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Texte intégral

(1)

Universit´e Claude Bernard Lyon 1 2009-2010

Etude de z´ 7→z−az−b via l’inversion (lec¸on 19)

Pr´esentation — La lec¸on 19, consacr´ee `a l’´etude de l’homographie complexe f : z7→ z−az−b et des lignes de niveau de son module et de son argument, peut se construire enti`erement `a partir de deux observations simples :

(i) f est une bijection compos´ee de deux similitudes et d’une inversion (cf. partie 1) ;

(ii) les lignes de niveau de| f | et arg( f ) ne sont rien d’autre que les images par la bijection r´eciproque f−1 des cercles C(0, r) et des demi-droites issues de l’origine ; comme l’effet d’une similitude sur un cercle ou une demi-droite est parfaitement compris, il suffit de connaˆıtre celui de l’inversion pour ˆetre en mesure de d´ecrire les lignes de niveau de| f | et arg( f ) (cf. partie 3).

L’´etude de l’inversion (cf. partie 2) et son application aux lignes de niveau (cf. partie 3) ne sont pas difficile et l’on retrouve ais´ement les ´enonc´es sur une figure. Ce point de vue a au moins deux cons´equences int´eressantes :

(i) il ´evite le recours au th´eor`eme de l’arc capable, qui peut sembler parachut´e en fin d’expos´e ;

(ii) il permet d’exploiter `a fond la d´ecomposition initiale de f en compos´ee d’applications ´el´ementaires, tout en justifiant l’introduction de l’inversion.

Adopter ce plan suppose d’ˆetre `a l’aise avec les nombres complexes. Dans ce cas, il semble raisonnable de pr´esenter la partie 2 sur un (ou deux) transparent(s) avec une d´emonstration courte (par exemple, une partie du th´eor`eme 1 ou le th´eor`eme 2) et de d´emontrer le th´eor`eme 5 ou le th´eor`eme 6. La repr´esentation graphique de

f que l’on obtient en fin de compte (partie 4, point 1) m´erite d’ˆetre pr´esent´ee en conclusion.

Remarque — L’inversion fournit une belle illustration des lec¸ons consacr´ees aux projections orthogonales dans le plan (25) et aux relations m´etriques dans un triangle rectangle (32). Voir la fin de la partie 4.

Pr´erequis et cadre — G´eom´etrie euclidienne plane du secondaire / Propri´et´es ´el´ementaires des nombres com- plexes et interpr´etation g´eom´etrique / Expression complexe des similitudes planes.

On d´esigne par P un plan euclidien orient´e muni d’un rep`ere orthonorm´e direct d’origine O. Les points et les vecteurs sont rep´er´es par leurs affixes. On confond les angles orient´es et leurs mesures.

Rappels — 1. L’´equation |z|2−ωz−ωz+ c = 0 avec ω ∈ C et c ∈ R d´ecrit l’ensemble vide, le singleton {ω} ou un cercle de centreω selon que l’on a|ω|2< c, |ω|2= c ou |ω|2> c. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer que le membre de gauche est le d´eveloppement de|z −ω|2− (|ω|2− c).

2. Le produit scalaire xx+yyde deux vecteurs d’affixes u= x+iy et v = x+iyest la partie r´eelle 12(uv +uv) de uv. En particulier, n(z − a) + n(z − a) = 0 est l’´ecriture complexe d’une ´equation de la droite passant par le point A(a) et de vecteur normal d’affixe n.

1

(2)

1. Interpr´etation g´eom´etrique Pour tout z∈ C − {b},

f(z) = (z − b) + b − a

z− b = 1 + (b − a) 1

z− b= 1 + (b − a) · z− b

|z − b|2 = 1 + (b − a) · z− b

|z − b|2, donc f est la compos´eeσ2◦η◦σ1des trois applications

C − {b} σ1 //C − {0} η //C − {0} σ2 //C − {1}

d´efinies par

σ1(z) = z − b, σ2(z) = (b − a) · z + 1 et η(z) = z

|z|2 =1

z (z 6= 0).

Les applicationsσ1etσ2sont bien connues :

(i) σ1est une similitude indirecte, compos´eeτ◦ρ de la la r´eflexionρ par rapport `a l’axe des absicsses par la translationτde vecteur−b ;

(ii) σ2est une similitude directe, compos´eeτ◦σ de la similitude directeσde centre 0, de rapport|b − a| et d’angle de mesure arg(b − a) par la translationτde vecteur 1.

Cons´equences — 1. Les trois applicationsσ12etηsont bijectives et σ1−1(z) = z + b, σ2−1(z) = z− 1

b− a, η−1=η.

Leur compos´ee f est donc une bijection, et f−1= (σ2◦η◦σ1)−11−1◦η−1◦σ2−1est l’application C − {1} → C − {b}, z 7→ b + 1

z−1 b−a

=bz− a z− 1 . 2. Pour comprendre f , il reste `a ´etudier la bijection

η: C− {0} −→ C − {0}, z 7−→1 z = z

|z|2, appel´ee inversion.

2. L’inversion 2.1 Description g´eom´etrique

+

+

+

+

+ M

η(N) N

O

η(M)

C

L’application η est l’expression complexe de la bijec- tion, ´egalement not´eeη:

P− {O} −→ P− {O}

M 7−→ η(M) = O + 1

OM2·−−→

OM. . L’image du point de coordonn´ees (x, y) dans le rep`ere (O; −→u, −→v) est le point de coordonn´ees

x

x2+y2,x2+yy 2

 .

Le point η(M) appartient `a la demi-droite [OM) et Oη(M) = OM−1. On en d´eduit que l’inversion fixe chaque point du cercle unit´e C et applique l’int´erieur (resp. l’ext´erieur) de C sur son ext´erieur (resp. int´erieur).

Remarques — 1. On prendra bien garde que l’inversion n’est pas une application affine !

2. Afin de ne pas alourdir les ´enonc´es, on s’autorisera `a parler de droite ou de cercle lorsqu’il s’agit en fait d’une droite ou d’un cercle priv´e du point O.

(3)

2.2. Image d’un cercle

Th´eor`eme 1 — L’inversion transforme un cercle en un cercle ou une droite.

Plus pr´ecis´ement, soit C= C(Ω, r) un cercle de centreΩet de rayon r> 0.

(i) Si= O, alorsη(C) = C(O, r−1).

(ii) Si C passe par O — c’est-`a-dire si OΩ= r —, alorsη(C) est la droite perpendiculaire `a (OΩ) passant parη(O), image du point Ode C diam´etralement oppos´e `a O.

(iii) Si6= O et OΩ6= r, alors η(C) est le cercle de diam`etre [η(A)η(B)], o`u A et B sont les points d’intersection de C avec la droite(OΩ).

D´emonstration. Le cas (i) est imm´ediat, et l’on suppose dans la suite que le pointΩest distinct de O.

Notonsω l’affixe du pointΩ. Pour tout point M d’affixe z6= 0, M∈η(C) ⇐⇒ η−1(M) =η(M) ∈ C ⇐⇒

1 z −ω

= r ⇐⇒ |1 −ωz| = r|z|.

En ´elevant au carr´e et en d´eveloppant, cette condition devient : (|ω|2− r2)|z|2−ωz−ωz+ 1 = 0.

(ii) Si|ω| = r, c’est-`a-dire si C passe par O, l’ensemble η(C) est d´ecrit par l’´equationωzz− 1 = 0.

Il s’agit de le droite passant par le point d’affixe 2|ωω|2

(l’image du point O de C diam´etralement oppos´e `a O)

et perpendiculaire `a la droite(OΩ) (cf. rappels). O+

+η(O)

η(C) +O

C

(iii) Si|ω| 6= r, alorsη(C) est d´ecrit par l’´equation

|z|2− ω

|ω|2− r2z− ω

|ω|2− r2z+ 1

|ω|2− r2 = 0 et il s’agit donc d’un cercle dont le centreΩ, d’affixe ω= (|ω|2− r2)−1ω∈ R×ω, est align´e avec O etΩ(cf.

rappels).

Soit A et B les deux points d’intersection du cercle C avec la droite (OΩ). Les points η(A) et η(B) appar- tiennent au cercle η(C) et sont align´es avec Ω, donc [η(A),η(B)] est un diam`etre deη(C).

+

+

+ C

O

B

+

+η(A)

A η(B) η(C)

 Remarque — Dans le cas (iii), les affixes des points A et B sont de la formeλω avecλ ∈ R× (alignement avec O etΩ) et|λω−ω| = r (appartenance `a C), donc λ= 1 ±|ωr|. Les affixes des pointsη(A) etη(B) s’en d´eduisent imm´ediatement :

1 λ ω

|ω|2 = 1

|ω|2± r2· ω

|ω|. 2.3. Image d’une droite

Th´eor`eme 2 — L’inversion transforme une droite D en une droite ou un cercle.

Plus pr´ecis´ement :

(i) si D passe par l’origine, alorsη(D) = D ;

(ii) si D ne passe pas par l’origine, alors η(D) est le cercle de diam`etre [Oη(H)], o`u H est le projet´e orthogonal de O sur D.

Etant donn´e un point A sur D, on peut ´egalement d´ecrire´ η(D) comme ´etant le cercle passant parη(A) et tangent en O `a la droite O+−→

D .

D´emonstration — (i) Ce cas est imm´ediat : la d´efinition impliqueη(D) ⊂ D, d’o`u l’on d´eduit D =η2(D) ⊂ η(D) puisqueη2est l’identit´e ; on a doncη(D) = D.

(4)

(ii) Soit C le cercle de diam`etre [Oη(H]. D’apr`es le point (ii) du th´eor`eme 1, η(C) est la droite perpendi- culaire `a(OH) passant par le pointη(η(H)) = H. On obtient ainsiη(C) = D, d’o`uη(D) =η2(C) = C.

Le cercle C=η(D) est compl`etement caract´eris´e par la donn´e du pointη(A) et de sa tangente au point O. Cette droite est la perpendiculaire `a(OH) passant par O, donc la parall`ele `a D passant par O.

+H +

+

+ +

A O

O+ D

η(H) η(A)

D

Corollaire 3 — L’ensemble des droites et des cercles du plan est globalement invariant par inversion et par l’application f .

D´emonstration. Cela d´ecoule directement des th´eor`emes 1 et 2 dans le cas de l’inversion. Pour f , il suffit d’observer que les similitudes transforment une droite (resp. un cercle) en une droite (resp. un cercle). 

2.4. Image d’une demi-droite

Nous allons pr´eciser le th´eor`eme 2 en d´ecrivant l’image d’une demi-droite.

Th´eor`eme 4 — Soit∆= A + R>0−→

δ une demi-droite ouverte issue d’un point A et dirig´ee par un vecteur−→ δ. 1. Si A= O, alorsη(∆) =∆.

2. Supposons A6= O et posons α = \ (−→

OA,−→

δ). Il y a trois cas de figure, les deux premiers se produisant lorsqueest contenue dans la droite(OA).

(i) Siα= 0, alorsη(∆) =]O,η(A)[.

(i’) Siα=π, alorsη(∆) = (OA) − [Oη(A)].

(ii) Siα6= 0 (mod.π), alorsη(∆) est l’arc de cercle d’extr´emit´es O etη(A), de demi-tangente O +−→

en O.

D´emonstration. 1. C’est imm´ediat (cf. Th´eor`eme 1, (i)).

2. (i) Dans ce cas,∆est l’ensemble des points M du plan tels que−−→

OM=λ·−→

OA avecλ > 1. Cette condition est ´equivalente `a −−→OM

OM2 =λ1· −→OA

OA2. Commeλ7→λ−1est une bijection de]1, +∞[ sur ]0, 1[, on en d´eduit : η(D) =]O,η(A)[.

(i’) Soit ∆ = A + R60

→δ la demi-droite ferm´ee compl´ementaire de ∆ dans (OA). L’application η ´etant bijective,

η(∆) =η(OA) −η(∆) = (OA) − ({O}∪]O,η(A)]) = (OA) − [Oη(A)].

(ii) Si α 6= 0 (mod.π), alors∆est l’intersection de la droite D= (A,−→

δ ) avec l’un des deux demi-plans ouverts de fronti`ere(OA). Notons H ce demi-plan.

Pour tout point M∈ H, la demi-droite ouverte R>0·−−→

OM est contenue dans H par convexit´e, doncη(M) ∈ H. On a ainsiη(H) ⊂ H, d’o`u H =η2(H) ⊂η(H) et, finale- ment,η(H) = H. En utilisant encore la bijectivit´e deη, on en d´eduit :

η(∆) =η(H ∩ D) =η(H) ∩η(D) = H ∩η(D).

D’apr`es le th´eor`eme 1,η(∆) est par cons´equent l’arc de cercle ouvert d´ecoup´e par H surη(D), c’est-`a-dire l’arc d’extr´emit´esη(A) et O, de demi-tangente O +−→

∆ en O.

O +

+A

α

α

δ H

O+

η(A) η(∆)

(5)

3. Lignes de niveau 3.1. Module

Etant donn´e un nombre r´eel r > 0, posons : M´ r= {z ∈ C − {b} | | f (z)| = r}. Quel que soit z ∈ C − {b}, z∈ Mr ⇐⇒ f (z) ∈ C(0, r) ⇐⇒ z ∈ f−1(C(0, r)),

donc Mrn’est pas autre chose que l’image du cercle C(0, r) par la bijection f−1. La d´ecomposition de f d´ecrite

`a la premi`ere partie permet d’´ecrire :

Mr= (σ1−1◦η◦σ2−1)(C(0, r)) =σ1−1(η(σ2−1(C(0, r)))).

Th´eor`eme 5 — (i) M0= {a}.

(ii) M1est la m´ediatrice du segment[a, b].

(iii) Si r> 0 et r 6= 1, alors Mrest le cercle de diam`etre[c, d], o`u c=a− rb

1− r = Bar{(a, 1), (b, −r)} et d =a+ rb

1+ r = Bar{(a, 1), (b, r)}.

D´emonstration. Les cas (i) et (ii) sont imm´ediats.

(iii) La similitudeσ1−1: z7→σ1−1(z) = (b − a)−1(z − 1) transforme C(0, r)) en le cercle C1de centreω1= σ1−1(0) = (a − b)−1et de rayon r1= |b − a|−1r.

Comme r6= 1, r16= |ω1| et donc C1=η(C1) est le cercle de diam`etre [c, d], avec

c= ω1

1|(|ω1|2− r12) =a− b

1− r et ω1

1|(|ω1|2+ r21) =a− b 1+ r (Th´eor`eme 3, cas (ii), et Remarque 4).

Finalement, Mr2−1(C1) est le cercle de diam`etre : [c + b, d + b] =a−rb

1−r,a+rb1+r. 

3.2. Argument

Etant donn´e un nombre r´eel´ ϑ (modulo 2π), posons : Aϑ = {z ∈ C − {b} | arg( f (z)) =ϑ} et soit∆ϑ la demi-droite ouverte R>0· eiϑ. Quel que soit z∈ C − {b},

z∈ Aϑ ⇐⇒ f (z) ∈ϑ ⇐⇒ z ∈ f−1(∆ϑ),

donc Aϑ n’est pas autre chose que l’image de la demi-droite∆ϑpar la bijection f−1. Par cons´equent : Aϑ = (σ1−1◦η◦σ2−1)(∆ϑ) =σ1−1(η(σ2−1(∆ϑ))).

Th´eor`eme 6 — (i) A0= (a, b) − [a, b].

(ii) Aπ=]a, b[.

(iii) Siϑ 6= 0 (mod. 2π), alors Aϑ est l’arc de cercle ouvert d’extr´emit´es a et b, de demi-tangente (en a) la demi-droite a+ R>0· eiϑ(a − b).

D´emonstration. La similitude directeσ1−1envoie 0 (resp. 1) sur(a − b)−1(resp. 0), donc∆11−1(∆ϑ) est la demi-droite issue de c= (a − b)−1 telle que \

(−→ c0,−→

1) =ϑ, c’est-`a-dire \ (−→

0c,−→

1) =π+ϑ.

(i) Siϑ = 0, alorsη(∆1) = (c, 0) − [c, 0] en vertu du th´eor`eme 3, puis A02−1(η(∆1)) = (a, b) − [a, b] car σ2−1(c) = a etσ2−1(0) = b.

(ii) Siϑ =π, alorsη(∆1) =]c, 0[ et Aπ=]a, b[.

(iii) Si ϑ 6= 0 (mod.π), alors∆1=η(∆1) est l’arc de cercle ouvert d’extr´emit´es c et 0, de demi-tangente en 0 faisant un angle de mesureϑ avec−→

c0. Finalement, la similitude σ2−1 ´etant indirecte, Aϑ2−1(∆1) est l’arc de cercle ouvert d’extr´emit´es σ2−1(c) = a et σ2−1(0) = b, faisant un angle de mesure −ϑ avec −→

ab. La demi-tangente `a cet arc au point a fait un angle de mesureϑ avec−→

ba (consid´erer la r´eflexion par rapport `a la m´ediatrice de[a, b]), donc il s’agit de la demi-droite a + R>0· eiϑ(a − b). 

(6)

Remarque — On a int´erˆet `a repr´esenter graphiquement cette d´emonstration :

+

+ +

+

0 1 ϑ

f−1

ϑ σ1−1

b

ϑ a σ2−1

η

0 ϑ

a− b (a − b)−1

ϑ 0

4. Applications et compl´ements 1. Repr´esentation graphique de f .

+

+

+ + f

b

c a

0

+1 +

+ d

c=12(a + b),d = f−1(i) f(a) = 0, f (c) = −1, f (d) = i

−1

+i

Pour toutϑ ∈ R, posons Cϑ = Aϑ∪ Aϑ+π∪ {a, b} ; il s’agit d’un cercle ou d’une droite passant par a et b.

Etant donn´e z´ ∈ C − {a, b}, il existe un unique couple (r,ϑ) ∈ R>0× (R/πZ) tel que z appartienne `a Mr∩ Cϑ: ce sont le module et une mesure moduloπ de l’argument du nombre complexe non nul f(z).

Les lignes de niveau Mr et Cϑ s’intersectent orthogonalement, i.e. leurs tangentes sont orthogonales. Ceci peut se justifier en observant que :

(i) f pr´eserve les angles (orient´es) entre tangentes car il s’agit d’une application holomorphe ; (ii) le cercle f(Mr) et la droite f (Cϑ) sont orthogonaux.

2. Les th´eor`emes du cercle et de l’arc capables, que l’on n’a pas utilis´es, sont des cons´equences directes du th´eor`eme 6.

3. Crit`ere de cocyclicit´e : m, n ∈ C − {a, b} appartiennent `a un cercle passant par a et b, ou `a la droite (ab), si et seulement si f(m) et f (n) sont align´es avec 0, c’est-`a-dire si et seulement si f (m) f (n)−1= m−am−b · n−an−b−1

∈ R.

(7)

4. Inversion et projection orthogonale sur une droite — On peut donner une d´emonstration du th´eor`eme 2 reposant sur une propri´et´e fondamentale des projections orthogonales : la sym´etrie du rapport de projection.

Rappel : si D+et D+sont deux droites orient´ees et non parall`eles, le rapport de projection (orthogonale) de D+sur D+ est le nombre r´eel

λ(D+/D+) =Op(M) OM ,

o `u O est le point d’intersection de D et D, M est n’importe quel point de D, p(M) est son projet´e orthogonal sur D et la mesure alg´ebrique est d´efinie sur chaque droite en r´ef´erence `a l’unique vecteur directeur unitaire compatible `a son orientation.

Changer l’orientation de l’une des droites revient `a multiplier ce rapport par−1, de sorte que sa valeur absolue ne d´epend que des droites non orient´ees.

Si les droites D et Dne sont pas perpendiculaires, alors le rapport de projection (orthogonale)λ(D+/D+) de D+sur D+est ´egalement d´efini et

λ(D+/D+) =λ(D+/D+).

Il s’agit d’un r´esultat central de la lec¸on sur la projection orthogonale, qui

´equivaut `a une identit´e m´etrique remarquable caract´erisant les triangles rectangles (et ´equivalente au th´eor`eme de Pythagore) : avec les notations de la figure,

λ(D+/D+) =λ(D+/D+) ⇐⇒ OP · OM = ON2.

M+

O +

p p

N P+

D+

D+

Venons-en `a la d´emonstration du th´eor`eme 2. Consid´erons une droite∆ne passant pas par l’origine et soit H le projet´e orthogonal de O sur D. On d´esigne par C le cercle de diam`etre[Oη(H)].

Etant donn´e un point M de´ ∆, on oriente les droites(OH) et (OM) par les vecteurs unitaires OH0H et

−−→OM OM. La droite(OM) intersecte le cercle C en un point M, projet´e orthogonal de H sur(OM). Par sym´etrie des rapports de projection,

OH

OM= OM

Oη(H)= OM· OH, d’o`u OM= 1

OM = Oη(M) et donc M=η(M).

Ceci prouve l’inclusionη(∆) ⊂ C − {O}. L’inclusion r´eciproque se prouve de mˆeme, en partant d’un point M de C− {O}.

+

H η(H)+ O

M M=η(M)

Remarque — Cette d´emonstration n’utilise rien d’autre que la sym´etrie du rapport de projection et la ca- ract´erisation du cercle de diam`etre[IJ] comme ensemble des projet´es orthogonaux de J sur les droites passant par I. Elle peut constituer une illustration des lec¸ons sur la projection orthogonale dans le plan (25) et sur les relations m´etriques dans le triangle rectangle (32).

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