Couplage fort
de deux oscillateurs
En pla¸cant de la mati` ere dans une cavit´ e optique, on peut obtenir un syst` eme composite cavit´ e-mati` ere aux propri´ et´ es nouvelles, si la mati` ere pr´ esente une r´ esonance ` a une pulsation
´ egale ` a une pulsation de r´ esonance de la cavit´ e, et si ces deux r´ esonances ont des coefficients d’amortissement faibles devant le coefficient de couplage entre ces syst` emes. Un tel ph´ enom` ene de couplage fort a ´ et´ e mis en ´ evidence pour des atomes en cavit´ e au d´ ebut des ann´ ees 1980, puis dans des h´ et´ erostructures de mat´ eriaux semi-conducteurs au d´ ebut des ann´ ees 1990.
Le probl` eme comporte trois parties tr` es largement ind´ ependantes.
La premi` ere partie donne une description purement classique de deux oscillateurs harmo- niques, de mˆ eme pulsation de r´ esonance ω 0 , et coupl´ es lin´ eairement ; le coefficient de couplage, homog` ene ` a une pulsation, est not´ e Ω 1 . Ces oscillateurs sont faiblement amortis : on caract´ erise chaque oscillateur par son coefficient d’amortissement γ 1 ou γ 2 , ´ egalement homog` ene ` a une pulsation. On consid` ere dans tout le probl` eme que Ω 1 , γ 1 et γ 2 sont tr` es petits devant la pul- sation de r´ esonance ω 0 . L’objet du probl` eme est d’´ etudier comment la dynamique du syst` eme est modifi´ ee suivant l’importance relative des effets de couplage (Ω 1 ) et d’amortissement (γ 1 et γ 2 ) : on distingue ainsi un r´ egime de couplage fort et un r´ egime de couplage faible.
On consid` ere dans les deux parties suivantes deux oscillateurs de natures physiques diff´ erentes : un mode du champ ´ electromagn´ etique dans une cavit´ e, et une r´ esonance du milieu mat´ eriel pr´ esent dans la cavit´ e. On d´ ecrit dans la deuxi` eme partie le couplage lumi` ere-mati` ere dans le cadre de l’optique classique, en examinant comment les propri´ et´ es de dispersion et d’absorption du milieu modifient la fonction de transmission de la cavit´ e optique.
La troisi` eme partie propose une description quantique du syst` eme le plus simple : un seul
atome, assimil´ e ` a un syst` eme ` a deux niveaux, coupl´ e ` a un mode discret du champ ´ electromagn´ etique
de la cavit´ e, contenant 0 ou 1 photon.
Pour all´ eger les calculs, on se place dans tout le probl` eme dans le cas r´ esonnant : les deux oscillateurs ont exactement la mˆ eme pulsation de r´ esonance, not´ ee ω 0 . Les coefficients d’amor- tissement sont d´ efinis par rapport ` a l’´ energie. Si on consid` ere une excitation harmonique de pulsation ω, on notera ∆ le d´ ecalage en pulsation ∆ = ω − ω 0 .
Relations math´ ematiques utiles :
”Fonction” δ de Dirac :
Z +∞
−∞
exp(−jωt)dω = 2πδ(t) (1)
Z t
2t
1f (t)δ(t − t 0 )dt = f (t 0 ) si t 0 ∈ ]t 1 , t 2 [ Z t
2t
1f (t)δ(t − t 0 )dt = 0 si t 0 ∈ / [t 1 , t 2 ]
On admettra que dans le cadre des calculs demand´ es dans ce probl` eme, on peut ´ ecrire : Z t
2t
1f(t)δ(t − t 0 )dt = f(t 0 )
2 si t 0 = t 1 ou t 0 = t 2 (2)
Transform´ ee de Fourier d’une lorentzienne : Z +∞
−∞
1
1 + ( ω a ) 2 exp(−jωt)dω = πa exp(−a|t|) (a > 0) (3)
Conventions d’´ ecriture :
On note j le nombre complexe tel que j 2 = −1. Les candidats pourront, ` a leur convenance, noter les grandeurs complexes A e ou A. On note <[ ] la partie r´ eelle et =[ ] la partie imaginaire de la quantit´ e entre crochets.
Notations utilis´ ees dans le probl` eme :
Constantes fondamentales :
e charge ´ el´ ementaire . . . e = 1, 60 10 −19 C m masse de l’´ electron . . . m = 9, 11 10 −31 kg c vitesse de la lumi` ere dans le vide . . . c = 2, 99 10 8 m.s −1 0 permittivit´ e di´ electrique du vide . . . 0 = 8, 85 10 −12 F.m −1
¯
h constante de Planck r´ eduite . . . . ¯ h = h/(2π) = 1, 05 10 −34 J.s Premi` ere partie :
L inductance
Ω 1 coefficient de couplage
γ 1 et γ 2 coefficient d’amortissement du circuit r´ esonnant 1 ou 2 ω e pulsation complexe
ω + et ω − pulsations des modes propres
γ + et γ − coefficients d’amortissement des modes propres
∆ + et ∆ − d´ ecalages des pics de r´ esonance des circuits coupl´ es par rapport ` a ω 0 Deuxi` eme partie :
L longueur de la cavit´ e
n B indice constant du milieu sans oscillateurs
r et t coefficients de r´ eflexion et de transmission en amplitude d’un miroir R et T coefficients de r´ eflexion et de transmission en ´ energie d’un miroir T C sans (ω) transmission de la cavit´ e sans oscillateurs
T C max transmission maximale de la cavit´ e sans oscillateurs
∆ ISL intervalle en pulsation entre deux r´ esonances cons´ ecutives de la cavit´ e seule ε(ω) d´ esaccord de phase
γ C largeur ` a mi-hauteur des pics de transmission de la cavit´ e seule F Finesse de la cavit´ e Fabry-Perot
τ temps d’un aller-retour de la lumi` ere dans la cavit´ e
γ coefficient d’amortissement de l’´ energie du mode de la cavit´ e seule e r permittivit´ e di´ electrique relative
rB = n 2 B
χ(ω) susceptibilit´ e e di´ electrique des oscillateurs de Lorentz ω 0 pulsation de r´ esonance des oscillateurs de Lorentz γ A coefficient d’amortissement des oscillateurs de Lorentz N nombre d’oscillateurs de Lorentz par unit´ e de volume ω p pulsation plasma
0 permittivit´ e di´ electrique du vide
α(ω) coefficient d’absorption des oscillateurs de Lorentz n(ω) indice du milieu contenant les oscillateurs de Lorentz α 0 = α(ω = ω 0 )
β param` etre de couplage
T C avec (ω) transmission de la cavit´ e contenant les oscillateurs de Lorentz
∆ + et ∆ − d´ ecalages des pics de transmission de la cavit´ e contenant les oscillateurs de Lorentz par rapport ` a ω 0
Ω = ∆ + − ∆ − , ´ ecart entre ces deux pics de transmission
γ AC largeur ` a mi-hauteur des pics de transmission de la cavit´ e contenant les oscillateurs t C (ω) coefficient de transmission en amplitude de la cavit´ e
Troisi` eme partie :
v = ¯ hΩ 1 /2 : ´ energie de couplage entre deux ´ etats quantiques ρ 0 densit´ e d’´ etats (uniforme) en ´ energie
Γ probabilit´ e de transition par unit´ e de temps de l’´ etat discret vers le continuum, donn´ ee par la r` egle d’or de Fermi
¯
hγ largeur ` a mi-hauteur de la densit´ e d’´ etats en ´ energie ρ(¯ hω)
Premi` ere partie
Circuits ´ electriques coupl´ es
1 Equations diff´ erentielles coupl´ ees
On consid` ere deux circuits RLC s´ erie repr´ esent´ es sur la Figure 1, coupl´ es par une mutuelle inductance M . Afin d’all´ eger les calculs, on consid` ere que les circuits 1 et 2 comportent des capacit´ es C ´ egales, des inductances L ´ egales, mais des r´ esistances R 1 et R 2 en g´ en´ eral diff´ erentes.
On note e(t) la tension d’excitation ´ eventuellement impos´ ee en s´ erie au circuit 1 et u(t) la tension de sortie aux bornes de la r´ esistance R 2 du circuit 2. On note i 1 (t) et i 2 (t) les courants parcourant les deux circuits, les orientations ´ etant pr´ ecis´ ees sur la Fig. 1. On suppose que le sens des enroulements est tel que M > 0.
Fig. 1 – Deux circuits RLC coupl´ es par mutuelle induction 1. ´ Etablir le syst` eme d’´ equations diff´ erentielles reliant i 1 (t), i 2 (t) et e(t).
2. Montrer que ces relations peuvent se mettre sous la forme matricielle : L M
M L
d 2 i 1 /dt 2 d 2 i 2 /dt 2
+
R 1 0 0 R 2
di 1 /dt di 2 /dt
+ 1/C
1 0 0 1
i 1 i 2
=
de/dt 0
(4) 3. Les trois matrices caract´ erisent respectivement le terme inductif, le terme dissipatif et le
terme capacitif.
(a) ` A quelle condition sur ces trois matrices peut-on d´ efinir des variables qui permettent de d´ ecoupler les ´ equations (4) ?
(b) Cela est-il toujours possible ?
4. On suppose, dans cette question uniquement, que R 1 = R 2 = R.
(a) En examinant la sym´ etrie des ´ equations diff´ erentielles coupl´ ees liant i 1 (t), i 2 (t) et e(t), montrer qu’il existe, dans ce cas particulier o` u les r´ esistances sont ´ egales, deux combinaisons lin´ eaires simples de i 1 (t) et i 2 (t) qui permettent d’obtenir des ´ equations diff´ erentielles d´ ecoupl´ ees.
(b) Expliquer en quoi ces combinaisons d´ efinissent des modes propres du syst` eme coupl´ e.
2 Analyse du r´ egime harmonique forc´ e
On suppose que la tension excitatrice est de la forme e(t) = <[ E e exp(jωt)]. On cherche les courants sous la forme : i 1 (t) = <[ I e 1 exp(jωt)] ; i 2 (t) = <[ I e 2 exp(jωt)]. I e 1 = I 10 exp(jϕ 1 ) et I e 2 = I 20 exp(jϕ 2 ) sont les amplitudes complexes des courants.
L’excitation e(t) est appliqu´ ee au niveau du circuit 1. On s’int´ eresse ` a la r´ eponse au
niveau du circuit 2, qui est de la forme u(t) = <[ U e exp(jωt)]. On d´ efinit donc la fonction
de transfert du montage par H(ω) = e U / e E. e
2.1 Comportement au voisinage de la r´ esonance
5. Montrer que les amplitudes complexes des courants v´ erifient une ´ equation matricielle de la forme :
ω 2 − jωγ 1 − ω 2 0 ω 2 Ω 1 /ω 0 ω 2 Ω 1 /ω 0 ω 2 − jωγ 2 − ω 2 0
I e 1 I e 2
!
= − jω L
E e
0
Exprimer les coefficients γ 1 , γ 2 , ω 0 et Ω 1 en fonction des donn´ ees du probl` eme. On remar- quera que le coefficient de couplage Ω 1 est bien positif avec les conventions d’orientation des circuits choisies.
6. On s’int´ eresse ` a des pulsations au voisinage de ω 0 . On note ∆ = ω − ω 0 le d´ ecalage entre la pulsation ω et la pulsation ω 0 . En utilisant l’hypoth` ese |∆/ω 0 | << 1, montrer que l’´ equation matricielle prend la forme simplifi´ ee suivante :
2∆ − jγ 1 Ω 1 Ω 1 2∆ − jγ 2
I e 1 I e 2
!
= − j L
E e
0
(5)
2.2 Fonction de transfert
7. En partant de la relation matricielle (5), ´ etablir l’expression de la fonction de transfert H(ω) au voisinage de e ω 0 .
8. Exprimer le module de cette fonction de transfert | H(∆)| e en fonction de Ω 1 , γ 1 , γ 2 et ∆.
9. (a) En d´ eduire l’expression de | H(∆ = 0)|, le module de la fonction de transfert en e
∆ = 0.
(b) On s’int´ eresse ici aux variations de | H(∆ = 0)| e avec le coefficient de couplage Ω 1 . Montrer que | H(∆ = 0, e Ω 1 )| est une fonction croissante puis d´ ecroissante de Ω 1 . On notera Ω c2 la valeur de Ω 1 pour laquelle | H(∆ = 0, e Ω 1 )| est maximale. Exprimer Ω c2
en fonction de γ 1 et γ 2 .
(c) Calculer | H(∆ = 0, e Ω 1 = Ω c2 )|.
10. On consid` ere ` a pr´ esent les variations de | H(∆)| e avec le d´ ecalage ∆. Rechercher les extrema de | H(∆)|. Montrer que pour un couplage sup´ e erieur ` a un couplage Ω c3 , le module de la fonction de transfert poss` ede deux maxima en ∆ + et ∆ − . Exprimer Ω c3 en fonction de γ 1 et γ 2 . Exprimer ∆ + et ∆ − en fonction de Ω 1 et Ω c3 .
11. Repr´ esenter sur un mˆ eme graphique l’allure du module de la fonction de transfert | H(∆)| e pour diff´ erentes valeurs du couplage : Ω 1 < Ω c2 ; Ω c2 < Ω 1 < Ω c3 ; Ω 1 > Ω c3 .
12. On se place dans le cas o` u le couplage Ω 1 est grand devant Ω c3 (Ω 1 >> Ω c3 ) .
(a) Montrer que la hauteur des pics de la fonction de transfert | H(∆)| e est alors constante ; donner son expression en fonction de γ 1 et γ 2 .
(b) Donner la largeur ` a -3 dB des pics de | H(∆)| e en fonction de γ 1 et γ 2 .
2.3 Filtres ` a r´ esonateurs coupl´ es
Les exigences de miniaturisation et d’´ economie ´ energ´ etique des t´ el´ ephones mobiles n´ ecessitent le remplacement de certains composants discrets par des homologues int´ egr´ es sur silicium.
Des r´ esonateurs micro-m´ ecaniques sont ainsi d´ evelopp´ es pour la r´ ealisation de filtres passe-
bande de fr´ equences interm´ ediaires (entre celles du signal hyperfr´ equence re¸cu et celles
du domaine audible). Pour r´ ealiser un filtre d’ordre sup´ erieur ` a deux, l’approche courante est de coupler deux r´ esonateurs. On cherche ` a obtenir la bande passante la plus plate pos- sible, c’est ` a dire avec une variation de transmission aussi faible que possible au voisinage de la r´ esonance. Ce filtre ´ etant l’analogue du circuit ´ electrique coupl´ e pr´ esent´ e ci-dessus, les r´ esultats obtenus sur la fonction de transfert sont directement utilisables.
13. Montrer que pour obtenir la bande passante la plus plate possible, il faut choisir Ω 1 = Ω c3 . 14. On a vu pr´ ec´ edemment que le module de la fonction de transfert en ∆ = 0 est maximal pour Ω 1 = Ω c2 . En d´ eduire que ces deux conditions sont simultan´ ement satisfaites si les deux r´ esonateurs ont le mˆ eme coefficient d’amortissement qu’on notera γ.
15. Dans ces conditions optimales, quel est le lien entre le coefficient de couplage Ω 1 et le coefficient d’amortissement γ ?
16. Donner la valeur de la bande passante ` a -3 dB du filtre ainsi optimis´ e.
17. Application num´ erique : On veut obtenir une bande passante en fr´ equence ` a -3 dB de 140 kHz centr´ ee ` a ω 0 /(2π) = 100 MHz. Quelles valeurs faut-il choisir pour γ/(2π) et Ω 1 /(2π) ?
3 Analyse en r´ egime libre
3.1 Recherche des modes propres approch´ es
On suppose ici que e(t) = 0 pour t > 0. On cherche une solution particuli` ere pour t > 0 sous la forme i 1 (t) = <[ I e 1 exp(j ωt)] ; e i 2 (t) = <[ I e 2 exp(j ωt)]. Les quantit´ e es I e 1 = I 10 exp(jϕ 1 ) et I e 2 = I 20 exp(jϕ 2 ) sont les amplitudes complexes des courants. ω e est une pulsation complexe qu’on ´ ecrira sous la forme
ω e = ω + j γ 2
18. Pr´ eciser la signification physique et le signe de ω = <[ e ω] et de γ = 2=[ ω]. e 19. Montrer que ∆ = e ω e − ω 0 v´ erifie l’´ equation alg´ ebrique :
4 ∆ e 2 − 2j(γ 1 + γ 2 ) ∆ e − γ 1 γ 2 − Ω 2 1 = 0 (6) 20. En d´ eduire l’expression des pulsations complexes ω e + et ω e − caract´ erisant les deux modes
propres, dans chacun des cas suivants :
(a) Couplage faible : Ω 1 < Ω c1 = |γ 1 − γ 2 |/2. Montrer que les deux pulsations propres ω ± sont ´ egales, mais que les coefficients d’amortissement γ ± sont diff´ erents.
(b) Couplage fort : Ω 1 > Ω c1 = |γ 1 − γ 2 |/2. Montrer que les deux pulsations propres ω ± sont diff´ erentes, mais que les coefficients d’amortissement γ ± sont identiques. On notera γ leur valeur commune. On notera ω e + la pulsation complexe dont la partie r´ eelle est la plus grande.
21. Repr´ esenter sur un graphique les pulsations ω ± des modes approch´ es en fonction de la valeur du coefficient de couplage Ω 1 .
22. Repr´ esenter de mˆ eme les variations des coefficients d’amortissement γ ± de ces modes
approch´ es en fonction de Ω 1 .
3.2 Evolution temporelle en couplage fort
On se place pour la fin de cette premi` ere partie dans le cas du couplage fort.
23. Donner l’expression g´ en´ erale de i 1 (t) et i 2 (t), en fonction des param` etres γ , ω + et ω − . 24. On consid` ere la situation o` u initialement un seul des deux modes propres est excit´ e.
Montrer que les deux courants i 1 (t) et i 2 (t) sont dans une relation d’amplitude et de phase bien pr´ ecise qu’on explicitera
(a) dans le cas du mode propre de pulsation ω + , (b) dans le cas du mode propre de pulsation ω − . 25. On suppose qu’` a l’instant t = 0 on a
i 1 (0) = i 0 i 2 (0) = 0 di 1
dt (0) = 0 di 2
dt (0) = 0
Donner l’expression de i 1 (t) et i 2 (t) en fonction des param` etres i 0 , γ , ω + et ω − puis en fonction de i 0 , γ, ω 0 et Ω 1 .
26. Repr´ esenter qualitativement l’´ evolution de i 1 (t) et i 2 (t) sur un mˆ eme graphique.
27. Interpr´ eter cette ´ evolution en terme de modes propres.
(a) Au bout de combien de temps l’´ energie est-elle enti` erement pass´ ee du circuit 1 au circuit 2 ?
(b) Au bout de combien de temps est-elle enti` erement revenue au circuit 1 ?
3.3 Pr´ eparation du syst` eme dans un ´ etat d´ etermin´ e
On suppose qu’on puisse faire varier la valeur de la mutuelle inductance de couplage d’une valeur nulle ` a la valeur M puis ` a nouveau ` a une valeur nulle. ` A partir d’une situation de couplage nul, on est ainsi capable de ”brancher” le couplage Ω 1 pendant une dur´ ee d´ etermin´ ee, puis de revenir dans une situation de couplage nul.
28. On suppose qu’au d´ epart seul le circuit 1 oscille. Quelle dur´ ee minimale de couplage faut-il choisir pour obtenir, apr` es retour ` a la situation de couplage nul :
(a) un transfert de toute l’´ energie du circuit 1 au circuit 2 ?
(b) des oscillations d’amplitudes ´ egales dans les deux circuits 1 et 2 ?
Deuxi` eme partie
Couplage fort lumi` ere-mati` ere en cavit´ e
Dans cette partie, on consid` ere un interf´ erom` etre de Fabry-Perot contenant un milieu mat´ eriel qui pr´ esente une r´ esonance ` a la pulsation ω 0 . Il peut s’agir soit d’un jet atomique traversant la cavit´ e optique (Fig. 2.a), soit d’une h´ et´ erostructure de mat´ eriaux semi- conducteurs (Fig. 2.b). On examine de quelle mani` ere la pr´ esence de ce milieu mat´ eriel modifie la transmission de la cavit´ e lorsqu’une des pulsations de r´ esonance de la cavit´ e est ajust´ ee ` a ω 0 .
On ´ etudie d’abord s´ epar´ ement un mode du champ ´ electromagn´ etique dans la cavit´ e en l’absence de cette r´ esonance du milieu. On d´ efinira le coefficient d’att´ enuation γ C (C pour
”cavit´ e”) de ce mode par la largeur des pics de transmission T C sans (ω). On reliera ensuite γ C ` a l’amortissement du mode du champ ´ electromagn´ etique dans la cavit´ e, dˆ u aux pertes vers les modes ext´ erieurs ` a la cavit´ e.
On d´ ecrit ensuite la r´ esonance du milieu mat´ eriel dans le cadre du mod` ele classique de l’oscillateur de Lorentz, avec un coefficient d’amortissement ph´ enom´ enologique γ A (A pour ”atome”) . On fait apparaˆıtre le lien entre absorption et dispersion au voisinage de la r´ esonance.
On examine enfin l’influence de ces oscillateurs de Lorentz plac´ es dans la cavit´ e sur le facteur de transmission T C avec (ω) de cette cavit´ e, ou sur l’´ evolution temporelle de l’intensit´ e en sortie de cavit´ e apr` es excitation br` eve. On supposera le faisceau laser de faible intensit´ e.
Fig. 2 – a) Cavit´ e optique travers´ ee par un jet atomique pr´ esentant une transition atomique r´ esonnante avec la cavit´ e. La longueur de la cavit´ e est L = 10 mm. b) H´ et´ erostructure de mat´ eriaux semiconducteurs. La g´ eom´ etrie du ”puits quantique” d´ efinit la pulsation de r´ esonance du milieu mat´ eriel. La cavit´ e optique a une longueur optique effective de l’ordre de λ, longueur d’onde de la r´ esonance (L ∼ 1 µm). L’alternance de mat´ eriaux d’´ epaisseur optique λ/4 permet de r´ ealiser des miroirs de coefficient de r´ eflexion ´ elev´ e.
1 Caract´ eristiques de la cavit´ e sans oscillateurs
1.1 Accord de phase et finesse
On consid` ere une cavit´ e Fabry-Perot plane constitu´ ee par les deux miroirs M 1 et M 2 ,
s´ epar´ es par la distance L (Fig. 3). Cet espace contient un milieu d’indice ”de base”
constant n B . Pour simplifier les calculs on suppose que le mˆ eme milieu d’indice n B est
´ egalement pr´ esent de part et d’autre de la cavit´ e.
Les coefficients de r´ eflexion en amplitude du miroir M 1 sont r 1 du cot´ e intra-cavit´ e et −r 1 du cot´ e externe ; les coefficients de transmission en amplitude sont t 1 pour l’onde entrante et t 0 1 pour l’onde sortante de la cavit´ e. Les coefficients de r´ eflexion et de transmission en
´ energie sont respectivement not´ es R 1 et T 1 . On a de mˆ eme r 2 , −r 2 , t 2 , t 0 2 , R 2 et T 2 pour le miroir M 2 . R 1 et R 2 sont tr` es proches de 1. On supposera r 1 et r 2 r´ eels.
Fig. 3 – Cavit´ e optique Fabry-Perot en r´ egime permanent. Les fl` eches indiquent le sens de propagation des ondes. Les champs ´ electriques sont dirig´ es suivant l’axe Ox.
29. Rappeler l’expression du d´ ephasage Φ(ω) associ´ e ` a un aller-retour de la lumi` ere dans la cavit´ e.
30. On envoie sur la cavit´ e une onde incidente de la forme E e 1e (z, t) = A e 1e exp[j(kz − ωt)]. Le champ dans la cavit´ e est la superposition d’une onde progressive E e C (z, t) = A e C exp[j(kz − ωt)] et d’une onde progressive de direction oppos´ ee E e C 0 (z, t) = A e 0 C exp[j (−kz − ωt)]. Il existe ´ egalement une onde r´ efl´ echie par la cavit´ e E e 1s (z, t) = A e 1s exp[j(−kz − ωt)] et une onde transmise E e 2s (z, t) = A e 2s exp[j(kz − ωt)] (voir Fig. 3).
(a) On consid` ere les amplitudes des champs dans le plan z = 0. Donner les relations liant les amplitudes A e C et A e 1s aux amplitudes A e 1e et A e 0 C , et faisant intervenir des coefficients caract´ erisant le miroir M 1 .
(b) Donner l’amplitude A e 0 C en fonction de A e C , des coefficients caract´ erisant le miroir M 2 et du d´ ephasage Φ(ω).
(c) Donner l’amplitude A e 2s en fonction de A e C et des caract´ eristiques du miroir M 2 . (d) En d´ eduire l’expression de l’amplitude A e 2s en fonction de l’amplitude incidente A e 1e . 31. On suppose pour toute la suite les deux miroirs identiques (et caract´ eris´ es par R et T ).
D´ eduire de ce qui pr´ ec` ede l’expression du coefficient de transmission en ´ energie de la cavit´ e T C (ω) en fonction de T , R et Φ(ω).
32. (a) A quelle condition sur la phase Φ(ω) la transmission T C (ω) est-elle maximale ? (b) Donner l’expression de l’intervalle spectral libre d´ efini en pulsation :
∆ ISL = ω m+1 − ω m , o` u ω m et ω m+1 sont deux pulsations de r´ esonance cons´ ecutives.
(c) Donner la valeur de T C max .
33. Soit ε(ω) le d´ esaccord de phase ε(ω) = Φ(ω) − Φ(ω m ) o` u ω m est la pulsation de r´ esonance la plus proche de ω. Exprimer ε(ω) en fonction du d´ ecalage de pulsation ω − ω m et de
∆ ISL .
34. On consid` ere dor´ enavant uniquement le mode du champ ´ electromagn´ etique de pulsation ω m (not´ e ω 0 par la suite). On suppose que le d´ ecalage de pulsation ∆ = ω − ω m est tr` es faible devant l’intervalle spectral libre en pulsation, soit |∆| << ∆ ISL . Montrer que le coefficient de transmission de la cavit´ e sans oscillateurs T C (∆) se r´ e´ ecrit, apr` es d´ eveloppement
T C sans (∆) = T 2
[1 − R] 2 + R(2π∆/∆ ISL ) 2 (7)
35. Soit γ C la largeur totale ` a mi-hauteur des pics de transmission T C sans (∆) de la cavit´ e sans oscillateurs.
(a) Pour quelles valeurs de ∆ la transmission chute-t-elle d’un facteur 2 ?
(b) En d´ eduire l’expression de γ C en fonction de ∆ ISL et R, puis en fonction de R, c, L et n B .
(c) En d´ eduire l’expression de la finesse F d´ efinie par : F = ∆ ISL /γ C .
1.2 Dur´ ee de vie du mode de cavit´ e
On consid` ere dans cette partie que le champ dans la cavit´ e a ´ et´ e cr´ e´ e au voisinage de t = 0, au moyen d’une impulsion intense E e 1e (z, t), de pulsation moyenne ω 0 , et de dur´ ee nettement plus longue que le temps d’un aller retour de la lumi` ere dans la cavit´ e. On s’int´ eresse ` a l’´ evolution temporelle ult´ erieure de l’amplitude du champ ´ electrique dans la cavit´ e, apr` es coupure de l’excitation.
On consid` ere ainsi que le champ dans la cavit´ e est alors la superposition d’une onde progressive E e C (z, t) = A C (t) exp[j(kz − ω 0 t)] et d’une onde progressive de direction op- pos´ ee E e C 0 (z, t) = A 0 C (t) exp[j (−kz − ω 0 t)]. Les amplitudes A C (t) et A 0 C (t) sont lente- ment variables : les variations rapides sont contenues dans le terme exp[j(kz − ω 0 t)]. Le d´ ephasage Φ(ω 0 ) associ´ e ` a un aller-retour de la lumi` ere dans la cavit´ e ´ etant un mul- tiple de 2π, on peut prendre A C (t) et A 0 C (t) r´ eels. Il existe ´ egalement deux ondes sor- tantes E e 1s (z, t) = A e 1s (t) exp[j(−kz − ω 0 t)] et E e 2s (z, t) = A e 2s (t) exp[j(kz − ω 0 t)] vers les z d´ ecroissant et croissant respectivement (voir Figure 3).
36. On note τ le temps mis par l’onde pour faire un aller-retour dans la cavit´ e. Exprimer τ en fonction des caract´ eristiques de la cavit´ e.
37. Justifier qu’apr` es excitation de la cavit´ e par une impulsion de dur´ ee bien sup´ erieure ` a τ, le champ remplit toute la cavit´ e. Expliquer pourquoi les amplitudes A C (t) et A 0 C (t) varient lentement ` a l’´ echelle du temps τ.
38. Exprimer A 0 C (t) en fonction de A C (t − τ) et des coefficients caract´ erisant le miroir M 2 . 39. Rappeler la relation reliant l’amplitude A C (t) ` a l’amplitude A 0 C (t) et aux coefficients
caract´ erisant le miroir M 1 . En d´ eduire une relation entre A C (t) et A C (t − τ).
40. Sachant que l’amplitude varie tr` es peu pendant la dur´ ee τ , calculer A C (t) − A C (t − τ ) et montrer que l’´ evolution de A C (t) est gouvern´ ee par une ´ equation diff´ erentielle de la forme :
dA C (t) dt = − γ
2 A C (t)
41. Exprimer le taux de d´ ecroissance du champ dans la cavit´ e γ/2 en fonction de (1 − R) et de τ .
42. Montrer que le coefficient d’amortissement de l’´ energie emmagasin´ ee dans la cavit´ e est
γ. Exprimer γ en fonction de (1 − R), L, n B et c. Quel est le lien entre ce coefficient
d’amortissement γ de l’´ energie du mode de cavit´ e et la largeur totale ` a mi-hauteur γ C des
pics de transmission ?
43. De quelle mani` ere ´ evolue l’intensit´ e I s (t) d´ etect´ ee en sortie de cavit´ e ? Donner l’expression de la dur´ ee caract´ eristique δT de ce signal.
2 Oscillateurs de Lorentz
2.1 Electron ´ elastiquement li´ e
En l’absence d’oscillateurs, le mat´ eriau est transparent, d’indice de base n B . En pr´ esence des oscillateurs, la permittivit´ e di´ electrique relative de la mati` ere e r comporte deux termes : d’une part la permittivit´ e constante rB = n 2 B , d’autre part la susceptibilit´ e di´ electrique des oscillateurs χ(ω) : e
e r = rB + χ(ω) e (8)
On mod´ elise ces oscillateurs en les assimilant ` a N atomes par unit´ e de volume poss´ edant chacun un ´ electron (masse m, charge −e) li´ e au coeur de l’atome par un potentiel har- monique d´ efini par la constante de rappel mω 0 2 . On note − → r la position de l’´ electron par rapport au centre de l’atome. On mod´ elise les effets dissipatifs par une force de frottement de la forme − →
f = −mγ A − → v o` u − → v est la vitesse de l’´ electron. Ces effets dissipatifs sont faibles, ce qui se traduit par γ A << ω 0 .
44. Donner l’´ equation du mouvement de l’´ electron en pr´ esence du champ ´ electrique − → E (t).
45. On rappelle que, dans cette partie, on repr´ esente une grandeur harmonique h de pulsation ω par h(t) = <[ ˜ H exp(−jωt)], en suivant la convention d´ ej` a adopt´ ee pour les ondes.
Donner alors l’expression de la susceptibilit´ e di´ electrique χ(ω) en fonction de e ω, de ω 0 , du coefficient d’amortissement γ A et de la pulsation plasma ω p d´ efinie par :
ω 2 p = N e 2 m 0 o` u 0 est la permittivit´ e di´ electrique du vide.
46. On ne s’int´ eresse qu’au voisinage de la r´ esonance. Sachant que |∆| << ω 0 , donner l’ex- pression approch´ ee de χ e en fonction de l’´ ecart de pulsation ∆ = ω − ω 0 , du coefficient d’amortissement γ A , de ω p et de ω 0 .
2.2 Absorption et dispersion
47. Rappeler le lien entre l’indice complexe n e et la permittivit´ e di´ electrique relative e r . Sachant que | χ(ω)| e << rB , faire un d´ eveloppement de l’indice complexe e n au premier ordre par rapport ` a χ. e
48. Rappeler comment l’indice de r´ efraction n et le coefficient d’absorption α, d´ efini par rapport ` a l’intensit´ e, sont reli´ es aux parties r´ eelle et imaginaire de l’indice complexe.
49. Exprimer e n en fonction de ω p , ω 0 , n B , γ A et ∆. En d´ eduire que l’indice de r´ efraction et le coefficient d’absorption du milieu contenant les oscillateurs de Lorentz sont de la forme :
α(ω) = α 0 γ A 2
4∆ 2 + γ A 2 et n(ω) = n B − α 0 c ω 0
∆γ A
4∆ 2 + γ A 2 (9)
Exprimer α 0 en fonction de ω p , n B , c et γ A .
50. Comment α 0 varie-t-il avec le nombre N d’oscillateurs par unit´ e de volume ?
51. Quelle est la largeur totale ` a mi-hauteur du pic d’absorption ?
3 Caract´ eristiques de la cavit´ e avec oscillateurs
Le milieu mat´ eriel r´ esonnant d´ ecrit ci-dessus occupe maintenant tout le volume de la cavit´ e.
3.1 Effet de la dispersion
Dans cette partie on s’int´ eresse ` a l’effet de la dispersion : on ne prend pas en compte pour le moment l’absorption.
52. Donner la nouvelle expression du d´ ephasage Φ avec (ω) associ´ e ` a un aller-retour de la lumi` ere dans la cavit´ e.
53. On consid` ere que la cavit´ e vide est accord´ ee sur la pulsation ω 0 . On a donc Φ sans (ω 0 ) = p2π, avec p entier.
(a) En consid´ erant la forme de la fonction n(ω), montrer que Φ avec (ω 0 ) vaut toujours Φ avec (ω 0 ) = p2π.
(b) On cherche s’il existe, au voisinage de ω 0 , d’autres valeurs de la pulsation qui v´ erifient la relation d’accord de phase Φ avec (ω) = p2π, avec la mˆ eme valeur enti` ere p. Traduire cette condition sous la forme d’une relation liant n(ω), n B , ω et ω 0 .
(c) Discuter cette relation en tra¸cant sur un mˆ eme graphique la fonction n(ω) et une fonction de ω ` a d´ eterminer, sur un petit domaine de pulsation autour de ω 0 . Montrer
`
a l’aide du graphique qu’il existe, suivant l’importance du terme r´ esonnant, soit une soit trois solutions v´ erifiant cette condition d’accord de phase.
54. Donner la nouvelle expression du d´ esaccord de phase ε(ω) = Φ avec (ω) − Φ avec (ω 0 ) en fonction de ω, ω 0 , L, c, n B et n(ω).
55. En introduisant le d´ ecalage de pulsation ∆ = ω − ω 0 , montrer que le d´ esaccord de phase ε(ω) en pr´ esence du milieu r´ esonnant peut se mettre sous la forme :
ε(ω) = 2π
∆ ISL
[∆ − β 2 ∆
4∆ 2 + γ A 2 ] (10)
o` u β est un param` etre positif caract´ erisant le couplage entre les oscillateurs et la cavit´ e.
Exprimer β en fonction de F , α 0 , L, γ A et γ C .
56. Exprimer ensuite β en fonction de N , e, m, 0 et n B . Montrer que β s’´ ecrit simplement en fonction de ω p (qui caract´ erise la partie r´ esonnante de la mati` ere) et de l’indice de base n B qui caract´ erise la mati` ere non r´ esonnante.
57. Pr´ eciser la discussion graphique pr´ ec´ edente en recherchant les z´ eros de la fonction ε(ω).
Donner la position des nouveaux modes r´ esonnants en fonction des param` etres β et γ A . Montrer que les nouveaux modes r´ esonnants n’apparaissent que pour un couplage sup´ erieur ` a un couplage critique β c que l’on pr´ ecisera.
58. Pr´ eciser la d´ ependance de β avec N . Comment faut-il choisir la concentration volumique d’oscillateurs pour avoir un couplage ´ elev´ e ?
59. La prise en compte du ph´ enom` ene d’absorption, qui fait l’objet de la partie suivante, r´ ev` ele l’existence de deux pics de transmission alors que l’on a trois z´ eros de la fonction d´ esaccord de phase ε(ω). Proposer une explication.
3.2 Effets de la dispersion et de l’absorption
L’absorption est maintenant prise en compte.
-200 -100 0 100 200
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
a)
T
Cavec
/ T
Cmax
Décalage de fréquence (MHz)
-200 -100 0 100 200
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
b)
T
C avec/ T
Cmax