Article
Reference
A l'école du Grand Conseil
CAPITANESCU BENETTI, Andreea, PERRENOUD, Manuel
Abstract
Dans le cadre de la journée internationale des droits de l'enfant, cinq classes de l'école primaire du canton de Genève ont été invitées le vendredi 20 novembre 2015 au parlement, où siège le Grand Conseil du canton. Les enfants de l'école primaire y ont précédé en ce lieu leurs aînés du secondaire, pour une séance minutée d'une heure. Une vingtaine d'étudiants en Formation des Enseignants Primaires de l'Université de Genève, avons eu l'occasion d'assister à cet événement.
CAPITANESCU BENETTI, Andreea, PERRENOUD, Manuel. A l'école du Grand Conseil.
Educateur , 2015, vol. 11, p. 29-30
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:93220
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A l’école du Grand Conseil
Dans le cadre de la journée internationale des droits de l’enfant, cinq classes de l’école primaire du canton de Genève ont été invitées le vendredi 20 novembre 2015 au parlement, où siège le Grand Conseil du canton. Les enfants de l’école primaire y ont précédé en ce lieu leurs aînés du secondaire, pour une séance minutée d’une heure. Nous, une vingtaine d’étudiants en Formation des Enseignants Primaires de l’Université de Genève, avons eu l’occasion d’assister à cet événement.
Le Département de l’Instruction Publique (DIP) prévoit un projet de loi sur l’enfance et la jeunesse (« comportant un article sur la participation des enfants et des jeunes ») et a profité de cette opportunité pour impliquer les élèves dans cette démarche. Le projet s’intitule « Je participe ! » et a permis aux enfants de faire des propositions pour améliorer leur participation à la vie de la Cité.
Ils avaient à répondre à cette question : « Estimez-vous la proposition suffisamment intéressante et réaliste pour être adressée à la Conseillère d’Etat ? », posée après chaque échange réglé : exposé de la proposition, questions des autres écoles, réponses à chaud.
« Des décisions qui changent nos vies »
Avons-nous pris en compte les opinions des élèves quant à l’inclusion du mercredi matin dans l’horaire scolaire ? Qu'en est-il de l’aménagement urbain dans l’environnement des élèves ?
Quoi qu’il en soit des décisions réellement prises, et des effets de celles-ci sur leurs vies, les enfants n’ont pas été consultés. Sauf aujourd’hui, où leur parole était à l’honneur. Ils ont pu exprimer leurs envies, leurs idées, et su les organiser de façon à ce qu’elles soient présentables et discutables dans l’espace politique.
Quand les enfants nous enseignent
Cette matinée confirme l’importance de former les enfants à la citoyenneté (en parfait accord avec le Plan d’études romand !), et d’être attentifs au grand intérêt et à l’engagement pour la participation à la vie de la cité qu’ils démontrent. Leurs propositions sont, en effet, cohérentes et bien argumentées.
A travers ce dispositif les élèves ont expérimenté le fonctionnement des prises de décisions politiques et mis à l’épreuve les enjeux liés à leurs idées et au poids de leurs voix. On imagine les discussions et les activités passionnantes avant et après à cet événement !
Par des étudiant-e-s de l’Université de Genève en première année de Formation des Enseignants Primaires (Module de formation : Situations éducatives complexes - relations, institutions et diversité des acteurs) : Irina Bischofberger, Stéphane Blum, Manon Broch, Léa Bugnon, Mégane Burckhardt, Marine Cottagnoud, Valentine Genoud, Lionel Fontana, Christophe- Pierre Frossard, Claire Hilber, Sarah Jenni, Mathilde Linares, Soukaina Louati, Kahina Penseyres, Céline Pittet, Alexandra Nihel Achour, Zoé Petit, Arbrore Sadiki, Donjeta Shala, Timothée Weber :
Sous la coordination de Andreea Capitanescu Benetti et Manuel Perrenoud, formateurs à la FPSE, membres du laboratoire Innovation Formation Education (LIFE), Université de Genève.
Propositions des cinq écoles
Ecole 1 : Proposition d’installer une urne sous forme de boîte à suggestions dans tous les établissements scolaires pour permettre aux enfants et aux jeunes qui n’ont pas l’âge de voter de pouvoir donner leur avis et faire des propositions, qui sont débattues toutes les six semaines dans le cadre des Conseils des Droits de l’Enfant de chaque quartier.
Ecole 2 : Proposition d’organiser régulièrement des votations en classe pour faire en sorte que les élèves soient consultés sur les sujets qui les concernent, principalement lorsque l’on décide de changements dans la vie de l’école et lorsque l’on décide des travaux importants dans notre quartier. Le résultat des votes sera transmis au Conseil d’Etat.
Ecole 3 : Proposition qu’au sein du Conseil d’Ecole, on discute de l’organisation du temps scolaire, de l’organisation d’activités communes avec les autres écoles, et surtout de la mise en place un système de parrainage pour accueillir les nouveaux élèves dans l’école.
Ecole 4 : Proposition de créer un Conseil des Enfants au niveau cantonal, composé des délégués des Conseils des Ecoles.
Ecole 5 : Proposition de créer un espace de discussion extrascolaire pour organiser des rencontres pour que les enfants et les jeunes puissent discuter ensemble sur des sujets qui les intéressent ou des problèmes plus personnels lors de rencontres individuelles avec des professionnels.
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« Je m’engage à vous répondre »
La conseillère d’État en charge du DIP s’est engagée face à eux à « essayer » de faire entendre les propositions des enfants et, pour le moins, « à y répondre », évoquant notamment l’option de partager ces idées d’abord au niveau communal afin de valoriser la proximité du lieu de vie.
Cette initiative est un moyen de concrétiser la participation des enfants « aux décisions qui les concernent ». Elle donne du sens à leurs engagements tout en leur accordant une place au sein de la société en tant que citoyens.
Pour nous, futurs enseignants, cette mise en situation a semblé avoir eu un impact fort sur les élèves tant au niveau de leur détermination que dans les arguments avancés. A nous d’apprendre à nourrir cet investissement !