A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION B
A LAIN -S OL S ZNITMAN
Perturbations ponctuelles d’évolutions : construction d’espaces stationnaires
Annales de l’I. H. P., section B, tome 16, n
o4 (1980), p. 299-326
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Perturbations ponctuelles d’évolutions : construction d’espaces stationnaires
Alain-Sol SZNITMAN
Laboratoire de Probabilités associé au C. N. R. S., n° 224, 4, place Jussieu, Tour 56, F 75230 Paris
Vol. XVI, n° 4, 1980, p. 299-326. Calcul des Probabilités et Statistique.
SUMMARY. - We
try
todevelop
in this paper a method to construct sta-tionary
modelsof queueing systems, using
iteration of the evolutivemodels,
and then we
give applications
of this method that are not all concerned withqueueing theory.
INTRODUCTION
Une des
questions qui apparaît
dans diverses situations en théorie des filesd’attente,
est la suivante : on sait construire pour unsystème
de filesun modèle
probabiliste
non stationnaire(dont
parexemple,
l’état initialest le
repos).
On s’intéresse alors aux
propriétés d’équilibre asymptotique
de cemodèle,
et pour cela on cherche à construire le cas
échéant,
un modèle stationnaire dusystème (voir
les travaux de[2]
et[14]).
Dans le travail
qui suit,
on aessayé
dedévelopper
une démarchegénérale
pour
attaquer
ceproblème ;
et on aprincipalement
utilisé deux idées : Lapremière
est de construire les modèles stationnaires àpartir
desmodèles évolutifs par
itération,
au lieu de se donner apriori,
cequi
n’estd’ailleurs pas
toujours possible, l’espace
stationnaire et de construire surcelui-ci les variables
caractéristiques
dusystème.
La seconde est de décrire les
systèmes
étudiés à l’aide desemi-groupes
d’évolution
perturbés
à des instants discrets par des discontinuités(en géné-
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section B - Vol. XVI, 0020-2347/1980/299/$ 5.00/
© Gauthier-Villars. 13
300 A.-S. SZNITMAN
ral,
lesemi-groupe représentant
l’évolutionspontanée
dusystème
àpartir
d’un état donné sans arrivée extérieure de
clients,
et la discontinuité la modification dusystème
due à l’entrée d’unclient).
Ainsi dans
l’exemple
de la file derenouvellement, premier
arrivépremier
servi
(voir [2]),
étant donné S etT,
variables aléatoirespositives indépen- dantes, représentant respectivement
laquantité
de travail demandée par le clientqui
arrive à l’instant 0 etl’interarrivée,
on cherche une variable aléa- toirepositive
Windépendante
de(S, T)
et vérifiantW ~ (W
+ S -T) + (*).
Dans cet
exemple,
S est la discontinuitéqui perturbe
lesemi-groupe Stx
=(x - t)+ représentant
l’évolutionspontanée
de lacharge
de la file.Un des intérêts de ce
point
de vue est de mettre enparallèle
desquestions
de files
d’attente,
avec desquestions
demécanique statistique,
où des par- ticules évoluent suivant unsemi-groupe
tantqu’elles
restent à l’intérieur d’une enceinte et subissent une discontinuitéquand
elles rencontrent laparoi
de l’enceinte
(échange thermique
avec unesource)
ou bien avec des pro- blèmes deperturbation ponctuelle
desemi-groupes
étudiés enanalyse
fonc-tionnelle
(par exemple
leproblème
du volcan où on cherche un modèle stationnaire à laperturbation
dusemi-groupe
de la chaleuropérant
surCo(Rn),
par des discontinuitésdm
dansCo(Rn), jouant
le rôle de «pierres
chaudes » tombant sur R" aux
temps Tm).
Il est à noter que la construction des modèles stationnaires permet d’obtenir des solutions à des
équations analogues
à(*) (dont
la résolutionanalytique
est assezcompliquée,
voir[5]).
Terminons cette introduction par
quelques
indications sur le contenu des différentesparties.
La
première partie développe
la « méthodegénérale »
et ramène le pro- blème de la construction de modèlesstationnaires,
par unargument
depoint
fixe detype
espace vectorieltopologique
à une étroitecompacité
relative des itérées de la
probabilité
décrivant le modèle évolutif.La seconde
partie
s’intéresse au cas où d’emblée on se donne la loi du processusponctuel
stationnairemarqué perturbateur.
On donne deuxapplications :
le cas d’une file dont l’évolution du serveur n’estplus
décritepar
l’équation y’ = - 1(y
>0),
mais par uneéquation
différentielle sto-chastique,
et unpetit
modèle de chocs departicules.
La troisième
partie
traite le cas d’une file d’attentepremier
arrivépremier servi,
pourlaquelle
letemps
de service du clientqui
entre est conditionnelle- mentindépendant
du processus d’entrée et dupassé lorsqu’on
se donne lacharge
du serveur à l’entrée du client.Et la
quatrième partie
donne desexemples,
dansl’esprit
de la secondepartie
où lessemi-groupes
d’évolutionperturbés
sont dutype
de ceuxAnnales de l’Institut Henri Poincaré - Section B
rencontrés en
analyse
fonctionnelle(les
modèles stationnaires obtenuspré-
sentent un intérêt
supplémentaire
dans le cas desemi-groupes
non réver-sibles,
tels que lesemi-groupe
de lachaleur).
Pour les
questions
concernant les processusponctuels stationnaires,
lelecteur est
renvoyé
à[8]
et[9]. L’appendice
contientquelques points sur
différentes
topologies
et tribusd’espaces
que nous utiliserons.PREMIÈRE
PARTIEMODÈLES ÉVOLUTIFS
ETMODÈLES
STATIONNAIRES SoitM(resp M+) l’espace
des mesuresponctuelles simples
doublementinfinies sur R
(resp
infinies sur(~ +
et nechargeant
pas0)
muni de la tribuborélienne vague et du flot
canonique (it, t
ER) (resp !R+)
des translations.On
appellera
espace detype
S(resp E)
un espace mesurable(Q, j~)
munid’un flot 0 = E
R) (resp
d’un semi-flot ER+))
mesurable et d’unprocessus
ponctuel
stationnaire Nappliquant
Q dans M(resp M+),
cesespaces sont dits
probabilisés
si ils sont en outre munis d’uneprobabilité
invariante.
Par définition un
transport
d’un espace(JI, N)
detype
S dans un espace(Q, N)
detype
S ou E est uneapplication mesurable §
deQi
dans
Q~
telleBt
pour tout tER et telle que sur R ouRt ;
si ces espaces sontprobabilisés
on supposeraen outre
que 03C603BF Pi = ?2
Pour tout espace
(Q, 0, N)
detype
S on pose Q= {
0
})
= 1}.
Si(SZ, 8, N)
est detype
S(resp E)
et si =inf { t :
t >
0, t)
=1 }
on note 8l’application
mesurable03B8T1
de Q dans Q(resp
de Q dansQ),
enfin ondésigne
par C la classe des mesurespositives
bornées sur Q
(resp Q)
tellesque 03B803BF
m = m etT1 dm
= 1.On a alors la
proposition
suivante :PROPOSITION 1. - Soit Q un espace
topologique polonais ayant
unestructure
d’espace
detype
E pour sa tribu borélienne.Supposons
la classe C associée à Q nonvide,
alors il existe au moins un espaceS21
detype
S et untransport ~
deS21
vers Q tels que pour toute mesurepositive
bornée msur
Q,
de la classe C il existe une et une seuleprobabilité
stationnaire surl’espace S21
dont la mesure de Palm admette m pourimage
par03C6.
Un tel
triplet
Q sera dit avoirla propriété
de relèvement.Vol. XVI, n° 4 - 1980.
302 A.-S. SZNITMAN
Démonstration. - Considérons
(S2, 8),
la classe C étant nonvide,
on peutconstruire,
voir[12],
un espace(Ql, T)
où T est uneapplication bijective
bi-mesurable de
Qi
dansQi,
et uneapplication 03C8
deQl
dans Q tels que :que pour toute mesure m de C il existe une
unique
mesure Mpositive
bornée invariante par T telle que M = ln(M
vérifie alors :fTldM
= 1 siTl = Tl 0
’P. Et onpeut
même supposer que surSi on définit
SZ1
dansfil
x comme l’ensemble descouples (cc~, s)
vérifiant > s et que l’on munit
SZ1
de la trace de tribuproduit,
alorson
peut
construire surS21
le flotspécial 81,
voir[13],
associé àTl
et T.On définit sur
SZ1
les T, par :et sur
Q
le processusponctuel
stationnaireN : (cv, s)
~r
o Il estaisé de vérifier que
(Qi, et, NI)
a une structured’espace
detype S,
deplus si 03C6
deSZ1
dans Q est définie pars)
o E Q alors1J
est untransport
deQi
dans Q.Si m est une mesure de C elle se remonte en M sur
SZ1
et alors on utilisele théorème de construction des
probabilités
stationnairesqui
se trouvedans
[8]
ou dans[9]
pour assurer l’existence dePl
surQi
stationnaire demesure de Palm M. L’unicité de ce relèvement découle alors de l’unicité du relèvement des mesures de C à
T)..
Nous allons maintenant étudier un cas
particulier
de laproposition pré-
cédente : étant donné un espace
polonais D, l’espace
M xDZ
est detype
S pour le flot 0 :(dn, n E Z))
= où v =m(]o, t])
si t > 0 et -
m(]t, 0])
si t0 ;
et le processusponctuel N[m, (dn, nEZ)]
= m.De même
l’espace M+
xDN*
est naturellement un espace de type E etnous noterons p le
transport canonique
dupremier
espace sur le second.Soit
nI
un fermé invariant de M xDZ
tel queQi
= soitpolonais
dans
M +
xD ~*.
Considérons alors un espace
polonais
E etee
une extension du semi-flotsur
Qi
àQe
=Qi
xE, l’espace II1
xEZ
est alors naturellement muni d’une structured’espace
detype
S et on considèreris
lapartie
mesurablestable par le
flot,
éventuellement vide des cc~ =(en, nEZ)]
de111
xEZ
qui
vérifient :pour k E N
et n E =projE
°eTk
° ~ ° estl’application
mesurable deII1
xEZ
dansQe qui
à(eq, q
EZ)]
associeeo).
SiIls
n’est pasvide,
on définit surIls
le processus stationnaireXt
à valeurs dans E
qui
à(t, w)
associe =projE 0 (Je(t -
où nEZ est tel que
(pour
la définition desTn
on pourra se repor- ter àl’appendice).
On a alors la
proposition :
PROPOSITION 2. -
Supposons
que leshypothèses précédentes
à savoirD,
Epolonais, ~I1
fermé dans M xDZ
et stable par leflot, Qi
=polonais
dansM+
xDN*
sont vérifiées et que la classe C associée àQe
=Qi
x E n’est pasvide,
alorsIls
n’est pas vide etsi p
est letransport
deIls
versQe qui
acc~
associe on a lediagramme
commu-tatif :
et
Ils
~Qe
a lapropriété
de relèvement.Démonstration. - La commutativité du
diagramme précédent
est immé-diate.
Remarquons
alors que surils
on a o = sin _ 0. Ce
qui permet
de vérifierque p
est untransport puisque :
0 et
6J
=(en, n
EZ)]j
0(p 0 X t(~)) _ (0t
0et
proj E
°ot
° ° T °proj E
°ot ° p(a~)
d’où8r
°Vérifions alors que
Fis
est non vide etIls
-~Qe
a lapropriété
de relève-ment :
On utilise la
proposition précédente qui
affirme l’existence de II detype
Set
de 03C6 transport
de II versQe
tels que FI03C6 Qe
ait lapropriété
de relèvement.Soit sur fi les
applications
D et G définies par G =proj E
o 0 et Dunique application
sur fi telleque dn 0 4J =
D ooTn 1,
oùdn
est la nièmecoordonnée en D sur
l’espace Qe c M+
xD~*
x E.On a alors un
transport
naturel H de II vers M xDZ
xEZ qui à
associe[N() (D
o(G
o eZ)].
Comme
II1
est fermé et stable par le flot dans M xDZ
on en déduit(voir
la fin del’appendice)
que si ce E II alors[N(cci), (D
o eZ)]
est dans Donc en fait H est à valeurs dans
IIl
xEZ
et nous allons voir dans un instant que H est à valeurs dansIls.
Vol. XVI, n° 4 - 1980.
304 A.-S. SZNITMAN
En effet si n ~Z et k ~N
Or sur
TI~ -
T o H doncce
qui
prouve que H est à valeurs dansris.
Enfin on a
On déduit de
l’égalité p 03BF H cp
l’existence durelèvement,
la formeproduite
de
rIs
assurant son unicité on a le résultatannoncé, []
Donnons un
exemple d’extension
àQe
du semi-flot surQ1 :
PROPRIÉTÉ 3. - Soient
D, E, TI1, SZ1
commeprécédemment,
Ssemi-groupe
mesurable sur E et A
application
mesurable de D x E à valeurs dansE,
alors
l’application
F mesurablex Ql
x E - E définie par :(avec
la conventionTo = 0)
est telle que
(t, e)
-~F(t, e))
est une extension mesurable àQe
du semi-flot 0 sur03A91.
Terminons cette
partie
en donnant un résultatclassique qui
nous per- mettra d’avoir un critère pour montrer que la classe C associée à Q detype
E n’est pas vide.PROPOSITION 4. - Soit T une transformation continue sur
l’espace polo-
nais Q et soit P une
probabilité
sur Q telle que la suite(T" o P, n
E soit étroitement relativement compacte. Alorsl’enveloppe
convexe étroitement fermée de cette suite contient uneprobabilité
invariante par T.Démonstration. Grâce aux
hypothèses l’enveloppe
convexe fermée dela suite
(T" o P, n
E~l)
est compacte dansl’espace
localement convexeséparé
des mesures bornées sur Q. Il suffit alorsd’appliquer
le théorème deMarkov Kakutani
(voir [1])
pour conclure.Annales de l’Institut
Remarque.
Dans le cas où Q estsimplement métrique séparable,
si les(Tn
oP, n
EN)
sonttendues,
la conclusion de laproposition
4 restevalable,
on utilise alors le fait que si des
probabilités
sont tendues sur Q alors elles sont étroitement relativementcompactes (voir [10]).
DEUXIÈME
PARTIEPERTURBATION D’UNE
ÉVOLUTION
PAR UN PROCESSUS PONCTUEL STATIONNAIRE Nous allons nous
placer
dans la situation de lapropriété
3 de lapremière partie,
c’est-à-dire D et E seront des espacespolonais, II1
sera unepartie
fermée stable par le flot de M x
DZ, Q1
=p(II1), qui
est unepartie
deM+
xD~~,
serasupposé polonais,
S sera unsemi-groupe
continu surE,
espace des états et A une
application
continue de D x E à valeurs dans Equi
déterminera laperturbation
de l’évolution S. Cecipermettra
de consi- dérer sous certaineshypothèses supplémentaires, l’espace Ils
detype S,
construit dans la
première partie,
en vertu despropositions
2 et 3.Plus
précisément,
nous allons nous intéresser auproblème
suivant :Étant
donné uneprobabilité
stationnairePl
sur03A01,
admettant laproba-
bilité de Palm
Ql
sur03A01,peut-on
trouver un modèle stationnaire à l’évolution Sperturbée
par A aux tempsTn,
c’est-à-dire untriplet (H, ~, (Xt,
t E oùTI est un espace de type S
probabilisé, 03C8
un transport de II vers II 1 et(Xt, t E R)
un processus stationnaire sur II à valeurs dans Evérifiant :
Tn+l } X,
= oXTn
etS’n
o(on
note z~ =T~+1 - Tl,
pour 1 dansZ).
Remarque.
Dans le casclassique
de la file d’attente stationnaire à unserveur, de
type premier arrivé, premier
servi(voir [2]),
on cherche à cons-truire sur un espace de Palm sous des
hypothèses convenables,
une variable aléatoireW, positive finie, représentant
lacharge
du serveur,juste
avantl’arrivée du client au
temps 0,
et vérifiant la relation W o 8 =(W
+ J -r)+
où 03C3
représente
lacharge
du client arrivant autemps
0 et i = To =Tl
l’interarrivée.
Ce
problème correspond
à laperturbation
dusemi-groupe S(x, t)~(x - t)
+ sur E = par lacharge
(Jnappartenant
à D = du client entrant dans lesystème
autemps Tn (A
n’est autre que(o-, x)
- 6 + x de D x Edans
E).
Il est à noter que sousl’hypothèse Pl ergodique
et~03C3dQ1 r 03C4dQ1,
Vol. XVI, n° 4 - 1980.
306 A.-S. SZNITMAN
on
peut
choisir pour modèle stationnaire à cetteperturbation,
unepartie
invariante
pleine
derll.
Revenons au cas
général,
on a alors le résultat :PROPOSITION 5. - Soit a E E et soient sur
II1
les variables aléatoiresZn, n
E N définies par :Zo = a
etZn+ 1
ofi
=A(d1, Sto
oZn).
Alors si la suite
(Zn, n
EN)
de v. a. est étroitement relativementcompacte
en
loi,
onpeut
munirIls
d’uneprobabilité
stationnaire P admettant laprobabilité
de PalmQ,
et alors ’11 =projnl, (Xt, t
El~))
est un modèlestationnaire de l’évolution S
perturbée
par A auxtemps Tn.
De
plus
si ~ - est la tribu 0 et0)
surfis
et~ =
dl,
1 EZ)
surIls
alorsXo
est conditionnellement indé-pendante
de ~ donné ~ - pour laprobabilité Q (on
continue de noter2n
et dt
lesapplications
in o ~’et dl
o~’,
surIls,
pour ne pas alourdir l’écri-ture).
Démonstration. - Nous allons utiliser la méthode
développée
dans lapremière partie :
Considérons
8e,
l’extension àQe
= Q x E du semi-flot surQ,
que l’on construit en vertu de laproposition
3.On a alors le lemme :
LEMME. - Soit >
0) l’application
mesurable deII1
dansQe qui
à ceassocie
Qe
alors on a :On notera
Démonstration. Ceci
provient
du fait queQl
est invariante par 8 et dece
que 03C6n 03BF en
=03B8en 03BF 03C60 :
en effet cette relation est vraie pour n = 0 et parrécurrence
Continuons la démonstration de la
proposition,
les(Zn, n >_ 0)
étantétroitement relativement
compactes
enloi,
si s > 0 estdonnée,
il existeKE compact
de E etK1 compact
deQ1
tels queOn en déduit que
Q1 [(K1
x2E,
d’où l’étroitecompacité
relative des
8n ~ Qe.
L’application 03B8e
étant continue surQe, puisque 03B8e = (0, A(di, STO))
surQi
x E = on considère suite extraite étroitement conver-gente
de la suiteOn note M la
limite, qui
est invariante par (je.En vertu de la
proposition 2,
onpeut
construire uneunique probabilité
invariante P sur
Ils ayant
uneprobabilité
de PalmQ,
telle quep ~
Q = M.On a alors la commutativité du
diagramme suivant,
constituéd’espace
detype
S et Eprobabilisés :
En
effet,
on a la commutativité au niveau destransports
et deplus 03C8 o
Pet
Pi
ont desprobabilités
de Palmayant
mêmeimage
par p surQi,
doncIl nous reste alors à vérifier que si A et B E alors :
Admettons pour un instant le lemme suivant :
LEMME. - Soit L sur
fis
continue bornée nedépendant
que d’un nombre fini de 03C4iet dl
et soient les v. a.Z’k = Zk 0
03C8 derIs
dansE,
alorssi g
est unefonction continue bornée de E dans
R,
on a :Pour démontrer
(*)
il nous suffit de vérifier que si H et L sont continues bornéesdépendant respectivement
d’un nombre fini de ii, i ~ 0 etdl,
1 >- 1et d’un nombre fini de i~, i - - 1 et
dl,
1 ~0,
etsi g
est continue bornéede R dans R alors :
(**)
x(H
x g oXo)]
=E~[L
x(
~-]
x °Xo I ~ -]]-
Soit alors
f
continuebornée,
nedépendant
que d’un nombre fini de ii et Q~, i -1,
1 0 telle queIl E~[H ~ ~ - ] - f ~~ 2 -
s dansL2(Q) (ce
en vertu d’unargument
demartingale puis
dedensité).
VrJ YVT r0 a - 1980
308 A.-S. SZNITMAN
et
- , J
On a alors
(en
utilisant le fait queZk
On en déduit
(**)
et le résultat annoncé.Démontrons maintenant
le lemmeutilisé :
Commençons
par observer que surfis,
on aXo 03BF 03B8n
=Hn o p
pour 17 >0,
oùHn
estl’application
continue surQe
définie paret l’on a
H~o ~
= o~
surî~
pour ~~ ~ 0.Si L sur
Ils
est continuebornée
et nedépend
que d’un nombre fini de r,et o~ on peut
trouver ~ >:
0 tel que L o0,
nedépend
que des ~ / > 0 etT~
/ > 1 et L o~
peut alors s’écrire Fo~
avec F continue bornée surD . Si g
est continue bornée de R dans R on a :d’où le lemme
annoncé.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Section
PREMIER EXEMPLE
Dans le cas de la file
d’attente, premier
arrivépremier servi,
on cherchecomme nous l’avons
déjà remarqué,
un modèle stationnaire à l’évolution S :(x, t)
--~(x - t)+
sur(~+ (correspondant
àl’équation
différentielley’ = - 1 (y
>0)) perturbée
par desdiscontinuités 03C3n représentant
lacharge
du client
qui
entre dans lesystème
autemps Tn.
Ici nous allons nous intéresser au cas où l’évolution du serveur
correspond
à une
équation
différentiellestochastique stoppée
en 0. Pour cela considéronsa et b deux fonctions mesurables bornées sur (~ à valeurs dans et f~ res-
pectivement,
et un processus de Feller(W, IF, Xt, Px)
sur W =C(!R+, tR),
où
~) représente
la filtrationcanonique,
et(Xt, t
>0)
les coordon-nées]
solution duproblème
desmartingales
associé à a et b.Soit alors T =
inf { t
>0, Xt 0 ~ qui
estun 1Ft temps d’arrêt,
et leprocessus de Markov
(W, IF, ~ t, Px) :
on note S sonsemi-groupe
sur
t~+
et on faitl’hypothèse
que S est de Feller(cette
condition est réaliséedès que x -
Px
estcontinue, propriété
vérifiée siVa
et b sontlipschitziens
par
exemple (voir [11])).
On définit alors E =
P(R+) l’espace
desprobabilités
sur espacepolonais
pour latopologie
de la convergence étroite et on considèrel’appli-
cation A de D x E =
[R+
x dans Equi
à(o~, m)
associe v E E définipar :
v( f )
=m( f ( .
+6)) ;
commeprécédemment
soitII1
est unepartie
fermée stable par le flot de M x
DZ
telle que =S21
soitpolonais
dans
M+
xD~*.
Considérons alors le
problème
suivant :Étant
donnéPl
stationnaire surrI ~
de
probabilité
de PalmQ1,
peut-on trouver un modèle stationnaire à l’évolution S sur Eperturbée
aux tempsT"
par A.PROPOSITION.
- Lorsque Pi
estergodique b - - 1,
etsur
fil,
leproblème précédent
à une solution.Démonstration. Nous allons
appliquer
laproposition
5. Il nous fautvérifier que
l’application (t, ,u)
--~/-lSt
de x E à valeurs dans E est conti- nue, mais ceci est uneconséquence
du fait que S est unsemi-groupe
de Fellersur De même A est continu de x E dans E. Pour démontrer la
proposition,
il nous suffit donc de vérifier que la suiteZn
de v. a. surII1
àvaleurs dans
E,
définie par :Zo =
Bo,Zn+l
° 8 =A(Ji, S~o
oZn)
est étroite-ment relativement
compacte
en loi. Pour cela nous allons montrerqu’il
existe un À > 0 et une v. a. Y
positive
p. s. finie tels que si n e NOn a alors le lemme :
Vol. XVI, n° 4 - 1980.
310 A.-S. SZNITMAN
LEMME. -
Si Il
E etoù oc est une constante
qui majore
la fonction a.Démonstration. La f. a.
est une
Px-martingale (voir [11])
car a est bornée.Donc
=
et on a :On a alors
Fixons alors s > 0 et A > 0 tels que + s x
A( 1 - ~)
en vertu du lemme on a :
d’où
or il existe B > 0 tel que
Log (1
+xH
=Log
x +Log (l+-)) soit infé-
rieur à
(Log x
VB)
doncY,+, o0 (03BB03C31, + ~)
+fv,
+03BB03C40(03B103BB 2- l)1
V Bd’où en
posant : 7o === ~o + s
etTo = ~To (~- -1 ) qui
vérifientËQ~ [7o] ËQ~ [ïol
on obtient o
~~
+(Y~ -
V B(avec o-p
=7o ~
etTp
=To ~).
On a alors pour ~ > 0
...,0-~-T~.~+
...en
posant
Y =oro
+ sup(B,
...,o-~ - r~~
+ ...~~ - r~
+B, ...)
n~O
de l’Institut Henri
on obtient une variable
positive,
p. s. finie en vertu du théorèmeergodique,
dominant les
Yn
d’où le résultat. []DEUXIÈME EXEMPLE
Le deuxième
exemple
estinspiré
d’un modèle de chocs departicules
danslequel
unepetite particule marquée
sedéplace
sur le tore à deux dimensionsS~
xS ,
au milieu d’autrespetites particules
et rentre en collision auxtemps Tn
avec celles-ci.Si p
est la vitesse de laparticule marquée
avant lechoc, p’
celle de la par- ticule heurtant laparticule marquée
et co un vecteur centré sur la droitepassant
par les « centres » desparticules,
la vitesseaprès
le choc de la par- ticulemarquée est p -
co,p’ - p ) (voir [7]) (notons
que le vecteurunité pointant
de laparticule marquée
vers laparticule
incidente doitvérifier ( cc~, p - p’ ~ >_ 0).
Notons e =
((zi, z2), p)
un élément de E =Sl
xSI
x(~2
et(p’,
unélément de D =
[R2
x soit S lesemi-groupe
continu sur Equi
à(t, e)
associe
(zleiPltz2eiP2t) et
Al’application
continue de[R2
xSI
x E àvaleurs dans E
qui
à(p’,
cv,(z, p))
associe(z, p - cc~ ~ p’ )),
etcomme
précédemment,
considéronsII1 partie
fermée stable par le flot deM x
DZ
telle queQi
=p(TI1)
soitpolonais
dansM+
xDN*,
nous allonsétudier la
question
suivante :Étant
donné uneprobabilité
stationnairePl
surII1
admettantQl
pour pro- babilité dePalm, peut-on
trouver un modèle stationnaire à l’évolution S per- turbée par A aux tempsTn.
On a alors le résultat :
PROPOSITION.
- Supposons
que sur(Fti, Qi)
les in = 03C40 ° = po °en,
03C9n = o soient
indépendantes
telles que la loi dep’
admette unsecond moment et que co soit distribué suivant la mesure de
Lebesgue
surSI ,
alors le
problème précédent
a une solution.Démonstration. En vertu de la
proposition 5,
il nous suffit de vérifierque la suite de v. a.
(Zn, n E Z)
surII1
définie parest étroitement relativement
compacte
enloi,
et il suffit clairement de le montrer pour les(pn, n
E~l) projections
des(Zn, n
E sur1R2.
où est la
symétrie
parrapport
à la droiteorthogonale
à cvo.Vol. XVI, n° 4 - 1980.
312 A.-S. SZNITMAN
Donc si
Wo étant
indépendant
deAn
etBn
et sa loi étant la mesure deLebesgue
surSI,
on a = 0 = + d’où par
récurrence :
1~
=l
x(1 - 2 r n)
cequi
prouve l’étroitecompacité
relative en loicherchée. []
TROISIÈME
PARTIEUNE FILE A RYTHME VARIABLE
Commençons
par considérer le cas de la fileclassique
derenouvellement,
pour
laquelle
on aindépendance
de la famille de v. a.(L k, k
EZ;
(J z, 1 EZ)
relativement à la
probabilité
de Palm de ce modèle. Si on noteBn
la tribuengendrée
par les(Lkk
EZ)
et lesW p; p n) (où Wp
=WTp
est lacharge
du serveur
après
l’entrée dupième client),
1 estindépendant
de latribu
Bn, pour n E Z.
Dans cette
partie,
nous allons construire un modèlestationnaire,
danslequel
on n’auraplus
cettepropriété d’indépendance,
maissimplement
uneindépendance
conditionnelle de 1 parrapport
àBn,
si l’on se donne1 "-
STn
°Pour cela considérons
A~ partie
fermée stable par le flot deM,
telle queAe
=q(AS) (où q
est letransport canonique
de M dansM +)
soitpolonais
dans
M + .
On choisit D = E =f~ + ;
on noteTI1 = As
x(~ +
etQ1
=p(II1 )
=
Ae
x~~*.
Soit S unsemi-groupe
continu surf~ + -
E vérifiant la condi- tion demajoration 3a
> 0 :(x - t)
V a, si t > 0 et x >_0,
et Al’application
continue de D x E à valeurs dans Equi
a(~-, x)
associe 7 + x,ce
qui permet
en vertu de laproposition
3 d’avoir une extension (Je du semi- flot 0 surQ1
àQe
=Q1
x E. Enfin considérons R un noyau markovien de~+
dans(l~ +
tel queC~( (~ +) .
Nous allons alors étudier le
problème
suivant :Soit
PS
uneprobabilité
stationnaireergodique
surAS
admettant laprobabilité
de Palm
QS,
on cherche untriplet (H, gl, (Wt,
t E où II est un espaceprobabilisé
de type untransport
de II vers03A01, (Wt,
t ER)
un processus stationnaire sur II à valeurs dans(l~+,
solution de laperturbation
de l’évolu- tionS,
par A aux tempsTnn
EZ, vérifiant
les deux conditions :Le processus
ponctuel
N sur II(qui
est à valeurs dans a pour loiPS.
Si
Q
est laprobabilité
de Palm del’espace
II de type Sprobabilisé
et siBn
est la tribu : E
Z;
6p, p ‘n)
on a :sur ° Qn+
1 ~
=R(Wn+
1 ~g)
si g est borélienne bornéesur R+ (où
l’on aposé : Wp
=WTp
etW n +
1 = 1=
Szn
°Remarque.
Si on choisitSt :
x -(x - t)+
commesemi-groupe
d’évo-lution,
etqu’on interprète
Wplutôt
comme untemps
de travail que commeune
quantité
detravail,
onpeut
parexemple
se donner uneapplication
vde
~+
dansreprésentant
une vitesse d’exécution choisie par le serveur,et
prendre R(x_ dy)
commel’image
d’une loi sur parl’application :
y --~ sur ainsi on
peut prendre
On a alors le résultat :
PROPOSITION 7.
- Supposons
que :ii)
IIexiste ~ probabilité
surR +
vérifiant :Si h est croissante
positive
sur!R+
et x >_ a(on peut
supposerqu’il s’agit
du même a intervenant dans la condition de domination du
semi-groupe S)
alors :
R(x, h) J1(h).
Et
a uneespérance
strictement inférieure à1/À
où 03BB est l’intensité du processusponctuel PJ.
Alors le
problème précédent
a une solution.Démonstration. Nous allons commencer par construire une
probabilité Q
surTII :
Pour cela soit
n1
=As R]-~,n]+,
on définitD’n
surn1 pour n ~
0 par :D~
=STO(O)
etDn+
1 = +1).
Si on note pn laprojection
defit
versIIi
alorsDn
=D~
0 Pn =STn
oZn
o0~
oùZn
surfil
est définie par :On définit alors
Qn
surn1
parQo
=Qs
0@
Bo et’~
Vol. XVI, n° 4 - 1980.
314 A.-S. SZNITMAN
Le théorème de
Kolmogorov
nouspermet
de prouver l’existence d’uneunique probabilité Q
surII1
telle que Pn 0Q
=Qnn
E f~ . La démonstration de laproposition
5permet
à nouveau d’obtenir le lemme 1 :Si
~n
estl’application
mesurable defil
dansS2~
xqui
à c~associe on a :
On a alors le lemme 2 :
Si les
on(C2e)
sont étroitement relativementcompactes,
leproblème
a unesolution :
Démonstration. étant continue sur
Qe,
on a l’existenc deinvariante;
si ps est laprojection
de111
versA~
et pe deQe
versAe
on aq = pe o On en déduit que
l’image
de M surAe
n’est autre que celle deQs
surAe (car
pe° 8n
°Qe = pe
°Wn
°Q = q
° P s °0n
°Q =
q °Qs~ ~
On
applique
laproposition
2 cequi permet
d’avoir l’existence d’uneunique probabilité P
surIls
modèle stationnairecanonique qui
admette une pro- babilité de PalmQ
dontl’image
par letransport
p surQe
soit M. Il nous reste alors à démontrer que surfis :
En utilisant les relations entre
Wn
etW pour 1
> n, la stationnarité et unargument
de classe monotone, pour démontrer(*)
il nous suffit de véri- fier :g~,
h sont des fonctions continues bornées de ü~ dans ~.Or p 0 Q
= M et on est ramené à prouver(**)
surM)
mais(**)
eststable par limite étroite
puisque R
envoieCb((~+)
dans Il noussuffit donc de prouver
(**)
pour les8 p ~ Qe = ~ p ~ ep 0 Q,
p >_ 0.On fait alors la remarque suivante :
pour n E N
Il nous faut donc vérifier que