Notions sur les familles sommables
Table des matières
1 Ensembles dénombrables. 2
2 Famille sommable. 2
3 Opérations sur les familles sommables. 2
4 Comment montrer qu’une famille est sommable ? 3
5 Exercices. 4
1
1 Ensembles dénombrables.
Définition
Un ensembleI est infini dénombrable lorsqu’il peut être mis en bijection avecN, c’est-à-dire lorsqu’il existe une bijectionϕdeNdansI. Ainsi
I={ϕ(n);n∈N}
Ipeut être indexé parN
Définition
Un ensemble est dit dénombrable lorsqu’il est fini ou infini dénombrable.
Exemple
•N×Nest dénombrable.
Esquissons deux méthodes pour le montrer.
La première consiste à énumérer ainsi les éléments deN×N: (0, 0),(0, 1),(1, 0),(2, 0),(1, 1),(2, 0),(0, 3),(1, 2),(2, 1)(3, 0). . .
La deuxième utilise la propriété suivante : Tout entier strictement positif s’écrit de façon unique comme produit d’une puissance de 2 et d’un entier impair.
L’application(n,p)7→2n(2p+1)−1 est donc une bijection deN×NsurN.
Théorème
Un produit fini d’ensembles dénombrables est un ensemble dénombrable.
Une réunion dénombrable d’ensembles dénombrables est un ensemble dénombrable.
Toute partie d’un ensemble dénombrable est un ensemble dénombrable.
2 Famille sommable.
Théorème et définition
SoitI un ensemble dénombrable infini, indexé parNsous la formeI={ϕ(n);n∈N}oùϕest une bijection deNdansI. Si la sérieP
uϕ(n)converge absolument, alors sa somme est indépendante de l’indexationϕ, et pourra également être notéeP
i∈I
ui. On dira alors que la "série" est absolument convergente (ou converge absolument), ou que la famille(ui)i∈I est sommable de sommeP
i∈I
ui.
3 Opérations sur les familles sommables.
Toutes les opérations (somme, produit, regroupement par paquets, etc.) sont licites.
Pus précisément :
Théorème : Combinaison linéaire
SoientI un ensemble dénombrable,(λ,β)∈R2. On suppose que les familles(ui)i∈I et(vi)i∈I sont sommables , alors la famille(λui+βvi)i∈I est sommable et :P
i∈I(λui+βvi) =λ
P
i∈I
ui
+β
P
i∈I
vi
.
2
Théorème : Produit
SoientI etJ des ensembles dénombrables. On suppose que les familles(ui)i∈Iet(vj)j∈J sont sommables, alors la famille(uivj)(i,j)∈I×J est sommable et : P
(i,j)∈I×J
uivj=
P
i∈I
ui
×
P
j∈J
vj
. Théorème de regroupement par paquets
On suppose que la famille(ui)i∈I est sommable SiI = F
j∈J
Ij (union disjointe) avecJ un ensemble dénombrable et Ijdes ensembles dénombrables pour tout j, alors :
X
i∈I
ui=X
j∈J
X
k∈Ij
uk.
Exemples usuels de partitions deN×N
• Découpage "vertical" deN×N:N×N= F
i∈N
Vi oùVi={(i,j)∈N×N/ j∈N}
• Découpage "horizontal" deN×N:N×N= F
j∈N
HjoùHj={(i,j)∈N×N/i∈N}
• Découpage "oblique" deN×N:N×N= F
n∈N
DnoùDn={(i,j)∈N×N/i+j=n}
En appliquant le théorème de sommation par paquets dans le cas oùI=N×N, on obtient la propriété suivante :
Si la série double X
(i,j)∈N×N
ui,jest absolument convergente
X
(i,j)∈N×N
ui,j= X+∞
i=0
X+∞
j=0
ui,j
= X+∞
j=0
X+∞
i=0
ui,j
!
= X+∞
n=0
X
i+j=n
ui,j
.
4 Comment montrer qu’une famille est sommable ?
Remarque
SoitI un ensemble dénombrable.
La famille(ui)i∈I est sommable si et seulement si la famille(|ui|)i∈I est sommable.
Théorème de comparaison
SoitI un ensemble dénombrable. On suppose que la famille(vi)i∈I est sommable et que∀i∈I , 0¶ui¶vi, alors la famille(ui)i∈I est sommable et de plus : 0¶
X
i∈I
ui¶ X
i∈I
vi. Théorème : Utilisation d’une sommation par paquets
On suppose queI=F
j∈J
Ij(union disjointe) avecJ un ensemble dénombrable etIjdes ensembles dénombrables pour tout j.
On considère la famille(ui)i∈I de réelspositifs. On suppose que la quantitéP
j∈J
P
k∈Ij
ukexiste dansR, alors la famille(ui)i∈I est sommable et sa somme est donnée par :
X
i∈I
ui=X
j∈J
X
k∈Ij
uk.
Contre-exemple : Importance d’avoir des termes positifs Définissons, pour tout(i,j)∈N×N:
xi,j=
1 si j=i
−1 si j=i−1 0 sinon
3
On peut représenter ces nombres par un tableau infini à double entrée :
i\j 0 1 2 3 . . .
0 1 0 0 0 . . .
1 -1 1 0 0 . . .
2 0 -1 1 0 . . .
. . . .
Alors X+∞
i=0
xi,j=0 pour tout j∈N, donc X+∞
j=0
X+∞
i=0
xi,j=0.
Mais X+∞
j=0
xi,j=
1 si i=0 0 si i>0 donc
X+∞
i=0
X+∞
j=0
xi,j=1
5 Exercices.
Exercice 1 On considère la série double X
(i,j)∈N×N
ui j avec
∀(i,j)∈N×N , ui j= ij i!j!
Montrer que cette série double converge et calculer sa somme.
Exercice 2 On pose pour tout n∈N, an= X+∞
k=n
1
k!. Montrer que la sérieP
anconverge et calculer X+∞
n=0
an.
Exercice 3 Déterminer la nature de X
(i,j)∈N?×N?
1
(i+j)α selonα∈R.
Exercice 4 En utilisant la propriété :∀x∈R, ex = X+∞
i=0
xi
i! et le théorème sur le produit de séries absolument conver- gentes, retrouver la propriété :
∀(x,y)∈R2 , ex+y=ex.ey. Exercice 5 On considère la série double X
(i,j)∈N×N
ui j avec ∀(i,j)∈N×N , ui j= 1 (i+j)!. Montrer que la série double X
(i,j)∈N×N
ui j est convergente et calculer sa somme.
On utilisera un regroupement par paquets
Exercice 6 Espérance d’une variable aléatoire à valeurs dansN
Soit(Ω,A,P)un espace probabilisé et soit X: Ω→Rune variable aléatoire réelle vérifiant X(Ω)⊂N. Montrer que la variable aléatoire X admet une espérance si et seulement si la série de terme général P(X>n) converge et que dans ce cas :
+∞P
n=0
P(X>n) =E(X).
Exercice 7 Moment d’ordre 2 d’une variable aléatoire à valeurs dansN
Soit(Ω,A,P)un espace probabilisé et soit X: Ω→Rune variable aléatoire réelle vérifiant X(Ω)⊂N. Montrer que la variable aléatoire X admet un moment d’ordre 2 si et seulement si la série de terme général(2n+1)P(X>n)converge et que dans ce cas :
+∞P
n=0(2n+1)P(X>n) =E(X2).
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