UTILISATION DES PROTÉINES
PAR LE VEAU PRÉRUMINANT A L’ENGRAIS
IV.
—UTILISATION
DESPROTÉINES
DE LEVURESD’ALCANES
ET INFLUENCE DE
L’ADDITION D’UN
COMPLEXANT DU FERJ.-L.
PARUELLE R. TOULLEC P. PATUREAU-MIRAND Marguerite BEAUFILS, J. LAREYNIE, Yvette LENTO Y. MANISStation de Recherches
zootechniques,
Centre de Recherches de
Rennes,
I. N. R. A.,65,
rue deSaint-Brieuc,
35042 Rennes Cedex
*Laboratoire
d’Études
du llTétabolisrrae azoté, Centre de Recherches de Clermont-Ferrand, I. N. 12..A.,TTceix,
Saint GenèsCls 2 mpanelle,
63110 BeaumontRÉSUMÉ
Nous avons étudié l’influence du
remplacement
d’unepartie
des matières azotées du lait par celles des levures d’alcanes dans les aliments d’allaitement destinés au veaupréruminant
à l’en-grais.
Ils’agissait
de levures cultivées surgas-oil
contenant 71 p. 100 de matières azotées etz6o p.p.m.
de fer.Quatre
aliments d’allaitcment danslesquels
les levures d’alcanesapportaient
26 ou Si p. 100des matières azotées ont été
comparés
à un aliment témoin dont lesprotéines provenaient
presque exclusivement du lait écrémé. Deux des aliments contenant les levures étaientsupplémentés
parun
complexant
du fer(dérivé
del’EDTA).
Les aliments ont été distribués èv 16(aliment témoin)
ou 8 veaux
préruminants (aliment
contenant leslevures),
entre lesâges
d’environ 3 et 16 semaines.L’état sanitaire des veaux ne semble pas avoir été influencé par
l’origine
des matières azotées alimentaires. Les aliments contenant les levures ont eu tendance à sedéposer
au fond du seau,sans
cependant
occasionner des refusimportants.
Bien quesatisfaisants,
lesgains
depoids
vifdes veaux recevant les aliments dont 26 et 51 p. 100des
protéines provenaient
des levures(respec-
tivement 1144 et i io-).
g/j)
ont été moins élevés(P
<o,oi)
que ceux des animaux consommant l’aliment témoin( 1271 g/j).
Laquantité
de matière sècheingérée
parkg
degain
depoids
vif aaugmenté (P
<0 , 01 )
avec le taux d’introduction des levures dans les aliments(respectivement
1 , 47 - 1 ,
57et 1,61
kg).
Le rendement àl’abattage
et l’étatd’engraissement
des carcasses ont étésatisfaisants pour tous les veaux, bien que
légèrement plus
faibles pour ceux des lots recevant les levures. La coloration de la viande a ététrop
foncée chez les veauxqui
recevaient les aliments contenant les levures et non additionnés decomplexant
du fer. Elle a été satisfaisante dans tous les autres cas. Lecomplexant
du fer semble donc avoir limité l’utilisation du fer alimentaire. Cela est confirmé par l’évolution de la valeur de l’hématocrite des veaux et par la teneur en fer hémi-nique
del’onglet.
On
peut
doncenvisager d’incorporer
les levures d’alcanes à des taux élevés dans les alimentsd’allaitement distribués au veau
prérumi nant
àl’engrais
entre lesâges
d’environ 3 et i6 semaines.Cependant,
pour éviter une baisseimportante
dans lesperformances
des animaux, ce taux sembledevoir être maintenu en dessous de 10 p. ioo, de manière à
apporter
moins duquart
desprotéines
alimentaires.
INTRODUCTION
Les matières azotées des levures d’alcanes présentent
unecomposition intéres-
sante en
acides aminés indispensables, (SHACKi.ADY, V A! WEE RD E N
etVA N DER WnL,
rg7o ; cité par Sr3ecxr.aD y
etG A T UM E I ,, 1972 ). Elles
sontbien pourvues
enlysine
eten
thréonine mais
sontcarencées
enacides aminés soufrés et, dans
unemoindre
mesure, en
histidine. Leur utilisation digestive par le Veau préruminant
estsatis-
faisante : 8 5 p.
100pour les levures cultivées
surgas-oil (P ARU E LL E e t al., 1972) à 87 p.
100pour celles cultivées
surparaffine (V AN WEhxD!lBr, i 97 2).
Parailleurs, les
levures d’alcanes
sontriches
envitamines du groupe B (sauf
encyanocobalamine)
et en
phosphore, mais
sontpauvres
encalcium (S l3 acnr,nD y
etGn’ruwEr&dquo; 1972).
L’influence du remplacement des matières azotées du lait par celles des levures d’alcanes
surles performances zootechniques du Veau préruminant à l’engrais
afait l’objet de peu de publications (B!R!>BD>~, r 97 2 ; KiRCHGESSNER
etROTH, 1973).
Dans
cestravaux, les levures n’apportaient qu’une part peu importante des matières azotées :
aumaximum 2 8 p.
100 au coursdes 9 premières semaines. Il
estintéressant de connaître l’effet de
tauxde substitution plus élevés et, du fait de la richesse
enfer des levures, de
tenterde limiter leur influence défavorable
surla coloration de la viande produite.
Pour cela, des aliments d’allaitement dans lesquels les levures d’alcanes appor- taient le quart ou la moitié des matières azotées
ontété comparés à
unaliment témoin
dont les protéines provenaient presque exclusivement du lait écrémé. L’intérêt de la
supplémentation des aliments
contenantles levures par
uncomplexant du fer
aégalement été étudié.
MATERIEL ET MÉTHODES
Aliments
L’étude a
porté
sur des levures(espèce
Candidatropicalis)
cultivées surgas-oil.
Ils’agissait
d’un
produit
insoluble contenant, parrapport
à la matière sèche, 71 p. 100 de matières azotées et 260p.p.m. de fer. Sacomposition
en acidesaminés, rapportée
par PION(r 973 )
a été déterminée parchromatographie
sur colonne de résineéchangeuse
d’ions, àl’exception
de la teneur entrypto- phane qui
a été mesurée selon unetechnique
dérivée de celle de SLUMPet SCHREUDER(i 9 6 9 ).
La somme
corrigée
des teneurs en acides aminésindispensables
etsemi-indispensablcs
desmatières azotées de levures d’alcanes est un peu moins élevée que celle des matières azotées du lait
( 47
p. 100au lieu de5 z).
En outre, cesprotéines
sont carencées en acides aminés soufrés etpeut-être
aussi en histidine(PwTUxEwu-B!hRwwD
etal., 1974 ).
Cinq
aliments d’allaitement dont la teneur en matières azotéesdigestibles
était d’environ 23, p. roo ont été
comparés.
Ces aliments ne différaient que parl’origine
de leursprotéines
et par leursupplémentation
éventuelle en uncomplexant
du fer(tabl. i).
Dans l’un d’entre eux(aliment témoin),
les matières azotéesprovenaient
presque exclusivement du lait. Dans deux autres aliments(aliment
L 20et aliment L 20C),
ellesprovenaient
environ pour 51 p. 100 des levures d’alcanes et pour le reste dulait,
du lactosérum, dusoja
et d’unsupplément
de méthionine. L’un d’eux(ali-
ment L 20
C)
était additionné d’un dériaécalcique
etdisodique
de l’acideéthylènediaminoté- traacétique (I3DTA)
destiné àcomplexer
le ferapporté
par les levures d’alcanes( 0 , 7
p. 100 decomplexant
dans l’alimcnt pour 20 p.p.m. de ferexcédentaire).
Lescompositions
des 2 derniersaliments
(aliment
L 10et aliment L ioC)
étaient intermédiaires entre celle de l’aliment témoin d’unepart
et celle des aliments L 20ou L 20C d’autrepart.
Lacomposition chimique
des ali-ments
(tabl. i)
a été déterminée sur des échantillons moyens mensuels constitués àpartir
deprélèvements
hcbdomadaires. Les méthodes dedosage
ontété
décritesprécédemment (PARU ELLE
et
al., ig!z).
Lacomposition
en acides aminés des aliments(tabl. 2 )
a été calculée ùpartir
de lacomposition
moyenne de leurs constituants azotés.Animaux
Quarantc-huit
veaux mâles de race Frisonne ont été achetés àl’âgc
d’environ une semaine.Dès leur arrivée, ils ont été munis d’une muselière et
placés
en cases individuelles, sur litière depaille. Après
unepériode
d’observation de izjours,
les animaux ont étérépartis, compte
tenu deleur
poids vif,
de leurgain
depoids
vif, de la valeur de leur hématocrite et de leur état sanitaire,en i lot de 16 veaux, destinés à recevoir l’aliment témoin
et 4 lots
de 8 veaux destinés à recevoir les aliments contenant des levures.Pendant la
période d’obscrvation,
les animaux ont tous reçu le même aliment d’allaitement riche en lait écrémé,auquel
a étéprogressivement
substitue, entre le douzième et lequinzième jour,
l’undes aliments expérimentaux.
Au cours des deux
premières
semaines suivant leurarrivée,
les veaux ont reçu desquantités
modérées de lait de
remplacement, puis
ils ont été alimentés en fonction de leurpoids métabolique
et de leur
appétit (tabl. 3 ). Cependant,
au cours des trois dernières semaines, lesquantités
d’ali-ment
proposées
par repas ont été limitéesrespectivement
à 1 280, 13 6 0
et 1520 g.Prélèvements, mesures et calculs
Les animaux ont été
pesés
à leur arrivée, une fois par semaine à heure fixe et avant leurabattage.
Desprélèvements
de sang ont été effectués dans la veinejugulaire
au cours de la prc- mière semaine, ainsiqu’à
la fin dupremier,
du second et du troisième moisd’engraissement
pour la détcrmination de la valeur de l’hématocrite. Certains de cesprélèvements
ont par ailleurs serviau
dosage
desprotéines
totales, des albumines, desglobulines,
de lacéruloplasmine
libre( V lrcaoL,
!y!3),
ainsi que de l’urémic et de l’aminoacidémie libre(l’nTUUOar-Mixnho
c·t al.,i9!!).
.Bprès chaque
repas, les refus alimentaires individuels ont étépesés.
Pourchaque
veau. legain
depoids
vif et l’efficacité alimentaire ont été mesuréspendant <&dquo; 4 jours
àpartir
du treizièmejour
deprésence.
L’abattage
des veaux a été effectué de 97 à 103jours après
leur arrivée, en q groupes de 12z animauxreprésentant
lequart
de l’effectif dechaque
lot. La carcasse chaude, le foie, lepancréas
et les
dépôts adipeux péri rénaux
ont étépesés.
Lepourcentage
de rémission à 5’¡5 m!, a été déterminé au niveau du musclepectoral
ascendant, à l’aide d’un réflectomètre Manuflex 2. Unprélèvement
a été effectué dans lespiliers
latéraux dudiaphragme (onglet)
en vue de déterminersa teneur en fer
hëminique d’après
la méthode de HORN-SF!,Y(ry!6).
Deux morceaux de !! carrécouvert ont été
prélevés
au même endroit sur la carcasse d’un veau du lot témoin et sur celle d’un veau du lot L 20. Sixjours plus
tard,après
avoir été débités et frits au beurre, chacun d’euxcL été soumis sans idcutification il 14personnes afin de rechercher d’éventuelles modifications du
goût
occasionnées par leremplacement partiel
desprotéines du
lait par celles des tevures.RESULTATS
SÉtal sanitaire
Les animaux ont, dans l’ensemble, manifesté des troubles respiratoires
au coursdu premier mois suivant leur arrivé;, apparemment
s!nsrelation directe
avecla
nature
du régime alimentaire
et sanseffet néfaste
surleurs performances zootech- niques ultérieures. Il n’a pas été
tenucompte dans l’expression des résultats, de l’un
des
veauxdu lot 1,
2oC dont le gain d! poids vif n’était que de 5 o kg à l’issue de io 3
jours de présence
enétable
etdont la
carcasse aété saisie pour arthrite.
Quantités ingérées
I,ors de leur dilution, les aliments d’allaitement
contenantles levures
ont eutendance à
s2déposer rapidement
aufond du
seau,rendant plus difficile leur distri-
bution. Cependant, cela
nesemble pas avoir
eud’influence importante
surles quan- tités refusées,
nonplus d’ailleurs que l’addition du complexant du fer. Ainsi, pour l’ensemble de l’essai,
tousles aliments
ontété bien consommés puisque les quantités
de lait de remplacement refusées par rapport
auxquantités proposées
ontété respec- tivement de 1 , 7 p.
100pour l’alitnent témoin, 3 , 2
et3 , 0 pour le! aliments L
20 etL
20C
et1 , 9
et3 , 2 pour les aliments L
10 etL
laC.
Gaiit de Poids vif et efficacité alimentaire
Les
veauxdes lots L
20etL
2oC
ontréalisé des gains de poids vif voisins
et ontingéré des quantités identiques de matière sèche par kg de gain de poids vif
au coursdes 4 premières semaines de l’essai (tabl. 4 ). Par la suite, les performances des
veauxdu lot L
20C
ontété inférieures à celles des
veauxdu lot I,
20sansque les différences soient jamais significatives. Les performances des
veauxdes lots L
la etL
10C ont
été voisines
au coursdes 4 premières semaines, elles
ontété légèrement à l’avantage
des
veauxdu lot L
laC
au coursdes 4 semaines suivantes, puis des
veauxdu lot
L
la au coursdes 4 dernières semaines. Cependant,
surl’ensemble de l’essai, les gains
de poids vif
etl’efficacité alimentaire obtenus
avecles
veauxdes lots I,
20etI,
20C,
de même que
ceuxobtenus
avecles
veauxdes lots I,
io etL
laC, dont l’alimsn- tation
nedifférait que par l’addition
ou nondu complexant,
ontété très voisins.
En conséquence, l’étude de l’influence de l’origine des protéines alimentaires
surla croissance
etl’efficacité alimentaire
apu être entreprise
enregroupant les
veauxdes
lots I,
10 etL
10C
et ceuxdes lots L
20 etL
20C.
Pour l’ensemble de l’essai, les
veauxdu lot L
20!- L
20C et
ceuxdu lot L
I!- I,
10C
ont eu ungain de poids vif moins élevé
et ontconsommé des quantités plus importantes de matière sèche par kg de gain de poids vif que les
veauxdu lot témoin
< o,oi) : ainsi, par rapport à
cesderniers, les écarts
ontété respectivement de
13 ,
1
et 10,0p.
100dans le gain de poids vif
etde 9 ,5
et6,8 p.
100dans l’efficacité alimentaire (tabl. 5 ). Les différences
ontété particulièrement importantes
etpresque
toutessignificatives
au coursdes 8 premières semaines, elles
ontété plus faibles
etnon
significatives par la suite. En outre, pour l’ensemble de l’essai, les performances
des
veauxdu lot L
20!- I,
2oC
ontété
unpeu moins satisfaisantes que celles des
veaux
du lot L
10-i- L
IoC. Cependant, seule la différence dans la quantité de
matière sèche ingérée par kg de gain de poids vif
aété significative ( 2 , 5 p. 100 ). Les différences n’ont été importantes qu’au
coursdes 4 premières semaines où elles
ontatteint 8, 2
et8, 4 p.
100respectivement pour le gain de poids vif
etpour l’efficacité
alimentaire, mais n’ont pas été significatives.
É 7
,olittioji de ta valeur dc l’hématocrite
I,a valeur de l’hématocrite des
veauxde chaque lot
adiminué
au coursde l’essai,
en
particulier pendant le premier mois (tabl. 6). Elle
amoins diminué chez les
veauxdu lot L
2oque chez
ceuxdu lot témoin, la différence ayant été significative dès la
fin du deuxième mois d’essai. L / évolution de la valeur de l’hématocrite des
veauxdu lot L
10aété intermédiaire
entrecelle des
veauxdes deux lots précédents. Les diffé-
rences sont
devenues significatives à la fin du deuxième mois
avecles
veauxdu lot témoin mais
nel’ont pas été
avec ceuxdu lot I,
20.Les valeurs de l’hématocrite des
veaux
des lots L
20C
etL
ioC,
recevantles aliments supplémentés
encomplexant
du fer,
onttoujours été très proches de celles des
veauxdu lot témoin ; dès la fin du
premier mois, elles
ontdonc été inférieures à celles des
veauxdes lots L
20 etL
10.Résultats d’abattage
La durée
moyennede présence
enétable des
veauxde chaque lot
aété de
ioijours.
De cefait, les
veauxdes lots L
20-! L
20C
et ceuxdes lots I,
10f L
10C
ontété abattus à
unpoids vif
moyeninférieur à celui des
veauxdu lot témoin. Le
rendement commercial
en carcasse aété satisfaisant pour l’ensemble des
veaux.Il
aété légèrement plus faible chez
ceuxdes lots ayant reçu les levures que chez
ceuxdu lot
témoin (tabl. 7). 1../ état d’engraissement des
carcasses aété suffisant dans
tousles
cas,bien que le poids des dépôts adipeux périrénaux, rapporté
aupoids de
car-casse,
ait
eutendance à diminuer lorsque la
teneur enlevures de l’aliment augmentait.
La coloration de la viande
aété plus prononcée chez les
veauxdes lots L
20etI,
10que chez
ceuxdu lot témoin,
commel’indiquent les valeurs de réHectométrie (tabl. 6) ;
en
revanche, chez les animaux des lots L
2oC
etL
10C, la coloration
aété très voisine de celle observée chez les
veauxdu lot témoin. Ces résultats
sont enaccord
avec ceux
de la valeur de l’hématocrite des
veauxà la fin de l’essai
et avec ceuxdu
dosage du fer héminique dans l’onglet. I,e poids du foie, rapporté
aupoids de
carcasse,a
été significativement plus élevé chez les
veauxdes lots L
20-1- 1,
20C et L
10-1- L
10C que chez
ceuxdu lot témoin. Le poids du pancréa
aété identique pour les
veaux
des différents lots.
Test de dégustatioll
La viande qui provenait de l’un des
veauxdu lot L
2o aété jugée tendre
etonctueuse
dans respectivement
io et8 des 14 réponses du
test.Celle qui provenait de
l’un des
veauxdu lot témoin n’a obtenu le même jugement que dans respectivement
6
et4 des 14 réponses. Iae goût de la première
aété estimé satisfaisant dans
12des
réponses,
contre5 pour celui de la deuxième. Ce résultat
acependant pu être influencé par celui des caractéristiques précédentes. Il
nesemble donc pas que l’introduction de levures d’alcanes dans les aliments soit à l’origine d’une altération du goût de la
viande produite.
DISCUSSION
Le remplacement partiel des matières azotées du lait par celles des levures d’al-
canes
cultivées
surgas-oil
a eu uneinfluence défavorable
surle gain de poids vif des
veaux et sur
l’efficacité alimentaire, bien que les performances
sesoient maintenues à
unniveau satisfaisant.
Cet effet dépressif
a surtoutété important
au coursdes deux premiers mois
ets’est atténué ultérieurement. Des résultats voisins
ontété obtenus par KixcHGESSrr!R
etRoTtr ( 1973 )
avecdes aliments
contenant lap.
roode levures d’alcanes cultivées
sur
paraffine. En revanche, B EREND E ( 1972 )
aobservé des performances respecti-
vement
peu
oupas diminuées
avecdes aliments
contenant iop.
100de levures d’al-
canes
cultivées soit
surgas-oil, soit
surparaffine. Il semblerait donc judicieux de
nepas incorporer plus de 5 à 7 , 5 p.
100de levures d’alcanes dans les aliments d’allai-
tementdistribués jusqu’à l’âge de
2mois (K IRCH GE SSN E R
etROT H , zg!3).
La baisse observée dans les performances zootechniques,
enintroduisant les levures d’alcanes dans les aliments d’allaitement, peut être attribuée à plusieurs
causes.
La digestibilité de leurs matières azotées
estmoins élevée que celle des
ma-tières azotées du lait (V AN W E ER DB X, ig 7 2 ; P ARU t L l,t el c!l., 1972 ),
enparticulier
au cours
du premier mois de vie du Veau. Il
en estde même pour la digestibilité de leur
extractif
nonazoté qui
estconstitué
engrande partie de glucides membranaires.
Cependant, dans
notreessai, les aliments utilisés avaient approximativement le
même
tauxde matières azotées digestibles,
aumoins à l’issue des
iopremiers jours.
Néanmoins, les levures d’alcanes apportent moins d’énergie digestible que le lait écrémé qu’elles remplacent. Leurs matières azotées
sont enpartie
sousforme d’azote
nucléique (environ
r2p.
100,d’après D URA? Œ, rg 74 ) dont l’utilisation nutritionnelle
estmal
connuschez le Veau. Elles ont,
enoutre, des
teneurs enacides aminés indis-
pensables
etsemi-indispensables inférieures à celles du lait. Toutefois, les
sommescorrigées des
teneurs en cescomposés dans les 5 aliments
sonttrès voisines
carles
protéines des levures
sontcaniplénientaire:s de celles du lait pour plusieurs acides
aminés (valine, isoleucine, leucine
etarginine). Il
enrésulte que les aliments
contenantles levures qui avaient été supplémentés
enméthionine, présentaient seulement
unelégère
carence enhistidine (P A T UR E AU -JB1 IR .-BX D
etal., 1974).
En accord
avecles observations de K IRCH GE SSX E R
etR O T H (r 973 ), l’introduction de levures d’alcanes dans les aliments
aprovoqué
unelégère diminution du rendement
en carcasse
après abattage
et unaccroissement de l’intensité de la coloration de la viande. En outre, le poids du foie était plus élevé, ainsi que l’a observé, dans certains
cas,
E N GE L ( 1972 ) chez le Rat
etla Souris. Comme les protéines de poisson (P ARU E LL E
et
al., rg!4), les levures d’alcanes
nesemblent pas communiquer de goût particulier
à la viande. Le dérivé de l’EDTA (N OURYCAL 25 )
contenudans les aliments L
20C
etL
10C paraît avoir limité l’utilisation du fer alimentaire
etpeut donc permettre d’obtenir des
carcassespeu colorées. Par ailleurs,
cecomposé n’a pas
eud’influence
importante
surle gain de poids vif
et surl’efficacité alimentaire. Ces résultats confir-
ment ceuxd’un précédent travail (P ARUELLE et al., 1974 ) où l’utilisation de
ce com-plexant semblait cependant avoir conduit à
uneaugmentation du poids du foie qui
n’a pas été observée dans
cetessai.
Un conclusion, les levures d’alcanes peuvent être introduites à des
tauxélevés
(jusqu’à
20p. ioo), dans les aliments d’allaitement distribués
au veaupréruminant
à l’engrais,
entreles âges d’environ 3
et1 6 semaines. Cependant, pour éviter
unebaisse importante dans les performances des animaux,
ce tauxsemble devoir être maintenu
endessous de
10p.
100,de manière à apporter moins du quart des protéines
alimentaires. Néanmoins, l’utilisation des levures d’a1canes paraît s’améliorer
avecl’âge ; elles pourraient donc probablement être incorporées à des
tauxplus élevés dans
les aliments distribués
enfin d’engraissement. Ainsi, dans
unessai ultérieur,
nousn’avons pas observé d’effet dépressif
surla croissance
etl’efficacité alimentaire
entreles âges de
m et 20semaines,
enintroduisant i6, 5 p.
100de levures d’alcanes dans l’aliment d’allaitement (T OULLEC
etGu y ox, résultats
nonpubliés). La
teneur enfer
élevée des levures constitue
unfacteur gênant leur emploi. Il serait donc intéressant de leur appliquer des traitements technologiques permettant d’abaisser
cette teneur.On pourrait également leur associer d 9 s complexants du fer tels que le dérivé de l’F,DTA que
nous avonsutilisé,
sousréserve que leur innocuité à l’égard de l’animal
etdu
consommateurait été prouvée.
Reçu pour publication
en avril 197»5.REMERCIEMENTS
Nous remercions vivement Mme R.
G UYON ,
de l’InstitutTechnique
de)’É)cva!e Bovin, qui
s’est
chargée
des mesures de réflectométrie.SUMMARY
UTILIZATION OF PROTEIN BY I’RERUMINANT FATTENING CAI,VES.
IV. - UTILIZATION OF AI,KABTE GROWN YEAST PROTEIN AND EFFECT OF .ADDING AN IRON CHELATING AGENT
The influence of
replacing part
of milkprotein by
that of alkane grownyeast
in milkreplacers
lor
preruminant fattening
calves was studied. Theyeast
was cultivated ongas-oil
and contained; p. 100crude
protein
and 260 p.p.m. iron.Four milk
replacers,
in which alkane grownyeast supplied
26 or 5 p. ioo of the crudeprotein,
were
compared
with a control diet in which theproteins
wereprovided
almostexclusively by
skim milk
(table i).
Two of the feedsincluding yeast
weresupplemented
with an ironchelating agent (derivative
ofL:DTA).
The diets were offered to i6 calves(control feed)
or li calves(yeast containing feed)
between the ages ofabout 3 and
16 weeks.The health of the animals did not seem to be affected
by
theorigin
of thedietary
crude pro- tein. The feeds withyeast
showed atendency
todeposit
on the bottom of thepail,
however withoutcausing large refusals. Although satisfactory, liveweight gains
of the calvesreceiving
the dietscontaining
z6 and 51 p. 100yeast protein ( 1
144 and 1 104g/day, respectively)
were lower(1’
<o.oi)
than those of the calves fed the control diet(r
271g/day) (table 5 ).
Thedry
matterintake per
kg liveweight gain
increased(P
<o.oi)
withincreasing
levels ofyeast
in the diets(
1 . 47 - 1 .
S7
and 1.61kg, respectively).
Thedressing
outpercentage
and fatness of the carcasses weresatisfactory
for all thecalves, although slightly
lower for the groupsreceiving yeast (table !).
The meat colour was too dark in the calves fed the
yeast containing
diets without addition of aniron
chelating agent (table 6).
It wassatisfactory
in all the other cases. Thus, the ironchelating
agent
seems to have limited the utilization ofdietary
iron. This was confirmedby
the hemato-crite value of the calves and
by
the heminic iron content of the lateralpilars
of thediaphragm (table 6).
Consequently,
alkane grownyeast
seems to be well fitted forbeing incorporated
at ahigh
level into milk
replacers
forpreruminant fattening
calves between the ages of about 3 and 16 weeks.
However,
in order to avoid alarge
reduction in theperformances
of the animals, the levels must not exceed 10p. 100, thussupplying
less than the fourth of thedietary proteins.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
D
ERENDE P. L. M., Cité par SHACI<LAD1’ C. A., GATCMEL E., 1972. In GOUNELLE DE PONTANEL
H.,
Les levures cultivées sur alcanes. Nouvelles sources
de pvotéines
alimentaires.Symposium d’Aix-en-Provence,
I5-
I6 février, 37-75.
D
URAND
G.,
1974.(Communication personnelle).
E
NGEL C., I9Y2. In GOUNELLE DE PovTANEL
H.,
Les levures cultivées sur alcanes. Nouvelles sourcesde protéines alimentaires.
Symposium d’Aix-en-Provence,
15-16février,
65-88.H
ORNSEY H., 1956. The colour of cooked pork. Estimation of the nitric oxideheam
pigments. J.
Sci.Food
Agric.,
7, 534-540. KIRC
taGESSNER M., RoTH F. X., Igq3. Zum einsatz von auf
n-paraffinen gewachsener
hefe in der kalbermast.Ziichtungskunde,
45, 208-214.M
ICHEL M. C., 1973. Recherche des tests
biochimiques
destinés à caractériser l’état nutritionnel et sanitaire d’un troupeau de veaux. Ann. Rech. Vétér., 4, II3-IZ4.PARU ELLE J. L., TOULLEC R., FRASTZEN J. h., MATHIEU C. !L, I97z. Utilisation des
protéines
par le Veaupréruminant
à l’engrais. I. Utilisation digestive desprotéines
desoja
et des levures d’alcanesincorporées
dans les aliments d’allaitement. Ann.ZootecFa., 21,
3&dquo;9-331.P
ARUFLLE J. L., TouLI,EC R., PnrcREAU-1ITR.avD P., MATHIEU C. M., 1974. Utilisation des pro- téines par le Veau préruminant a l’engrais. II. Utilisation des
protéines
depoisson
et influence de l’addi-tion d’un
complexant
du ler. Ann. Zootech., 23, 519-535.P ATUREAU -M
IRAND P., PRUGN-aI
D J.,
PIONR.,1 971 .
Influence de la nature desprotéines
des aliments d’allaitement sur l’amino-acidémie libre du Veaupréruminant..Y
e Congrès Intern. Zootech., I7-z3juillet,
Versailles.l’ATUREAU-!IIRAND P., Toui.LEC R., PARUELLE J. L.. PRUGNAUD J., PION R., 1974. Influence de la nature des matières azotées des aliments d’allaitement sur l’amino-acidémie du Veau
préruminant.
I. Matières azotées du lait, du
lactosérum,
dupoisson
et des levures d’alcanes. -Ann.Zootech.,
23, 343- 35 8.
PION R., 1973.
Composition
des alimentsvégétaux
enprotides
et en acides aminés. Rev. Franç.Diététique,
66, 3-I5.I’
ION R., DE UELSUNCE C., FAUCONNEAU (!., 1963.
Composition
en acides aminés dequelques
ali-ments. Ann. 73io1. anim. Bioch.
Biophys.,
3(h.
s.I),
II-I8.S T ,u M
r P., SCHREUDER H. A. W., 1969. Détermination of
tryptophan
in foods.Analyt.
l3iochenx., 27,I 8z-I86.
S HA C KL A
DY C. A., GATUMHL li., 1972. In GOUNELLH DE PoNTAIvEL H., les levures cultivées sur
alcanes. Nouvelles souvces de
protéines
alimentaires.Symposium d’Aix-en-Provenee,
&dquo;5-&dquo;6février,
37-75. VA N W
EERDEN E.
J.,
Cité par SHACKLADY C. A., GATU69ELE.,1 972 .
In GOUNELLEDE POVTANET.H.,
Les levures cultivées sur a!!M!s..Yo!!’6’H!s’ sources de
protéines
alimentaires.Symposium
d’Aix-en-Yroveuoe I5-
I6