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Texte intégral

(1)

SESSION 2004

CONCOURS COMMUN POLYTECHNIQUE (ENSI) FILIERE PC

MATHEMATIQUES 2

Partie I

I.1 Soients∈Retz∈C. Pourn≥1, (n+1)−s

n−s = 1+n1−s

tend vers 1quand ntend vers+∞. D’après la règle de d’Alembert, le rayon de convergence de la série entière proposée est égal à1.

R=1.

I.2 Soientθ∈Ret s∈R. Posonsz=e. I.2.1Sis > 1, comme

zn ns

= 1

ns, la série de terme général zn

ns converge absolument. Sis≤0, comme

zn ns

= 1

ns ne tend pas vers0 quandntend vers+∞, la série de terme général zn

ns diverge grossièrement.

I.2.2Si 0 < s≤1, la série de terme général 1

ns diverge.

I.2.3Soits∈]0, 1]. On posez=e oùθ∈R\2πZ. Pourn∈N,

|Sn|=

Xn

k=1

zk

=

e1−einθ 1−e

(care 6=1)

=

eiθ(1−12+n2)e−inθ/2−einθ/2 e−iθ/2−eiθ/2

=

sin(nθ/2) sin(θ/2)

≤ 1

|sin(θ/2)| ce qui reste vrai pourn=0.

∀n∈N, ∀θ∈R\2πZ, |Sn|≤M(θ)oùM(θ) = 1

|sin(θ/2)|. Ensuite, pourk∈N, on azk=Sk−Sk−1 (y compris quandk=1) et donc

Xn

k=1

k−szk= Xn

k=1

k−s(Sk−Sk−1) = Xn

k=1

k−sSk− Xn

k=1

k−sSk−1= Xn

k=1

k−sSk

n−1X

k=0

(k+1)−sSk

=Snn−s+

n−1X

k=1

k−sSk

n−1X

k=1

(k+1)−sSk =

n−1X

k=1

Sk[k−s− (k+1)−s] +Snn−s

Montrons alors que la série de terme généralSk[k−s− (k+1)−s]est absolument convergente.

Pourk≥1, puisques > 0,k−s− (k+1)−s> 0et donc

|Sk(k−s− (k+1)−s)|=|Sk|(k−s− (k+1)−s)≤ 1

|sin(θ/2)|(k−s− (k+1)−s),

(2)

Comme d’autre part, la suite(Snn−s)est convergente (de limite nulle puisque la suite (Sn)est bornée et que n−s tend vers0), la série de terme généraln−szn est convergente.

I.3 I.3.1Soit(x, s)∈] −1, 1[×R. PosonsJ= [0, x] six≥0 etJ= [x, 0]six≤0.

Pour t ∈] −1, 1[ et n ∈ N, posonsgn(t) = n−stn−1, puisψ(t) =

+

X

n=1

gn(t). Cette série entière a encore un rayon de convergence égal à1et pourt∈] −1, 1[\{0},ψ(t) = ϕ(t, s)

t . Puisqueψest continue sur] −1, 1[(en tant que somme d’une série entière sur] −1, 1[), la fonctiont7→ ϕ(t,s)t est continue surJ\ {0}et se prolonge par continuité en0. On en déduit l’existence de

Zx 0

ϕ(t, s) t dt.

On sait alors que la série entière de terme généralgn converge uniformément sur tout segment contenu dans] −1, 1[

et en particulier, converge uniformément sur le segmentJ. On peut donc intégrer terme à terme et on obtient Zx

0

ϕ(t, s) t dt=

Zx 0

ψ(t)dt= Zx

0

(

+

X

n=1

n−stn−1)dt

=

+

X

n=1

Zx 0

n−stn−1dt=

+

X

n=1

n−sxn n =

+

X

n=1

n−(s+1)xn

=ϕ(x, s+1).

∀(x, s)∈] −1, 1[×R, ϕ(x, s+1) = Zx

0

ϕ(t, s) t dt.

I.3.2Soitx∈] −1, 1[. ϕ(x, 0) =

+

X

n=1

xn= x

1−x et ϕ(x, 1) =

+

X

n=1

xn

n = −ln(1−x).

∀x∈] −1, 1[, ϕ(x, 0) = x

1−x etϕ(x, 1) = −ln(1−x).

I.4 Soitsun réel strictement supérieur à1.

I.4.1Soitn∈N. Puisques > 1, la fonctionfn est continue sur [0,+∞[ et puisquen > 0, la fonctionfn est négligeable devant 1

t2 quandttend vers+∞. On en déduit quefn est intégrable sur[0,+∞[.

Posons alorsu=ntou encoret= u

n et donc dt= 1

ndu. On obtient Z+

0

fn(t)dt= Z+

0

e−ntts−1dt= Z+

0

e−uus−1n−(s−1)n−1du=n−sΓ(s).

∀n∈N, ∀s∈]1,+∞[, Z+

0

fn(t)dt=n−sΓ(s).

I.4.2)Soitzun complexe de module inférieur ou égal à1.

• Chaque fonctionhn : t7→znfn(t)est continue sur]0,+∞[ et intégable sur]0,+∞[car|hn|≤fn.

•Puisque pour t > 0,|ze−t|≤e−t< 1, la série de fonction de terme généralhnconverge simplement sur]0,+∞[vers la fonction htelle que, pour tout réelt > 0,

h(t) =

+

X

n=1

zne−ntts−1dt=ze−tts−1× 1

1−ze−t =z ts−1 et−z.

(3)

• Enfin,

0≤ Z+

0

|hn(t)|dt≤ Z+

0

fn(t)dt= Γ(s) ns , et puisques > 1, la série numérique de terme généralR+

0 |hn(t)|dtconverge.

On sait alors que l’on peut intégrer terme. On obtient

z Z+

0

ts−1 et−z dt=

+

X

n=1

Z+ 0

hn(t)dt=

+

X

n=1

zn Z+

0

fn(t)dt

=

+

X

n=1

znn−sΓ(s) =Γ(s)ϕ(z, s).

Maintenant, Γ(s) est l’intégrale d’une fonction continue, positive et non nulle sur ]0,+∞[, et donc, Γ(s) 6= 0. On a montré que

∀s∈]1,+∞[, ∀z∈C, |z|≤1⇒ϕ(z, s) = z Γ(s)

Z+ 0

ts−1 et−z dt.

Partie II

II.1 Pours > 1 et n∈N, posonsun(s) =n−s. Chaqueun est de classeC sur]1,+∞[et pour toutk∈N et tout s > 1,

u(k)n (s) = (−1)k(ln(n))kn−s.

Soient alorsaun réel strictement supérieur à1et kun entier naturel. Pour tout entier non nulnet touts∈[a,+∞[,

|u(k)n (s)|= (|n(n))k

ns ≤ (|n(n))k na , ou encore

ku(k)n k,[a,+[≤(|n(n))k na . Mais d’après les théorèmes de croissances comparées, (|n(n))k

na ×n(1+a)/2 = (|n(n))k n(a−1)/2 →0

n+ et donc (|n(n))k

na =

o 1

n(1+a)/2

. Comme a+1

2 > 1+1

2 = 1, la série de terme général 1

n(1+a)/2 est une série de Riemann convergente.

On en déduit que la série de terme généralku(k)n k,[a,+[ converge. Ainsi, la série de fonctions de terme général u(k)n converge normalement et donc uniformément sur[a,+∞[.

En résumé, pour tout réela > 1,

• La série de fonctions de terme généralun converge simplement vers la fonctionζsur[a,+∞[;

• chaque fonctionun est de classeC sur[a,+∞[;

• pour tout entier naturel non nulk, la série de fonctions de terme généralu(k)n converge uniformément sur[a,+∞[.

D’après une généralisation du théorème de dérivation terme à terme,ζet de classeCsur]1,+∞[ et,

∀k∈N, ∀s∈]1,+∞[, ζ(k)(s) =

+

X

n=1

u(k)n (s) =

+

X

n=1

(−1)k(ln(n))kn−s.

II.2 Soit(s, t)∈]1,+∞[2 tel ques < t. Alors ζ(s) −ζ(t) =

+

X

n=2

1 ns − 1

nt

≥ 1 2s − 1

2t > 0.

(4)

II.3 Soits∈]1,+∞[. Puisques > 1, la fonctiont7→t−sest intégrable sur[1,+∞[.

La fonctiont7→t−s est décroissante sur]1,+∞[. Par suite, pourn≥1, on a (n+1)−s

Zn+1 n

t−sdt≤n−s. On somme alors ces inégalités pournvariant de1à +∞et on obtient

0≤ζ(s) −1=

+

X

n=2

n−s=

+

X

n=1

(n+1)−s

+

X

n=1

Zn+1 n

t−sdt= Z+

1

t−sdt≤

+

X

n=1

n−s=ζ(s).

∀s∈]1,+∞[, 0≤ζ(s) −1≤ Z+

1

t−sdt≤ζ(s).

Ceci fournit

∀s > 1, 1

s−1 ≤ζ(s)≤ 1 s−1 +1, ou encore,

∀s > 1, 1≤(s−1)ζ(s)≤1+ (s−1).

Quandstend vers1 par valeurs supérieures,(s−1)ζ(s)tend donc vers1. On en déduit que ζ(s) ∼

x1, x>1

1

s−1 et en particulier limx1, x>1ζ(s) = +∞.

Partie III

III.1 III.1.1 g est 2π-périodique et donc, pour tout k ∈ Z, g(2kπ) = g(0) = π2

4 et en particulier, pour k ∈ N, g(−2kπ) =g(2kπ), ce qui montre que, pour x∈2πZ, g(−x) =g(x).

Soitx∈]2π, 0[. Alors,−x∈] −2π, 0[puis−x+2π∈]0, 2π[et g(−x) =g(−x+2π) =

π− (−x+2π) 2

2

=

x−π 2

2

=g(x).

Soit alorsx∈R\2πZ. Il existe un entier relatifktel que0 < x−2kπ < 2πce qui s’écrit aussi−2π <−x+2kπ < 0et g(−x) =g(−x+2kπ) =g(−(−x+2kπ)) =g(x−2kπ) =g(x).

On a montré que

∀x∈R, g(−x) =g(x)ou encoregest paire.

1 2 3

−1

1 2 3 4 5 6 7 8

−1

−2

−3

−4

−5

−6

−7

−8

y=g(x)

b b

b

b π 2π−π

−2π

π2 4

(5)

g est2π-périodique, continue par morceaux sur R. On peut donc calculer les coefficients deFourierdeg. Puisque g est paire, pourn∈N,bn(g) =0, puis pourn∈N,

an(g) = 2 π

Zπ 0

g(t)cos(nt)dt= 2 π

Zπ 0

π−t 2

2

cos(nt)dt= 1 2π

Zπ 0

(t−π)2cos(nt)dt.

Ainsi,

a0(g) = 1 2π

Zπ 0

(t−π)2dt= 1 2π

(t−π)3 3

π

0

= 1 2π ×π3

3 = π2 6 , puis, pourn≥1,

2πan(g) = Zπ

0

(t−π)2cos(nt)dt=

(t−π)2sin(nt) n

π

0

− 2 n

Zπ 0

(t−π)sin(nt)dt= 2 n

Zπ 0

(t−π)(−sin(nt))dt

= 2 n

(t−π)cos(nt) n

π

0

− Zπ

0

cos(nt)

n dt

= 2π n2 et doncan(g) = 1

n2.

a0(g) = π2

6 ,∀n∈N, an(g) = 1

n2 et ∀n∈N, bn(g) =0.

g est 2π-périodique, continue sur R (g(2π) = π2

4 = g(2π)), de classe C1 par morceaux sur R (g(2π) = π 2), et d’après le théorème deDirichlet, la série deFourierdeg converge en tout réelxversg(x). Ainsi,

∀x∈R, g(x) = a0(g)

2 +

+

X

n=1

(an(g)cos(nx) +bn(g)sin(nx)) = π2 12 +

+

X

n=1

cos(nx) n2 ,

et en particulier,

∀x∈[0, 2π], π2 12 +

+

X

n=1

cos(nx) n2 =

π−x 2

2

.

III.1.2Pourx=0, on obtient en particulier,

+

X

n=1

1 n2 = π2

4 −π2 12 = π2

6 .

Ensuite, la formule deParseval(valable puisqueg est2π-périodique et continue par morceaux surR) s’écrit a20

2 +

+

X

n=1

(a2n+b2n) = 1 π

Z 0

g2(t)dt

et fournit ici

π4 72 +

+

X

n=1

1 n4 = 1

π Z

0

t−π 2

4

dt= 1 16π

(t−π)5 5

0

= 1

16π×2π5 5 = π4

40. Mais alors,

+

X 1 π4 π4 (9−5)π4 π4

(6)

ζ(2) =

+

X

n=1

1 n2 = π2

6 etζ(4) =

+

X

n=1

1 n4 = π4

90.

III.2 Soitθ∈R. III.2.1Rϕ(θ) =Re

+

X

n=1

einθ n2

!

=

+

X

n=1

cos(nθ)

n2 =g(θ) −π2 12.

∀θ∈R, Rϕ(θ) =g(θ) −π122.

III.2.2Mais alors, d’après la question I.4.2,

g(θ) −π2 12 =Re

e Γ(2)

Z+ 0

t et−e dt

= 1 Γ(2)Re

Z+ 0

t(cosθ+isinθ)(et−cosθ+isinθ) (et−e)(et−e−iθ) dt

= 1 Γ(2)

Z+ 0

t(etcosθ−1) e2t−2etcosθ+1 dt.

MaintenantΓ(2) = lim

A+

ZA 0

te−tdt= lim

A+

(

−te−tA 0+

ZA 0

e−tdt) = lim

A+

(1−e−A−Ae−A) =1et on a montré que

∀θ∈R, Z+

0

t(etcosθ−1)

e2t−2etcosθ+1 dt=g(θ) − π2 12.

III.2.3Les trois fonctions considérées sont continues sur]0,+∞[, prolongeables par continuité en0 et négligeable devant 1

t2 en+∞. Par suite, les trois intégrales proposées existent.

Pourθ=0, on obtient π2 4 −π2

12 = Z+

0

t(et−1) (et−1)2 dt=

Z+ 0

t

et−1 dtet donc, I1=

Z+ 0

t

et−1 dt= π2 6 .

Pourθ=π, on obtient−π2 12 =

Z+ 0

t(−et−1)

(et+1)2 dt= − Z+

0

t

et+1 dt et donc, I2=

Z+ 0

t

et+1 dt= π2 12.

Maintenant,

I1+I2= Z+

0

2tet e2t−1 dt=

Z+ 0

t

(et−e−t)/2 dt= Z+

0

t

sht dt=I3, et donc

I3= Z+

0

t

sht dt= π2 4 .

III.3 Soits > 0.

III.3.1D’après la question I.4.2, pourθ∈R,

ϕ(e, s+1) = e Γ(s+1)

Z+ 0

ts−1 et−e dt,

(7)

et donc,

1 Γ(s+1)

Z+ 0

ts(etcosθ−1)

e2t−2tcosθ+1 dt=Re(ϕ(e, s+1)) =Re

+

X

n=1

einθ ns+1

!

=

+

X

n=1

n−(s+1)cos(nθ), et

1 Γ(s+1)

Z+ 0

tsetsinθ

e2t−2tcosθ+1 dt=Im ϕ(e, s+1)

=

+

X

n=1

n−(s+1)sin(nθ).

∀θ∈R, Z+

0

ts(etcosθ−1)

e2t−2tcosθ+1 dt=Γ(s+1)

+

X

n=1

n−(s+1)cos(nθ)

∀θ∈R, Z+

0

tsetsinθ

e2t−2tcosθ+1 dt=Γ(s+1)

+

X

n=1

n−(s+1)sin(nθ).

III.3.2On aI(s) = Z+

0

2tset

e2t+1 dt. θ= π2 dans la deuxième formule de la question I.3.1, fournit alors I(s) =2Γ(s+1)

+

X

n=1

n−(s+1)sin nπ

2

=2Γ(s+1)

+

X

k=0

(−1)k(2k+1)−(s+1).

Donc,

∀s > 0, I(s) = Z+

0

ts

cht dt=2Γ(s+1)

+

X

k=0

(−1)k(2k+1)−(s+1)=2Γ(s+1)S2(s).

Ensuite, puisque 1

et−1 + 1

et+1 = 2et

e2t−1 = 1

sht, on aJ(s) = Z+

0

ts et−1 dt+

Z+ 0

ts et+1 dt.

Or,θ=0 etθ=πdans la première formule de la question III.3.1, fournissent respectivement Z+

0

ts

et−1 dt=Γ(s+1)

+

X

n=1

n−(s+1)

et

− Z+

0

ts

et+1 dt=Γ(s+1)

+

X

n=1

(−1)nn−(s+1). Donc,

J(s) =Γ(s+1)

+

X

n=1

n−(s+1)

+

X

n=1

(−1)nn−(s+1)

!

=2Γ(s+1)

+

X

k=0

(2k+1)−(s+1)=2Γ(s+1)S1(s).

∀s > 0, J(s) = Z+

0

ts

sht dt=2Γ(s+1)

+

X

k=0

(2k+1)−(s+1)=2Γ(s+1)S1(s).

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