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Ouvrage de Louise Marchand et de Jean Loisier, Chenelière/Didactique, Montréal, 2005, ISBN 2 7651 0318 6.
Cet ouvrage est précieux, il devrait constituer une référence dans les vade- mecum des concepteurs et des acteurs de dispositifs de formation à distance, ou de façon plus générale ceux qui réfléchissent ou (et) qui procèdent à la mise en ligne de contenus de formations, en particulier ceux concernant des adultes. Il servira aussi de référence pour les auteurs de cours sur la formation à distance ou les TICE qui trouveront matière à densifier leurs approches.
Cet aspect guide, particulièrement utile, ne permet pas de classer l’ouvrage comme une production de recherche selon les critères habituels, mais il ne convient pas de réduire non plus l’approche des auteurs à une relation de pratiques. Les modèles théoriques sont présents et charpentent la démarche. Comme le souligne Geneviève Jacquinot dans sa préface : « cet ouvrage se caractérise par le pragmatisme de l’approche nord-américaine, associé à un souci de modélisation », elle salue aussi « le souci dans chacun des chapitres, de privilégier la dimension pédagogique ».
Cet ouvrage est présenté comme le fruit d’une mise à jour du Guide des pratiques d’apprentissage en ligne produit pour les membres du Réseau de l’enseignement à distance (REFAD) au Canada. Il ne s’agit pas d’un ouvrage technique : le chapitre sur ce domaine n’est pas le plus convaincant, mais d’une réflexion globale construite dans une perspective d’ingénierie de formation.
L’ouvrage de 150 pages est organisé en onze chapitres indépendants, ils sont écrits par l’un ou l’autre des auteurs : Louise Marchand, professeur titulaire à la faculté des sciences de l’éducation à l’Université de Montréal et Jean Loisier enseignant dans la même université et expert-consultant en dispositifs de FAD.
Les titres des chapitres sont particulièrement évocateurs et traduisent la multi- référenciation (pédagogique, économique, sociologique, institutionnelle, technique...) et le souci d’ancrer la réflexion sur l’enseignement en ligne dans le temps long de l’histoire de l’éducation et dans une dimension mondialisée (les références sont canadiennes, nord-américaines et francophones).
Les titres des chapitres montrent que chacun d’entre eux constitue une approche autour d’une problématique spécifique.
Cet article des Editions Lavoisier est disponible en acces libre et gratuit sur ds.revuesonline.com
84 Distances et savoirs. Volume 3 – n°1/2005
Où va l’éducation ?
Les approches pédagogiques L’ingénierie pédagogique Les choix technologiques
Les aspects particuliers de la formation des adultes L’encadrement
La formation et le soutien aux formateurs Les aspects économiques
Les pratiques de l’évaluation
Quelques suggestions à partir de nos expériences
Les politiques, les organisations et les cas de formation en ligne
A la fin de chaque chapitre un résumé concentre, peut-être parfois de façon lapidaire, les idées fortes des auteurs. De nombreux tableaux ou schémas enrichissent l’ouvrage et constituent des outils qui facilitent la réflexion sur des dispositifs existants ou à créer. Chacun, dans cet ouvrage, pourra donc trouver matière à enrichir sa propre pratique et surtout à interroger ses propres représentations, ses modèles théoriques ou idéologiques, c’est en cela que l’ouvrage est particulièrement recommandable, même si l’on n’adhère pas forcément à telle ou telle approche, classification, recommandation ou référent théorique, surtout lorsque celui-ci est décontextualisé, proposés par les auteurs.
Pour conclure, je voudrais rebondir, car elles m’ont particulièrement interpellé par leur contenu et par leur positionnement dans l’ouvrage, sur deux dernières phrases : la dernière phrase de la préface et à la dernière phrase de l’ouvrage.
Dans la dernière phrase de la préface, Geneviève Jacquinot, professeure à Paris 8, invite le futur lecteur de l’ouvrage à mettre les exigences des auteurs de l’ouvrage à l’épreuve des réalités « et notamment du jeu des différents acteurs qui interfèrent dans ce qui, d’une classe de la République, risquerait de ne devenir qu’un marché de l’éducation ». Cette évocation « républicaine » dans un ouvrage canadien souligne si besoin était que certaines représentations ou recommandations des auteurs de l’ouvrage ne sont pas toujours (encore ?) transposables dans le contexte français, particulièrement dans l’approche économique.
Dans la dernière phrase de l’ouvrage, Jean Loisier souligne lui que « …La formation à l’aide des TIC, tout comme la formation magistrale ou tout autre mode de formation n’est pas adaptée à tous ». Loin de toute technolâtrie ou de toute technophilie (qui ne serait pourtant pas illégitime dans ce type d’ouvrage) l’auteur relativise son approche, ce pragmatisme et cet intérêt pour tous les types de formations, renforçant, s’il en était besoin, tout l’intérêt porté à l’ouvrage.
Jacques Wallet Université de Rouen [email protected]
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