DM1 - Un corrigé
Pour le 10/09/2021
Exercice 1
Une urne contient initialement deux boules rouges et une boule bleue indiscernables au toucher. On appelle " épreuve
" la séquence suivante : On tire une boule de l’urne, puis :
• Si la boule tirée est bleue , on la remet dans l’urne.
• Si la boule tirée est rouge , on ne la remet pas dans l’urne mais on remet une boule bleue dans l’urne à sa place.
L’expérience aléatoire consiste à effectuer une succession illimitée d’épreuves.
Pour tout entier naturelnnon nul , on noteYnla variable aléatoire discrète égale au nombre de boules rouges pré- sentes dans l’urne à l’issue de lan-ième épreuve.
On notera pour chaque entier naturelknon nul les événements suivants :
• Rk: « Lors de lak-ième épreuve on a extrait une boule rouge de l’urne. »
• Bk: « Lors de lak-ième épreuve on a extrait une boule bleue de l’urne. » 1. Donner la loi de probabilité deY1.
Après une seule épreuve il peut y avoir soit 2 boules rouges si on a tiré une boule bleue soit 1 boule rouge si on a tiré une boule rouge.
Donc Y1(Ω)={1, 2} etP(Y1=1)=P(R1)=2
3etP(Y1=2)=P(B1)=1 3. 2. Dans le cas oùn⩾2déterminerYn(Ω). (Expliquer votre résultat)
Une fois que l’on a effectué plus de deux tirages on peut avoir dans l’urne soit 2 boules rouges (si on a tiré que des bleues), soit une seule boule rouge (si on a tiré une seule rouge), soit 0 boules rouges (si on a tiré les deux boules rouges (n⩾2).
Donc Yn(Ω)={0, 1, 2} .
3. Calculer pour tout entier naturel non nuln,P(Yn=2).
Si aprèsnépreuves, il reste toujours les deux boules rouges dans l’urne cela signifie que l’on a tiré que des boules bleues. Alors on a, avec les notations de l’énoncé :
[Yn=2]=B1∩B2· · · ∩Bn. Donc d’après la formule des probabilités composées :
P(Yn=2)=P(B1)PB1(B2) . . .PB1∩···∩Bn−1(Bn)=1 3×1
3× · · · ×1 3= 1
3n chaque probabilité étant égale à1
3car la composition de l’urne ne change pas si on tire une boule bleue.
Finalement, P(Yn=2)= 1 3n .
4. On pose pour tout entier naturel non nuln,un=P(Yn=1).
(a)Rappeler la valeur deu1et montrer queu2=2 3.
• On a vu que : u1=P(Y1=1)=2 3.
• Si après deux épreuves il ne reste qu’une boule rouge cela signifie que l’on a tiré au cours de ces deux épreuves, une boule bleue et une boule rouge. On a donc :
[Y2=1]=(B1∩R2)∪(R1∩B2)
On obtient donc, par incompatibilité et en utilisant la formule des probabilités composées P(Y2=1)=P(B1)PB1(R2)+P(R1)PR1(B2)=1
3×2 3+2
3×2 3=6
9 soit P(Y2=1)=2
3.
–1/6–
(b) En utilisant un système complet d’événements lié à la variableYn, montrer que pour tout entier natureln⩾2, un+1=2
3un+ 2 3n+1 Cette relation reste-t-elle valable lorsquen=1?
La famille ([Yn=0], [Yn=1], [Yn=2]) forme un système complet d’événements donc d’après la formule des probabilités totales, on a :
P(Yn+1=1)=P(Yn=0)P[Yn=0](Yn+1=1)+P(Yn=1)P[Yn=1](Yn+1=1)+P(Yn=2)P[Yn=2](Yn+1=1)
• OrP[Yn=0](Yn+1=1)=0 car si aprèsnépreuves il n’y avait plus de boules rouges, il ne peut pas y avoir une boule rouge après lan+1-ième épreuve.
• De plus,P[Yn=2](Yn+1=1)=2
3car si aprèsnépreuves il restait deux boules rouge, pour qu’après l’épreuve n+1 il ne reste plus qu’une boule rouge, cela signifie qu’on a tiré une boule rouge à l’épreuven+1. Ainsi, :
P[Yn=2](Yn+1=1)=P[Yn=2](Rn+1)=2 3
• Enfin,P[Yn=1](Yn+1=1)=2
3car si aprèsnépreuves il restait une boules rouge, pour qu’après l’épreuven+1 il ne reste encore une boule rouge, cela signifie qu’on a tiré une boule bleue, parmi les deux dans l’urne à ce moment, à l’épreuven+1. Ainsi, :
P[Yn=2](Yn+1=1)=P[Yn=2](Bn+1)=2 3 On a donc :
un+1=2 3un+2
3× 1 3n=2
3un+ 2 3n+1 De plus, on a : 2
3u1+ 2 31+1=4
9+2 9=2
3=u2, donc la relation est encore vraie pourn=1.
(c) On pose pour tout entier naturelnnon nulvn=un+2 3n. Montrer que la suite(vn)n∈N∗est géométrique.
En déduirevnen fonction denet dev1.
Établir enfin que pour tout entier naturel non nuln,un=2 µ2
3
¶n
−2 3n. On a :
vn+1=un+1+ 2 3n+1=2
3un+ 4 3n+1=2
3 µ
un+ 2 3n
¶
=2 3vn donc la suite (vn) est une suite géométrique de raison2
3. Commev1=u1+2
3=4
3, on a donc :
vn= µ2
3
¶n−1 v1=
µ2 3
¶n−14 3. donc
un=vn− 2 3n=4
3 µ2
3
¶n−1
−2 3n=2
µ2 3
¶n
− 2 3n On a bien : pour tout entier naturel non nuln,un=2
µ2 3
¶n
−2 3n .
(d) Déduire des résultats précédentsP(Yn=0)pour tout entier naturel non nuln.
Comme ([Yn=0], [Yn=1], [Yn=2]) est un système complet d’événements, on a : P(Yn=0)+P(Yn=1)+P(Yn=2)=1 et donc :
P(Yn=0)=1−P(Yn=1)−P(Yn=2)=1−2 µ2
3
¶n +2
3n−1 3n Finalement, P(Yn=0)=1−2
µ2 3
¶n + 1
3n .
–2/6–
5. On noteZla variable aléatoire égale au numéro de l’épreuve amenant la dernière boule rouge.
(a)DonnerZ(Ω).
La dernière boule rouge peur arriver à partir de la deuxième épreuve et ensuite à n’importe quelle épreuve.
Donc Z(Ω)=N\ {0, 1} .
(b)Soitkun entier supérieur ou égal à 2.
Exprimer l’événement[Z=k]en fonction des variablesYketYk−1.
Si [Z=k] cela signifie la dernière boule rouge est tirée à lak-ième épreuve donc il n’en restait qu’une à l’issue de l’épreuvek−1 ([Yk−1=1]) et aucune à l’issue de l’épreuvek([Yk=0]), soit
[Z=k]=[Yk−1=1]∩[Yk=0] .
(c)En déduire que la loi deZest donnée par : ∀k⩾2,P(Z=k)= µ2
3
¶k
− 2 3k. D’après la formule des probabilités composées, pour toutk∈Z(Ω) :
P(Z=k)=P(Yk−1=1)
| {z }
=uk−1
×P[Yk−1=1](Yk=0)
| {z }
=13
= Ã
2 µ2
3
¶k−1
− 2 3k−1
!
×1 3
= µ2
3
¶k
−2 3k
Ainsi, ∀k⩾2,P(Z=k)= µ2
3
¶k
− 2 3k .
(d)Montrer queZadmet une espérance et que :E[Z]=9 2. E(Z) existe ssi+∞X
k=2
kP(Z=k) converge absolument (somme de 2 à+∞carZ(Ω)=N\ {0, 1}).
On calcule les sommes partielles. SoitN⩾2. On a : XN
k=2
kP(Z=k)= XN k=2 k
µ2 3
¶k
−2 3k
= N X k=2 k
µ2 3
¶k
−2 N X k=2 k
µ1 3
¶k
On reconnait les termes généraux de séries géométriques dérivée première qui convergent car
¯
¯
¯
¯ 2 3
¯
¯
¯
¯<1 et
¯
¯
¯
¯ 1 3
¯
¯
¯
¯<1.
Ainsi,X
kP(Z=k) converge (absolument) doncE[Z] existe et on a :
E[Z]=
+∞X k=2
kP(Z=k)= +∞X k=2 k
µ2 3
¶k
−2 +∞X k=2 k
µ1 3
¶k
=2 3
+∞X k=2 k
µ2 3
¶k−1
−2 3
+∞X k=2 k
µ1 3
¶k−1
=2 3
Ã+∞
X k=1 k
µ2 3
¶k−1
−1
!
−2 3
Ã+∞
X k=1 k
µ1 3
¶k−1
−1
!
=2 3
ÃÃ 1
¡1−23¢2
!
−1
!
−2 3
ÃÃ 1
¡1−13¢2
!
−1
!
=2 3(9−1)−2
3 µ9
4−1
¶
=16 3−5
6=27 6 =9
2 Finalement, Zadmet une espérance et :E[Z]=9
2.
–3/6–
Exercice 2
1. SoitNla fonction définie sur l’intervalle[0, 1[, à valeurs réelles, telle que : N(x)=x2−2x−2 (1−x) ln (1−x) . (a) Montrer que la fonctionNest de classeC1sur[0, 1[.
• La fonctionx7→1−xest de classeC1sur [0, 1[ à valeur surR∗+car x<1=⇒1−x>0.
• La fonctiont7→ln(t) est de classeC1surR∗+.
Donc par composition,x7→ln(1−x) est de classeC1sur [0, 1[.
Finalement la fonctionNest de classeC1sur [0, 1[ comme somme et produit de fonctions de classeC1sur [0, 1[.
(b) Montrer que pour toutx∈[0, 1[, on a : ln (1−x)⩽−x.
Posonsh:x7→ln (1−x)+x.
hest dérivable sur [0, 1[ et pour toutx∈[0, 1[, on a : h′(x)= −1
1−x+1= −x
1−x⩽0 car −x⩽0 et 1−x>0 sur [0, 1[
Donc la fonctionhest décroissant sur [0, 1[. Elle est donc majorée parh(0)=0.
Ainsi, pour toutx∈[0, 1[, on a : h(x)⩽0 soit : ∀x∈[0, 1[, ln (1−x)⩽−x. (c) Montrer que pour toutx∈[0, 1[, on a : N′(x)⩽0.
Pour toutx∈[0, 1[, on a :
N′(x)=2x−2−2
·
−ln(1−x)+(1−x) −1 1−x
¸
=2x−2+2 ln(1−x)+2
=2 ((x+ln(1−x))⩽0
car d’après la question précédente, ln (1−x)⩽−x soitx+ln(1−x)⩽0 pour toutx∈[0, 1[.
Finalement, on a : ∀x∈[0, 1[,N′(x)⩽0.
(d) En déduire le signe deNsur l’intervalle[0, 1[.
D’après la question précédente, la fonctionNest décroissant sur [0, 1[. Elle est donc majorée parN(0)=0.
Ainsi, pour toutx∈[0, 1[, on a : N(x)⩽0 .
2. Soitfla fonction définie sur l’intervalle[0, 1[par : f(x)=
−2x+ln (1−x)
x2 si0<x<1
1 six=0
(a) Déterminer le développement limité en0à l’ordre2deln(1−x).
Au voisinage de 0, on a :
ln(1+x)=x−x2 2+o(x2) donc
ln(1−x)= −x−(−x)2
2 +o(x2)= −x−x2 2 +o(x2) Ainsi, ln(1−x)= −x−x2
2+o(x2) au voisinage de 0.
(b) En déduire quelim x→0f(x)=1.
Au voisinage de 0, on a donc :
x+ln (1−x)=x−x−x2 2+o(x2)
= −x2 2+o(x2) et donc
x+ln (1−x)∼ 0−x2
2 –4/6–
On en déduit que au voisinage de 0+:
f(x)= −2x+ln (1−x)
x2 ∼
0+−2−x22 x2 =1 Ainsi,f(x)∼
0+1 donc lim x→0f(x)=1 .
(c)En déduire que la fonctionfest continue sur[0, 1[.
• La fonctionf est continue sur ]0, 1[ comme quotient de fonction continues sur ]0, 1[ carx2̸=0.
• De plus, lim
x→0f(x)=1=f(0) doncfest continue en 0.
Ainsi, la fonctionfest continue sur [0, 1[.
(d)Montrer quefest dérivable sur]0, 1[et que pour toutx∈]0, 1[, on a : f′(x)= −2 N(x) x3(1−x). On a déjà vu quex7→ln(1−x) est dérivable sur ]0, 1[.
Donc, la fonctionf est dérivable sur ]0, 1[ comme quotient de fonction dérivable sur ]0, 1[ carx2̸=0.
Pour toutx∈]0, 1[, on a :
f′(x)= −2
µ
1+ −1 1−x
¶
x2−2x(x+ln(1−x)) x4
= −2
−x3−2x(1−x) (x+ln(1−x)) 1−x
x4
= −2
·−x2−2(1−x) (x+ln(1−x)) x3(1−x)
¸
= −2
·−x2−2x(1−x)−2(1−x) ln(1−x) x3(1−x)
¸
= −2
·x2−2x−2(1−x) ln(1−x) x3(1−x)
¸
= −2 N(x) x3(1−x) Ainsi, pour toutx∈]0, 1[, on a : f′(x)= −2 N(x)
x3(1−x). (e)On admet qu’au voisinage de0, on a : ln (1−x)+x+x2
2 ∼ 0−x3
3. Montrer alors quefest dérivable en0et quef′(0)=2
3. Calculons le taux d’accroissement def en 0. On a :
f(x)−f(0) x−0 =
−2x+ln (1−x) x2 −1
x
=−2x−2 ln (1−x)−x2 x3
= −2
ln (1−x)+x+x2 2 x3 Or, on a admis qu’au voisinage de 0, on a : ln (1−x)+x+x2
2 ∼ 0−x3
3. Ainsi, on obtient par quotient d’équivalents :
f(x)−f(0) x−0 ∼
0−2
−x3 3 x3 =2
3 Ainsi, fest dérivable en 0 et quef′(0)=2
3.
–5/6–
(f ) Dresser le tableau de variation de la fonctionfsur[0, 1[, limites comprises.
On a :
x N(x) x3(1−x)
−2 f′(x)
f(x)
0 1
− +
− +
1 1
+∞
+∞
car lim
x→1ln(1−x)= −∞donc par somme, quotient et produit de limites, on a lim
x→1f(x)= +∞
(g) Tracer soigneusement l’allure de la courbe représentative de la fonctionf. On donnera l’équation de la tan- gente en0et on la tracera.
L’équation de la tangente en 0 est donnée par : y=f′(0)(x−0)+f(0), soit d’après les calculs précédents : y=2
3x+1
O x
y
(h) Soitn∈N∗. Montrer que l’équationf(x)=nadmet une unique solution, notéeunsur[0, 1[. Donner la valeur deu1.
• La fonctionf est continue et strictement croissante sur [0, 1[ donc elle réalise une bijection de [0, 1[ sur [1,+∞[ (d’après les calculs de limites plus haut).
• De plus,n∈N∗doncn∈[1,+∞[.
• Donc, d’après le théorème de la bijection, l’équationf(x)=nadmet une unique solutionun∈[0, 1[.
Pourn=1, commef(0)=1, on a u1=0 .
(i) L’équationf(x)=xadmet-elle une solution sur[0, 1[?
Graphiquement, cette équation n’a pas de solution (tracer la droitey=xsur le même graphique).
Plus rigoureusement, d’après le tableau de variations, on a pour toutx∈[0, 1[ : f(x)⩾1
Mais commex<1, on obtient :
f(x)⩾1>x soitf(x)>x (inégalité stricte) Ainsi, l’équationf(x)=xn’admet-elle une solution sur [0, 1[ .
–6/6–