IMAGES EN MÉDECINE D’URGENCE /IMAGES IN EMERGENCY MEDICINE
Anthrax staphylococcique
Staphylococcal carbuncle
E. André · F. Thys · F. Zech
Reçu le 14 février 2013 ; accepté le 17 avril 2013
© SFMU et Springer-Verlag France 2013
L’image est celle d’un anthrax staphylococcique au niveau de la nuque chez un patient de 58 ans revenant d’Afrique de l’Ouest (Fig. 1). La lésion cutanée était associée à une large infiltration des muscles dans les plans profonds. Ce patient ne présentait pas de facteur d’immunodépression mis à part une insuffisance rénale chronique terminale.
Le laboratoire de microbiologie a confirmé la présence d’unStaphylococcus aureussensible à l’oxacilline sécrétant une leucocidine de Panton-Valentine (LPV).
L’initiation d’un traitement antibiotique à base d’oxacil- line a permis une évolution rapidement favorable.
La LPV est une toxine sécrétée par certaines souches de Staphylococcus aureus qui se fixe sur la membrane des Fig. 1 (A) : anthrax staphylococcique au niveau de la nuque.
(B) : coupe IRM montrant une collection de 2,5 x 5 cm (flèche) et une inflammation étendue des muscles dans les plans profonds (zone située entre les flèches pointillées)
E. André · F. Thys (*) · F. Zech
Service des urgences, cliniques universitaires Saint-Luc, avenue Hippocrate, 10, B-1200 Woluwe-Saint-Lambert, Bruxelles, Belgique
e-mail : [email protected] E. André · F. Zech
Service de microbiologie, cliniques universitaires Saint-Luc, Bruxelles, Belgique
F. Zech
Département de médecine interne, cliniques universitaires Saint-Luc, Bruxelles, Belgique
Ann. Fr. Med. Urgence (2014) 4:314-315 DOI 10.1007/s13341-013-0321-2
Cet article des Editions Lavoisier est disponible en acces libre et gratuit sur archives-afmu.revuesonline.com
leucocytes et induit une inhibition des fonctions phagocytai- res, ce qui constitue un facteur de virulence et est à l’origine notamment d’infections dermonécrotiques pouvant être sévères [1,2].
En Afrique, plus de 50 % des souches deStaphylocoques aureusimpliquées en pathologie humaine sécrètent la LPV.
Ces souches sont retrouvées non-seulement dans les infec- tions cutanées et des tissus mous (56 %), mais aussi dans plus de 40 % des myosites, des ostéomyélites, des infections pulmonaires, des bactériémies et des infections de plaies post-chirurgicales. On retrouve ces souches tant dans les infections nosocomiales que dans les infections acquises dans la communauté [3].
Des transmissions intrahospitalières de Staphylococcus aureus sécrétant une LPV ont été documentées, tant pour des souches sensibles que pour des souches résistantes à l’oxacilline [4–6]. Dans notre institution hospitalière nous ne prenons pas de mesures additionnelles pour prévenir la transmission desStaphylococcus aureussécrétant une LPV.
Nous considérons que l’observation rigoureuse des précau- tions standard ciblant l’hygiène des mains devrait être suffi- sante pour prévenir la transmission, considérant le contexte de faible prévalence de LPV documenté en Belgique.
La recherche de LPV n’est pas systématique dans la majorité des laboratoires de microbiologie. Dans le cadre d’une suspicion clinique (notamment en présence d’abcès,
d’infection des tissus mous et de pneumonies nécrosantes), un contact entre le clinicien et le microbiologiste est donc recommandé afin d’orienter la démarche diagnostique au laboratoire.
Références
1. Shallcross L, Fragaszy E, Johnson A, Hayward A (2013) The role of the Panton-Valentine leucocidin toxin in staphylococcal disease:
a systematic review and meta-analysis. Lancet infect dis 13:43–54 2. Lipinska U, Hermans K, Meulemans L, et al (2011) Panton- Valentine leukocidin does play a role in the early stage ofStaphy- lococcus aureus skin infections: a rabbit model. PloS one 6(8):
e22864
3. Breurec S, Fall C, Pouillot R, et al (2011) Epidemiology of methicillin-susceptible Staphylococcus aureus lineages in five major African towns: high prevalence of Panton-Valentine leuko- cidin genes. Clin Microbiol Infect 17:633–9
4. Tinelli M, Monaco M, Vimercati M, et al (2009) Methicillin- susceptible Staphylococcus aureusin skin and soft tissue infec- tions, Northern Italy. Emerg Infect Dis 15:250–7
5. Lindqvist M, Isaksson B, Samuelsson A, et al (2009) A clonal outbreak of methicillin-susceptible Staphylococcus aureus with concomitant resistance to erythromycin, clindamycin and tobramy- cin in a Swedish county. Scand J Infect Dis 41:324–33
6. Orendi JM, Coetzee N, Ellington MJ, et al (2010) Community and nosocomial transmission of Panton-Valentine leucodidin-positive community-associated meticillin-resitant Staphylococcus aureus: implications for healthcare. J Hosp Infect 75:258–64
Ann. Fr. Med. Urgence (2014) 4:314-315 315
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