Transformations du plan et de l’espace affine euclidien
1 Isom´ etries d’un espace affine euclidien
1.1 Espace affine, applications affines Rappel.
Propri´et´e.
D´efinition. Soit f : EÑ E. On dit quef est uneapplication affine si et seulement si il existeϕPLpEq tel que :
@APE, @~xPE, fpA ~xq fpAq ϕp~xq ϕ est unique et s’appelle lapartie lin´eaire de f.
Remarque.
Propri´et´e. Les applications affines sont de la forme :
f t~uϕ
o`ut~u est une translation deE etϕPLpEq.
Exemple. Soit E R3 muni du rep`ere pO;p~ı, ~, ~kqq, c’est-`a-dire que O est l’origine de notre espace affine, et p~ı, ~, ~kqune base de l’espace vectorielE R3 sous-jacent. Soitf etgdont les expressions analytiques sont :
$'
&
'%
x1 3 x 2y z y12x y 2z z1 1 x 2y z
$'
&
'%
x1 2 xyz
y1cosx sinytanz z1 3 x2 y2 z2 Sont-elles des applications affines ? Si oui, quelles sont leurs parties lin´eaires ?
Exemple.On reprend les mˆemes notations. SoitBp1,2,3q. Donner l’expression analytique de la transformation affine h telle que hpOq B et de partie lin´eaire ϕ3IdE.
Exemple. Montrer qu’une homoth´etie du plan est une transformation affine. Quelle est sa partie lin´eaire ? Propri´et´e.Une application affinef de partie lin´eaireϕest injective (resp. surjective) si et seulement siϕl’est.
Remarque.
Propri´et´e.Soitf affine de partie lin´eaireϕetgaffine de partie lin´eaireψ. Alorsgf est affine de partie lin´eaire ψϕ.
Propri´et´e. Une application affine est une translation si et seulement si sa partie lin´eaire estIdE .
1.2 Isom´etries affines
D´efinition.On appelleisom´etrie affinedeEtoute application affine deEqui conserve les distances, c’est-`a-dire
telle que pour tout A etB, on a :
}ÝÝÝÝÝÝÑ
fpAqfpBq} }ÝÝÑAB}
Th´eor`eme.
Soit Eun espace affine, et f une application affine de E. Notonsϕla partie lin´eaire de f.
f est une isom´etrie affine de E si et seulement siϕ est un automorphisme orthogonal deE.
Remarque.
Exemple.
D´efinition. On appelled´eplacement(resp.antid´eplacement) toute isom´etrie affine dont la partie lin´eaire a
pour d´eterminant 1 (resp.1).
Propri´et´e. L’ensemble des isom´etries affines de E est un groupe, not´e IspEq. L’ensemble des d´eplacements est un groupe, sous-groupe de IspEq, not´e DeppEq.
Th´eor`eme.
Deux isom´etries affines ont la mˆeme partie lin´eaire si et seulement si elles sont ´egales `a une translation pr`es, c’est-`a-dire s’il existe un vecteur~utel quef t~ug.
Exemple.
Remarque.
R´esultat. Lorsqu’il n’y a pas de point fixe, f se d´ecompose de mani`ere unique et commutative en
f tggt
o`u g est une isom´etrie affine admettant au moins un point fixe, et t une translation de vecteur ~v, avec v P
KerpϕIdEq.
1.3 Conservation du barycentre Th´eor`eme.
Les isom´etries affines pr´eservent le barycentre, c’est-`a-direque si Gest le barycentre du syst`eme de points pond´er´es tpAi, αiqu, alorsfpGq est le barycentre du syst`eme de points pond´er´es tpfpAiq, αiqu. Remarque.
2 Isom´ etries affines du plan
2.1 ´Etude des d´eplacements
D´efinition. On appelle rotation de centre Ω et d’angle θl’unique application affine dont la partie lin´eaire est la rotation (vectorielle) d’angle θ et qui laisse fixe le point Ω. C’est une isom´etrie affine (puisque la ro- tation vectorielle est un automorphisme orthogonal) directe (puisque la rotation est directe). C’est donc un d´eplacement.
Remarque. Soitf rpΩ, θq,M, M1 PE. Alors :
M1 fpMq ðñ
$&
%
ΩM1 ΩM Mesp {ÝÝÑΩM ,ÝÝÑ
ΩM1q θp2πq
Th´eor`eme (Classification des d´eplacements du plan).
Les d´eplacements du plan sont les translations et les rotations.
2.2 ´Etude des antid´eplacements
D´efinition. Soit Dune droite affine deE2. On appeller´eflexiond’axeDl’application affine laissant invariant un point de D, et qui a pour partie lin´eaire la r´eflexion (vectorielle) par rapport `aD, la direction de D. C’est un antid´eplacement.
Th´eor`eme (Classification des antid´eplacements du plan).
Les antid´eplacements du plansont les r´eflexions et les r´eflexions gliss´ees, c’est-`a-dire les compos´ees commutatives d’une r´eflexion d’axe Det d’une translation de vecteur~udirigeantD.
Proposition. Etant donn´es deux points distincts´ pA, Bq, il existe une r´eflexion et une seule ´echangeantA etB. L’axe de cette r´eflexion s’appelle la m´ediatrice du bipoint pA, Bq.
Etude du produit de deux r´´ eflexions du plan. SoitDetD1 deux droites du plan affine. Alors :
(a) Si D{{D1, alors la compos´ee des deux r´eflexions SD1SD est une translation de vecteur 2~x, o`u ~x est le vecteur orthogonal `a DetD1 tel queD1 t~xpDq.
(b) SiDetD1 se coupent enA, alors la compos´ee des deux r´eflexions SD1SD est la rotation de centreAet d’angle 2θo`uθ est l’angle d´efini `aπ pr`esθ {pD,D1q
Remarque. On peut montrer que r´eciproquement toute translation et toute rotation est compos´ee de deux r´eflexions, dont l’une est choisie quelconque.
Corollaire. Le groupe IspEq est engendr´e par les r´eflexions.
Remarque. Les isom´etries du plans peuvent ˆetre classifi´ees `a partir de leurs points fixes : d´eplacement translation Fixpfq ∅
rotation Fixpfq tΩu antid´eplacement r´eflexion Fixpfq D
r´eflexion gliss´ee Fixpfq ∅
3 Isom´ etries affines de l’espace
3.1 D´eplacements
D´efinition. SoitD un axe orient´e deE, αP R. On appelle rotation d’axe D et d’angle α l’isom´etrie affine laissant invariant un point de Det de partie lin´eaire RotD,α.
D
M
r(M) α
D´efinition. SoitDun axe deE,αP Ret~uqui dirige et orienteD. On appellevissage d’axe Det d’angle α et de vecteur ~ula compos´ee commutativet~uRotD,α.
D
~u
M
r(M) f(M)
α
Proposition. Tout d´eplacement admettant au moins un point fixe est une rotation.
Lemme.Soit~v un vecteur,Dune droite et θP Rr2πZ. Si~vKD, alorst~vRotD,θ est une rotation.
Th´eor`eme (Classification des d´eplacements de l’espace).
Les d´eplacements de l’espace sont les translations, les rotations et les vissages.
3.2 Antid´eplacements
Remarque.Leur ´etude g´en´erale est hors programme. Ce sont les r´eflexions, les r´eflexions gliss´ees et les compos´ees r´eflexions/rotations.
Etude du produit de deux r´´ eflexions. Soit PetP1 deux plans.
• SiP etP1 sont parall`eles, alors RefPRefP1 est la translation, de vecteur 2~uo`u~uest orthogonal `a Pet tel queP1 est l’image deP part~u.
• SiPetP1 se coupent selonD, alorsRefPRefP1 est une rotation d’axe D, d’angle2pP{,P1q, l’angle ´etant orient´e par l’orientation choisie surD.
Remarque.On peut montrer r´eciproquement que toute translation, toute rotation se d´ecompose comme produit de deux r´eflexions.
4 Similitudes
4.1 D´efinitions
D´efinition.SoitEle plan affine euclidien. Soitf : EÑEune application affine. On dit quef est une similitude de rapport kP R si et seulement si :
@pA, Bq PE2, dpfpAq, fpBqq k dpA, Bq
k s’appelle lerapport de similitude.
Exemple.
(a) Une similitude de rapport 1 est une isom´etrie.
(b) Les homoth´eties de rapportsk sont des similitudes de rapport|k|.
Propri´et´e.
• La compos´ee d’une homoth´etie de rapportk et d’une isom´etrie est une similitude de rapport |k|.
• R´eciproquement, soit f une similitude de rapport k ¡ 0, et h une homoth´etie de rapport k. Notons
g h1f. Alors dpgpAq, gpBqq d h1fpAq, h1fpBq
1kdpfpAq, fpBqq dpA, Bq. Donc g est
une isom´etrie. Ainsi, toute similitude se d´ecompose sous la forme f hg o`u h est une homoth´etie de
rapport ketg une isom´etrie.
Remarque. La partie lin´eaire d’une similitude satisfait
@xPE, }ϕpxq} k}x}
D´efinition. Soit f une similitude du plan et ϕsa partie lin´eaire. On dit que f est une similitudedirecte si et seulement si detϕ¡0. Elle est diteindirectesi detϕ 0.
4.2 Similitudes directes du plan Th´eor`eme.
Soit f une similitude directe du plan, de rapport k.
• Sik1, alorsf admet un point fixe unique Ω, et il existeθ un r´eel unique `a 2π pr`es, tel que : f hΩ,kRΩ,θ RΩ,θ hΩ,k
• Sik1, alorsf est une translation ou une rotation.
Remarque.
Remarque. Le th´eor`eme pr´ec´edent permet de dire que les similitudes directes du plan sont : (a) Les translations
(b) Les rotations
(c) Les compos´ees homoth´eties/rotations de mˆeme centre
Proposition. Les similitudes directes conservent les angles orient´es, i.e. si A, B, C sont donn´es et f est une similitude directe, alors :
pÝÝÝÝÝÝÑ{
fpAqfpBq,ÝÝÝÝÝÝÑ
fpAqfpCqq p {ÝÝÑAB,ÝÑACq
Proposition. Les aires sont multipli´ees park2 par les similitudes de rapportk.
4.3 Rappels sur l’utilisation des nombres complexes Th´eor`eme.
Soit f : E Ñ E. f est une similitude directe si et seulement si son expression complexe est
Fpzq az bavec aP C etbP C.
Exemple. Donner l’expression complexe de la similitude directe de centre Ωp1,1q, de rapport 2 et d’angle π4. Exemple.Soitf l’application affine dont l’expression complexe estFpzq 2iz 1 i. Reconnaˆıtre et caract´eriser.
Proposition. Soit pA, A1q etpB, B1q, avecAB etA1B1. Alors il existe une similitude directe et une seule envoyant A surA1 etB surB1.
Exemple.SoitAp0,1q,Bp3,1q,A1p3,1qetB1p0,4q. D´eterminer la similitude correspondant au probl`eme ci-dessus.
Transformationduplanaffineeuclidien 42.1Dansleplanrapport´e`aunrep`ereorthonormaldirect,d´eter- minerlanatureetles´el´ementscaract´eristiquesdesapplicationsdont lesexpressionsanalytiquessont: paq# x1 3 5x4 5y4 y1 4 5x3 5y2pbq# x1 ? 3 2x1 2y4? 3 y1 1 2x? 3 2y32? 3 pcq# x1 y1 y1 x2pdq# x1 ? 2 2x? 2 2y? 21 y1 ? 2 2x? 2 2y1 transfplanespace_1.tex 42.2SoitpA,B,CquntriangletelquepA;ÝÝÑ AB,ÝÑ ACqsoitunrep`ere direct.SoitpA1 ,B,Cq,pB1 ,C,AqetpC1 ,A,Bqlestrianglesrectangles isoc`elesconstruitsext´erieurementsurpA,B,Cq.SoitIlemilieude rBCs.SoitrB1etrC1lesrotationsdecentresrespectifsB1etC1et d’angleπ 2. Encaract´erisantlatransformationrC1rB1dedeuxfa¸cons(d’abordpar unem´ethodedirectepuispard´ecompositionenproduitder´eflexions), montrerqueletrianglepI,B1 ,C1 qestisoc`elerectangle.transfplanespace_2.tex 42.3SoitpA,B,Cquntriangletelquemesp{ÝÝÑ AB,ÝÑ ACqαp2πq, mesp{ÝÝÑ BC,ÝÝÑ BAqβp2πqetmesp{ÝÑ CA,ÝÝÑ CBqγp2πq.OnnoteIlepoint d’intersectiondesbissectricesdutriangle.D´eterminerlescompos´ees desrotationssuivantes: rpB,βqrpC,γqetrpA,αqrpB,βqrpC,γq transfplanespace_3.tex 42.4SoitA,B,Ctroispointsnonalign´es.Soitslar´eflexiond’axe pACqetDspBq.Soitfl’uniqueapplicationaffineduplantelleque fpAqA,fpBqCetfpCqD.Soitgsf.SoitIlemilieude rBCs.D´eterminergpAq,gpBq,gpCqetgpIq.Reconnaˆıtreetcaract´eriser g.Commentfaut-ilchoisirA,BetCpourquefsoituneisom´etrie? Reconnaˆıtreetcaract´eriserfdanscesconditions.transfplanespace_4.tex 42.5SoitOetAdeuxpointsdistincts,rlarotationdecentreO etd’angleπ 2.Quelestl’ensembledespointsMtelsqueA,MetrpMq sontalign´es?transfplanespace_5.tex Transformationdel’espaceaffineeuclidien 42.6
# y0 ´ Ecrirel’expressionanalytiqueduvissaged’axe∆, z2 π d’angleetdevecteur2~ı.transfplanespace_6.tex 4 42.7Reconnaˆıtreetcaract´eriserl’applicationd’expressionanaly- tique:
$ ' &1221 xxyzβ333 1212 yxyz2p1βq 333' %1221 zxyzβ 333 transfplanespace_7.tex 42.8Reconnaˆıtreetcaract´eriserl’applicationd’expressionanaly- tique:
$ ' &1 xz2 1 yx2 ' %1 zy2 transfplanespace_8.tex 42.9Reconnaˆıtreetcaract´eriserl’applicationd’expressionanaly- tique:
$ ' &1 xz1 1 yx ' %1 zy2 transfplanespace_9.tex 42.10Reconnaˆıtreetcaract´eriserl’applicationd’expressionanaly- tique:
$ ' &1 xy3 1 yx2 ' %1 zz transfplanespace_10.tex
42.11Reconnaˆıtreetcaract´eriserl’applicationd’expressionanaly- tique:
$ ' &1 xy 1 yz1 ' %1 zx1 transfplanespace_11.tex 42.12Reconnaˆıtreetcaract´eriserl’applicationd’expressionanaly- tique:
$ ' &12211 xxyzα 3333 12211 yxyzpα1q3333' %12121 zxyzpα2q 3333 transfplanespace_12.tex 42.13Reconnaˆıtreetcaract´eriserl’applicationd’expressionanaly-
tique:
??$ ' &? 3311 xxzp31q 222 1yy1 ?' %? 1131 zxzp13q 222 transfplanespace_13.tex 42.14Donnerl’expressionanalytiqueduvissaged’axe # xz2 0 2D,d’angleπetdevecteur~u.transfplanespace_14.tex y0 Similitudesdirectesduplan 42.15Dansleplanaffineeuclidien,onconsid`eresunesimilitude directedecentreΩetd’angleθRπZ.SoitAunpoint,Dundroite 11 passantparA,necontenantparΩ.OnnoteDspDqetAspAq. 11 MontrerquelespointsΩ,A,AetDXDsontcocycliques.transfplanes- pace_15.tex