Chapitre 6
Fonctions usuelles
Objectifs
– Définir et étudier les fonctions logarithmes, exponentielles.
– Définir et étudier les fonctions puissances. Comparaison.
– Définir et étudier les fonctions hyperboliques, leurs propriétés.
– Inversion des fonctions hyperboliques et des fonctions circulaires.
Plan
6 Fonctions usuelles 63
I) Fonctions logarithmes et exponentielles . . . 63
1) Logarithme népérien . . . 63
2) Logarithmes de basea . . . 64
3) La fonction exponentielle . . . 65
4) Fonctions exponentielles de basea . . . 66
II) Fonctions puissances . . . 67
1) Racines nièmes . . . 67
2) Puissance rationnelle . . . 68
3) Puissance irrationnelle . . . 69
4) Croissance comparée de ces fonctions . . . 69
III) Fonctions hyperboliques . . . 70
1) Définitions . . . 70
2) Trigonométrie hyperbolique . . . 71
3) Inversion des fonctions hyperboliques . . . 72
IV) Fonctions circulaires . . . 74
1) Rappels . . . 74
2) Inversion des fonctions circulaires . . . 75
V) Exercices . . . 77
I) Fonctions logarithmes et exponentielles
1) Logarithme népérien
La fonction x 7→ 1
x est continue sur ]0; +∞[, elle admet une unique primitive qui s’annule en 1, c’est la fonctionx7→
∫ x 1
dt t .
NDéfinition 6.1
L’unique primitive de la fonctionx7→ 1x sur]0; +∞[qui s’annule en1 est appeléelogarithme népérien, elle est notéeln. On a donc∀x >0, ln(x) =
∫ x 1
dt t .
Cette fonction est donc dérivable surI=]0; +∞[et ln0(x) = 1
x , elle est donc strictement croissante surI.
Soity >0, la fonctionf :x7→ln(xy)et dérivable surIetf0(x) =y 1 xy = 1
x, on en déduit quef(x) = ln(x)+c oùcest une constante, on aln(y) =f(1) = ln(1) +c=c, par conséquent on obtient :
I théorème6.1 (Propriété fondamentale du logarithme)
∀x, y >0,ln(xy) = ln(x) + ln(y).
Conséquences:
– Si uest une fonction dérivable qui ne s’annule pas, alors[ln(|u|)]0= u0 u. – ∀x, y∈R∗,ln(|xy|) = ln(|x|) + ln(|y|).
– ∀x, y∈R∗,ln(|xy|) = ln(|x|)−ln(|y|).
– ∀n∈Z∗,∀x∈R∗,ln(|xn|) =nln(|x|).
I théorème6.2 (Limites du logarithme népérien)
x→lim+∞ln(x) = +∞; lim
x→0+ln(x) =−∞; lim
x→+∞
ln(x)
x = 0; lim
x→1
ln(x) x−1 = 1.
Courbe représentative :
x 0 1 +∞
ln’
ln 0
+∞
−∞
0 1 2 3 4 5
0 1 2
−1
−2
−3
−4
−5 I théorème6.3 (Inégalité de convexité)
∀x >0,ln(x)6x−1.
2) Logarithmes de base a
I théorème6.4
Soit f :]0; +∞[→R une application dérivable telle que∀x, y > 0, f(xy) = f(x) +f(y), alors il existe une constantek telle que∀x >0, f(x) =kln(x).
Fonctions logarithmes et exponentielles 65
On peut montrer que le théorème reste vrai si on remplacef dérivable parf continue.
Lorsque k = 0la fonction f est nulle, lorsquek 6= 0, il existe un unique réel a > 0 différent de 1 tel que ln(a) = 1
k, ce qui donnef(x) =ln(x) ln(a). NDéfinition 6.2
Soita∈R∗+\ {1}, on appellelogarithme de baseala fonction notéelogaet définie sur]0; +∞[parloga(x) = ln(x)
ln(a).
Remarques:
– ∀x, y∈R∗+,loga(xy) = loga(x) + loga(y).
– loga(1) = 0et loga(a) = 1.
– On noteel’unique réel strictement positif tel queln(e) = 1, on a alorsln = loge. – La fonction loga est dérivable et ∀x >0,log0a(x) = 1
xln(a). – log1
a =−loga.
3) La fonction exponentielle
La fonctionlnest strictement croissante surI=]0; +∞[, elle définit donc une bijection deIsurJ = Im(ln), comme elle est continue on aIm(ln) =] lim
0 ln; lim
+∞ln[=R. NDéfinition 6.3
La réciproque est appeléefonction exponentielleet notéeexp, elle est définie par : exp : R → ]0; +∞[
x → exp(x) =y tel quey >0 etln(y) =x .
Propriétés:
– La fonction expest strictement croissante surRet continue, de plusexp(0) = 1et exp(1) =e.
– La fonction ln est dérivable sur]0; +∞[et sa dérivée ne s’annule pas, donc la fonction expest dérivable surRet exp0(x) = 1
ln0(exp(x)) = exp(x).
– Dans un repère orthonormé, la courbe de la fonction expet celle de la fonction ln sont symétriques par rapport à la première bissectrice.
0 1 2 3 4 5
−1
−2
−3
−4 0
1 2 3 4 5
−1
−2
−3
−4
Cln
Cexp
Soient x, y ∈ R, notons X = exp(x) et Y = exp(y) alors X et Y sont dans ]0; +∞[ on peut donc écrire ln(XY) = ln(X) + ln(Y)ce qui donnex+y= ln(XY), par conséquentexp(x+y) =XY = exp(x) exp(y), on peut donc énoncer :
I théorème6.5 (Propriété fondamentale de l’exponentielle)
∀x, y∈R,exp(x+y) = exp(x) exp(y).
Il en découle en particulier queexp(−x) = 1 exp(x).
Notation: On déduit de ce théorème que pour tout entiern∈Zet pour tout réelxon aexp(nx) = [exp(x)]n. En particulier on a pour x= 1,exp(n) = [exp(1)]n =en. Sip et q sont deux entiers premiers entre eux avec q 6= 0 et si r = p
q, alors exp(qr) = exp(r)q = ep, comme exp(r) > 0 on peut écrire exp(r) = √q
ep = er [cf fonctions puissances]. On convient alors d’écrire pour tout réelx:
exp(x) =ex . Les propriétés s’écrivent alors :
– ex+y =ex×ey. – e0= 1, e−x= 1
ex,∀n∈Z, enx= [ex]n.
– Si udésigne une fonction dérivable alors[eu]0=u0×eu. – ∀x∈R, ex>x+ 1.
I théorème6.6 (Limites de la fonction exponentielle)
x→−∞lim ex= 0, lim
x→+∞ex= +∞, lim
x→+∞
ex
x = +∞, lim
x→0
ex−1 x = 1.
Il en découle que lim
x→+∞xe−x= 0.
4) Fonctions exponentielles de base a
I théorème6.7
Soitf :R→]0; +∞[ une fonction dérivable telle∀x, y∈R, f(x+y) =f(x)f(y), alors il existe un réel k tel que∀x∈R, f(x) =ekx.
Il existe un réel a >0 tel queln(a) =k, on peut donc écriref(x) =exln(a). NDéfinition 6.4
Soita >0, on appelleexponentielle de basea, la fonction notéeexpa définie sur Rpar :
∀x∈R, expa(x) =exln(a).
Remarques:
– ∀x, y∈R,expa(x+y) = expa(x)×expa(y).
– expa(0) = 1,expa(1) =aet∀x∈R,expe(x) =ex.
– La fonction expa est dérivable et∀x∈R,exp0a(x) = ln(a) expa(x).
– exp1 a = 1
expa.
– Lorsque a6= 1, la fonctionexpa est bijective et sa réciproque estloga.
Fonctions puissances 67
– Comme pour la fonction exponentielle [de base e] on montre que ∀r ∈Q,expa(r) =ar. Par conséquent on pose pour tout réel x: expa(x) =ax.Avec cette notation on a [∀x, y∈R,∀a, b∈]0; +∞[) :
– ax= exp(xln(a)).
– ln(ax) =xln(a).
– ax+y=ax×ay,a0= 1et a1=a.
– a−x= 1
ax, d’oùax−y =ax ay.
– [ax]y= exp(yln(ax)) = exp(xyln(a)) =axy et donc (1
a )x
= 1 ax. – ax×bx= exp(xln(a))×exp(xln(b)) = exp(xln(ab)) = (ab)x et donc
(a b
)x
=ax bx. – Si x6= 0,ax=b ⇐⇒ b=a1x.
Seul un réel strictement positif peut être élevé à une puissance quelconque, par exempleπ√2 est égal à [d’après la définition ci-dessus]expπ(√
2) = exp(√
2 ln(π)).
II) Fonctions puissances
Les puissances entières sont supposées connues.
1) Racines nièmes
Soit n > 2 un entier, on note fn la fonction définie sur R par fn(x) = xn. Cette fonction est continue dérivable surRet fn0(x) =nxn−1.
Lorsque n est pair: La fonctionfn définit une bijection strictement croissante deI= [0; +∞[sur l’intervalle J =fn<R+>=R+, la bijection réciproque est appeléeracine nième elle est notée √n et définie par :
√n : [0; +∞[ → [0; +∞[ x 7→ √n
x=y tel que y>0 etyn=x .
Cette fonction est continue, strictement croissante sur [0; +∞[ mais dérivable seulement sur ]0; +∞[ (car fn0 s’annule en0 et fn(0) = 0), au point d’abscisse 0il y a une tangente verticale. Sa dérivée est donnée par : [√n
x]0= 1 fn0(√n
x) =
√n
x nx.
Courbe représentative :
x 0 1 +∞
0
1
+∞
√n
0 1 2 3 4
−1 0 1 2 3 4
−1
x7→√4 x x7→x4
Propriétés: soientx, y∈[0; +∞[, – [√n
x]n=xet √n xn=x.
– Si x >0 alors √n
x=xn1, carx1n >0et [xn1]n =x1=x. On en déduit alors que[√n x]0= 1
nxn1−1. – √nxy= √n
x× √ny.
– Si x6= 0 alors n
√
1 x= 1
√n
x et donc∀p∈Z, √n
xp= [√n x]p.
Lorsque n est impair: La fonction fn définit une bijection strictement croissante de Rsur l’intervallefn <
R>=R, la bijection réciproque est appeléeracine nième elle est notée √n et définie par :
√n : R → R x 7→ √n
x=y tel queyn=x .
Cette fonction est continue, strictement croissante sur Rmais dérivable seulement sur R∗ (carfn0 s’annule en 0 et fn(0) = 0), au point d’abscisse 0 il y a une tangente verticale. Sa dérivée est donnée par : [√n
x]0 = 1
fn0(√n x) =
√n
x nx.
Courbe représentative :
x −∞ −1 0 1 +∞
√n
−∞
−1 0
1
+∞
0 1 2 3
−1
−2
−3 0
1 2 3
−1
−2
−3
x7→x3
x7→√3 x
Propriétés: soientx, y∈R, – [√n
x]n=xet √n xn=x.
– √n
−x=−√n
x[fonction impaire].
– Si x >0 alors √n
x=xn1, carx1n >0et [xn1]n =x1=x. On en déduit alors que[√n x]0= 1
nxn1−1. – √nxy= √n
x× √ny.
– Si x6= 0 alors n
√
1 x= 1
√n
x et donc∀p∈Z, √n
xp= [√n x]p.
2) Puissance rationnelle
NDéfinition 6.5 Soit r∈ Q∗ et p
q le représentant irréductiblede r, c’est à dire r = p
q avecp∈ Z∗, q ∈ N∗ et q premier avecp. On pose par définition pourx∈R :xr =√q
xp (sous réserve d’existence). La fonction ainsi définie est continue sur son ensemble de définition et dérivablesauf peut-être en 0.
Il est important de prendre le représentant irréductible dersinon la définition n’a pas de sens, par exemple on aurait −1 = (−1)1= (−1)22 =√
(−1)2= 1.
Ensemble de définition: la fonction fr:x7→xr avecr= p
q irréductibleest définie sur : – R∗+ : sip <0et qest pair.
– R+ : sip >0,pimpair etqpair.
– R∗ : sip <0etq impair [dans ce casf a la même parité que p].
– R: si
p >0 ppair et qimpair [auquel casfr est paire]
ou
p >0,pimpair etqimpair [auquel cas fr est impaire]
Propriété: Lorsquex >0 on axr=erln(x). Conséquences:
Fonctions puissances 69
– Lorsque la fonctionfr:7→xrest paire on a∀x∈R∗, xr=erln(|x|). – Lorsque la fonctionfr est impaire on axr=εerln(|x|)avecε= x
|x|. – ∀x∈Dfr\ {0},[xr]0=rxr−1.
– Lorsquer∈]0; 1[la fonctionfrest continue en0mais pas dérivable. Il y a cependant une tangente verticale pour la courbe représentative. Par contre elle est dérivable en0lorsquer>1.
– Toutes les propriétés des puissances, établies dans le paragraphe sur les fonctions exponentielles, sont valables.
3) Puissance irrationnelle
Si αest un irrationnel et six >0 alors on a déjà adopté la notation suivante : xα= expx(α) =eαln(x).
Cela définit une fonctionfα continue et dérivable sur]0; +∞[avec la formule : [xα]0=αxα−1.
On a lim
x→0fα(x) =
0 siα >0 +∞ siα <0
. Dans le premier cas on pose 0α = 0, dans le second cas il y a une asymptote verticale.
Lorsque α > 0 : xα−0
x = e(α−1) ln(x) −→
x→0
0 si α >1 +∞ si0< α <1
, lorsque α > 1 on a une tangente horizontale et lorsqueα <1on a une tangente verticale.
- 6
1 2 3 4 5
−1 0 1 2 3 4 5
0
−1 Courbe de la fonctionx7→xα α <0
α >1
α= 1
0< α <1
Pour les réelsxstrictement positifs, on peut définir les puissances complexes à l’aide de l’exponentielle complexe en posant xz=ezln(x).
4) Croissance comparée de ces fonctions
NDéfinition 6.6
Soitf etg deux fonctions qui ne s’annulent pas au voisinage d’un pointa, on dit quef et négligeable devantg au voisinage dealorsque : lim
x→a
f(x) g(x) = 0.
Comparaison des puissances : siα < β alors xα est négligeable devantxβ au voisinage de+∞ et xβ est négligeable devantxαau voisinage de0. C’est à dire :
x→lim+∞
xα
xβ = 0et lim
x→0+
xβ xα = 0.
Comparaison des puissances et des logarithmes : si α et β sont des réels strictement positifs, alors [ln(x)]β est négligeable devantxα au voisinage de+∞et|ln(x)|β est négligeable devant 1
xα au voisinage de0.
C’est à dire :
x→lim+∞
[ln(x)]β
xα = 0et lim
x→0+
xα|ln(x)|β= 0.
Comparaison des puissances et des exponentielles: si αest un réel et si β >0, alorsxα est négligeable devanteβx au voisinage de+∞, c’est à dire :
lim
x→+∞xαe−βx= 0.
III) Fonctions hyperboliques
1) Définitions
NDéfinition 6.7
Pour x ∈ R, on pose ch(x) = ex+e−x
2 [cosinus hyperbolique], sh(x) = ex−e−x
2 [sinus hyperbolique] et th(x) = sh(x)
ch(x) =ex−e−x
ex+e−x [tangente hyperbolique].
Le cosinus hyperbolique: la fonctionchest paire, définie continue dérivable sur Ret ch0(x) = sh(x), on en déduit le tableau de variation et la courbe :
x
ch
−∞ 0 +∞
+∞
1
+∞
- 6
1 2 3
−1 0
−2
−3
1 2 3 4 5
0
Quelques propriétés: – ∀x∈R,ch(x)>1.
– lim
x→+∞
ch(x)
x = +∞et lim
x→+∞
ch(x) ex = 1
2.
Le sinus hyperbolique : la fonctionsh est impaire, définie continue dérivable surRetsh0(x) = ch(x), on en déduit le tableau de variation et la courbe :
Fonctions hyperboliques 71
x −∞ 0 +∞
sh 0
−∞
+∞ -
6
1 2 3
−1 0
−2
−3
2 4 6
0
−2
−4
−6 Quelques propriétés:
– ∀x∈R,ch(x) + sh(x) =ex etch(x)−sh(x) =e−x. – ∀x >0, x <sh(x)<ch(x).
– lim
x→+∞
sh(x)
x = +∞et lim
x→+∞
sh(x) ex = 1
2.
La tangente hyperbolique: la fonctionthest impaire, définie continue dérivable surRetth0(x) =ch2(x)−sh2(x) ch2(x) = 1
ch2(x), on en déduit le tableau de variation et la courbe :
x −∞ 0 +∞
0 th
−1
1 -
6
1 2 3
−1 0
−2
−3
0.5 1
0
−0.5
−1
Quelques propriétés: – ∀x∈R,−1<th(x)<1.
– ∀x >0,th(x)< x.
2) Trigonométrie hyperbolique
∗ ∀x∈R,ch2(x)−sh2(x) = 1.
∗ Formules d’addition :∀x, y∈Ron a : – ch(x+y) = ch(x)ch(y) + sh(x)sh(y).
– sh(x+y) = sh(x)ch(y) + ch(x)sh(y).
– th(x+y) = th(x) + th(y) 1 + th(x)th(y).
En particulier :
ch(2x) = 2ch2(x)−1 = 1 + 2sh2(x) sh(2x) = 2sh(x)ch(x)
th(2x) = 2th(x) 1 + th2(x)
.
∗ Transformations de somme en produit :∀x, y∈R, en posant p= x+y
2 et q= x−y
2 , on a x=p+qet y=p−q, on obtient :
– ch(x) + ch(y) = 2ch(x+y2 )ch(x−2y).
– ch(x)−ch(y) = 2sh(x+y2 )sh(x−2y).
– sh(x) + sh(y) = 2sh(x+y2 )ch(x−2y).
– th(x) + th(y) = sh(x+y) ch(x)ch(y).
Il est possible d’étendre ces fonctions aux complexes, en posant pour z ∈ C : ch(z) = ez+e−z
2 et sh(z) = ez−e−z
2 . On peut déduire des formules d’Euler que pour tout réelx,cos(x) = ch(ix)etisin(x) = sh(ix).
3) Inversion des fonctions hyperboliques
La fonctionchdéfinit une bijection de[0; +∞[sur l’intervalle[1; +∞[, la bijection réciproque est notéeargch [argument cosinus hyperbolique] et définie par :
argch : [1; +∞[ → [0; +∞[
x 7→ argch(x) =ytel que y>0 etch(x) =y .
Cette fonction est continue sur[1; +∞[, strictement croissante, dérivable sur]1; +∞[ mais pas en1 (car la dérivée dechs’annule en0etch(0) = 1), sa dérivée est :
∀x >1,argch0(x) = 1
sh(argch(x)) = 1
√x2−1.
Courbe représentative
x +∞
argch
+∞
1
0
- 6
1 2 3 4 5
0 1 2 3 4 5
0
Cch
Cargch
Propriétés:
– ∀x>0,argch(ch(x)) =x.
– ∀x>1,ch(argch(x)) =x.
– ∀x>1,argch(x) = ln(x+√
x2−1).
– lim
x→+∞
argch(x)
x = 0et lim
x→+∞
argch(x) ln(x) = 1.
La fonction sh définit une bijection de R sur R, la bijection réciproque est notée argsh [argument sinus hyperbolique] et définie par :
argsh : R → R
x 7→ argsh(x) =y tel quesh(x) =y .
Cette fonction est continue surR, strictement croissante, dérivable sur R(car la dérivée de shne s’annule pas), sa dérivée est :
∀x∈R,argsh0(x) = 1
ch(argsh(x))= 1
√x2+ 1.
Courbe représentative
Fonctions hyperboliques 73
x
argsh
−∞ 0 +∞
−∞
0
+∞ -
6
1 2 3 4
−1 0
−2
−3
−4
1 2 3 4
0
−1
−2
−3
−4
Cargsh
Csh
Propriétés:
– ∀x∈R,argsh(sh(x)) =xet sh(argsh(x)) =x.
– ∀x∈R,argsh(−x) =−argsh(x).
– ∀x∈R,argsh(x) = ln(x+√
x2+ 1).
– ∀x >0, x <argsh(x).
– lim
x→+∞
argsh(x)
x = 0et lim
x→+∞
argsh(x) ln(x) = 1.
La fonction th définit une bijection de R sur ]−1; 1[, la bijection réciproque est notée argth [argument tangente hyperbolique] et définie par :
argth : ]−1; 1[ → R
x 7→ argth(x) =y tel queth(x) =y .
Cette fonction est continue sur]−1; 1[, strictement croissante, dérivable sur]−1; 1[(car la dérivée dethne s’annule pas), sa dérivée est :
∀x∈]−1; 1[,argth0(x) = 1
1−th2(argth(x))= 1 1−x2. Courbe représentative
x 0
argth 0
−1 1
+∞
−∞
- 6
1 2 3
−1 0
−2
−3
1 2 3
0
−1
−2
−3
Cargth
Cth
Propriétés:
– ∀x∈R,argth(th(x)) =xet ∀x∈]−1; 1[,th(argth(x)) =x.
– ∀x∈]−1; 1[,argth(−x) =−argth(x).
– ∀x >0,argth(x)> x.
– ∀x∈]−1; 1[,argth(x) = 1 2ln
(1 +x 1−x )
.
IV) Fonctions circulaires
1) Rappels
Soitxun réel, le planP étant muni d’un repère orthonormé direct(O,−→u ,−→v ), soit M(x)le point du cercle trigonométrique tel que(−→u ,−−−→
OM ) =x (mod 2π)alors les coordonnées deM(x)sont (cos(x),sin(x)), lorsque cela est possible, on posetan(x) = sin(x)
cos(x).
sin(x) M
tan(x)
x cos(x)
O 1
Le réelxreprésente également la longueur de l’arc de cercle (AM)avec A(1,0), le cercle étant orienté dans le sens direct.
Quelques propriétés:
– ∀x∈R,cos2(x) + sin2(x) = 1.
– Les fonctions sinus et cosinus sont2π-périodiques définies continues dérivables surR, à valeurs dans[−1; 1], et on asin0 = coset cos0=−sin.
– La fonction tangente est π-périodique, définie continue dérivable sur R\ {π
2 +kπ} et on a tan0(x) = 1 + tan2(x) = 1
cos2(x).
– Les fonctions sinus et tangente sont impaires alors que la fonction cosinus est paire.
- 6
1 2 3 4
−1 0
−2
−3
−4
1
0
−1
π
π 2
Csin
- 6
1 2 3 4
−1 0
−2
−3
−4
1
0
−1
π π
2
Ccos
- 6
1 2
−1 0
−2 1 2 3 4 5
0
−1
−2
−3
−4
−5
Ctan
– On a les relationssin(π+x) =−sin(x)et cos(π+x) =−cos(x).
– On a les valeurs remarquables :
x 0 π6 π4 π3 π2 sin(x) 0 12
√2 2
√3
2 1
cos(x) 1 √23 √22 12 0 tan(x) 0 √1
3 1 √
3 ,
Fonctions circulaires 75
comme sin(π−x) = sin(x) et cos(π−x) = −cos(x), on peut compléter le tableau avec les valeurs
2π
3, 3π4 , 5π6 et π, la parité permet ensuite d’avoir un tableau de−πà π.
– Formules d’addition : ∀x, y∈Ron a : – cos(x+y) = cos(x) cos(y)−sin(x) sin(y).
– sin(x+y) = sin(x) cos(y) + cos(x) sin(y).
– tan(x+y) = tan(x) + tan(y) 1−tan(x) tan(y).
– ∀x∈R,|sin(x)|6|x|,061−cos(x)6 x22 et|tan(x)|>|x|.
Extension : on peut prolonger les fonctions sinus et cosinus à Cen posant cos(z) = eiz+e−iz
2 et sin(z) = eiz−e−iz
2i .
2) Inversion des fonctions circulaires
La fonction Arcsin : la fonction sin est strictement croissante sur I = [−π2;π2], elle définit une bijection de I sur J = [sin(−π2);π2] = [−1; 1]. La bijection réciproque est notée arcsin [arcsinus], elle est définie par : arcsin : [−1; 1] → [−π2;π2]
x 7→ arcsin(x) =y tel que
y∈[−π2;π2] sin(y) =x
.
Cette fonction est strictement croissante et continue sur [−1; 1], elle est dérivable sur ]−1; 1[mais pas en
−1ni en1 [tangente verticale en ces points], on a la formule suivante :
∀x∈]−1; 1[,arcsin0(x) = 1
cos(arcsin(x)) = 1
√1−x2.
x 0 1
arcsin
π 2
0
π 2
−1 -
6
1 2
−1 0
−2
1 2
0
−1
−2
π 2 π
2
−π2
−π2
Csin
Carcsin
Propriétés:
– ∀x∈[−1; 1],sin(arcsin(x)) =x.
– ∀x∈[−π2;π2],arcsin(sin(x)) =x.
– ∀x∈[−1; 1],arcsin(−x) =−arcsin(x)[fonction impaire].
– ∀x∈[−1; 1],cos(arcsin(x)) =√ 1−x2. – ∀x∈[−π;π],arcsin(cos(x)) = π2 − |x|.
La fonctionf :x7→arcsin(sin(x))n’est pas l’identité, elle est2π- périodique et impaire, il suffit donc l’étudier sur [0;π], mais elle vérifie f(π−x) =f(x), la droite x= π2 est donc un axe de symétrie et l’étude se réduit à [0;π2], intervalle sur lequelf(x) =x.
La fonction Arccos : la fonctionf : [0;π] → [−1; 1] définie par f(x) = cos(x), est continue et strictement décroissante, elle définit donc une bijection de[0;π]sur[−1; 1]. Par définition, la bijection réciproque est appelée
fonction arccosinuset notéearccos, elle est définie par :
arccos : [−1; 1] → [0;π]
x 7→ arccos(x) =y tel que
y∈[−0;π]
cos(y) =x .
Cette fonction est strictement décroissante et continue sur[−1; 1], elle est dérivable sur]−1; 1[mais pas en
−1ni en1 [tangente verticale en ces points], on a la formule suivante :
∀x∈]−1; 1[,arccos0(x) = −1
sin(arccos(x)) = −1
√1−x2.
x −1 0 1
0
π 2
π arccos
- 6
1 2 3
−1 0 1 2 3
0
−1
π π
2
π
π 2
Ccos
Carccos
Propriétés:
– ∀x∈[−1; 1],cos(arccos(x)) =x.
– ∀x∈[0;π],arccos(cos(x)) =x.
– ∀x∈[−1; 1],sin(arccos(x)) =√ 1−x2. – ∀x∈[−1; 1],arccos(x) + arcsin(x) =π2. – ∀x∈[−1; 1],arccos(−x) =π−arccos(x).
La fonctionf : x7→arccos(cos(x)) n’est pas l’identité, elle est 2π- périodique et paire, il suffit donc l’étudier sur [0;π] intervalle sur lequelf(x) =x.
La fonction Arctan : la fonction f :]− π 2;π
2[→ R définie par f(x) = tan(x), est continue et strictement croissante, elle définit donc une bijection de ]−π
2;π
2[ surR. Par définition, la bijection réciproque est appelée fonction arctangenteet notéearctan, elle est définie par :
arctan : R → ]−π 2;π
2[
x 7→ arctan(x) =y tel que
y∈]−π2;π2[ tan(y) =x
.
Cette fonction est strictement croissante, continue et dérivable surRet on a la formule suivante :
∀x∈R,arctan0(x) = 1
1 + tan2(arctan(x)) = 1 1 +x2.
Exercices 77
x −∞ 0 +∞
arctan
−π2
0
π 2
- 6
1 2 3 4
−1 0
−2
−3
−4
1 2 3 4
0
−1
−2
−3
−4 Ctan
Carctan
−π2
−π2
π 2
π 2
Propriétés:
– ∀x∈R,tan(arctan(x)) =x.
– ∀x∈]−π2;π2[,arctan(tan(x)) =x.
– ∀x∈R,arctan(−x) =−arctan(x).
– ∀x∈R∗+,arctan(x) + arctan(1x) =π2. – ∀x∈R,arctan(x) = arcsin
(√x 1+x2
) . – ∀x∈R,arctan(x) = Arg(1 +ix).
V) Exercices
FExercice 6.1
Résoudre les équations suivantes : a) x√x=√
xx. b) 2x3= 3x2.
c) loga(x) = logx(a).
d) log3(x)−log2(x) = 1.
FExercice 6.2
Simplifier les sommes :
∑n k=0
ch(a+kb)et
∑n k=0
sh(a+kb).
FExercice 6.3
Étudier la dérivabilité des fonctions suivantes et calculer leur dérivée : a) f(x) = th(x)−13th3(x).
b) f(x) = arcsin(th(x)).
c) f(x) = arctan(sh(x)).
d) f(x) = arctan(th(x)).
e) f(x) = arcsin (1 +x
1−x )
.
f) f(x) =
√
1−arcsin(x) 1 + arcsin(x)). g) f(x) = arctan
( 1 1 +x2
) .
h) f(x) = arctan (√
1−sin(x) 1 + sin(x)
) .
FExercice 6.4
Étudier les fonctions suivantes : a) x7→arcsin(sin(x)).
b) x7→arccos(cos(x)).
c) x7→arctan(tan(x)).
d) x7→arctan(tan(x)) + arccos(cos(x)).
FExercice 6.5
a) Soitz=x+iy∈C, montrer que : i) Six >0 alorsArg(z) = arctan(y
x).
ii) Six <0 ety >0alorsArg(z) = arctan(y x) +π.
iii) Si x <0 ety <0alorsArg(z) = arctan(y x)−π.
b) Soitz∈C\R−, montrer queArg(z) = 2 arctan( Im(z)
|z|+Re(z)). Soitf : [a;b]→C\R− une fonction continue. Montrer que la fonction Arg(f)est continue.
c) Montrer que∀x∈R,arctan(x) = arcsin( x
√1 +x2).
FExercice 6.6
Soitf(x) = arcsin(x) + 2 arctan
(√1−x 1 +x )
. Ensemble de définition de f? Dérivabilité de f? Calculer f0 et en déduire une simplification def(x).
FExercice 6.7
Montrer que la fonctionf(x) = 2 arctan(√
x2+ 1−x) + arctan(x)est constante surR. FExercice 6.8
Soitf :R→Rune fonction continue en0telle que∀x∈R, f(2x) =f(x). Montrer quef est constante.