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Amplitude du trainage de diffusion en fonction de la concentration des solutions solides fer-carbone

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00236026

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00236026

Submitted on 1 Jan 1959

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Amplitude du trainage de diffusion en fonction de la concentration des solutions solides fer-carbone

P. Brissonneau

To cite this version:

P. Brissonneau. Amplitude du trainage de diffusion en fonction de la concentration des solutions solides fer-carbone. J. Phys. Radium, 1959, 20 (2-3), pp.244-246. �10.1051/jphysrad:01959002002-3024400�.

�jpa-00236026�

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244

AMPLITUDE DU TRAINAGE DE DIFFUSION

EN FONCTION DE LA CONCENTRATION DES SOLUTIONS SOLIDES FER-CARBONE Par P. BRISSONNEAU,

Université de Grenoble (France.)

Résumé. 2014 La notion de’ champ de traînage permet d’interpréter facilement les aspects expéri-

mentaux du traînage magnétique de diffusion. En particulier, nous avons mesuré l’amplitude de

ce champ de traînage sur différents échantillons d’alliages fer-carbone de concentrations connues.

Conformément aux prévisions théoriques, ce champ est proportionnel, pour chaque substance,

à la concentration du carbone contenu en solution solide, le carbone à l’état précipité ne jouant

aucun rôle. Inversement, on peut déduire des mesures du champ de traînage, la solubilité limite du carbone dans le fer 03B1 à diverses températures.

Abstract.

2014

The experimental data on the magnetic diffusion after-effect can be simply inter- preted by using the concept of an after-effect field. This field has been measured on various

samples of pure iron containing known concentrations of carbon. In accordance with theory,

the after-effect is proportional to the concentration of carbon in solid solution, the carbon forming

a precipitate having no influence at all. Inversely, one can use the measurement of the after- effect field to determine the solubility limit of carbon in 03B1 iron at various temperatures.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM TOME 20, FÉVRIER 1959,

1. Principe du traînage de diffusion.

-

Dans un

cristal.de fer oc, les atomes de carbone interstitiels occupent dans l’état d’énergie le plus favorable,

des positions qui dépendent de la direction de

l’aimantation spontanée Js. Dans chaque domaine

de Weiss, ils se répartissent d’une façon anisotrope

sur les différents sites possibles. A partir d’un état statistiquement isotrope, ils mettent un certain temps pour atteindre cette répartition d’équilibre,

par un processus de diffusion, à la faveur de l’agi-

tation thermique.

Quand cet état statistiquement anisotrope est obtenu, on dit que la substance est stabilisée. Les

positions qu’occupent alors les hétéroatomes

s’opposent, en chaque élément de volume, à toute

modification brutale de la direction de l’aiman- tation J.. Pour provoquer le déplacement u d’une paroi de Bloch, il faut lui appliquer un champ exté-

rieur H -f- h à l’état stabilisé, quand un champ H

suffit à l’état isotrope. Le champ additionnel h

représente, au signe près, le champ de traînage de

diffusion introduit par L. Néel [1] pour rendre compte de ces phénomènes.

On possède une expression particulièrement simple de h dans le cas la substance, isotrope

à l’origine des temps, reste au repos et se stabilise

pendant un temps t, au bout duquel on effectue

une mesure instantanée d’aimantation, dans le champ H -f - h. Pour un champ donné, on observe quand t varie, le phénomène bien connu de la

désaccommodation dont l’interprétation fournit le

maximum de renseignements sur le traînage de

diffusion.

II. Représentation de la désaccommodation. - Considérons une seule paroi de Bloch séparant

deux domaines d’aimantation Ja faisant respecti-

vement des angles pi et Y2 avec la direction du

champ H -j- h appliqué. La théorie [2] conduit pour h à une expression de la forme :

où : * Wo représente une énergie de stabilisation

proportionnelle à la concentration des atomes de carbone.

* f(u), calculé par L. Néel [2], dépend de la

nature de la paroi de Bloch et de son déplacement.

* G(t) enfin, caractérise le processus de diffu- sion. C’est une fonction monotone croissante du

temps, de valeur comprise entre 0 et 1 et qui se

ramène simplement à :

quand la substance tend exponentiellement, avec

une seule constante de temps 6, vers son état stabi-

bilisé.

Pour généraliser à toute la substance la for-

mule (1), nous supposons que, sous l’effet d’un

petit champ H -f - h, le déplacement de chaque paroi de Bloch prise isolément ne dépend que de l’induction moyenne mesurée B. Il en résulte :

hoc (B) représente un champ moyen qui dépend

de l’orientation des parois de Bloch, de la dispersion

de leurs forces de rappel vers leurs positions d’équi-

libre et qui est, toutes choses égales d’ailleurs, pro-

portionnel à Wo. Nos résultats expérimentaux sont

effectivement bien représentés par la formule (3).

Nous désaimantons la substance dans un champ

alternatif d’amplitude lentement et régulièrement

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:01959002002-3024400

(3)

245

décroissante. Sous certaines conditions, cette opé-

ration réalise un état d’aimantation nulle et une

répartition statistiquement isotrope du carbone.

La fin de la désaimantation marque l’origine des temps. Si nous pouvions effectuer alors une mesure

instantanée d’aimantation dans un champ H, la

valeur de B obtenue appartiendrait à une courbe B(H, t

=

0) dans le diagramme B(H). Nous appe- lons cette courbe, seulement accessible par extra-

polation, l’isochrone t

=

0 ( fig.1). Si nous laissons

FIG. 1.

-

Diagramme B(H, t) d’une solution solide de carbone dans du fer (concentration 0,0046 %). Dans la table, en bas à droite, au lieu de : L 12,45,lire Ll12, 95.

l’échantillon au repos à température constante jus- qu’au temps t1, nous obtenons l’isochrone t

=

tl, représentée dans le même diagramme par une courbe B(H + h, t

=

tl). A mesure que t, croît,

les isochrones se déplacent vers des champs plus

élevés. Leur décalage par rapport à l’isochrone

t

=

0 représente précisément le champ h de la

formule (3). On tire donc facilement de ces dia- grammes hoc (B) et G(t). L’étude de ces deux fac- teurs a fait l’objet de travaux antérieurs [3], [4], [5].

Nous nous proposons d’examiner aujourd’hui les

variations de hoo (B) avec la concentration en

carbone c des échantillons.

III. Variation de la pression de traînage avec c.

- Il est évident que les isochrones t

=

oo et t

=

0 ne sont pas directement accessibles par

l’expérience, mais nécessitent des extrapolations.

De ce fait, elles sont entachées d’erreur. Mais on

remarque qu’on peut leur substituer dans l’étude

en question, deux isochrones quelconques. Nous

avons choisi en particulier les isochrones expéri-

mentales les plus voisines t =1 000 min, et t

=

0,70 min. Nous appelons ho la différence des

champs de traînage entre ces deux états partiel-

lement stabilisés. ho et hoo sont proportionnels d’après l’équation (3) :

ho(B)

=

hoo (B) [G(1 000 min)

-

G(0,70 min)]. (4) Sur plusieurs échantillons de fer d’une même provenance, contenant du carbone à différentes concentrations et aussi voisins que possible par

ailleurs, nous avons mesuré les valeurs de ho (B) représentées sur la figure 2. La concentration totale

FIG. 2.

-

Variation du champ de traînage ho en fonction

de la concentration en carbone (B

N

50 G, tempéra-

ture

-

33,8,DC).

du carbone est obtenue simplement par différence de poids entre l’état pur (absence totale de tral- nage magnétique) et l’état carburé. Cette méthode

a été utilisée précédemment avec succès par les

physiciens et métallurgistes hollandais et en parti-

culier par Dijkstra [6] au cours de travaux remar- quables sur le traînage mécanique de diffusion.

Entre deux traitements successifs, le poids de nos

échantillons ne semble défini qu’à 5.10-6 près

environ.

L’examen de la figure 2 montre clairement la

proportionnalité de ho et c aux faibles concentra-

tions. A partir de c

=

0,013 % on doit admettre

que la limite de solubilité du carbone est atteinte dans les conditions de préparation (température

un peu inférieure à 700°C et trempe brutale jus-

qu’à la température ambiante). Le carbone à l’état

précipité dans le réseau du fer n’intervient donc

pas dans le traînage.

(4)

246

On sait d’autre part que la présence d’atomes

interstitiels dans le réseau entraîne une variation notable de résistivité électrique du métal, alors

que les éléments précipités influencent beaucoup

moins ce facteur. Pour contrôler l’homogénéité de

nos préparations, nous avons mesuré à la tempé-

rature d’ébullition de l’oxygène liquide les varia- tions relatives OR jR de résistance de nos échan- tillons après carburation. Nos résultats sont

reportés sur la figure 3 avec les mesures corres-

FIG. 3.

-

Champ de traînage (B

N

50 G) et variation de résistance électrique (température 90 °K) pour différents échantillons.

pondantes de ho. La faible courbure observée pour ho > 100 mOe traduit vraisemblablement l’influence du carbone à l’état précipité sur la

valeur OR /R observée. On peut donc conclure à la proportionnalité du champ de traînage à la

concentration des solutions solides.

IV. Conséquences. -’Les mesures de traînage

offrent la possibilité de doser les éléments inters- titiels dans les matériaux ferromagnétiques avec

une sensibilité considérable. Mais il ne s’agit pas d’un dosage absolu car hoo (B), pour une concen-

tration donnée d’hétéroatomes, doit dépendre de

la dispersion des forces de rappel et de l’orientation des parois de Bloch.

Nous avons observé sur un fer commercial du

type Armco, un champ de traînage ho voisin de

100 mOe à

-

33,8 °C pour une concentration en

carbone égale à 0,01 %. Seules des études ulté-

.

rieures pourront dire dans quelle mesure varie ce

coefficient de proportionnalité. Un de nos échan-

tillons contenant d’après les pesées 0,0075 % de

carbone présentait, immédiatement après la trempe, un champ de traînage égal à 77 mOe.

Nous avons mesuré ho sur cette même substance après un séjour de 2 ans à température ordinaire

dans un bain d’huile de vaseline pure ; nous avons trouvé alors 3 mOe, et, plus récemment, 2,30 mOe,

3 ans après sa préparation. La solubilité du carbone dans le fer oc à 20 °C semble donc inférieure à

0,00023 % . En pratique, nous pouvons la consi- dérer comme nulle, puisque la précipitation se poursuit pour des concentrations aussi faibles.

Cet exemple illustre l’extrême sensibilité des

mesures magnétiques pour l’étude du comporte-

ment des solides.

BIBLIOGRAPHIE

[1] NÉEL (L.), J. Physique Rad., 1951, 12, 339-351.

[2] NÉEL (L.), J. Physique Rad., 1952, 13, 249-264.

[3] BRISSONNEAU (P.), C. R. Acad. Sc., Paris, 1954, 239,

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[4] BRISSONNEAU (P.), C. R. Acad. Sc., Paris, 1957, 244,

1174.

[5] BRISSONNEAU (P.), C. R. Acad. Sc., Paris, 1957, 244,

1341.

[6] DIJKSTRA (L. J.), Philips Res. Rep., 1947, 2, 357.

DISCUSSION

M. Delyon.

-

Vous êtes-vous attaché à mesurer

les constantes de temps ? Varient-elles avec la concentration ? Avec la température ? Quel est

leur ordre de grandeur ?

M. Brissonneau.

-

Les constantes de temps de

diffusion ne varient pas notablement avec la con-

centration des solutions solides. Elles varient très

rapidement avec la température. Ordre de gran-

deur : 6 minutes à - 210 C et 50 minutes à - 340 C.

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