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Mesure des résistances électriques élevées à l’aide d’une
chambre d’ionisation utilisée comme source de courant
Daniel Blanc, Eric Fort, Robert Lacoste, Jean Lagasse
To cite this version:
52
MESURE DES
RÉSISTANCES
ÉLECTRIQUES
ÉLEVÉES
A L’AIDE D’UNE CHAMBRE D’IONISATION UTILISÉE COMME SOURCE DE COURANT
Par DANIEL BLANC et ERIC
FORT,
Centre de Physique Nucléaire, Faculté des Sciences de Toulouse.
ROBERT LACOSTE et JEAN
LAGASSE,
Laboratoire
d’Électrotechnique
etd’Électronique
Industrielle, E. N. S. E. E. H. T., Toulouse.Résumé. 2014 Il devient très difficile de mesurer, avec une bonne précision, les résistances
élec-triques élevées, lorsque leurs valeurs dépassent 1012 ohms, et que l’on fait
appel
à une méthodeclassique, comme celle de l’ampèremètre et du voltmètre. Nous décrivons une méthode utilisant
une chambre d’ionisation, fonctionnant comme une source de courant, et
placée
en série avec la résistance inconnue : la valeur de cette résistance se déduit de la tension entre ses bornes, mesuréepar un montage électrométrique.
La chambre d’ionisation est
remplie
d’air ou d’argon ; ses électrodes sont deuxplateaux
paral-lèles,
dont il est possible de faire varier la distance. Le courant d’ionisation constant, débité parl’appareil,
est créé par une couche mince de bioxyde d’uranium, déposée sur l’un des plateaux.En modifiant la pression de remplissage, il est possible de faire varier de façon continue le courant
d’ionisation ; sa valeur maximum est de 2,7 .10201411 ampère, sous la pression atmosphérique.
Notre méthode permet de mesurer, avec une précision excellente, les résistances de faibles
valeurs par rapport à la résistance interne p de la chambre
(p
=0394V/0394i).
Sous la pression atmo-sphérique, p est de l’ordre de 1015 ohms ; pour un remplissage d’air sous la pression de 2 cm demercure, p atteint 1016 ohms. Finalement, avec la chambre d’ionisation décrite, la limite
supé-rieure des résistances mesurables avec précision est de 1014 ohms. Abstract. 2014 The accurate measurement of
high electric resistances is very difficult when their values are above 1012 ohms, and, if a classic method is used, for instance ammeter and
voltmeter. We describe a method using an ionization chamber, acting like a current source,
put into series with the unknown resistance ; we calculate the value of this resistance from the
voltage between its terminals, measured with an electrometer.
The ionization chamber is filled with air or argon ; its electrodes are two
parallel plates,
whichspacing can be varied. Constant ionization current
supplied
by the system is providedby
a thinlayer of uranium dioxide, deposited on one side of a plate. If the filling pressure is modified,
the ionization current can be
continuously
varied ; its maxima value is 2.7 10201411 ampere, underatmospheric pressure.
Our method allows measurement with great accuracy of resistances which have small values as
compared to the internal resistance p of the chamber (p = 0394V/Ai). Under
atmospheric
pres-sure, p is of the order of 1015 ohms ; with air, under a pressure of 2 cm of mercury, p will be 1016 ohms. The upper [limit of resistances which can be measured accurately, with this ionization
chamber, is 1014 ohms.
LE JOURNAL PHYSIQUE RADIUM
PHYSIQUE APPLIQUÉE
SUPPLÉMENT AU N° 3.
TOME 21, MARS 1960, PAGE
La détermination de la valeur d’une résistance
électrique
devient très difficile dès que le courantqui
la traverse est faible - inférieur à10- 13
A,
pour fixer les idées -, et
quelle
que soit la naturede cette
résistance,
couchemétallique
à structurelacunaire ou isolant
proprement
dit[1].
Prenons la méthode du voltmètre et de
l’ampè-remètre,
qui
est la mieuxadaptée
àl’enregis-trement : la mesure de la tension de la source ne
présente
aucunedifficulté,
mais l’erreur sur le cou-rantélectrique
atteint+
4%,
pour une intensitéde 10-12 A
(2),
en tenantcompte
d’ungrand
nombre de
précautions,
et notamment de lacorrec-tion
point
parpoint
de la valeur de la résistanceétalon,
aux bornes delaquelle
est connecté le circuitd’entrée de l’électromètre : cette résistance varie en
effet avec la différence de
potentiel
existant entre ses extrémités[2].
Lorsque
l’intensitédiminue,
l’erreur croit trèsvite : pour des courants d’intensités inférieures à 10-13
A,
onpeut
adopter
deux solutions :a)
Utiliser,
en série avec l’élémentétudié,
des résistances connues de valeurs élevées : lesignal
d’entrée del’appareil
de mesurepeut
êtresuffisant,
mais la stabilité de telles résistances est très
défec-tueuse
lorsque
l’ondépasse
1011 ou 1012 ohms[2].
b)
Conserver une résistance de mesurede 101° ohms : le
signal
d’entrée de l’électromètre devient trèsfaible ;
onpeut
employer
ungalva-nomètre pour mesurer la tension de sortie
lorsque
cette dernière diminuetrop
pour être décelée parl’appareil
de lecture normal ou parl’enregistreur,
mais le
gain
dudispositif électronique
est alors très mal connu[2].
On voit donc que la méthode
classique
conduit à des résultats difficilementcontrolables,
dès que l’on veut mesurer des résistances de 1014 ohms sousquelques
volts,
ou de l’ordre de 101° ohms et au53
delà,
sous des tensionsplus
élevées. Il est nécessairede faire
appel
à une méthode basée sur unprincipe
différent.
Principe
de la méthode de la source de courant.- Ce
qui précède
montrequ’il
faut s’affranchir dela détermination du
courant,
lorsque
l’on mesuredes résistances élevées. Il est donc intéressant d’utiliser une source de
courant,
c’est-à-dire une sourcecapable
de débiter une intensitéconstante,
quelle
que soitl’impédance
du circuit extérieur. Connaissant cetteintensité,
il suffit dedisposer
unvoltmètre aux bornes de l’élément
étudié,
pourdéterminer la chute de tension
correspondante, qui
conduit à la valeur de la résistance inconnue. La résistance interne del’appareil
de mesure doit êtresupérieure
à cettedernière,
mais cela neprésente
pas de difficultés
lorsque
l’on utilise unmontage
électrométrique
convenable.Une
pentode
à saturation trèsmarquée
pourrait
constituer une source decourant,
mais sonemploi
est délicat et l’intensité nepeut
être modifiée quedans des limites assez
restreintes ;
deplus,
sa résis-tance interne est très faible(inférieure
à 1012ohms).
Nous avonspréféré adopter
une chambred’ioni-sation,
dont le débit est constant et trèsfaible,
etdonc - la résistance interne est
particulièrement
élevée.
Emploi
d’une chambre d’ionisation comme source de courant. -- Une chambre d’ionisation estconstituée par deux électrodes entre
lesquelles
estétablie une différence de
potentiel
V. Si leremplis-sage gazeux que contient la chambre est traversé par un flux de
particules
ionisantes constant dansle
temps,
l’ionisation du gaz,qui
enrésulte,
setra-duit par un courant
i,
ou courant d’ionisation.Quelles
que soient la formegéométrique
et ladisposition
desélectrodes,
la nature et lapression
du gaz deremplissage,
la variation de i en fonction de V esttoujours
de la forme donnée sur lafigure
1 :FIG. 1. -
Caractéristique électrique d’une chambre d’ioni-sation sous irradiation constante.
au-dessus d’une tension
Va,
le courant d’ionisationest presque
constant ;
il se forme unpalier,
qui
s’étend
jusqu’à
la tension de seuil de larégion
deproportionnalité [3].
Pour une valeur de V donnée située dans cette zone, la chambre se
comporte
donc comme une source decourant,
aux fluctuationsstatistiques
près
del’ionisation,
c’est-à-dire de la valeurde i,
très faibles si l’on a la
précaution
d’utiliser uneirra-diation sufl’isamment intense.
Notons
cependant,
comme le montre lafigure
1,
que lepalier i
=f(V) possède
une faiblepente ;
la résistance interne.:p =
AV/Ai
de la chambre est
toujours
positive ;
la valeur de pdépend
du coefficient de recombinaisonionique,
c’est-à-dire de la nature du gaz deremplissage,
de lapression,
de la forme des électrodes et de leurdis-position.
Onpeut
doncprévoir, a priori,
que la chambred’ionisation,
utilisée comme source de cou-rant ne pourra êtreappliquée qu’à
la mesure derésistances
faibles parrapport
à p.Principe
de la méthode de mesure.--R.
Jaeger [4]
apublié
en 1929 uneapplication
dechambres d’ionisation comme sources de
courant.
Il
s’agissait
d’étalonner des dosimètres par uneméthode de
compensation,
et selon lemontage
de lafigure
2 : le courant à mesurer étaitannulé,
dans la résistance R degrande valeur,
par le courantdébité par une chambre d’ionisation
remplie
d’airsous la
pression atmosphérique
et contenant uneFIG. 2. -
Emploi
d’une chambre d’ionisation commesource de courant pour l’étalonnage de dosimètres par une méthode d’opposition [4].
source
d’oxyde
d’uranium. L’introduction entre lesélectrodes de la chambre d’un
diaphragme réglable,
convenablementdisposé,
permettait
de faire varierce courant. On vérifiait l’annulation du courant
total dans la résistance à l’aide de l’électromètre
représenté
sur lafigure
2. Grâce à unétalonnage
préalable,
on savaitquelle
était l’intensitécorres-pondant
à laposition
dudiaphragme pour laquelle
s’annulait, le courant’total dans la résistance R.54
chambre d’ionisation
cylindrique,
alimentée sous une tension constante de 150volts,
donnée par unepile
Zamboni. La chambre étaitremplie
d’anhy-dride
carbonique marqué
au14G,
cetémetteur p
créant le courant d’ionisation constant débité par
l’appareil ;
le courant d’ionisation leplus
faible réalisé ainsi étaitde 2,56.10-11 ampère.
J. Weill neprécise
pasquelle
est la limitesupérieure
desrésis-tances que sa méthode
permet
de mesurer avec unebonne
précision.
De la valeur donnéeplus
haut ducourant
d’ionisation,
onpeut
déduire
que, dans lesconditions les
plus
favorables,
on est limité à lamesure des résistances inférieures à 5.1012 ohms. Une
application pratique
des études de J. Weill aété décrite par J. Bristeau
[6].
En
adoptant
lemontage
électrique
donné sur lafigure
3,
nous nous sommes efforcés de nousplacer
dans des conditions
opératoires plus
favorables[7] :
nous déduisons le courant d’ionisation i de la chute
de tension v aux bornes d’une résistance étalon
Re
(voisine
de 109ohms) ; v
étant donnée par unélec-tromètre
type
«Vibron
», laprécision
sur lamesure
de i est
toujours
meilleure que 1%.
Connaissanti,
nous mesurons la chute de tension aux bornes de la
résistance inconnue
Rx,
et nous en déduisons la valeur deR.
Caractéristiques
de la chambre d’ionisation réa-lisée. -- On trouvera sur lafigure
4 une vue encoupe de la chambre d’ionisation : c’est un
système
de deux électrodes
planes parallèles,
enlaiton,
FIC. 3. - Mesure de résistances
électriques
élevées à l’aided’une chambre d’ionisation utilisée comme source de courant [7].
plongée
dans une enceintecylindrique
taillée dans un rondinde
duralumin. L’électrodesupérieure
constitue le
système
collecteur : elle estprolongée
par un
cylindre
de laitonqui
assure lecollectage
de la
plus
grande partie
descharges produites
par l’ionisation créée par la sourceradioactive,
placée
sur l’électrodeinférieure,
mobile. Les passagesiso-lants,
entéflon,
ont été calculés pour que lesrésis-tances de
fuite,
envolume,
soientsupérieures à
1017 ohms.
Deux ouvertures circulaires diamétrate nient
opposées
(fige
4),
permettent
de mettre l’enceinteen communication avec un groupe de pompage
FiG. 4. -
Coupe de la chambre d’ionisation
à électrodes planes parallèles.
Fie. 5 (Photo YAN). - Montage expérimental d’étude de la chambre d’ionisation.
Circuit blindé de mesure. - 2. Source de tension
Vo.
3. Jauge de vide. - 4. Chambre d’ionisation.
-5. Electromètre. - 6.
55
(pompe
àpalettes
et pompe à diffusiond’huile),
ou avec une bouteilled’argon
comprimé.
La source radioactive d’intensité constante est une couche mince de
bioxyde
d’uraniumnaturel,
déposée
sur la facesupérieure
de l’électrode mobile etprotégée
par unepellicule
decollodion ;
cette source occupe une surface de 7cm2 ;
son activité est voisine de0,3
microcurie.La
figure ,5
représente
lemontage
expérimental
d’étude de la chambre. On
aperçoit
le groupe de pompage,l’enveloppe
cylindrique
de lachambre,
l’alimentation stabilisée fournissant la tension
entre les
électrodes,
et l’électromètre. 10 COURANT D’IONISATION i. - Lecourant
d’ionisation a été déterminé par la mesure de la différence de
potentiel v
aux bornes d’une résistanceconnue Re
=1,15.109
ohms(fig. 3).
Lafigure
6FIG. 6. - Variation du courant d’ionisation en fonction de la
pression.
FIG. 7. -
donne,
en fonction de lapression,
les résultats obtenus avec l’air etl’argon,
et une ténsionappli-quée
Vo
= 400volts,
la distance entre les élec-trodes étant de4,2
cm. La différence depotentiel
v,donc le courant
d’ionisation,
tendent vers des valeurs constanteslorsque
la distance des électrodes devientsupérieure
au parcours desparticules alpha
del’ura-nium,
pour lapression
àlaquelle
est maintenu le gaz. Par variation de lapression,
nous réalisons ainsi une source de courant dont le débitpeut
être modifié à volonté dans une gamme de valeurs trèslarge ;
nous pouvons ainsi amener, avecprécision,
le courant d’ionisation à une valeur
prédéterminée.
20 RÉSISTANCE INTERNE DE LA CHAMBRE.
-Comme nous l’avons
indiqué plus
haut,
la chambre nepermet
de mesurer que des résistances faiblespar
rapport
à sa résistance interne : là se trouve la limitationpratique
de la méthode. Il faut donc seplacer
dans des conditions telles que lapente
àilàv
=1 jP
de lacaractéristique (fig. 1)
soit aussi faible quepossible.
La
figure
7 donne la variation de la résistance interne de la chambre en fonction de lapression,
pour l’air et
l’argon :
p passe par un maximum pour unepression comprise
entre 1 et 2 cm de mercuredans le cas de
l’air, égale
à 1 mm de mercure dansle cas de
l’argon.
Les valeursmaximales
de p sontpratiquement identiques ;
à cepoint
de
vue,l’argon
neprésente
aucunavantage
sur l’air : desremplis-sages d’air sous des
pressions comprises
entre 1 et2 cm de mercure constituent donc les solutions les
meilleures.
Résultats obtenus dans la mesure des résistances.
- 10 GAZ
SOUS LA PRESSION
ATMOSPHÉRIQUE.
-Pour nous fixer un
point
deréférence,
nous avonsd’abord considéré le cas où les gaz sont à la
pression
atmosphérique.
Il est évident que la mesure n’a un sens que si la chambre d’ionisation secomporte
cpmme une source decourant ;
c’estpourquoi
nous avons tracé la famille descaractéristiques i
=f( V 0)
en
employant
des valeurs croissantes et connuesde la résistance
Rx
( fig.
3).
Lafigure
8 résume nosrésultats :
a)
Pourl’air,
p # 5.1014
ohms : i reste sensi-blement constantjusqu’à
Ra
= 1013ohms, mais,
pour des résistancesplus
élevées,
sa valeur tomberapidement ;
c’est ainsi que, pourRa
= 1014ohms,
elle n’estplus
que le(1j15e)
de sa valeur normale.b)
Pourl’argon,
p # 1015 ohms. Lesrésultats,
bienqu’un
peuaméliorés,
conduisent à une valeurlimite de
Rx
presqueidentique.
Dans ces
conditions,
la chambre d’ionisationpermet
de mesurer des résistances allantjusqu’à
1013 ohms.FIG. 8. -
Caractéristique électrique de la chambre d’ioni-sation pour diverses valeurs de la résistance de
charge
Rg(pression atmosphérique).
2° AIR SOUS LA PRESSION DE 2 CM DE MERCURE.
- Nous
nous trouvons ici dans les conditions
opti-males
(p
voisine de 1016ohms).
En utilisant lemon-tage
de lafigure 3,
le courant d’ionisation est de2 .10-12 ampère
pour une résistanceR.
=1014 ohms,
alors que sa valeur est de
2,2 .10-12 ampère
pourune résistance
beaucoup
plus
faible : la chambre d’ionisationpermet
de mesurer les résistances allantjusqu’à
1014 ohms avec uneprécision
meilleureque 10
%.
Ce sont alors les résistancessuperficielles
des passages isolants
qui
deviennentgênantes.
Conclusion. -- La méthodeexposée
icipermet
d’allerbeaucoup
plus
loin dans la mesureprécise
des résistances de
grande
valeur que ne le per-mettent les méthodesclassiques.
La limite
pratique
que nous donnons icicorres-pond
à une chambre de formegéométrique
donnée. Il estpeut
êtrepossible
d’améliorer lesperfor-mances en modifiant la
géométrie
dudétecteur,
et nouspoursuivons
nos travaux dans cette direction.Manuscrit reçu le 25
janvier
1960.BIBLIOGRAPHIE
[1]
LACOSTE(R.),
C. R. Acad. Sc., 1956, 243,1609 ; C. R.Acad. Sc., 1959, 248, 655.
[2]
LACOSTE (R.), Contribution à l’étude de la conductibilitédes isolants solides. Thèse de Doctorat ès Sciences,
Toulouse, 1959.
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scintillateurs, Masson, édit., Paris, 1959. [4] JAEGER (R.), Z. Physik, 1929, 52, 627.
[6] WEILL
(J.), Technique
du contrôle des réacteursnu-cléaires, Thèse d’Ingénieur-Docteur, Paris, 1953 ;
rapport C. E. A. n° 323, p. 32 ; cours de Génie
Ato-mique, 1955 : contrôle des
piles, techniques
diverses, p. 4.[6] BRISTEAU (J.), L’Onde
Électrique,
1955, 335-337, 220.[7] BLANC (D.), FORT (E.), LACOSTE (R.) et LAGASSE