MPSI B 29 juin 2019
Énoncé
Pour tout n ∈ N, considérons l'équation diérentielle linéaire d'ordre 1 sur I =]0, +∞[
suivante :
xy 0 + ny = 1
1 + x 2 (E n ) Pour tout n ∈ N ∗ , dénissons la fonction F n par :
∀x ≥ 0, F n (x) = Z x
0
t n−1 1 + t 2 dt
1. Soit n ∈ N. Résoudre l'équation diérentielle linéaire homogène (H n ) associée à (E n ) : xy 0 + ny = 0 (H n )
2. a. Déterminer des réels a, b, c tels que :
∀x > 0, 1
x(1 + x 2 ) = a
x + bx + c 1 + x 2 b. Résoudre (E 0 ) .
3. Pour n ∈ N ∗ , exprimer l'ensemble des solutions de (E n ) en fonction de F n . 4. a. Montrer que
∀x ≥ 0, F n (x) = x n
n(1 + x 2 ) + 2 n
Z x
0
t n+1 (1 + t 2 ) 2 dt b. Montrer que
∀x ≥ 0, 0 ≤ Z x
0
t n+1
(1 + t 2 ) 2 dt ≤ x n+2
c. En déduire qu'il existe une unique solution de (E n ) qui admet une limite nie en 0 (à préciser). Cette solution est notée z n . Exprimer z n en fonction de F n et de x n . Montrer que
∀x > 0, z n (x) = Z 1
0
u n−1 1 + x 2 u 2 du
5. Soit z une solution de (E n ) et Z une primitive de z . Montrer qu'il existe un réel C tel que Z soit solution de l'équation diérentielle d'inconnue y
xy 0 + (n − 1)y = arctan(x) + C
Soit Z n la primitive de z n de limite nulle en 0 (justier son existence), montrer que Z n (1) = n−1 1 π 4 − z n (1)
.
Corrigé
1. Notons y n la fonction dénie dans I par y n (x) = x −n . C'est une solution de (H n ) et, d'après le cours, z est une solution de (H n ) si et seulement il existe λ ∈ R tel que z = λy n . On remarque que pour n = 0 , la fonction y 0 est constante de valeur 1 . 2. a. Utilisons un développement idiot .
1
x(1 + x 2 ) = (1 + x 2 ) − x 2 x(1 + x 2 ) = 1
x − x 1 + x 2
b. Résoudre (E 0 ) revient à calculer les primitives de x 7→ x(1+x 1
2) . Avec la décompo- sition de la question précédente, ces primitives sont les fonctions
ln(x) − 1
2 ln(1 + x 2 ) + C
La constante C correspond à une solution de l'équation homogène (H 0 ) .
3. Comme l'équation diérentielle linéaire (E n ) est non homogène et à coecients non constants, cherchons une solution z = λy n avec λ une fonction dénie dans I (méthode de variation de la constante).
On trouve que z est solution de (E n ) si et seulement si
∀x > 0, xλ 0 (x)y n (x) = 1
1 + x 2 ⇒ λ 0 (x) = x n−1 1 + x 2
En utilisant la primitive F n introduite par l'énoncé, on obtient que les solutions de (E n ) sont les fonctions
(F n + C)y n avec C ∈ R
Le réel C peut être vu comme constante d'intégration dans un calcul de primitive ou comme coecient caractérisant une solution de l'équation homogène.
4. a. Transformons F n (x) avec une intégration par parties en considérant que t n−1 est la dérivée de 1 n t n :
F n (x) = t n
n 1 1 + t 2
x
0
− Z x
0
t n n
− 2t (1 + t 2 ) 2
dt
= x n
n(1 + x 2 ) + 2 n
Z x
0
t n+1 (1 + t 2 ) 2 dt
Cette création est mise à disposition selon le Contrat
Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/
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Rémy Nicolai Aeqd19MPSI B 29 juin 2019
b. Dans l'intégrale, on majore t n+1 par x n+1 et (1+t 1
2)
2par 1 . On obtient l'inégalité demandée.
c. Rappelons que si z est une solution de (E n ) , il existe un réel C tel que
∀x > 0, z(x) = F n (x) x n + C
x n Notons r n (x) = 2 n R x
0 t
n+1(1+t
2)
2dt , et montrons que F
nx (x)
n− → 0 n 1 . En eet
F n (x)
x n = 1
n(1 + x 2 ) + r n (x)
x n avec r n (x) x n
− → 0 0 car 0 ≤ r n (x) x n ≤ x
Comme x C
nn'admet pas de limite nie en 0 , il existe une seule solution z n admet- tant une limite nie en 0 . Elle vérie
z n (t) = F n (x) x n = 1
x n Z n
0
t n−1 1 + t 2 dt
Dans cette dernière intégrale, eectuons le changement de variable t = ux . Quand t varie entre 0 et x , u varie entre 0 et 1 . On remplace dt par xdu et t par xu . On obtient
z n (x) = 1 x n
Z 1
0
(xu) n−1 1 + (xu) 2 x du =
Z 1
0
u n−1 1 + (xu) 2 du
5. Soit z une solution de (E n ) et Z une primitive de z . On peut réécrire (E n ) sous une forme un peu diérente
arctan 0 (x) = 1
1 + x 2 = xz 0 (x) + nz(x) = (xz 0 (x) + z(x)) + (n − 1)z(x)
Comme x 7→ xz 0 (x) + z(x) est la dérivée de x 7→ xz(x) , on dispose d'une primitive de chacun des termes et on en déduit que
x 7→ xZ 0 (x) + (n − 1)Z(x) − arctan(x)
est constante. Il existe donc un réel C qui dépend de z et de Z tel que xZ 0 + (n − 1)Z = arctan x + C
Comme z n admet une limite nie en 0 , on peut la prolonger par continuité en 0 . La fonction ainsi prolongée est continue dans [0, +∞[ et admet une primitive dans cet intervalle. Il en existe une nulle en 0 sa restriction à l'intervalle ouvert est la fonction Z n . En prenant la limite en 0 pour la relation, on trouve que C = 0 pour Z n . On obtient la relation demandée en prenant x = 1 .
Cette création est mise à disposition selon le Contrat
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