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Théorie de la décharge d'arc à cathode creuse. - I. Transfert d'énergie en cascade des électrons vers les neutres. Application à l'argon

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Théorie de la décharge d’arc à cathode creuse. - I.

Transfert d’énergie en cascade des électrons vers les neutres. Application à l’argon

C.M. Ferreira, J.L. Delcroix

To cite this version:

C.M. Ferreira, J.L. Delcroix. Théorie de la décharge d’arc à cathode creuse. - I. Transfert d’énergie

en cascade des électrons vers les neutres. Application à l’argon. Journal de Physique, 1975, 36 (12),

pp.1233-1240. �10.1051/jphys:0197500360120123300�. �jpa-00208369�

(2)

THÉORIE DE LA DÉCHARGE D’ARC A CATHODE CREUSE I. Transfert d’énergie

en

cascade des électrons

vers

les

neutres.

Application à l’argon

C. M. FERREIRA et J. L. DELCROIX Laboratoire de

Physique

des Plasmas

(*),

Bâtiment

212,

Université Paris

XI,

Centre

d’Orsay, 91405, Orsay,

France

(Reçu

le 23

juin 1975, accepté

le 31

juillet 1975)

Résumé. 2014 La colonne de plasma qui pénètre dans la cavité cathodique en régime normal de

fonctionnement d’un arc à cathode creuse est entretenue par l’injection permanente d’électrons

rapi-

des, ayant quelques dizaines d’électron-volts, qui excitent et ionisent le gaz neutre par collisions

inélastiques en cascade. Le problème de la dégradation de l’énergie initiale des électrons par transfert

inélastique vers le gaz neutre a été étudié à l’aide d’un modèle

théorique

qui consiste à analyser le

flux d’électrons dans

l’espace

des vitesses. On déduit de ce modèle le nombre d’ionisations et d’exci- tations de différents types effectuées par électron

primaire

en fonction de leur énergie initiale. Une

application

numérique au cas de l’argon a été faite. Finalement, on met en évidence le rôle joué

par les états excités comme relais pour l’ionisation.

Abstract. 2014 The formation of a plasma column inside a hollow cathode in the normal arc regime

is due to the

injection

of fast electrons, with a few tens of electron-volts, which transfer a large amount

of their initial energy to neutrals by inelastic collisions in cascade. A model describing this energy

degradation

problem in the electron velocity space has been studied which gives the number of ioniza- tions and excitations per primary electron injected in the plasma as a function of their initial energy.

Numerical results obtained in argon are given. The role

played

by the excited states in

stepwise

ionization is also discussed and demonstrated.

Classification Physics Abstracts

6.700

1. Introduction. - Dans la

décharge

d’arc à

cathode creuse à flux de gaz, la cathode est un tube

cylindrique

en métal

réfractaire, typiquement

tantale

ou

tungstène,

par l’intérieur

duquel

on

injecte

un gaz dans une enceinte maintenue à basse

pression ( 0,1 torr).

Il

s’agit

là d’un type de

décharge

dont les

performances

sont tout à fait

remarquables :

en cou-

rant

continu,

une cathode de

quelques

millimètres de diamètre peut débiter un courant de 10 à 100 A

et

produire

un

plasma

propre et fortement ionisé contenant une forte

proportion

d’états excités. Ses

applications

sont nombreuses dans des domaines aussi variés que les sources

d’ions,

les

générateurs MHD,

la

propulsion ionique,

les lasers à gaz, la chimie des

plasmas

en

général

et la création de

plasmas

utilisables dans la recherche fondamentale. C’est

pourquoi

de nombreuses études ont été réalisées

sur ce type de

décharge [1, 2, 3, 4];

J. L. Delcroix et

A. R.

Trindade,

dans un article de revue

[5],

ont fait

récemment le

point

sur l’état actuel des connaissances.

La théorie du fonctionnement de ces

décharges

reste

cependant

assez mal

comprise

et c’est à ce pro- blème que nous nous sommes

attaqués depuis quel-

ques années. Dans cet article et un autre

qui

suivra

(dorénavant

identifiés par 1 et

II, respectivement)

nous étudions les mécanismes collisionnels

qui

pro- duisent le

plasma

et

qui

entretiennent la

décharge.

La

partie

1 est consacrée à l’étude des ionisations et excitations

produites

par électron

primaire provenant

de la

cathode ;

on y discute en

particulier

du rôle

joué

par l’ionisation en

étapes.

Cette

partie

1 constitue

ainsi un

premier

pas dans la formulation d’une théorie

complète

du fonctionnement de la

décharge.

Dans la

partie

II on utilise les résultats obtenus dans 1 pour déterminer la concentration d’états métastables et sa

dépendance

vis-à-vis de certains

paramètres

de la

décharge.

On en déduit les gammes de variation des

paramètres

dans

lesquelles

la concentration de métastables est

plus élevée,

résultat

important

pour les

applications

de ces

décharges

à l’étude des trans- ferts d’excitation atome-atome ou atome-molécule

et à la chimie des

plasmas

en

général.

(*) Laboratoire Associé au C.N.R.S.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:0197500360120123300

(3)

1234

2. Fonctionnement de la

décharge

en

régime

normaL

- On

appelle régime

normal le

régime

caractérisé par la

pénétration

de la colonne de

plasma

à l’intérieur du canal

cathodique.

Dans ce cas, une surface rela- tivement étendue de la cathode est

portée

à des

tempé-

ratures

élevées, typiquement

de l’ordre de 2 000

OC,

et une

région plus

chaude

(zone active, Z.A.)

s’établit

à une distance du bout

pouvant

atteindre

quelques

diamètres. Cette situation est illustrée

schématique-

ment sur la

figure

1.

FIG. 1. - Schéma de la région cathodique d’un arc à cathode

creuse en régime normal. La courbe T(z) représente la variation longitudinale typique de la température de la paroi.

La

position

du maximum de

température

est étroi-

tement liée à la

pénétration

de la colonne de

plasma

à l’intérieur du canal

cathodique.

En

effet,

l’abscisse

du

maximum, comptée

à

partir

du bout de la

cathode,

et la

longueur

de

pénétration

de la colonne sont sensiblement

identiques [5, 6].

Ce résultat

suggère

une

justification physique

de l’existence de la colonne de

plasma

intérieure

(C.P.I.) :

les électrons émis par la cathode par effet

thermoionique acquièrent,

dans une

gaine positive séparant

le

plasma

de la

paroi,

des

énergies qui

les rendent

capables

d’ioniser les atomes neutres du gaz ; ces électrons

rapides injectés

dans le

gaz subissent un processus

complexe

de

dégradation énergétique

en effectuant des collisions

inélastiques

et

élastiques

avec les atomes neutres. Une

grande partie

de leur

énergie

initiale est ainsi transférée aux

neutres, soit en les

ionisant,

soit en les excitant sur

des niveaux radiatifs ou métastables.

Finalement,

une

partie importante

de cette

énergie

est

déposée

sur la surface intérieure de la

cathode,

en raison du bombardement de celle-ci par les ions

(éventuelle-

ment des

photons

et des atomes

métastables),

cet

apport d’énergie

assurant le maintien de la

tempé-

rature élevée de la cathode et le fonctionnement auto- entretenu de la

décharge.

Ce

phénomène global

de

dégradation

de

l’énergie

des

électrons,

que nous

appellerons cascade, joue

ainsi

un rôle très

important

dans la formation de la colonne de

plasma

intérieure et dans le fonctionnement

général

de la

décharge.

Son étude fait

l’objet

de cette

publi-

cation.

3. Modèle

théorique.

- Les électrons

rapides injectés

dans le gaz restent

pratiquement piégés

au sein

de

celui-ci,

la

gaine

radiale les

empêchant

d’être

réabsorbés par la

paroi.

On

peut

montrer

[7],

par

ailleurs,

que ces électrons

remplissent

la cavité catho-

dique

uniformément en

chaque

section

transversale,

avant d’effectuer les

premières

collisions

inélastiques.

Nous supposerons

donc,

dans le modèle

théorique,

que des électrons

rapides,

ayant tous la même

énergie

initiale uo, naissent en permanence dans tout le volume du gaz, d’une

façon homogène.

Le taux

d’apparition correspondant

sera

désigné

par

So (cm - 3 s -1 ) ;

il est relié au flux d’électrons à travers la

paroi,

Ye, par

So = 2 Ye/R.

Suivant une méthode

proposée

par W. P. Allis

[8],

le

problème

de la

dégradation d’énergie

en cascade

peut être convenablement étudié en

analysant

direc-

tement le flux d’électrons dans

l’espace

des vitesses.

Dans cet espace

chaque

électron

apparaît

sur la

sphère

uo = Cte et converge ensuite vers le centre.

Les collisions

élastiques produisent

une convergence lente et

quasiment continue, puisqu’un

électron

d’énergie

u

perd

une

quantité d’énergie

très

faible,

Au

= 2 m

u, à

chaque collision ;

le flux d’électrons

M ’ q

à travers une

sphère

u = Cte dû aux collisions élas-

tiques

est donné par

(1) :

Vc étant la

fréquence

de

collisions, m

et M la masse

de l’électron et de

l’atome, respectivement,

et

f

est

la distribution

d’énergie

des

électrons,

normalisée de

façon

que le nombre d’électrons dans l’intervalle du soit donné par dn =

lu- f

du.

Les collisions

inélastiques produisent

des sauts

brusques

dans

l’espace

des vitesses. Considérons un

intervalle du

quelconque :

les électrons retranchés par ces collisions dans cet intervalle ne contribuent

plus

au flux

G,

tandis que ceux

qui

y sont introduits

(1) Selon la forme de l’opérateur de collisions élastiques de Chapman et Cowling, il faudrait ajouter dans (1) un terme en

TG df ,

TG étant la température du gaz exprimée en volts. Toute-

du

fois ce terme, qui traduit un réchauffement des électrons dû à

l’énergie d’agitation thermique des neutres, peut être négligé

dans notre cas.

(4)

contribuent à

l’augmentation

de G. La variation de G due aux collisions

inélastiques

est ainsi donnée par :

v

désigne

la

fréquence

de ces

collisions, V représente l’énergie

du seuil de

chaque

processus,

l’indice j

identifie les états excités et l’indice I

représente

les

ionisations.

L’intégrale figurant

au second membre de

l’éq. (2) représente

la réintroduction dans l’inter- valle du des électrons

(dégradés

ou

secondaires) qui

résultent d’ionisations ayant lieu à u +

VI

+

u’ ; VID(U

+

VI + u’, u) représente

la

fréquence

différen-

tielle

d’ionisation,

définie de telle sorte que

donne la

fréquence

des ionisations

produites

par des électrons

d’énergie (u

+

VI

+

u’)

et d’où résultent deux électrons

d’énergies

u et

u’, respectivement,

suivant le schéma :

L’expression (2)

tient compte de tous les processus

inélastiques possibles

y

compris

les ionisations d’états

excités,

les réexcitations et désexcitations. Dans ces

trois cas les

fréquences dépendent

des

populations

des niveaux

excités;

les

Vj

doivent être

pris

comme

négatifs

pour les désexcitations.

En combinant les

expressions (1)

et

(2)

on peut éliminer la distribution

f

et obtenir une

équation intégro-différentielle

pour G :

avec :

Dans

l’éq. (4),

q

( )

le terme G

dW/du représente

du p la dimi-

nution de G à

chaque

niveau

d’énergie

du fait que les électrons sont retranchés par les collisions

inélastiques.

Les termes de source

figurant

au second membre traduisent l’effet de la réintroduction des électrons et,

évidemment,

ils

dépendent

des valeurs que pren- nent les fonctions G et W aux

énergies

d’où ces élec-

trons arrivent. C’est

pourquoi l’éq. (4)

est non locale.

En raison de la

grande

différence entre la popu- lation du niveau fondamental et celle des niveaux

excités,

on

conçoit

que seules les collisions avec les atomes à l’état fondamental sont

importantes

pour la

dégradation

de

l’énergie.

Dans ce cas, il est

possible

de résoudre formellement

l’éq. (4)

en commençant la résolution à

partir

de

l’énergie

la

plus élevée,

uo,

et en

progressant

vers les basses

énergies

par

petits

pas, choisis de telle

façon

que le second membre soit

toujours

connu à l’avance.

Soit

Vi

le seuil d’excitation le

plus

bas. Alors il

n’y

a pas de réintroduction d’électrons dans l’intervalle

[uo - Vl, uo], l’éq. (4)

est

homogène

et sa résolution

formelle est

simple.

Une fois cette solution connue,

on peut calculer le second membre de

(4)

dans l’inter- valle

[uo -

2

Vl,

uo -

Vi],

résoudre

l’équation

dans

cet

intervalle,

descendre d’un nouveau pas et ainsi de suite.

La solution formelle de

l’éq. (4) qui

satisfait la

condition

G(uo) = - So

peut s’écrire :

avec : G étant

déterminée,

on peut calculer facilement le

nombre de collisions

inélastiques

d’un type

quelcon-

que se

produisant

par unité de

temps

et par unité de volume du gaz. Pour l’excitation d’un

niveau j,

par

exemple,

cette

quantité

est donnée par :

(5)

1236

4.

Approximation

de la cascade purement inélas-

tique.

- Une

analyse

détaillée des solutions de

l’éq. (4),

donnée dans les références

[7]

et

[9],

montre

que les collisions

élastiques jouent

un très

petit

rôle

dans la

dégradation d’énergie

des électrons

rapides.

On

peut

s’en assurer en faisant un calcul

rapide

de

l’ordre de

grandeur

de la

perte d’énergie

bu par col- lisions

élastiques

subie par un électron

d’énergie

u,

avant d’effectuer un choc

inélastique;

cette

quantité

est donnée par :

Pour un atome

lourd,

comme

l’argon,

et pour des

énergies

nettement au-dessus du

premier

seuil d’exci-

tation,

les valeurs de 03B4u sont extrêmement faibles

(« 0,01 eV)

à comparer à la perte

d’énergie

subie en

un seul choc

inélastique.

Cette

propriété

se traduit

par une décroissance extrêmement

rapide

des expo- nentielles e-’

figurant

dans les

solutions

obtenues

à

partir

de

l’expression (9),

comme on le montre en

[7]

et

[9].

On

conçoit

alors aisément

qu’on

obtiendra une

approximation

suffisante en

négligeant

entièrement les pertes

élastiques (m/M

=

0).

Pour traiter la cascade

purement inélastique

il n’est

plus

besoin de recourir au formalisme

développé

au

paragraphe précédent ;

il est

plus simple

de

procéder

d’une manière

plus

directe

qui

consiste à déterminer le nombre dn d’électrons dans

chaque

intervalle

d’énergie

du. Ce nombre dn

peut

être très

simplement

déterminé en

égalant,

dans

chaque

intervalle

du,

le nombre des électrons

qui

sont introduits et retran- chés par unité de volume et de

temps.

C’est ce

qu’on exemplifie

sur la

figure

2 où les flèches

représentent

les arrivées d’électrons

(qui

ont, soit excité les

niveaux j

soit ionisé des

atomes)

et les sorties par les différents mécanismes

possibles.

Les

quantités indiquées

sur

cette

figure

donnent le taux

(cm- 3 s-1)

correspon- dant à

chaque

processus.

FIG. 2. - Représentation schématique des arrivées et sorties d’électrons de l’intervalle du, par collisions inélastiques.

Le nombre d’électrons dont

l’énergie

est

comprise

entre u et u + du sera donc donné par :

La considération d’intervalles

d’énergie

est

seulement nécessaire

quand

les ionisations inter-

viennent, puisqu’on

est forcé dans ce cas d’utiliser les sections efficaces différentielles d’ionisation. Par contre, les électrons

qui, partant

de

l’énergie

initiale uo, effectuent

uniquement

des excitations

perdent

à

chaque

collision une

quantité d’énergie

bien définie et vont occuper, de ce

fait,

des niveaux

parfaitement

discrets dans la cascade. Pour ceux-là on

remplace

le

concept

de nombre d’électrons dans du par celui de nombre d’électrons

d’énergie

donnée.

Le calcul de la cascade doit commencer par

l’énergie

initiale uo. Il

s’agit

d’un niveau discret et le nombre d’électrons

d’énergie

uo est donné par :

Les niveaux

U0 - Vj

seront

également

discrets

et on a :

représente

un facteur de partage

inélastique.

(6)

Le nombre d’électrons se trouvant dans l’intervalle du

après

avoir ionisé à uo est donné par :

expression qui

résulte de

(13)

en tenant compte du fait que le niveau de

départ

est discret

On progresse successivement vers les

énergies

décroissantes en utilisant

toujours

la même méthode.

La nature du calcul est

simple,

mais les pas s’enche- vêtrent et il serait très

long

de

présenter

les détails ici.

Ceux-ci

peuvent

être trouvés dans

[7]

et

[9].

Finalement,

on

peut

calculer les taux d’excitation et d’ionisation dans la cascade par les relations :

et

5.

Application

au cas de

l’argon.

- 5.1 SECTIONS

EFFICACES. - Un schéma des niveaux de

l’argon

est

donné sur la

figure

3. La

première configuration

FIG. 3. - Niveaux d’énergie de l.’argon.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE. - T. 36, 12, DÉCEMBRE 1975

excitée, 3p5 4s,

contient quatre niveaux : deux méta- stables

(3P0

et

3P23)

et deux radiatifs résonnants

(3P1

et

lp 1),

dont

l’énergie

est voisine de 12 eV. Leurs sections efficaces d’excitation à

partir

de l’état fonda- mental

3p’ ’So

sont connues

depuis

peu; nous avons utilisé pour les niveaux résonnants les sections effi-

caces

semi-empiriques

données par Peterson et Allen Jr.

[10], qui

sont en bon accord avec les résultats

expérimentaux

de

Lloyd et

al.

[11] ;

pour les niveaux métastables nous avons utilisé la courbe donnée par

Lloyd et

al.

[12],

normalisée par la valeur absolue mesurée par Pesnelle

[13]

à 30 eV

(2).

Les sections efficaces d’excitation des 10 niveaux

3p5 4p

ont été mesurées par

Zapesochynyi et Feltsan

[15].

Des travaux

plus

récents

semblent cependant indiquer

que les valeurs absolues données par ces

auteurs sont trop

élevées ;

la section efficace

globale

pour l’excitation de ces 10 niveaux donnée dans la référence

[10]

semble mieux s’accorder aux indications fournies par

l’analyse

des

spectres

de

dégradation d’énergie

d’électrons dans

l’argon

et nous

l’avons,

de ce

fait, préférée

aux résultats de

Zapesochynyi

et Feltsan.

La

configuration 3p5

3d

possède

deux niveaux

qui

sont

optiquement

liés au fondamental

(niveaux 3d’[2]1

et

3d[2]1,

en notation de

Racah)

et dont les sections

efficaces d’excitation sont, de ce

fait,

assez

impor-

tantes. Nous avons

également

tenu

compte

de l’exci- tation de ces deux

niveaux,

les sections efficaces utilisées

étant

celles données dans

[10].

Seules les excitations mentionnées ont été consi- dérées. Avec l’ionisation à

partir

du fondamental elles constituent les canaux

inélaytiques

les

plus

pro- bables dans la cascade. Pour ce

qui

est de

l’ionisation,

nous avons utilisé la section efficace

différentielle,

déduite de la surface de

Bethe,

donnée dans

[10];

une très bonne

approximation analytique

est fournie

par

l’expression : UID(E, u’) =

E = u +

V,

+ u’ étant

l’énergie

de l’électron ionisant

en électron-volts et

W(E)

est donné

pair ’:

Pour

chaque

valeur de E,

l’expression (20) s’applique

seulement pour les valeurs de u’

comprises

entre

F - P.

zéro

et 2 l, VI

=

15,76

eV étant le seuil d’ioni-

2

.

sation. Les valeurs de la section efficace différentielle

(2) L’étude de la cascade dans l’argon était déjà achevée quand

Borst [14] a publié une section efficace expérimentale d’excitation des métastables de l’argon. L’allure de la courbe donnée par Borst est pratiquement identique à celle que nous avons utilisée, mais ses valeurs absolues sont plus élevées d’un facteur proche de deux.

82

(7)

1238

dans l’intervalle

2 I,

, E -

V1 s’obtie nnent, évidemment

par réflexion autour du

point E - VI

La section efficace d’ionisation UI s’obtient par :

les valeurs ainsi obtenues étant en très bon accord

avec les résultats

expérimentaux

de

Rapp

et

Golden

[16].

L’ensemble des sections efficaces utilisées est donné

sur la

figure

4.

FIG. 4. - Sections efficaces d’excitation et d’ionisation de l’argon,

à partir de l’état fondamental, par collisions électroniques.

5.2 RÉSULTATS OBTENUS. - Les résultats de l’étude de la cascade dans

l’argon

sont donnés sur la

figure 5 ;

on y montre la variation du nombre moyen

(oc)

de

collisions

inélastiques,

de chacun des

types considérés,

par électron

primaire injecté

dans le

plasma,

en

fonction de

l’énergie

initiale de ces

électrons,

dans la

gamme d’intérêt pour l’arc à cathode creuse. L’inter-

prétation physique

de ces résultats est relativement

simple.

Les électrons

primaires d’énergie

inférieure à envi-

ron 24 eV font une seule collision

inélastique

à la suite

de

laquelle

ils sont réintroduits dans le corps de la distribution.

L’importance

relative de l’ionisation croît

avec

l’énergie

initiale des

électrons,

croissance

qui

se réalise aux

dépens

des différentes excitations de niveaux discrets.

FIG. 5. - Excitations et ionisations produites par électron primaire

dans une cascade dans l’argon, en fonction de l’énergie initiale des électrons. aô, excitation des métastables ’P2 et 3Po ; aô, excitation

des niveaux résonnants ’Pl 1 et 3P1;

aôd,

excitation des niveaux résonnants de la configuration 3p5 3d, aôp, excitation des niveaux de la configuration 3p5 4p ; aô, ionisation à partir de l’état fonda-

mental.

Ce n’est

qu’au-dessus

de 24 eV environ que les électrons commencent à avoir la

possibilité

d’effectuer deux collisions

inélastiques

successives et que la cascade proprement dite commence ; immédiatement au-dessus de 24 eV on trouve donc une

augmentation brusque

des

excitations,

suivie

rapidement

d’une sorte

de saturation

lorsqu’une

ionisation peut succéder à une excitation. Pour les

énergies plus

élevées l’enche- vêtrement devient

plus complexe,

toutes les combi- naisons de deux pas

inélastiques

successifs deviennent

possibles;

cela se traduit par des fluctuations dans les différentes fonctions

a(uo). Cependant,

le nombre

d’ionisations

produites

par électron

primaire

croît

toujours

avec

l’énergie

initiale.

On tire encore un résultat

important

des courbes de la

figure

5 : dans presque toute la gamme étudiée

chaque

électron

primaire

fait

pratiquement

autant

d’ionisations que d’excitations et ces dernières absor-

bent,

par

conséquent,

une fraction

importante

de

l’énergie

initiale. On

peut

donc

prévoir

l’existence de concentrations élevées d’états excités à l’intérieur de la

cathode,

ces états excités

pouvant

eux-mêmes servir ensuite de relai à l’ionisation. Autrement

dit,

l’ionisation ne serait pas seulement réalisée dans la cascade et une contribution

appréciable pourrait

être

apportée

par les collisions des atomes excités avec les électrons du corps de la

distribution,

thermalisés par collisions électron-électron.

(8)

6. Rôle de l’ionisation en

étapes.

-

L’équation

de bilan d’un niveau excité

(g

peut s’écrire :

où : le terme au

premier

membre

représente

la création

à

partir

de l’état fondamental

(indice 0)

dans la cas-

cade ;

les termes au second membre

représentent

la

création

(signe - )

et la destruction

(signe +),

respec- tivement par les électrons lents thermalisés

(densité

ne, coefficients de collisions

C),

par les neutres

(densité

no, coefficients de collisions

K)

et par émission et réab-

sorption

de rayonnement

(A :

coefficients de

Einstein,

g : facteurs de

fuite).

Dans les différents

coefficients,

les lettres en exposant et en indice

identifient,

respec-

tivement,

l’état final et l’état initial de la

transition ; l’exposant

+ identifie l’ionisation.

Remarquer

encore

que A doit être

pris égal

à zéro pour les transitions

optiquement

interdites.

Pour les niveaux métastables il

faudrait,

en

principe, ajouter

un terme de perte par diffusion.

Toutefois,

nous montrons dans la

partie

II que. ce terme est entièrement

négligeable

dans la

région

centrale du canal

cathodique. L’éq. (23) s’applique

donc

également

aux niveaux métastables.

En faisant la somme de toutes les

équations

du

oo

type

(23) ( ) ?

, tous les termes

qui correspondent

V>o/

à des

transitions,

aussi bien collisionnelles que radia-

tives,

entre niveaux excités s’annulent entre eux.

Nous avons en

effet,

pour

i, j

> 0 les identités :

et

L’expression (27) signifie simplement

que le nombre total d’états excités

produits

à

partir

du fondamental doit être

égal

au nombre d’ionisations d’états excités

plus

le nombre de désexcitations vers l’état fondamen-

tal,

par unité de volume et de temps. On aurait pu écrire

(27)

directement : en

prenant

tout l’ensemble des états

excités,

les transitions entre états ne modi-

fient pas la

population globale

et les seules

fuites possibles

se réalisent par l’ionisation et par le fonda- mental.

On montre dans la référence

[9]

que les ionisations sont, en

fait, largement

dominantes. Les coefficients de collisions

superélastiques C°

sont

beaucoup plus

faibles que les coefficients d’ionisation

Ci+,

les col-

lisions avec les neutres sont

négligeables

et le rayon- nement de résonance est fortement

piégé (3).

Dans la

région

centrale du canal

cathodique

on vérifie donc

approximativement :

L’ionisation en

étapes

contribue donc très sensible- ment à la

production

d’ions dans la

cathode;

le nombre total d’ions créés par électron

primaire, quantité

que nous

désignerons

par a, est ainsi donné par :

Sa variation avec

l’énergie

initiale des électrons uo est donnée sur la

figure

5.

Remarquons

que les conclusions

précédentes

sont

valables même si l’ionisation n’est pas le mécanisme de destruction dominant pour

chaque

niveau

pris

isolément. Nous verrons dans la

partie

II que tel est le cas pour les niveaux

3P2

et

3P1,

les réexcitations étant dominantes. L’ionisation en

étapes

ne se fait

donc pas seulement en deux sauts mais en une succes-

sion de sauts.

7. Conclusion. - Le modèle

théorique

étudié

constitue une

approche microscopique

du

problème

de la formation de la colonne de

plasma

à l’intérieur d’une cathode creuse. Toutefois ses

applications

ne se

trouvent pas limitées à ce seul

domaine ;

il

s’applique

à toutes les situations où un

plasma

est créé par

injection

uniforme d’électrons

rapides.

Cette étude constitue une

première étape

dans la

formulation d’une théorie

complète

du fonctionne- ment de l’arc à cathode creuse. Les résultats

publiés

ici ont

permis de traiter

ultérieurement les

problèmes

suivants :

1. Profil et concentration des

particules chargées

dans la

cathode ;

2.

Transport

des électrons lents

(dégradés

+ secon-

daires)

vers la sortie de la

cathode ;

3. Variation du

champ électrique

et de la

tempé-

rature des électrons lents suivant

l’axe ;

(3) Pour les conditions de pression régnant à l’intérieur de la cathode, les facteurs de fuite des raies de résonance sont inférieurs à 10-2. Par ailleurs, les valeurs de la concentration électronique

sont de l’ordre de 1014 cm-3. On montre [9] que, dans ces condi- tions, les niveaux résonnants sont essentiellement détruits par collisions électroniques.

(9)

1240

4. Mécanismes d’échauffement de la

paroi

et bilan

thermique

de

celle-ci ;

5.

Explication

de

quelques caractéristiques

de la

décharge

observées

expérimentalement;

6. Bilan des états métastables.

Ce dernier

problème

fait

l’objet

de la

partie

II

de cette

publication.

Remerciements. - Les auteurs tiennent à

exprimer

leur reconnaissance à Monsieur le Professeur W. P.

Allis du M.I.T. pour un

grand

nombre de

suggestions

et de discussions très fructueuses.

Bibliographie

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