HAL Id: jpa-00208369
https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00208369
Submitted on 1 Jan 1975
HAL
is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire
HAL, estdestinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.
Théorie de la décharge d’arc à cathode creuse. - I.
Transfert d’énergie en cascade des électrons vers les neutres. Application à l’argon
C.M. Ferreira, J.L. Delcroix
To cite this version:
C.M. Ferreira, J.L. Delcroix. Théorie de la décharge d’arc à cathode creuse. - I. Transfert d’énergie
en cascade des électrons vers les neutres. Application à l’argon. Journal de Physique, 1975, 36 (12),
pp.1233-1240. �10.1051/jphys:0197500360120123300�. �jpa-00208369�
THÉORIE DE LA DÉCHARGE D’ARC A CATHODE CREUSE I. Transfert d’énergie
encascade des électrons
versles
neutres.Application à l’argon
C. M. FERREIRA et J. L. DELCROIX Laboratoire de
Physique
des Plasmas(*),
Bâtiment212,
Université Paris
XI,
Centred’Orsay, 91405, Orsay,
France(Reçu
le 23juin 1975, accepté
le 31juillet 1975)
Résumé. 2014 La colonne de plasma qui pénètre dans la cavité cathodique en régime normal de
fonctionnement d’un arc à cathode creuse est entretenue par l’injection permanente d’électrons
rapi-
des, ayant quelques dizaines d’électron-volts, qui excitent et ionisent le gaz neutre par collisionsinélastiques en cascade. Le problème de la dégradation de l’énergie initiale des électrons par transfert
inélastique vers le gaz neutre a été étudié à l’aide d’un modèle
théorique
qui consiste à analyser leflux d’électrons dans
l’espace
des vitesses. On déduit de ce modèle le nombre d’ionisations et d’exci- tations de différents types effectuées par électronprimaire
en fonction de leur énergie initiale. Uneapplication
numérique au cas de l’argon a été faite. Finalement, on met en évidence le rôle jouépar les états excités comme relais pour l’ionisation.
Abstract. 2014 The formation of a plasma column inside a hollow cathode in the normal arc regime
is due to the
injection
of fast electrons, with a few tens of electron-volts, which transfer a large amountof their initial energy to neutrals by inelastic collisions in cascade. A model describing this energy
degradation
problem in the electron velocity space has been studied which gives the number of ioniza- tions and excitations per primary electron injected in the plasma as a function of their initial energy.Numerical results obtained in argon are given. The role
played
by the excited states instepwise
ionization is also discussed and demonstrated.
Classification Physics Abstracts
6.700
1. Introduction. - Dans la
décharge
d’arc àcathode creuse à flux de gaz, la cathode est un tube
cylindrique
en métalréfractaire, typiquement
tantaleou
tungstène,
par l’intérieurduquel
oninjecte
un gaz dans une enceinte maintenue à bassepression ( 0,1 torr).
Ils’agit
là d’un type dedécharge
dont lesperformances
sont tout à faitremarquables :
en cou-rant
continu,
une cathode dequelques
millimètres de diamètre peut débiter un courant de 10 à 100 Aet
produire
unplasma
propre et fortement ionisé contenant une forteproportion
d’états excités. Sesapplications
sont nombreuses dans des domaines aussi variés que les sourcesd’ions,
lesgénérateurs MHD,
lapropulsion ionique,
les lasers à gaz, la chimie desplasmas
engénéral
et la création deplasmas
utilisables dans la recherche fondamentale. C’est
pourquoi
de nombreuses études ont été réaliséessur ce type de
décharge [1, 2, 3, 4];
J. L. Delcroix etA. R.
Trindade,
dans un article de revue[5],
ont faitrécemment le
point
sur l’état actuel des connaissances.La théorie du fonctionnement de ces
décharges
reste
cependant
assez malcomprise
et c’est à ce pro- blème que nous nous sommesattaqués depuis quel-
ques années. Dans cet article et un autre
qui
suivra(dorénavant
identifiés par 1 etII, respectivement)
nous étudions les mécanismes collisionnels
qui
pro- duisent leplasma
etqui
entretiennent ladécharge.
La
partie
1 est consacrée à l’étude des ionisations et excitationsproduites
par électronprimaire provenant
de lacathode ;
on y discute enparticulier
du rôlejoué
par l’ionisation en
étapes.
Cettepartie
1 constitueainsi un
premier
pas dans la formulation d’une théoriecomplète
du fonctionnement de ladécharge.
Dans la
partie
II on utilise les résultats obtenus dans 1 pour déterminer la concentration d’états métastables et sadépendance
vis-à-vis de certainsparamètres
de la
décharge.
On en déduit les gammes de variation desparamètres
danslesquelles
la concentration de métastables estplus élevée,
résultatimportant
pour lesapplications
de cesdécharges
à l’étude des trans- ferts d’excitation atome-atome ou atome-moléculeet à la chimie des
plasmas
engénéral.
(*) Laboratoire Associé au C.N.R.S.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:0197500360120123300
1234
2. Fonctionnement de la
décharge
enrégime
normaL- On
appelle régime
normal lerégime
caractérisé par lapénétration
de la colonne deplasma
à l’intérieur du canalcathodique.
Dans ce cas, une surface rela- tivement étendue de la cathode estportée
à destempé-
ratures
élevées, typiquement
de l’ordre de 2 000OC,
et une
région plus
chaude(zone active, Z.A.)
s’établità une distance du bout
pouvant
atteindrequelques
diamètres. Cette situation est illustrée
schématique-
ment sur la
figure
1.FIG. 1. - Schéma de la région cathodique d’un arc à cathode
creuse en régime normal. La courbe T(z) représente la variation longitudinale typique de la température de la paroi.
La
position
du maximum detempérature
est étroi-tement liée à la
pénétration
de la colonne deplasma
à l’intérieur du canal
cathodique.
Eneffet,
l’abscissedu
maximum, comptée
àpartir
du bout de lacathode,
et la
longueur
depénétration
de la colonne sont sensiblementidentiques [5, 6].
Ce résultatsuggère
une
justification physique
de l’existence de la colonne deplasma
intérieure(C.P.I.) :
les électrons émis par la cathode par effetthermoionique acquièrent,
dans unegaine positive séparant
leplasma
de laparoi,
desénergies qui
les rendentcapables
d’ioniser les atomes neutres du gaz ; ces électronsrapides injectés
dans legaz subissent un processus
complexe
dedégradation énergétique
en effectuant des collisionsinélastiques
et
élastiques
avec les atomes neutres. Unegrande partie
de leurénergie
initiale est ainsi transférée auxneutres, soit en les
ionisant,
soit en les excitant surdes niveaux radiatifs ou métastables.
Finalement,
une
partie importante
de cetteénergie
estdéposée
sur la surface intérieure de la
cathode,
en raison du bombardement de celle-ci par les ions(éventuelle-
ment des
photons
et des atomesmétastables),
cetapport d’énergie
assurant le maintien de latempé-
rature élevée de la cathode et le fonctionnement auto- entretenu de la
décharge.
Ce
phénomène global
dedégradation
del’énergie
des
électrons,
que nousappellerons cascade, joue
ainsiun rôle très
important
dans la formation de la colonne deplasma
intérieure et dans le fonctionnementgénéral
de la
décharge.
Son étude faitl’objet
de cettepubli-
cation.
3. Modèle
théorique.
- Les électronsrapides injectés
dans le gaz restentpratiquement piégés
au seinde
celui-ci,
lagaine
radiale lesempêchant
d’êtreréabsorbés par la
paroi.
Onpeut
montrer[7],
parailleurs,
que ces électronsremplissent
la cavité catho-dique
uniformément enchaque
sectiontransversale,
avant d’effectuer les
premières
collisionsinélastiques.
Nous supposerons
donc,
dans le modèlethéorique,
que des électrons
rapides,
ayant tous la mêmeénergie
initiale uo, naissent en permanence dans tout le volume du gaz, d’une
façon homogène.
Le tauxd’apparition correspondant
seradésigné
parSo (cm - 3 s -1 ) ;
il est relié au flux d’électrons à travers la
paroi,
Ye, parSo = 2 Ye/R.
Suivant une méthode
proposée
par W. P. Allis[8],
le
problème
de ladégradation d’énergie
en cascadepeut être convenablement étudié en
analysant
direc-tement le flux d’électrons dans
l’espace
des vitesses.Dans cet espace
chaque
électronapparaît
sur lasphère
uo = Cte et converge ensuite vers le centre.Les collisions
élastiques produisent
une convergence lente etquasiment continue, puisqu’un
électrond’énergie
uperd
unequantité d’énergie
trèsfaible,
Au
= 2 m
u, àchaque collision ;
le flux d’électronsM ’ q ’
à travers une
sphère
u = Cte dû aux collisions élas-tiques
est donné par(1) :
Vc étant la
fréquence
decollisions, m
et M la massede l’électron et de
l’atome, respectivement,
etf
estla distribution
d’énergie
desélectrons,
normalisée defaçon
que le nombre d’électrons dans l’intervalle du soit donné par dn =lu- f
du.Les collisions
inélastiques produisent
des sautsbrusques
dansl’espace
des vitesses. Considérons unintervalle du
quelconque :
les électrons retranchés par ces collisions dans cet intervalle ne contribuentplus
au fluxG,
tandis que ceuxqui
y sont introduits(1) Selon la forme de l’opérateur de collisions élastiques de Chapman et Cowling, il faudrait ajouter dans (1) un terme en
TG df ,
TG étant la température du gaz exprimée en volts. Toute-du
fois ce terme, qui traduit un réchauffement des électrons dû à
l’énergie d’agitation thermique des neutres, peut être négligé
dans notre cas.
contribuent à
l’augmentation
de G. La variation de G due aux collisionsinélastiques
est ainsi donnée par :où v
désigne
lafréquence
de cescollisions, V représente l’énergie
du seuil dechaque
processus,l’indice j
identifie les états excités et l’indice I
représente
lesionisations.
L’intégrale figurant
au second membre del’éq. (2) représente
la réintroduction dans l’inter- valle du des électrons(dégradés
ousecondaires) qui
résultent d’ionisations ayant lieu à u +
VI
+u’ ; VID(U
+VI + u’, u) représente
lafréquence
différen-tielle
d’ionisation,
définie de telle sorte quedonne la
fréquence
des ionisationsproduites
par des électronsd’énergie (u
+VI
+u’)
et d’où résultent deux électronsd’énergies
u etu’, respectivement,
suivant le schéma :
L’expression (2)
tient compte de tous les processusinélastiques possibles
ycompris
les ionisations d’étatsexcités,
les réexcitations et désexcitations. Dans cestrois cas les
fréquences dépendent
despopulations
des niveaux
excités;
lesVj
doivent êtrepris
commenégatifs
pour les désexcitations.En combinant les
expressions (1)
et(2)
on peut éliminer la distributionf
et obtenir uneéquation intégro-différentielle
pour G :avec :
Dans
l’éq. (4),
q( )
le terme GdW/du représente
du p la dimi-nution de G à
chaque
niveaud’énergie
du fait que les électrons sont retranchés par les collisionsinélastiques.
Les termes de source
figurant
au second membre traduisent l’effet de la réintroduction des électrons et,évidemment,
ilsdépendent
des valeurs que pren- nent les fonctions G et W auxénergies
d’où ces élec-trons arrivent. C’est
pourquoi l’éq. (4)
est non locale.En raison de la
grande
différence entre la popu- lation du niveau fondamental et celle des niveauxexcités,
onconçoit
que seules les collisions avec les atomes à l’état fondamental sontimportantes
pour ladégradation
del’énergie.
Dans ce cas, il estpossible
de résoudre formellement
l’éq. (4)
en commençant la résolution àpartir
del’énergie
laplus élevée,
uo,et en
progressant
vers les bassesénergies
parpetits
pas, choisis de telle
façon
que le second membre soittoujours
connu à l’avance.Soit
Vi
le seuil d’excitation leplus
bas. Alors iln’y
a pas de réintroduction d’électrons dans l’intervalle
[uo - Vl, uo], l’éq. (4)
esthomogène
et sa résolutionformelle est
simple.
Une fois cette solution connue,on peut calculer le second membre de
(4)
dans l’inter- valle[uo -
2Vl,
uo -Vi],
résoudrel’équation
danscet
intervalle,
descendre d’un nouveau pas et ainsi de suite.La solution formelle de
l’éq. (4) qui
satisfait lacondition
G(uo) = - So
peut s’écrire :avec : G étant
déterminée,
on peut calculer facilement lenombre de collisions
inélastiques
d’un typequelcon-
que se
produisant
par unité detemps
et par unité de volume du gaz. Pour l’excitation d’unniveau j,
par
exemple,
cettequantité
est donnée par :1236
4.
Approximation
de la cascade purement inélas-tique.
- Uneanalyse
détaillée des solutions del’éq. (4),
donnée dans les références[7]
et[9],
montreque les collisions
élastiques jouent
un trèspetit
rôledans la
dégradation d’énergie
des électronsrapides.
On
peut
s’en assurer en faisant un calculrapide
del’ordre de
grandeur
de laperte d’énergie
bu par col- lisionsélastiques
subie par un électrond’énergie
u,avant d’effectuer un choc
inélastique;
cettequantité
est donnée par :
Pour un atome
lourd,
commel’argon,
et pour desénergies
nettement au-dessus dupremier
seuil d’exci-tation,
les valeurs de 03B4u sont extrêmement faibles(« 0,01 eV)
à comparer à la perted’énergie
subie enun seul choc
inélastique.
Cettepropriété
se traduitpar une décroissance extrêmement
rapide
des expo- nentielles e-’figurant
dans lessolutions
obtenuesà
partir
del’expression (9),
comme on le montre en[7]
et
[9].
Onconçoit
alors aisémentqu’on
obtiendra uneapproximation
suffisante ennégligeant
entièrement les pertesélastiques (m/M
=0).
Pour traiter la cascade
purement inélastique
il n’estplus
besoin de recourir au formalismedéveloppé
auparagraphe précédent ;
il estplus simple
deprocéder
d’une manière
plus
directequi
consiste à déterminer le nombre dn d’électrons danschaque
intervalled’énergie
du. Ce nombre dnpeut
être trèssimplement
déterminé en
égalant,
danschaque
intervalledu,
le nombre des électronsqui
sont introduits et retran- chés par unité de volume et detemps.
C’est cequ’on exemplifie
sur lafigure
2 où les flèchesreprésentent
les arrivées d’électrons
(qui
ont, soit excité lesniveaux j
soit ionisé des
atomes)
et les sorties par les différents mécanismespossibles.
Lesquantités indiquées
surcette
figure
donnent le taux(cm- 3 s-1)
correspon- dant àchaque
processus.FIG. 2. - Représentation schématique des arrivées et sorties d’électrons de l’intervalle du, par collisions inélastiques.
Le nombre d’électrons dont
l’énergie
estcomprise
entre u et u + du sera donc donné par :
La considération d’intervalles
d’énergie
dù estseulement nécessaire
quand
les ionisations inter-viennent, puisqu’on
est forcé dans ce cas d’utiliser les sections efficaces différentielles d’ionisation. Par contre, les électronsqui, partant
del’énergie
initiale uo, effectuentuniquement
des excitationsperdent
àchaque
collision unequantité d’énergie
bien définie et vont occuper, de cefait,
des niveauxparfaitement
discrets dans la cascade. Pour ceux-là on
remplace
le
concept
de nombre d’électrons dans du par celui de nombre d’électronsd’énergie
donnée.Le calcul de la cascade doit commencer par
l’énergie
initiale uo. Il
s’agit
là d’un niveau discret et le nombre d’électronsd’énergie
uo est donné par :Les niveaux
U0 - Vj
serontégalement
discretset on a :
représente
un facteur de partageinélastique.
Le nombre d’électrons se trouvant dans l’intervalle du
après
avoir ionisé à uo est donné par :expression qui
résulte de(13)
en tenant compte du fait que le niveau dedépart
est discretOn progresse successivement vers les
énergies
décroissantes en utilisant
toujours
la même méthode.La nature du calcul est
simple,
mais les pas s’enche- vêtrent et il serait trèslong
deprésenter
les détails ici.Ceux-ci
peuvent
être trouvés dans[7]
et[9].
Finalement,
onpeut
calculer les taux d’excitation et d’ionisation dans la cascade par les relations :et
5.
Application
au cas del’argon.
- 5.1 SECTIONSEFFICACES. - Un schéma des niveaux de
l’argon
estdonné sur la
figure
3. Lapremière configuration
FIG. 3. - Niveaux d’énergie de l.’argon.
LE JOURNAL DE PHYSIQUE. - T. 36, N° 12, DÉCEMBRE 1975
excitée, 3p5 4s,
contient quatre niveaux : deux méta- stables(3P0
et3P23)
et deux radiatifs résonnants(3P1
etlp 1),
dontl’énergie
est voisine de 12 eV. Leurs sections efficaces d’excitation àpartir
de l’état fonda- mental3p’ ’So
sont connuesdepuis
peu; nous avons utilisé pour les niveaux résonnants les sections effi-caces
semi-empiriques
données par Peterson et Allen Jr.[10], qui
sont en bon accord avec les résultatsexpérimentaux
deLloyd et
al.[11] ;
pour les niveaux métastables nous avons utilisé la courbe donnée parLloyd et
al.[12],
normalisée par la valeur absolue mesurée par Pesnelle[13]
à 30 eV(2).
Les sections efficaces d’excitation des 10 niveaux
3p5 4p
ont été mesurées parZapesochynyi et Feltsan
[15].
Des travauxplus
récentssemblent cependant indiquer
que les valeurs absolues données par cesauteurs sont trop
élevées ;
la section efficaceglobale
pour l’excitation de ces 10 niveaux donnée dans la référence
[10]
semble mieux s’accorder aux indications fournies parl’analyse
desspectres
dedégradation d’énergie
d’électrons dansl’argon
et nousl’avons,
de cefait, préférée
aux résultats deZapesochynyi
et Feltsan.
La
configuration 3p5
3dpossède
deux niveauxqui
sont
optiquement
liés au fondamental(niveaux 3d’[2]1
et
3d[2]1,
en notation deRacah)
et dont les sectionsefficaces d’excitation sont, de ce
fait,
assezimpor-
tantes. Nous avons
également
tenucompte
de l’exci- tation de ces deuxniveaux,
les sections efficaces utiliséesétant
celles données dans[10].
Seules les excitations mentionnées ont été consi- dérées. Avec l’ionisation à
partir
du fondamental elles constituent les canauxinélaytiques
lesplus
pro- bables dans la cascade. Pour cequi
est del’ionisation,
nous avons utilisé la section efficace
différentielle,
déduite de la surface deBethe,
donnée dans[10];
une très bonne
approximation analytique
est fourniepar
l’expression : UID(E, u’) =
E = u +
V,
+ u’ étantl’énergie
de l’électron ionisanten électron-volts et où
W(E)
est donnépair ’:
Pour
chaque
valeur de E,l’expression (20) s’applique
seulement pour les valeurs de u’
comprises
entreF - P.
zéro
et 2 l, VI
=15,76
eV étant le seuil d’ioni-2
.sation. Les valeurs de la section efficace différentielle
(2) L’étude de la cascade dans l’argon était déjà achevée quand
Borst [14] a publié une section efficace expérimentale d’excitation des métastables de l’argon. L’allure de la courbe donnée par Borst est pratiquement identique à celle que nous avons utilisée, mais ses valeurs absolues sont plus élevées d’un facteur proche de deux.
82
1238
dans l’intervalle
2 I, , E - V1 s’obtie nnent, évidemment
par réflexion autour du point E - VI
La section efficace d’ionisation UI s’obtient par :
les valeurs ainsi obtenues étant en très bon accord
avec les résultats
expérimentaux
deRapp
etGolden
[16].
L’ensemble des sections efficaces utilisées est donné
sur la
figure
4.FIG. 4. - Sections efficaces d’excitation et d’ionisation de l’argon,
à partir de l’état fondamental, par collisions électroniques.
5.2 RÉSULTATS OBTENUS. - Les résultats de l’étude de la cascade dans
l’argon
sont donnés sur lafigure 5 ;
on y montre la variation du nombre moyen
(oc)
decollisions
inélastiques,
de chacun destypes considérés,
par électron
primaire injecté
dans leplasma,
enfonction de
l’énergie
initiale de cesélectrons,
dans lagamme d’intérêt pour l’arc à cathode creuse. L’inter-
prétation physique
de ces résultats est relativementsimple.
Les électrons
primaires d’énergie
inférieure à envi-ron 24 eV font une seule collision
inélastique
à la suitede
laquelle
ils sont réintroduits dans le corps de la distribution.L’importance
relative de l’ionisation croîtavec
l’énergie
initiale desélectrons,
croissancequi
se réalise aux
dépens
des différentes excitations de niveaux discrets.FIG. 5. - Excitations et ionisations produites par électron primaire
dans une cascade dans l’argon, en fonction de l’énergie initiale des électrons. aô, excitation des métastables ’P2 et 3Po ; aô, excitation
des niveaux résonnants ’Pl 1 et 3P1;
aôd,
excitation des niveaux résonnants de la configuration 3p5 3d, aôp, excitation des niveaux de la configuration 3p5 4p ; aô, ionisation à partir de l’état fonda-mental.
Ce n’est
qu’au-dessus
de 24 eV environ que les électrons commencent à avoir lapossibilité
d’effectuer deux collisionsinélastiques
successives et que la cascade proprement dite commence ; immédiatement au-dessus de 24 eV on trouve donc uneaugmentation brusque
desexcitations,
suivierapidement
d’une sortede saturation
lorsqu’une
ionisation peut succéder à une excitation. Pour lesénergies plus
élevées l’enche- vêtrement devientplus complexe,
toutes les combi- naisons de deux pasinélastiques
successifs deviennentpossibles;
cela se traduit par des fluctuations dans les différentes fonctionsa(uo). Cependant,
le nombred’ionisations
produites
par électronprimaire
croîttoujours
avecl’énergie
initiale.On tire encore un résultat
important
des courbes de lafigure
5 : dans presque toute la gamme étudiéechaque
électronprimaire
faitpratiquement
autantd’ionisations que d’excitations et ces dernières absor-
bent,
parconséquent,
une fractionimportante
del’énergie
initiale. Onpeut
doncprévoir
l’existence de concentrations élevées d’états excités à l’intérieur de lacathode,
ces états excitéspouvant
eux-mêmes servir ensuite de relai à l’ionisation. Autrementdit,
l’ionisation ne serait pas seulement réalisée dans la cascade et une contribution
appréciable pourrait
êtreapportée
par les collisions des atomes excités avec les électrons du corps de ladistribution,
thermalisés par collisions électron-électron.6. Rôle de l’ionisation en
étapes.
-L’équation
de bilan d’un niveau excité
(g
peut s’écrire :où : le terme au
premier
membrereprésente
la créationà
partir
de l’état fondamental(indice 0)
dans la cas-cade ;
les termes au second membrereprésentent
lacréation
(signe - )
et la destruction(signe +),
respec- tivement par les électrons lents thermalisés(densité
ne, coefficients de collisionsC),
par les neutres(densité
no, coefficients de collisionsK)
et par émission et réab-sorption
de rayonnement(A :
coefficients deEinstein,
g : facteurs de
fuite).
Dans les différentscoefficients,
les lettres en exposant et en indice
identifient,
respec-tivement,
l’état final et l’état initial de latransition ; l’exposant
+ identifie l’ionisation.Remarquer
encoreque A doit être
pris égal
à zéro pour les transitionsoptiquement
interdites.Pour les niveaux métastables il
faudrait,
enprincipe, ajouter
un terme de perte par diffusion.Toutefois,
nous montrons dans la
partie
II que. ce terme est entièrementnégligeable
dans larégion
centrale du canalcathodique. L’éq. (23) s’applique
doncégalement
aux niveaux métastables.
En faisant la somme de toutes les
équations
duoo
type
(23) ( ) ?
, tous les termesqui correspondent
V>o/
à des
transitions,
aussi bien collisionnelles que radia-tives,
entre niveaux excités s’annulent entre eux.Nous avons en
effet,
pouri, j
> 0 les identités :et
L’expression (27) signifie simplement
que le nombre total d’états excitésproduits
àpartir
du fondamental doit êtreégal
au nombre d’ionisations d’états excitésplus
le nombre de désexcitations vers l’état fondamen-tal,
par unité de volume et de temps. On aurait pu écrire(27)
directement : enprenant
tout l’ensemble des étatsexcités,
les transitions entre états ne modi-fient pas la
population globale
et les seulesfuites possibles
se réalisent par l’ionisation et par le fonda- mental.On montre dans la référence
[9]
que les ionisations sont, enfait, largement
dominantes. Les coefficients de collisionssuperélastiques C°
sontbeaucoup plus
faibles que les coefficients d’ionisation
Ci+,
les col-lisions avec les neutres sont
négligeables
et le rayon- nement de résonance est fortementpiégé (3).
Dans larégion
centrale du canalcathodique
on vérifie doncapproximativement :
L’ionisation en
étapes
contribue donc très sensible- ment à laproduction
d’ions dans lacathode;
le nombre total d’ions créés par électronprimaire, quantité
que nousdésignerons
par a, est ainsi donné par :Sa variation avec
l’énergie
initiale des électrons uo est donnée sur lafigure
5.Remarquons
que les conclusionsprécédentes
sontvalables même si l’ionisation n’est pas le mécanisme de destruction dominant pour
chaque
niveaupris
isolément. Nous verrons dans la
partie
II que tel est le cas pour les niveaux3P2
et3P1,
les réexcitations étant dominantes. L’ionisation enétapes
ne se faitdonc pas seulement en deux sauts mais en une succes-
sion de sauts.
7. Conclusion. - Le modèle
théorique
étudiéconstitue une
approche microscopique
duproblème
de la formation de la colonne de
plasma
à l’intérieur d’une cathode creuse. Toutefois sesapplications
ne setrouvent pas limitées à ce seul
domaine ;
ils’applique
à toutes les situations où un
plasma
est créé parinjection
uniforme d’électronsrapides.
Cette étude constitue une
première étape
dans laformulation d’une théorie
complète
du fonctionne- ment de l’arc à cathode creuse. Les résultatspubliés
ici ont
permis de traiter
ultérieurement lesproblèmes
suivants :
1. Profil et concentration des
particules chargées
dans la
cathode ;
2.
Transport
des électrons lents(dégradés
+ secon-daires)
vers la sortie de lacathode ;
3. Variation du
champ électrique
et de latempé-
rature des électrons lents suivant
l’axe ;
(3) Pour les conditions de pression régnant à l’intérieur de la cathode, les facteurs de fuite des raies de résonance sont inférieurs à 10-2. Par ailleurs, les valeurs de la concentration électronique
sont de l’ordre de 1014 cm-3. On montre [9] que, dans ces condi- tions, les niveaux résonnants sont essentiellement détruits par collisions électroniques.
1240
4. Mécanismes d’échauffement de la
paroi
et bilanthermique
decelle-ci ;
5.
Explication
dequelques caractéristiques
de ladécharge
observéesexpérimentalement;
6. Bilan des états métastables.
Ce dernier
problème
faitl’objet
de lapartie
IIde cette
publication.
Remerciements. - Les auteurs tiennent à
exprimer
leur reconnaissance à Monsieur le Professeur W. P.
Allis du M.I.T. pour un
grand
nombre desuggestions
et de discussions très fructueuses.
Bibliographie
[1] LUCE, J. S., Proc. 2nd Int. Conf. Peaceful Uses At. Energy (1958) p. 31.
[2] LIDSKY, L. M., ROTHLEDER, S. D., ROSE, D. J., YOSHIKAWA, S., MICHELSON, C. et MACKIN, R. J., J. Appl. Phys. 33 (1962) 2490.
[3] MINOO, H., Thèse d’Etat, Paris (1969).
[4] TRINDADE, A. R., Thèse d’Etat, Paris (1970).
[5] DELCROIX, J. L. et TRINDADE, A. R., Adv. Electron. Electron
Phys. 35 (1974) 87.
[6] BRUNET, A., Thèse de Docteur Ingénieur, Paris (1975).
[7] FERREIRA, C. M., Thèse de 3e cycle, Paris (1974).
[8] ALLIS, W. P., Groupe de travail sur les fonctions de distribution, Orsay (1972).
[9] FERREIRA, C. M., Thèse d’Etat, Paris (1976).
[10] PETERSON, L. R. et ALLEN, J. E., Jr., J. Chem. Phys. 56 (1972)
6068.
[11] LLOYD, C. R., TEUBNER, P. J. O., WEIGOLD, E. et HOOD, S. T., J. Phys. B 5 (1972) L-44.
[12] LLOYD, C. R., TEUBNER, P. J. O., WEIGOLD, E. et HOOD, S. T., J. Phys. B 5 (1972) 1712.
[13] PESNELLE, A., Thèse de 3e cycle, Paris (1970).
[14] BORST, W. L., Phys. Rev. A 9 (1974) 1195.
[15] ZAPESOCHYNYI, I. P. et FELTSAN, P. V., Opt. Spectrosc. 20 (1966) 291.
[16] RAPP, D. et GOLDEN, P. E., J. Chem. Phys. 43 (1965) 1464.