LES MOTIVATIONS A S’ENGAGER DANS UN COMPORTEMENT IRRESPONSABLE : PROPOSITION D’UNE ECHELLE DE MESURE DANS LE CADRE DE LA SECURITE MARITIME
Christelle Lavaud*
Université de Bretagne Occidentale, IAE Brest, laboratoire LEGO EA2652 [email protected]
Patrick Gabriel
Université de Bretagne Occidentale, IAE Brest, laboratoire LEGO EA2652 [email protected]
Bertrand Urien
Université de Bretagne Occidentale, IAE Brest, laboratoire LEGO EA2652 [email protected]
* Université de Bretagne Occidentale - Laboratoire LEGO - IAE, 12 rue de Kergoat, CS 93837, 29238 Brest Cedex 3 – 02 98 01 73 68
Résumé: L'objectif principal de cet article est de définir le concept d'irresponsabilité, d’identifier et de mesurer les motivations à s’engager dans un comportement irresponsable, dans le cadre d’un champ spécifique : la plaisance maritime. Cette étude constitue un réel intérêt académique, le concept d'irresponsabilité n'ayant, à notre connaissance, pas encore été étudié en marketing. D’un point de vue managérial, et notamment dans le cadre du marketing social, sa compréhension permettrait l'amélioration des campagnes de prévention maritime.
Pour cela, des études qualitatives et quantitatives ont été menées et ont conduit à la création d’une échelle de mesure de ces motivations.
Mots clef: marketing social, irresponsabilité, prévention
MOTIVATIONS TO INITIATE AN IRRESPONSIBLE BEHAVIOR : PROPOSITION OF A MEASUREMENT SCALE IN THE DOMAIN OF MARITIM SECURITY
Abstract: The main objective of this paper is to define the concept of irresponsibility, to identify and measure motivations to initiate an irresponsible behavior, in a specific domain:
maritim sailing. Not having been studied before in marketing yet, the concept of irresponsibility has a real academic interest. From a managerial point of view, and especially in the context of social marketing, the understanding of this concept would improve campaigns in maritim security. For this purpose, qualitative and quantitative studies were conducted and have led to the creation of a measurement scale of these motivations.
Keywords: social marketing, irresponsibility, prevention
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LES MOTIVATIONS A S’ENGAGER DANS UN COMPORTEMENT IRRESPONSABLE : PROPOSITION D’UNE ECHELLE DE MESURE DANS LE CADRE DE LA SECURITE MARITIME
Introduction
Chaque année, une augmentation des opérations de sauveteurs en mer est observée. En 2015, une hausse de plus de 5% est constatée par rapport à l'année précédente (SNSM, 2016).
Des études (SNSM, 2013), révèlent que "la prudence n'est pas systématique" et qu'il existe un réel "déficit de conscience du danger". Il est souvent fait état de comportements qualifiés
"d'irresponsables". Malgré de multiples actions de prévention déjà engagées depuis plusieurs années, le nombre d'accidents ne cesse de croître. Il semble donc qu'il faille d’abord comprendre et prévenir cette irresponsabilité, avant de faire appel de manière efficace à la responsabilité des plaisanciers. Or, la connaissance du concept même d’irresponsabilité, extrêmement parcellaire en Sciences de gestion, notamment en marketing, reste à réaliser ainsi que la compréhension des motivations à s’engager dans un comportement irresponsable.
L’objet de notre recherche exploratoire est alors l’identification et la mesure des motivations à s’engager dans un comportement irresponsable. Pour cela, nous nous appuierons sur la base du paradigme de Churchill (1979) et des recommandations de Rossiter (2011). A partir de la littérature et d’une étude exploratoire, nous commencerons par spécifier le domaine du construit et la création d’items. Nous mentionnerons ensuite les étapes d’épuration et de validation de l’échelle. Nous préciserons enfin les intérêts académiques et managériaux d’une telle échelle.
1. Le concept d’irresponsabilité : spécification du domaine du construit
Différentes conceptions de l'irresponsabilité. Les références sur l'irresponsabilité en marketing sont quasiment inexistantes contrairement à celles du concept de responsabilité considérées, en marketing, plutôt sous l’angle de la consommation, notamment à travers les préoccupations sociales (Webster, 1975 ; Roberts, 1995). La notion d'irresponsabilité est beaucoup moins précise. Les seuls travaux qui semblent avoir été réalisés dans le cadre de l'irresponsabilité sociale concernent les entreprises, ou les managers, qui commettent des actions non socialement responsables. L’irresponsabilité sociale d’une entreprise est alors estimée par rapport à une norme ou une loi (Hu et al., 2012 et Armstrong, 1977). Une telle représentation de l’irresponsabilité semble insuffisante : ni les comportements ni les dimensions spécifiant cette irresponsabilité ne sont précisés. Une approche pluridisciplinaire semble alors nécessaire afin de préciser ce concept.
Il émerge de la littérature que l'irresponsabilité peut être relative à une dissolution des responsabilités. Elle s'observe notamment en sociologie à travers "l’irresponsabilité organisée" (Pardo, 2002) ou la "coresponsabilité" (Le Tourneau, 2003) présente dans les
"dédales bureaucratiques" où l'implication de chacun est difficile à déterminer. Cela s'observe également en psychologie à travers le phénomène de désindividualisation. L'anonymat peut conduire l'individu à rester en retrait, "l'effet témoin" (Darley et Latané, 1968).
Arendt (2005) parle d'une absence de prise de conscience morale. L'individu, tourné uniquement vers lui, agit spontanément, sans introspection ou "dédoublement de soi". Pour Garcias (2012) il s'agit alors "d'un individualisme esthétisant mais socialement irresponsable"
caractéristique de notre société de consommation où les valeurs universelles laissent place aux pulsions et aux désirs (Kede Onana, 2011). L’individu agit alors sans contrainte et peut faire
"tout ce qui lui plaît "sans se soucier des conséquences (Hobbes, 2003).
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L'irresponsabilité serait par ailleurs liée au déterminisme. Ainsi, "l’individu est irresponsable, non point parce que son action a été inévitablement déterminée, causée, mais parce qu’elle a été déterminée par une cause extérieure au moi, à l’être social" (Tarde, 1890, p. 115). Spinoza (1674) parle de "l’illusion du libre-arbitre".
Au terme de cette recension, et en intégrant les différences facettes évoquées dans la littérature, nous proposons de définir le comportement irresponsable de la façon suivante :
«comportement de l’individu qui, dans une situation et dans un environnement social particuliers, entreprend de façon intentionnelle ou non intentionnelle, un dépassement des normes formelles (lois, règlements…) ou informelles (mœurs, habitudes, coutumes…) pouvant avoir des conséquences positives ou négatives sur lui-même et/ou sur autrui».
Les motivations à s’engager dans un comportement irresponsable : étude exploratoire, dimensionnement et rédaction d’items. La lecture pluridisciplinaire de la littérature a permis d’identifier deux types de dimension des motivations à s’engager dans un comportement irresponsable : une dimension liée au rapport aux autres, et une dimension liée à l'intentionnalité. A l’aide d’une étude qualitative exploratoire nous allons tout d’abord vérifier l’existence de ces différents types de motivation dans le cadre qui est le nôtre, la plaisance maritime. En effet, parallèlement à l’explosion de l'activité de la plaisance de ces quarante dernières années, une augmentation des interventions des secours en mer a pu être observée (CROSSA Etel) (annexe 1). Elles seraient notamment dues à des comportements inadaptés et transgressifs sous-tendues par différentes formes de motivations irresponsables. Nous avons alors réalisé 16 entretiens individuels semi-directifs auprès de plaisanciers et opté pour une analyse thématique de contenu (Giordano, 2003) à l’aide du logiciel de données textuelles NVivo10 (QSR). 9 motivations ont été mises en avant (tableau 1).
Tableau 1. Motivations à s’engager dans un comportement irresponsable
Dimensions Exemples de verbatim
Gains personnels "J'étais en mer et j'avais du monde avec moi. On était pressé pour rentrer, et j'ai coupé une régate " (Jean-Claude B) Etre libre " C’est chacun qui fait ce qu’il veut" (Guillaume)
Rechercher des sensations " Quand tu as 250 chevaux derrière le bateau, tu as envie d’avoir un comportement irresponsable" (Guillaume)
Rompre avec la routine " Etre responsable tout le temps c’est chiant" (Guillaume) Flatter l'égo " C’est frimer un peu sur l’eau" (Vincent)
Acquérir un statut "On fait des compétitions bon enfant, c'est différent du sud car on ne cherche pas le statut social." (Jean)
Porter assistance "Des fois il faut aller un peu vite pour récupérer un catamaran qui est prêt à partir dans les rochers" (Daniel) Faire plaisir "On a envie que les gens soient contents" (Yvette)
Relever des défis "Parfois entre copains, on se lance des défis" (Guillaume) A partir de notre étude qualitative essentiellement, et également de la revue de littérature, nous avons élaboré une liste de 74 items. Les indicateurs retenus sont réflexifs. Les items ont ainsi été considérés comme des manifestations des variables latentes (les 9 dimensions).
2. Epuration de l’échelle de mesure
Validation de contenu. Comme il est recommandé par Jolibert et Jourdan (2011) dans le cadre de la validation de contenu, nous avons sollicité 5 experts pour évaluer notre première liste d’items ; 3 chercheurs confirmés en comportement du consommateur ayant déjà créé au
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moins une fois une échelle de mesure, et deux experts spécialistes du domaine de la sécurité maritime. Ils devaient indiquer pour chaque item s’il était «très représentatif», «assez représentatif» ou «non représentatif» de la dimension qu’il était censé refléter. Des commentaires pouvaient être ajoutés et les définitions du construit et de ses dimensions leur avaient été communiqué. Les items retenus ont été prétestés auprès de plaisanciers afin d’en vérifier la compréhension. Nous avons ensuite conservé 64 items possédant la plus grande validité de contenu et répartis équitablement entre les dimensions. Suite aux commentaires des experts, la dimension Recherche de sensations a été scindée en deux (Recherche de sensations fortes et Recherche de plaisir). Nous avons désormais 10 motivations.
Première collecte de données et émergence d’une structure factorielle. Nous avons réalisé une première collecte de données par questionnaire en ligne auprès de plaisanciers répartis sur la scène nationale (associations, réseaux sociaux, forums…) afin d’aboutir à une première structure factorielle que nous avons ensuite épurée. Les répondants devaient exprimer leur degré d’accord aux items (échelle de Likert en 5 points). 263 questionnaires ont été obtenus permettant ainsi de procéder à des analyses en composantes principales (ACP) via le logiciel SPSS (version 19). Considérant que les composantes sont corrélées, du fait d’appréhender le même concept (les motivations à s’engager dans un comportement irresponsable), nous avons réalisé une rotation oblique (Oblimin) afin de faciliter la lecture des axes factoriels (Carricano et al., 2010). Les données apparaissent factorisables (test de sphéricité de Bartlett significatif, KMO final=0.95). Les facteurs ayant une valeur propre supérieure à 1 indiquent une structure factorielle en 5 facteurs (Carricano et al., 2010). Le Scree-Test révèle une structure en éboulis à partir du 4ème axe et l’analyse en parallèle (Patil et al., 2007) suggère 2 axes. Nous avons finalement décidé de tenir compte du critère des valeurs propres supérieures à 1. En procédant par épurations successives, une structure factorielle stable composée de 5 facteurs et de 25 items apparaît après 9 ACP. Les items concernant les dimensions Flatter l’égo et Rechercher un statut ont disparu. Cela pourrait s’expliquer par l’identité des répondants venant essentiellement de forums de plaisance. Nous faisons le choix de générer de nouveaux items et de regrouper ces deux motivations (Flatter l’égo) du fait de leur similitude. Nous rédigeons également de nouveaux items pour les dimensions Faire plaisir, Rechercher des gains et Rechercher la liberté. Tous ces items sont validés par deux experts. Notre deuxième analyse sera donc réalisée à partir de 42 items.
Deuxième collecte de données et épuration de l’échelle de mesure. Afin d’épurer à nouveau l’échelle de mesure et de procéder à l’analyse confirmatoire, nous avons réalisé une seconde collecte de données à partir des 42 items retenus et des 220 questionnaires en ligne obtenus. Aucun problème n’a été détecté lors de la vérification de la normalité des données.
Nous avons là encore réalisé des ACP (KMO final = 0.92; test de Bartlett significatif) avec rotation oblimin. De nouveau, concernant le choix du nombre d’axes, nous pouvons constater que les différentes méthodes ne convergent pas toutes vers le même chiffre. Après épuration, une structure stable composée de 3 facteurs apparaît (Intérêts personnels, Porter assistance et Faire plaisir). Nous pouvons constater que, parmi les dimensions que nous avions dégagées préalablement, certaines ont fusionné de façon cohérente. Les résultats des ACP sont synthétisés dans le tableau 2.
Tableau 2. Résultats des analyses factorielles exploratoires, échantillon n°2 Dimensions Intérêts personnels Porter assistance Faire plaisir
Valeur propre 8.6 2.55 1.38
% de variance expliqué 53.87 15.95 8.64
α de Cronbach 0.953 0.831 0.960
Nombre d’items 7 4 5
4 3. Confirmation de la structure factorielle
Traitements préliminaires. Afin de valider la structure factorielle, nous avons réalisé une analyse factorielle confirmatoire (AFC) sous EQS 6.1. L’estimation des paramètres est réalisée à travers le maximum de vraisemblance (ML – maximum likehood) nécessitant le respect de la multinormalité des variables ainsi qu’un échantillon de taille moyenne. La distribution des items apparaît proche de la distribution normale (Skewness < |1.5| et Kurtosis
< |1|). En revanche, nous observons une violation de la multinormalité avec un coefficient de Mardia G2p « normalized estimate » supérieur à 3 (Roussel et al, 2002). Nous utilisons donc les statistiques robustes qui permettent de corriger cet écart.
Analyses factorielles confirmatoires. Après une AFC de premier ordre, nous observons que le degré d’ajustement du modèle aux données recueillies est bon (χ2/dll=1.78, RMSEA=0.060, CFI=0.980). Par ailleurs, les loadings s’avèrent tous statistiquement significatifs (z>1.96) et supérieurs au seuil de 0.5. Les corrélations relativement fortes entre les dimensions nous conduisent à tester un modèle de second ordre. Cependant, les résultats se sont avéré décevants. Il n’existerait donc pas de construit latent «motivation globale à s’engager dans un comportement irresponsable» qui se reflèterait par ses 3 dimensions. Le modèle de second ordre est donc rejeté.
4. Validation de l’échelle de mesure
Nous avons réalisé une troisième collecte de données par questionnaire en ligne (448 obtenus) pour valider l’échelle de mesure. Cette collecte a pour objectif de confirmer la structure factorielle de l’échelle de mesure sur un plus grand échantillon et de vérifier la fiabilité, la validité convergente, la validité discriminante et la validité nomologique de l’échelle. Cette dernière aborde la relation entre le concept mesuré et des concepts qui en résultent. Nos recherches mettent en avant l’influence des motivations à s’engager dans un comportement irresponsable sur l’intention d’entreprendre un comportement irresponsable.
Des items d’intention à entreprendre un comportement irresponsable ont été insérés dans le questionnaire sous forme de deux scénarios types élaborés à partir de situations recensées par les CROSS. Deux types d’intention ressortent, l’Insouciance hédonique et communautaire et la Sur-confiance dans le matériel sécuritaire.
De nouveau, nous avons utilisé la méthode robuste associée au maximum de vraisemblance et avons procédé aux analyses sur le dernier échantillon. Les indices d’ajustement observés sont bons (χ2/dll=3.2, RMSEA=0.070, CFI=0.967) et les loadings standardisés significatifs et supérieurs au seuil de 0,5 (annexe 2). Les valeurs de l’alpha de Cronbach et du rhô de Jöreskog sont supérieures au seuil de 0.7 préconisé par (Hair et al, 2010). La fiabilité de l’instrument de mesure est donc avérée. Le test z est significatif (>1.96) pour l’ensemble des items, et les ρvc sont supérieurs à 0.5. La validité convergente est donc vérifiée (tableau 3).
Tableau 3. Fiabilité et validité convergente, échantillon n°3 Fiabilité Validité convergente
Dimensions α ρ Test z ρvc
Intérêts personnels 0.940 0.941 >15 0.67 Porter assistance 0.827 0.834 > 13 0.55 Faire plaisir 0.950 0.950 >25 0.78
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La validité discriminante interne, quant à elle, est assurée car les corrélations entre deux dimensions sont inférieures à la racine carrée de leurs ρvc (tableau 4). Nous testons à nouveau un modèle de second ordre. Là encore le modèle de second ordre est rejeté.
Tableau 4. Validité discriminante interne, échantillon n°3
Validité discriminante Intérêts personnels Porter assistance Faire plaisir Intérêts personnels 0.82
Porter assistance 0.37 0.74
Faire plaisir 0.68 0.40 0.88
Pour tester la validité nomologique de l’échelle, nous vérifions l’influence des motivations à s’engager dans un comportement irresponsable.sur les intentions d’entreprendre un comportement irresponsable (figure 1). Les liens positifs entre la dimension Intérêts personnels des motivations et les intentions d’entreprendre un comportement irresponsable liées à l’Insouciance hédonique et communautaire et à la Sur-confiance dans le matériel sécuritaire sont avérés. Désireux de profiter de l’instant présent et/ou confiant dans les outils de sécurité, le plaisancier adopterait un comportement irresponsable en vue de sa propre satisfaction. La dimension Faire plaisir des motivations influence négativement l’intention liée à la Sur-confiance dans le matériel sécuritaire. L’individu, soucieux de son entourage, va faire plus attention au respect du matériel de sécurité. En revanche, la dimension Porter assistance a des influences positives mais non significatives sur les deux types d’intention.
Figure 1 : Validité nomologique des motivations à s’engager dans un comportement irresponsable, influence sur les intentions d’entreprendre un comportement irresponsable
Discussion et conclusion
Cette recherche théorique et empirique est, à notre connaissance, la première en marketing à révéler les motivations à s’engager dans un comportement irresponsable. Trois motivations ont finalement été identifiées, et mesurées, à savoir Intérêts personnels, Porter assistance ou Faire plaisir.
La sécurité en mer commençant par la prévention, une meilleure compréhension de l’irresponsabilité en mer constitue donc un réel apport managérial en permettant notamment au praticien public ou privé de prendre de meilleures décisions. Si l’on arrive à comprendre pourquoi les plaisanciers se comportent de façon irresponsable, nous saurons comment juguler cette irresponsabilité et pourrons améliorer l'efficacité des campagnes de prévention.
Selon Girondola (2002), les messages de prévention doivent être adaptés au niveau
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d’implication de la cible dans un comportement. Un individu fortement impliqué serait plus sensible à des messages ayant un cadrage positif (gains) que négatif (pertes), contrairement aux personnes faiblement impliquées. Un individu aux motivations Intérêts personnels, par exemple, serait alors plus ouvert à des messages non moralisateurs (cadrage positif).
L’échelle de mesure ainsi élaborée pourrait être réutilisée dans le cadre de recherches futures et dans d’autres domaines comme celui de la sécurité routière. Cette étude ne constitue qu'une première étape de recherche dans un sujet nouveau et complexe. De nouvelles problématiques peuvent émerger : Quelle est l'influence des variables antécédentes (normes sociales, perception du risque, auto-efficacité…) sur les motivations de l'irresponsabilité ? Existent-ils des variables modératrices ? Quelles en sont leurs effets ? Ces motivations se concrétisent-elles toujours par un comportement irresponsable ? Une typologie des plaisanciers basée sur l’échelle des motivations à entreprendre un comportement irresponsable pourrait également être réalisée. Il serait par ailleurs intéressant de tester différents supports de communication et messages de prévention à travers des expérimentations.
Alors que de nombreuses recherches en marketing abordent de façon normative les comportements socialement responsables, leurs significations et leurs expressions, l’approche retenue ici, sous l’angle de l’irresponsabilité, ouvre vraisemblablement, par contraste, de nouvelles voix de compréhension sur ce qui peut être considéré comme responsable ou irresponsable.
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Journal of Consumer Research 2 (3): 188-196 Spinoza B (1674) Lettre à Schulller
8 Annexe 1
Accidents corporels des transports
Source : Commissariat général au développement durable (2016) Chiffres clés du transport.
Disponible en ligne : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/reperes-transport- ed2016-3.pdf
9 Annexe 2
Analyses factorielles confirmatoires – échantillon 3 (N=448)
Loadings standardisés, analyse factorielle confirmatoire - échelle des motivations à s’engager dans un comportement irresponsable
Codes items Items
Composantes Intérêts
personnels
Porter assistance
Faire plaisir Mot_sens3 J’aime les sensations fortes 0.859
Mot_def2 J’ai envie de dépasser mes limites 0.882 Mot_eg10 Je souhaiterais me démarquer des autres 0.784
Mot_def3 J’aime me surpasser 0.880
Mot_eg12 Je n’ai pas envie d’être ridicule en
renonçant devant un obstacle 0.711
Mot_eg11 J’ai envie de me prouver que je peux y
arriver malgré le danger 0.755
Mot_def4 J’aime les challenges 0.854
Mot_ass1 Il se peut que je doive intervenir
rapidement pour aider quelqu’un 0.664
Mot_ass2 Pour aider quelqu’un il est parfois
nécessaire de contourner les règles 0.747
Mot_ass3 Certaines situations d’urgences médicales
nécessitent de dépasser les interdits 0.795
Mot_ass4 Il arrive que je doive porter secours 0.750 Mot_fp6 J’ai envie de rendre les gens heureux en
mer
0.830
Mot_fp5 C’est important pour moi que les gens soient contents à bord
0.820
Mot_fp3 J’aime voir le sourire sur le visage de mes proches
0.903
Mot_fp4 J’ai envie que ceux qui sont avec moi passent un bon moment
0.946
Mot_fp8 Ce qui m’importe c’est que chacun prenne du plaisir à bord
0.904