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ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE REGION DE L'AFRIQUE

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(1)

E

WORLD HEALTH ORGANIZATION AFRICAN REGION

ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE REGION DE L'AFRIQUE

DE [-,4

ONCI-IOCERC:IASIS CONTROL PROGRAT\4IVIE IN WEST AFRICA

PROGRAMIÿIE DE LUTTE CCNTRE L'ONCIIOCERCOSE EN AFRIQUE DE L,OUEST B P 549 OUACIADOUGOU, Burkrna Faso Télégr ONCHO OUAGADOUGOU

Tet

3429 53- 34 2959-342960Télex ONCHO 5241 BF Fax 342875

RAPPORT DE SYNTHESE DES ACTIVITES L'C)CP SUR LA KULPAWN, LA MOLE ET

SISSII DE 1975 A 2OOI

par

AGOUA Hyacintltef'

l)crcument rédige sous Accord de Sen'ices ContractLrels OlvlS/OC.P

^\\'-c IA collaboratior-i «lu Direclellr du Programnre et des Chet.s i1e Sen'ices et ti'l.inite:; t.:clttrique:;

No /02AICU/TECt/3.9

*[rnlomolog_tiste r:rédical

-

l\ncicr-r itii:rnirrc du Persoutrel tle'I'ON4S

-

I''rogramme Onchocercosc

OLrapiadougou. .luin 2002

(2)

)

SOMMAIRE 1. INTRODUCTION

GENERALITES

SUR

LE PROGRAMME

DE

LUTTB CONTRE L'ONCHOCERCOSE EN AFRIQUE

DE

L'OUEST

3. PRESENTATION DE LA ZONE DE LA KULPAWN.MOLE-SISSILI

4. ACTMTES ENTOMOLOGIQUES

4.1.

4.1.t.

4.1.2.

4.r.3.

4.2.

4.2.1.

4.2.2.

4.2.3.

4.2.4.

4.3.

4.3.1.

4.3.2.

4.3.3.

4.3.4.

4.4.

Historique

de

la

Surveillance Entomologique.

Les gîtes larvaires.

Les points de captures.

Les prospections entomologiques.

Historique

des

traitements

larvicides.

Quelques données hydrologiques

Schéma

d'utilisation

alternée des insecticides à l'OCP.

Utilisation

des insecticides sur la Kulpawn, la Molé et la Sissili Traitements larvicides au sol.

Résultats entomolo giques.

Difficultés

d'accès aux points de capture.

Identification des vecteurs.

Identifi cation des parasites.

Transmission.

Etudes de Post

traitement sur

la

Kulpawn

et la Molé.

5. SURVEILLANCE DE LA FAUNE AQUATIQUE

6. ENQUÊTES EPIDEMIOLOGIQUES

6.1.

6.2.

Résultats épidémiologiques avant le début de la

lutte antivectorielle.

Résultats épidémiologiques à la

fin

de la

lutte

antivectorielle.

DISTRIBUTION DE L'IVERMECTINE.

ENQUÊTES SOCIOLOGIQUES.

ACTIVITES DE SENSIBILISATION ET

DE

MOBILISATION

DES

POPULATIONS

10. CONCLUSION.

II. REMERCIEMENTS

12. BIBLIOGRAPHIE.

7.

8.

9.

13. ANNEXES

(3)

3

1. INTRODUCTION

La Sissili

et la

Molé

sont des affluents de la

Volta

blanche

; la

Kulpawn est un affluent de

la Sissili. Les cours

nloyen

et inférieur de la Sissili

sont

au

Ghana,

Ie cours

supérieur est au Burkina Faso

(figure l).

La Volta blalche

et ses affluents,

(la Volta

rouge.

la Kulpau'n, la Mole et la Sissili)

font

partie de la

phase

II du

Programme

de lutte

contre I'Onchocercose

en Afrique de

I'Ouest. Les traiterlents larvicides aériens ont commencé sur ces rivières en

janvier

1976.

Le

présent rapport de synthèse sur

Ia

Kulpawn.

la

tr4olé

et la Sissili traite

de toutes les

activités entreprises par I'OCP

de

1975 à 2001.11 passe en revue les activités de

I'unité

de Lutte

A'tivectorielle (Vector Control Unit ;

«

VCU »), traitements larvicides,

évaluations entomologiques

et celles de I'Unité de Planification. Evaluation et Transfert (PET),

enquêtes épidémiol,ogiques et sociologiques, distribution de I'ivermectine, activités de sensibilisation.

2. GENEITALITES

SUR

LE PROGRAMME

DE

LUTTE CONTRE L'ONCHOCERCOSE EN AFRIQUE DE L'OUEST

Le

Programme de

Lutte

contre I'Onchocercose en

Afrique

de I'Ouest (OCP) a commencé ses activités

en

1974. et intéressait alors 7 pays (Bénin. Burkina Faso. Côte

d'lvoire,

Ghana,

Mali, Niger

et Togo).

Il

cor.rvrait dans sa zone

initiale

de savane. Lrne superficie de 654 000 km2. C'est la zone où sévissait I'olchocercose solls sa forme grave. cécitante entraînant la désertion des vallées.

Avec

les extensions effectuées en Côte

d'Ivoire en

1978-1979.\a superficie

du

Programme a été

portée à764

000

km2:

ce

qui

représente

environ l8

000

km

de rivières traitées. Compte tenu des bons résultats obtenus et pour prévenir la réinvasion, des extensions ont été effectuées vers le sud et I'ouest

en

1987-1988. Actuellement, le Programme couvre

ll

pays (Bénin,

Burkina

Faso. Côte

d'ivoire,

Ghana, Guinée. Guinée-Bissau,

Mali,

Niger, Sénégal. Sierra Leone et Togo), et s'étend sur environ

I

300 000

km'](fig. l).

I-'objectif du

Programme est de

lutter

contre I'onchocercose

afin

que cette maladie ne soit

plus un

problème

de

santé publique.

ni un

obstacle au développement socio-économique.

et

de s'assurer que les pays participants sont en mesure de maintenir cette réalisation.

Sur

le plan

adrninistratif.

la Direction du

Programme de

Lutte

contre I'Onchocercose est basée

à

Ouagadougou au

Burkina

Faso.

Elle

possède des

Unités : Administrative.

Planification, Evaluation et Transfert et de Lutte contre le Vecteur.

Sur le plan

opérationnel.

I'Unité

de

Lutte

contre

le

Vecteur s'appuie

sur 2

zones

(Est

et Or-rest). des secteurs. des sous-secteurs et des bases opérationnelles, toutes reliées par radio. ce qui

permet la

transmission

rapide des

données entomologiques

et des directives scientifiques

et administratives.

En

1990,

il

existait dans la zone initiale de I'OCP et en extension sud, 5 secteurs.

20

sous-secteurs

et

une antenne

à

Bandiagara

(Mali) :

en extension-ouest,

8

secteurs

et 25

bases opérationr-relles.

Le Conseil

<i'Administration

de I'OCP est le Conrité Conjoint du

Programme (CCP)

colstitué

des représentants des Pays participants. les Agences parrainantes

et

les délégués des 23 Organisptes et Pays donateurs. I-e Comité Consultatif d'Experts et

le

Groupe écologique donnent cles avis techniques au CCP.

Le

Comité des Agences Parrainantes

(CAP)

comprend I'Organisation

Mondiale cle la Santé (OMS). qui est I'Agence chargée de I'exécution du

Programme.

(4)

I'Organisation des Nations Unies

pour I'Alimentation et I'Agriculture (FAO), le

programtne des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Banque Mondiale.

Compte tenu des résultats satisfaisants obtenus sur la plupart des bassins

fluviaux,

certaines activités

du

Programme

ont

été progressivement réduites à

partir du milieu

des années 1990. Ce

qui a entraîné la fermeture d'un certain nombre de

secteurs,

de

sous-secteurs

et de

bases opérationnelles.

3. PRBSENTATION DE LA KULPAWN

_

MOLE

-

SISSLI

La Kulpawn. la Molé

et

la Sissili

sont situées dans une zone de savane marquée par une saison des pluies et une saison sèche. La saison des pluies commence en général vers la

mi-mai

ou au début du mois de

juin

et se termine vers la mi-octobre.

La saison sèche couvre en général la période allant de la mi-novembre à

awil.

De décembre à février souffle I'harmattan, un vent

froid

et sec.

3.1. La Molé

La Molé

est un affluent de la

Volta

blanche. Elle prend sa source dans la région de Loggo

(9"

52'

48" Nord et 2"

25'

37"

Ouest)

et

coule dans une réserve d'animaux sauvages appelée la

"lvlole

game reserve". Cette

rivière à

une longueur

d'environ

186 kilomètres

et

se

jette

dans la

Volta

blanche en aval de Daboya

(9" 22'38"

Nord et

lo 20'

59" Ouest).

Pendant

la

saison sèche, les cours supérieurs et moyens tarissent complètement

; un

faible écoulement peut être observé sur le cours inférieur.

La Molé a

de nombreux petits affluents surtout dans

la

partie amont

(frg. 2). Ce

sont [e

Howopol (VB9l9)-,

la

Kpayiing (VB

918)

;

le Nambagogon

(VB 917),leZanogon (VB

916) ; le Kpalamun

(V8915),

le Lora

(VB

914), le Koglé

(VB

913) et le Saphé

(VB

910).

Sur le cours moyen

ily a2

affluents, le

Lovi (VB

920) et le Salomé ou Zambolé

(VB

921).

En saison des pluies tous ces petits affluents coulent sur un socle plus ou moins rocheux et

ont

des gîtes qui peuvent abriter Simulium damnosum s.l.

3.2. La Kulpawn

La Kulpawn

est un affluent de

la

Sissili

qui

prend sa source aux environs de

Zini (1lo

00'

37" Nord et 2"

16'

53"

Ouest).

Elle

coule d'abord dans une direction Nord-Ouest/Sud-Est, puis Sud-OuestÀ{ord-Est avant de se jeter dans

la

Sissili en aval de Wiase

(10" l9'35"

Nord et

0lo

05' 17" Ouest). Les cours moyen et inférieur de la Kulpawn ainsi que son

principal affluent la

Felin ont beaucoup de gîtes

(fig.

3).

.

A/in

de

fociliter

les activités des Opérations aériennes dans le cadre de

la

lutte contre

le

vecteur de I'onchocercose les biefs des cours d'eou ont été codifiés en tenant compte du nom du bassin et en cjoutant un chiffre allant de 100 à 900.

Exemple

:

VB9 19 signtfie

:

Volta Blanche bief 919.

(5)

5 Les affluents de la Kulpawn, de I'amont vers I'aval sont : le

Bojoli (VK

101), les

Walifuo

I

et2(VK l02et 103);laBegelimbe(VKl04), laFélin(VK20letYK202) etleGrogro(VK

302).

La longueur de la Kulpawn (de la source à I'embouchure) est de 337 km environ.

3.3. La Sissili

Cette rivière qui a une longueur de 309 km environ prend sa source au Burkina Faso dans la région

de Dalo (11' 57' 34" Nord et

02o

08' 35"

Ouest).

Elle

coule

d'abord

dans une direction Nord-OuesÿSud-Est, puis Nord-Sud avant de se jetter dans la

Volta

blanche en aval de Kpasinkpe au Ghana (10o 19' 35" Nord et 01o 05' 17" Ouest).

La Sissili

possède cle nombreux affluents dans son cours moyen.

Il

s'agit du Nazinga (VS 201), du Pukum

(VS

301) qui possède aussi de nombreux sous affluents ; le Pagawma

(VS

306) ;

le Takurefu (VS 307), le Mogbie (VS 308); le

Sontilon

(VS 309), I'Afoombali (VS 310);le

Siparebol

(VS

31 1) et le Bahambolfu (VS 312).

La Sissili

a un excellent écoulement en saison des pluies et s'assèche presque entièrement en saison sèche.

ACTIVITES ENTOMOLOGIQUES

4.

1.1 4.1.1.

4.1.1.1.

Historique

de la

surveilblq

e entomologique Les qîtes

larvaires

La Molé

Sur la

Molé

les gîtes sont surtout en amont dans la région de Chiasa où les petits affluents

coulent sur un

socle

plus ou moins rocheux (fig. 3). En aval il y a

quelques

gîtes avant

la confluence de la Mole et de la Volta blanche.

4.1.1.2. La Kulpawn

Il y a

des gîtes

en

amont

de la

confluence de

la Kulpawn et de la Félin sur les

petits affluents

Walifuo I

et

II.

En aval de la confluence de la Félin

il

y a une succession d'importants gîtes qui peuvent être très productifs en saison des pluies. Cette succession de gîtes s'étend jusqu'en aval de Bielikpong- On note également quelques gîtes en amont et en aval de Yagaba'

Sur I'affluent Félin de

nombreux

gîtes sont productifs en

saison

des pluies. Quant

à I'affluent Grogro

il

y a peu de gîtes en amont de sa confluence avec la Kulpawn.

En saison sèche, la haute et la moyenne Kulpawn s'assèchent complètement. Cependant en aval

de Biélikpong jusqu'à la

confluence avec Ia Sissili,

on

peut

avoir

des écoulements pendant toute

la

saison sèche. L'eau proviendrait de

I'affluent

Grogro sur lequel

il y

a de petites retenues

d'eau. Ces

écoulements

peuvent permettre le

développement

des

stades aquatiques

de

^S-

damnosum s.l.

(6)

En

saison des pluies, la configuration topographique des gîtes peut entraîner de « mauvais passages » de

l'insecticide ; il

est donc

difficile

de traiter correctement certains gîtes (Tony Opoku com. pers.). Les routes étant impraticables en saison des pluies,

il

est quasiment impossible de faire des captures et des prospections pour évaluer chaque semaine

la

situation entomologique

afin

de mieux ajuster les traitements larvicides.

4.1.1.3. La Sissili

Sur le cours amont de la Sissili, dans le "Ranch de Nazinga" de petits barrages ont été crés.

Les

déversoirs

de

ces barrages peuvent

produire

des

simulies en

saison des

pluies. On

note également quelques gîtes sur les cours moyens et inférieurs

(fig.

3).

4.1.2.

Les p

oints

de caDture

4.1.2.1. La Molé

Trois points de capture ont été visités sur la Molé ; Lankatere, Mongnori et Chiasa

(fig.

4).

Lankatere (Code

l2l0)

Des captures de S. damnosunt s.l.

ont

été effectuées sur ce

point

de

juillet

1975

àjanvier

l 985.

Monsnori

(1216)

Ce point a été visité de septembre 1975 à décembre 1984.

Clriasa (1222)

Ce point

situé

en

amont

de Mongnori

n'a été

visité

qu'à

partir

de septembre 1991. Les captures régulières

qui

ont

pris fin

en novembre 1995 ont été suivies immédiatement de captures périodiques en saison des pluies pour des études de "Post traitement".

4.1.2.2. La Kulpawn

Cinq points de capture ont été visités sur la Kulpawn Wahabu (Code 0518)

Des captures régulières ont été entreprises sur ce point d'août 197 5 à octobre 1993

Walifuo

(0517)

Ce

point

situé sr,rr I'affluent Walifuo n'a connu que 4 années de captures, de septembre 1976 à novembre 1980.

Kulun

(0519)

Kulun situé

près

du point de

capture

de

"Post traitement"

de Yayonyiri a

été

visité

de

janvier

1976 à janvier 1993.

(7)

7

Biélikpone (142s)

Biélikpong

est un important point de capture qui a été visité de

janvier

1989 à

juillet

1995 pour les captures régulières. Ce

point

a été

utilisé

pour des études de "Post traitement"

de

1996 à

l 998.

Yagaba : (1410)

Compte tenu de

la difficulté

d'accès de ce

point

en saison des pluies, les captures ont été effectuées par intermittences en saison sèche de

janvier

1976 à novembre 1993.

4.1.2.3. La

Sissili

Neuf

(9) points de capture ont été visités de 1975 à 1993

(fig.

4).

Au Burkina.

Trois points sont au Burkina-Faso : Boala, Pont Sissili et Boudjolo.

Boala : (code 0520)

Ce point a été visité pendant quelques mois de

juillet

à décembre 1977 Pont Sissili

(0s0r)

Des captures ont été effectuées sur ce point de

juin

1975 à novembre 1984-

Boudiolo

: (0521)

Ce point, situé dans la réserve de Nazenga a été visité de

mai

1989 à novembre 1993

Au

Ghana.

Six (6) points sont au Ghana,

§akong,

Nablébia,

Nevri,

Wiase, Banu et Konchorgou).

Nakons

:

(1408)

Des captures ont été effectuées

d'avril

1975 à

juill

et 1994 Nevri ou Navere (0s

l3)

Ce point a été visité d'août 1975 ànovembre 1977.

Wiase : (1421)

Des captures ont été entreprises de

juin

1976 à septembre 1991

Nablebia:

(1414)

(8)

Les captures

ont

été effectuées d'août 1975 à novembre 1991 avec deux années d'arrêt en 1985 et 1986.

Banu:

(1416)

Ce point n'a été visité que de septembre à novembre 1975 (03 mois) Konchorgou : (1418)

Des captures ont été effectuées à Konchorgou de septembre 1975 à décembre 1978, avec un

arrêt

en 1979

et2

mois de capture en août et octobre 1980.

4.1.3.

Les prospections entomologiques

Des

prospections

au sol ont

régulièrement été effectuées

sur la Mole, la Kulpawn et

la Sissili quand les routes sont praticables pour vérifier l'efficacité des traitements larvicides.

Des

prospections aériennes

ont

également

été

entreprises chaque

fois que cela a

été nécessaire pour améliorer les traitements larvicides.

4.2. Historique

des

traitements larvicides 4.2.1.

Quelques données hydrologiques

Sur

la Sissili

à Nakong, les hydrogrammes

de

1987

à

1993 ont montré que les débits ont varié de 0 m3/sec. en saison sèche à 48m3/sec. en saison des pluies

(fig.

5). Le débit le plus élevé (48 m3/sec.) a été enregistré en 1988.

A

Wiase, en aval de Nakong, le débit le plus élevé a été de 240 m3lsec. en 1988

(fig.

6).

Sur la Kulpawn à

Yayonyiri,

le débit le plus élevé a été de 160 m3/sec. en 1993

(frg.7).

Sur la

Molé

à Lartkatéré,le relevé des débits

n'a

pas été aussi bien suivi que sur les autres points mentionnés ci-dessus. Le débit maximum aété de 100 m3/sec. environ en 1987.

4.2.2.

Schéma

d'utilisation

alternée des insecticides à

I'OCP

Comme sur

certains bassins

fluviaux du

Prograrnme,

les larvicides ont été utilisés

en rotation sur la

Molé,

la Kulpawn et la Sissili en fonction des débits et de la sensibilité des larves de S. damnosum s.l.

le B.t. H-14 est I'insecticide des très faibles débits ;

le

téméphos

est utilisé

chaque

fois que les

résultats

des

tests

de sensibilité

le permettent.

Le

phoxime garde son

utilité

Ià où des cas de baisse de sensibilité au téméphos ont été signalés ;

Le pyraclofos reste I'insecticide des périodes délicates

au entomologique à la montée des eaux et à la décrue ;

point de

vue

(9)

I

4.2.3.

La perméthrine est I'insecticide qui présente un rapport coût/efficacité favorable aux forts débits et reste surtout utilisé aux hautes eaux ;

-

L'étofenprox est utilisé chaque fois que cela est nécessaire au-delà de l5m3/s.

En résumé le schéma général de I'utilisation des larv'icides est le suivant :

-

Entre 1

et

15m3/sec

;

3 insecticides peuvent être utilisés ; le téméphos, le phoxime, etle B.r. H-14.

-

Entre

l5

et 70 mr/sec, 4 larvicides peuvent être utilisés ; le téméphos, le phoxime, le pyraclofos et l'étofenProx.

-

Entre

70 et

150 m'/sec,

le choix

est possible entre

le

téméphos,

le

pyraclofos, la perméthrine et le carbosulfan.

- Entre 150 et 300

m3/sec,

on peut utiliser le

téméphos,

le pyraclofos ou

la perméthrine, le carbosulfan devient trop cher'

Entre 300 et 450

m3ls

et

au-delà, I'indice coût/efficacité

n'offre le choix

qu'entre deux composés ; le téméphos et la perméthrine.

Utilisation

des insecticides

sur

la KulDarvn

-

Molé

-

Sissili de 1976

à

1994

La Kulpawn, la Molé et la Sissili font

partie de

la

Phase

II du

Programme

OCP oir

les traitements

larvicides ont

commencé en

janvier

1976. Ces traitements

ont

débuté

sur tous

les bassins

fluviaux

d,e

la

Zone

initiale

avec un seul insecticide, le téméphos ou Abateo. Ce larvicide qui est un organophosphoré

aétéle

seul insecticide utilisé sur la Sissili, la Kulpawn et

la Molé

de

1976à 1986(tableaux 1

à8).

Il

est important de préciser que les données relatives aux traitements larvicides aériens de I'année 1976 n'ont pas été retrouvées à cause

du

système d'archivage

qui n'était

pas au

point

au

tout début du

Programme. Cependant,

la Kulpawn, la Molé et la Sissili ont

été effectivement traitées à I'Abateo au début des écoulements en 1976.

Compte tenu

de la

résistance des larves de

S

damnosunt

s.l.

au téméphos,

(Guillet

er a/.

1980), le B.t. H-14 a été

introduit

pour Ia première fois en 1987 à la semaine 26 (vers

fin juin).

Ce produit a été

utilisé

intensément toute I'année.

En

1988 à Ia semaine

3l

(début août),

le

chlorphoxime a été

utilisé pour lapremière

fois sur la Kulpawn et la Sissili.

De

1988

à

1990,

trois

insecticides ont été utilisés en rotation sur la

Kulpawn.

la

Molé

et Ia Sissili

; il

s'agit de I'Abatec',le B.l. H-14 et le chlorphoxime.

De l99l à lgg4 six (6)

insecticides

ont

été utilisés. Ce sont, I'Abate@,

le B.t. H-14,

le phoxime, le pyraclofos, le carbosulfan et la perméthrine-

(10)

II faut

préciser que,

la

N4olé

n'a

pas été traitée aux larvicides pendant toute

l'année

1988.

En

1989

il y

a eu seulement 08 cycles de chlorphoxime et

en

1990 un seul cycle de B.t.

H-14 àla

semaine 02. Ces suspensions de traitement sont probablement dûs soit à une situation hydrologique locale soit à des résultats entornologiques satisfaisants.

Les traitements larvicides aériens ont été définitivement suspendus sur

la

Sissili à

la fin

de

I'année 1993 et sur

la

Kulpawn

- Molé

à la

fin

de 1994. Cependant sur la Kulpawn, les biefs

VK

2OO

-

300 et 400 ont été traités au B.t. H-14 les deux premières semaines de 1995 (tableau 3).

4.2.4. Traitements larvicides

au sol

En saison sèche, lors de la suspension des épandages aériens, les Equipes des sous secteurs

de

Ouagadougou, Bolgatanga

et

Tamalé entreprennent des traitements

larvicides au sol sur

la plupart des gîtes productifs.

En

saison des

pluies,

très peu

de

traitements réguliers

au sol

sont effectués

à

cause de

l'inaccessibilité

de

la

grande majorité des gîtes par

voie

terrestre. Les seuls points régulièrement traités au

sol

sont les petits barrages du parc de Nazinga dans la région de

Boudjolo

sur

la

haute Sissili au Burkina Faso.

4.3.

Résultats entomologiques.

4.3.1. Difficultés d'ac@

Il

est important de préciser que les équipes de captures et de prospections ont eu beaucoup

de difficultés à atteindre en saison des pluies certains points de capture comme

Yagaba, Biélikpong, Chiasa, Wiase et Mongnori.

En

effet,

la

plupart

des routes étaient impraticables en saison des pluies.

Il y

avait peu de ponts, les équipes ne pouvaient pas traverser les rivières pour se rendre sur les points de capture mentionnés ci-dessus.

La conséquence de ces difficultés d'accès, est que les captures ne pouvaient être entreprises qu'en saison sèche. En saison des pluies

il

était impossible de faire régulièrement les captures et les prospections. On ne pouvait donc pas évaluer

l'effet

des traitements larvicides aériens.

Le suivi

de

la lutte

antivectorielle ne pouvait pas se faire correctement, c'est ce

qui

a entraîné les mauvaises situations épidémiologiques enregistrées sur la Kulpawn et la Molé.

4.3.2. Identification

des vecteurs

Les simulies capturées selon

la

méthode décrite par Walsh et

al.

(1978), sont séparées en différents groupes en fonction de la coloratiorr des soies alaires. Ces groupes sont classés en

01,02,

03, 04 et 05.

Dans le groupe 01 sont les simulies dont toutes les soies alaires sont claires. Dans le groupe

02, sont les simulies dont la majorité

des soies alaires sont claires,

mais

avec quelques soies sombres

(moins de

50Yo

du total

des soies alaires). Ces deux groupes sont considérés comme appartenant aux espèces de savane, en particulier S. damnosurn s.s. et S. sirbanum.

(11)

11 Dans le groupe 03 sont les simulies dont les soies alaires sont constituées de 50olo de soies

claires et

51yo

de

soies sombres.

Ces simulies

peuvent

être soit des simulies de

savane (S.

damnosum s.s.), soit des simulies de forêt

6=gq!g!q9§Uq

ou S. soubrense).

Dans le groupe 04 sont les simulies qui ont une majorité de soies alaires sombres. Quant au groupe 05,

il s'àgit

des simulies

qui ont

100% de soies sombres. Dans ces deux groupes sont les simulies de forêt, S. sanctipauli et S. soubrense

A partir de

1993-1994,

les

données relatives

à la coloration des

soies

alaires ont

été cornplétées par des examens morphologiques pour préciser

s'il

s'agit bien d'une simulie de savane ou de forêt.

Le tableau 09 en annexe donne les résultats des études cytotaxonomiques effectuées sur la Kulpawn, la Sissili et la Molé.

Sur la Sissili, la Kulpawn et la Molé, on trouve surtout des simulies savanicoles:

,S.

dantnosunt s.s. et S. sirbanunz. Les simulies forestières sont très rares. Quelques simulies à soies sombres considérées comme forestières ont été capturées à Lankatéré sur la basse Molé en 1982.

4.3.3.

La transmission est entièrement due aux simulies savanicoles.

IdentifÏcation

des Parasites.

La

période des traitements larvicides aériens ayant été

de

1916

à

1994, 1l

n'y a

pas de données

d'identification

de routine des larves infectantes. En effet le laboratoire des sondes

d'ADN

n,a été opérationnel

qu'à partir

de 1993. Les équipes sur le terrain, en zone Est

n'ont

été formées aux techniques de préservation des larves infectantes aux

fins

d'analyses par les sondes

d'ADN

qu'à partir de 1994.

Cependant,

lors des

études

de

Post-traitement,

les identifications

des parasites

par

les sondes

d'ADN

ont donné les résultats

suivants:

sur 117 larves examinées,02 sont de I'espèce O.

ochengui,56

sont des O. volvulus, dont 02 sont des O. volvulus forêt et 54 sont des O. volvulus de

,uuun. ; 59

sont d'autres onchocerques. Ce

qui

donne 52Yo de

non - O.

volvulus et 42%o de O.

voltulus. parmi

les O. volvulus on compte 96Yo de O. volvulus savane et 04Yo de O. volvulrzs forêt (tableau 10).

4.3.4. Transmission.

Après l'identification des simulies de

savane

et de

forêt

; les femelles

capturées sont disséquées

pour Ia

détermination de

l'âge

physiologique (pare

ou nullipare). Les

simulies pares sont disséquées en

totalité

(tête, thorax et abdomen), pour la recherche de parasites. Les résultats sont soigneusement enregistrés sur des fiches de dissection et ensuite saisies sur ordinateur. Ces données permettent 4e calculer les -faux Annuels de Piqûres

(TAP/ABR)

et les Potentiels Annuels de Transmission

(pAT/ATP).

Ces deux paramètres entomologiques sont utilisés dans

le

cadre de 1'étude de

l'efficacité

de la lutte contre l'onchocercose.

Il

convient de préciser que les Potentiels Annuels de Transmission

/

Annual Transmission potentials

(pAT/ATp)

mentionnés dans ce rapport sont des données brutes (tableaux

l1

et

l2)..

Sur la Sissili, à Pont-Sissili, où les

captures

ont été

effectuées

de 1975 à 1984,

les

PAT/ATP

ont varié de 0 à 8. Ce point a été abandonné en 1984'

II

I

(12)

A

Kounou, les PATs ont varié de 0 à 40. Les captures ont été suspendues en 1985

A Boudjolo

dans

le

parc

de la

Nazinga les captures

ont

été faites

de

1989

à

1993. Des Potentiels Annuels de Transmission supérieurs à 100 ont été enregistrés en 1989

(PAT:

197) et en

1990 (

PAT:

160). Les autres années ont eu des PATs inférieurs à 100.

A

Nakong, des captures ont été régulièrement effectuées

de

1975

à

1994.

Le PAT

le plus élevé a été enregistré

en

1981 et était de

677.Dans

l'ensemble les

PAT

ont évolué en «dents de scie » de 1975

à

1994; (tableau 12 et figure 8).

A

Wiase, les captures

ont

été faites surtout en saison sèche.

En

saison des

pluies, on

ne

pouvait

pas atteindre le

point

de capture à cause du mauvais état des routes.

De

1976

à

1991, les PATs ont varié de 0 à 45. Ces valeurs ne réflètent pas la réalité de la transmission sur ce point.

Sur la Kulpawn, à

Yagaba,

les

captures

n'ont

été faites

qu'en

saison sèche

à

cause de

l'inaccessibilité

du point en saison des pluies. Les PATs nuls enregistrés ne réflètent pas la réalité de Ia transmission. Les mêmes remarques peuvent être faites pour

Biélikpong

et

Kulun; (voir

les données

ATP/ABR

dans le tableau

1l

et les figures 09, 10 et

l1).

Sur la

Molé

à Lankatéré les captures ont été entreprises de 1975

à

1985; les PATs ont varié

de 306 en

1975

à 0

(zéro)

en

1985.

A

Chiasa, les captures

n'ont

débuté

qu'en l99l et

se sont arrêtées en 1996. Les études de Post - traitement ont commencé en 1994.

A

Mongnore, les captures ont été effectuées

de

1975

à

1984.

Le PAT

Ie plus élevé a été enregistré

en

1976 et était de

310;

les années 1979,1982 et 1983 ont eu des PATs nuls ; (tableau

l l

et figures

l3

et

l4).

En résumé les données entomologiques de la Kulpawn, la Molé et la Sissili ne réflètent pas la réalité complète de la transmission sur le terrain.

Le

suivi des activités entomologiques

n'a

pas pu se faire de façon rigoureuse à cause des problèmes d'accès aux points de captures en saison des pluies.

4.4.

Les Etudes de

Post-traitement sur

la

Ku

awn et Ia Molé.

4.4.1. Par la

technique des dissections

Les traitements larvicides aériens sur

la

Kulpawn et Ia

Molé

ont été suspendus à

la fin

du mois de décembre 1994, après

l8

années de lutte antivectorielle. Une évaluation épidémiologique réalisée en

janvier

1995

dans l0 villages de la

zone

indiquait

des prévalences

de

I'infection comprise entre 10

et20

%o et même des infections parmi les enfants.

Des

études spéciales

ont donc été

recommandées

en

1995

par le Comité

Consultatif d'Experts pour mieux connaître

la

situation entomo-épidérniologique

afin

de proposer les actions correctives appropriées.

Une

étude entomologique

de

post-traitement selon

un

protocole déjà

utilisé sur

d'autres bassins

fluviaux

de la zone

initiale

(Agoua et

al.

1995) a été effectuée de

juillet

à octobre 1995 à

Yayonyiri

sur la Kulpawn et à Chiasa sur la Mo[é.

Il

s'agissait d'entreprendre sur chaque point 4 journées de capture par semaine.

(13)

13 Les simulies capturées le premier

jour

deTh

à

18h (captures "normalisées") subissent une dissection complète selon les techniques classiques (Le Berre 1966).

Les simulies capturées les trois

jours

suivants sont exclusivement réservées aux études de post-traitement. Dans ce cas les femelles sont capturées par des captureurs villageois aux heures de

plus forte

agressivité (captures

"en vrac"). Elles

sont ensuite disséquées

pour

déterminer l'âge physiologique de la population et pour la recherche de larves infectantes de O.

volvul/s

dans la tête des femelles pares.

A yayonyiri

où les études ont été faites du

l7 juillet

au 05 octobre 1995, on a obtenu 8920

sirnulies pares disséquées; l0 femelles étaient

infectées

par O. volvulus soit 1,12

femelles infectieuses

pour

1000 pares ; (tableau

l3

et

figure

15)'

A

Chiasa dans

la

même période (1995),

sur

3903 femelles pares disséquées,

3

femelles étaient infectées par O. t,olvulus soit 0,77 femelle infectieuse pour 1000 pares (tableau 13).

En

1996,les études ont été faites de

juillet

à novembre.

A

Chiasa, sur 5664 femelles pares disséquées 3 femelles infectées par O. volvulus sont infectieuses, soit 0,53 femelle infectieuse pour 1000 pares.

A Biélikpong

sur

la Kulpawn

que l'équipe a

pu

atteindre

à

bicyclette en saison des

pluies, sur 18352 fèmelles pares

disséquées,

39 femelles

parasitées

par O. volvulus

sont infectieuses soit 2,13 femelles infectieuses pour 1000 pares (tableau 13 et figures 16 et

l7).

De

juillet à

novembre 1998 des études de

type

"post-traitement"

ont

été entreprises par

I'Equipe nationale du

Ghana.

Une partie

des simulies capturées

à

Chiasa

et Biélikpong a

été

disséquée, une autre portion a été mise en alcool pour le laboratoire des sondes

d'ADN.

Les larves infectantes ont été aussi identifiées par le laboratoire des sondes

d'ADN'

A

Chiasa pour 1544 simulies pares disséquées 02 femelles sont infectieuses avec des larves de O.

volvulus ;letaux

d'infectivité est de 1,30 femelles infectieuses pour 1000 pares

(fig- l9).

A Biélikpong pour 5400

femelles pares disséquées,

16 femelles sont

infectieuses (O.

volvultts); le taux d'infectivité

est de

2,96

femelles infectieuses

pour

1000 pares (tableau 13 et

figure

18).

Ces résultats sont illustrés dans les figures 15 à 19 en annexe. Le seuil au-dessous duquel le

niveau d'infectivité

est

jugé

acceptable

a été

déterminé

en utilisant le modèle ONCHOSIM

(plaisier et

al.,

1991 ; Remme et a1.,1995). Comme le montre les graphiques, plusieurs niveaux de

décision

sont à considérer en fonction du taux

d'infectivité

enregistré..

a)

Le niveau correspondant à moins de 01 femelle infectieuse pour

I

000 pares indique que

les résultats sont bons, ce qui permet de confirmer l'arrêt

définitif

des traitements

lan'icides

et des captures. Dans ce cas le nombre

minimum

de femelles pares

qu'il

faut disséquer pour

valider

les résultats est d'environ 4 000 par an pendant 02 ans.

b) Le

niveau correspondant à plus de deux femelles infectieuses pour

I

000 pares indique que

le

risque de recrudescence est

trop

important. Dans ce cas

il faut

reprendre les traitements larvicides.

(14)

c) Quant au

cas correspondant

à

une

situation

intermédiaire,

une

décision

d'arrêt

des traitements

larvicides est diffrcile à

prendre

sur l'unique

base

de ce

modèle.

Les

captures et

dissections doivent se poursuivre en même temps que sont

rassemblées

des

informations cornplémentaires sur la situation entomo - épidémiologique locale en vue d'une décision

définitive

appropriée.

4.4.2. Par la

technique

du "pool

screcning"

La

technique

du "pool

screening" ou des "broyats" des têtes de simulies (Yaméogo et al.,

lggg)

consiste à capturer les simulies "en vrac" sur le point de capture (cette collecte est faite par les équipes nationales).

Au

laboratoire on constitue des lots de têtes de simulies

qui

sont ensuite broyées pour la recherche de O. volvulus par les sondes d'ADN.

Les résultats sont dans le tableau 14 en annexe

Pour les femelles capturées à Biélikpong et Chiasa en septembre, octobre, novembre 1998, Ie

taux d'infectivité à Biélikpong était

de

3,3

femelles infectieuses

pour

1000 pares (3oloo) et à Clriasa 0,7 femelles infectieuses pour 1000 pares (0,7"1oo1

Des études analogues ont été entreprises de

juillet

à novembre 2000 à Chiasa et Biélikpong.

Le taux d'infecvité était de 0,50o/oo à Chiasa et de 0,05o/oo à

Biélikpong.

On assisterait ainsi à une arnélioration de la situation entomologique dans le bassin.

5. SURVEILLANCE DE LA FAUNE AQUATIQUE

Les insecticides chimiques utilisés par I'OCP sont dégradables, et ne s'accumulent pas dans la chaîne alimentaire. Les doses utilisées

pour

tuer les larves de simulies ne sont pas toxiques pour

l'homme et les mammifères. C'est la première condition pour le choix d'un

insecticide antisimulidien par l'OCP.

Les

insecticides

qui

remplissent ces conditions subissent ensuite

la

procédure

du

criblage mise en place par le Programme OCP et son Groupe Ecologique.

Ce Groupe Ecologique indépendant composé d'Experts scientifiques internationaux analyse les résultats et oriente les actions de I'OCP dans le cadre de

la

surveillance et de la protection de I'environnement aquatique.

La surveillance de la faune aquatique est assurée par les équipes nationales d'hydrobiologistes (invertébrés et poissons).

La

localisation des stations de surveillance aquatique sur certains cours d'eau est présentée à la figure 20.

Il n'y a

pas

eu de

station

de

surveillance hydrobiologique

sur la Kulpawn, la Molé et

la Sissili. Les résultats observés sur les stations de la

Volta

rouge et de la

Volta

blanche peuvent leur

être

apptiqués étant donné

qu'ils sont

situés dans

le

même bassin supérieur

de la Volta.

Les traitements larvicides

n'ont

pas affecté la faune non cible des rivières citées.

6.

ENQLTETES

EPIDEMIOLOGIQUES

6.1. Situation

ép

idémioloeique avant

le début de Ia

lutte antivectorielle

(15)

15

6.1.1. La

Sissili

6.1.1.1. Burkina

Faso

Au Burkina

Faso, quatre (4) villages hyperendémiques ont été examinés avant le début des épandages larvicides ; (figure

2l

et tableau

l5).

A

Natiédougou

en mai

1976, [a prévalence était

de

83,6 oÂ,

la CMFC

de 45,48

mf/b

et 2,27Yo d'aveugles.

En février 1973,le village

de Kounon avait une prévalence

de75,l oÂ,

une

CMFC

de

I 7,81

mf/b.

; le taux de cécité était de 5,7 4 oÂ.

Le village

de Boala en

février l9l3

avait 72,7 yo de prévalence, 2,05 oZ d'aveugles et une CMFC de 13,2 mî/b.

A Koumbili,

en

mai l976,laprévalence

était de

7l,loÂ,la

CMFC de 47 ,2 mf/b et le taux de cécité de 1,860Â.

6.1.L.2.

Ghana

Au

Ghana

il y

avait aussi des villages dans lesquels I'onchocercose sévissait sous sa forme hyperendémique ; (figure 21 et tableau 16).

A

Fumbisi, en

janvier l976,la

prévalence était de 65,9

%, la GMFC de

10,12

mf/b.

et le taux de cécité de

I,37

oÂ.

A

Kayoro

Baliu,

en décembre

l975,la

prévalence était de 67,4 %, la

CMFC

de 13,62 mf/b.

et le taux de cécité 2.53 %.

A

Kayoro Wuru, en décembre 1975

il

y avait 72,6o/o de prévalence,9,34 mf/b. de

CMFC

et 2,77 de cécité.

En

janvier

1976, à Nakong on enregistrait une prévalence de 70,6 oÂ, une

CMFC de

15,53 mf/b. et 3,46 de taux de cécité.

A

Wiase, la prévalence était de 70,1 %, la CMFC de 14,14 mf/b. et le taux de cécité de 1,74

%.

6.L.2. La K

awn

Deux villages

hyperendémiques

ont été

examinés

au

début

de la lutte

antivectorielle ; (figure 21 et tableau 17).

-

Yagaba,

qui

en

février

1976 avait une prévalence de

89,6oÂ

une

CMFC de

16,91 mf/b. et un taux de cécité de 2,86 Yo.

Kulun, qui

avait en

février

1976, une prévalence

de17,l

oÂ,une

CMFC de

19,91

mf/b. et 4,15 Yo de taux de cécité.

(16)

6.1.3. La Molé

Sur la

Molé,

un seul village a été examiné avant le début des traitements larvicides.

Il

s'agit

de Murugu, un village

situé près

du point

de capture de

Mongnori qui avait en avril

1976 une prévalence

de

73,6 oÂ, vne

CMFC de

15,62

mf/b. et un taux

de cécité de 0,93

(frgure 2l

et

tableau

l9).

6.2.

Résultats érridémiolosiques à la

fin

de la

lutte antivectorielle 6.2.1. La

Sissili

6.2.1.1. Burkina

Faso

Sur

la Sissili,

au Burkina Faso, la situation s'est nettement améliorée dans tous les villages examinés.

A

Natiédougou, en mars 1993, la prévalence et la CMFC étaient nulles. En

mai

1998 on a

noté une

petite

remontée des paramètres épidémiologiques

; la

prévalence

était de

1,8 %o,

et

la CMFC de 0,04

mf/b. (figure22).

A

Kounou en

juin

1996,laprévalence et la CMFC étaient nulles (figure 23).

A

Boala, en

mai

1998, on enregistrait une prévalence de 1,3 oÂ, une CMFC de 0,02

mf/b.

et un taux de cécité de 0,3 (frgure 24).

A Koumbili

en

mai

1994,laprévalence et la CMFC étaient

nulles

(figure 25).

6.2.1.2.

Ghana

Les résultats épidémiologiques sur la Sissili au Ghana sont moins bons que ceux enregistrés au Burkina.

A

Fombisi en novembre 1999,la prévalence

était de2,2oÂ,la CMFC

de 0,07

mf/b.

et le taux de cécité de 0,24

%

(tableau 16).

A Kayoro Baliu

en mars 1996, la prévalence était de

ll,3 oÂ,laCMFC

de 0,62

mf/b.

et le taux de cécité

de

1.6 oÂ.Les évaluations entreprises en octobre 1999 ont montré que la prévalence

et la CMFC

sont nulles.

Lors

des évaluations de décembre 2000,

on a

noté une remontée de la prévalence qui a été de 13,5

etla

CMFC de 0,49

mf/b (figure

26).

A

Kayoro Wuru, la prévalence et la CMFC étaient nulles en septembre 1997 . En

mai

1998,

on

assiste à une remontée de ces deux paramètres,4,9 %o pour

la prévalence,0,l6 mf/b. pour

Ia

CMFCetuntauxdecécité

de0,73

%

(tableau

l6).

Par contre à Nakong, les examens entrepris en octobre 1999 ont montré que la prévalence, la

CMFC

et le taux de cécité étaient

nuls

(figure 27).

A

Wiase en octobre 1999

la

prévalence et

la CMFC

étaient nulles et

le

taux de cécité de

0.56o (ableau l6).

(17)

17

6.2.2. La KrrIp4wI

On note dans les villages de suivi une baisse graduelle des paramètres épidémiologiques, mais dans I'ensemble la situation n'est pas excellente.

A

yagaba en mars 2001laprévalence était de

ll,3

oÂ,la GMFC de 0,19

mf/b

et le taux de cécité

nul

(figure 28).

A Kulun,

en

mai

1998, la prévalence était de 6,8 oÂ,la

CMFC

de 0,1 et un taux de cécité

nul

(figure 29).

Dans les autres villages évalués après

la fin

de

la

lutte antivectorielle, la prévalence varie entre

0 et

12

à l'exception

du

village

de Jabaga près du

point

de capture de

Kulun,

évalué en

avril

2001 et qui a eu une prévalence de 27 ,5 %o et une CMFC de 1,03

mf/b

(tableau I 7).

6.2.3. La Molé

A Murugu lors de

l'évaluation effectuée en octobre 1999

la

prévalence

était

de

0,3

oÂ, la CMFC était nulle et le taux de cécité de 0,17

%

(figure 30)-

A

Chiasa, en octobre 1999 , la prévalence était de 13 ,7 o/o, la GMFC de 0,26

mf/b

; le taux de cécité

nul

(tableau 19).

A Abukari-Kura, village

situé près du

point

de capture de Lankatere, l'évaluation entreprise en

rrars

2001, a décelé une prévalence de

ll,8

yo,une CMFC de 0,27 mf/b et un taux de cécité nul (tableau

l9).

7. DISTRIBUTION DE L'IVERMECTINE

L'ivermectine a été introduite dans le Programme OCP, en 1988. De 1988

à

1996 ce produit a été distribué dans les villages par des Equipes rnobiles.

A partir

de

1997,la

distribution de I'ivermectine sous directive communautaire

(TIDC),

a été introduite dans tous les pays du Programme

OCP

(tableau 20).

Sur

la Sissili

au

Burkina

Faso, I'ivermectine a été distribuée dans

l7

villages en 1992 et 03

villages en 1994

et

1997. Le taux de couverture a varié de 63,45%o à78,15yo.

Au

Ghana, sur la Sissili, 27 vlllages ont été traités en 1992; 3

I

villages en I 993

;33

villages

en

1994 ; 34

en

1996

et

1997

;83 en

1998 et 32 en 1999. Le taux de couverture a varié de 53,53Yo

à

78,860Â. Sur

un total

de

21

943 personnes recensées, 16 043

ont

été traitées

soit un taux

de couverture de 73 oÂ.

Sur la Kulpawn, la distribution de I'ivermectine a été effectuée chaque année de 1990 à 1998 (tableau 20).

Sur la

Molé

elle a été effectuée de 1994 à 1998 (tableau 20).

8. ENQUÊTES SOCIOLOGIQUES

Il

n'y a pas eu d'enquêtes sociologiques formelles sur la Sissili, la Kulpawn et la Molé.

(18)

9. ACTIVITES DE SENSIBILISATION ET

DE

MOBILISATION

DES

POPULATIONS

En ce

qui

concerne

la

sensibilisation et la mobilisation des populations

il

est important de rappeler que depuis

l974,les

responsables du Programme OCP ont manifesté un constant désir de faire participer à leur action les différents éléments sociaux des collectivités dans tous les domaines où cela s'avérait possible.

Dès

1975 une campagne d'information par la presse et les services d'éducation sanitaire a permis

de selsibilliser

les populations aux dangers de I'onchocercose.

La publicité

par affiches,

àussi bien que les médias ont été utilisés. Les communautés ont assez vite compris les relations qui existent

entre la simulie et la

cécité,

ainsi

que

les objectifs du

Programme.

Elles ont

compris I'intervention des avions et des hélicoptères qui assuraient le traitement hebdomadaire des rivières.

Cet effort d'information ne

s'est pas

limité

aux populations

à

risque,

il

s'est adressé aux autorités administratives et médicales dont

il

devrait entraîner l'adhésion totale.

Il

a également été

dirigé

vers les pays donateurs soucieux de suivre les progrès d'une action à laquelle

ils

ont apporté leur soutien.

Les activités de sensibilisation et de mobilisation des populations sont faites par les équipes

VCU lors

des prospections entomologiques

et par

les Equipes nationales avant les évaluations épidémiologiques et la distribution de I'ivermectine.

La sensibilisation

s'adresse

à toutes les

couches sociales

des localités visitées par

les équipes

;

(enseignants, guérisseurs traditionnels, responsables sanitaires et

religieux etc...) et

les autorités politico-administratives.

Des causeries-débats sont organisées dans les villages avec des distributions de dépliants

sur les activités de I'OCP et

chaque

fois

que cela est possible, des projections

de hlms

sont réalisés.

Au

cours de ces causeries, les thèmes suivants sont développés

Transmission de I'Onchocercose ; lien entre le cours d'eau, les piqûres de simulies et la maladie.

Les manifestations cliniques de la maladie

;

les démangeaisons, les lésions aigües (dermatite onchocerquienne), les nodules, les manifestations cutanées chroniques (dépigrnentations), les troubles de la vue (baisse de I'acuité visuelle, la cécité) ;

Les conséquences socio-économiques ; les invalidités (cécité) I'abandon des villages de prernière

ligne

(les plus près de

la rivière)

donc des vallées fertiles constituant ainsi un frein au développement socio-économique.

La lutte contre la maladie ; la lutte antivectorielle. les

traitements

au sol.

la chimiothérapie (traitement ivermectine).

En ce

qui

concerne la lutte antivectorielle, l'adhésion des populations est sollicitée pour le gardiennage des dépôts de kérosène et insecticides afin d'éviter les vols.

(19)

19

A propos du

traitement

à

I'ivermectine:

un

accent

particulier est mis sur les

doses à

admilistrer

en fonction de la

taille,

les contre-indications, la périodicité, la régularité de la prise du médicament, les effets secondaires et Ia conduite à tenir.

L'intensification de la sensibilisation a permis

d'augmenter graduellement

le taux

de couverture lors de

la distribution

de I'ivermectine. EIle a permis aussi aux populations d'accepter plus facilement la biopsie cutanée lors des enquêtes épidémiologiques.

Sur le plan de la lutte antivectorielle, la sensibilisation des populations a contribué à réduire de façon significative les vols de kérosène et d'insecticides sur la plupart des dépôts.

IO. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La Sissili, la

Kulpaw-n

et Ia Molé. affluents de la Volta

blanche

ont été

traitées aux larvicides de 1916 à 1994.

Pour des raisons d'accessibilité aux gîtes et aux points de capture (mauvaises routes, ponts inexistants

ou

en mauvais état),

il

n'a pas été possible d'évaluer en saison des pluies (c'est-à-dire pepdant la période de transmission) I'efficacité des traitements larvicides sur la

Kulpawn,

la

Molé

et la basse Sissili. Les seules données dont pouvait disposer I'OCP étaient celles de saison sèche.

Après

l8

années de traitements larvicides

il

a été recommandé de suspendre les épandages aériens et de poursuivre la distribution de I'ivermectine.

Cette distribution devra intéresser les populations de la Kulpawn, de la

Molé

et de la basse Sissili et

l'on

devra faire périodiquement des évaluations épidémiologiques afin de mieux

cibler

la distribution du médicament.

Les

Equipes médicales

du

Ghana devront accorder une attention particulière

à la

basse Sissili, la Kulpawn et la Molé.

11. REMERCIEMENTS

Je voudrais exprimer mes remerciements au

Dr B.A.

Boatin, Directeur du Programme OCP et au

Dr L.

Yarnéogo, Chef

VCU,

qui

m'ont fait l'insigne

honneur de me désigner pour rédiger ce Rapport de synthèse. Je les remercie aussi pour les remarques pertinentes

qu'ils ont

formulées et qui ont permis la finalisation de ce rapport.

Je voudrais remercier

le Dr K.

Siamévi, Chef PET. Messieurs S. N'Gadjaga et

D.

Somé,

qui m'ont communiqué les

données

des

enquêtes épidémiologiques

et de distribution

de l'ivermectine.

Je voudrais aussi remercier le

Dr L.

Toé,

Mr A.

Ad.iami et toute l'équipe du laboratoire de

biologie

moléculaire de

I'OCP pour

les précieuses infomtations

qu'ils m'ont

communiquées sur l' identification du parasite.

Mes

remerciements s'adressent aussi au Secrétariat

VCU,

Monsieur Traoré

Aly

Robert,

Madame Compaoré Constantine, Mademoiselle Simporé Céline pour I'excellent travail

de secrétariat entrepris

pour la mise en forme du

présent rapport.

Mes

remerciements s'adressent

(20)

également

à

Messieurs

Robert Toé et

Pierre

Nikièma qui ont

élaboré

les

nombreux tableaux, graphiques et cartes, relatifs à la lutte antivectorielle.

Je ne voudrais pas terminer sans renlercier chaleureusement tout le personnel de terrain de

l'OCP et des Equipes nationales, les

Entomologistes,

les Techniciens entomologistes,

les

ilformaticiens,

les hydrologues, les Responsables des Opérations aériennes et de la Recherche, les chauffeurs, les mécaniciens

et

captureurs

dont le travail

inlassable

sur le terrain

depuis

plus

de deux décennies a permis au Programme de

lutte

contre I'onchocercose en

Afrique

de

l'Ouest

de mener ses activités avec succès.

12. BIBLIOGRAPHIE

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