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CCINP Maths 2 MP 2019 — Corrigé

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Academic year: 2021

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© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 1/14

CCINP Maths 2 MP 2019 — Corrigé

Ce corrigé est proposé par Théo Lenoir (ENS Ulm) ; il a été relu par Bertrand Wiel (enseignant en CPGE) et Florian Metzger (docteur en mathématiques).

L’épreuve se compose de deux exercices et d’un problème, tous indépendants.

• Le premier exercice concerne l’informatique pour tous et consiste à coder un algorithme retournant la décomposition d’un entier en facteurs premiers.

• Le second exercice porte sur les espaces euclidiens. On y étudie quelques pro- priétés des endormorphismes antisymétriques et des endomorphismes normaux, c’est-à-dire qui commutent avec leur adjoint : l’adjoint d’un endomorphisme u est l’endomorphisme associé à tMatu.

• Le problème a pour thème la réduction et plus particulièrement les matrices semblables. Tout d’abord, on regarde des propriétés invariantes par similitude et on étudie quelques cas particuliers. On démontre également un critère de diagonalisabilité pour les endomorphismes de rang1. On prouve également des conditions suffisantes pour que deux matrices soient semblables dans Mn(R) dans des cas particuliers. Enfin, on étudie une propriété reliant polynômes mi- nimaux, polynômes caractéristiques et similitude, qui se révèle vraie en dimen- sions2et 3, mais fausse en dimension4.

Le sujet est plutôt court, assez facile et comporte quelques questions proches du cours. Le premier exercice permet de revoir efficacement le programme d’informa- tique. Le problème constitue une bonne révision du cours sur la réduction même si on y déplore un certain manque d’unité et d’originalité.

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(2)

© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 2/14

Indications

Exercice I 2 Se servir de la fonctionestPremier.

4 Exploiter le fait que sipdivisen,vp(n) =vp(n/p) + 1.

5 Utiliser la fonction liste_premierspour obtenir la liste des nombres premiers entre 1 et n puis utiliser la fonction valuation_p_adiquepour chaque nombre de la liste.

Exercice II

6 Si la dimensionndeEest supérieure à2, noter(e1, . . . , en)une base orthonormée deEet considérervl’endomorphisme qui àe1associee2, àe2associe−e1, et àei

associe0pouri>3.

7 Pour iii =⇒ ii, penser à la formule de polarisation. Pour ii =⇒ i, calculer, pour(x, y)dansE2,hx|v◦u(y)i.

Problème

10 Pour la première méthode, regarder la matrice deudans la base(e2, e1, e3). Pour la seconde méthode, calculer les polynômes caractéristiques deAet B.

11 Montrer que le noyau de u est de dimension n−1 et regarder la matrice de u dans une base adaptée.

12 Trouver un polynôme de degré2qui annuleu.

13 Considérer la matriceM = i 1

1 −i

. 14 Vérifier que t 1 1 1 1

et t 1 −1 1 −1

sont des vecteurs propres deA.

15 CalculerPAP1pour P =

1 0 0 b/a

.

16 Montrer quePB = APet regarder les parties réelles et imaginaires des coefficients.

17 Utiliser la formule explicite du déterminant. Que vautdet(R + iS)? 18 Utiliser le résultat de la question17.

19 Montrer queAest diagonalisable et queBa pour polynôme caractéristiqueX3+X.

20 Regarder le cas où le polynôme caractéristique est scindé à racines simples dans lequel on pourra utiliser le résultat de la question 18, puis le cas où il est de la forme (X−λ)2. Montrer queλ est réel et penser à trigonaliserA et B. Utiliser ensuite le résultat de la question15pour le cas où aucune des deux matrices n’est une homothétie.

21 Chercher deux matrices triangulaires supérieures M vérifiant M2 = 0, une de rang1 et une de rang2.

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(3)

© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 3/14

Exercice I

1 On commence par traiter le cas n= 1: 1 n’est pas premier. Ensuite on vérifie comme indiqué par l’énoncé sin est divisible par un entier entre2 et ⌊√

n⌋. Si ce n’est pas le cas,nest premier donc on renvoieTrue.

def estPremier(n):

if n == 1:

return False

for i in range (2, int(sqrt(n))+1):

if n % i == 0:

return False return True

2 Utilisons le résultat de la question précédente : on crée une liste vide, puis on parcourt les entiers entre1et nen ajoutant à la liste tous ceux qui sont premiers.

def liste_premiers(n):

L = []

for i in range (1, n+1):

if estPremier(i):

L.append(i) return L

3 On utilise la méthode donnée par l’énoncé : tant que n est divisible par p on effectue la division et on compte le nombre de divisions effectuées.

def valuation_p_adique (n, p):

valuation = 0 while n%p == 0:

valuation += 1 n = n//p return valuation

4 Implémentons l’algorithme suivant : si pne divise pas n, on renvoie 0. Sinon la valuationp-adique denvaut1plus celle den/p. On renvoie donc1 +val(n/p, p).

def val(n, p):

if n%p != 0:

return 0

return 1 + val(n//p, p)

5 On utilise les fonctions précédentes. On crée la liste des nombres premiers entre1 etn. Ensuite pour toutpdans cette liste on calcule la valuationp-adique den, et, si elle est non nulle, on ajoute la liste[p, vp(n)]à la liste résultat.

def decomposition_facteurs_premiers(n):

L = liste_premiers(n) T = []

for p in L:

a = valuation_p_adique(n, p) if a != 0:

T.append([p, a]) return T

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(4)

© Éditions H&K Publié dans lesAnnales des Concours 4/14

Exercice II

6 Soit u un endomorphisme vérifiant hu(x), xi = 0 pour tout x dans E. Si la dimension de E est 0 ou 1 alors u est l’endomorphisme nul. En effet si E est de dimension0, alors tout endomorphisme deuest nul. SiEest de dimension1, il existe une base orthonormée deEqu’on note(e1). Il existeλ∈Rtel queu(e1) =λe1. Ainsi,

0 =hu(e1), e1i=λhe1, e1i=λ On obtientu(e1) = 0, doncuest nul.

Par contre si la dimension deE est supérieure ou égale à2, le résultat n’est plus vrai. NotonsB = (e1, . . . , en) une base orthonormée deE. Considérons l’endomor- phismev défini par

v(e1) = e2

v(e2) = −e1

et pour touti∈[[ 3 ;n]] v(ei) = 0

SoitxdansE, en décomposantxdans la baseBsous la formex1e1+· · ·+xnen

avec(x1, . . . , xn)∈Rn on obtient par bilinéarité du produit scalaire : hv(x), xi=

* v

n P

i=1

xiei

,

n

P

j=1

xjej

+

=

* n

P

i=1

xiv(ei),

n

P

j=1

xjej

+

= Pn

j=1

hx1e2−x2e1, xjeji

=

n

P

j=1

x1xjhe2, eji −

n

P

j=1

x2xjhe1, eji

=x1x2−x1x2 hv(x), xi= 0

Comme la famille (ei) est une base, v(e1) = e2 6= 0 est non nul donc l’endomor- phismev est non nul.

L’endomorphismeun’est pas nécessairement nul.

Les endomorphismes u de E qui vérifient pour tout x dans E l’éga- litéhu(x), xi= 0sont exactement les endomorphismes dont la matrice dans une base orthonormale est antisymétrique.

En effet notons (e1, . . . , en)une base orthonormale deE. Soituun en- domorphisme de E vérifiant pour tout xdans E hu(x), xi = 0. On poseM la matrice de udans la base(e1, . . . , en). Soit(x, y)∈E2. Par bilinéarité du produit scalaire,

0 =hu(x+y), x+yi

=hu(x), xi+hu(x), yi+hu(y), xi+hu(y), yi 0 =hu(y), xi+hu(x), yi

En particulier pour tout (i, j)∈ {1, . . . , n}2:

Mi,j=hu(ej), eii=−hu(ei), eji=−Mi,j

La matriceMest bien antisymétrique.

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