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Résolution interférométrique d'une étoile double

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

R´ esolution interf´ erom´ etrique d’une ´ etoile double.

Cet exercice rend compte d’une m´ethode exp´erimentale permettant de montrer qu’une ´etoile est double et de mesurer la distance angulaire entre ses composantes.

Question 1 :

Une ´etoile E se trouve dans la direction de l’axe optique d’une lentille convergente de centre optique C, de distance focalef0 et de foyerF0. On place devant la lentille d’une part un filtre (non repr´esent´e sur la figure) qui ne laisse passer que les radiations de longueur d’onde λ et d’autre part un ´ecran plac´e de deux trous T1 et T2 distants de a. On rep`ere les points du plan focal par un r´ep`ere F0xy o`u F0x est parall`ele `a T1T2. D´ecrire ce qu’on observe dans le plan focal et calculer l’interfrange pour f0 = 1 m, λ= 0,6µm et a= 6 mm.

Que se passe-t-il si a varie ?

On retrouve, bien sˆur, le dispositif des trous d’Young avec interf´erences `a l’infini.

Calculons la diff´erence de marche ∆ = [ET2M]−[ET1M] entre les deux rayons qui arrivent au point M de l’´ecran. On a

∆ = ([ET2] + [T2M])−([ET1] + [T1M]]) = ([ET2]−[ET1]) + ([T2M]−[T1M])

En amont de la lentille, l’´etoile ´emet un faisceau parall`ele. Le th´eor`eme deMaluspermet d’affirmer que le plan contenant T1 etT2, perpendiculaire au faiceau est une surface d’onde donc que les rayons en ces points sont en phase, donc `a la mˆeme distance optique de E, c’est-`a-dire que [ET1] = [ET2].

Pour calculer [T2M]−[T1M], il faut d’abord tracer correctement ces rayons. Ils convergent dans le plan focal, ils sont donc parall`eles en amont de la lentille. Un troisi`eme rayon, passant par C, parall`ele

`

a ceux-l`a, convergerait au mˆeme point et ne serait pas d´evi´e, donc leur direction commune est celle de −−→

CM (voir figure o`u l’angle α d´efini plus loin est exag´er´e pour une meilleure lisibilit´e). Appliquons l`a encore le th´eor`eme de Malus en tra¸cant un plan perpendiculaire `a ces rayons, passant par T1 et coupant l’autre rayon au point H. L’usage brutal du th´eor`eme conduirait `a dire queH et T1 sont en phase ; or T1 est en phase avec T2 donc H et T2 seraient en phase et la distance T2H serait nulle, ce qui est manifestement faux ! Cette contradiction provient de ce que, au passage par les trous la lumi`ere diffracte, donc l’optique g´eom´etrique n’est plus valable (plus de propagation rectiligne) et le th´eor`eme

(2)

non plus. Il faut donc ˆetre subtil. Dans une exp´erience de pens´ee, mettons la source au pointM; les lois de Descartesne d´ependant pas du sens de propagatuion de la lumi`ere, on retrouve les mˆemes rayons M T1 et M T2 parcourus `a l’envers et le th´eor`eme de Malus nous apprend que, dans cette situation, T1 et H sont en phase, donc `a la mˆeme distance optique de la source M donc [T1M] = [HM]. Nous pouvons conclure :

∆ = [T2M]−[T1M] = [T2H] + [HM]−[T1M] = [T2H]

Un peu de g´eom´etrie maintenant : l’angle α = HT\1T2 est ´egal `a M CF\0. On a donc [T2H] = T1T2 sinα=asinα etx=F0M =CF0 tanα=f0 tanα. Dans la zone d’interf´erences,α reste petit et α≈sinα ≈tanα d’o`u

∆ = a x f0 d’o`u un d´ephasage

ϕ= 2π∆

λ = 2π a x λ f0

Si l’on note s1 l’amplitude complexe du rayon T1M `a son arriv´ee en M, alors celle du rayon T2M a pour amplitude complexe s2 = s1 exp(− ϕ). Les deux rayons proviennent de la mˆeme source, on a donc coh´erence et additivit´e des amplitudes complexes :

stot=s1+s2 =s1[1 + exp(− ϕ)]

On en d´eduit l’intensit´e par passage au carr´e du module :

I =|stot|2 =stotstot =s1s1[1 + exp(− ϕ)] [1 + exp( ϕ)] = 2I0(1 + cosϕ) = 2I0

1 + cos

2π a x

λ f0

o`uI0 =s1s1.

R´epondons maintenant `a la question pos´ee : On observe des franges rectilignes parall`eles `aOydont l’interfrange (p´eriodicit´e) est i=λ f0/a.

A.N.i= 6 10−7·1/6 10−3 = 10−4 m.

Et bien sˆur siaaugmente, idiminue, les franges se resserrent.

N.B. de telles franges tr`es serr´ees s’observent `a l’aide d’un oculaire.

Question 2 :

En r´ealit´e, l’´etoile est double, constitu´ee de deux ´etoiles distantes angulairement de θ, suppos´ees de mˆeme intensit´e. O`u se forme l’image de la seconde ´etoile ? Quel syst`eme d’interf´erences observerait-on s’il n’y avait que la seconde ´etoile ? Quel ´eclairement observe- t-on avec l’´etoile double et pour quelle(s) valeur(s) de a les franges disparaissent-elles ? Exp´erimentalement, la plus petite valeur est a1 = 0,52 mm; calculer θ.

L’image g´eom´etrique de l’´etoile se trouve `a l’intersection du plan focal et du rayon issu de l’´etoile, passant par le centre optique, rayon non d´evi´e et faisant donc l’angle θ avec l’axe. L’image se trouve donc `a l’abscisse −f0 tanθ≈ −f0θ. (Signe moins avec les conventions d’oroentation de la figure)

Les deux ´etoiles ´etant, bien entendu, incoh´erentes, il y a additivit´e des ´eclairements. Le calcul de l’´eclairement au point M lorsque l’´etoileE0 est suppos´ee seule se m`ene comme plus haut, soit, en allant un peu plus vite :

0 = ([E0T2] + [T2M])−([E0T1] + [T1M]]) = ([E0T2]−[E0T1]) + ([T2M]−[T1M])

En utilisant le th´eor`eme deMalus, [E0T2]−[E0T1] = [KT2] =asinθ≈a θ (o`u K est le projet´e de T1 sur E0T2) et [T2M]−[T1M] =a x/f0 comme plus haut. Le d´ephasage et l’intensit´e sont donc

ϕ0 = 2π∆0

λ = 2πa λ

x f0

(3)

I0 = 2I00(1 + cosϕ0) = 2I00

1 + cos

2π a λ

x f0

etItotal=I+I0

Remarquons qu’on passe deI `aI0 par une translation de−f0θcarI0(x) =I(x+f0θ), c’est -`a-dire que la seconde fonction est centr´ee sur l’image g´eom´etrique de la seconde ´etoile.

Puisque les deux ´etoiles ont mˆeme luminosit´e,I0=I00, alors Itotal= 2I0

2 + cos

2π a x

λ f0

+ cos

2π a λ

x f0

Avant mˆeme de faire le moindre calcul, remarquons que si les deux cosinus sont en opposition de phase, alorsItotal = 4I0 et donc ne d´epend plus dex: il n’y a plus d’interf´erences. Ceci se produit pour

2πa θ

λ = (2p+ 1)π p∈N soit

ap = (2p+ 1) λ 2θ

D’o`u l’id´ee du protocole exp´erimental suivant : On r´ealise l’exp´erience avec une petite valeur de a et l’on visualise les franges d’interf´erences ; puis on fait croˆıtre a lentement. Le contraste des franges diminue (si l’´etoile est double) et l’on continue jusqu’`a la disparition des franges (contraste nul) ; on atteint ainsi a1 dont la mesure permet de calculerθ par

θ= λ 2a1 A.N.θ= 6 10−7/1,04 10−3 = 5,77 10−4rad = 1,980

Allons maintenant au del`a des d´esirs de l’interrogateur en r´epondant `a la question qu’il n’a pas encore pos´ee (il la gardait en r´eserve pour les bons ´el`eves) et terminons par le calcul du contraste pour une valeur quelconque de aen transformant la somme de cosinus en produit

Itotal= 4I0

1 + cos

π a θ λ

cos

π a

λ 2x

f0

soit une fonction de xdont les extremums sont obtenus lorsque le second cosinus vaut ±1, soit Imax= 4I0

1 +

cos

π a θ λ

Imin= 4I0

1−

cos

π a θ λ

sans oublier la valeur absolue. Le contraste est donc γ = Imax−Imin

Imax+Imin = 8I0

cos πa θλ

8I0 =

cos

πa θ λ

qui s’annule pour les valeurs deacalcul´ees plus haut.

Question 3 :

En r´ealit´e poura=a1, les franges ne disparaissent pas, mais leur contraste est minimal et vaut alors γmin = 0,1. Quelle hypoth`ese faut-il remettre en question ? Que peut-on en d´eduire quantitativement ?

(4)

L’hypoth`ese qu’il faut changer est bien sˆurI0 =I00; on suppose donc I0 6= I00. Pour a=a1, il y a opposition de phase et l’on a :

Itotal= 2I0

1 + cos

2π a1x λ f0

+ 2I00

1 + cos

2π a1

λ x

f0

Itotal = 2I0

1 + cos

2πa1x λ f0

+ 2I00

1 + cos

2πa1x λ f0

Itotal = 2I0

1 + cos

2πa1x λ f0

+ 2I00

1−cos

2πa1x λ f0

Itotal = 2 (I0+I00) + 2 (I0−I00) cos

2π a1x λ f0

En supposant, pour fixer les id´ees, que I0 > I00, on a alors : Imax= 2 (I0+I00) + 2 (I0−I00) = 4I0

Imin= 2 (I0+I00)−2 (I0−I00) = 4I00 γmin= I0−I00

I0+I00 = 1−I00/I0 1 +I00/I0

On peut, si l’on arrive `a mesurer ou ´evaluer le contraste, en d´eduire le rapportI00/I0 par I00

I0 = 1−γmin

1 +γmin A.N.I00/I0 = (1−0,1)/1 + 0,1) = 0,9/1,1 = 0,82 Question 4∗∗∗ :

Comment, dans le contexte de la question 3, calculer le contraste pour a6=a1?

C’est tr`es compliqu´e. . .sauf si l’on pense aux amplitudes complexes.

Itotal=Re

2I0

1 + exp

2 π a x λ f0

+ 2I00

1 + exp

2 π a λ

x f0

Itotal =Re

2 (I0+I00) + 2 exp

2 π a x

λ f0 I0+I00 exp

2 πa θ λ

Posons

I0+I00 exp

2 πa θ λ

=I1 expϕ alors tout devient ais´e

Itotal=Re

2 (I0+I00) + 2I1 exp

2 π a x λ f0

Itotal = 2 (I0+I00) + 2I1 cos

2π a x λ f0

Imax= 2 (I0+I00) + 2I1

Imin= 2 (I0+I00)−2I1

γ = I1 I0+I00

(5)

Calculons maintenant, et maintenant seulement, sinon l’essentiel eˆut ´et´e noy´e sous les calculs, I1 `a partir de son carr´e :

I12 =

I0+I00 exp

2 π a θ λ

2

=

I0+I00 exp

2 π a θ

λ I0+I00 exp

−2 π a θ λ

I12=I02+ 2I0I00 cos

2π a θ λ

+I002 On n’a plus qu’`a reporterI1 dans l’expression de γ

γ = q

I02+ 2I0I00 cos 2πa θλ +I002 I0+I00

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