Séminaire Dubreil.
Algèbre et théorie des nombres
G UY R ENAULT
Sur les anneaux non commutatifs. III. Enveloppe injective d’un module
Séminaire Dubreil. Algèbre et théorie des nombres, tome 15, no2 (1961-1962), exp. no15, p. 1-6
<http://www.numdam.org/item?id=SD_1961-1962__15_2_A4_0>
© Séminaire Dubreil. Algèbre et théorie des nombres
(Secrétariat mathématique, Paris), 1961-1962, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la collection « Séminaire Dubreil. Algèbre et théorie des nombres » im- plique l’accord avec les conditions générales d’utilisation (http://www.numdam.org/conditions).
Toute utilisation commerciale ou impression systématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
15-01
SUR LES ANNEAUX NON COMMUTATIFS III. ENVELOPPE INJECTIVE
D’UN
MODULE.par
Guy
RENAULTSéminaire
DUBREIL-PISOT(Algèbre
etThéorie
desnombres)
15e aimée, 1961/62, n° 15 19
mars1962
1. Immersion d’ un module dans un
module injectif..
Dans tout cet
exposé,
les anneaux dont il seraquestion
serontsupposés posséder
un
élément unité 9
et tous les modules serontsupposés
unitaires. Tous les modulesconsidérés
seront des modules àgauche.
DEFINITION 1. - Un
A-module
M est ditinjectif si,
poux tout A-moduleQ ,
tout sous-module P de
Q
et touthomomorphisme
f de P dans1~~ !
il existeun
homomorphisme
f deQ
dans Mprolongeant
f.On en déduit les
conséquences
suivantes :- une somme directe de deux modules est un module
injectif ~
ces deux modulessont
injectifs ;
- un
produit
direct de modules estinjectif
~chaque
facteur estinjectif.
THÉORÈME I. - Pour
qu’un
A-module M soitinjectif,
il faut et il suffit que , pour toutidéal
àgauche
I de A et touthomomorphisme
f de I dansM ,
f soit
réalisé
par unehomothétie,
c’ e st-à-dire il existex~
E M tel :~uef(a)
=ax0
pour tout aLa. condition est
nécessaire
car f seprolonge
en unhomomorphisme
f de Adans
~~r 9
et l’on af ~a~ ~ af(e)
.Montrons que la condition est suffisante. Soient un A-module
Q ~
P un sous-module de
Q
et f unhomomorphisme
de P dans i~ï . Soit S la famille descouples Pi , fi)
où P. est un sous-module deQ
contenantP ,
et f , unhomomorphisme
dePi
dans 11 . Soit la relation d’ordredéfinie
parS est non
vide,
car elle contient lecouple (P , f) ,
et cette famille estréduc-
tive. Elle admet donc -un
élément
maximalfJ d’après
lethéorème
de Zorn.On va prouver que
P~
=Q ; sinon,
il existe x eQ , x ~
Soient1 = x et i -~
l’ homomorphisme
de 1 dans M . Parhypothèse,
ilexiste m e M tel que = im . Pour
x0
eP0
et 03BB eA ,
on poseil est clair que
(P.. y f ) (P
+f)
cequi
est contraire au choix de(Po.
Conséquences.
a. Soit ~i un anneau
noethérien
àgauche.
On a lespropriétés
suivantes : toutesomme directe de
fi-modules injectifs
est un A-moduleinjectif
et toute limite inductive de A-modulesinjectifs
est un A-moduleinjectif.
b. Un A-module hi est divisible
si, quels
que soient x ~ M et03B1 ~
0 dans~’~ ~
il existe y E M tel que x = ay . Un moduleinjectif
est divisible. Lethéo- rème 1
prouve , d’autrepart, qu’un
module M sur un anneauprincipal
estinjectif
~ il est divisible.
c. On démontre le
résultat
suivant : un domained’intégrité A
est un anneaude Dedekind ~ tout A-module divisible
est injectif.
Exemples.
a. Le
Z-module Q :
b.
Soient A
un anneauprincipal,
K son corps desfractions;
on noteKA
leA-module K . Il est le sous-module de K
engendré
pa r 1 . Le modulequotient
est
divisible;
soit n unélément extrémal
de~‘l ~
on notera V 1C le sous’»module de V
f ormé
deséléments annulés
par unepuissance
de n . V n est unmodule divisible
(donc injectif)
etindécomposable,
et on aP
étant
unsystème représentatif d’éléments extrémaux
de A.Nous allons montrer
qu’un
1.-modulequelconque peut
êtreplongé
dans un A-moduleinjectif.
THEOREME 2. - Tout A-module M
peut
êtreplongé
dans un ;:-noduleinjectif.
On utilisera la
méthode qui
consiste àplonger
d’abord Mconsidéré
comme ungroupe
abélien
dans un groupeabélien injectif.
LEMME 1. - Tout groupe
abélien peut
êtreplongé
dans un groupeabélien injectif.
Soit G un groupe
abélien ;
on sait que G est groupequ otient
d’un groupeabélien
libre F.F est
plongé canoniquement
dans le groupeet,
parsuite,
on a G cF~R ~ F/R
groupeabélien
divisible doncinjectif.
Pour tout anneau A et tout groupe
abélien G ,
onconsidère
l’ensemble desZ-homomorphismes
de ~i dansG ~
que l’on noteG) .
Pour toutélément
f de
G~ ~
nous notons(a)f i’ éiément
de Gtransformé
de a E ~ parf ~
et nousdéfinissons,
.pour tout b E.~s ~ l’élément
bf deG)
par
(a) (bf) = (ab)f = f(ab)
.On
définit
demanière évidente
surG)
une structure de On ales
propriétés
suivantes :- si G est un sous-groupe du groupe
abélien G)
est un sous-module de
G~ 9
- si G est un
A-module M , HomZ(A , M) possède
un sous-moduleisomorphe
à
M 9
il suffit deconsidérer
l’ensemble deshomothéties
de A dans M.2. -
Si G est un groupeabélien injectif, G)
est un/.-module
injectif.
En
effet, soient Q
un1--module
et P un sous-modulede Q ; soit ,
unA-homomorphisme
de P dansG) .
On a doncpour tout À E .~l et tout xeP . On en
déduit
03C8
est unZ-homomorphisme
de P dans Gqui peut
êtreprolonge
en un Z-homomorphisme 03C8 de Q
dans G . Pour toutdéfinissons
commeétant i’ éiément
suivant deG~ ,
L’application 03C6 :
y ~03C6(y)
est unA-homomorphisme de Q
dansG) . qui
coïncide avec ~ sur P.’~
Nous sommes en mesure maintenant de prouver le
théorème $
Soit M un A-module et fi un groupeabélien injectif
contenant le groupeabélien
~’.i . On ~,avec
M) qui
est un A-moduleinjectif (lemme 2) .
2.
Enveloppe injective d’un module.
DEFINITION
2. - rr étant un sous-module duE ~
E est une extensionessentielle de
M 9
si X cst un sous-module de E la relation M n X = 0implique X =
0 .Remarque . -
Si trois A-modulesM , P t
E sont tels que c P ~E ,
E estextension essentielle de 11 si et seulement si E est extcnsion essentielle de
P ,
et P extension essentielle de T~~ .PROPOSITION 1. - Si P~~ est un sous-module d’un module
injectif I~ ~
touteextension essentielle E de w’i est
isomorphe
à un sous-module de N contenant Enparticulier,
si M estinjectif,
il nepossède
pas d’extension essentielle propre.Le
plongement canonique
de M dans N seprolonge
en unhomomorphisme
f deE dans N ~
Kerf et par suite
Kerf ~0 .
La
proposition précédente
montre que l’onpeut
se limiter àl’étude
des extensionsessentielles de contenues dans
THÉORÈME 3. -
Soit un il existe un A-module E contenant M .défini
à unisomorphisme près
relativement à M etayant
lespropriétés équiva-
lentes suivantes 2
a. E est une extension essentielle maximale de
i~~~ 9
b. E est une extension essentielle de 1.i et E est facteur direct dans toute extension de
E;
c. E est une extension essentielle
injective
deM ;
d. E est une extension
injective
minimale de M .Soit N une extension
injective
deï’ï 9 considérons
la famille des sous-modules de Nqui
constituent des extensions essentielles de Cette famille est induc- tive etpossède
donc un élément maximal E .(a)’
~(b). -
Soit F une extension deE ,
et soit E’ t un sous-module maxi- Dal tel que E nE! = 0(existence assurée
par lethéorème
deZorn).
par
construction,
est une extension essentielle de(E
+ Eet,
par
suite,
F/‘E’
E+ E’ ~ F y
E nE’ =0 .(b)
~~e) . -
Soit N une extensioninjoctive
deE ~
E est facteur direct dans Net,
parsuite,
estinjectif.
(c)
~(d). -
Soit P une extensioninjective
de ~~~ telleP ~E ~
alorsE est une extension essentielle de P
et,
parsuite,
P = E .(d)
===)(a). -
Si En’était
pas extension essentielle del~ ~
E contiendraiten propre une extension essentielle de
qui
seraitinjective [(a) .~ (d}]~
contrairement à la minimalité de E . D’autre
part,
E nepossède
pas d’extension essentielle propre et constitue donc une extension maximale deSoient E et E’ deux extensions de
ayant
lespropriétés précéderiez.
Laproposition
1 entraîne que E’ t estisomorphe,
relativement à~~i ~
à un sous-module EU deE ;
la minimalité de E entraîne E =15-06
En cours de
démonstration,
on aprouvé
lerésultat
suivant :PROPOSITION 2. - Pour
qu’un
/.-nodule soitinjectif,
il faut et il suffitqu’il
soit facteur direct toutes ses extensions.
On va en
déduire
un nouvelexemple
de modulesinjectifs.
Rappelons qu’un
A-module estsemi-simple
s’ilvérifie
les deuxpropriétés équivalentes
suivantes :a. M est somme directe de modules
simples.
b. Tout sous-module de j~~ est facteur direct.
Un anneau A est
semi-simple
s’il vérifie les deuxpropriétés équivalentes
sui-vantes :
a. Le A-module
A s
estsemi-simple ;
b* Tout A-module est
semi-simple.
Si A est un anneau
semi-simple,
tout estinjectif.
DEFINITION
3. -
Un module E satisfaisant auxpropriétés
dut.,.éorèI:le 3 pelle l’ enveloppe injective
de ~~ et so note E~Ni~ .
Exemples. - Q enveloppe injective
de Z ~1° Soit G groupe libre. -
Q ,~~
Genveloppe injective
de G.Z
2° Soit â un anneau’ non commutatif sans diviseurs de
zéro
et tel que l’inter- section de deuxidéaux
àgauche
de A soit{0} .
On sait que li admet un corps desquotients à gauche
Kenveloppe injective
de A .~° On a le résultat
plus général
suivant(théorème
de L. LESIEUR et R.CROISOT) .
Soit ~s un anneau
premier
vérifiant les conditions suivantesa.
Chaque
somme directed’idéaux
àgauche
de Apossède
un nombre fini decomposantes ;
b. LI ensemble des
idéaux
annulateurs àgauche
vérifie la condition maximale.A admet un corps des
quotients
à et estl’enveloppe injec-
tive de A .