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Cours de mathématiques ECS 1ère année Nouveau programme 2013

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Texte intégral

(1)

Cours de mathématiques ECS 1ère année Nouveau programme 2013

BÉGYN Arnaud

18/01/2014

(2)
(3)

Introduction

Ce manuscrit regroupe des notes de cours de mathématiques pour une classe d’ECS pre- mière année. J’ai écris ces notes lors de mes enseignements au lycée Fermat pendant les années 2010- ?.

Ce document n’est absolument pas figé et va beaucoup évoluer. N’hésitez pas à m’envoyer toutes vos remarques et critiques ou à me signaler d’éventuelles erreurs à l’adresse "ar- [email protected]".

Vous pouvez utiliser ce cours à toutes fins utiles, à condition de signaler son auteur et son origine. Les mises à jour sont disponibles sur le site http ://mathcpge.org/.

(4)
(5)

Table des matières

1 Logique - Théorie des ensembles 15

1 Notation . . . 15

2 Logique . . . 16

3 Ensembles . . . 19

3.1 Définitions . . . 19

3.2 Opérations sur les ensembles . . . 22

3.3 Produits cartésiens et familles d’éléments . . . 25

4 Applications . . . 27

4.1 Définitions . . . 27

4.2 Loi de composition . . . 29

4.3 Injection, surjection, bijection . . . 30

4.4 Fonctions caractéristiques . . . 34

4.5 Images directe et réciproque . . . 35

5 Exercices . . . 36

2 Dénombrement et calculs de sommes 39 1 Ensemble de nombres usuels . . . 39

2 Ensembles finis - Dénombrement . . . 39

2.1 Ensembles finis . . . 39

2.2 Dénombrement des ensembles finis . . . 41

2.3 Dénombrement des applications entre ensembles finis . . . 42

2.4 Coefficients binômiaux . . . 44

2.5 Techniques de dénombrement . . . 45

3 Calculs de sommes et de produits . . . 47

3.1 Sommes . . . 47

3.2 Sommes usuelles à connaître . . . 48

3.3 Formule du binôme de Newton . . . 48

3.4 Sommes doubles . . . 49

3.5 Généralisation des formules de dénombrement . . . 51

3.6 Produits . . . 52

4 Exercices . . . 54

3 Nombres complexes 57 1 Propriétés des nombres complexes . . . 57

1.1 Construction rapide deC . . . 57

1.2 Notions de base . . . 57

1.3 Rappels de trigonométrie . . . 59

1.4 Forme trigonométrique d’un nombre complexe . . . 62

1.5 Applications des formules de De Moivre et d’Euler . . . 63

2 Équations polynômiales complexes . . . 64

(6)

2.1 Racinesnièmes d’un nombre complexe . . . 64

2.1.1 Racinesnièmes de l’unité . . . 64

2.1.2 Racinesnièmes d’un nombre complexe . . . 66

2.2 Équations du second degré à coefficients réels . . . 67

3 Exercices . . . 69

4 Suites réelles 71 1 Propriétés générales de suites réelles . . . 71

1.1 Rappels sur les propriétés deR . . . 71

1.1.1 Relation d’ordre . . . 71

1.1.2 Valeur absolue . . . 71

1.1.3 Intervalles . . . 72

1.1.4 Partie entière . . . 73

1.2 Les suites réelles . . . 73

1.3 Propriétés des suites réelles . . . 74

2 Limite d’une suite . . . 75

2.1 Suites convergentes - Suites divergentes . . . 75

2.2 Propriétés des suites convergentes . . . 77

2.3 L’ensembleR . . . 78

2.4 Théorèmes généraux sur les limites . . . 78

2.5 Suites d’indices pairs et impairs . . . 80

2.6 Bornes supérieure et inférieure dansR . . . 81

2.7 Propriétés des suites monotones . . . 82

3 Exemples de suites . . . 83

3.1 Suites arithmétiques . . . 83

3.2 Suites géométriques . . . 84

3.3 Suites arithmético-géométriques . . . 85

3.4 Suites récurrentes linéaires d’ordre 2 . . . 85

4 Comparaison des suites . . . 87

4.1 Notations de Landau . . . 87

4.2 Suites équivalentes . . . 88

4.3 Comparaison des suites usuelles . . . 91

5 Exercices . . . 93

5 Calcul matriciel et systèmes linéaires 99 1 L’espaceMnp(K) . . . 99

1.1 Définitions . . . 99

1.2 Opérations dansMnp(K) . . . 101

1.3 Matrices élémentaires . . . 103

2 Produit matriciel . . . 104

2.1 Produit d’une matrice par un vecteur colonne . . . 104

2.2 Cas général : produit de deux matrices . . . 104

2.3 Produit matriciel et matrices carrées . . . 107

2.4 Matrices carrées inversibles . . . 110

3 Transposition . . . 112

3.1 Premières propriétés . . . 112

3.2 Matrices symétriques et antisymétriques . . . 113

4 Systèmes linéaires . . . 114

4.1 Définitions . . . 114

4.2 Le pivot de Gauss . . . 116

(7)

TABLE DES MATIÈRES

4.3 Rang et résolution d’un système linéaire . . . 119

4.3.1 Résolution des systèmes linéaires . . . 119

4.3.2 Rang d’un système linéaire . . . 120

4.3.3 Rang et systèmes linéaires échelonnés . . . 121

4.4 Matrices inversibles et systèmes linéaires . . . 122

5 Exercices . . . 124

6 Espaces probabilisés finis 127 1 Vocabulaire et axiomatique des probabilités . . . 127

1.1 L’univers . . . 127

1.2 Évènements . . . 128

1.3 Opérations sur les évènements . . . 129

1.4 Système complet d’évènements . . . 130

2 Probabilité sur un espace probabilisable . . . 131

2.1 Probabilités . . . 131

2.2 Construction de probabilités . . . 133

3 Probabilités conditionnelles . . . 134

3.1 Définition . . . 134

3.2 Formule des probabilités composées . . . 135

3.3 Formule des probabilités totales . . . 136

3.4 Formule de Bayes . . . 139

4 Indépendance . . . 139

4.1 Indépendance de deux évènements . . . 139

4.2 Indépendance mutuelle . . . 140

4.2.1 Propriétés de l’indépendance . . . 141

4.3 Compléments sur la formule des probabilités totales : propriété de Markov141 5 Exercices . . . 143

7 Généralités sur les fonctions numériques 147 1 Étude d’une fonction réelle d’une variable réelle . . . 147

1.1 Fonction réelle d’une variable réelle . . . 147

1.2 Ensemble de définition . . . 147

1.3 Représentation graphique de f . . . 148

1.4 Monotonie . . . 151

1.5 Extremums d’une fonction . . . 152

2 Fonctions usuelles . . . 154

2.1 Fonction racinen-ième . . . 154

2.2 Fonctions trigonométriques . . . 155

2.3 Fonctions logarithmes et exponentielles . . . 156

2.4 Fonctions puissances réelles . . . 159

2.5 Fonctions logarithmes et exponentielles en basea . . . 160

2.6 Croissances comparées . . . 161

3 Exercices . . . 162

8 Limites et comparaison des fonctions numériques 165 1 Limite en un point deR . . . 165

1.1 Voisinages d’un point deR . . . 165

1.2 Limite finie en un pointx0∈R . . . 165

1.3 Limite infinie en un point . . . 168

1.4 Limite finie/infinie en±∞ . . . 170

(8)

1.5 Extensions dans le cas d’une limite finie . . . 172

1.6 Unicité de la limite . . . 172

2 Théorèmes généraux sur les limites . . . 173

2.1 Opérations algébriques sur les limites . . . 173

2.2 Composition de limites . . . 174

2.2.1 Fonction composée de deux fonctions . . . 174

2.2.2 Suite composée d’une suite et d’une fonction . . . 174

2.3 Limites et inégalités . . . 175

2.3.1 Limite et inégalités locales . . . 175

2.3.2 Calculs de limites par inégalité . . . 176

2.4 Limites des fonctions monotones . . . 176

3 Comparaison de fonctions . . . 178

3.1 Fonctions équivalentes . . . 178

3.2 Équivalents usuels . . . 181

3.3 Notations de Landau . . . 182

3.4 Croissances comparées . . . 184

4 Développements limités . . . 184

4.1 Développement limité d’ordrenen un pointx0∈R . . . 184

4.2 Développements limités usuels en 0 . . . 185

4.3 Opérations sur les développements limités . . . 187

4.4 Développements limités et recherche de fonction équivalente . . . 189

5 Exercices . . . 190

9 Polynômes 193 1 Généralités . . . 193

1.1 Définitions . . . 193

1.2 Opérations sur les polynômes . . . 195

1.3 Parité . . . 196

2 Racines d’un polynôme . . . 197

2.1 Arithmétique dansK[X] . . . 197

2.2 Racines d’un polynôme . . . 198

2.3 Théorème de d’Alembert-Gauss . . . 199

3 Formule de Taylor . . . 200

3.1 Dérivée d’un polynôme . . . 200

3.2 Formule de Leibnitz . . . 202

3.3 Formule de Taylor et application . . . 202

4 Exercices . . . 203

10 Variables aléatoires discrètes 205 1 Variables aléatoires discrètes finies . . . 205

1.1 Définitions . . . 205

1.2 Évènements associés à une VARD . . . 206

1.3 Loi de probabilité d’une VARD finie . . . 207

1.4 Fonction de répartition d’une VARD finie . . . 208

1.5 Transfert de loi . . . 210

2 Espérance mathématique d’une VARD . . . 211

2.1 Définition . . . 211

2.2 Théorème de transfert . . . 212

2.3 Variance d’une VARD finie . . . 213

3 Lois usuelles . . . 214

(9)

TABLE DES MATIÈRES

3.1 Loi certaine . . . 214

3.2 Loi uniforme . . . 215

3.3 Loi de Bernoulli . . . 216

3.4 Loi binomiale . . . 217

4 Exercices . . . 219

11 Introduction aux espaces vectoriels 223 1 Généralités sur les espace vectoriels . . . 223

1.1 Espace vectoriel surK . . . 223

1.2 Sous-espaces vectoriels . . . 225

2 Familles de vecteurs . . . 226

2.1 Combinaisons linéaires . . . 226

2.2 Sous-espace vectoriel engendré par une famille de vecteurs . . . 227

2.3 Familles génératrices . . . 228

2.4 Familles libres . . . 229

2.5 Bases . . . 232

3 Exercices . . . 234

12 Séries numériques 237 1 Généralités . . . 237

1.1 Définitions . . . 237

1.2 Propriétés des séries . . . 239

2 Séries à termes positifs . . . 241

2.1 Règles de comparaison . . . 241

2.2 Convergence absolue . . . 244

3 Séries de référence . . . 245

3.1 Séries de Riemann . . . 245

3.2 Séries géométriques et leurs dérivées . . . 246

3.3 Séries exponentielles . . . 247

3.4 Méthodologie pour étudier la nature d’une série . . . 248

4 Produit de séries . . . 248

5 Exercices . . . 249

13 Espaces probabilisés quelconques 253 1 Vocabulaire et axiomatique . . . 253

1.1 L’univers . . . 253

1.2 La tribu des évènements . . . 253

1.3 Systèmes complets d’évènements dénombrables . . . 255

1.4 Probabilités sur un espace probabilisé quelconque . . . 256

1.5 Propriétés de continuité monotone pour une probabilité . . . 258

1.6 Évènements négligeables et presque sûrs . . . 259

1.7 Probabilités conditionnelles . . . 260

1.8 Indépendance mutuelle d’une famille dénombrable d’évènements . . . 261

2 Variables aléatoires réelles . . . 262

2.1 Variables aléatoires réelles . . . 262

2.2 Loi et fonction de répartition d’une variable aléatoire réelle . . . 263

3 Exercices . . . 265

(10)

14 Variables aléatoires discrètes 267

1 Variables aléatoires discrètes . . . 267

1.1 Définitions . . . 267

1.2 L’expérience a-t-elle une fin ? . . . 269

1.3 Fonction de répartition d’une VARD . . . 271

1.4 Transfert de loi . . . 273

2 Espérance mathématique d’une VARD . . . 274

2.1 Espérance mathématique d’une VARD . . . 274

2.2 Moments d’une VARD . . . 276

2.3 Variance d’une VARD . . . 277

3 Lois usuelles . . . 279

3.1 Loi géométrique . . . 279

3.2 Loi de Poisson . . . 281

4 Exercices . . . 282

15 Continuité des fonctions numériques 287 1 Continuité d’une fonction numérique . . . 287

1.1 Continuité en un point . . . 287

1.2 Continuité à droite ou à gauche en un point . . . 287

1.3 Continuité sur un intervalle - Prolongement par continuité . . . 290

1.4 Continuité des fonctions usuelles . . . 291

1.5 Opérations arithmétiques sur les fonctions continues . . . 292

2 Continuité sur un intervalle . . . 292

2.1 Théorème des valeurs intermédiaire . . . 293

2.2 Théorème de continuité sur un segment . . . 296

3 Fonctions continues et bijectives . . . 297

3.1 Théorème de la bijection monotone . . . 297

3.2 La fonction arctangente . . . 300

4 Exercices . . . 302

16 Dérivabilité des fonctions numériques 305 1 Dérivabilité d’une fonction numérique . . . 305

1.1 Dérivabilité en un point . . . 305

1.2 Dérivabilité à droite ou à gauche en un point . . . 306

1.3 Interprétations graphiques . . . 307

1.4 Dérivabilité sur une partie deR. . . 308

2 Opérations sur les dérivées . . . 309

2.1 Opérations arithmétiques . . . 309

2.2 Dérivée d’une composée, d’un quotient . . . 310

2.3 Dérivée d’une bijection réciproque . . . 310

3 Tableaux récapitulatifs des dérivées des fonctions usuelles . . . 312

4 Dérivabilité sur un intervalle d’une fonction à valeurs réelles . . . 313

4.1 Lien entre extremum et dérivée . . . 313

4.2 Théorème de Rolle . . . 313

4.3 Théorème des accroissements finis . . . 314

4.4 Lien entre dérivée et monotonie . . . 315

5 Dérivées d’ordre supérieur . . . 316

5.1 Dérivées successives . . . 316

5.2 Fonctions de classeCn, de classeC . . . 317

5.3 Classe de régularité des fonction usuelles . . . 318

(11)

TABLE DES MATIÈRES

5.4 Opérations arithmétiques sur les fonctions de classeCn/C . . . 319

5.5 Composition de fonctions de classeCn/C . . . 319

6 Formules de Taylor . . . 320

6.1 Formule de Taylor-Lagrange . . . 320

6.2 Inégalité de Taylor-Lagrange . . . 321

6.3 Formule de Taylor-Young . . . 321

6.4 Recherche d’extremums . . . 322

7 Fonctions convexes . . . 324

8 Exercices . . . 326

17 Espaces vectoriels de dimension finie 331 1 Espaces vectoriels de dimension finie . . . 331

1.1 Cardinal d’une famille finie de vecteur . . . 331

1.2 Bases et dimension . . . 331

1.3 Familles de vecteurs en dimension finie . . . 335

2 Sous-espaces vectoriels en dimension finie . . . 336

2.1 Inclusion et dimension . . . 336

2.2 Rang d’une famille de vecteurs . . . 337

2.3 Somme de deux sous-espaces vectoriels . . . 338

2.4 Sommek≥2 sous-espaces vectoriels . . . 341

2.5 Sommes et sommes directes en dimension finie . . . 343

3 Exercices . . . 345

18 Intégration sur un segment 349 1 Intégrale sur un segment d’une fonction continue . . . 349

1.1 Primitive d’une fonction continue . . . 349

1.2 Tableaux récapitulatifs des primitives usuelles . . . 350

1.3 Intégrale sur un segment d’une fonction continue . . . 351

1.4 Extension aux cas des fonctions continues par morceaux sur un segment 354 1.5 Fonctions définies par une intégrale . . . 355

2 Calcul intégral . . . 356

2.1 Intégration par parties . . . 357

2.2 Changement de variable . . . 357

2.3 Sommes de Riemann à pas constant . . . 359

2.4 Formule de Taylor avec reste intégral . . . 360

3 Exercices . . . 361

19 Applications linéaires 367 1 Applications linéaires . . . 367

1.1 Définitions et premières propriétés . . . 367

1.2 Opérations sur les applications linéaires . . . 369

1.2.1 Restriction . . . 369

1.2.2 Somme et multiplication par un scalaire . . . 369

1.2.3 Composition . . . 369

1.2.4 Bijection réciproque . . . 370

1.3 Noyau et image d’une application linéaire . . . 371

1.4 Image d’une famille de vecteurs . . . 372

1.5 Projections . . . 373

2 Applications linéaires en dimension finie . . . 374

2.1 Rang d’une application linéaire . . . 374

(12)

2.2 Matrice d’une famille finie de vecteurs . . . 377

2.3 Matrice d’une application linéaire dans des bases . . . 378

2.4 Interprétation du produit d’une matrice par un vecteur colonne . . . 380

2.5 Interprétation du produit de deux matrices . . . 382

2.6 Cas des endomorphismes et des matrices carrées . . . 383

2.7 Rang d’une matrice . . . 385

3 Exercices . . . 389

20 Intégrales généralisées 393 1 Définitions et premières propriétés . . . 393

1.1 Cas d’un intervalle [a,b[ . . . 393

1.2 Cas d’un intervalle quelconque . . . 395

2 Propriétés fondamentales des intégrales généralisées . . . 396

2.1 Relation de Chasles pour les intégrales généralisées . . . 397

2.2 Linéarité des intégrales généralisées . . . 397

2.3 Positivité des intégrales convergentes . . . 398

2.4 Croissance des intégrales convergentes . . . 399

2.5 Calcul des intégrales généralisées . . . 399

2.5.1 Intégration par parties . . . 399

2.5.2 Changement de variables . . . 399

3 Nature d’une intégrale généralisée d’une fonction positive . . . 400

3.1 Utilisation des intégrales partielles . . . 400

3.2 Critères de comparaison des fonctions positives . . . 401

3.3 Convergence absolue . . . 402

4 Intégrales de références . . . 403

4.1 Intégrales de Riemann . . . 403

4.2 Intégrales utiles en probabilités . . . 404

4.2.1 Lois exponentielles . . . 404

4.2.2 Lois normales . . . 405

4.3 Méthodologie pour étudier la nature d’une intégrale généralisée . . . 405

5 Exercices . . . 406

21 Variables aléatoires réelles à densité 409 1 Définitions et premières propriétés . . . 409

1.1 Définition . . . 409

1.2 Densités . . . 410

1.3 Interprétation des fonctions densités . . . 414

1.4 Blian sur les fonctions de répartitions et fonctions densités . . . 414

1.5 Transfert de loi . . . 415

2 Espérance d’une variable aléatoire à densité . . . 417

2.1 Espérance . . . 417

2.2 Théorème de transfert pour les VAR à densité . . . 418

2.3 Moments d’une VAR à densité . . . 419

2.4 Variance d’une VAR à densité . . . 420

3 Lois usuelles . . . 421

3.1 Loi uniforme . . . 422

3.2 Loi exponentielle . . . 423

3.3 Loi normale . . . 426

3.3.1 Loi normale centrée réduite . . . 426

3.3.2 Loi normale : cas général . . . 427

(13)

TABLE DES MATIÈRES

4 Exercices . . . 430

22 Convergences et approximations en probabilités 435 1 Convergence en probabilité . . . 435

1.1 Inégalité de Markov . . . 435

1.2 Inégalité de Bienaymé-Tchebychev . . . 436

1.3 Convergence en probabilité . . . 436

1.4 Loi faible des grands nombres pour la loi binomiale . . . 437

2 Convergence en loi . . . 437

2.1 Approximation binomiale-Poisson . . . 438

2.2 Théorème central limite . . . 438

3 Exercices . . . 440

(14)
(15)

Chapitre 1

Notions élémentaires de logique et de théorie des ensembles

1 Notation

Traditionnellement, les objets mathématiques (nombres, fonctions...) sont notés avec une lettre de l’alphabet pouvant être minuscule, majuscule, capitale etc... Lorsqu’on se donne une liste de n objets on utilise un indice : x1, x2, ..., xn. On peut aussi utiliser un indice supérieur, placé entre parenthèses pour ne pas le confondre avec la puissance :x(1),x(2), ..., x(n). Lorsque l’on considère un tableau de nombres, on a recourt au double-indiçage : xi j désigne l’élément situé à l’intersection de la ligneiet de la colonnej.

Pour varier les notations, on utilise aussi l’aplhabet grec, dont nous rappelons ci-dessous les minuscules et majuscules. Il est vivement recommander de bien le connaitre (sous peine de faire sourire son examinateur à l’oral).

Minuscule Majuscule Nom

α A Alpha

β B Bêta

γ Γ Gamma

δ ∆ Delta

ǫ E Epsilon

ζ Z Dzéta

η H Êta

θ Θ Thêta

ι I Iota

κ K Kappa

λ Λ Lambda

µ M Mu

Minuscule Majuscule Nom

ν N Nu

ξ Ξ Xi

o O Omicron

π Π Pi

ρ P Rhô

σ Σ Sigma

τ T Tau

υ Υ Upsilon

ϕ Φ Phi

χ X Chi

ψ Ψ Psi

ω Ω Omega

On utilisera aussi les abréviations suivantes : - cqfd = ce qu’il fallait démontrer :

- ie = id est = c’est-à-dire ; - p/r = par rapport à ;

(16)

- resp. = respectivement.

Ce cours de mathématiques est organisé selon une série de définitions, signalées par un cadre vert, par une série dethéorèmessignalés par un cadre rouge, le tout illustré par des exemples et des exercices, ces derniers étant signalés par un cadre gris. Certains chapitres comportent des explications sur la manière de rédiger. Celles-ci sont signalés par un cadre jaune.

Le motthéorèmeest réservé à des résultats mathématiques jugés importants. Dans le cas d’un théorème “facile“, on utilise le motproposition. Parfois, on reformule certains théo- rèmes dans des cas simples, directement utilisables en pratiques : on parle alors de corol- laires. Enfin certaines démonstrations plus ardues que les autres nécessiteront de démon- trer des petites propositions intermédiares appeléeslemmes.

2 Logique

Unprédicatest un énoncé mathématique qui est soitjuste, soitfaux. On dit qu’un prédicat ne peut prendre quedeux valeurs logiques: V ou F (i.e. Vrai ou Faux).

Par convention, lorsqu’on énonce une prédicat, on sous-entend toujours qu’il est vrai.

Exemple:« La fonctionf est croissante sur l’intervalleI. »

SoientAetB deux prédicats. On définit les opérations suivantes.

Négation :La négation deA est notéenon(A) ou A. Elle est définie par latable de vérité suivante :

A non(A)

V F

F V

On a bien évidemment non(non(A))= A =A (l’égalité signifie que les deux prédicats ont même table de vérité).

« Et » :Le prédicatA e t Best défini par :

A B A e t B

V V V

F V F

V F F

F F F

On a bien évidemmentA e t B=B e t A.

« Ou » :Le prédicatA ou Best défini par :

A B A ou B

V V V

F V V

V F V

F F F

(17)

2 Logique

On a bien évidemmentA ou B=B ou A.

Remarquons qu’il s’agit d’un « ou »inclusif, c’est-à-dire que les deux prédicats peuvent être vrais en même temps (contrairement au « ou » exclusif).

Proposition 1 Lois de Morgan

Les prédicats suivants ont même table de vérité.

– «non(A e t B) » et «non(A)ou non(B) » – «non(A ou B) » et «non(A)e t non(B) »

Implication :Le prédicatA=⇒B est défini par : A B A=⇒B

V V V

F V V

V F F

F F V

En pratique, on ne considère que les première et troisième lignes de cette table de vérité, c’est-à-dire que l’on traduit le prédicat A=⇒B par :siA est vraialorsB est vrai, ou encore pour queAsoit vraiil faut queB soit vrai, pour queB soit vraiil suffitque Asoit vrai. On dit que Aest unecondition suffisantepourB et queB est unecondition nécessairepourA.

Exemple:On pose A = « Le chien court sous la pluie » etB = « Le chien est mouillé ». Il est clair que A=⇒B. Par contre on a pasB=⇒A(le chien est peut-être tombé dans la piscine !).

Dans ce cas, on dit que la réciproque de l’implication A=⇒B est fausse. On peut donc dire que « pour que le chien court sous la pluie, il faut qu’il soit mouillé », « pour que le chien soit mouillé, il suffit qu’il court sous la pluie ».

Rédaction :Pour montrer queA=⇒B, on procède de la façon suivante. On suppose que la prédicatAest vrai ; on doit alors montrer queB est vrai.

Pour montrer qu’une implication est vraie on utilise parfois leraisonnement par contrapo- sée. Pour prouver queA =⇒B est vrai, on montre quenon(B)=⇒non(A) est vrai, c’est-à- dire :siB est faussealorsAest fausse. En effet, on peut vérifier que ces deux prédicats ont la même table de vérité.

Exemple :Montrer que les prédicatsA =⇒B et non(A)ou B ont même table de vérité. En déduire que les prédicatsA=⇒B etnon(B)=⇒non(A) ont même table de vérité (raisonne- ment par contraposée).

Équivalence :Le prédicatA⇐⇒B est défini par : A B A⇐⇒B

V V V

F V F

V F F

F F V

(18)

En pratique, on ne considère que la première ligne de cette table de vérité, c’est-à-dire que l’on traduit la proposition A⇐⇒B par : A est vrai si et seulement si = (ssi)B est vrai, ou encore pour que A soit vraiil faut et il suffit queB soit vrai. On dit queA (resp.B) est une condition nécessaire et suffisantepourB (resp. pourA).

Pour montrer qu’une équivalence est vraie on raisonne très souvent pardouble-implication: on montre que A=⇒B est vrai puis queB=⇒Al’est aussi. En effet, on peut vérifier que les prédicats A⇐⇒B et «A=⇒B etB=⇒A» ont la même table de vérité.

Exemple:Montrer que le prédicat A⇐⇒B, et le prédicat¡

A=⇒B¢ et¡

B=⇒A¢

ont même table de vérité.

Rédaction :Pour montrer queA⇐⇒B, on procède donc par double-implication.

⇒ On suppose que la prédicatAest vrai ; on doit alors montrer queBest vrai. On en déduit que A=⇒Best vrai.

⇐ On suppose que la prédicatB est vrai ; on doit alors montrer queAest vrai. On en déduit queB =⇒Aest vrai.

On peut alors conclure queA⇐⇒B est vrai.

Raisonnement par l’absurde: Pour montrer qu’un prédicatAest vraie, on peut choisir de raisonner par l’absurde : on suppose queAest faux, et on essaye d’aboutir à une contradic- tion évidente du type 2<1 ou 0<x<0 etc...

Exemple:Soitx>0. Démontrer par l’absurde que 2x>x.

Raisonnement par récurrence :SoitP(n) un prédicat qui dépend d’un entiern ∈N. On veut démontrer qu’il existe un entiern0fixé tel queP(n) est vraie pour toutnn0. On dis- pose pour cela de différents résultats.

Théorème 2 Récurrence simple On suppose que :

(i) Initialisation : il existen0∈Ntel queP(n0) est vrai ;

(ii) Hérédité : pournn0fixé quelconque,P(n) vrai=⇒P(n+1) vrai.

Alors on sait queP(n) est vrai pour toutnn0.

Exemple:Pourn≥1, 1+2+3+ ··· +n=n(n+1)

2 .

Théorème 3 Récurrence à deux pas On suppose que :

(i) Initialisation à deux pas : il existen0∈Ntel queP(n0) etP(n0+1) sont vrais ;

(ii) Hérédité à deux pas : pournn0fixé quelconque,P(n) etP(n+1) vrais=⇒P(n+2) vrai.

Alors on sait queP(n) est vrai pour toutnn0.

Exemple:On poseF0=F1=1 et pourn≥0,Fn+2=Fn+Fn+1. Montrer que pourn≥0,Fn≥0.

(19)

3 Ensembles

Théorème 4 Récurrence forte On suppose que :

(i) Initialisation : il existen0∈Ntel queP(n0) est vrai ;

(ii) Hérédité forte : pournn0fixé quelconque,P(n0),P(n0+1),P(n0+2), ... ,P(n) vrais

=⇒P(n+1) vrai.

Alors on sait queP(n) est vrai pour toutnn0.

Exemple:On poseu1=3 et pourn≥1,un+1=2 n

¡u1+u2+···+un

¢. Montrer que pourn≥1, un=3n.

3 Ensembles

3.1 Définitions

Définition 5 Ensembles

Un ensembleE est une collection d’objets appelés éléments. On note xE lorsquex est élément deE, etxEdans le cas contraire.

Exemple:Un ensemble peut donc être défini en énumérant la liste de ses éléments (entre accolades) :

- {a} = ensemble formé d’un unique élémenta=singleton

-E= ensemble des couleurs d’un jeu de 32 cartes = {coeur, carreau, trèfle, pique} (4 éléments) -N= ensemble des entiers naturels = {0,1,2,3,...} (infinité d’éléments)

SoitP(x) une prédicat dépendant dexélément deE.

Définition 6 Quantificateurs

1. LorsqueP(x) est vraipour tousles élémentsxdeE, on le note :

xE, P(x)

Le symbole∀est appelé quantificateur « quel que soit ».

2. LorsqueP(x) est vrai pourau moins unélémentxdeE, on le note :

xE/P(x) ou ∃xE;P(x) Le symbole∃est appelé quantificateur « il existe ».

3. LorsqueP(x) est vrai pourun uniqueélémentxdeE, on le note :

∃!x∈E/P(x) ou ∃!x∈E;P(x) Le symbole∃! est appelé quantificateur « il existe un unique ».

(20)

Rédaction :

1. Pour montrer que «∀xE,P(x) », on procède de la manière suivante : on se donne xE fixé quelconque et le but est laors de montrer queP(x) est vrai pour cex.

2. Pour montrer que «∃xE/P(x) », on procède de la manière suivante : on doit trouver xEtel queP(x) soit vrai, par exemple en résolvant une équation d’inconnuexet en prouvant que cette équation a au moins une solution.

3. Pour montrer que «∃!x∈E/P(x) », on procède de la manière suivante : on doit trouver un uniquexEtel queP(x) soit vrai, par exemple en résolvant une équation d’incon- nuexet en prouvant que cette équation a une unique solution.

Il faut connaître la négation de ces quantificateurs.

Proposition 7 L’égalité signifiant que les prédicats ont même table de vérité : 1. non¡

xE,P(x)¢

= ∃xE;non¡ P(x)¢

. 2. non¡

xE;P(x)¢

= ∀xE,non¡ P(x)¢

.

Nous allons maintenant voir comment comparer deux ensembles.

Définition 8 Inclusion

SoientE etF deux ensembles. On dit queE est inclus dansF et on le noteEF ouEF, lorsque tout élément deE est aussi élément deF, i.e. lorsque :

xE, xF ou encore :

xE=⇒xF

On dit aussi queE est un sous-ensemble deF, ou queEest une partie deF.

Dans le cas contraire, on noteE6⊂F et on a :∃xE/xF.

BATTENTION : dans l’ensemble R des nombres réels, on peut toujours comparer deux nombres x et y : on a xy et xy. On dit que la relation d’ordre≤ est totale. Mais ce n’est pas le cas pour les ensembles : si A et B sont deux ensemble quelconques, on peut avoirA6⊆B etB6⊆A.

Exemple:DansR, siA=ZetB=R+=[0,+∞[, alorsA6⊆BetB6⊆A.

Exemple:Sur l’exemple suivant, on a :A6⊆B etB6⊆A.

B A

(21)

3 Ensembles

Rédaction :Pour montrer queEF on se donnexEfixé quelconque, et on démontre que xF.

Proposition 9 SiE,F,Gsont trois ensembles : (i) on aEE;

(ii) siEF etFGalorsEG.

Définition 10 Egalité

SoientEetF deux ensembles.

On dit queE=F lorsqueEF etFE, i.e. lorsque :xE⇐⇒xF.

SiEF maisF6⊆E alors on dit queE est strictement inclus dansF, et on le noteE(F. Rédaction :Pour montrer queE=F on procède donc par double-inclusion.

⊆ On se donnexE fixé quelconque ; on doit alors montrer quexF. On en déduit que EF.

⊇ On se donnexF fixé quelconque ; on doit alors montrer quexE. On en déduit que FE.

On peut alors conclure queE=F.

On définit un ensemble particulier qui ne possède pas d’élément.

Définition 11 Ensemble vide

On appelle ensemble vide, noté ;, l’ensemble qui ne posséde pas d’élément. Il est inclus dans tout autre ensemble ; il ne possède qu’un sous-ensemble : lui-même.

Très souvent on définit un sous-ensemble en imposant que ses éléments vérifient une cer- taine propriété.

Définition 12 Sous-ensemble défini par une propriété

SoientE un ensemble etP(x) une propriété dépendant dexélément deE. L’ensemble des éléments deEvérifiant la propriétéP(x) est noté :

{x∈E/P(x)} ou encore {x∈E;P(x)}

C’est un sous-ensemble deE.

Exemple:A={x∈R/x2−3x+2≥1} est une partie deR.

Définition 13 Ensemble des parties

SiEest un ensemble, on noteP(E) l’ensemble par les parties deE. On a donc pourF un ensemble quelconque :

FE ⇐⇒ F∈P(E)

(22)

On a toujours; ∈P(E) etE∈P(E).

Exemple:SiE est un singleton :E={a}, alorsP(E)=©

;,Eª .

Terminons ce paragraphe par un paradoxe simple et célèbre, appelé paradoxe de Russel : il n’existe pas d’ensemble de tous les ensembles. Ce paradoxe est plus facile à comprendre sous la forme du paradoxe du barbier : il n’existe pas de barbier qui raserait tous les hommes qui ne se rasent pas eux-mêmes (et seulement ceux-là). En effet, qui raserait ce barbier ?

3.2 Opérations sur les ensembles

Définition 14 SoientAetB deux parties d’un ensembleE. On définit : (i) l’intersection deAetB, notéeAB, par :

xAB ⇐⇒ xAetxB

(ii) l’union deAetB, notéeAB, par :

xAB ⇐⇒ xAouxB

Les figures suivantes représentent l’union et l’intersection de deux ensemblesAetB.

Proposition 15 Règles de calcul.

Si A,B etC sont trois parties d’un ensembleE : 1)ABAAB;

2) Associativité :¡ AB¢

C=A∩¡ BC¢

et¡ AB¢

C=A∪¡ BC¢

; 3)AA=AA=A, A∩ ; = ;et A∪ ; =A;

4) Commutativité : AB=BAet AB=BA; 5) Distributivité de∩par rapport à∪: A∩¡

BC¢

AB¢

∪¡ AC¢

, Distributivité de∪par rapport à∩: A∪¡

BC¢

AB¢

∩¡ AB¢

.

La propriété d’associativité de l’union permet de se dispenser des parenthèses et d’utiliser la notationABC pour l’union de trois ensembles : en effet, cette notation désigne indiffé- remment (AB)∪CouA∪(B∪C), et ces deux quantités sont égales donc cela ne pose pas de problème de confusion.

La même remarque est valable pour l’intersection : on peut utiliser la notationABC.

(23)

3 Ensembles

BPar contre, dans une expression mélangeant union et intersection, on ne peut pas se dis- penser des parenthèses.

Par exemple la notationABCn’a aucun sens ! En effet, elle peut désigner (A∪B)∩Cou A∪(B∩C), et comme ces deux quantités sont différentes, on ne sait plus de quo on parle ! Les figures suivantes représentent l’union et l’intersection de trois ensemblesA,B etC.

Les propriétés de distributivité sont aussi très importantes : elle sont à rapprocher de la dis- tributivité de la multiplication par rapport à l’addition des nombres. Les figures suivantes permettent de visualiser les formulesA∩¡

BC¢

AB¢

∪¡ AC¢

etA∪¡ BC¢

AB¢

¡ ∩ AB¢

.

Définition 16 On dit que deux partiesAetB d’un ensembleEsont disjointes ou incompa- tibles lorsque AB= ;.

BATTENTION ! Ne pas confondre AetB disjoints: AB = ;, et AetB distincts: A6=B. Deux ensembles disjoints sont distincts (ou vides), mais deux ensembles distincts ne sont en général pas disjoints.

Les figures suivantes représentent deux ensembles distincts mais non disjoints, et deux en- sembles disjoints (donc distincts).

B

A A B

(24)

Définition 17 Complémentaire.

SoitAune partie d’un ensembleE. Le complémentaire deAdansE, noté∁EA, est défini par :

EA

xE/xAª

Lorsqu’il n’y a pas d’ambiguïté surE,∁EAest noté plus simplementA.

Les figures suivantes représentent une partie A et son complémentaire (l’ensemble E est représenté par un carré).

Proposition 18 Règles de calcul.

Si Aest une partie deE: 1)A=A;

2); =EetE= ;;

3)AA=E etAA= ;.

Exemple:Si AetB parties deE: AB= ; ⇐⇒ AB.

Théorème 19 Lois de Morgan Si A,B parties deE:

1)AB=AB; 2)AB=AB.

Les deux figures suivantes permettent de visualiser les lois de Morgan.

(25)

3 Ensembles

Définition 20 Différence

Si A,B parties deE:AB=AB

xA/xBª

. On le note aussiA\B. La figure suivante représenteA\B.

3.3 Produits cartésiens et familles d’éléments

Définition 21 Produit cartésien

SoientE etF deux ensembles. On noteE×F l’ensemble des couples (x,y) tel que xE et yF :

E×F

(x,y)/xEetyFª E×F est appelé produit cartésien deE et deF.

Plus généralement, siE1,E2, ...,Ensontnensembles, on noteE1×E2× ··· ×Enl’ensemble desn-uplets (x1,...,xn) tels quex1E1,x2E2, ...,xnEn.

SiE1=E2= ··· =En=E, alorsE1×E2× ··· ×Enest notéEn.

Exemple:R3=R×R×R=©

(x,y,z)/x∈R,y∈Retz∈Rª .

Définition 22 Famille d’éléments deE

Soient I un ensemble (appelé ensemble d’indices), et E un autre ensemble. On dit que (xi)iI est une famille d’éléments deE indexée par I lorsque, pour chaqueiI, xi est un élément deE.

Par exemple pour I = ‚1,nƒ, (xi)i∈I = (x1,...,xn) est un n-uplet, et pour I = N, (xi)iI=(xn)nNest une suite.

Exemple:(px)x≥0est une famille d’éléments deR, indexée parR+.

Définition 23 Famille de parties deE

On dit que (Ai)iI est une famille de parties deE, lorsque pouriI,Ai est une partie deE. Dans ce cas (Ai)iI est une famille d’éléments deP(E), au sens de la définition donnée pré- cédemment.

(26)

Exemple: µ·

1,1+1 n

¸¶

n∈N

est une famille de parties deR, indexée parN.

Définition 24 Si (Ai)i∈I est une famille de parties deE, on définit l’union desAi pouriI, notée[

iI

Ai, par :

x∈[

iI

Ai ⇐⇒ ∃iI/xAi De même on définit leur intersection\

iI

Ai : x∈\

iI

Ai ⇐⇒ ∀iI,xAi

Exemple: [

nN

·

1,1+1 n

·

=[1,2[ et \

nN

·

1,1+1 n

·

={1}.

Proposition 25 Règles de calcul.

SiBest une partie deEet (Ai)i∈I est une famille de parties deE, alors : 1) Distributivité de∩par rapport à∪:

Ã[

iI

Ai

!

B=[

iI

¡AiB¢ , et de∪par rapport à∩:

Ã\

iI

Ai

!

B=\

iI

¡AiB¢ . 2) Lois de Morgan :[

iI

Ai =\

iI

Ai et\

iI

Ai =[

iI

Ai.

Définition 26 Si (Ai)iI famille de parties deE, on dit que lesAi sont deux à deux disjoints lorsque :

i,jI, i6=j =⇒ AiAj= ;

BATTENTION : les accolades définissent des ensembles et les parenthèses des familles.

Pour les ensembles, les répétitions ne sont pas prises en compte, contrairement aux familles : {a,a,b}={a,b} mais (a,a,b)6=(a,b).

Pour les ensembles l’ordre n’est pas pris en compte, contrairement aux familles : {a,b}= {b,a} mais (a,b)6=(b,a).

(27)

4 Applications

4 Applications

4.1 Définitions

Définition 27 Application.

SoientEetF deux ensembles. Une application définie surEà valeur dansF : f : E−→ F

x7−→ f(x)

est une "relation" qui à chaquexEassocie un unique élémentyF, noté f(x).

On le note f :E−→F.

f(x) est appelé image dex, et siy=f(x) alorsxest appelé antécédent dey.

Vocabulaire :

f :E−→Fse lit "f est une application deEversF" ou encore "f est une application définie surEà valeurs dansF".

x7−→f(x) se lit "àxest associé son image f(x)".

Lorsque f n’est pas définie surE tout entier, on dit que f est unefonction, mais les confu- sions de vocabulaire entre applications et fonctions sont tolérées cette année.

BOn suppose donc dans tout ce chapitre que les applications sont définies surEtout entier.

On ne donnera donc pas l’ensemble de définition de f, puisque ce sera à chaque foisE tout entier.

Si à chaquexEla "relation" associe plusieurs éléments deF, on ne parle pas d’application mais decorrespondancedeEversF (mais ce n’est pas du tout au programme).

Exemple:On associe àx∈Rsa valeur absolue : c’est une application deRversR.

Exemple:On associe àn∈Nses diviseurs positifs : c’est une correspondance deNversN.

Exemple: f :R2−→Rdéfinie parf(x,y)=x2+x yest une application.

Définition 28 Graphe d’une application

Le graphe de f est le sous-ensemble deE×F donné par : G

(x,f(x))∈E×F/xEª

Notation :On noteF(E,F) ouFE l’ensemble de toutes les applications définies surEà va- leurs dansF.

Une application peut être représentée par un diagramme :

(28)

Sur le diagramme précédent on voit qu’un élément de l’ensemble d’arrivée peut n’avoir au- cun antécédent, ou en avoir plusieurs.

BImportant : lorsquef :E−→F, ie f va deEversF, on suppose en particulier que :

xE, f(x)∈F

Définition 29 Égalité de deux applications.

Soient f :E−→F etg:E−→Fsont deux applications. On dit quef etg sont égales, et on le note fg, lorsqueE=E,F=Fet :

xE, f(x)=g(x)

En particulier, siE=EetF =Falorsf 6≡g si et seulement si :∃xE; f(x)6=g(x).

BPar exemple, on considère que les applications sin : R−→R et sin :R−→[−1,1] sont différentes.

Définition 30 Applications constantes.

SoientE etF deux ensembles. Une applicationf :E−→F est dite constante lorsqu’il existe aF tel que :

xE, f(x)=a On dit alors que f est constante égale àa.

Définition 31 Application identité.

SiEest un ensemble on définit l’application : idE: E−→ E

x7−→ idE(x)=x

Nous verrons plus loin qu’elle joue le rôle d’élément neutre pour la loi de composition.

(29)

4 Applications

Définition 32 Restriction Soit f :E−→F une application.

1) SiE1Ealors on appelle restriction de f àE1, notéef|E1, l’application : f|E1: E1−→ F

x7−→ f|E1(x)=f(x) On a donc :∀xE1, f|E1(x)=f(x).

2) SoientE1EetF1F tel que :∀xE1,f(x)∈F1.

On appelle restriction de f àE1au départ et àF1à l’arrivée, notée f||FE1

1, l’application : f|E|F1

1 : E1−→ F1

x7−→ f|E|F11(x)=f(x) On a :∀xE1, f|E1(x)=f(x).

Exemple:sin :R−→Rpeut être restreinte à [0,π[ au départ et à [0,1] à l’arrivée. La restriction est alors notée sin||[0,π[[0,1].

Définition 33 Prolongement Soit f :E−→F une application.

1) SiEE2alors on appelle prolongement def àE2toute applicationg:E2−→F telle que g|E=f ie telle que :∀xE,g(x)=f(x).

2) SiEE2etFF2, alors on appelle prolongement de f àE2 au départ etF2à l’arrivée, toute applicationg:E2−→F2telle queg||EFf ie telle que :∀xE,g(x)=f(x).

4.2 Loi de composition

Définition 34 Composée d’applications.

Soient deux applications f :E−→F etg :F−→Gtelle queFF. On définit l’application composéegf :E−→Gpar :

xE, (gf)(x)=g¡ f(x)¢

On a le diagramme :

F g //G

E

f

OO

g◦f

??

BATTENTION : ne pas écrireg(x)◦f(x) à la place degf(x) !

En effet la notationg(x)◦f(x) n’a pas de sens, et tout calcul qui l’emploi est donc irrémédia- blement faux/

(30)

Proposition 35 Soitf :E−→F une application. On af ◦idEf et idFff.

Proposition 36 On se donne trois applicationsE−→f F −→g G−→h H.

On a la propriété d’associativité :h◦(g◦f)≡(h◦g)◦f.

On peut donc sans ambiguité utiliser la notationhgf (les parenthèses sont omises).

On a alors pourxE:hgf(x)=h³ g¡

f(x)¢´

.

4.3 Injection, surjection, bijection

Définition 37 Soitf :E−→F une application.

On dit que f est injective surE(ou que f est une injection) lorsque :

∀(x1,x2)∈E2, f(x1)=f(x2) =⇒ x1=x2 ou encore par contraposée :

∀(x1,x2)∈E2, x16=x2 =⇒ f(x1)6=f(x2) Deux points distincts ont donc toujours des images distinctes.

De manière équivalente ont peut dire que les points deF ont au plus un antécédent par f. Rédaction :Pour montrer que f est injective surE on fixe x1et x2éléments deE tels que

f(x1)=f(x2). On doit alors montrer quex1=x2.

Pour montrer que f n’est pas injective surE on cherche deux éléments distincts x1 et x2

dansEtels que f(x1)=f(x2).

Exemple: f :R−→Rdéfinie parf(x)=x2n’est pas injective surR, etg :R+−→Rdéfinie par g(x)=x2est injective surR+.

Définition 38 Soitf :E−→F une application.

On dit que f est surjective deE surF (ou que f est une surjection) lorsque :

yF,xE/y=f(x)

De manière équivalente on peut dire que les points deF ont tous au moins un antécédent dansE.

Rédaction :Pour montrer que f est surjective de E surF on fixe y élément deF. On doit alors trouver au moins unxélément deE tel quef(x)=y.

Pour montrer que f n’est pas surjective deE surF on cherche y élément deF qui n’a pas antécédent par f dansE, ie tel quef(x)6=ypour toutxE.

(31)

4 Applications

Exemple : f : R−→Rdéfinie par f(x)=x2 n’est pas surjective de RsurR, et g :R−→R+ définie parg(x)=x2est surjective deRsurR+.

BAttention à la subtilité suivante : si xE on peut toujours poser y = f(x) et on définit yF.

Par contre si yF, on ne peut pas en général définir xE en posant y = f(x). En effet ceci suppose que y a un antécédent par f. Si f est surjective, il est possible de définirxen posanty=f(x), mais il est plus clair de dire « on notexun antécédent deypar l’application surjective f ».

Définition 39 Soitf :E−→F une application. On dit quef est bijective deEsurF (ou que f est une bijection) lorsque f est à la fois injective et surjective :

yF,∃!x∈E/y=f(x) Un point deF a donc toujours un unique antécédent dansE.

Rédaction :

1. Pour monter que f est bijective deEsurF on fixeyélément deF. On doit alors trouver un uniquexélément deEtel quef(x)=y.

2. On peut aussi procéder en deux temps en montrant quef est injective, puis surjective.

Le diagramme suivant illustre ces notions d’injection/surjection/bijection.

BAttention, en général une application n’est ni injective, ni surjective. Considérer par exemple f :R−→Rdéfinie parf(x)=x2.

Exemple: f :R−→R+définie parf(x)=x2n’est pas bijective deRsurR+,g :R+−→Rdéfinie parg(x)=x2n’est pas non plus bijective deR+surR, maish:R+−→R+définie parh(x)=x2 est bijective deR+surR+.

Proposition 40 Soient deux applicationsE−→f F−→g G.

(i) Si f est injective surEetg injective surF, alorsgf est injective surE.

(ii) Si f est surjective deEsurF etg surjective deF surG, alorsgf est surjective deE sur G.

(iii) Si f est bijective deEsurF etg bijective deF surG, alorsgf est bijective deE surG. Le diagramme suivant donne un exemple montrant qu’on peut avoirgf etg surjectives, mais f non surjective.

(32)

Définition 41 Inversibilité pour la loi de composition.

Soit f :E−→F une application. On dit qu’elle est inversible pour la loi de composition lors- qu’il existe une applicationg :F −→Etelle quegf ≡idE etfg ≡idF.

Une telle fonctiong est appelée application réciproque de f.

Proposition 42 Unicité de l’inverse pour la loi de composition.

Soit f :E−→F inversible pour la loi de composition.

Alors elle admet une unique application réciproque : on la notef−1.

Si elle existe, l’application réciproque de f :E−→F a donc les propriétés suivantes :

f1:F −→E

f1f ≡idE et ff1≡idF

•PourxE etyF : f(x)=y⇐⇒x=f−1(y)

BLorsque f est à valeurs dansR(ou dansC), ne pas confondre f1avec l’inverse de f pour la multiplication !

Pour cette raison, l’inverse de f pour la multiplication est souvent notée 1 f .

Théorème 43 Théorème de la bijection réciproque.

Soit f :E−→F une application. On a équivalence de : (i) f est bijective deEsurF;

(ii) f est inversible pour la loi de composition.

L’application f−1est donc bijective deF surE, on l’appelle aussi la bijection réciproque de f.

De plus,¡ f−1¢−1

f.

Sur un diagramme, l’inverse f correspond à inverser le sens des flèches.

(33)

4 Applications

On dispose donc de trois méthodes pour montrer qu’une applicationf est bijective : 1. Montrer que f est injective et surjective.

2. PouryF, résoudre l’équationy=f(x) d’inconnuexE.

Si on obtient une unique solution, on montre que f est bijective. De plus, l’expression obtenue donne la fonction f1:x=f1(y).

3. On cherche une fonctiong :F −→Etelle que : fg≡idF etgf ≡idE.

Si on trouve une telle fonction, on montre quef est bijective. De plusf1=g.

Remarquez que les deux dernières méthodes donne aussi la fonction réciproque de f, en plus de la bijectivité.

Exemple: f :x∈R+7−→ex2∈[1,+∞[ est bijective de réciproque f−1:y∈[1,+∞[7−→p

ln(y)∈R+(utiliser 2.).

Exemple:idE est bijective et idE1=idE (utiliser 3.).

BOn peut avoirfg ≡idF etgf 6≡idE. Dans ce casf n’est pas une bijection. Considérer g:R+−→Ret f :R−→R+définies parg(x)=p

xet f(x)=x2. On peut aussi visualiser cette propriété sur le diagramme suivant :

Dans le cas d’une fonction définie sur un intervalle deRet à valeurs dansR, on a aussi une quatrième méthode pour démontrer la bijectivité qui repose sur le théorème suivant.

Théorème 44 Théorème de la bijection monotone Soit f :I−→R. On suppose que :

(i) Iest un intervalle deR; (ii) f est continue surI;

(iii) f est strictement monotone surI.

Alors f induit une bijection deI sur un intervalle J, à déterminer avec le tableau de varia- tions.

Exemple:Pourn∈N, la fonctionf :x∈R+7−→xn∈Rinduit une bijection deR+surR+.

Définition 45 Fonction racinen-ième

La bijection réciproque de la fonction f :x∈R+7−→xn∈R+est appelée fonction racinen- ième notée pn .

PourxetydansR+, on a :xn=y⇐⇒x=pn y.

(34)

B pn n’est définie que surR+. Par exemplep3

−1 n’est pas défini, bien que (−1)3= −1 . . .

Proposition 46 Bijection réciproque d’une composée.

SoientE−→f F −→g Gbijectives. Alorsgf est bijective et¡

gf¢−1

f−1g−1.

L’ordre a été inversé, mais cela paraît logique intuitivement : pour inverser f composée par g, il faut inverserg puis ensuitef.

4.4 Fonctions caractéristiques

Définition 47 SoitAune partie d’un ensembleE. On appelle fonction caractéristique deA l’application :

1A: E−→ {0,1}

x7−→ 1A(x)=

½ 1 sixA 0 sixA

Exemple:La fonction1;est constante égale à 0, et la fonction1E est constante égale à 1.

Proposition 48 Règles de calcul.

SoientA,B parties deE.

1. On a :AB ⇐⇒ ∀xE,1A(x)≤1B(x), et : A=B⇐⇒ ∀xE,1A(x)=1B(x) ; 2. ∀xE,1A(x)=1−1A(x) ;

3. ∀xE,1AB(x)=1A(x)×1B(x) ;

4. ∀xE,1AB(x)=1A(x)+1B(x)−1A(x)×1B(x).

Exemple:Redémontrer les lois de Morgan à l’aide des fonctions caractéristiques.

Références

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