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Sur l’analyse thermodynamique des forces électromotrices
Jean Villey
To cite this version:
Jean Villey. Sur l’analyse thermodynamique des forces électromotrices. J. Phys. Radium, 1933, 4 (1),
pp.10-20. �10.1051/jphysrad:019330040101000�. �jpa-00233127�
SUR L’ANALYSE THERMODYNAMIQUE DES FORCES ÉLECTROMOTRICES.
Par M. JEAN VILLEY.
Sommaire. 2014 L’auteur éclaire et complète; par l’analyse des diverses forces électro- motrices capables d’entretenir un courant permanent, deux remarques relatives au rôle des forces électroniques, qu’il avait publiées jadis à l’occasion d’une étude du phénomène
de Volta et de son rôle en électrométrie.
Ces deux remarques sont les suivantes :
1° Les paradoxes auxquels se heurte la théorie classique de Nernst des tensions de dissolution, disparaisent si l’on fait aux forces électroniques la part qui leur revient dans
l’analyse des forces électromotrices des piles électrolytiques.
2° Ces forces électroniques semblent jouer aussi un rôle fondamental dans les couples de Volta à gaz ionisé ; mais cette interprétation comporte des difficultés relatives à l’appli-
cation du principe de Carnot si l’on admet la possibilité d’ionisation par chocs thermiques.
Les conclusions principales auxquelles conduit l’analyse méthodique des forces électro- motrices peuvent se résumer comme suit :
a) Les forces électromotrices électromagnétiques ne sont que des mécanismes de trans- formation empruntant à des forces mécaniques extérieures l’énergie fournie au courant.
b) Les forces électromotrices proprement dites, intérieures au circuit, correspondent soit à une diminution de son énergie potentielle, soit à une diminution de son énergie cinétique moléculaire. Mais les forces électromotrices thermiques, correspondant à cette
dernière hypothèse, qui traduisent les mouvements dirigés dus à l’agitation thermique lorsque la répartition des particules n’est pas homogéne, deviennent en régime permanent de simples mécanismes empruntant l’énergie aux sources thermiques extérieures dont l’intervention est nécessaire pour maintenir les températures constantes. Elles se super- posent, aux forces électromotrices primaires, par suite des hétérogénéïtés mêmes de répartition que celles-ci provoquent.
c) Les forces qui réincorporent les électrons dans les atomes ionisés ou dans les con-
ducteurs massifs, fournissent, aux dépens de l’énergie potentielle de Richardson, l’énergie
des couples de Volta à gaz ionisés et une partie de celle des piles électrolytiques à deux
métaux. Elles jouent aussi un rôle fondamental dans les couples thermoélectriques, en
faisant naitre les forces électromotrices thermiques, qui seules, finalement, fournissent
l’énergie du courant.
d) Les forces de cohésion et les forces de liaison chimique agissent sur les ions électro-
lytiques. L’énergie qu’elles fournissent au courant est empruntée à l’énergie potentielle chimique du système.
e) Le mécanisme envisagé pour expliquer le fonctionnement du couple gazeux de Volta
ne comportant pas de polarisation progressive, celui-ci pourrait se poursuivre indéfiniment.
Des expériences seraient très intéressantes à poursuivre à ce sujet, car une confirmation de ce résultat conduirait, si l’on admet l’existence d’une ionisation par chocs d’origine thermique, à une exception au principe de Carnot, du moins sous la forme généralisée qu’on lui donne couramment.
1. Forces électromotrices. - L’étude du phénomène de Volta m’a conduit
jadis à formuler (1) deux remarques relatives au mécanisme des forces électromotrices.
La première (s), c’est que, si la théorie classique de Nernst conduit à prévoir des
tensions de dissolution d’une grandeur absolument invraisemblable pour les métaux alté-
rables, ce résultat paradoxal disparaît à condition qu’on attribue à ce mécanisme électro-
lytique une partie seulement de la force électromotrice globale des piles, le reste étant dû
à des forces électroniques.
La seconde, c’est que les couples gazeux de Volta, s’ils permettent, par un mécanisme
qui semble très vraisemblable, l’utilisation, sous forme de courant, d’une partie de l’énergie-
d’ionisation des gaz, fournissent une exception au principe de Carnot énoncé sous sa
forme la plus générale, dès que l’on admet la possibilité d’ionisations par chocs thermiques Cf., Annales de pJrysique, aoiit 1912.
(1) C. R., mai 1912.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:019330040101000
Des préoccupations d’ordre pédagogique, m’ont amené récemment à examiner à
nouveau ces questions, et à constater que beaucoup de difficultés disparaissent si l’on analyse méthodiquement, au point de vue thermodynamique, les forces électromotrices variées qui peuvent entretenir des courants électriques. On est ainsi conduit à diverses remarques et observations qui peuvent aider à interpréter les mécanismes de transfor- mation électrique de l’énergie, mais qu’il est difficile de présenter autrement que dans un
exposé systématique comportant une classification méthodique. Le lecteur voudra bien
excuser l’ampleur qui en résulte pour cet exposé qui n’apporte pas de résultats nouveaux, et cherche seulement à mettre de l’ordre dans une question assez complexe.
Laissant de côté les rayonnements électromagnétiques, et les régimes variés qui leur
donnent naissance, nous envisagerons seulement le cas des courants électriques permanents.
Un courant électrique permanent est constitué par la circulation régulière, dans un
circuit conducteur fermé, d’éléments mobiles porteurs de charges électriques, qui peuvent être, suivant les cas, des électrons, des ions électrolytiques, ou même des ions gazeux.
Dans certaines parties
-et en général dans la majeure partie
-du circuit, les forces qui assurent la circulation des porteurs de charge, sont dues à un champ électrique. Mais.
les charges ainsi mises en mouvement tendent toujours à faire disparaître, par neutrali-
sation, celles qui produisent le champ moteur. Un courant permanent exige donc l’inter- vention de forces, de nature autre que les chanlps électriques, agissant dans certaines
portions actives du circuit, et qui ont pour rôle de reconstituer sans cesse les accumulations de charges qui créent le champ moteur dans les portions passives.
Ces forces sont dites des forces élect1’oJnotT’ices. Leur rôle est de provoquer, par des processus autres que celui des forces de Coulomb, une circulation systématique d’éléments
mobiles qui, porteurs de charges électriques, pourront de ce fait transmettre ailleurs, par le jeu des forces à distance de Coulomb, une partie du travail qu’ils ont reçu.
La cause d’un courant permanent, quel qu’il soit, doit toujours être recherchée dans
l’existence, en certains points du circuit, de telles forces électromotrices.
Les catégories de forces susceptibles d’intervenir ainsi sont peu nombreuses :
Il y a d’abord les forces élect1’omagnétiques, susceptibles d’agir indifféremment sur les ions et sur les électrons, lorsque ceux-ci se déplacent dans un champ magnétique. Il y a ensuite les forces de cohésion et les forces de licrisons chintiques, qui peuvent agir sur les
ions électrolytiques. Il y a enfin les forces spéciales qui agissent sur les électrons pour- tendre à les réincorporer dans un ion positif en reconstituant un atome neutre; il y a lieu de les distinguer des attractions à distance, de Coulomb.
Il faut citer aussi, tout en notant que cette appellation est incorrecte, les forces de diffusion. Ce sont des forces fictives auxquelles on attribue, pour la commodité du langage,
les transports orientés de particules moléculaires auxquels donne naissance leur agitation thermique elle-même lorsque leur répartition n’est pas homogène. Lorsque ce genre de
phénomène se produit sur des particules chargées d’un signe déterminé, la force de dif- fusion fictive à laquelle on attribue le transport devient une force électromotrice.
Signalons enfin que des forces, qui ne semblent pas à première vue susceptibles d’agir spécifiquement et différemment sur les ions de l’un ou de l’autre signe, peuvent devenir, indirectement, des forces électromotrices lorsque les ions des deux signes pré-
sentent une dissymétrie marquée. Par exemple, les condensations de vapeur d’eau et de molécules neutres se font dans des conditions très différentes sur les ions atmosphériques
des deux signes ; elles conduisent à des éléments chargés, de dimensions et de poids.
nettement différents : On conçoit alors que la pesanteur puisse, en agissant différemment
sur les ions des deux signes, devenir une force électromotrice algébriquement non nulle, capable de provoquer d’importantes accumulations de charges, ou d’entretenir de petits
courants permanents dans des conducteurs reliant des prises de contact placées à des
altitudes différentes dans l’atmosphère. Il s’agit là de phénomènes exceptionnels, qui ne présentent pas d’importance pratique dans le sujet qui nous occupe, mais qui ne peuvent
être passés sous silence dans une classification méthodique et complète.
2. Bilan énergétique général d’un courant électrique permanent. - Lorsque
le courant permanent est établi, les forces électromotrices exercent sur les éléments dont elles forcent la circulation, un travail que ceux-ci peuvent transmettre, par le jeu du champ électrique qu’ils entretiennent, aux charges mobiles de tout le circuit. On peut recueillir ainsi, dans ce circuit, de la chaleur de Joule, du travail mécanique dans un moteur électro- magnétique, de l’énergie potentielle chimique dans un voltamètre à eau acidulée... etc., qui sont produits indirectement par les forces électromotrices.
On caractérise une force électromotrice par le travail qu’elle fournit ainsi pendant que
circule, dans le sens où elle agit, l’unité de quantité d’électricité. C’est ce travail même que l’on désigne couramment, par une terminologie assez malheureuse, sous le nom de foi-ce électroJJlotrice, et on l’exprime en général en volts : Une force électromotrice de 1 volt est celle qui fournit un travail égal à un joule par seconde lorsqu’elle entretient un courant
permanent de 1 ampère. On peut donc étudier quantitativement les forces électromotrices, sans qu’il soit besoin d’étudier le détail de leur fonctionnement et la nature de ,leur mécanisme.
Si l’on examine globalement le phénomène au point de vue du premier principe de la thermodynamique, l’énergie ainsi obtenue ne peut avoir, si le système n’en reçoit pas de
l’extérieur, que deux origines : D’une part, le jeu même des forces électromotrices peut comporter une modification progressive de la constitution du système matériel,
yavec
diminution corrélative des énergies potentielles internes correspondantes ; d’autre part les
éléments chargés peuvent emprunter une partie de l’énergie qu’ils transportent à l’énergie cinétique d’agitation moléculaire, autrement dit à ténergie ther1nique du système.
Ce dernier processus énergétique intervient évidemment de façon immédiate et directe dans le cas des forces électromotrices de diffusion. Il y a donc lieu de prévoir qu’il viendra
se superposer aux forces électromotrices proprement dites partout où celles-ci entre- tiennent une hétérogénéité de répartition des particules chargées (ions électroly tiques, ou
même électrons qui participent eux aussi à l’agitation thermique).
..Mais, puisque nous envisageons le cas de courants permanents, le système doit être
maintenu dans un état invariable. Pour maintenir la température fixe à l’endroit où se
produit cette transformation d’énergie, il faut que le milieu extérieur apporte au système,
par conductibilité, une quantité d’énergie thermique égale à celle qu’enlève le mécanisme de la force électromotrice. Autrement dit, celle-ci a pour effet indirect d’extraire du milieu extérieur une quantité de chaleur dont l’équivalent se retrouvera dans l’énergie fournie par le courant. Nous appellerons forces électro11lotrices ces forces électromotrices auxiliaires. En régime permanent elles constituent de simples mécanismes intermédiaires par lesquels le système emprunte à l’extérieur de l’énergie thermique qu’il transporte et
transforme par le jeu du courant électrique.
Si le mécanisme d’échange est réversible, et si l’intervention de forces électromotrices localisées dans d’autres parties du circuit force les charges à circuler dans le sens opposé
à celui qu’imposerait, si elle agissait seule, la force électromotrice thermique considérée, il
~e produira au contraire, là où elle est localisée, une augmentation d’énergie thermique
aux dépens d’une partie de l’énergie fournie par les forces électromotrices actives, et l’on observera, en régime permanent, un dégagement de chaleur, cédée au milieu extérieur,
dont il faut tenir compte dans le bilan énergétique global. C’est ce qui se produit effec-
tivement dans le fonctionnement des couples thermoélectriques.
Cette remarque attire l’attention sur un dernier point important à envisager dans
l’étude thermodynamique générale des forces électromotrices’: c’est celui de la réversibilité.
Si dans .les régions où agissent les forces électromotrices, les charges mobiles sont à
chaque instant en équilibre entre ces forces et les champs électriques qu’elles provoquent,
leur circulation aura lieu en mouvement uniforme et le phénomène est réversible. C’est ce
qui se produit par exemple, comme il est facile de le prévoir, dans les forces électromo-
trices électrolytiques, et aussi, comme l’indique la constatation rappelée ci-dessus, dans
les forces électromotrices thermoélectriques.
13 Au contraire, un phénomène irréversible comme la réincorporation d’un électron dans
un atome ionisé, telle qu’elle se produit dans la recombinaison des ions gazeux, pourra fournir des forces électromotrices irréversibles.
Rappelons enfin que, dans un circuit parcouru par un courant permanent, on ne peut
éviter complètement le phénomène irréversible qu’est le dégagement de chaleur de Joule.
lais, comme il est proportionnel au carré de l’intensité du courant, tandis que les travaux des forces électromotrices sont proportionnels à l’intensité elle-même, on peut réduire,
dans telle proportion que l’on voudra, son importance relative, en introduisant des résistances supplémentaires dans le circuit pour diminuer l’intensité.
Cette irréversibilité du phénomène de Joule correspond au fait que, dans chacun de ses libres parcours, chaque électron prend, sous l’action du champ électrique moteur, un
mouvement accéléré, alors que la vitesse moyenne du flux d’électrons qui constitue le courant permanent est constante. L’électron arrive donc sur l’atome qu’il heurte avec une composante de vitesse d’entraînement plus grande que sa vitesse d’entraînement moyenne, et doit céder à cet atome l’excès correspondant d’énergie cinétique orientées, qui se trans-
forme en énergie cinétique thermique non orientée.
Ces quelques remarques générales relatives au bilan énergétique global du courant électrique permanent permettent d’aborder utilement une étude plus précise du méca-
nisme des forces électromotrices qui l’entretiennent.
*.
*
3. Forces électromotrices électromagnétiques. - Examinons d’abord rapi-
dement, pour n’avoir plus à y revenir, les forces électromotrices électromagnétiques.
Soit un élément rectiligne AB de fil métallique conducteur, perpendiculaire à un champ magnétique H uniforme et constant dans lequel on lui imprime une translation de vitesse v perpendiculaire aux deux directions AB et H. Des forces électromagnétiques égales et opposées s’exercent simultanément sur les charges positives des atomes fixes et sur les charges négatives des électrons libres. Les forces qui s’exercent sur les électrons sont transmises par eux, dans les chocs, aux atomes, de sorte que l’on a au total, sur le fil,
une résultante longitudinale nulle; mais elles tendent à produire un déplacement systéma- tique des électrons par rapport à l’ossature fixe du fil. Si AB ne fait pas partie d’un circuit conducteur fermé, les accumulations de charges ainsi produites créent un champ électrique, qui équilibre les forces électromagnétiques ; mais si le circuit conducteur est fermé, on pourra obtenir un courant permanent tant que continuera le déplacement qui lui donne naissance.
Considérons ce dernier cas. Les électrons sont alors animés d’un mouvement longi- tudinal, qui se superpose à l’entraînement transversal v, tandis que les charges positives
subissent seulement celui-ci. Il en résulte, sur eux seuls, des forces électromagnétiques perpendiculaires à AB et au champ H, qu’ils transmettent à l’ossature solide du fil : celui-ci est soumis de ce fait à une force résultante
-F directement opposée à la trans- lation ~’. Pour entretenir la translation, il faut donc appliquer à l’élément AB une force extérieure qui fournit un travail il v. dt. : C’est ce travail que l’on retrouve dans les
appareils d’utilisation alimentés par une dynamo (1).
On peut donc dire que la véritable force électromotrice est, dans ce cas, la force
mécanique extérieure F. Les forces électromagnétiques sont un simple mécanisme de
transmission par lequel le système emprunte à l’extérieur de l’énergie mécanique qu’il
transforme par le jeu du courant électrique.
Ce rôle de simple intermédiaire que jouent les forces électromagnétiques apparaît
encore dans le fonctionnement d’un transformateur statique alimenté en courant alter- (’) Les éléments AB sont les portions des bobinages qui circulent dans le champ radial de l’entrefer,
ou la translation rectiligne v est remplacée par une translation circulaire. Le jeu clu Qollecleur substitue
les uns aux autres les bobinages qui se remplacent à tour de rôle dans le circuit, permettant d’y entre-
tenir indéfiniment le courant permanent.
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natif (1). Il n’y a pas alors de déplacements matériels, donc pas de travail mécanique fourni par l’extérieur; mails les forces électromagnétiques qui s’exercent entre les flux d’électrons du primaire et du secondaire ont pour effet de transporter dans celui-ci une partie
du travail fourni au premier par les forces électromotrices qui alimentent le primaire (~).
Nous envisagerons dans la suite les forces électromotrices proprement dites, localisées
dans le circuit lui-même, où elles agissent spontanément sur les charges mobiles (ions ou électrons) pour créer une circulation continue. Elles correspondent à des diminutions
d’énergie potentielle; mais il s’y superposera en général, suivant la remarque faite plus haut, des forces électromotrices thermiques dues aux hétérogénéités qu’elles provoquent,
et qui feront intervenir des échanges de chaleur avec l’extérieur.
’
4. Forces électromotrices électroniques. - Les forces susceptibles d’agir sur les
électrons sont avant tout celles qui assurent leur réincorporation dans un atome préala-
blement privé d’un ou plusieurs de ses électrons constitutifs. Elles correspondent à la disparition d’une certaine forme d’énergie potentielle interne que nous appellerons énerqie d-’ionisation, parce que ces phénomènes se présentent sous leur aspect le plus simple dans
l’ionisation des gaz et dans la recombinaison des ions gazeux.
Dans l’énergie potentielle créée par l’ionisation d’un gaz, nous pouvons distinguer
deux parties, qui seront : l’énergie d’ionisation proprement dite, et l’énergie électrosta-
tique correspondant à l’écartement plus ou moins grand des deux charges complémen- taires, dû à la force vive initiale avec laquelle l’électron a été expulsé au moment de
l’ionisation. La distinction est utile à faire entre ces deux parties, parce que les forces élec-
trostatiques d’attraction mutuelle à distance (Coulomb) entre les deux charges peuvent être équilibrées par d’autres forces (par exemple celles d’un champ électrique extérieur
convenablement orienté), et commandent alors des mouvements réversibles, tandis que les forces de réincorporation de l’électron dans l’atome produisent une précipitation accélérée
irréversible du premier dans le second.
La recombinaison des ions gazeux, lorsqu’elle se fait normalement, comporte sim- plement une transformation sur place de l’énergie potentielle en un supplément équivalent d’énergie cinétique thermique. Mais on peut concevoir que, au lieu de laisser les électrons
rejoindre directement les ions positifs les plus voisins, on sache leur offrir un chemin
privilégié suivant lequel leur mouvement se trouve canalisé : Leur circulation suivant ce
parcours constituera alors un courant, capable de fournir diverses formes d’énergie, qui
seront simplement la transformation d’une partie de l’énergie potentielle du gaz ionisé.
Nous verrons une application de cette remarque dans les couples de Volta à gaz ionisé,
dont il sera question un peu plus loin.
La réincorporation des électrons présente un caractère particulier lorsqu’elle se produit
dans les atomes d’un corps conducteur massif. En effet, la conductibilité électrique est due
au fait que les électrons passent librement d’un atome à l’autre du corps conducteur. Dans
ces conditions il est plus logique de parler des forces qui tendent à faire pénétrer l’électron
dans la ¡nasse du conducteur sans qu’il y ait lieu de distinguer de façon spéciale le rôle de
l’atome qui lui sert de porte d’entrée.
Ces forces sont aussi celles qui empêchent la sortie des électrons, malgré l’énergie ciné- tique d’agitation thermique à laquelle ils participent (3).
C’est seulement à une température élevée que cette énergie cinétique des électrons (1) Nous sortons ici pour un instant du cas des courants permanents visé en principe dans la présente
étude.
(2) Celles-ci sont d’ailleurs, elles-mêmes, en général, des forces mécaniques extérieures, commandant la rotation d’un alternateur.
(3) Les phénomènes réels sont d’ailleurs plus complexes que ce schéma simple. Cf. à ce sujet : les
émissions électroniques des couches minces, par L. Dunoyer. Mémorial des Se. physiques, fascicule ?0.
15 devient assez grande pour vaincre la barrière ainsi constituée et fournir le flux d’électrons
.
de Richardson.
Désignons par i5 le travail total des forces qui produisent la réincorporation de l’élec- tron, soit dans un conducteur massif, soit dans un atome diélectrique. On pourra prendre
la plus grande des valeurs de ~ soit P, comme mesure de l’énergie potentielle de l’électron (ou énergie de Richardson) dans le vide. La différence P - ‘~
==9 sera alors l’énergie potentielle restante de l’électron dans le milieu matériel considéré.
Cette énergie potentielle j sera en général différente d’un métal à un autre. Elle pourra de plus, dans un métal de nature donnée, dépendre de la température.
Considérons alors deux règles de métaux différents 1 et 2, soudées bout à bout, et
maintenues à une température uniforme. Les électrons de conductibilité s’y déplacent libre- ment, et, lorsqu’ils traversent la soudure, ils sont soumis à des forces, orientées dans le
sens des énergies potentielles ? décroissantes, dont le travail total est (ffl
-Y2). Il y a donc à
la soudure une force électromotrice, dont la valeur numérique est, conformément à la défi- nition adoptée plus haut, en appelant 7V le nombre d’électrons qui constituent l’unité de
charge (négative),
Cette force électromotrice aura pour effet de pousser dans le métal 2 un excès d’élec
trons ; mais le champ électrostatique qui en résultera arrêtera ce mouvement en équilibrant
les forces dues au gradient de ~. On obtiendra donc un état d’équilibre dans lequel il existera, entre les deux métaux, une certaine différence de potentiel ( Vi - h2).
On ne peut pas toutefois poser la relation simple V,
-V,
-mi
---P2, car le champ électrique n’intervient pas seul pour équilibrer, dans la couche de passage hétérogène, les
forces liées au gradient de La répartition non homogène des électrons, que provoque ce
gradient, tend à faire naître, puisque ceux-ci participent à l’agitation thermique, le mouve-
ment moyen d’ensemble qui rétablirait l’homogénéité. Autrement dit, dans l’équilibre inter- vient, outre la force liée au gradient del) et la force électrique liée au gradient de V, une force
fictive de la nature des forces de diffusion, qui donnera une force électromotrice thermique.
Nous ne savons pas analyser le détail du phénomène pour prévoir la valeur de cette force fictive ; mais elle correspond à ceci que, s’il y a circulation systématique des électrons dans le sens qu’elle commande, il y aura transformation directe spontanée d’énergie ciné- tique thermique (que les électrons partagent avec la matière environnante) en énergie trans- portée par le courant ; et la transformation juste égale et opposée se produira s’il y a cir- culation des électrons dans le sens opposé.
La valeur numérique de la force électromotrice thermique ainsi créée, d’ailleurs
inconnue a priori, sera si w est la valeur moyenne de liénergie transformée par électron transporté. Elle n’est qu’une conséquence de la force électromotrice (Pl - (D2, qui
crée l’hétérogénéité, mais nous verrons néanmoins tout à l’heure que c’est elle qui règle
réellement le fonctionnement des therrnoélectriques.
Pour avoir un tel couple, courbons la règle double envisagée ci-dessus et soudons l’une à l’autre les deux extrémités libres des métaux 1 et 2. Nous aurons ainsi un anneau circulaire
comportant deux demi-cercles en métaux 1 et 2, avec des soudures S et S’ diamétralement
opposées.
Si la température reste uniforme, la symétrie du système par rapport au diamètre per-
pendiculaire sur le diamètre SS’, nous suffit à affirmer qu’il n’y aura pas de courant per- manent, faute de sens de circulation privilégiée. Les forces électromotrices complexes des
soudures S et S’ sont juste égales et opposées, et agissent de façon concordante pour main- tenir un équilibre qui comporte la même différence de potentiel électrique V1 - V~ que tout à l’heure entre les deux métaux.
Mais si les deux soudures sont à des températures différentes T et 7" la symétrie
n’existe plus, et, si la force électromotrice à la soudure dépend de la température, les deux
forces électromotrices localisées en S et S" ne se feront plus équilibre : il y aura lieu
d’attendre une circulation systématique des électrons.
16
Les choses sont d’ailleurs plus compliquées, car, aux forces électromotrices des sou-
dures entre métaux différents, s’ajoutent celles qui peuvent se produire de façon analogue
entre tranches d’un même métal à des températures différentes. L’exislence de températures
différentes T et T’ aux deux soudures entraîne en effet obligatoirement celle de gradients
de température dans l’un et l’autre métal.
Il est à noter que, pour deux tranches d’un même métal à des températures différentes,
°
l’hétérogénéité même de répartition de l’énergie cinétique des électrons liée au gradient de température, doit donner dans la force électromotrice thermique W, un second terme, indépendant de celui qui est provoqué indirectement par la force électromotrice
L’expérience montre que, dans un tel couple thermoélectrique, il circule un courant : Celà signifie que la somme de toutes les forces électromotrices, comptée algébriquement
avec un sens positif arbitraire de circulation, est différente de zéro.
L’existence, dans ces forces électromotrices, des termes W, entraîne qu’il est néces-
saire, pour maintenir fixes les diverses températures en vue d’obtenir un courant permanent, d’utiliser des sources thermiques extérieures. La somme algébrique des quantités de chaleur qu’elles fournissent interviendra dans le bilan énergétique.
,Bien plus même, l’énergie, fournie par le courant est e.1Jclusivelnent l’équivalent de ces quantités de chaleur. En effet, dans leur circulation permanente, les électrons, tous iden- tiques entre eux, se remplacent les uns les autres et leur densité reste invariable en chaque
endroit. Donc il n’y a aucune variation d’énergie potentielle du système. Il ne subit pas non
plus de variation d’énergie cinétique si toutes les températures sont maintenues constantes.
Donc l’énergie est intégralement empruntée aux sources thermiques extérieures.
-Xutrement dit, si l’on distingue, dans la somme algébrique de toutes les forces électro- motrices élémentaires 1 (à 4Y + W), les deux sommes E à m et S W, la première est forcément nulle quand on a parcouru tout le circuit fermé. Au contraire, rien n’impose a »iiori que la seconde soit nulle, et l’expérience montre qu’elle ne l’est pas en général.
Les forces électromotrices véritables du couple thermoélectrique sont donc en réalité
les flux thermiques orientés d’électrons dûs aux hétérogénéités de répartition que provoquent
les gradients d’énergie potentielle restante , et les gradients de température.
’*
’*
5. Couples de Volta à gaz ionisé. - Les mêmes forces électroniques de Richardson, qui fournissent le travail d’incorporation "(9
~P - ~, paraissent susceptibles d’expliquer le phénomène de Volta.
Toutes les observations expérimentales relatives à ce phénomène peuvent-être inter- prétées et résumées en énonçant qu’il y a des charges positives à la surface libre d’un métal altérable.
Il semble qu’on puisse admettre ce résultat et l’interpréter comme suit :
Un métal inaltérable est limité par une surface de discontinuité nette, et les forces de Richardson pourront agir alors à la façon d’une paroi rigide arrêtant les électrons juste
sur cette surface limite sans épaisseur. Au contraire, à la surface des métaux altérables, il
se produit (probablement par l’intervention de molécules d’eau) une couche hétérogène de
passage d’une certaine épaisseur, dans laquelle les forces de Richardson peuvent s’étaler.
On conçoit qu"elles puissent alors laisser à la limite externe de ce domaine hétérogène, une
couche extrême d’atomes privés d’un électron, autrement dit une couche d’ions positifs
(d’ailleurs immobilisés par les forces de cohésion solide).
Une telle répartition de charges entraîne l’existence, dans la couche de passage, d’un
gradient de potentiel électrique, perpendiculaire à la surface (1). Elle peut provoquer aussi (1) Si l’altération superficielle n’est pas uniforme la différence de potentiel entre la masse homogène interne et la surface extérieure variera d’un point à un autre; il y aura donc aus~i des gradients tangentiels de potentiel. Ils ont pour conséquence des couples perturbateurs électriques, dont nous avons signalé
l’existence dans les électromètres (C. R. Ac. Sc. octobre l9Ml, ou leur importance est comparahle à celle
des couples géométriques classiques de Gouy ou d’Hopkinson.
17 l’existence d’un champ électrique extérieur permanent, qui va nous conduire à prévoir des phénomènes d’un très haut intérêt théorique.
Considérons d’abord deux plateaux identiques du même métal uniformément altéré, disposés l’un en face de l’autre, et reliés par un fil conducteur. Par symétrie, il ne peut - avoir entre eux de champ électrique. Supposons alors tracé un cylindre de révolution, de génératrices perpendiculaires à la surface de l’un des plateaux, que nous limiterons par deux plans parallèles à cette mème surface : l’un dans l’air qui sépare les plateaux. et
l’autre dans le métal, là où la densité des électrons mobiles est redevenue normale et uni- forme. Sur ces deux plans, le champ est nul ; donc le flux qui sort de cette surface fermée est nul, et la charge qu’elle contient est algébriquement nulle. lVous en concluons que la couche électrique positive superficielle est compensée par une couche négative sous-jacente
de même densité superficielle, constituée évidemment par les électrons enlevés aux atomes
positifs superficiels, mais qui sont attirés électriquement par eux : On a une couche double, qui produit un champ extérieur nul.
Remplaçons alors le second plateau par un plateau de métal inaltérable (par exemple,
en or). La symétrie disparaît, et l’expérience montre qu’il existe alors, entre les deux pla- teaux, un cham p électrique perpendiculaire à leurs surfaces : aux charges positives super- ficielles du plateau altéré, doivent correspondre des charges négatives complémentaires à
la surface du plateau inaltérable. Reprenons le cylindre envisagé tout à l’heure: mais que
nous limiterons par deux plans situés dans les parties massives homogènes de l’un et l’autre
plateau. Sur ces plans le champ est nul puisque les électrons libres n’y sont pas mis en mouvement, et le théorème de Gauss indique que la couche négative superficielle du plateau
d’or a même densité superficielle que la couche positive (globale) du plateau altéré.
En somme, une partie des électrons de la couche double observée dans le cas précé- dent, ont pu, en se repoussant de proche en proche, venir s’accumuler à la surface du pla-
teau d’or; ils y sont retenus à distance par les charges superficielles du plateau altéré, dont
la somme algébrique est positive.
Ionisons alors l’air entre les deux plateaux, au moyen d’un faisceau de rayons X, dont
une partie de l’énergie se trouve ainsi transformé en énergie potentielle d’ionisation. Les ions des deux signes se mettent en marche sous l’action du champ électrique de Volta.
Quand un ion positif arrive au contact du plateau d’or, où la barrière de Richardson est
pratiquement sans épaisseur, il se trouve au contact des électrons accumulés à la surface du métal, et peut alors extraire l’un d’eux, avec diminution de son énergie potentielle res-
tante. Cette extraction laisse la possibilité à un électron, apporté par un ion négatif à la sur
face du plateau altéré, de pénétrer à travers la couche de
passage superficielle et de venir remplacer, par substitution de proche en proche, l’électron ainsi extrait.
On obtient ainsi, dans ce dispositif que nous appellerons un couple de Volta à gaz ionÍst, un courant permanent. L’énergie fournie par ce courant est la transformation d’une
partie de l’énergie potentielle d’ionisation. En somme, on a constitué un circuit de circulation
privilégié, pour les électrons, grâce à quoi une partie des recombinaisons, au lieu de se faire
sur place, se font par ce circuit, ou la circulation des électrons constitue un courant (1).
L’existence des charges positives superficielles de la couche de passage altérée est un facteur primordial du résultat obtenu, car elles produisent le champ qui oriente les ions gazeux; mais clans l’interprétation à laquelle nous somme2 ainsi conduits, la véritable force .électromotrice est la force de réincorporation des électrons dans les ions gazeux positifs, qui produit l’extraction des électrons de l’or, et entraîne toute la circulation consécutive.
Il doit intervenir aussi, dans ce cas, des forces électromotrices thermiques, analogues
à celles que nous avons appelées W dans les couples thermoélectriques ; elles entrent en
ligne de compte dans le bilan énergétique. Les courants que l’on peut obtenir d’un tel
couple sont d’ailleurs si infimes que l’on ne peut guère espérer faire utilement des études
quantitatives à ce sujet.
(1) Cette interprétation apparaît très logique et très simple; mais elle soulève, au point de vue de l’appli-
cation du second principe de la thermodynamique une question très importante qui sera précisée plus loin.
2.
18
6. Forces électromotrices électrolytiques. - L’ionisation électrolytique est un phénomène très différent, par nature, de l’ionisation gazeuse. Celle-ci comportait l’extrac
tion d’un électron, sujet à subir une réincorporation non réversible. Au contraire, l’ionisa-
tion électrolyticlue est essentiellement réversible, comme le montrent les équilibres statis- tiques avec degré de dissociation fixe. Elle comporte la séparation d’une molécule en deux
parties, avec répartition inégale des électrons ; mais les forces qui tendent à les recombiner sont seulement (outre les attractions électriques qui d’abord les rapprochent) des forces
de liaison chimique. De là résulte que la circulation du courant sera en général accom- pagnée de variations d’énergie potentielle chimique, qui interviendront dans le bilan éner-
gétique. Il pourra intervenir aussi, dans ce bilan, des forces électromotrices thermiques du
genre 1~.
Considérons par exemple une pile électrolytique à deux métaux, constituée par deux électrodes de zinc et de platine, plongeant dans une solution aqueuse étendue d’acide sul-
furiclue,
On sait que la théorie de Nernst envisage comme forces électromotrices principales,
les tensions de dissolution plus ou moins grandes des différents métaux. On sait aussi que si, en se limitant à ce point de vue, on cherche à estimer quantitativement ces tensions de
dissolution, on arrive à prévoir des valeurs invraisemblablement élevées, et de ce fait
absolument paradoxales, pour les tensions de dissolution des métaux altérables.
On évite cette difficulté en interprétant une partie de la force électromotrice globale
comme due à des forces électroniques, au lieu de l’attribuer entièrement à des forces élec-
trolytiques. C’est le point de vue auquel conduit une analyse analogue à celle déjà faite
ci-dessus pour le couple de Volta.
Il permet d’abord d’expliquer ce fait essentiel, inattendu a priori, que les atomes d’un métal passent en solution à l’état d’ions positifs, grâce à quoi la tension de dissolution devient une force électromotrice. Cela apparait naturel si l’on adopte l’interprétation donnée plus haut de l’effet Volta : La couche superficielle de passage d’un métal altérable (et corré-
lativement soluble) est privée de ses électrons complémentaires par les forces de Richardson.
Les forces de cohésion exercées par les molécules du solvant, et les forces d’attraction
chimique exercées par les ions SO’,-- sur les ions Zn++, équilibrent partiellement les
forces de cohésion du solide, d’ailleurs affaiblies dans la couche de passage ; l’énergie ciné- tique de vibration thermique peut alors détacher certains des atomes positifs superficiels,
et les faire passer en solution.
Si l’électrode considérée est isolée, cette expulsion des charges positives sera bientôt
arrêtée par le champ électrique qu’elle fait naître, et l’on arrivera à un équilibre qui comporte une certaine différence de potentiel entre l’électrode et la solution.
Cette différence de potentiel sera d’autant plus grande que la tension de dissolution du métal sera plus élevée. Alors, si les deux électrodes différentes (zinc et platine) inégalement solubles, que nous avons plongées dans un même bain d’eau acidulée, sont reliées l’une à l’autre par un fil métallique conducteur, l’équilibre sera impossible. La dissolution des ions du zinc progressera, grâce au mécanisme suivant : Le domaine des forces électroniques
de Richardson, avance progressivement au détriment du métal massif, en poossant devant
lui les électrons libres, qui, par répulsions mutuelles de proche en proche, réalisent une -
accumulation d’électrons à la surface de l’électrode de platine. Ceux-ci peuvent alors être
extraits du métal par les ions H+ de la solution qu’ils attirent contre l’électrode et qu’ils
transforment en hydrogène libre.
Ce mécanisme est tout à fait analogue à celui qui nous a expliqué le fonctionnement des couples de Volta à gaz ionisé.
Dans le cas d’une pile Daniell (Zn - SO~Zn - S0’Cu - Cu), les ions Cu++, au lieu
d’extraire les électrons de l’électrode de cuivre, se fixeront sur celle-ci en se transformant
en un dépôt de cuivre métallique qui augmente progressivement le domaine offert aux
électrons : Cela permet aussi bien à la dissolution du zinc de progresser; et nous avons,
sur le cuivre, le phénomène juste inverse de précipitation métallique. Ce cas ne diffère pas,
au fond, du précédent.
Dans tous les cas, l’énergie du courant électrique permanent ainsi obtenu est l’équiva-
lent de la somme algébrique des pertes d’énergie chimique (1) dans l’ensemble des trans- formations réalisées, et de la somme algébrique des quantités de chaleur reçues de l’exté- rieur par le jeu de forces électromotrices thermiques qui interviennent dans les régions d’hétéjogénéité. Celles-ci peuvent agir soit sur les électrons, dans les couches de passage
superficielles, soit sur les ions électrolytiques, au voisinage des deux électrodes et au contact des deux solutions électrolytiques différentes.
IllE