au XVe siècle, une papeterie em¬

ployait quelques ouvriers.

La commune était pauvre et connut très tôt des problèmes de circulation. Au Moyen-Age, seul, un pont pour piétons franchissait la Sonnaz. Les at-

wwml: WW telages traversaient le lit de la rivière. La commune construisit un nouveau pont en 1568, ayant reçu du Conseil de Fri- bourg, deux grands chênes né¬

cessaires à la réparation.

(C'étaient les subsides de l'épo¬

que.)

Une foi très vivante

Si, sur le plan communal et politique, l'histoire de Belfaux est relativement modeste, il n'en est pas de même sur le plan paroissial. On ne peut dissocier ces 2 aspects, car la vie des habitants de Belfaux était inti¬

mement liée à l'activité de la paroisse.

L'église primitive de Belfaux devait être très ancienne: le premier curé connu a été té¬

moin de la charte de fondation du couvent d'Hauterive en 1137.

Mais le fait historique le plus célèbre est le miracle du Saint Crucifix attesté par une tradition constante et par un acte authen¬

tique de Benoît de Montferrand, évêque de Lausanne, daté du 2 juin 1478. Benoît de Mont¬

ferrand ouvrit la marche de cette longue procession de pè¬

lerins qui, voici bientôt 5 siècles, témoignent leur dévotion au Crucifix miraculeux. L'affluence des pèlerins et des malades venus des cantons voisins et de l'étranger était si grande que l'église et le cimetière étaient encombrés par la foule. C'est pour cette raison que la pa¬

roisse entreprit la construction d'une nouvelle église qui fut consacrée en 1865, par Mgr Marilley.

Aujourd'hui encore, nom¬

breux sont les visiteurs qui viennent admirer ce magnifique Crucifix sculpté par un artiste inconnu; mais nombreux aussi, les chrétiens qui viennent ré¬

gulièrement confier à ce Christ souffrant leurs peines et leurs joies.

D. Pauchard

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