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IV. Isométries vectorielles

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Endomorphismes des espaces euclidiens

Notations : Eest un espace euclidien etn=dimE.

I. Calculs matriciels

II. Endomorphismes et matrices symétriques III. Matrices orthogonales

IV. Isométries vectorielles

Définition 1 – Automorphisme orthogonal / Isométrie vectorielle

Un endomorphisme f ∈L(E)est appelé un automorphisme orthogonal (ou une isométrie vectorielle) lorsque :

xE, °

°f(x)°

°= kxk

On noteO(E)l’ensemble des automorphismes orthogonaux de E . Remarque. Si f ∈L(E) et :

xE, °

°f(x)°

°= kxk

alors Ker(f)={0} donc f est injectif et comme f est un endomorphisme deE qui est de

dimension finie,f est un automorphisme deE.

Théorème 2 – Caractérisations des automorphismes orthogonaux

Soient f ∈L(E)etBune base orthonormée de E . On a équivalence entre : (i) f ∈O(E);

(ii) ∀x,yE ,f(x),f(y)〉 = 〈x,y; (iii) f(B)est une base orthonormée de E .

1

(2)

Théorème 3 – Groupe orthogonal de E On a les résultats suivants :

(1) idE ∈O(E);

(2) Si f,g∈O(E), alors f g∈O(E);

(3) Si f ∈O(E), alors f ∈GL(E)et f−1∈O(E).

On dit queO(E)est le groupe orthogonal de E . Proposition 4 – Orthogonal d’un sous-espace stable

Si f ∈O(E)et F est un sous-espace vectoriel de E stable par f , alors Fest stable par f . Définition 5 – Matrice orthogonale

Une matrice M ∈Mn(R)est dite orthogonale lorsque l’endomorphisme f ∈L(Rn)ca- noniquement associé à M est un automorphisme orthogonal deRn. On noteOn(R)(ou O(n)) l’ensemble des matrices orthogonales deMn(R).

Remarque. SoitM∈Mn(R) une matrice orthogonale au sens de la définition précédente.

Soientc1, . . . ,cnles colonnes deM etf l’endomorphisme canoniquement associé àM. Si on noteB=(e1, . . . ,en) la base canonique deRn, alors on a :

f(B)=(f(e1), . . . ,f(en))=(c1, . . . ,cn)

La base canoniqueBest une base orthonormée deRnet f est un automorphisme ortho- gonal deRndonc la famille (c1, . . . ,cn) est une base orthonormale deRn. La matriceM est

bien orthogonale au sens donné au début du chapitre.

Théorème 6 – Caractérisation matricielle des automorphismes orthogonaux

Soient f ∈L(E)etBune base orthonormée de E . On a équivalence entre : (i) f ∈O(E);

(ii) MatB(f)∈On(R).

Théorème 7 – Groupe orthogonal On a les résultats suivants :

(1) In∈On(R);

(2) Si M,N∈On(R), alors M N∈On(R);

(3) Si M∈On(R), alors M∈GLn(R)et M−1∈On(R).

On dit queOn(R)est le groupe orthogonal d’ordre n.

Proposition 8 – Déterminant d’une matrice orthogonale

Si M∈On(R), alorsdet(M)∈{−1, 1}(la réciproque est fausse).

Notations : On note SOn(R) (ou SO(n)) l’ensemble des matricesM ∈On(R) telles que

det(M)=1.

2

(3)

Théorème 9 – Groupe spécial orthogonal On a les résultats suivants :

(1) In∈SOn(R);

(2) Si M,N∈SOn(R), alors M N∈SOn(R);

(3) Si M∈SOn(R), alors M∈GLn(R)et M−1∈SOn(R).

On dit queOn(R)est le groupe spécial orthogonal d’ordre n.

Définition 10 – Orientation d’un espace euclidien

SiBetB0sont deux bases orthonormées de E , alorsdetB(B0)∈{−1, 1}. On dit queB et B0 sont deux bases orthonormées de même sens lorsquedetB(B0)=1. Dans le cas contraire, on dit queBetB0sont de sens contraires. Orienter E , c’est choisir une base orthonorméeB0de E et appeler bases directes les bases de même sens queB0.

V. Isométries vectorielles du plan

Théorème 11 – Matrices de O2(R) etSO2(R)

Soit M∈O2(R). On a les résultats suivants :

(1) Sidet(M)=1, alors il existeθ∈R, unique à2πprès, tel que Mcosθsinθ

sinθ cosθ

¢=R(θ).

(2) Sidet(M)= −1, alors il existeθ, unique àprès, tel que : Mcosθ sinθ

sinθ cosθ

¢

et il existe P ∈SO2(R)telle que P−1M P=diag(1,−1)=S.

Proposition 12 – Commutativité deSO2(R)

Siθ,θ0∈R, alors R(θ)R(θ0)=R(θ+θ0). Deux matrices deSO2(R)commutent, on dit que le groupeSO2(R)est commutatif.

Théorème 13 – Automorphismes orthogonaux de R2

Soit f ∈O(R2). On munitR2de sa structure euclidienne canonique et on orienteR2de sorte que la base canonique soit directe. On a les résultats suivants :

(1) Sidet(f)=1, alors il existeθ∈R, unique à2πprès, tel que la matrice de f dans toute base orthonormée directe deR2soit R(θ). On dit alors que f est la rotation vectorielle deR2, d’angleθ;

(2) Sidet(f)= −1, alors il existe une base orthonormée directe deR2dans laquelle la matrice de f est S. On dit alors que f est une réflexion deR2.

Remarque. Dans le cas oùf est une réflexion deR2, c’est (comme pour toute symétrie) la réflexion par rapport à Ker(f −id) parallèlement à Ker(f +id).

(4)

Les résultats à connaitre

• Endomorphisme orthogonal (ou isométrie vectorielle). C’est un automorphisme.

• Caractérisation par conservation du produit scalaire, par l’image d’une base orthonor- mée.

• Groupe O(E).

• Orthogonal d’un sous-espace stable par une isométrie vectorielle ;

• Matrice orthogonale.

• Caractérisation avec la transposée ; caractérisation avec les colonnes et les lignes, caractérisation comme matrice de changement de bases orthonormées ;

• Groupe On(R).

• Caractérisation matricielles des automorphismes orthogonaux.

• Déterminant d’un automorphisme orthogonal, d’une matrice orthogonale.

• Groupe SOn(R).

• Matrices de SO2(R) et O2(R). Commutativité de SO2(R).

• Classification des isométries vectorielles deR2.

• Endomorphisme symétrique.

• Caractérisation matricielle des endomorphismes symétriques.

• Théorème spectral pour un endomorphisme symétrique deE.

• Théorème de diagonalisation des matrices symétriques.

• Deux sous-espaces propres pour un endomorphisme symétrique associés à des valeurs propres distinctes sont orthogonaux (savoir redémontrer rapidement ce résultat).

On pourra en profiter pour aborder les points suivants (programme de première année) :

• Définition de produit scalaire (cas réel uniquement), norme associée.

• Inégalité de Cauchy-Schwarz et cas d’égalité.

• Orthogonal d’un sous-espace vectoriel.

• Projection orthogonale et théorème associé.

Quelques objectifs du chapitre

• Savoir démontrer qu’en endomorphisme est un automorphisme orthogonal.

• Savoir démontrer qu’une matrice est orthogonale.

• Savoir étudier les automorphismes orthogonaux en dimension 2.

• Savoir démontrer qu’un endomorphisme est symétrique.

• Savoir utiliser le théorème spectral (version matricielle, version géométrique).

• Savoir diagonaliser rapidement une matrice 3×3 symétrique réelle.

En pratique

Ï

Comment démontrer qu’un endomorphisme est orthogonal ?

Soitf :EE. Avant tout : penser à démontrer quef est linéaire. On utilise ensuite l’une des conditions équivalentes suivantes (Bdésigne une base orthonormée deE) :

(i) f ∈O(E) ;

(ii) Quels que soientx,yE,f(x),f(y)〉 = 〈x,y〉;

(5)

(iii) Quel que soitxE,kf(x)k2= kxk2;

(iv) L’image deBparf est une base orthonormée deE; (v) La matrice def dansBest une matrice orthogonale.

Ï

Comment démontrer qu’une matrice M est orthogonale ?

Pour montrer queM∈Mn(R) est orthogonale, on peut utiliser l’une des conditions équiva- lentes suivantes :

(i) M∈On(R) ; (ii) M>M=In; (iii) M M>=In;

(iv) Mest inversible etM−1=M>;

(v) Les vecteurs colonne deM forment une base orthonormée deRn; (vi) Les vecteurs ligne deM forment une base orthonormée deRn (pour le produit scalaire canonique).

Ï

Comment étudier f ∈ O(E ) , lorsque dim E = 2 ?

Il y a deux types d’éléments dans O(E) :

• les rotations dont la matrice dans toute baseBorthonormée directe est de la forme

¡cosθsinθ

sinθ cosθ

¢;

• les réflexions, pour lesquelles il existe une base orthonormée directe dans laquelle la matrice est¡1 0

0−1

¢.

Soitf ∈O(E). Le déterminant de f :

• vaut 1 si f est une rotation ;

• vaut−1 si f est une réflexion.

Le sous-espaceF =Ker(f −id)=E1(f) des invariants deF :

• est de dimension 0 ou 2 sif est une rotation ;

• est de dimension 1 si f est une réflexion (c’est alors la réflexion par rapport àF).

Ï

Comment démontrer qu’un endomorphisme est symétrique ?

Soitf :EE. Avant tout : penser à démontrer quef est linéaire. On utilise ensuite l’une des conditions équivalentes suivantes (Bdésigne une base orthonormée deE) :

(i) f ∈S(E) ;

(ii) Quels que soientx,yE,f(x),y〉 = 〈x,f(y)〉; (iii) La matrice def dansBest une matrice symétrique.

Ï

Comment utiliser le théorème spectral ?

• SiMest une matrice symétrique réelle, alorsMest diagonalisable et il existeP ortho- gonale etDdiagonale telles queP>M P=D.

• Si f ∈S(E), alorsf est diagonalisable et si on noteλ1, . . . ,λnles valeurs propres de f (chacune apparaissant autant de fois que sa multiplicité en tant que racine deχf), alors il existeB=(e1, . . . ,en) base orthonormée deEtelle que f(ei)=λieipour tout i ∈ ‚1,nƒ. En particulier si on note, dans une telle baseB,x=x1e1+ · · · +xnenavec x1, . . . ,xn∈R, alors :

f(x)=λ1x1e1+ · · · +λnxnen

°

°f(x)°

°2=λ21x21+ · · · +λ2nx2n ­

f(x),x®

=λ1x21+ · · · +λnxn2

(6)

Illustrations du cours

Exercice 1Un endomorphisme symétrique de E. SoitaE. On définit une applicationf surEen posant :

∀x∈E, f(x)=x− 〈a,x〉a Démontrer quef est un endomorphisme symétrique deE.

Exercice 2Un endomorphisme symétrique deRn[X]. SurE=Rn[X], on définit le produit scalaire : (P,Q)7→R1

1P(t)Q(t) dtet on considère l’application f définie surEpar :

∀P∈Rn[X], f(P)=2X P0+(X21)P00 Démontrer quef est symétrique.

Exercice 3Une propriété des endomorphismes symétriques. Démontrer que si f ∈L(E) est symétrique, alors Kerf =(Imf).

Exercice 4Une matrice orthogonale. Démontrer que la matriceMsuivante est orthogonale :

M=1 3

³ 2 1 2

2 2 1

−1−2−2

´

Exercice 5Diagonalisation de matrices symétriques réelles de taille3. Déterminer une base orthonormée de vecteurs propres pour chacune des matricesAetB suivantes :

A=

³ 2 1 −1

1 2 −1

11 4

´

, B=

³2 1 1

1 2 1 1 1 2

´

Exercice 6Équation matricielle (1). SoitA∈Sn(R) telle que Sp(A)⊂R+. Démontrer qu’il existe une matriceB∈Sn(R) telle queB2=A.

Exercice 7Équation matricielle (2). Déterminer les matricesA∈Sn(R) telles que A3− 2A2+3A=0.

Exercice 8Un automorphisme orthogonal de E. SoitaE,a6=0. On définit une application f surEen posant :

xE, f(x)=x− 〈a,xa

Déterminer à quelle condition sura l’endomorphisme f est orthogonal. Lorsque cette condition est satisfaite, décriref.

Exercice 9Une propriété des automorphismes orthogonaux. Sif ∈O(E), alors Sp(f)⊂{−1, 1}

et les sous-espaces Ker(f −id) et Ker(f +id) sont orthogonaux.

(7)

Exercice 10Automorphismes orthogonaux deR2. On munitR2de sa structure euclidienne canonique.

(a) Étudier les endomorphismes canoniquement associés aux matrices : A= 1

p5

¡1 2

2−1

¢; B= 1

p5

¡12

2 1

¢

(b) Déterminer la matrice dans la base canonique de la rotation qui envoie le vecteur¡2

1

¢ sur le vecteur¡1

2

¢.

(c) Déterminer la matrice dans la base canonique de la réflexion qui envoie le vecteur¡2

1

¢ sur le vecteur¡1

2

¢.

Exercice 11Une caractérisation des symétries orthogonales. Soit s :EE. Démontrer l’équivalence entre :

(i) L’applications est une symétrie orthogonale deE;

(ii) L’applications est un endomorphisme symétrique et orthogonal deE.

Exercice.À faire vous-même pour voir si vous avez compris. On travaille dansR1[X] avec le produit scalaire de l’exercice 2. PourP∈R1[X] on définit :

f(P)=P(X)−P(−X) g(P)=P(−X)

Expliciter f(P) etg(P) en notant P =a X +b. Démontrer que f est un endomorphisme symétrique deR1[X] etg est un automorphisme orthogonal deR1[X].

(8)

Vrai/Faux

On considère un espace euclidienE.

(1) Si f ∈S(E), alors il existeBbase orthonormée deE telle que MatB(f) est diagonale.

(2) Si f ∈L(E) et les sous-espaces propres de f sont deux à deux orthogonaux, alors f ∈S(E).

(3) Si f ∈L(E) et il existeBbase orthonormée deEconstituée de vecteurs propres pour f, alors f ∈S(E).

(4) Si f ∈S(E) etBest une base deE constituée de vecteurs propres pourf, alorsBest une base orthonormée deE.

(5) Sif ∈S(E) etuetv sont deux vecteurs propres de f, alors soituetv sont associés à la même valeur propre, soituetvsont orthogonaux.

(6) Si f ∈S(E) et f2=f, alors f est un projecteur orthogonal.

(7) Si f est un projecteur orthogonal, alorsf ∈S(E)∩O(E).

(8) Si f ∈S(E) et f2=id, alors f est une symétrie orthogonale.

(9) Si f est une symétrie orthogonale, alors f ∈S(E)∩O(E).

(10) Sif ∈S(E) et Sp(f)={−1, 1}, alors f est une symétrie orthogonale.

(11) Sif ∈S(E) et f est une symétrie orthogonale, alors Sp(f)={−1, 1}.

(12) Sif ∈S(E) et Sp(f)={0, 1}, alors f est un projecteur orthogonal.

(13) Sif ∈S(E) et f est un projecteur orthogonal, alors Sp(f)={0, 1}.

(14) Sif ∈S(E) et f ∈GL(E), alorsf−1∈S(E).

(15) Sif ∈O(E) etλ∈R, alorsλf O(E).

(16) Sif ∈L(E) et∀xE,f(x),x〉 = 〈x,f(x)〉, alors f ∈S(E).

L’espaceRnest muni du produit scalaire canonique.

(17) SiM∈Sn(R) etf est l’endomorphisme canoniquement associé à f, alors f ∈S(Rn).

(18) SiM∈Sn(R), alors il existeP∈GLn(R) telle queP−1M P est diagonale.

(19) SiM∈Sn(R), alors il existeP∈On(R) telle queP−1M P est diagonale.

(20) SiM∈Sn(R) et siPGLn(R) etP1M P est diagonale, alorsP∈On(R).

(21) SiM∈Sn(R)∩On(R), alors Sp(M)={−1, 1}.

(22) SiM∈Mn(R) et s’il existeP∈On(R) telle queP−1M Pest diagonale, alorsM∈Sn(R).

(23) SiM∈On(R) et siM est diagonalisable, alorsM∈Sn(R).

(24) SiM∈On(R) et Sp(M)={−1, 1}, alorsM est diagonalisable.

Le planR2est muni du produit scalaire canonique. Le terme « rotation » signifie « rotation vectorielle deR2. » On rappelle qu’une réflexion deR2est une symétrie orthogonale deR2 par rapport à un sous-espace vectoriel de dimension 1.

(25) La composée de deux rotations deR2est une rotation.

(26) La composée de deux réflexions deR2est une réflexion.

(27) Sirest une rotation deR2, alors il existe deux réflexionss1ets2telles quer=s1s2. (28) Sisest une réflexion deR2, alors il existe deux rotationsr1etr2telles ques=r1r2. (29) Sif ∈S(R2)∩O(R2) alorsf n’est pas une rotation.

(30) Sif ∈O(R2) et Sp(f)6= ;, alors f est diagonalisable.

1v2f3v4 f5 v6v7f8v 9v10v

11f12v1 3f14v15 f1 6f1 7v18 v19v2 0f2 1f22v23 v24f25v 26f2 7v28f29 f30 v

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