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1.1G´en´eralit´es 1IntroductionauxProbabilit´es

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(1)

Probabilit´ es Math´ ematiques 218

1 Introduction aux Probabilit´ es

1.1 G´ en´ eralit´ es

Le hasard est le fait d’´ ev` enements qu’on ne peut pas pr´ evoir et qui font partie de notre quotidien. Les exemples sont nombreux :

–Les jeux de hasard bien sˆ ur, mais aussi,

–La dur´ ee de vie d’un individu ou d’une lampe;

–Le nombre d’appels t´ el´ ephoniques dans un central t´ el´ ephonique;

–Les mouvements d’une particule (mouvement brownien);

–L’h´ er´ edit´ e des caract` eres g´ en´ etiques;

–Les ph´ enom` enes m´ et´ eorologiques; etc

Beaucoup de ph´ enom` enes naturels sont consid´ er´ es comme le fruit du hasard (“ph´ enom` enes al´ eatoires”), pour la simple raison qu’on ne maˆıtrise pas tous les param` etres intervenant dans la description de ces ph´ enom` enes. La d´ esin- t´ egration d’un atome de radium, par exemple, d´ epend de faits que nous ne pouvons prendre en consid´ eration ` a l’heure actuelle.

On cherche ` a d´ ecrire un mod` ele math´ ematique qui rende compte plus ou moins fid` element d’une exp´ erience al´ eatoire; c’est facile pour certaines (jet d’un d´ e), difficile ou impossible pour d’autres (m´ et´ eo). On note

• Ω l’ensemble de tous les r´ esultats ´ el´ ementaires possibles appel´ e univers.

Par exemple, pour le lancer d’un d´ e, Ω = {1, ..., 6};

Pour le jeu de pile ou face avec n jets, Ω = {0, 1} n ;

Pour la dur´ ee de vie, Ω = R + ou N si on compte en unit´ es de temps;

Pour le central t´ el´ ephonique, Ω = N d s’il y a d r´ ecepteurs;

Pour le mouvement d’une particule, Ω = R 3 ou Z 3 ; etc

• A, l’alg` ebre des ´ ev` enements; c’est l’ensemble de tous les ´ ev` enements li´ es ` a l’exp´ erience, qui s’expriment ` a l’aide des r´ esultats ´ el´ ementaires. Par exemple, pour le lancer d’un d´ e, A =“Obtenir un nombre pair”;

Pour le jeu de pile ou face avec n jets, B =“Avoir 3 PILE successifs”;

Pour le mouvement d’une particule : “la particule ne coupe pas le plan xOy” ;

etc

(2)

On peut tout naturellement d´ efinir des op´ erations sur les ´ ev` enements, que l’on traduit par des op´ erations logiques (union, intersection, etc) ce qui revient ` a identifier un ´ ev` enement ` a une partie de Ω. Ainsi ∅ est l’´ ev` enement impossible et Ω l’´ ev` enement certain; l’´ ev` enement contraire ` a A est not´ e A c , la conjonction des ´ ev` enements A et B, A∩ B et la disjonction des ´ ev` enements A et B, A ∪ B. On les a r´ esum´ ees dans le tableau :

A = ∅ A jamais r´ ealis´ e A = Ω A toujours r´ ealis´ e

A c ou A r´ ealis´ e quand A n’est pas r´ ealis´ e A ∩ B r´ ealisation simultan´ ee de A et B.

A ∪ B r´ ealisation de A ou B (ou non exclusif) A\B A est r´ ealis´ e mais B ne l’est pas A ⊂ B B est r´ ealis´ e d` es que A l’est

n=1 A n r´ ealisation d’un au moins des A n , n ≥ 1

n=1 A n r´ ealisation de tous les A n , n ≥ 1

Rappelons les quelques r` egles ` a connaˆıtre en th´ eorie des ensembles.

. Ω c = ∅ et (A c ) c = A;

. (A ∪ B) c = A c ∩ B c et (A ∩ B) c = A c ∪ B c ;

. A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C) et A ∩ (∪ n B n ) = ∪ n (A ∩ B n ).

• P la probabilit´ e d´ efinie sur (Ω, A). On essaie d’estimer au mieux la probabilit´ e que l’´ ev` enement A ait lieu; pour cela on s’inspire de la notion empirique de fr´ equence : on r´ ep` ete N fois une exp´ erience (penser au lancer d’un d´ e) et on note N A le nombre de fois o` u A est r´ ealis´ e. Alors, la fr´ equence d’apparition de A est

f A = N A N

Clairement la fr´ equence poss` ede les propri´ et´ es suivantes : 0 ≤ f A ≤ 1;

f = 1;

f A∪B = f A + f B si A ∩ B = ∅.

On va s’inspirer de ces propri´ et´ es pour d´ efinir les axiomes d’une probabilit´ e.

Retenons d´ ej` a

(1) 0 ≤ P (A) ≤ 1;

(3)

(2) P (Ω) = 1;

(3) P (A ∪ B) = P (A) + P (B) si A ∩ B = ∅.

Commen¸cons par le cas simple o` u Ω est un ensemble fini.

1.2 Probabilit´ es finies et combinatoire

Lorsque Ω est un ensemble fini {ω 1 , ..., ω n }, on peut ´ enum´ erer toutes les parties de Ω, P (Ω), qui sont elles-aussi en nombre fini. Les singletons {ω i } sont les ´ ev` enements ´ el´ ementaires et A = P (Ω) : tout ´ ev` enement est une union finie d’´ ev` enements ´ el´ ementaires. La propri´ et´ e (3) s’´ ecrit

P (A) = X

i;ω

i

⊂A

P ({ω i })

Dans ce cas particulier une probabilit´ e est donc enti` erement d´ efinie par les probabilit´ es des ´ ev` enements ´ el´ ementaires, not´ ees p 1 , ..., p n ; en r´ esum´ e

Une probabilit´ e sur un ensemble fini {ω 1 , ..., ω n } est la donn´ ee de n nombres p 1 , ..., p n tels que

•0 ≤ p i ≤ 1, et P n 1 p i = 1

•P (A) = P i;ω

i

⊂A p i

•P (A ∪ B) = P (A) + P (B) si A ∩ B = ∅.

† Cas particulier important Fr´ equemment dans les jeux de hasard, pour des raisons de sym´ etrie, les ´ ev` enements ´ el´ ementaires ont la mˆ eme prob- abilit´ e (´ equiprobables); si Ω a n points, n´ ecessairement, pour r´ ealiser P n 1 p i = 1, on doit avoir p i = 1/n pour tout i. Ainsi

P (A) = X

i;ω

i

⊂A

1 n = |A|

n = |A|

|Ω|

en notant |A| le nombre de points de l’ensemble A (ou le cardinal de A, not´ e encore #A).

On dit que P est la probabilit´ e uniforme sur Ω et on l’exprime par la phrase mn´ emotechnique “Nombre de cas favorables sur nombre de cas possibles.” Ceci nous am` ene tout naturellement au d´ enombrement et ` a la combinatoire.

Exemples simples 1. On lance un d´ e; les faces sont ´ equiprobables

et si p i est la probabilit´ e d’amener i, p i = 1/6, i = 1, 2, ..., 6. Si A est

(4)

l’´ ev` enement “on a obtenu un nombre pair” et B “on a obtenu un multiple de 3”, P (A) = 1/2 et P (B ) = 1/3 tandis que P (A ∩ B ) = 1/6.

2. On lance deux d´ es; on choisit comme mod` ele, conforme ` a l’exp´ erience, Ω = {(i, j), 1 ≤ i, j ≤ 6}

l’ensemble des couples (ordonn´ es au sens o` u (x, y) 6= (y, x) si x 6= y), avec la probabilit´ e uniforme. Il faut donc calculer

|Ω| = 36;

L’´ ev` enement A “la somme des points obtenus est 4” est la r´ eunion des

´

ev` enements ´ el´ ementaires {(1, 3), (2, 2), (3, 1)} et P (A) = 3/36 = 1/12.

3. On lance n fois une pi` ece. Un ´ ev` enement ´ el´ ementaire est une suite de n “pile” ou “face”, not´ es P et F , et Ω, repr´ esent´ e par {P, F } n , a 2 n ´ el´ ements.

L’´ ev` enement A = “on a obtenu un seul pile” a comme probabilit´ e n/2 n .

†† Rappels de combinatoire

1. Cardinal d’un ensemble fini. A savoir :

|A × B| = |A|.|B|

ce qu’on a d´ ej` a utilis´ e pour calculer {0, 1} n = 2 n . Ainsi le nombre de k-uplets d’´ el´ ements pris dans Ω de cardinal n est

|Ω| k = n k . Par ailleurs

|A ∪ B| = |A| + |B| − |A ∩ B|

d’o` u l’additivit´ e du cardinal lorsque les ensembles sont disjoints.

2. Arrangements. On appelle arrangement de k objets (distincts) parmi n, et on note A k n , le nombre d’´ echantillons (ordonn´ es) de taille k parmi n.

Attention!

Ne pas confondre “´ echantillon de taille k” et “k-uplet”

Un k-´ echantillon est une partie ordonn´ ee de k ´ el´ ements, sans r´ ep´ etition;

Un k-uplet est une partie ordonn´ ee de k ´ el´ ements

avec r´ ep´ etition possible.

(5)

Ainsi

A k n = n(n − 1)...(n − k + 1), k ≤ n

(on a n choix pour le 1-er objet, n − 1 choix pour le second, etc...)

3. Permutations. Une permutation σ de {1, ..., n} est une bijection de l’ensemble qui envoie le n-uplet (x 1 , ..., x n ) sur le n-uplet (x σ(1) , ..., x σ(n) ), d´ ecrit dans un ordre diff´ erent. Le nombre de permutations de n objets est le nombre d’´ echantillons de taille n parmi n soit n!.

4. Combinaisons. On appelle combinaison de k objets parmi n, le nombre de parties ` a k objets pris parmi les n. Pour le calculer, on identifie les

´

echantillons faisant intervenir les mˆ emes objets et qui ne diff` erent que par une permutation. On en d´ eduit

C n k = A k n /k! = n!

k!(n − k)!

A savoir sur les coefficients binˆ ` omiaux : La formule du binˆ ome : P n k=0 C n k x k y n−k = (x + y) n et ses cons´ equences : P n k=0 C n k = 2 n , P n k=0 C n k (−1) k = 0.

Le triangle de Pascal et cette identit´ e : C n+1 k+1 = C n k+1 + C n k

On peut exprimer ce qui pr´ ec` ede en termes de tirage d’objets. Il y a deux types de tirage, avec ou sans remise; deux types d’ensemble de k objets tir´ es, selon qu’on tient compte ou non de l’ordre. Voici un tableau r´ ecapitulatif

avec remise sans remise Ordonn´ e n k n(n − 1)...(n − k + 1) Non ordonn´ e C n+k−1 k (∗) C n k

On peut ´ egalement exprimer ceci en termes de r´ epartition de k objets dans n boˆıtes. Il y a deux types de placement, selon que l’on met au plus un ou plusieurs objet(s) par boˆıte ; et deux types d’objets, discernable ou non (on peut interpr´ eter ce point de vue comme un “tirage” de boˆıte avec ou sans remise...).

plusieurs objets au plus un

par boˆıte par boˆıte

discernables n k n(n − 1)...(n − k + 1)

Non discernables C n+k−1 k (∗) C n k

(6)

Exercices de base

1. Quel est le nombre de tierc´ es possibles dans une course de 20 chevaux ? 2. Quel est le nombre de mots de longueur n construits sur un alphabet de 3 lettres {a, b, c} ?

3. Quel est le nombre de solutions de l’´ equation x 1 + x 2 + ... + x n = k o` u x i = 0 ou 1 ?

4. Quel est le nombre de solutions de l’´ equation x 1 + x 2 + ... + x n = k avec x i entiers ≥ 0 ?

5. Comment peut-on r´ epartir p euros entre n personnes ?

Preuve de (∗): Choisissons le second point de vue : on dispose de n boˆıtes dans lesquelles on veut r´ epartir k boules indiscernables, avec ´ eventuel- lement plusieurs boules par boˆıte. On figure les bords des boˆıtes par des | et les boules par des O. Une r´ epartition possible prend la forme suivante :

|O|OO| |OO| |

cad une configuration de k boules et n + 1 barres, commen¸cant et finissant par une barre.

Or le nombre de fa¸cons de placer k boules parmi les n +k +1−2 = n+k −1

places possibles est C n+k−1 k d’o` u (∗). ♦

5. Coefficient multinˆ omial

Soit n 1 , n 2 , ..., n k k entiers ≥ 0 tels que n 1 + n 2 + ... + n k = n

Le nombre de fa¸cons de r´ epartir n objets indiscernables dans k boˆıtes, avec exactement n i objets dans la i-i` eme boˆıte, vaut n!

n 1 !...n k ! .

Preuve : On note B 1 , ..., B k les k boˆıtes. Il y a C n n

1

fa¸cons de choisir les n 1 objets destin´ es ` a la premi` ere boˆıte; C n−n n

2 1

fa¸cons de choisir les n 2 objets destin´ es ` a la deuxi` eme boˆıte; etc; il y a finalement C n−(n n

k

1

+n

2

+...+n

k−1

) = 1 fa¸con de choisir les n k objets destin´ es ` a la derni` ere boˆıte. Le nombre cherch´ e est donc

C n n

1

C n−n n

2 1

...C n−(n n

k

1

+n

2

+...+n

k−1

) = n!

n 1 !(n − n 1 )!

(n − n 1 )!

n 2 !(n − n 1 − n 2 )! ... n − (n 1 + n 2 + ... + n k−2 )!

n k−1 !(n k )!

= n!

n 1 !...n k !

(7)

Exercices sur les probabilit´ es uniformes

1. Dans une assembl´ ee de r personnes, quelle est la probabilit´ e que toutes aient des jours d’anniversaire diff´ erents ? (On choisira un mod` ele qui ”colle” le mieux ` a la r´ ealit´ e, en pr´ ecisant Ω et en se situant dans le tableau r´ ecapitulatif)

2. On lance n balles de couleur diff´ erente dans n boˆıtes; quelle est la probabilit´ e qu’elles soient toutes occup´ ees ? (On pr´ ecisera le mod` ele choisi).

1.3 Axiomes d’une probabilit´ e

On consid` ere une exp´ erience al´ eatoire mod´ elis´ ee par (Ω, A), o` u Ω est l’en- semble des r´ esultats ´ el´ ementaires et A l’alg` ebre des ´ ev` enements. Lorsque Ω n’est plus fini, on ne peut pas d´ ecrire toute partie de Ω, encore moins lui attribuer une probabilit´ e; on se restreint donc ` a une classe d’´ ev` enements qui poss` ede les trois propri´ et´ es suivantes :

1) Elle contient ∅ et Ω.

2) Si A est dans A, l’´ ev` enement contraire y est aussi.

3) Si (A n ) est une suite d’´ ev` enements de A, la r´ eunion est encore dans A.

Noter que 2) et 3) entraˆınent que : si (A n ) est une suite d’´ ev` enements de A, l’intersection est encore dans A.

Une probabilit´ e P sur (Ω, A) est une application P : A → [0, 1]

telle que :

•P (Ω) = 1

•P (A ∪ B) = P (A) + P (B) si A et B sont disjoints.

•P (∪ n A n ) = P n=1 P (A n ) si les A n sont disjoints deux ` a deux.

On pourrait d´ eduire le second axiome du troisi` eme mais il est plus sim- ple de le d´ egager. On aura besoin ` a l’occasion des propri´ et´ es suivantes qui d´ ecoulent imm´ ediatement de la d´ efinition encadr´ ee.

1) P (A c ) = 1 − P (A) 2) P (∅) = 0

3) P (A) ≤ P (B) si A ⊂ B

4) P (A ∪ B) = P (A) + P (B) − P (A ∩ B)

Preuve : Appliquons le second axiome avec B = A c ; puisque P (A) + P (A c ) = P (A ∪ A c ) = P (Ω) = 1, on a la premi` ere propri´ et´ e.

Ecrit en particulier avec A = Ω, 1) donne 2).

(8)

Si A ⊂ B , B peut s’´ ecrire comme union disjointe de A et B\A; ainsi P (B) = P (A) + P (B \A) ≥ P (A).

Plus g´ en´ eralement, lorsqu’on n’a plus d’inclusion de A dans B, B\A n’est autre que B\(A ∩ B); A et B\A sont encore disjoints et P (A ∪ B ) = P (A) + P (B\A); de mˆ eme B ´ etant l’union disjointe de B\A et A ∩ B , il vient

P (B\A) = P (B ) − P (A ∩ B) d’o` u 4). ♦

Exercices sur les probabilit´ es :

1) ´ Etablir une propri´ et´ e analogue ` a 4) avec trois ´ ev` enements.

2) Avec 4 ´ ev` enements, en supposant que les ´ ev` enements sont “´ echan- geables” cad :

P (A i ) = α ∀i, P (A i ∩ A j ) = β ∀i < j P (A i ∩ A j ∩ A k ) = γ ∀i < j < k

† Syst` eme complet d’´ ev` enements

Un syst` eme complet d’´ ev` enements est une suite d’´ ev` enements deux ` a deux disjoints et de r´ eunion ´ egale ` a Ω.

A 1 , A 2 , ..., A n , ... ∈ A tels que

•A j ∩ A k = ∅ si j 6= k

• ∪ n A n = Ω

Comme parties de Ω, ces ensembles forment une partition de Ω.

1.4 Exercices r´ ecapitulatifs

1. Trouver la valeur des sommes

[n/2]

X

k=1

C n 2k ;

[n/2]−1

X

k=0

C n 2k+1 ,

et des sommes

n

X

k=1

kC n k ;

n

X

k=1

(−1) k−1 kC n k ;

2. Calculer le produit des C n k : Q n k=0 C n k .

(9)

3. Calculer le coefficient de x k dans chaque membre de l’identit´ e : (1 + x) n (1 + x) m = (1 + x) n+m ; en d´ eduire la valeur de

n

X

j=1

C n j C m k−j , k ≤ n + m.

4. Etablir les identit´ es

n

X

0

(C n k ) 2 = C 2n n ,

n

X

0

k(C n k ) 2 = n 2 C 2n n

et donner un ´ equivalent de ces sommes quand n → ∞ ` a l’aide de la formule de Stirling (n! ∼ n n e −n

2πn).

5. Calculer A 0 n + A 1 n + ... + A n n .

6. Combien y a -t-il de fa¸cons d’asseoir 7 personnes : a) sur un banc de 7 places ?

b) autour d’une table ronde de 7 places ´ egalement ?

c) autour de cette table ronde si 2 personnes particuli` eres ne veulent pas ˆ

etre l’une ` a cˆ ot´ e de l’autre ?

7. Montrer qu’un ensemble fini a autant de parties de cardinal pair que de parties de cardinal impair.

8. On consid` ere n points A 1 , ..., A n dans le plan, 3 quelconques n’´ etant jamais align´ es. On les joint deux ` a deux de toutes les fa¸cons possibles. Calculer

a) Le nombre N de droites ainsi obtenues;

b) le nombre de points d’intersection de ces droites autres que les A i , en supposant que deux droites quelconques ne sont jamais parall` eles.

9. a) Etablir la formule des cardinaux pour des ensembles finis A 1 , ..., A n :

|A 1 ∪ A 2 ∪ ... ∪ A n | =

n

X

1

|A j | − X

i,j

|A i ∩ A j | + X

i,j,k

|A i ∩ A j ∩ A k |−

... + (−1) n−1 |A 1 ∩ A 2 ∩ ... ∩ A n |.

b) Soit E = {1, 2, ..., n} et P l’ensemble des permutations de E. On pose pour chaque i, A i = {ϕ ∈ P; ϕ(i) = i}, cad les permutations de E fixant i;

calculer |A i |, |A i ∩ A j |, |A i ∩ A j ∩ A k |...

c) D´ eduire de a) le cardinal de D, le nombre de permutations sans point

fixe.

(10)

10. On consid` ere le mot ATTACHANT.

a) Donner le nombre d’anagrammes de ce mot.

b) On tire au hasard et avec remise 4 lettres de ce mot; quelle est la probabilit´ e de pouvoir ´ ecrire CHAT avec ces lettres ?

c) Mˆ eme question si le tirage a lieu sans remise.

11. Un ascenseur desservant 10 ´ etages, contient 8 personnes qui descendent de fa¸con al´ eatoire.

a) Quelle est la probabilit´ e pour qu’aucune ne descende au second ´ etage ? b) Quelle est la probabilit´ e qu’elles descendent toutes ` a un mˆ eme ´ etage ? c) Quelle est la probabilit´ e pour que 2 descendent au second ´ etage, 1 descende au troisi` eme ´ etage et 5 au dernier ´ etage ?

12. Une urne contient n boules blanches et m boules rouges, n + m ≥ 2.

On tire deux boules simultan´ ement; quelle est la probabilit´ e d’obtenir deux boules de la mˆ eme couleur ? pour quelles valeurs de n, m cette probabilit´ e vaut-elle 1/2 ?

13. Une urne contient n boules num´ erot´ ees de 1 ` a n. On tire deux boules sans remise; quelle est la probabilit´ e que les deux boules sortent dans l’ordre de leur num´ ero ? quelle est la probabilit´ e pour que les num´ eros soient cons´ ecutifs ?

14. Soit A et B deux ´ ev` enements tels que P (A) = P (B) = 3/4. Que peut-on dire de P (A ∩ B ) et P (A ∪ B ) ?

15. (Les danseurs de Chicago) a) Dans une salle de danse il y a n couples.

Chaque femme choisit un cavalier au hasard. Quelle est la probabilit´ e pour que chaque femme danse avec son ´ epoux ? (cf exercice 9)

b) En repartant chaque homme reprend son chapeau au vestiaire mais de

fa¸con al´ eatoire. Quelle est la probabilit´ e qu’aucun ne reprenne son propre

chapeau ?

(11)

2 Conditionnement, Ind´ ependance

2.1 Probabilit´ es conditionnelles

Revenons ` a la notion empirique de fr´ equence. On s’int´ eresse ` a deux ´ ev` ene- ments A, B, li´ es ` a une mˆ eme exp´ erience al´ eatoire. On r´ ep` ete N fois cette exp´ erience et on note N B le nombre de fois o` u B est r´ ealis´ e. Parmi ces N B r´ ealisations, l’´ ev` enement A s’est lui-mˆ eme r´ ealis´ e N A∩B fois. Le quotient

N

A∩B

N

B

repr´ esente la fr´ equence relative d’apparition de A quand B est r´ ealis´ e.

Plus bri` evement f A/B = N N

A∩B

B

est la fr´ equence de A sachant que B est r´ ealis´ e.

On remarque que

f A/B = N A∩B

N N N B

= f A∩B

f B

D’o` u la d´ efinition de la probabilit´ e conditionnelle :

Si A et B ∈ A, on appelle probabilit´ e de A sachant B, le nombre : P (A/B) := P (A ∩ B)

P (B) si P (B ) > 0.

∇ Attention! Il s’agit d’un choix de mod` ele, donnant des r´ esultats qui ne sont pas toujours conformes ` a l’intuition premi` ere.

Exemple de base 1. Monsieur X a deux enfants; on sonne ` a sa porte et un gar¸con ouvre. Quelle est la probabilit´ e (conditionnelle) que l’autre soit une fille ? Cette information “il y a un gar¸con” r´ eduit les possibilit´ es dans la composition de la famille et laisse penser qu’il y a plus de chances que l’autre soit une fille. Mod´ elisons : on note B l’´ ev` enement “il y a un gar¸con”, A, “il y a une fille”, et, dans le mod` ele classique avec Ω = {GG, GF, F G, F F } et la probabilit´ e uniforme,

B = {GG, GF, F G}, A = {F G, GF, F F }

On en d´ eduit P (B) = 3/4, P (A ∩ B) = 1/2 et la probabilit´ e conditionnelle de A sachant B vaut

P (A/B ) = 2/3

2. On apprend que c’est l’aˆın´ e qui a ouvert la porte; quelle est la prob- abilit´ e qu’il y ait une fille ? On note cette fois C l’´ ev` enement “l’aˆın´ e est un gar¸con”;

C = {GG, GF }, A ∩ C = {GF } et P (A/C) = 1/2

(12)

Paradoxalement, l’apport d’information a augment´ e l’incertitude !

Propri´ et´ es : 1) Si B est de probabilit´ e non nulle, on peut v´ erifier que P (Ω/B) = 1

P ((A ∪ C)/B) = P (A/B) + P (C/B) si A ∩ C = ∅ P (A c /B) = 1 − P (A/B)

P (∪ n A n /B) = P n=1 P (A n /B) si les A n sont disjoints deux ` a deux.

Autrement dit, l’application : A ∈ A → P (A/B) est encore une proba- bilit´ e.

2) P (A ∩ B) = P (A/B)P (B)

3) Si A est de probabilit´ e non nulle, on a aussi bien P (B/A) = P (A/B)P (B )

P (A)

Remarquons que la d´ efinition peut prendre une forme sym´ etrique P (B/A)P (A) = P (A/B)P (B)

les deux valant P (A ∩ B) donc 0 si A ou B est de probabilit´ e nulle.

† Formule des Probabilit´ es Totales

On peut d´ ecomposer tout ´ ev` enement A sur la partition {B, B c } et ´ ecrire : A = (A ∩ B) ∪ (A ∩ B c ) o` u l’union est disjointe; on en d´ eduit

P (A) = P (A ∩ B) + P (A ∩ B c ) = P (A/B)P (B) + P (A/B c )P (B c ) formule qui se g´ en´ eralise sous la forme suivante (formule des probabilit´ es totales)

Si (B i ) est un syst` eme complet d’´ ev` enements alors, pour tout A ∈ A P (A) = P 1 P (A/B i )P (B i )

Preuve : Puisque Ω est l’union disjointe des B i , A = A ∩ (∪ 1 B i ) = ∪ 1 (A ∩ B i )

o` u l’union est disjointe. Par le troisi` eme axiome d’une probabilit´ e, on peut

´ ecrire

P (A) =

X

1

P (A ∩ B i ) =

X

1

P (A/B i )P (B i ).

(13)

†† Formule de Bayes

La situation suivante se rencontre souvent dans la pratique : on connaˆıt P (A/B) et P (A/B c ) (donc P (A) par ce qui pr´ ec` ede) et on aimerait d´ ecider de la part de A dans la r´ ealisation de B. Commen¸cons par un exemple :

Exemple : On prend 100 d´ es dont 25 sont pip´ es; pour ces derniers la probabilit´ e d’amener un 6 est 1/2. On choisit un d´ e au hasard, on le lance et on obtient 6 ! Quelle est la probabilit´ e pour qu’on ait choisi un d´ e pip´ e ? Notons F l’´ ev` enement “le d´ e est pip´ e” et A l’´ ev` enement “le d´ e donne un 6”;

on connaˆıt bien sˆ ur P (A/F ) et P (A/F c ) et on souhaite calculer P (F/A) car c’est bien de cela qu’il s’agit, mˆ eme si le mot “conditionnelle” n’est pas ´ ecrit.

On calcule facilement

P (A) = P (A/F )P (F ) + P (A/F c )P (F c ) = 1 2 . 1

4 + 1 6 . 3

4 = 1 4 de sorte que,

P (F/A) = P (A/F )P (F )

P (A) = 1/2

On a juste combin´ e la propri´ et´ e 2) et la formule des probabilit´ e totales.

Plus g´ en´ eralement on a donc (formule de Bayes) Si (B i ) est un syst` eme complet d’´ ev` enements alors,

pour A ∈ A de probabilit´ e non nulle, P (B i /A) = P (B i )P (A/B i )

P ∞

1 P (A/B i )P (B i )

† † † Formule des Probabilit´ es Compos´ ees

Cette formule permet de calculer la probabilit´ e d’une intersection d’´ ev` ene- ments d´ ependants et sera d´ egag´ ee dans le paragraphe suivant.

Si (A i ) est une suite d’´ ev` enements avec P (∩ n i=1 A i ) 6= ∅,

P (∩ n i=1 A i ) = P (A 1 )P (A 2 /A 1 )P (A 3 /A 1 ∩ A 2 )...P (A n /A 1 ∩ ... ∩ A n−1 ) Preuve : Il est facile de donner une preuve par r´ ecurrence de cette formule. Pour n = 2 c’est une des propri´ et´ es de la probabilit´ e conditionnelle.

Supposons-la ´ etablie pour n ´ ev` enements et consid´ erons P (∩ n i=1 A i ∩ A n+1 );

une nouvelle application de cette propri´ et´ e donne alors

P (∩ n i=1 A i ∩ A n+1 ) = P (A n+1 /A 1 ∩ ... ∩ A n )P (A 1 ∩ ... ∩ A n )

= P (A 1 )P (A 2 /A 1 )...P (A n /A 1 ∩ ... ∩ A n−1 )P (A n+1 /A 1 ∩ ... ∩ A n )

(14)

par l’hypoth` ese de r´ ecurrence. ♦ Exercices de base

1. Trois groupes de TD, G 1 , G 2 , G 3 d’effectifs 36, 24, 30 ´ etudiants ont un taux de r´ eussite de 1/2, 1/3, 1/4 respectivement. Un ´ el` eve ayant r´ eussi, quelle est la probabilit´ e pour qu’il provienne du groupe G 1 ?

2. Le quart d’une population a ´ et´ e vaccin´ ee contre une maladie. Au cours d’une ´ epid´ emie, on constate qu’il y a parmi les malades, un vaccin´ e contre quatre non-vaccin´ es.

a) Le vaccin a-t-il eu une efficacit´ e quelconque ?

b) On sait en outre qu’il y a un malade sur douze parmi les vaccin´ es.

Quelle est la probabilit´ e de tomber malade pour une personne non vaccin´ ee ? 3. Une chaussette se trouve avec probabilit´ e p ∈]0, 1[ dans une commode de sept tiroirs avec une mˆ eme probabilit´ e pour chaque tiroir. On a fouill´ e en vain dans les 6 premiers. Quelle est la probabilit´ e qu’elle se trouve dans le septi` eme ? (Ce n’est pas p !)

2.2 Ind´ ependance

On consid` ere une exp´ erience al´ eatoire toujours mod´ elis´ ee par (Ω, A). L’´ ev` e- nement A est ind´ ependant de l’´ ev` enement B si B n’a aucune influence sur la r´ ealisation de A; autrement dit la probabilit´ e que A soit r´ ealis´ e est la mˆ eme, que B soit r´ ealis´ e ou non. Cela s’´ ecrit P (A/B) = P (A).

Mais si P (A) 6= 0, B est ` a son tour ind´ ependant de A puisque P (B/A)P (A) = P (A/B)P (B ) = P (A)P (B) et P (B/A) = P (B). D’o` u la d´ efinition, plus sym´ etrique :

Les ´ ev` enements A, B ∈ A sont ind´ ependants si P (A ∩ B ) = P (A)P (B)

∇ Attention! Ne pas confondre “ind´ ependants” et “disjoints”; deux

´

ev` enements ind´ ependants peuvent avoir lieu simultan´ ement, par exemple

“gagner au loto” et “avoir le pied grec” ! Par contre deux ´ ev` enements dis- joints ne sont ind´ ependants que si l’un est de probabilit´ e nulle.

La d´ efinition d’ind´ ependance est de plus en plus exigeante lorsque le nom-

bre d’´ ev` enements en jeu augmente : l’ind´ ependance d’une famille de n ´ ev` ene-

ments signifie l’ind´ ependance de toute sous-famille de k ´ ev` enements, k ≤ n,

extraite de la famille.

(15)

Les ´ ev` enements A 1 , ..., A n ∈ A sont ind´ ependants si P (A i

1

∩ ... ∩ A i

k

) = Q k j=1 P (A i

j

)

pour tout i 1 < i 2 < ... < i k , k = 1...n

∇ Attention! Ce n’est pas ´ equivalent ` a l’ind´ ependance deux ` a deux!

Dans la pratique, l’ind´ ependance est souvent une donn´ ee du probl` eme car r´ esultant de l’observation; on utilisera alors simplement ses cons´ equences. En particulier les propri´ et´ es suivantes.

Propri´ et´ es 1) Si A et B sont ind´ ependants, alors les ´ ev` enements A et B c , A c et B , et A c et B c le sont ´ egalement.

2) Si A 1 , ..., A n sont ind´ ependants, P (A 1

1

c ∩ ... ∩ A n

n

c ) = Q n 1 P (A i

i

c ) pour tout choix de i = 0, 1.

Preuve : Montrons ` a titre d’exercice les propri´ et´ es 1); en s’aidant de la sym´ etrie de la d´ efinition, il suffit de v´ erifier que A et B c sont ind´ ependants.

Or P (A)P (B c ) = P (A)(1 − P (B)) = P (A) − P (A ∩ B) par ind´ ependance de A et B. Mais P (A) = P (A ∩ B) + P (A ∩ B c ) et P (A)P (B c ) = P (A ∩ B c ).

♦ On va d´ egager dans la fin de ce chapitre deux situations extrˆ emement im- portantes en calcul des probabilit´ es qui nous permettront de classer la plupart des exp´ eriences al´ eatoires. Un fait central en probabilit´ es et statistiques est la r´ ep´ etition d’exp´ eriences al´ eatoires identiques; soit parce que l’exp´ erience qui nous int´ eresse se pr´ esente ainsi : c’est le cas de nombreux jeux, “421” o` u on lance 3 d´ es successivement, “pile ou face” o` u on lance une pi` ece jusqu’` a l’obtention de pile etc; soit qu’on r´ ep` ete une mˆ eme exp´ erience pour estimer de mani` ere empirique la probabilit´ e d’un ´ ev` enement : c’est le cas des sondages par exemple. On va donc mod´ eliser les r´ ep´ etitions d’´ epreuves ind´ ependantes et les r´ ep´ etitions d’´ epreuves d´ ependantes.

† Successions d’´ epreuves ind´ ependantes Commen¸cons par des exemples.

Exemples 1. Lancer de deux d´ es, simultan´ ement ou non. Les r´ esultats

des lancers sont ind´ ependants et tout ´ ev` enement li´ e au second lancer est

ind´ ependant de tout ´ ev` enement li´ e au premier lancer. Si Ω 1 et Ω 2 sont les

univers de chaque lancer, Ω 1 = Ω 2 = {1, ..., 6} et Ω = Ω 1 × Ω 2 = {(i, j), 1 ≤

i, j ≤ 6}. P ((i, j )) = 1/36 = P ({i})P ({j}) en notant de la mˆ eme fa¸con la

probabilit´ e sur Ω et sur Ω 1 .

(16)

2. Sexe des enfants successifs dans une famille de n enfants. L’univers est Ω n o` u Ω = {F, G} est l’univers de l’´ epreuve initiale; si ω = (ω 1 , ..., ω n ) ∈ Ω n , chaque ω i ´ etant une fille ou un gar¸con, P ({ω}) = 1/2 n = P ({ω 1 })...P ({ω n }).

3. Une ´ epreuve de Bernoulli est une exp´ erience al´ eatoire avec deux r´ esultats possibles “´ echec” ou “succ´ es” symbolis´ es en g´ en´ eral par 0, 1; si p = P (succ´ es) et q = P (´ echec), p + q = 1. Si on r´ ep` ete n ´ epreuves de Bernoulli ind´ ependantes, Ω = {0, 1} n et la probabilit´ e peut se d´ ecrire ` a l’aide d’un arbre binaire.

S...

S

E...

S...

E

E...

p

@

@ @ R

1−p

p

@

@

@

@

@

@

@ R

1−p

p

@

@ @ R

1−p

Un sch´ ema de Bernoulli de taille n est la succession de n ´ epreuves de Bernoulli ind´ ependantes;

si ω est constitu´ e de k succ´ es et n − k ´ echecs P ({ω}) = p k q n−k

o` u p est la probabilit´ e de succ´ es ` a chaque ´ etape.

Cadre g´ en´ eral : On r´ ep` ete n fois une exp´ erience al´ eatoire de fa¸con

ind´ ependante; le mod` ele de cette succession d’´ epreuves a une structure de

produit. Lorsque l’exp´ erience initiale n’a qu’un nombre fini de r´ esultats

(17)

possibles Ω, l’univers devient Ω n et si ω = (ω 1 , ..., ω n ) ∈ Ω n , P ({ω}) = P ({ω 1 })...P ({ω n }) en notant de la mˆ eme fa¸con la probabilit´ e sur Ω et sur Ω n .

C’est le cadre du tirage avec remise.

†† Successions d’´ epreuves d´ ependantes

Cette fois le r´ esultat de la k-i` eme ´ epreuve d´ epend des pr´ ec´ edentes.

Exemples 1. Tirage sans remise Une urne contient 3 boules rouges et 3 blanches. On tire deux boules sans remise. Quelle est la probabilit´ e d’avoir une boule blanche au second tirage ?

La composition de l’urne change ` a chaque ´ etape et les tirages ne sont plus ind´ ependants. Il faut faire intervenir les probabilit´ es conditionnelles. Notons B i l’´ ev` enement “on a tir´ e une boule blanche au i-i` eme tirage”.

P (B 1 ) = 1/2, P (B 2 ) = P (B 2 /B 1 )P (B 1 ) + P (B 2 /B 1 c )P (B 1 c ) = 1/2(2/5 + 3/5) = 1/2.

La mod´ elisation peut se faire ` a l’aide d’un arbre binaire d’arˆ etes, les probabilit´ es conditionnelles.

B

B

R

B

R

R

2/5

@

@ R

3/5

1/2

@

@

@

@

@

@ R

1/2

3/5

@

@ R

2/5

On extrait successivement trois boules. Quelle est la probabilit´ e de tirer

trois boules blanches ?

(18)

Il s’agit de calculer P (B 1 ∩ B 2 ∩ B 3 ) o` u les ´ ev` enements sont d´ ependants. On d´ eduit donc de la formule des probabilit´ es compos´ ees :

P (B 1 ∩ B 2 ∩ B 3 ) = P (B 1 )P (B 2 /B 1 )P (B 3 /B 1 ∩ B 2 ) = 1 2 . 2

5 . 1

4 = 1/20 2. Probl` eme des menteurs : Dans une ville il n’y a que des menteurs;

lorsqu’on donne une information ` a l’un d’entre eux, il la transmet fid` element avec probabilit´ e p < 1, transmet son oppos´ ee avec probabilit´ e q = 1 − p.

Un premier menteur re¸coit une information ( sous la forme OUI-NON), la transmet ` a un second, qui la transmet ` a un troisi` eme etc. Le r´ esultat transmis par le n-i` eme d´ epend de l’information qu’il a re¸cue du pr´ ec´ edent! Quelle est la probabilit´ e que l’information transmise apr´ es n menteurs soit celle de d´ epart ? (On peut s’aider d’un graphe)

2.3 Exercices r´ ecapitulatifs

1. On lance deux fois un d´ e au hasard et on consid` ere les ´ ev` enements suiv- ants :

A= le premier lancer donne un nombre pair B = le second lancer donne un nombre impair

C= la somme des valeurs obtenues dans ces deux lancers est impaire.

Montrer que A, B, C sont deux ` a deux ind´ ependants mais pas ind´ ependants.

2. Monsieur X discute avec son chauffeur de taxi : il apprend qu’il a quatre enfants et se demande

a) Quelle est la probabilit´ e qu’il ait une fille ?

Au fil de la conversation, il entend parler de deux gar¸cons Pierre et Paul;

b) Quelle est la probabilit´ e qu’il ait aussi une fille ? se demande toujours Monsieur X.

Le trajet dure et il finit par comprendre que Pierre est l’aˆın´ e et Paul le dernier.

c) Quelle est la probabilit´ e qu’il ait une fille ? Monsieur X se met ` a douter...

3. Des jumeaux peuvent ˆ etre des vrais jumeaux, auquel cas ils sont de mˆ eme sexe; ou de faux jumeaux et dans ce cas la probabilit´ e qu’ils soient de mˆ eme sexe est estim´ ee ` a 1/2. On note p la probabilit´ e que des jumeaux soient de vrais jumeaux.

a) Quelle est la probabilit´ e que deux jumeaux de mˆ eme sexe soient de

vrais jumeaux ?

(19)

b) D´ eterminer en fonction de p la probabilit´ e que deux jumeaux soient de mˆ eme sexe.

4. Probl` eme des clefs Un gardien conserve en vrac dans sa poche les 10 clefs de son trousseau et une seule ouvre la porte de son local. Quand il est mal r´ eveill´ e il remet dans la mˆ eme poche les clefs essay´ ees, sinon il les met dans l’autre poche. Quelle est la probabilit´ e que le k-i` eme essai soit le bon dans chacun des deux cas ?

5. a) Quelle est la probabilit´ e d’amener un total de 6 en lan¸cant deux d´ es ? un total de 7 ?

b) Deux joueurs A et B jouent avec deux d´ es l’un apr´ es l’autre et B commence. La r` egle est la suivante : B gagne s’il am` ene un total de 6 avant que A n’am` ene un total de 7. Quel est le joueur le plus favoris´ e ?

6. Un voyageur prend le train ou l’avion. Si au jour j il prend l’avion, il prend syst´ ematiquement le train le lendemain; mais si au jour j il prend le train, il prend l’avion le lendemain avec probabilit´ e 1/2. On note p n la probabilit´ e qu’il prenne le train au n-i` eme jour.

a) Montrer que p n+1 = − 1 2 p n + 1.

b) En d´ eduire p n , s’il a pris le train le premier jour.

7. R´ epondre ` a la question dans le probl` eme des menteurs.

8. Loi de succession de Laplace : On consid` ere N + 1 urnes num´ erot´ ees de 0

`

a N , la k-i` eme contenant k boule rouges et N − k boule blanches. On choisit une urne au hasard et on tire avec remise dans cette urne. On notera R n

l’´ ev` enement “on a tir´ e une boule rouge au n-i` eme tirage”.

a) Quelle est la probabilit´ e de tirer une boule rouge au premier tirage ? (On utilisera la formule des probabilit´ es totales avec les ´ ev` enements U k : “on a choisi la k-i` eme urne”.)

b) Quelle est la probabilit´ e de tirer deux boules rouges lors des deux premiers tirages ?

c) Montrer que P (R 1 ∩ ...∩ R n /U k ) = Q n i=1 P (R i /U k ) = ( N k ) n . En d´ eduire la probabilit´ e de tirer une boule rouge au n + 1-i` eme tirage sachant qu’on a d´ ej` a eu n boules rouges.

d) Trouver la limite quand n → ∞ de cette probabilit´ e.

9. Soit A, B deux ´ ev` enements ind´ ependants de probabilit´ e non nulle. On pose

x = P (A ∩ B), y = P ((A ∪ B)\(A ∩ B)), z = P (A c ∩ B c )

(20)

et on va montrer que x, y, z sont tous les trois ≥ 4/9.

a) Remarquer sans calculs que x + y + z = 1.

b) Si a = P (A) et b = P (B), exprimer x, y, z en fonction de a, b puis en fonction de u = ab et v = a + b.

c) Montrer que max(u, v − 2u, 1 + u − v) ≥ 4/9 en distinguant les cas :

u ≤ 1/9, 1/9 ≤ u ≤ 4/9. En d´ eduire l’affirmation.

(21)

3 Variables al´ eatoires discr` etes

Dans les ph´ enom` enes al´ eatoires d´ ecrits en d´ ebut de chapitre 1, le r´ esultat d’une ´ epreuve se traduit num´ eriquement par un nombre entier ou r´ eel et les

´

ev` enements se d´ ecrivent souvent ` a l’aide d’une fonction r´ eelle d´ efinie sur Ω.

Par exemple, le nombre de OUI ` a un sondage, la somme des points amen´ es par deux d´ es, la dur´ ee de vie d’un appareil, etc. Les variables al´ eatoires seront pour nous des objets nous permettant d’exprimer plus simplement les

´

ev` enements. Si l’exp´ erience est mod` elis´ ee par (Ω, A, P ), on appelle variable al´ eatoire (r´ eelle) (var) sur cet espace une application X : Ω → R, c’est-` a- dire dont les valeurs d´ ependent des r´ esultats de l’exp´ erience, et telle que l’on puisse calculer la probabilit´ e des ´ ev` enements {ω; X(ω) = k} ou {ω; a ≤ X(ω) ≤ b}.

Exemples : 1. X 1 , X 2 , les points amen´ es par chacun des deux d´ es, sont des variables al´ eatoires ` a valeurs dans {1, ..., 6}, tandis que X, la somme des points, est ` a valeurs dans {1, ..., 12}; on sait calculer P (X = k) pour tout k.

Noter que X = X 1 + X 2 .

2. Dans un sondage o` u N personnes sont interrog´ ees et les r´ eponses sont N ON = 0 ou OU I = 1, le nombre de OUI n’est autre que X = ξ 1 + ... + ξ N o` u ξ i est la r´ eponse de la i-i` eme personne.

3.1 Lois discr` etes usuelles

Une variable al´ eatoire : Ω → R est dite discr` ete si elle ne prend qu’un nombre fini ou d´ enombrable de valeurs : {x 1 , x 2 , ..., x n } ou {x 1 , ..., x n , ...}, (d´ enombrable = qu’on peut ´ enum´ erer). Remarquons tout de suite que les

´

ev` enements (X = x i ), i ≥ 1, forment un syst` eme complet d’´ ev` enements.

Dans la plupart des exemples, les valeurs x i sont les entiers naturels. Ces valeurs ne suffisent pas pour travailler avec la var, il faut aussi pr´ eciser avec quelle probabilit´ e elles sont prises. Ainsi pour parier avec un d´ e pip´ e, il est important de connaˆıtre la probabilit´ e d’apparition de chaque face.

On appelle loi de la variable discr` ete X la donn´ ee des nombres p i = P (X = x i ), i ≥ 1

Propri´ et´ es d’une loi discr` ete : Les nombres p i v´ erifient 1) p i = P (X = x i ) ≥ 0 pour toute valeur x i prise par X;

2) P i≥1 p i = 1.

(22)

Remarquons que toute s´ erie de terme g´ en´ eral u n positif, de somme 1, d´ efinit une loi discr` ete de probabilit´ e : la variable enti` ere X telle que P (X = n) = u n a pour loi (u n ). Par exemple, u n = π 6

2

. n 1

2

, n ≥ 1 d´ efinit une loi de probabilit´ e sur N.

On va voir que les variables al´ eatoires n’interviennent que par leur loi qui seule importe. On peut ajouter, multiplier des variables al´ eatoires mais le probl` eme sera de d´ eterminer la loi de ces nouvelles variables.

Cependant si X est une variable discr` ete, de loi p i = P (X = x i ), i ≥ 1, et si g est une application de R dans R, Y = g(X) prend les valeurs g(x i ) avec les mˆ emes probabilit´ es p i . On connaˆıt donc la loi de Y .

† Premi` eres lois :

1) On dit que X suit la loi uniforme sur {x 1 , ..., x n } si X prend chacune de ces valeurs avec mˆ eme probabilit´ e, P (X = x i ) = n 1 ∀i = 1...n. Cette loi est associ´ ee au tirage ´ equiprobable. C’est la loi du num´ ero de la face lors du lancer d’un d´ e non pip´ e.

2) X suit la loi de Bernoulli de param` etre p si X ne prend que les valeurs 1, 0 avec probabilit´ e p, 1 − p. Cette loi est associ´ ee au lancer d’une pi` ece ´ eventuellement biais´ ee.

3) On s’int´ eresse au nombre X de succ´ es (PILE) lorsqu’on lance n fois une pi` ece (sch´ ema de Bernoulli de taille n); X prend les valeurs 0, 1, ..., n;

pour k ≤ n, l’´ ev` enement (X = k) est l’union d’´ ev` enements ´ el´ ementaires constitu´ es de k PILE et n − k FACE et il y a C n k telles suites puisque C n k fa¸cons de placer les k PILE parmi n. Comme les lancers sont ind´ ependants, chaque suite a comme probabilit´ e : p k q n−k o` u q = 1 − p, et P (X = k) = C n k p k q n−k , 0 ≤ k ≤ n. On dit que X suit la loi binˆ omiale de param` etres n, p.

4) Dans un sch´ ema de Bernoulli infini cette fois, on s’int´ eresse ` a l’instant X du premier succ´ es; X prend les valeurs 1, 2, ...; l’´ ev` enement (X = k) signifie qu’il y a eu ´ echec lors des k − 1 premiers lancers et succ´ es au k-i` eme.

Comme les lancers sont ind´ ependants, P (X = k) = q k−1 p, k ≥ 1. On dit que X suit la loi g´ eom´ etrique de param` etre p.

5) La loi de Poisson est une loi qui ne correspond ` a aucune exp´ erience

al´ eatoire particuli` ere, mais qui est bien adapt´ ee aux ph´ enom` enes de crois-

sance de population ou autres (appels t´ el´ ephoniques). Elle apparaˆıt comme

limite de la loi binˆ omiale au sens suivant :

(23)

P (λ) = lim n→∞ B(n, λ/n), λ > 0

Preuve : Cela signifie que la loi binˆ omiale tend vers la loi de Poisson quand le nombre d’´ epreuves tend vers ∞, avec la probabilit´ e de succ´ es, p, tendant vers 0, de fa¸con que np reste fixe. Pour le voir, ´ ecrivons

C n k p k q n−k = n!

k!(n − k)! ( λ

n ) k (1 − λ n ) n−k

= n(n − 1)...(n − k + 1) 1

k! (1 − λ n ) n ( λ

n ) k 1 1 − λ n

k

∼ n k k! e −λ λ k

n k = λ k k! e −λ

quand n → ∞; ce qui d´ efinit le terme de la loi de Poisson P (λ). ♦ On dit que X suit la loi de Poisson de param` etre λ > 0 si X prend les valeurs 0, 1, 2, ... avec probabilit´ es P (X = k) = e −λ λ k

k! , k ≥ 0.

La loi de Poisson sert d’approximation de la loi binˆ omiale quand n est grand et p petit (n ≥ 30, p ≤ 1/10, np ≤ 15) comme on le verra en applica- tion.

Voici un tableau r´ ecapitulatif des lois discr` etes usuelles.

• Loi unifome sur {1, ..., n}, P (X = i) = 1/n, 1 ≤ i ≤ n

• Loi de Bernoulli B(p), P (X = 1) = p, P (X = 0) = q

• Loi binˆ omiale B(n, p), P (X = k) = C n k p k q n−k , 0 ≤ k ≤ n

• Loi de Poisson P (λ), P (X = k) = e −λ λ k!

k

, k ≥ 0

• Loi g´ eom´ etrique G(p), P (X = k) = q k−1 p, k ≥ 1

Exercices de base. 1. On lance simultan´ ement trois d´ es et on appelle X le num´ ero du premier lancer ayant apport´ e 421. Quelle est la loi de X ? Il s’agit d’un sch´ ema de Bernoulli de taille infini et, ` a chaque lancer, on appelle succ´ es 421, ´ echec tout autre triplet obtenu. La probabilit´ e de succ´ es est donc p = 6/6 3 = 1/36. La variable X suit ainsi la loi g´ eom´ etrique G(1/36).

2. Probl` eme des tortues. a) A chaque ponte une tortue produit n oeufs et la probabilit´ e pour un oeuf de donner une tortue est p = 1/10. Quelle est la probabilit´ e d’avoir finalement k tortues ?

On suppose (ce n’est pas pr´ ecis´ e dans l’´ enonc´ e mais sous-entendu) que les

(24)

oeufs sont “ind´ ependants” de sorte que si X est le nombre de tortues obte- nues, X suit la loi B(n, 1/10).

b) On suppose maintenant que le nombre d’oeufs pondus par une tortue n’est pas fixe mais al´ eatoire (ce qui est plus conforme ` a la r´ ealit´ e), et suit une loi de Poisson P (λ), λ = 100. Quelle est la probabilit´ e d’avoir finalement k tortues ?

Notons N le nombre d’oeufs ` a chaque ponte. C’est maintenant une variable al´ eatoire. En question a) on a d´ etermin´ e P (X = k/N = n) = C n k p k q n−k pour k ≤ n. Pour d´ ecrire (X = k), on va s’aider du syst` eme complet d’´ ev` enements (N = n), n ≥ 0 et de la formule des probabilit´ es totales :

P (X = k) =

X

n=0

P (X = k/N = n)P (N = n)

=

X

n=k

P (X = k/N = n)P (N = n) et en rempla¸cant par leurs expressions, on trouve

P (X = k) =

X

n=k

C n k p k q n−k e −λ λ n n!

= e −λ p k

X

n=k

n!

k!(n − k)! q n−k λ n n!

= e −λ p k k!

X

m=0

λ m+k q m m!

= e −λ (λp) k k!

X

m=0

(λq) m m!

= e −λ (λp) k

k! e λq = e −λp (λp) k k!

et X suit la loi P (λp) = P (10).

†† Loi hyperg´ eom´ etrique

Le nombre de succ´ es dans une suite de n tirages sans remise se calcule de fa¸con diff´ erente puisque les tirages successifs ne sont plus ind´ ependants.

Cependant, lorsque le tirage se fait dans une population tr´ es sup´ erieure en

(25)

nombre au nombre de tirages (voire infinie), on peut imaginer que chaque tirage d´ epende assez peu des pr´ ec´ edents. D’o` u une loi limite pour la loi du nombre de succ´ es.

Un exemple classique de telle situation est le suivant (contrˆ ole de qualit´ e) : Une usine produit chaque jour N pi` eces dont N 1 sont d´ efectueuses. On pr´ el` eve n objets parmi les N et on souhaite ´ evaluer le nombre X de pi` eces d´ efectueuses parmi ces n.

Il s’agit bien d’un tirage sans remise de n objets parmi N et X prend les valeurs 0, 1, ..., n si n ≤ N 1 .

L’ensemble des r´ esultats possibles, Ω, est l’ensemble des tirages sans remise de n objets parmi N , l’ordre n’intervenant pas, et

|Ω| = C N n ;

par ailleurs la probabilit´ e est uniforme sur Ω; on a imm´ ediatement pour k ≤ n ≤ N 1

P (X = k) = C N k

1

C N−N n−k

1

C N n

On dit que X suit la loi hyperg´ eom´ etrique de param` etres N, N 1 , n et on la note H(N, N 1 , n).

Supposons que la proportion de pi` eces d´ efectueuses N 1 /N tende vers la valeur p ∈]0, 1[ lorsque N → ∞. On peut donc ´ ecrire

P (X = k) = N 1 ! k!(N 1 − k)!

(N − N 1 )!

(n − k)!(N − N 1 − n + k)!

n!(N − n)!

N !

= n!

k!(n − k)!

N 1 (N 1 − 1)...(N 1 − k + 1)

N (N − 1)...(N − n + 1) (N − N 1 )...(N − N 1 − n + k + 1)

= C n k N 1 N

N 1 − 1

N − 1 ... N 1 − k + 1 N − k + 1

N − N 1

N − k ... N − N 1 − n + k + 1 N − n + 1

∼ C n k p k (1 − p) n−k

ce qui illustre le fait que les tirages peuvent ˆ etre consid´ er´ es ind´ ependants quand N est grand avec p = N 1 /N.

On retiendra

• X suit la loi hyperg´ eom´ etrique H(N, N 1 , n) si P (X = k) = C N k

1

C N−N n−k

1

C N n

• H(N, N 1 , n) → B(n, p) si N → ∞ et N 1 /N → p

(26)

3.2 Ind´ ependance de variables discr` etes

Soit X et Y deux variables al´ eatoires discr` etes d´ efinies sur un mˆ eme espace de probabilit´ e (Ω, A, P ); on dit qu’elles sont ind´ ependantes (et on notera dans la suite : X q Y ) si les ´ ev` enements li´ es ` a X sont ind´ ependants des ´ ev` enements li´ es ` a Y . D’o` u la d´ efinition

Soit X ` a valeurs (x i ), Y ` a valeurs (y j ), deux variables discr` etes;

X q Y si P ((X = x i ) ∩ (Y = y j )) = P (X = x i )P (Y = y j ), ∀i, j ≥ 1 Plus g´ en´ eralement

Soit X 1 , ..., X n n variables discr` etes; Elles sont ind´ ependantes si P ((X 1 = x i

1

) ∩ ... ∩ (X r = x i

r

)) = P (X 1 = x i

1

)...P (X r = x i

r

),

∀1 ≤ i 1 < ... < i r ≤ n

Il est naturel ici d’introduire la notion de vecteur discret : (X, Y ) est un vecteur discret s’il prend ses valeurs (x i , y j ) i,j≥1 sur Ω avec les probabilit´ es

p i,j = P ((X = x i ) ∩ (Y = y j )) =: P (X = x i , Y = y j ), i, j ≥ 1

La famille de nombres (p i,j ) s’appelle la loi du couple (X, Y ) ou la loi con- jointe de X et Y . On appelle alors lois marginales les lois des composantes X et Y et elles s’obtiennent ainsi :

Si p i,j = P (X = x i , Y = y j ), ∀i, j ≥ 1, alors

∀i ≥ 1 p i := P (X = x i ) = P j≥1 p i,j , q j := P (Y = y j ) = P i≥1 p i,j

Exemples : 1) Soit (X, Y ) un vecteur discret ` a valeurs dans N 2 de loi (p i,j ) 1≤i,j≤3 =

1/6, 0, 1/6 1/6, 0, 1/6 0, 1/3, 0

o` u p i,j = P (X = i, Y = j ).

Quelles sont les lois (marginales) de X et Y ?

Pour 1 ≤ i ≤ 3, p i = P (X = i) = P 3 j=1 p i,j , et pour 1 ≤ j ≤ 3, q j = P (Y = j ) = P 3 i=1 p i,j , autrement dit, pour avoir la loi de X on somme les lignes et pour avoir la loi de Y on somme les colonnes. On trouve

p 1 = p 2 = p 3 = 1/3; q 1 = q 2 = q 3 = 1/3;

X et Y suivent toutes les deux la loi uniforme sur {1, 2, 3}.

(27)

2) Soit (X, Y ) un vecteur discret ` a valeurs dans N 2 de loi p j,k = c

2 j 3 k , j, k ≥ 1

c ´ etant une constante ` a d´ eterminer pour que (p j,k ) soit bien une loi de prob- abilit´ e. Les p j,k sont ≥ 0 si c l’est et il faut ajuster c pour que

X

j,k≥1

p j,k = X

j,k≥1

c 2 j 3 k = 1

Or P j,k≥1 2

j

1 3

k

= P 1 2 −j P 1 3 −k = 1.1/2 = 1/2. On en d´ eduit c = 2.

De plus la loi de X est ( 2 1

j

, j ≥ 1) et celle de Y est ( 3 2

k

, k ≥ 1).

Propri´ et´ es :

1) Si X et Y sont discr` etes ind´ ependantes, toute fonction de X est ind´ ependante de toute fonction de Y .

2) Soit X et Y deux variables discr` etes. Alors X q Y si et seulement si la loi du couple (X, Y ) est le produit des lois marginales cad

p i,j = p i q j , ∀i, j si X est de loi (p i ) et Y de loi (q j )

En particulier on sait reconstituer la loi du couple ` a partir des lois mar- ginales lorsque les variables sont ind´ ependantes. C’est le cas du second ex- emple mais pas du premier.

† Loi multinˆ omiale

On s’int´ eresse cette fois ` a une succession d’´ epreuves ind´ ependantes mais ` a r´ esultats multiples (plus seulement succ´ es ou ´ echec). A chaque

´

etape, on classe les r´ esultats en r´ esultats de type 1, de type 2,..., de type k et on note p i la probabilit´ e d’avoir un r´ esultat de type i, 1 ≤ i ≤ k. Le vecteur X = (X 1 , ..., X k ) suit la loi multinˆ omiale de param` etres n, p 1 ,...,p k si

P (X = (n 1 , ..., n k )) = n!

n 1 !...n k ! p n 1

1

...p n k

k

avec n 1 + ... + n k = n.

Voici une illustration : Un syst` eme de N particules se trouve dans l’´ etat

(N 1 , ..., N n ), si, pour chaque k = 1, ..., n, N k particules ont une ´ energie E k ,

(28)

E 1 , ..., E n ´ etant les valeurs possibles de l’´ energie d’une particule. Si W i est la probabilit´ e qu’une particule ait pour ´ energie E i , la probabilit´ e que le syst` eme se trouve dans l’´ etat (N 1 , ..., N n ) est exactement

W = N!

N 1 !...N n ! W 1 N

1

...W n N

n

En effet, chaque configuration a comme probabilit´ e W 1 N

1

...W n N

n

et elles sont

´

equiprobables; reste ` a calculer le nombre de r´ epartitions qui est le nombre de fa¸cons de r´ epartir N objets dans n boˆıtes, avec, pour chaque j , N j dans la j-i` eme boˆıte; c’est le coefficient multinˆ omial.

Qu’obtient-on pour n = 2 ?

††Somme de variables discr` etes

La loi d’une somme de deux variables enti` eres se calcule ` a l’aide de la loi du couple (p i,j ) et devient beaucoup plus simple lorsque ces variables sont ind´ ependantes. Supposons que X et Y soient ` a valeurs dans N; il en est de mˆ eme de Z = X + Y et l’´ ev` enement (Z = n) se d´ ecompose en n + 1

´

ev` enements disjoints

(Z = n) = (X = 0, Y = n) ∪ (X = 1, Y = n − 1) ∪ ...

∪(X = n − 1, Y = 1) ∪ (X = n, Y = 0) de sorte que

P (Z = n) = P (∪ n k=0 (X = k, Y = n − k))

=

n

X

k=0

P (X = k, Y = n − k) =

n

X

k=0

p k,n−k .

Si les variables sont ind´ ependantes on peut utiliser la propri´ et´ e 2) Soit X q Y ` a valeurs dans N, X de loi (p i ) et Y de loi (q j ),

alors, P (X + Y = n) = P n k=0 p k q n−k , n ≥ 0

On retrouve ainsi l’expression de la loi binˆ omiale. En effet si X est le

“nombre de succ´ es” dans un sch´ ema de Bernoulli de taille n, X peut s’´ ecrire X = X 1 + ... + X n o` u X i vaut 1 s’il y a succ´ es au i-` eme lancer, 0 sinon.

Comme les lancers sont ind´ ependants, on peut r´ esumer ceci en X suit la loi binˆ omiale B(n, p) ⇐⇒ X est la somme de

n variables de Bernoulli B(p), ind´ ependantes et ´ equidistribu´ ees.

(29)

L’expression de la loi binˆ omiale se v´ erifie imm´ ediatement par r´ ecurrence sur n mais peut aussi s’obtenir directement en ´ ecrivant, si X = X 1 + ... + X n , P (X = k) = 0 si k > n et sinon, par ind´ ependance,

P (X = k) = X

x

1

+...+x

n

=k

P (X 1 = x 1 )...P (X n = x n )

= p #1 (1 − p) #0 X

x

1

+...+x

n

=k

1 = C n k p k q n−k

puisque le nombre de solutions de x 1 + ... + x n = k avec x i = 0 ou 1 vaut C n k . La remarque suivante nous servira dans le calcul des moments :

X suit la loi hyperg´ eom´ etrique de param` etres N, N 1 , n not´ ee H(N, N 1 , n) ⇐⇒ X est la somme de

n variables de Bernoulli d´ ependantes et ´ equidistribu´ ees.

L’´ equidistribution n’est pas ´ evidente et demande une preuve (cf exercice 8).

3.3 Exercices r´ ecapitulatifs

1. On lance quatre fois une pi` ece de monnaie et on appelle X le nombre de FACE, Y le nombre de s´ eries de FACE (une s´ erie ´ etant une succession : par exemple FPFF donne X = 3, Y = 2).

a) Quelle est la loi de X ?

b) Trouver la loi du couple (X, Y ) sous la forme d’un tableau (p i,j ).

c) D´ eterminer la loi de Y .

2. Calculer la loi de X + Y , o` u X et Y sont ind´ ependantes, X suit la loi B(n, p) et Y la loi B(m, p).

3. Soit X une variable al´ eatoire suivant la loi de Poisson P (λ). Montrer que la probabilit´ e que X prenne des valeurs paires est sup´ erieure ` a la probabilit´ e qu’elle prenne des valeurs impaires.

4. Le nombre de v´ ehicules circulant sur l’autoroute A1 dans le sens Paris-

Lille, durant un intervalle de temps donn´ e, suit une loi P (λ); de mˆ eme le

nombre de v´ ehicules circulant dans le sens Lille-Paris suit une loi P (µ); on

suppose les flux ind´ ependants. Quelle est la loi du nombre total de v´ ehicules

sur l’autoroute A1 durant cet intervalle de temps ?

(30)

5. a) Montrer que la loi g´ eom´ etrique est une loi sans m´ emoire au sens suivant : P (X > n + m/X > n) = P (X > m).

b) R´ eciproquement, supposons que X soit une variable enti` ere sans m´ e- moire. En posant q n = P (X > n), montrer que q n = q 1 n ; v´ erifier que P (X = n) = q n−1 − q n et montrer alors que X suit une loi g´ eom´ etrique.

6. Soit X et Y deux variables ind´ ependantes ` a valeurs dans N. On pose Z = min(X, Y ).

a) Montrer que P (Z ≥ n) = P (X ≥ n)P (Y ≥ n).

On suppose que X suit la loi G(p) et Y la loi G(p 0 ).

b) Calculer dans ce cas P (Z ≥ n), puis P (Z = n). Quelle est la loi de Z ?

7. Dans un sch´ ema de Bernoulli infini, on s’int´ eresse ` a l’instant du second succ´ es, plus g´ en´ eralement ` a l’instant du r-i` eme succ´ es not´ e X r , r ≥ 1.

a) Montrer que pour k ≥ 0,

P (X r = r + k) = C r+k−1 r−1 p r q k

en remarquant qu’il faut r´ epartir r − 1 succ´ es dans les r + k − 1 premiers lancers. (On v´ erifiera que c’est bien une loi de probabilit´ e)

b) Montrer que X 2 = X 2 − X 1 + X1 est somme de deux variables ind´ ependantes; retrouver ainsi la loi de X 2 , puis celle de X r par r´ ecurrence sur r.

c) Probl` eme des allumettes de Banach Banach, qui ´ etait un fumeur imp´ e- nitent, avait toujours sur lui deux boˆıtes de n allumettes, une boˆıte par poche.

Pour allumer une cigarette, il choisissait une poche au hasard. Quelle est la probabilit´ e, que, ayant constat´ e qu’une boˆıte est vide pour la premi` ere fois, il reste k allumettes dans l’autre ?

8. Si X suit la loi hyperg´ eom´ etrique H(N, N 1 , n), elle peut se d´ ecomposer en X = X 1 + ... + X n o` u X i est le r´ esultat du i-` eme tirage.

Montrer que les X i suivent des lois de Bernoulli de mˆ eme param` etre N 1 /N .

9. Montrer que les composantes d’un vecteur de loi multinˆ omiale suivent

des lois binˆ omiales, mais ne sont pas ind´ ependantes.

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