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Transformation de Fourier surL1(R

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Leçon 250 - Transformation de Fourier. Applications.

Cadre : Les fonctions considérées sont définies sur R, à valeurs dansC. On peut les généraliser àRd.

1. Transformation de Fourier surL1(R). — 1. Définition et premières propriétés. —

Rappel: : (L1(R),k.k1) est un espace de Banach.

Def : PourfL1(R) on définitfb(x) = 1

R

Re−ixyf(y)dy.

Ex : Pourf =χ[−a,a],fb(x) =2sin(xa)

2πx

Pourf(x) =e−|x|, on afb(x) = 2

2π(1+x2). Pro : f\+λ.g=fb+λbg

Pro : fbest continue surR, etkfbk1

kfk1.

Lemme de Riemann-Lebesgue : Quand|x| →+∞,fb(x)→0. Doncfb∈C00(R).

Pro : SoitfL1(R),aR.

a) Pourg(x) =f(x)eiax, on a bg(x) =fb(x−a).

b) Pourg(x) =f(x−a), on abg(x) =fb(x)e−iax. c) Pourg(x) =f(−x), on abg(x) =fb(x).

d)Pourλ >0 etg(x) =f(xλ), on abg(x) =λfb(λx).

Ex : Pourf(x) =e|x−a|λ , on afb(x) = 2λe−iax

2π(1+(λx)2). 2. Produit de convolution. —

Def : Pourf, g:R→Cmesurables positives, on définit fg(x) :=R

Rf(y)g(x−y)dy=R

Rf(x)τ−x(g)(−y)dy∈[0,+∞].

Pro : Si ces quantités sont finies, on afg =gf,f ∗(g∗h) = ((fg)h), et f∗(g+λh) =fg+λf∗h. La convolution de fonctions est commutative, associative, et bilinéaire.

Inégalité de Young pour la convolution : Pour 1 = p1+1q et fLp, gLq, on a kf∗gk1≤ kfkp.kgkq.

Ainsi, le produit de convolution est bien défini surL1×L1. Ex : fχ[−1

2,12](x) =Rx+12 x−12 f(t)dt.

Pro : Ainsi,L1(R) muni de * est donc uneC-algèbre commutative.

Thm : Pour 1p +1q = 1, fLp,gLq, fg est uniformément continue sur Ret fg(x)|x|→+∞0.

Thm : PourfL1etgC1 telle que g,g’ sont bornées, alorsfgest dérivable et (f ∗g)0=f∗(g0).

Rem : Le produit de convolution régularise une fonction f en faisant une moyenne pondérée par g des valeurs de f en chaque point.

Ex : Pour tout t > 0, la fonction Gt(x) = 1

2πtex2t2 permet de régulariser les fonctions deL1(R) par convolution.

Pro : Pourf, gL1(R),f[∗g=fb∗bg.√ 2π.

App : L1ne possède pas d’unité pour la convolution.

App : Siff =f dansL1(R), alorsf = 0 pp.

3. Inversion de la transformée de Fourier. —

Pro : Si f est de classeC1 par morceaux etf, f0L1(R), alorsfb0(x) = (ix)fb(x).

Si f est de classe Ck par morceaux et f, f0, . . . , f(k)L1(R), alors fd(k)(x) = (ix)kfb(x).

App : Si f est de classeC2 avecf, f0, f”L1(R), alorsfb∈L1(R).

Rem : Plus f est dérivable avec des dérivées intégrables, plusfbdécroît rapidement vers 0 en l’infini.

Pro : Six7→xf(x)∈L1(R), alorsfbest dérivable, de dérivéefb0(x) =R

Re−ixy(−iy)f(y)dy.

Sixk 7→xf(x)L1(R), alorsfbestDk, de dérivée k-ièmefb(k)(x) =R

Re−ixy(−iy)kf(y)dy.

Rem : Plus f décroît vers 0 rapidement en l’infini, plusfbest dérivable.

Thm : Inversion de Fourier : SoitfL1(R) tq fb∈L1(R).

Alors pourg(x) =1

R

Rfb(t)eitxdt, on agC00(R) et g=f pp.

Cor : SoitfL1(R) tq fb∈L1(R). Alors b

f(x) =b f(−x) pp.

App : Injectivité de la transformée de Fourier : SifL1(R) vérifie fb(x) = 0 pp, alorsf = 0 pp.

2. Extension de la transformée de Fourier. —

1. Prolongement de la transformation de Fourier à L2(R). —

– Dev : Théorème de Fourier-Plancherel : A chaque fonction fL2(R), on peut associer une fonctionfb∈L2(R) telle que :

1) SifL1L2, alorsfbest la transformée de Fourier de f.

2)∀f ∈L2, on akfk2=kfbk2.

3)fL27→fb∈L2 est une isométrie linéaire bijective d’espaces de Hilbert.

Rem : On a ainsi un prolongement de la transformée de Fourier deL1L2 qui est une isométrie linéaire bijective.

Pro : PourfL2, en notantφA(t) := 1

RA

−Ae−ixtf(x)dxet ΨA(t) := 1

RA

−Ae−ixtfb(x)dx, on trouve :

limA→+∞(kφAfbk2) = 0 et limA→+∞(kψAfk2) = 0 Cor : Pour fL2 tq fb∈ L1, on a alors f(x) = 1

R

Re−ixyf(y)dy pp, donc la classe de f possède un représentant dansC00(R).

Ex : f(x) =sinc(πx)L2(R)−L1(R) etfb= 1

χ[−1 2,12].

1

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2. Transformation de Fourier dansS(R). —

Def : S(R) :={f ∈C(R) tq supx|xαϕ(β)(x)|<+∞,∀α, β∈N}.

Def : On munitS(R) des semi-normes : kϕkα,β= supx|xαϕ(β)(x)|, ∀α, β∈N. Ex : Cc(R)⊂S(R) etx7→e−x2S(R).

Rem : S(R)⊂L1(R), donc la transformée de Fourier sur S est bien définie.

Ex : SoitGα(x) =e−x2α. AlorsGcα=pπ αG1

.

Ainsi, la transformée de Fourier d’une gaussienne est encore une gaussienne, qui est encore dansS(R).

Pro : 1) Les applicationsf 7→xαf et f 7→f(β)sont continues surS(R).

2) Sif, gS(R), alorsfgS(R) etf[∗g=f .bbg.

Thm : Inversion de Fourier : La transformation de Fourier est une application linéaire bijective deS(R) dansS(R).

De plus, pour toutfS(R), on abfb(x) =f(−x).

3. Transformation de Fourier dansS0(R). —

Def : On définit S0(R) comme l’espace vectoriel des formes linéaires continues de S(R) dansCpour les semi-normeskϕkα,β = supx|xαϕ(β)(x)|.

Thm+Def : SiTS0(R), on définit la transformée de Fourier de T, notéeTb, par la forme linéaire surS(R) :

<T , ϕ >:=< T,b ϕ >,b ∀π∈S(R).

On a de plusTb∈S0(R).

Ex : δb01

. b1 =√ 2πδ0.

Thm : La transformée de Fourier surS0(R) est bijective, bicontinue.

3. Applications en analyse. — 1. Etude de signaux à spectre borné. —

Def : I=]−12,12[,BL2(I) ={f ∈L2(R) tq F(f).χR−I≡0}.

Pro : C’est un sous-ev fermé deL2(R).

Pro : SiuBl2(R), alorsuC00(R) etkuk≤1.kuk2.

Pro : La famille des (ek(x) = sinc(π(xk)))k∈Z) est une base hilbertienne de BL2(I).

– Dev: Echantillonnage de Shannon : L’applicationuBL2(I)7→(u(k))k∈Zl2(Z) est bien définie et est une isométrie linéaire bijective entre ces deux espaces.

De plus, la série P+∞

−∞u(k)en converge vers u dans L2(R) et dans C00(R). Donc u(x) =P+∞

−∞u(k)sinc(π(xk)),∀x∈R. 2. Formule sommatoire de Poisson. —

Thm : PourfS(R), la sérieP

n∈Zf(.+n) converge normalement sur tout compact deR.

De plus,∀x∈R,P

nf(x+n) =P

nfb(n)e2iπnx En particulier,P

nf(n) =P

nfb(n).

App : DansS0(R), on a δZ=P

k∈Zδk =δbZ. 3. Polynômes orthogonaux. —

Def : On appelle fonction poids une fonction ρ : I → R mesurable, strictement positive, telle que∀nR

I|x|nρ(x)dq≤+∞.

Def : On note L2(I, ρ) l’espace des classes de fonctions de carré intégrable pour la mesure de densitéρpar rapport à la mesue de Lebesgue. Muni de son produit scalaire R

If(x)g(x)ρ(x)dx, c’est un espace de Hilbert contenant les fonctions polynômiales.

Pro : Il existe une unique famille (Pn)n de polynômes unitaires orthogonaux deux à deux, vérifiant deg(Pn) =n, que l’on appelle "famille des polynômes orthogonaux associée à ρ". On l’obtient en appliquant le procédé de Gram-Schmidt à la famille (Xn)n.

Ex : Polynômes de Hermite, de Lagrange, de Chebychev.

App : Polynômes de meilleure approximation.

Thm : S’il existea >0 tqR

Iea|x|ρ(x)dx≤+∞, alors (Pn)nest une base hilbertienne deL2(I, ρ).

4. Fonction caractéristique d’une variable aléatoire. —

Def : Fonction caractéristique d’une v.a.

Pro : La fonction caractéristique caractérise la loi de la v.a. par injectivité de la transformée de Fourier.

Exemples de fonctions caractéristiques.

Pro : Si X a un moment d’ordre k, alors ΦX est de classeCk. On a de plus Φ(k)X (t) =E[(iX)keiXt].

Thm : Réciproquement, Si ΦX est de classeCk, alors X a un moment d’ordre 2bk2c.

– Dev: Théorème de Lévy : Xn converge en loi vers X ssi ΦXn converge simplement vers ΦX.

App : Théorème Central de la Limite.

Références

Rudin : Transformation de Fourier. Th de Fourier-Plancherel(Dev).

Briane,Pagès : Transformation de Fourier, produit de convolution, approximations de l’unité. Formule d’inversion de Fourier.

Zuily (Eléments de distributions et d’EDP) : Transformée de Fourier dans S(R), dans S0(R).

Gourdon : Formule sommatoire de Poisson.

Willem : Echantillonnage de Shannon.

Zuily,Queffélec : Fonction caractéristique, Théorème de Lévy+TCL(Dev).

Faraut : Transformation de Fourier, exemples. Th de Fourier-Plancherel(Dev).

Objectif Agrégation : Produit de convolution, exemples.

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Barbe,Ledoux/Ouvrard : Applications au TCL.

May 9, 2017

Vidal Agniel,École normale supérieure de Rennes

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Références

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